‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 704 sur 1059 · SCROFULE · texte numérisé non relu

SCROFULE

STRUMELLE s. f. (stru-mè-le — dimin. du lat. struma, écrouelle). Bot. Nom .donné à des tubercules noirs, hémisphériques, saillants, qui apparaissent sur les plantes légumineuses.

STBUMEUX, EUSE adj. (stru-meu, eu-ze — rad. strume). Pathol. Syn. de sckofuleux. Il Ganglions strumeux, Ganglions engorgés par cause scrofuleuse.

STRUtàlFÈRE adj. (stru-mi-fè-re — du lat. struma, écrouelle; fero, je porte). Zool. Qui porte une sorte de goître.

STRUMOSITÉ s. f. (stiu-mo-zi-té — rad.

strume). Pathol. Amas de tumeurs qui surviennent chez les sujets disposés aux affections scrofuleuses.

STROMPHIE s. fî (stron-fï). Bot. Genre de sous-iirbrisseaux, de la famille des rubiacées, tribu des cofféacées, dont l'espèce type croit aux Antilles.

STRUND-IAGER s. m. (stron-dia-jèr— mot holland. qui signif, chasse- fiente). Ornith. Espèce de labbe ou stercoraire du Spitzberg.

STRUPPA, bourg du royaume d'Italie, province et district de Gênes, mandement de Staglieno ; 2/J28 hab.

ÏS=SÉ

STRU

STBCTHERS (John), poBtô écossais, né en 1776, mort en 1853. Fils d'un cordonnier, il exerça quelque temps la profession paternelle ; puis il abandonna le métier pour si; jeter dans la littérature. On lui doit : le Sabbat du pauvre, poëme (1804) qui est devenu classique; la Mort du paysan (1806); Un jour d'hiver (1811); la Charrue (1816); Dychmont (1816); la Harpe de Calédonie (1817); histoire de l'Ecosse depuis sa réunion à l'Angleterre. Ses Œuvres complètes, précédées do son autobiographie, ont paru a Londres en 1850 (2 vol, in- 12),

STRUTHIDÊE s. f. (stru-ti-dê — du gr.

stroitthion, moineau ; idea, forme), Ornith. Syn. de BBACHYSTOME, genre d'oiseaux, de la famille des corvidées, voisin des glaucopes, et dont l'espèce type habite l'Australie.

STRDTHINE s. f. (stru-ti-ne — du gr. sti'OUthion, saponaire). Chim. Syn. de saponine.

STRUTHIOLAIRE s. f. (stru-ti-o-lè-re — du lat. struthio, autruche). Moll. Genre de mollusques gastéropodes peotinibranches, famille des canalifères, comprenant quatre espèces, qui vivent dans les mers australes.

— Encycl. Les struthiolaires ont la tête petite, cylindrique ; dbux tentacules grêles, assez courts ; deux yeux sessiles ; la trompe très-extensible ; le pied fort gros, épais, ovalaire, arrondi en avant; une coquille ovale, ayant la spire élevée, l'ouverture ovale et sinueuse, le canal très-court et peu profond, le bord gauche calleux, le bord droit sinué et muni d'un bourrelet en dehors; l'opercule corné, allongé, pointu, onguiculé. La struthiolaire noueuse, vulgairement nommée pied d'autruche, est une belle coquille, d'un fauve clair, tachée et flambée de brun roux, avec une large callosité d'un blanc brillant; elle se trouve dans les mers de la Nouvelle-Zélande et n'est pas très-commune dans les collections. La struthiolaire crénelée est plus petite, fauve, avec des raies longitudinales d'un brun vineux ; on la trouve dans le détroit de Cook.

STRUTHIOLE s. f. (stru-ti-o-Ie — du gr. Strouthion, saponaire). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des thymélées, originaire du Cap de Bonne-Espérance : Les STRUTHroles sont des arbrisseaux d'un charmant aspect. (Th. de Berneaud.)

— Encycl. Les strulhioles sont des arbrisseaux à feuilles alternes ou opposées-, les fleurs, solitaires ou groupées en ombelles, axillaires, sont petites et dépourvues de comlle; elles présentent un calice tubuleux, coloré, pétaloïde ; le fruit est une baie sèche, monosperme. Ces végétaux sont originaires du Cap de Bonne-Espérance. Quelques-uns sont cultivés dans nos jardins ; ils demandent une bonne serre froide, plutôt sèche qu'humide, bien aérée et éclairée; ils se multiplient de boutures, faites au printemps, sur couche tiède. On peut les mettre à l'air libre pendant la belle saison, mais il faut les garantir de l'humidité. La struthiole imbriquée est la plus répandue ; elle donne, deux fois dans l'année, au printemps et h l'automne, des fleurs nombreuses, d'un blanc jaunâtre et d'une odeur suave. On cultive aussi la struthiole dressée et la struthiole naine, à fleurs blanches et à bractées pourpres.

STRUTHÏON, ONE adj. (stru-ti-on, o-ne).

Ornith. Syn. de struthiONIdé, ÉiS.

STRUTHIONIDÉ, ÉB adj. (stru-ti-o-ni-dé

— du lat. struthio, autruche, formé du gr. strouthion, moineau. Les Grecs appelaient l'autruche é megalé strouthos, le grand moineau). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'autruche.

— s. f. pi. Famille d'oiseaux échassiers, ayant pour type le genre autruche.

STRUTHIONINE, ÈE adj. (stru-ti-o-ni-né

— du lat, sirut/iio, autruche). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'autruche.

— s. f. pi. Tribu de la famille des struthionidées, ayant pour type le genre autruche.

STRUTHIOPHAGE adj. (stru-ti-o-fa-je — du gr. strouthion, strouthos, moineau, d'où megalê strouthos, grand moineau, autruche, etphayo, je mange). Qui se nourrit d'autruches : Des peuples entiers ont mérité le nom de Strothiophages, par l'usage où ils étaient de manger de l'autruche. (Bull.)

STRUTHIOPTÉRIS s, m. (stru-ti-û-pté-riss

— du gr. strouthion, saponaire; pteris, fougère). Bot. Genre de fougères, de la tribu des polypodiées, dont l'espèce type croit dans l'Europe centrale.

STRUTHUS s. m. (stru-tuss — du gr. strouthos, moineau). Ornith. Nom scientifique du fringille ou moineau.

STRDTT (Joseph), antiquaire, dessinateur et graveur anglais, né à SpringfieW (Essex) en 1749, mort à Londres en 1802. il étudia ù l'école de Chelmsford, entra à quatorze ans dans l'atelier du graveur \V. Rylnnd, et se lit recevoir, en 1770, élève à l'Académie royale, où il remporta les médailles d'argent et d'or. Chargé d'exécuter quelques dessins pour le Muséum britannique, il s'éprit de passion pour l'archéologie et s'y consacra entièrement à partir de ce moment. Ses principuux ouvrages sont : Régal and ecclesiustical aniit/nities of England (Londres, 1773, in-4») ; horda Angel lynnam (Londics, 1774, 3 vol. in-4<>); Chronicle of

STRU

England (Londres, 1777, in-40); Biographieal Dictionnry (Londres, 1785. 2 vol. in-4»); Complete view of the dress unit habits of the peuple of England (Londres, 1795, 2 vol. 111-40) ; J'ht sports and pastimes of the people of England (Londres, 1801, in-4<>),

STRUVE (Georges-Adam), jurisconsulte allemand, sumnmmé par ses compatriotes l'Ulpien et le Pnpinien de l'Allemagne, né à Magdebourg en 1619, mort à léna en 1692. Il appartenait par sa mère à la famille des jurisconsultes Brunner. Lorsqu'il eut terminé ses études de droit à léna, il devint ussesseur au tribunal des échevins de Halle (1645), obtint, l'année suivante, une chaire à léna et fut nommé, en 1663, conseiller aulique à Weimar. Tout en conservant sa chaire à léna, Struve prit une grande part à la direction des affaires publiques dans le dnchô de Weimar ; i! fut désigné, en 1672, pour procéder au partage de la succession d Altenbourg et devint peu après conseiller intime pour les affuires communes. Struve était, au point de vue de la connaissance approfondie du droit, un praticien éminent, dont les consultalions faisaient autorité, tant elles étaient judicieusement établies et irréprochables ; mais il manquait de vues larges et d'esprit ciitique. Il avait eu vingt-six enfants de deux mariages. On lui doit un grand nombre d'ouvrages, de décisions et de consultations. Nous nous bornerons à citer de lui -.Syntagma juris feudalis (léna, 1633, in-4"), très-souvent réédité; Jus sacrum Juslinianxum (1668, in-4°) ; Jurisprudentia romnno ■ germanica (1670, in -4°), qui a eu de très-nombreuses éditions; Dissertationes crinrirrales (1671, in-40) ; Decisiones Sabbathing (1077, in-40) ; Evolutiones controversiarum (1684, in-40); Commentarius ad lib. V Decretatium (169!, in -8°); Syntagma juris civi/is (Nuremberg, 1692-1701, 3 vol. in-4<>); Decisiones juris opificiarii (1708, in-4"), etc.

STRUVE (Burkhard-Gotthelf), bibliographe allemand, fils du précédent, né à Weimar en 1671, mort à léna en 1738. Il étudia lu jurisprudence à léna, à Hehnslsedt et à Franefortsur-1'Oder ; puis, ayant pris part aux recherches alehimiquei qu'avait entreprises son frère, il se trouva complètement ruiné. Heureusement il obtint la place de bibliothécaire à l'université d'Iéna (1697) et une chaire d'histoire (1704). Devenu ensuite historiographe de la maison de Saxe, il fut chargé d enseigner le droit public et féodal. Ses pi incipaux ouvrages sont : Bibliotheca juris selecla (léna, 1703, in-S°; 2« édit. 1756), ou vrage utile et estimé ; Selelca bibliotheca historien (Francfort, 1705, in-4°) ; Bibliotheca antiqua (léna, 1705, 2 vol. in-4°); Syntagma juris publici imperii germanici (lena, 171 li in-40); Syntagma historié germaniex (léna, 1716, in-4°); Corpus juris publici (léna, 1716, in-8°); Bibliotheca juris selecta (léna, 1756,

STRUVE (Ernest-Frédéric), médecin allemand, no à liiel en 1739, mort en 1816. Il fut reçu docteur en 1766 et exerça la médecine à Neustadt. Il est surtout connu par un ouvrage intitulé : Sur le danger d'être enterré vivant.

STRUVE (Henri), chimiste et minéralogiste suisse, né vers 1740, mort à Lausanne en 1S26. 11 étudia à Lausanne, puis h Tubingue, et se consacra entièrement à l'histoire naturelle. Ses principaux écrits sont : Mémoires puur servir à l'histoire physique et naturelle de la Suisse (1788, in-8«)j Nouvelle théorie des sources salées (1788, in -8°) ; Détails minéralogiques sur le département du Mont-Blanc (Paris, 1794, in-S°) ; Mémoire sur la théorie des fouilles dans les mines de houille (Paris, 1795, in-8°); Principes de minéralogie (l'aris, 1799, in-8°); Recueil de mémoires sur les salines et leur exploitation (Genève et Paris, 1803, in-12) ; Mémoires sur différents objets relatifs à la géologie, aux mines et aux utilités (Lausanne, 1805, in-12) ; Abrégé de géologie (1819, in-18); Description topographique, physique et politique du pays de Vaud (iii-S"), etc.

STRUVE (Chrétien-Auguste), médecin allemand, né a. Gœrlitz en 1767, mort en 1807. Il fut reçu docteur à Leipzig en 1790. On lui doit des ouvrages intéressants contre les préjugés en médecine ; sur les soins à donner aux asphyxiés et aux noyés, sur l'éducation des enfants et sur plusieurs autres points .de médecine populaire.

STRUVE (Henri-Christophe-Godefroy du), diplomate russe, né à Katisboune en 1772, mort a. Hambourg en is&i. Il étudia à Erlangen et à Bonn, fut, a. partir de 1796, secrétaire de légation de plusiaurs ambassades russes, devint, en 1820, ministre résident près des villes hansJatiques et, en 1843, ministre plénipotentiaire auprès de ces mûmes villes. Il prit sa retraite en 1S50. Thérèse von Liitzo'w fut sa lille. Parmi les ouvrages do Struve, on cite : Mémoires minératogiques (Gotha, 1807) ; Mémoires sur la minéralogie et la géologie de l'Amérique du Nord (Hambourg, 1822); Lettres écrites de l'extrême nord et du centre de la Russie (1849).

STRUVE (Frédéric-Adol|ihe-Auguste), chimiste allemand, né à Neustadt en 1781, mort à Berlin en 1840. H fit ses premières études k Meissen et les continua à l'université de Leipzig en 1799, puis, eu 1800, k celle de Halle, où il fut reçu docteur en 1802. En

STRU

1803, il se rendit k Vienne, puis revint dans sa ville natale et y exerça la médecine. La faiblesse de sa santé le détermina à renoncer a la pratique de la médecine. 11 acheta une pharmacie et se livra à des études de chimie. De malheureuses expériences sur l'acide pmssique, peu connu encore à cette époque, le rendirent dangereusement malade. Il alla faire un voyage aux eaux de Karlsbad et du Marienbad. Son heureuse et rapide guérison lui inspira l'idée de reproduire artificiellement ces eaux minérales. Après dix ans da patientes recherches, il parvint a son but. Les eaux minérales artificielles dont il entreprit la fabrication se répandirent successivement à Dresde et dans toutes les grandes villes de l'Europe. Il mourut pendant un voyage à Merlin. On a de lui : Ueber die Nachbildimg der nalûrlichen HeilquelUn (Dresde, 1824, 2 Vol.).

STRUVE (Frédérie-Georges-Guillaume de), astronome russe, né à Altona en 1793, mort en 1864. Après avoir fait ses études littéraires et scientifiques à l'université de Dorpnt, il fut, à l'âge de vingt ans, placé k l'observatoire de cette ville et en devint directeur quatre ans après, puis fut nommé directeur de l'observatoire de Poulkova loriquele gouvernement russe eut fait construi.-e cet établissement. A diverses reprises, ce savant astronome fut chargé de travaux inportants et d'expéditions scientifiques. Il exécuta, entre autres, la triangulation de la Livonie, publia la carte de ce pays de 1816 a 1819, mesura ensuite, de 1822 à 1827, une partie du méridien dans les provinces de la mer Baltique et publia en 1831, â Dorpat, le résultat de ses opérations sous ce titre : Mesure des degrés de latitude des provinces de la Baltique. En 1S28, de concert avec le général Tenner, il détermina le plus grand arc du méridien scandinavo-russe qu'on eût encore mesuré (25° 20'). On trouve le compte rendu de cet important travail dans l'Expose historique des travaux exécutés jusqu'à la fin de 1851 pour la mesure de l'arc du méridien entre Fugloe et lsmaei, etc. (1352). M. Struve a aussi présidé aux opérations de nivellement entre la mer Noire et la mer Caspienne ; à la détermination de plusieurs points géographiques en Sibérie, dans le Caucase et dans l'Asie Mineure. Outre les ouvrages déjà cités, nous mentionnerons encore : Obscroa- (ioues florpatenses (1SV7-1829) ; Calaloqus novus stel'arum duplicium (1827); Stellarum duplicium mensurs micromelricW (Saint-l'élersbourg, 1827); Stellarum fixarum imjrimis dvpticium et mnltiplicium positiones médise pro epocha 1830, obs. deductm ex obseruatioiiibus meridianis a 1822 ad 1843, in spécula Dorpat. Instit. (1852) ; Etudes d'astronomie stellaire sur la voie laclée et la distance des étoiles fixes {IS41); Description de l'observatoire astronomique central de Poulkova (Suint- Pètersbourg, 184&); Catalogue de la bibliothègue aslronomigue de Poulkova (1845) ; Mémoire sur la dilatation de la glace, d'après des expériences faites en 1845 et en 1846 a l'observatoire de Poulkova (1848); Recueil de mémoires présentés à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg par les astronomes de Poulkova (1813)-, la Fondation de i'oôsevuatoire central de Russie par l'empereur Nicolas yer (1855), M. de Struve était conse.ller d'Etat et membre de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.

STRUVE (Othon-Guillaume de), astronome russe, fils du précédent, né à Dorpat en 1819. 11 étudia l'astronomie sousla direction de son père et fut, en 1839, attaché par celui-ci à l'observatoire de Poulkova. En quelques années il devint apte à remplacer :^n père pendant ses grandes expéditions âcientih\ues. Après avoir été second astronome, il it été nommé directeur de cet établissement. En outre, il y a quelques années, il a été appelé à la direction des travaux astronomiques et géographiques exécutés par l'état- major msse. Un 1875, ce savant a fait un voyage en France. Le premier, M. de Struve a calculé le mouvement de translation de notre système planétaire; il a en outre découvert plusieurs centaines d'étoiles doubles et un satellite d'Uianus. Enfin il a fait imprimer sur l'anneau de Saturne et sur l'orbite de plusieurs comètes des travaux estimés. En outre, comme son père, M. de Struve a dirigé plusieurs expéditions, telles que celle qui a servi à déterminer la longitude de l'observatoire central de Russie ; il a fixé également plusieurs points géographiques importants. Les résultats de ses travaux sont consignés dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Suint- Pétersbourg et dans quelques mémoires spéciaux, entre autres : V Expédition c/ironométrique exécutée par ordre de Nicolas I«* entre Altona et Greenwicfi, pour la détermination de la longitude géographique de l'observatoire central de Jtussie (Saint- Petersbourg, 1846) ; Expédition chronométrique de 1845 d 1846 (1853) ; Observation de la comète de Dicla dans l'année 1852 (1833), etc.

STRUVE (Louis-Auguste), médecin allemand, né à Altona en 1795, mort en 1828. Reçu docteur à Dorpat, il servit comme médecin volontaire dans les hôpitaux militaires de Riga et devint professeur de thérapeutique et de clinique à Dorpat. Parmi ses principaux écrits , nous citerons les deux suivants : llissertatio exhibens insignem casum rupture uteri, post mortem puerperx clemum |

STRY

ex sectione cognits (Kiel, 1815, in-4°); Commentatio de phlegmatia alba dolente, quinde~ cim observa tiones praciicas continent (Tubingne, 1826, in-40), etc.

STRUVE (Gustave), écrivain et homme politique allemand, né dans la province de Livonie en 1505,. Ses études de droit terminées, il se fit recevoir avocat et entra dans le corps diplomatique du duché d'Oldenbourg. 11 assista à plusieurs sessions de la diète de Francfort en qualité de secrétaire d'ambassade et vint, vers 1840, exercer la profession d'avocat à Manheim, où il se maria, en 1845. Dans ses moments de loisir, il s'occupait de phrénologie et il fit imprimer plusieurs mémoires relatifs à cette science. A partir de 1843, il fit une vive opposition au gouvernement badois dans les colonnes du Journal de Manheim , qu'il remplaça par le Spectateur allemand, lorsque le premier eut été supprimé, en 1846. Au mois d'avril 1848, devançant les radicaux les plus absolus, il tenta, de concert avec M. Hecker, de faire proclamer la République, mais il n'y réussit point et dut cherener un asile en France, puis en Suisse. Il ne fut pus plus heureux lors du soulèvement qu'il tenta d'effectuer avec Blind au mois de septembre de la même année. Battu par les troupes gouvernementales à Staufen, il fut contraint de fuir, fut arrêté et condamné par le tribunal de Fribourg à cinq ans de forteresse dans la citadelle de Bruchsal. Le mouvement insurrectionnel de mai 1849 lui ouvrit les portes de cette prison ; mais il fut arrêté presque aussitôt par les ordres de M. Brentano, le chef du mouvement, qui l'accusait de compromettre la cause de la Révolution par l'exagération de ses doctrines. Lorsque l'armée de la confédération eut envahi le grand-duché, il alla trouver Mierolawski, le général en chef, et, après la défaite du corps révolutionnaire, il alla de nouveau chercher un asile successivement en Suisse, en France, en Angleterre et enfin en Amérique. On doit à M. Struve: Histoire delaphrénotogie (Heidelberg, 1843); la. Phrénologie en Allemagne et hors de l'Allemagne (1843); Correspondance entre un diplomate d'autrefois et un diplomate d'aujourd'hui [Manheim, 1815); Lettres politiques (1846); Système des sciences politiques (Francfort, 1847- 184 S); le Droit public de la Confédération allemande (Manheim, 1846,2 vol.); Temps nouveau, calendrier populaire pour l'an i"r (Berne, 1850) ; Histoire des trois soulèvements populaires de Rade (Berne, 1849) ; Deux côtes de l'Océan (1364), etc. Sa femme, morte en 1862, a publié quelques ouvrages, notamment : Portraits historiques contemporains (Brème, 1850,3 vol.); Souvenirs de ta guerre de l'indépendance badoise (Hambourg, 1850).

STRUVÉA s. f. (stru-vé-a — de Struve, nom d'homme). Bot. Genre d'algues, voisin deschamédoris,et dont l'espèce type vit dans les mers d'Australie.

STRUVITE s. f. (stru-vi-te — de Struve, nom d'homme). Miner. Substance minérale riche en phosphate ammoniaco-inagnésien , qu'on emploie à l'amendement des terres.

STRCVS (Jean), voyageur hollandais dont le vrai nom était Jans-Jansïoon Strauss, mort dans le Ditmarsch en 1694. Parti de Hollande en 1647, il alla successivement en Italie, dans l'Inde, au Japon, à Foimose, et revint en Hollande le 1« septembre 1651, se rendit de nouveau en Italie, parcourut les iles et les côtes de l'Archipel et revint une seconde fois a Amsterdam en 1657. Le 1er septembre 1668, il s'embarqua pour Riga, traversa toute la Russie et fut fait prisonnier dans le Daghestan. Après avoir recouvré sa liberté, il fit encore plusieurs voyages, revint en Hollande en 4673 et, quelque temps après, se retira dans le Ditmarsch, pays danois au nord de Hambourg. Il avait publié, en 1677, les mémoires de sa vie en holJandais : Voyagien door Moscovien, Tartarien, Oost-Indien (Amsterdam, in-4», tig.). Ils furent traduits l'année suivante en allemand (Amsterdam, in-fol.) et en français, par Glanius, sous ce titre : les Voyages de Jean Struys en Aloscovie. en Tartarie, en Perse, aux ludes et en plusieurs autres pays étrangers, traduits du flamand i Amsterdam, 1681, in-4«, carte et fig. ; Lyon, 16S2, 3 vol. in -12, tig.; Amsterdam, 1718, in-12, cartes et lig.).

STRV, rivière de l'empire d'Autriche, dans la Galioie. Elle descend du versant septentrional des Karpathes, sur la limite de la Hongrie, couie au N.-O., arrose les cercles de Stry et de Sambor et se jette dans le Dniester aprè3 un cours de 207 kiloin.

STRY, ville de l'empire d'Autriche, dans la Gaticie, ch.l. du cercle de son nom, à 75 kilom, S. de Lemberg, sur la rive gauelfe de la Stry; 6,500 hab., dont près de la moitié israélite.

STRY (Abraham van), peintre hollandais, né k Dordrecht en 1753, mort en 1825. Il a peint des tableaux de genre à la manière de Metzu, des paysages à la manière de Cuyp, i des tableaux de fleurs et de fruits, etc. On j admire surtout, dans ses tableaux, ses effets de lumière et ses intérieurs. En 1774, il funda | dans sa ville natale, de concert avec plusieurs autres artistes, l'association artistique Pic- , tura, dont il fut le premier président et qui ; fut l'origine de l'école de peinture dite de Dor- | diecht. I

STRY

STRY (Jacques van), frère du précédent, peintre hollandais, né à Dordrecht en 1756, mort dans la même ville en 1825. Après avoir étudié la peinture k Anvers, dans 1 atelier de Lens et dans l'Académie de dessin de cette ville, il s'établit k Dordrecht et peignit des paysages et des animaux domestiques. Le musée d'Amsterdam possède trois tableaux de ce peintre, et la collection de l'archiduc Albert, à Vienne, six dessins représentant des animaux et des sujets de genre.

STRYCHNATE s. m. (stri-kna-te — rad.

strychnine), Chim. Sel formé par la combinaison de l'acide strychnique avec une base.

STRYCHNÉ, ÉE adj. (stri-kné — rad.

strychnos). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au strychnoî.

— s.f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre strychnos et réunie par plusieurs auteurs, comme simple tribu, à la famille ries loganiacées.

— Encycl. Le groupe des strycknées renferme des arbres et des arbrisseaux grimpants, à feuilles opposées entières, presque sessiles et connées, souvent alternes en apparence, par suite de l'avortement de l'une des feuilles. Les fleurs ont un calice k quatre ou cinq divisions ; une corolle tubuleuse, à limbe étalé, à divisions en nombre égal k celles du calice, ainsi que les étumines, qui sont courtes et insérées sur la gorge de ia corolle ; un ovaire à deux loges multiovulées, surmonté d'un style filiforme terminé par un stigmate en tète. Le fruit est une baie, a, une seule loge ordinairement polysperme, quelquefois monospeime paravortement. Ce petit groupe, regardé parles uns comme une famille distincte, réuni par d'autres, comme simple tribu, tantôt aux apocynèes, tantôt aux loganiacées, comprend les genres strychnos et ignalie. Les espèces dont ils se composent croissent dans les régions tropicales des deux continents.

STRYCHNINE s. f. (stri-kni-ne — rad.

strychnos). Chim. Alcaloïde qui communique ses propriétés vénéneuses à ïa noix vomique et à la fève de Saint-Ignace.

— Encycl. La strychnine C21HS2.\z202 est un alcaloïde naturel qui existe, avec la brucine et i'igasurino, dans la noix vomique [strychnos nux vomica), dans la fève de Saint- Ignace [strychnos ignatia), dans le bois de couleuvre (strychnos colubrina) , dans le strychnos tieuté, dans Yupas tieulé, et probablement aussi dans plusieurs autres variétés de strychnos. Le poison dont se servent les Javanais pour empoisonner leurs flèches renferme 62 pour 100 de strychnine,

— I. Préparation. 1° Au moyen de la fève de Saint-Ignace, On râpe ces fèves, on les épuise par ï'éther pour en extraire toutes les substances grasses, puis on les fait bouillir à plusieurs reprises avec de l'alcool ; on distille la liqueur pour en extraire la totalité do l'alcool, et l'on précipite l'alcaloïde du résidu au moyen de l'hydrate de potassium. Ce procédé est évidemment, très-imparfait.

20 Ah moyen de la noix vomique. a. On commence pur pulvériser la noix vomique (graine du strychnos nux vomica) après en avoir détaché l'écorce, opération qui n'est facile qu'après que cette eeoree a été ramollie par une exposition de quelques heures à l'action de la vapeur d'eau. 611 épuise la poudre par l'alcool et l'on distille la liqueur pour en retirer ce liquide ; on dissout le résidu dans l'eau et l'on ajoute du sous-acétate de plomb à la liqueur jusqu'à ce que ce réactif ne produise plus aucun précipité. La strychnine reste en dissolution à l'état d'acétate, mêlée avec des mat. ères colorantes et avec l'excès de sous-acétate plombique. On fait passer un courant d'acide sulfhydrique à travers la liqueur pour en précipiter le plomb, on filtre et l'on fait bouillir te liquide liltré avec delà magnésie ; la strychnine se précipite alors. On la recueille sur un filtre, on la lave et, pour la séparer de la magnésie avec laquelle elle est mélangée, on la redissout dans l'alcool bouillant, on filtre et on laisse cristalliser. Les eaux mères retiennent la brucine presque aussi soluble à froid qu'à chaud dans l'alcool.

b On épuise par l'eau la poudre de noix vomique à la température de l'ébullition et l'on évapore les décoctions jusqu'en consistance sirupeuse ; on ajoute ensuite peu à peu au sirop de la craie pulvérisée, jusqu'à ce qu'il y en ait un léger excès. Le précipité qui se forme renferme le sel de calcium d'un ucide qui existe dans la noix vomique, la strychnine et quelques autres substances. On le lave, on l'épuisé par l'alcool de 0,827 de deusité et l'on évapore au bain-marie les liqueurs alcooliques jusqu'à ce qu'elles soient assez concentrées pour fournir des cristaux par le refroidissement. On purifie les cristaux de strychnine soit en les faisant recristalliser directement, soit en les convertissant en nitrate pour faire ensuite cristalliser ce sel. Il suffit ensuite de décomposer l'azotate par l'ammoniaque pour obtenir l'alcaloïde libre; par cette méthode, la noix vomique fournit de 5 à 6 pour 1,000 de strychnine.

c. Le procédé que nous allons ueerire maintenant paraît être plus avantageux que ceux qui précèdent. On soumet 1 kilogramme de noix vomique à l'action de la vapeur d'eau pour en ramollir l'écorce, on décortique les graines, on les dessèche et le;- réduit en

STRY

une poudre d'une finesse modérée ; on fait alors digérer la poudre au bain-marie avec i ou 5 litres d'alcool de 0,856 de densité, acidifié par 40 ou 50 grammes d'acide suîfurique; on ajoute ensuite de la chaux vive k la solution alcoolique pour en précipiter l'acide sulfuriqae et les matières colorantes, on décante le liquide qui surnage le précipité et on lave ce dernier à l'alcool. Toutes le3 liqueurs alcooliques sont mêlées, puis filtrées et enfin distillées. Le résidu est légèrement alcalin ; on le sature par l'acide sulfurique étendu, l'acide chlorhydrique ou l'acide acétique ; on filtre la solution, on la concentre et on la précipite à froid par un léger excès d'ammoniaque. Le précipité est un mélange de strychnine et de brucine. On le fait digérer avec de l'alcool faible de 0,942 de densité pour en retirer la brucine. La strychnine 3 ni reste est dissoute dans l'alcool de 0,827 e densité et décolorée par un peu de charbon animal. Par le refroidissement, la liqueur filtrée dépose la strychnine en cristaux qui peuvent acquérir un volume considérable si le refroidissement a lieu d'une manière trèsgraduée.

d. On mêle 4 kilogrammes de noix vomique en poudre avec un poids égal d'eau, de manière à en faire une pâte épaisse que l'on expose à une température de 20" ou de 25°. Au bout de quelques jours, il s'établit une vive fermentation <jui est d'ordinaire terminée après une période de dix-huit à vingt jours. On comprime alors la pâte à travers une toile en crin, de manière» en exprimer le liquide. Le résidu est soumis deux ou trois fois à l'ébullition avec de l'eau et soumis chaque fois à la presse ; enfin, on réunit toutes les liqueurs et on les évapore jusqu'à ce qu'elles soient réduites kUii,500; on ajoute k ce liquide, ainsi concentré, 300 grammes de chaux vive en poudre ; on abandonne le mélange à lui-même pendant cinq k six heures et l'on sépare, au moyen de la presse, le liquide du précipité. On ajoute de l'acide sulfurique à lu liqueur, on filtre pour séparer le sulfate calcique et l'on réduit la liqueur par l'évaporation à 250 grammes. On y introduit ensuite 30 grammes de chaux vive et l'on répète le traitement que nous venons de décrire. L« nouveau précipité est soumis k uno très-forte pression, puis réuni ail précédent. On dessèche le tout et on le fait digérer avec de l'alcool (250 grammes) de 0,935 de densité, pour dissoudre la brucine et la matière colorante, en même temps qu'un peu de strychnine qui se dépose en cristaux par le refroidissement. Le résidu est soumis à l'ébullition avec 600 grammei d'alcool d'une densi'è de 0,838 à plusieurs reprises. Ou filtre, on retire les 4/5 île l'alcool par la distillation, et, au bout de quelques jours, le liquide concentré abandonne la strychnine sous la forme d'une poudre cristalline blanche. On lave plusieurs fois cette poudre avec de l'alcool à 0,935 de densité pour en séparer les dernières traces de brucine, et il suffit alors de la faire cristalliser une dernière fois dans l'alcool bouillant pour l'obtenir tout à fait pure et, si le refroidissement est leiit, en gros cristaux.

e. On fait bouillir la noix vomique avec de l'alcool à 0,94 pour J00 ; on décante le liquide et l'on dessèche le résidu dans un four. Il devient alors facilement pulvérisable. Ou épuise la poudre par l'alcool et l'on mélange ces secondes liqueurs alcooliques avec les premières. Ces iiqueurs étant convenablement évaporées, on les traite par l'acétate de plomb aussi longtemps que ce réactif y fait naître un précipité. L'acide organique, les corps gras et les substances colorantes se trouvent ainsi précipités. On filtre, on lave bien le précipité, on réunit l'alcool de lavage à celui qui provient de la première lihration et l'on évapore le tout jusqu'à ce que le mélange ne dépasse pas par son poids le tiers du poids de la noix vomique employée. On ajoute ensuite de la magnésie au liquide et ou abandonne le mélange k lui-même pendant plusieursjours.de manière à donner à la brucine le temps de se déposer; on jette ensuite sur une toile le dépôt, on le soumet à la presse, on le dessèclie et on le traite par l'alcool à 0,83 pour 100, de manière k dissoudre les alcaloïdes. En évaporant la solution et la laissant ensuite refroidir, on obtient des cristaux de strychnine, tandis que la brucine reste dans les eaux mères. Pour purifier cette strychnine brute, on la neutralise exactement au moyen de l'acide azotique et l'on concentre la solution. L'azotate de strychnine se dépose d'abord en aiguilles, eti azotate do brucine se dépose ensuite eu cristaux beaucoup plus volumineux. Les dernières liqueurs mères sont gommeuses et renferment néanmoins encore une petite quantité !les alcaloïdes, que l'on peut en extraire en répétant le traitement par la magnésie que nous venous de décrire. Lorsque la brucine est précipitée, il en reite toujours en solution une quantité considérable qui, après quelque temps, se dépose en grains cristallins, 1 kilogramme de noix vomique fournit, par cette méthode, 2 grammes environ d'uzotate da brucine et un peu plus de 2 grammes d'azotate de strychnine.

30 Au moyen de l'upas tieuté. On fait uno solution aqueuse d'upas tieuté, que l'on filtro et que l'on fait digérer avec de la magnésie. Il se forme un précipité qu'on lave, qu'on dessèche et qu'on fait bouillir U trois reprises consécutives avoc de l'alcool

STRY

Les solutions alcooliques sont évaporées ; le résidu est dissous au moyen de l'acide sulfurique étendu, décoloré par le charbon anir mal, puis précipité de nouveau par la magnésie après filtration. Le précipité est ensuite épuisé par l'alcool, et lasolution alcoolique est évaporée à siccité. La strychnine reste comme résidu ; on peut la redissoudre et la faire cristalliser dans l'alcool,

— II. Recherche de la strychnine dans les cas d'empoisonnement. Cette recherche se fait généralement par la méthode que M. Stas a décrite en 1849. Elle est fondée surce fait que: 1<> les sels acides à base d'alcaloïJes, surtout ceux qui contiennent un excès d'acide tartrique ou d'acide oxalique, sont décomposables par les solutions des bicarbonates de potassium ou de sodium et, à plus forte raison, par les hydrates de ces métaux alcalins-, 2° mis en liberté dans ces conditions, les alcaloïdes retiennent une certaine quantité d'eau combinée qui leur donne la faculté de se dissoudre dans l'éther alors même que (c'est justement le cas pour la strychnine) ils n y seraient pas solubles après dessiccation ; 30 par l'agitation l'éther enlève les alcaloïdes à une liqueur aqueuse, s'ils sont dissous dans l'eau. Ces principes étant posés, voici comment opère M. Stas :

Il prend les matières suspectes ; si ce sont des organes, il les hache en petits morceaux, puis les mêle à de l'alcool, le plus concentré possible ; il ajoute au mélange 1/2 à S grammes d'acide tartrique ou d'acide oxalique, il introduit le tout dans un ballon et il chauffe entre 60» et 75°. 11 retire ensuite la masse du feu, laisse complètement refroidir, filtre et lave, avec de l'alcool absolu, les substances qui restent sur le filtre,

La dissolution alcoolique est placée sous le récipient d'une machine pneumatique, ou simplement soumise à un courant d'air sec chauffé à 35° au plus, jusqu'à ce qu'elle soit réduite au quart de son volume primitif. On est alors certain que la totalité de l'alcool qu'elle renfermait s'est évaporée.

Si le liquide aqueux qui reste retient en suspension quelques particules indissoutes, on le jette sur un Ultre mouillé à l'eau distillée, on réunit les eaux de lavage au produit premier de la filtration et l'on évapore le tout à siccité sous le récipient de la machine pneumatique, ou, si 1 on no possède pas une machine pareille, sous une cloche ordinaire au-dessus d'un vase rempli d'aride sulfurique concentré, comme les exsiccuteurs dont on se sert pour conserver les substances hygrométriques. Quand l'évaporation est achevée, on reprend le résidu par de l'alcool concentré, La liqueur alcoolique est évaporée à l'air libre, et le nouveau résidu est redissous dans la moindre quantité d'eau possible. Cette solution est ensuite placée dans un flacon-éprouvette ; on y ajoute une dissolution concentrée de bicarbonate sodique, puis de l'éthe., et l'on agite vivement ; on laisse reposer la liqueur et l'on examine si une petite quantité de l'éther, qui vient surnager, laisse un résidu en s'évaporantsur un verre de montre. Ce résidu constitue l'alcali cherché ; deux cas peuvent alors se présenter : ou l'alcaloïde est solide, ou bien il est liquide et volatil ; on achève l'opération suivant ces circonstances. Le second cas étant celui de la strychnine, c'est aussi le seul dont nous nous occuperons ici.

Il peut arriver, quand l'alcali est fixe, que la liqueur traitée par le bicarbonate sodique ne l'abandonne pas à l'éther ; on ajoute alors de la potasse caustique; on agite, on décante 1 éther ; on recommence le traitement deux ou trois fois, dans le but d'enlever la totalité de l'alcaloïde ; puis on réunit les liqueurs éthérées dans une capsule et on les laisse s'évaporer spontanément. Après l'évaporation de l'éther, il peut rester un corps solide ; mais, le plus ordinairement, il reste un liquide laiteux qui verdit ie tournesol rougi par un acide. On est certain, dans ce cas, d'avoir un alcaloïde, qu'il reste à purifier et à identifier. Pour le purifier, on verse dans la capsule une très-petite quantité d'eau aiguisée d'acide sulfurique ; on tourne dans tous les sens pour mettre ce liquide en contact avec l'alcali sur tous les points; on obtient ainsi une liqueur incolore et limpide, tandis que les substances grasses s'attachent aux parois du verre-; on verse ce liquide dans une autre capsule, on ajoute dans la première une nouvelle quantité d'eau acidulée atin de la laver, etl'onréunitcette liqueur à la première; on l'évaporé ensuite, soit sous une cloche et au-dessous de l'acide sulfurique, soit dans le vide, jusqu'à ce qu'elle soit réduite des 4/5 environ. On y ajoute alors mie dissolution concentrée de carbonate neutre de potasse et de l'alcool absolu ; l'alcaloïde, devenu libre, se dissout dans ce menstrue et se sépare ainsi du sulfate de potasse qui s'est formé et de l'excès de carbonate de potasse. On décante l'alcool ; on l'abandonne à l'évaporation dans le vide ou même à l'air libre ; l'alcaloïde cristallise, et il ne reste plus qu'à en reconnaître la nature.

Récemment, on a proposé de modifier la méthode de Stas et d'y remplacer l'éther par l'alcool amylique, qui dissout tous les alcalis organiques beaucoup plus facilement. Enfin, en ce qui concerne spécialement la strychnine, M. Liebig a employé une méthode tout

STRY

à fait différente de celle de Stas pour rechercher cet alcaloïde dans la bière, où elle ne pouvait naturellement se trouver qu'en quantité très-faible et où il était urgent de la concentrer pour la reconnaître. Il a fait passer la bière à travers du noir animal lavé. Le noir animal s'est emparé de la strychnine. On l'a lavé avec soin, puis desséché, enfin épuisé par l'alcool bouillant. Kn s'évaporant, l'alcool a laissé la strychnine à l'état de pureté et il a suffi de l'identifier.

— III. Propriétés de la strychnine. D'après Pelletier et Caventou , la strychnine forme de petits prismes blancs à quatre faces terminés par des pyramides quadrangulaires. Ces cristaux appartiennent au système trimétrique ou rhombique. Son éeiat est vitreux ; celui de ses facettes de clivage est nacré. Sa dureté oscille entre 2 et 2,5. Elle est permanente à l'air et inaltérable par la lumière. Elle dévie à gauche le plan de polarisation. On peut la fondre sans qu'elle se décompose. Elle est inodore , mais possède une saveur amère excessivement intense. C'est un poison violent. Il suffit d'un huitième de grain (0,006) pour tuer un gros chien. Il paraît cependant, d'après des expériences toutes récentes, que certaines espèces de singe sont tout à fait indemnes et peuvent en manger des quantités relativement considérables sans en souffrir.

La strychnine à dose toxique produit presque invariablement des convulsions tétaniques. La plus faible dose qui a occasionné la mort jusqu'à ce jour est celle qui a déterminé la mort du docteur Warner. Ce dernier en avait avalé OK',025 en croyant prendre de la morphine. En quelques minutes, il fut pris de constrietion à la gorge, tension des muscles du thorax , puis de rigidité musculaire générale et de convulsions tétaniques. Il mourut en quatorze minutes environ. Des doses plus faibles ont été expérimentées plusieurs fois; par exemple, en prenant 0Br,O04 par jour, on a observe dès le second jour des effets assez désagréables pour obliger l'expérimentateur à cesser l'expérience pendant quelque temps. D'ailleurs les divers organismes résistent à l'action de ce poison d'une manière fort différente. Il est des personnes qui ont pu supporter jusqu'à une dose de 3 grains, à la condition d'arriver à cette dose graduellement et par quantité croissante. M. Claude Bernard a fait une étude des plus intéressantes sur l'action physiologique de la strychnine comparée à celle du curare et du sulfocyanate de potassium. Tandis que le curare paralyse les nerfs moteurs sans exercer aucune action sur les nerfs de la sensibilité et sur le tissu musculaire; tandis que le sulfocyanate de potassium paralyse le tissu musculaire lui-même sans agir sur le tissu nerveux , la strychnine, elle, agit sur les racines postérieures ou sensibles des nerfs. M. Claude Bernard avait cru que lu mort causée par la strychnine est due, comme dans le tétanos naturel, à l'impossibilité de respirer par suite de la contraction des muscles respiratoires, et il en avait conclu que le curare, en s'opposant à ces contractions, pourrait peut-être devenir l'antidote de la strychnine. Malheureusement, cette jolie vue théorique ne s'est pas réalisée, et les animaux empoisonnés simultanément par la sLrychnine et le curare n'en meurent que plus vite.

La strychnine possède une réaction alcaline. Elle résiste à la putréfaction. Il en résulte que, dans des cas d'empoisonnement, on peut la retrouver dans le cadavre, même trois ans après la mort. Elle se dissout dans 6,667 parties d'eau froide et dans 2,500 parties d'eau bouillante. La solution saturée à froid possède une saveur sensible.

— IV. Décompositions. io Soumise à la distillation sèche, la strychnine fournit, entre autres produits, du pyrrol. Chauffée avec soin, elle répand des vapeurs blanches qui consistent probablement en strychnine décomposée ; elle fond ensuite en un liquide brun qui, si on le chauffe plus fortement, dégage des vapeurs brunes et laisse un résidu charbonneux (Duilos). D'après Gerhardt, il se forme aussi de petites quantités de quinoléine dans la distillation sèche de la strychnine. La strychnine est très - facilement oxydée au rouga par l'oxyde de cuivre ou le chromate de plomb et elle peut être par suite très-bien analysée pur les procédés ordinaires, malgré les assertions contraires d'un certain nombre de chimistes.

2° La vapeur d'iode agit sur la strychnine, qui se convertit sous cette action en un composé particulier.

3° Le brome produit dans les solutions de strychnine un précipité volumineux de bromostrychnine,

4° Le chlore sec est sans action sur la strychnine et sur ses sels ; mais il se forme de la chlorostrychnine quand on dirige un courant de ce gaz à travers de l'eau tenant de la strychnine en suspension. Une solution renfermant 1 partie de strychnine et 8,000 parties d'eau est même encore troublée par l'eau de chlore.

50 Les solutions de chlorure de chaux font naître un précipité blanc dans la solution de l'acétate de strychnine.

6<" L'acide azotique convertit à chaud la strychnine en un composé jaune explosible, qui est probablement de l'azotate de nitrostrychnine. La solution, lorsqu'on la traite

STRY

. par un excès d'alcali, donne des bases volatiles. Quand la strychnine se colore en rouge

[ sous l'action de l'acide azotique, cette réac-

I tion indique qu'elle renferme encore une pe-

1 tite quantité de brucine.

i 70 L'acide sulfurique concentré dissout la

I strychnine en formant une solution incolore.

1 Cette solution donne des réactions colorées avec un grand nombre de substances oxydantes. Voici quelques-unes de ces réactions :

a. Avec le peroxyde de plomb, elle donne une coloration bleue, qui passe ensuite au violet et qui, au bout de quelques heures, finit par devenir jaune serin pur.

b. Avec le dichromate de potassium solide, que l'on y ajoute dans une capsule de porcelaine ou sur un verre de montre, il se produit une fine couleur violette, qui devient bleue quand l'alcaloïde est très-abondant.

c. Avec le ferrocyanure potassique , la réaction est à peu près la même qu avec le dichromate ; mais elle est plus persistante.

d. Avec le peroxyde de manganèse, il se produit une coloration violette qui, au bout d'une heure, vire au rouge foncé. La présence de la santonine et de l'amidon n'empêche pas la strychnine de pouvoir être décelée par le chromate potassique et l'acide sulfurique. Le sucre, la quinine, la morphine, au contraire, rendent cette réaction peu distincte, mais n'empêchent pas la réaction avec l'acide sulfurique et le peroxyde de manganèse. La présence de 30 parties de tartre éinétique n'empêche pas la réaction du dichromate; mais 60 parties du même corps rendent cette réaction indistincte. De trèspetites quantités de matières animâtes ou de matières extractives végétales empêchent tout à fait cette réaction d'être distincte , lorsque la strychnine n'est pas elle - même abondante; de là la nécessité de purifier autant que possible l'alcaloïde , comme nous l'ayons indiqué plus haut dans les recherches toxicologiques.

8° La solution de l'acide iodique colore la strychnine et ses sels en rouge violet.

9° Les iodures des radicaux alcooliques transforment la strychnine en bases éthylées, méthylées ou amylées, que nous décrirons plus loin avec soin,

— V. Combinaisons. Avec l'iode, a. Lorsqu'on dissout 1 partie de strychnine dans 1 partie d'alcool et 3 parties d'eau, qu'on fait bouillir la liqueur avec un peu de teinture d'iode et qu'on abandonne ensuite la liqueur au refroidissement spontané, il se dépose des cristaux d'un composé iodé qui possède la propriété de double absorption. La formule de ce corps est très-probablement

C2tH22Az202,ls.

6. Lorsqu'on précipite par la teinture d'iode une solution de strychnine dans l'alcool faible acidifié par l'acide ehlorhydrique ou l'acide iodhydrique, qu'on redissout le précipité dans l'alcool bouillant et qu'on laisse refroidir, il se forme des prismes d'un rouge brun brillant , inaltérables à la température de 140" et répondant à la formule

C21H22Az202HI,I2.

Si l'on triture 2 parties de strychnine avec 1 partie d'iode , on obtient une masse qui donne, lorsqu'on abandonne au refroidissement sa solution alcoolique concentrée, des lamelles fort jolies, qui, rappellent par leur couleur l'or mussif et dont on écrit généralement la formule (C2iH«Az*021î)2, en doublant la formule pour que l'iode n'y ait pas un exposant impair.

— VI. Sels de strychnine. Les acides dissolvent facilement la strychnine en formant des solutions très-amères, qui sont plus vénéneuses que la strychnine même à cause de la solubilité.

— Acétates de strychnine. On connaît deux acétates de strychnine, l'un acide, l'autre neutre. Le sel neutre cristallise avec quelque difficulté; le sel acide cristallise au contraire facilement.

— Arséniaie de strychnine

C*lH22AzS02,3H20,As305-)-H20.

Ce sel forme des prismes monocliniques. Il est soluble dans 15 parties d'eau froide et dans 5 parties d'eau bouillante.

— Arsénite de strychnine

CîiH22Az20S,H20,As203.

Ce sel forme des cubes blancs opaques qui s'eflleurissent à l'air , ce qui est curieux , puisqu'ils ne renferment pas d'eau de cristallisation.

— Bromomercurate de strychnine. Il se formp dans les mêmes conditions que l'iodomercurate que nous décrivons plus bas, en remplaçant l'iodure par le bromure de poj tassiuin.

— Ckloraurate de strychnine

(C2iH*Uzî02)HCl,Au"'Cia.

C'est un précipité jaune citron très-peu soluble dans l'eau. Il cristallise dans l'alcool en cristaux couleur orangé pâle.

— Chromate de strychnine

(C2iHfc>Az=!0''î)*)H20,CrOï.

Ce sont des aiguilles jaune citron neutres, que l'eau dissout peu et qui sont également assez peu solubles dans l'alcool.

STRY

— Chtorocadmiaie de strychnine

(C2lH2SAz20*,HCI)*,Cd"CI*.

Il forme des écailles blanches éclatantes, ou de longues aiguilles , ou de gros prismes transparents. Ces cristaux ne perdent pas d'eau à 130°.

— Chloromercurate de strychnine.

(C2lH«*Az20S,HCI)î,Hg"CI«.

C'est un précipité dense, pulvérulent, qui se forme lorsqu'on ajoute du sublimé à du chlorhydrate de strychnine. Il cristallise dans l'alcool.

— Composé de strychnine et de chlorure mercuriqite CMH»Az*OS,Hg"CtS. Ce corps se précipite quand on verse du chlorure mercurique dans une solution de strychnine dans l'acool aqueux. Ce précipité est cristallin. L'eau ne le dissout pas, et ce n'est pas seulement ce liquide qui refuse de le dissoudre; l'alcool et l'éther, en effet, ne le dissolvent pas non plus.

— Sulfate de strychnine et chlorure mercurique C2lHSîAz20î,H2S0*,2H"gCl2. Ce corps prend naissance quand on dissout dans l'acide sulfurique le composé de strychnine et de chlorure mercui'ique.

— Strychnine et cyanure mercurique

C20H2tAz2Oî,Hg"Cy2.

Une solution alcoolique de strychnine , précipitée par une solution de cyanure mercurique en excès, donne ce corps en petits prismes peu solubles dans l'eau et dans l'alcool, insolubles dans l'éther,

— Chlorate de strychnine. La strychnine, dissoute dans l'acide ehlorhydrique , forme une solution rosée qui donne des prismes minces et courts et qui, lorsqu'elle est concentrée, se prend en une masse cristalline.

— Chloroplalinate de strychnine

(CîiH^AzîOî.aHClJï.PtCl*.

Les solutions de chlorhydrate de strychnine sont précipitées en jaune paie par les solutions de perchlorure de platine. Ce précipité est presque insoluble dans l'eau et dans l'éther. Il se dissout difficilement dans l'alcool bouillant; de cette dernière solution il cristallise en écailles qui ressemblent beaucoup a l'or mussif.

— Chloropalladite de strychnine

(C2iH22Az202)S,2HCI,lJd"C12.

Lorsqu'on ajoute une solution de dichlorure de palladium à une solution de strychnine dans l'acide ehlorhydrique, il se forme un précipité brun floconneux. Ce précipita est insoluble dans l'eau et dans l'alcool, et sa solution alcoolique bouillante l'abandonne, par le refroidissement, en aiguilles d'un brun foncé. Il ne s'altère ni'à la température ordinaire ni à la température de 1000.

— Bromhydratc de strychnine

C2tHS2AzS02,HBr.

Ce corps se produit lorsqu'on dissout \&strychnine dans l'acide ehlorhydrique. Il cristallise dans l'eau.

— Iodhydrate de strychnine

C2IH22Az808,HI.

C'est un précipité dense , cristallin, qui se forme quand on ajoute une solution aqueuse d'iodure de potassium à une solution de strychnine. La solution évaporée donne des aiguilles à quatre côtés qui présentent l'éclat du verre.

— Chlorhydrate de strychnine

CSlH^AzîO^HCl.

100 parties de strychnine, exposées à l'action d'un, courant de gaz acide ehlorhydrique , puis chauffées à 150°, retiennent 10,67 d'acide ehlorhydrique. Le même sel s'obtient facilement quand on dissout la strychnine dans l'acide ehlorhydrique. Il est neutre aux couleurs végétales, dévie vers la gauche la lumière polarisée. Il est soluble dans 50 parties d'eau à 22*>.

— Cyanhydrate de strychnine. Lorsqu'on dissout la strychnine dans l'acide cyanhydrique aqueux et qu'on évapore la solution, l'acide s élimine.

— Ferrocyanhydrate de strychnine

(CSiHï2Az202,H)AFrCy« + 2H20, On obtient ce sel en mêlant des solutions saturées à froid de ferrocyanure de potassium et d'un sel neutre de strychnine. 11 est constitué par de petites aiguises incolores.

— Fluorhydrate de strychnine

(0S1U22az2O2)2,8HE1 + HÏO.

Ce sont. des prismes droits, rhombiques, incolores, qui possèdent une forte réaction acide.

— Hyposulfite de strychnine

(C21H2iAzî02),H2S203 + 4HâO.

Il se forme lorsqu'on abandonne au contact de l'air, pendant assez longtemps, un mélange de strychnine, d'alcool ut do sulfhydrate d'ammoniaque.

— Iodomereurate de strychnine

C2t Hï2A z202,HI ,Hg"R On l'obtient en mélangeant des solutions aqueuses renfermant î molécules de chlorhydrate de strychnine , e molécules d'iodure de

STRY

potassium et 1 molécule de chlorure mercurique. 11 forme des cristaux microscopiques, brillants, insolubles dans l'eau, soit froide, soit chaude, et légèrement solubles dans l'alcool bouillant.

— Azotate de strychnine

G2lH^Az208,AzHO».

On chauffe doucement de la strychnine finement pulvérisée avec de l'acide azotique étendu jusqu'il ce que le mélange ait une saveur acide faible. La solution, par le refroidissement, laisse déposer de belles aiguilles incolores d'azotate de strychnine. Si l'on faisait usage d'un acide trop concentré, la liqueur prendrait une teinte jaune dès que la chaleur commencerait a agir et il se formerait un dérivé nitré. Dans aucun cas il ne se produit d'azotate acide, ce qui est bien facile a comprendre, puisque l'acide azotique est monoatomique et monobasique.

— Mettitate de strychnine. Quand on mélange une solution alcoolique de strychnine avec une solution d'acide mellitique également dans l'alcool, il se produit un précipité d'un blanc éclatant. Ce précipité est soluble dans 1,500 parties d'eau froide et dans i550 parties d'eau bouillante. It est absolument insoluble dans l'alcool.

— Oxalate de strychnine, a. Sel neutre

(C21H22Az202)2C2H20*.

Ce sont de longues aiguilles aplaties, neutres au tournesol, qui se forment lorsqu'on neutralise l'acide oxalique par la strychnine. Un sel acide CSlH^Az*02,C*H204 se forme quand on soumet le sel neutre à l'action de 1 acide oxalique.

— Perchlorate de strychnine

C2lHS»AzS02,HClO.

Une solution de sulfate de strychnine, décomposée par le perchlorate de baryum, donne de petits prismes rhombiques d'un jaune pâle et d'un éclat vitreux.

— Periodate de strychnine. Il se produit lorsqu'on dissout la strychnine dans une solution aqueuse tiède d'acide périodique ; il cristallise en prismes à six faces terminés par des pyramides à quatre faces.

— Phosphantimoniate de strychnine. C'est un précipité eaillebotté d'un blanc jaunâtre qui prend naissance lorsqu'on ajoute une solution d'acide phosphantimonique a la solution d'un sel neutre de strychnine.

— Picrate de strychnine. Une solution alcoolique d'acide picrique précipite en jaune pâle une solution alcoolique destrychnùie.'JLss mêmes solutions bouillantes donnent, en se refroidissant, des cristaux d'une fine couleur jaune.

— Sulfate de strychnine, a. Sel neutre

(C2iH2Uzî02)2H2SO*.

L'acide sulfurique, saturé par la strychnine réduite en poudre fine, donne de grob prismes à quatre pans. Le sel dévie à gauche le plan de polarisation. Le sel acide

C2iH*2AzS02,H2S04 se forme quand on ajoute au sel neutre de l'acide sulfurique étendu. Il cristallise en longues aiguilles minces et il est très-acide au papier réactif.

— Sulfocyanate de strychnine

CîlH22Az202,CjHS.

Le sulfocyanate de potassium fait iialtre, dans les solutions des sels de strychnine, un précipité cristallin dense. Ce précipité prend la forme d'aiguilles soyeuses loïsqu'ou mêle les deux réactifs à chaud et qu'on laisse ensuite refroidir.

— Tarlratede strychnine, a. Dextrotartrate neutre (C'2tH^Az20S)2c*H«06 + 4 H^O. On le prépare en neutralisant l'acide tartrique par la strychnine. Il forme des aiguilles efâorescentes de plus de Om,02 de longueur.

— Dextrotartrate acide. Il prend naissance lorsqu'on dissout la strychnine dans un grand excès d'acide lartrique. Il forme de petites aiguilles déliées dont la réaction est franchement acide.

— Antitartrate de strychnine. Le sel neutre, chauffé à 100°, perd 7,8 pour 100 d'eau. A 200°, il ne subit aucune nouvelle perte; mais il se colore, quoique à un moindre degré que le dextrotartrate. Le sel acide perd toute son eau de cristallisation (10,3 pour lOOj plus facilement que le bidextroiartrate.

— VII. DÉRIVÉS ALCOOLIQUES DE LA STRYCH- NINE. Méthyl- strychnine C«H21(CH3)Az202.

Pour obtenir ce corps, on chauffe pendant quelques heures de la strychnine finement pulvérisée, dans un tube scellé à la lampe, avec un léger excès d'iodure de méthyle. Quand la réaction est complète, on ouvre le tube , on le chauffe de manière que l'excès d'iodure de méthyle distille; on dissout le résidu dans l'eau chaude et l'on filtre. La strychnine inattaqute demeure sur le filtre. Par le refroidissement, la liqueur donne des cristaux d'iodhydrate de mèlhyl-strychnine, d'où l'on peut extraire la base libre au moyen de l'oxyde d'argent par l'un des deux procédés suivants.

a. Ou bien l'on agite l'iodhydrate, préparé comme nous venons de le dire, avec 3 ou 4 parties d'eau froide et avec un léger excès d'oxyde d'argent; de l'iodure d'argent se

STRY

forme; on filtre, on évapore le liquide en consistance sirupeuse et on l'abandonne à luimême. Par le refroidissement, l'hydrate de tnéthyl-sfrj/eAnme se dépose en cristaux ; la liqueur mère, d'un rouge assez foncé, refuse généralement de cristalliser.

4. Ou bien on décompose la solution d'iodhydrate de strychnine par une quantité équivalente de sulfate d'argent, et le sulfate de méthyl-strychnine, qui résulte de cette opération, par une solution aqueuse de baryte. On filtre et l'on évapore à siccité. Le résidu est redissous dans l'eau, puis évaporé. Il se sépare alors des cristaux d'hydrate de méthyl-strychnine. Le sel ainsi préparé renferme toujours un excès d'eau donton se débarrasse en le maintenant , pendant un temps plus ou moins long, à la température de 130» à 140».

Il est remarquable que l'hydrate de méthyl-stn/c/mt'ne ne jouisse d'aucune propriété toxique. C'est cependant la vérité. On a pu ('onner jusqu'à 0£r,55 par jour de ce corps à des lapins sans qu'ils en aient, été incommodés. L'hydrate de méthyl-strychnine forme, avec les acides, des sels facilement solubles et cristallins. La solution aqueuse de cette base précipite les sels de nickel, de cobalt, de fer et de cuivre. Elle précipite aussi l'alun, mais un excès de réactif redissout le précipité.

— Phosphate de méthyl-strychnine

C21H22(CH3)Az20ï,PH30».

La méthyl - strychnine aqueuse, neutralisée par l'acide phosphorique, fournit une masse cristalline facilement soluble dans l'eau et dans l'alcool.

•— Sulfate deméthyl-strychnine. a. Sel neutre (C21H2I(C1I3JAz202J2H2SO*. On l'obtient en précipitant l'iodhydrate d'éthyl-strychnine par le sulfate d'argent. On peut aussi le préparer eu neutralisant la base aqueuse par l'acide sulfurique étendu. Il forme des lamelles nacrées, efflorescentes, très-soiubles dans l'eau.

b. Le sel acide C2lH2l(cH3)Az*02,B.2SQ4 cristallise facilement en lamelles qui possèdent une réaction acide très-prononcée.

— Iodhydrate de méthyl-strychnine

C21H2l(CH»)Az20S,HI.

Ce sel cristallise en aiguilles nacrées qui exigent 212 parties d'eau froide pour se dissoudre, mais qui se dissolvent plus facilement dans l'eau chaude. L'alcool ne les dissout que très- difficilement,

— Bromhydrate de méthyl-strychnine

C2iH2l(CH3)Az202,HBr.

Ce corps se précipite quand on ajoute du bromure de potassium à une solution concentrée de chlorhydrate. Il est peu soluble dans l'eau froide et se dissout facilement dans l'eau bouillante.

— Chlorhydrate de méthyl-strychnine

C2lH2i(CH3)Az203,HCI.

Il se forme lorsqu'on neutralise la base par l'acide chlorhydrique ou lorsqu'on décompose le Sulfate par le chlorure de baryum. Il forme des prismes fins d'un demi-pouce de longueur, qui sont facilement solubles dans l'eau et dans 1 alcool.

— Chloroplatinate de méthyl - strychnine. C'est un précipité jaune pâle, difficilement soluble dans l'eau et l'alcool et insoluble dans l'éther.

— Elhyl-strychnine

C'23H«Az202 = C2lH21(C«H«)Az202.

On le prépare comme la méthyl-sfr^c/j«i)ie en ayant soin de substituer l'iodure d'éthyle à l'iodure de méthyle. La base peut être précipitée par l'éther de sa solution alcaline obtenue par I'actiou de l'oxyde d'argent sur la solution de l'iodhydrate.

— Carbonates d'êthyl-strycknine. a. Sel neutre. Quand on agite du carbonate d'argent humide avec de l'iodhydrate d'éthylstrychnine et de l'eau, on obtient une solution incolore qui, évaporée dans le vide ou à 100°, laisse un résidu cristallin. L'eau dissout une partie de ce résidu, qui n'est autre que le carbonate d'éthyl-strychnine, et laisse des flo«ons insolubles d'une nouve.le base.

b. Sel acide C*iH2i(C2H5)Az20î,H2C03.

Lorsqu'on dirige un courant de gaz anhydride carbonique à travers une solution aqueuse du carbonate neutre et qu'on évapore ensuite le liquide dans le vide ou à 100°, il reste une masse cristalline blanche qui possède une réaction alcaline. Cette masse se dissout dans l'alcool absolu, d'où l'éther la précipite sous la forme de prismes incolores.

— Iodhydrate d'éthyl-strychnine

C81H2l(C2HS)Az203JHI.

Ce sel cristallise en prismes à quatre pans, blancs et d'un grand éclat.

— Azotate d'éthyl-strychnine

C»H2t (C2H5) Az202, Az H03.

On le prépare en décomposant l'iodhydrate au moyen de l'azotaie d'argent. Il forme des prismes incolores, très-réfringents, qui se dissolvent très-peu dans l'eau froide et qui, au contraire, se dissolvent très - abondamment dans l'eau bouillante.

— Chloroplatinate d'éthyl-strychnine {C2»H2i{C2HB)Az20yiCip,Pt'TCl*.

STRY

C'est un précipité jaune, qui devient cristallin au bout de quelques heures.

— Amyl-strychnine C^H^C^H^Az^Qi. On la prépare , comme l'éthyl-sfri/eÀnine et la méthyl - strychnine, en faisant agir l'oxyde d'argent humide sur le chlorhydrate d'amylstrychnine.

— Chlorhydrate à" amyl-strychnine

C2iH2l(C5HU)Az20S,HCl)2H20.

On l'obtient'en chauffant pendant cent heures de la strychnine finement pulvérisée avec du chlorure d'amyle. Il cristallise en prismes rhombiques obliques et tout à fait incolores.

— Azotate d 'amyl-strychnine

CîlHîHCSH^AzïOS.AzHOS.

On le prépare en décomposant le chlorhydrate à'amyl-strychnine par l'azotate d'argent. Il forme des groupes d'aiguilles incolores et rayonnées.

— VIII. Composés produits par l'action

DU DIBROMORK d'ÉTHYLÈNE SUR LA STRYCHNINE.

Dibrombhydrale d'éthylène- strychnine C2lH20Az2(C2H!>)"O2:2HBr.

Lorsqu'on chauffe pendant un quart d'heure dans un tube scellé de la strychnine avec de l'alcool et un excès de dibromure d'éthylène, et qu'on fait bouillir avec de l'eau les cristaux de cette réaction jusqu'à ce que tout l'alcool et l'excès de bromure d'éthylène soient éliminés, la solution laisse déposer, par le repos, des cristaux de ce sel. Ces cristaux sont blancs, peu solubles à froid dans l'eau et dans l'alcool, plus solubles à chaud dans ces liquides. Leurs solutions ne sont pas précipitées par la potasse, non plus que par la soude et l'ammoniaque. Traités par l'acide sulfurique et le diohromate de potassium, les cristaux donnent la même réaction que la strychnine. Sous l'influence des sels d'argent, ce sel perd son brome par moitié seulement; mais l'oxyde d'argent humide enlève le brome en totalité. De la deux séries distinctes de composés.

— «. Composés gui renferment du brome.

On précipite par le sulfate d'argent une solution de dibromhydrate û'ètby\ùue:-strychnine ou plutôt de bromhydrate de brométhylstrychnine, car certainement ce corps a bien plutôt pour formule

C20Hîl(c2H*Br)'Az2O2HBr que

C2lH20(C2H*)"Az2O22HBr.

On traite ensuite la liqueur filtrée par l'eau de baryte pour éliminer l'excès de sulfate d'argent et l'acide sulfurique à l'état d'oxyde d'argent et de sulfate barytique ; on filtre une seconde fois, on fait passer un courant d'anhydride carbonique à travers le liquide, de manière à en précipiter complètement la baryte, on filtre une dernière fois et l'on évapore à siccité. Il reste un" résidu résineux auquel Ménétriès a donné le nom d'hydrate de broraéthyJ-s(ryc/<N!"e-ummoniumet auquel on doit donner la formule s

C2lH2i(C2H^Br)'Az2û2H.OH.

— Sulfate de strychnine-brométhyl-ammonium

C2lH2i(C2H'*Br)'Az2O2,H2S0*.

Il se forme lorsqu'on décompose le bromhydrate de la même base par le sulfate d'argent.

-r- Azotate de strychnine-bromééhyl-ainiuonium

C21H2l(C'2H*Br)'Az20S,HAzù3.

On l'obtient eu décomposant le bromhydrate par l'azotate d'argent. Il cristallise en aiguilles blanches peu solubles dans l'eau froide, factlement solubles dans l'eau chaude et décomposâmes par les alcalis.

— 5e/ de platine (C2lH2l(C2H4Br)'Az202H,Cl)2PtCl*.

On lui donne naissance en précipitant le chlorhydrate de sin/c/wiiHe-brométhyl-aininoniura par les perchlorures de platine.

— B. Composés exempts de brome. Hydrate d'éthylène-stryclmine

C2!H20(CSH*)"Az2O2H2O ou plutôt oxétkyl-strychnine

C21I121(C2H4,OH)'Az202.

Lorsqu'on fait digérer une solution de bromhydrate de bromëihyl-slrychnine avec de l'oxyde d'argent humide, la solution prend une couleur rougeàtre; évaporée, elle laisse l'hydrate comme résidu.

— Thrichloréthylène-strychnine

C2lH"(Jl:>(C2H4)Az20ï.

C'est une substance blanche, qui mousse et qui prend naissance lorsqu'on fait passer un courant de chlore à travers une solution aqueuse d'hydrate d'oxéthyl-îfr^c/uiiiie.

— Azotate de nilroélhylène-strychnine

C2ïHlâ(Az02){c2ll*)"Az202,HAz03.

Lorsqu'on mêle une solution aqueuse d'hydrate d'éthylèue-*<rycAi«'ne avec de l'acide azotique, il se dépose une poudre blanche, insoluble dans l'eau, mais soluble dans les acides coucentrés. Evaporée en présence d'un excès d'acide azotique, cette substance laisse un corps rouge orangé qui u probablement la formule ci-dessus, suivant Ménétriès. Nous croyons, nous, que cette formule et celle de

STRY

la trichloréthylène-iiiT/cAm'ne renferment H20 en plus et sont : la première

CîiH2°(AzOS)(C2H*OH)Az202,HAz03, la seconde

C21Hi8CIS(C2HK)H)Az20*.

— IX . Composés iodés de la strychnine. Le periodure de strychnine CïiH22Az202,HI,I*, découvert par Tiïderen, se sépare lorsqu'on mélange l'azotate de strychnine avec une solution d'iode dans l'iodure de potassium. Il forme des flocons cristallins d'un rouge brun, ou des aiguilles jaune d'or, s'il se dépose au sein de solutions très-étendues. U cristallise dans l'alcool en longues aiguilles brun foncé, douées de l'éclat métallique. Ces cristaux, éclairés par la lumière polarisée, sont diohroïques; ils paraissent d un brun foncé lorsque leur axe longitudinal est parallèle au plan de polarisation, et d'un jaune tendre lorsque leur axe est perpendiculaire à ce plan. Ils se dissolvent dans U,000 parties d'eau à 15°, sont modérément solubles dans l'alcool bouillant, légèrement dans le chloroforme et presque pas dans les sulfures de carbone et dans l'éther. L'ammoniaque aqueuse sépare la strychnine de ce composé ; le cyanure de potassium décolore sa solution alcoolique et (tonne une solution au sein de laquelle il se dépose, après quelque temps, des groupes d'aiguilles.

Le composé mercurique

C21fl22Az202,HI,HgIî

prend naissance lorsqu'on agite avec du mer- ■ cure une solution alcoolique chaude de l'iodure précédent. Il est insoluble dans l'eau, très-peu soluble dans l'alcool même bouillant, dans lequel il cristallise cependant en tables brillantes d'un jaune tendre. En remplaçant le mercure par le magnésium ou le zinc dans la préparation de ces composés, on obtient des sels doubles analogues a base de strychnine et de zinc ou de strychnine et de magnésium.

Le triiodure de mélhyl-s/rjfcAniiie CSmSîAzW.CHM» t cristallise lorsqu'on laisse évaporer une solution alcoolique d'iodhydrate de méthylstrychnine et d'iode à poids moléculaires égaux. Elle forme de longues aiguilles d'un jaune brun qui, à la lumière polarisée, paraissent jaune pâle ou rouge pourpre.

Le triiodure d'éthyl-strychnine CaiHïîAzîOS.CîRS.l!»

cristallise dans l'alcool en longues aiguilles à quatre pans, dont l'aspect ne change pas quand on les éclaire par la lumière polarisée.

Le pentaiodure d'amyl-str-ychnine C2»H^Az20*,C5rlil:15

cristallise en aiguilles presque noires, montrant, lorsqu'on les examine au microscope avec la lumière réfléchie, l'éclat de l'acier poli. Dans la lumière polarisée, ces cristaux paraissent opaques si leur axe est parallèle au plan de polarisation , et violet pourpre foncé s'il lui est perpendiculaire.

Oit obtient un composé de persulfure d'hydrogène et de strychnine répondant à la formule C2tH22Az«0*,H2S3 en mêlant, à une solution de strychnine dans l'alcool fort saturé à froid, une solution alcoolique de sulfure d'ammonium renfermant du soufre libre en dissolution. Le nouveau corps se sépare peu à peu sous la forme d'aiguilles d'un jaune orangé, qui, après décantation de la liqueur mère, peuvent être lavées à l'alcool froid. Ce composé est complètement insoluble dans l'alcool, l'éther et le sulfure de carbone. L'acide sulfurique concentré le décolore. L'eau acidulée en sépare du persulfure d'hydrogène sous la forme de gouttes huileuses, taudis que la liqueur renferme un sel de strychnine; au sulfate, si l'on a fait usage d'acide sulfurique.

— X. Chlorostrychnine C2iII2iClAz202.

Lorsqu'on traite une solution chaude de chlorhydrate de strychnine par un courant de chlore, il se dépose peu à peu uue substance résineuse et la liqueur retient du chlorhydrate de chlorostrychuine en dissolution. Bi l'on ajoute alors goutte à goutte de l'ammoniaque ii h liqueur jusqu'il ce que ce réactif produise un trouble permanent, qu'on filtre et qu'on vprse de l'ammoniaque dans le liquide filtré, on donn : lieu à un précipité qui renferme la chlorostrychnine pure.

— Sulfat" de chlorostrychnine

(C2lH2lCJAz202j2iH2so*.

On prépare ce corps en neutralisant l'acide sulfurique étendu au moyen de la chlorostrychnine. On l'obtient en cristaux en évaporant avec soin sa dissolution aqueuse et laissant évaporer.

— XI. Falsifications. Il arrive assez souvent que la strychnine du commerce est falsifiée; si c'est par un mélange de brucine, on le reconnaît facilement au moyen de l'acide azotique, qui lui communique alors une coloration rouge de sang. Une première garantie contre le mélange de substances étrangères est de ne se servir que de strychnine cristallisée. Elle doit être entièrement soluble dans l'alcool, ce qui exclut la présence du phosphate ou du sulfate de chaux; elle doit ne pas perdre sensiblement de son poids dans l'eau, ce qui exclut le sucre et quelques sels solubles,

STRY

et elle doit se dissoudra en entier dans l'eau acidulée, ce qui exclut les corps gras. Les mêmes moyens sont applicables d ailleurs lorsqu'il s'agit de déceler les fraudes dont la brucine a été l'objet.

— Thérap. Nous avons déjà dit que la strychnine porte son action sur les racines sensibles des nerfs. Il nous reste à voir quels effets produit cette action physiologique etcomment on a tiré parti de ces propriétés.

— I. Symptomatologie de l'empoisonnement par la sthvcuninh. La strychnine et les autres alcaloïdes qui l'accompagnent dans Jes végétaux d'où on l'extrait exercent sur l'économie animale une action redoutable, qui a surtout été étudiée avec beaucoup de soin en ce qui concerne \a. strychnine. Il se manifeste d'abord un sentiment de vertige , de la roideur dans les muscles et en particulier dans ceux de la mâchoire. Puis surviennent des secousses, d'abord faibles, mais qui se transforment bientôt en secousses terribles venant coup sur coup; le corps est immobile, la tête jeté* en arrière; l'intelligence est nette, la parole est entrecoupée. Peu à peu les mâchoires se resserrent, et le trismus s'ajoute à la rigidité du trunc. Les malades font de vains efforts, sont cloués sur le dos; la respiration, naturellement, est excessivement courte et présente un caractère convuisif. Puis tout se dissipe et, après un intervalle de calme, survient un nouvel accès plus violent. Les secousses sont assez fortes pour que, quelquefois, le corps soit soulevé a une certaine hauteur au-dessus du lit. Toute parole devient impossible; la plante des pieds est tournée en dedans; la respiration de plus en plus oppressée semble par moments complètement suspendue; les battements du cœur sont irréguliers. Un dernier accès enfin se termine brusquement par la mort. Après la mort, à l'autopsie, on trouve le cœur vide et contracté ;la rigidité des muscles se maintient plus longtemps que la rigidité cadavérique ordinaire.

A petites doses, les mêmes effets se produisent, mais d'une façon modérée : il y a fourmillement dans les muscles et secousses plus ou moins violentes; les organes génitaux sont surexcités et le pénis entre en érection.

Quel est le contre-poison de la strychnine? Certes la rapidité avec laquelle agit le poison ne laisse pas beaucoup de temps à la médecine. 11 ne faut cependant pas rester inactif on présence d'un empoisonnement de cette nature. Le mieux est d'administrer d'abord une certaine dose de tannin, afin de rendre insoluble la strychnine non encore absorbée qui se trouve dans l'estomac, et faire prendre immédiatement après un vomitif au malade. Au besoin, on peut agir avec plus de rapidité encore en faisant usage d'une pompe œso-

Fhagienne pour vider et laver immédiatement estomac. Mais en même temps qu'on agit ainsi d'une façon toute locale pour éliminer le poison non encore absorbé, il faut aussi agir d'une manière générale pour combattre les effets du poison déjà absorbé ; eu un mot, en même temps que l'on emploie le contrepoison, il faut employer l'antidote. Le mieux, a ce point de vue, consiste à faire subir au malade des inhalations de chloroforme, prolongées de manière à s'opposer à ces secousses, à ce tétanos terrible qui finissent par amener la mort par asphyxie. On peut être ainsi assez heureux pour maintenir la vie jusqu'au moment où le poison est éliminé à peu près complètement par les urines. Il ne faudrait pas croire cependant qu'on put souvent compter sur un rejet de ce genre. La strychnine , à dose un peu forte , ne parait pas tuer seulement par asphyxie, mais aussi par l'action directe qu'elle exerce sur les centres nerveux. Or, dans ce cas, on essayerait vainement de maintenir le malade en vie en empêchant l'asphyxie de se produire. La preuve qu'il en est ainsi, c'est que le curare, qui cependant a des effets inverses de ceux de la strychnine, n'est point un antidote de ce cerps. Quand cependant les doses sont moins fortes, on peut obtenir des succès. Nous nous rappelons que M. Claude Bernard, à l'époque de ses expériences sur les poisons, parvint à guérir un lapin empoisonné par \». strychnine en entretenant la respiration artificielle assez longtemps pour que l'élimination du poison fût sinon tout à fait complète, du moins assez complète pour que la vie redevint possible.

— II. Action thérapeutiques. La première idée d'employer la strychnine en médecine appartient à Fouquier, qui proposa cet alcaloïde contre l'hémiplégie. Ce médicament toutefois était tombé en discrédit, lorsque Bretonnean, de Tours, répéta les essais de Kouquier, et il ne tarda pas à reconnaître que, si, dans les paralysies qui dépendent du cerveau, la strychnine est peu utile, en revanche elle rend de véritables services dans celles qui résultent d'une lésion de la moelle ou de ses membranes. M.Trousseau, a son tour, a répété les expériences de Bretonneau et a observé de bons effets. Enfin M. Tanquerel a publié une thèse remarquable sur 1 utilité de la strychnine dans les paralysies saturnines et a rapporte des faits nombreux recueillis dans les services de M. Andral, de M. Raver et ao M. Trousseau. Les paralysies tout à fait locales ont été fort heureusement traitées par ce moyen, etparticulièrement l'umaurose. Le plus souvent, lorsqu'on se propose de traiter

STRY

l'amaurose par la strychnine, on applique cet alcaloïde sur de petits vésicatoires placés audessus du sourcil. Dans les paralysies saturnines, l'administration interne produit de tout aussi bons résultats que l'application sur le derme dénudé. L'incontinence et la rétention d'urine provenant d'une paralysie de la vessie ont été traitées avantageusement par la strychnine. M. Trousseau a aussi tiré de très-bons résultats de ce médicament dans l'impuissance. A l'heure qu'il est, on peut dire d'une manière plus générale que les cas de guérison par la strychnine des paralysies diverses que nous avons mentionnées abondent dans nos recueils scientifiques.

En dehors des paralysies, citons encore, comme pouvant être améliorées on guéries par l'usage de la strychnine, la chorée ou danse de Saint-Guy, les névralgies en général et la névralgie faciale en particulier et la colique saturnine. On a voulu aussi utiliser contre les étranglements internes, et surtout contre les engorgements stercoraux, la propriété que possède cet alcaloïde d'agir sur la couche rousculeuse de l'intestin. M. Homolle a même cité plusieurs cas de réduction de hernies étranglées qu'il attribue à cette médication, quoique la chose nous paraisse contestable. A coté de la strychnine pure, il faut placer l-'usage de la noix vomique contre les gastralgies, les dyspepsies, l'hypocondrie et l'asthme. Enfin la strychnine a été conseillée contre le choléra; mais, préconisée parles uns comme spécifique, elle a été repoussée par les autres comme inutile et même dangereuse.

D'après M. Trousseau, la strychnine échoue toujours dans la période algide du choléra; mais dans les formes moins graves de cette maladie, lorsque l'absorption est possible et que le médicament peut manifester Sou action, on obtient d'heureux effets. La réaction, au lieu d'être brusque et impétueuse, comme elle l'est souvent après l'emploi des stimulants diffusibles, se produit d'une manière plus ménagée, plus progressive et eu même temps plus soutenue. Les phénomènes de congestion sont par cela même moins à redouter. Mais de là à une action spécifique, il y a un abîme.

— III. Mode d'administration et doses de

LA NOIX VOMIQUE ET DE LA BTRYCHNINK. La

noix vomique s'emploie sous la forme de poudre, d'extrait aqueux, d'extrait alcoolique et de teinture. La strychnine et ses sels se donnent en nature ou dissous dans un véhicule quelconque. Nous venons de dire dans quels cas spéciaux on emploie ces corps.

La poudre de noix vomique s emploie à la dose de 0(^,05 à ugr,75 par vingt-quatre heures; l'extrait alcoolique à la même dose; la strychnine à la dose de Og'.Ol pour commeiic.er et pour arriver graduellement à Ogr,io et 0gr,i5. Il faut aller avec beaucoup de lenteur, car on ne s'habitue.pas à la strychnine comme aux autres poisons; ses effets s'accumulent, et l'on peut arriver à des effets d'intoxication tout à fait imprévus. La teinture alcoolique n'est^uère employée qu'en lotions et en fomentations.

STRYCHNINIQUE adj. (stri-kni-ni-ke — rad. strychnine). Chim. JBe dit d'un acide obtenu par l'action de l'acide sulfurique chaud sur la strychnine.

STRYCHMQUE adj. (stri-kni-ke — rad.

strychine). Cliiiti. Se dit d'un acide qui existe dans la strychnine.

5TRYCHNISME s. to. (stri-kni-sme — rad.

strychnique). Ensemble des accidents produits par l'ingestion de la strychnine ou de ses sels.

STRYOHNOCHROMINE S. f. (stri-kllo-kromi-ne — de strychnine, et du gr. chroma, couleur). Chim. Matière colorante jaune extraite des strychnos.

STRYCHNOS s. m. (stri-knoss — du îat.

strychnus, gr. struchnos, morelle). Bot. Genre d'arbres ou d'arbrisseaux, de la famille des loganiacôes, type de la tribu des strychuées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique : Le strychnos tieulé est une trèsgrande liane, qui croit dans les forêts vierges des montagnes de Java. (P. Duchaitre.) Le strychnos Oois de couleuure est très-répandu dans les lieux marécageux de l'Inde. (T. de Berneaud.)

— Encycl. Les végétaux qui composent ce genre forment des arbres ou des arbrisseaux grimpants qui croissent dans les parties intertropicales de l'Asie et de l'Amérique. Les feuilles sont opposées, entières; les Heurs, d'un blanc verdâtre, généralement très-parfumées, présentent un calice quadri-quinquefide; une corolle tubuieuse à gorge nue ou barbue, à limbe quadri-quinquefide, étalé ; quatre ou cinq ètaniines insérées à la gorge de la corolle, k filet très-court; un ovaire à deux loges inukiovulées, surmonté d'un style filiforme que termine un stigmate en tête, indivis. Le fruit est charnu, uniloculaire, polyspernie ou rarement monosperme par avortement.

Les caractères qui précèdent distinguent le genre qui nous occupe d'avec une plante qui a été regardée d'abord comme lui appartenant. Cette espèce remarquable est 1 ignatie amère; ses graines sont très-connues sous le nom de fèves de Saint-Ignace. Elles sont d'un gris noirâtre, terne ; leur forme est assea ir-

STRY

régulière, anguleuse ; elles sont dures et pierreuses, longues d'environ 0m,0l5 à 0n,,u20; leur saveur est extrêmement amère. Dans les lies Philippines, où croît naturellement l'ignatier, ses graines sont regardées et employées comme un médicament précieux dans un grand nombre de cas différents, mais dont il faut user avec précaution. En Europe, on les connaît surtout k cause de leur action toxique. En effet, prises à haute dose, elles déterminent la mort, en produisant le tétanos, et par suite l'asphyxie. Elles doivent cette action à la présence d'un alcaloïde découvert en 1818 par Pelletier et Caventou, la strychnine (v. ce mot), qui existe aussi dans la plupart des graines de strychnos, mais nulle part aussi abondamment que dans les fèves de Saint-Ignace. Cette substance s'y trouve combinée avec un acide, l'acide strychnique. Pi rmi les espèces de strychnos aujourd'hui connues, plusieurs sont importantes ou curieuses.

Les espèces grimpantes sont : le strychnos tieuté, qui est une très-grande liane, croissant dans les forêts vierges des montagnes de Java, où elle s'élève jusqu'au sommet des plus grands arbres. Les feuilles de ce strychnos sont elliptiques ou oblongues,k trois nervures, aiguBs à la base, acuminées au sommet, glabres; çà et là, des sortes de vrilles, épaissies à leur extrémité et en hameçon, sortent de l'aisselle de feuilles avortées. C'est avec l'écorce de la racine du tieuté que les Javanais préparent le poison avec lequel ils empoisonnent leurs flèches. Us en extraient par l'ébullition le principe vénéneux , qui du reste n'en découle jamais naturellement, et ils font un mystère de cette préparation, dont le secret n'est connu que de certains d'entre eux. Cette substance vénéneuse, connue sous le nom d'upas tieuté, a été l'objet d'expériences qui en ont démontré les terribles effets. Ainsi Leschenaut, ayant piqué avec une ttècbe empoisonnée au moyen do cette substance diverses espèces J'animaux, les a vus mourir entrés-peu de lenips, les oiseaux en deux à quatre minutes ; une légère piqûre de cette flèche a suffi pour faire mourir des chiens en une demi-heure. MM. Magendie et Delille ont expérimenté de leur côté avec de l'upas tieuté rapporté de Java, et ils ont vu des lapins, des chiens, des chevaux périr en six, huit, douze, quinze minutes, par l'administration de quelques gouttes de ce poison. Dans tous les cas, la mort était due a une suppression tétanique des mouvements musculaires et à l'asphyxie qui en était la suite immédiate, absolument comme dans l'empoisonnement par la fève de Saint-Ignace, ou plus généralement par la strychnine.

Le strychnos bois de couleuvre est une espèce sarmenteuse, inerme, comme la précédente, qui croît au Malabar. Le bois de sa tige et surtout de sa racine est regardé par les Indiens comme très-efficace contre lu morsure des serpents venimeux, pour guérir les blessures d'armes empoisonnées : de là Ses noms vulgaires de bois de serpent, bois de couleuvre. Dans ces divers cas, on fuit usage de sa décoction ou de sa poudre appliquée sur la blessure. Ce bois a une amertume trèsprononcée, qui est due a la présence de la Btrychnine.

Les espèces arborescentes sont : le strychnos faux quinquina. Cette espèce forme un arbre de 3 a 4 mètres, tortueux, qui croit au Brésil. Son éeorce est subéreuse; ses feuilles sont ovales, à cinq nervures, couvertes en dessous de poils roussâtres; ses fleurs sont odorantes et leur corolle pubesceute en dehors, laineuse à la gorge. Son fruit est trilobé, long de O'n.OZ environ, jaune, luisant, à pulpe douce. Toutes les parties de cet arbre, à l'exception de son fruit, ont une amertume prononcée,quidevientsurlout trèsforte dans l'écorce. Celle-ci a de plus une astringence marquée. Ces deux propriétés en font un excellent succédané du quinquina. Cette éeorce estd'un usage journalier au Brésil, où l'on s'en sert dans toutes lus circonstances où les médecins européens administrent le quinquina. Elle ne renferma ni brucine ni strychnine.

Le strychnos vomiquier. Cette espèce croit Sur la cote du Corcmandel et dans les forêts de la Cochinehine. Comme la précédente , elle n'a ni épines ni vrilles. Ses teuilles sont ovales, glabres, tantôt aiguBs, tantôt obtuses, à cinq ou six nervures; ses fleurs forment un corymbe terminal, et leur corolle est glabre intérieurement; son fruit est globuleux, d'un fauve rougeatre, k peu près de la grosseur d'une orange. C'est l'écorce de ce strychnos qui constitue la fausse angusture de nos pharmacies,; c'est surtout pour ses graines que le vomiquier a de l'importance. Celles-ci sont presque circulaires, aplaties en bouton, et même un peu déprimées à leur centre, d'un gris verdâtre, luisantes et soyeuses. Elles ont de 011,01 à o™,02 de diamètre sur 0m,005 environ d'épaisseur. Leur substance est très-dure et ne peut être réduite immédiatement eu poussière qu'au moyen de la râpe. Elles sont connues depuis longtemps sous le nom de noix vomiques. Leur saveur est très-amère et très-àcre. Leur action est vénéneuse k un haut degré, et l'empoisonnement qu'elles produisent ressemble entièrement k celui que détermine la fève de Saint- Ignace. En effet il est dû également à la strychnine; cet alcaloïde existe, dans la graine du vomiquier, combiné à l'acide strychnique, mais

STRY

sa proportion y est notablement moindre que dans les graines de l'ifrnatier. Il s'y trouva réuni à un autre alcaloïde dont l'action est également énergique et qui a reçu le nom de brucine de Pelletier et Caventou, auxquels on en doit la découverte. Longtemps on a fait usage des noix vomiques uniquement pour se débarrasser des animaux malfaisants; mais en ces dernières années leur emploi a pris une grande importance dans la médecine humaine, par suite des bons résultats obtenus avec ce médicament dans certains cas de paralysie. Les autres parties du vomiquier, son bois, sa racine, ses feuilles, à l'exception do la pulpe de son fruit, ont une amertume trèsprononcée et sont employées daosl'Inde contre les fièvres intermittentes et contre la morsure des serpents venimeux.

Le strychnos des buveurs est une espèce très-curieuse par la propriété que possède son fruit de purifier et de clarifier l'eau impure de manière à la rendre non-seulement potable, mats encore agréable à boire. On utilise cette propriété si avantageuse dans les climats intertropicaux en jetant le fruit dans l'eau ou simplement en en frottant les bords du vase dans lequel on verse ensuite le liquide à purifier. On voit alors les impuretés que renfermait celui-ci se déposer au fond du vase. Ce strychnos croît naturellement au Col'omaudel , mais la culture l'a propagé dans plusieurs autres parties de l'Inde et jusqu'à Madagascar.

STRYGE s. rn. Fausse orthographe du mot

STRIG1S.

STRYJKOWSKI (Matthieu), historien et poète polonais, néàStrykow, prèsdeLuwiez, en 1547, de la famille des Osostowic, cause poui laquelle il se nomme quelquefois Otottowlciua, mort vers la fin du xvie siècle. 11 vivait encore en 1582. Il étudia à Brzeziny et à l'Académie de Cracovie et compléta son éducation dans les universités allemandes et italiennes. Il s'engagea ensuite dnns l'armée, en Lithuanie, y apprit le lithuanien et le russe, visita les bords de la mer Baltique et les provinces du nord de lu Pologne. En 157-1- 1573, il fut envoyé eu ambassade en Turquie. De retour dans sa patrie, il s'établit en Lithuanien Sluck, puisenSamogitie, auprèsdu prince Georges Olelkowicz. Après la mort do celui-ci (1578), il obtint la protection de Melchior Giedroyc, évêque de Sainogitie, et fut nommé par lui chanoine de Miedtiice et archidiacre du diocèse. L'ouvrage le plus important de Stryjkowski est une Chronique inédite delà Pologne, de la Lithuanie, de la Sumogitie et de toute laRuthéaie, etc. (Kœnigsberg, 1582, in-fol.), rééd. dans le Itecueil des historiens polonais de Bohoinolec, t. II (Varsovie, 1766, 30 éd.), avec biographie de l'auteur, etc. {Varsovie, 1S44-1E46, 2 vol. in-so). Cet ouvrage est d'une importance capitale pour l'histoire de la Pologne et surtout de la Lithuanie, l'auteur ayant puisé dans une foule d'anciennes chroniques polonaises, lithuaniennes, etc., aujourd'hui perdues. L'Italien Guajninifit paraître sous sou nom une traduction

atiue de la Chronique de Stryjkowski en en changeant le titre. Outre su Chronique, Stryjkowski a composé un certain nombre de poèmes, presque tous aujourd'hui perdus, et des ouvrages historiques, dont quelques-uns nous sont parvenus et parmi lesquels nous citerons : YOrigine des nations sarmatiques ot

Vies des rois de Pologne (Cracovie, 1575, in-4°); De la liberté de la couronne de Pologne et du grand-duché de Lithuanie et du cruel esclavage d'autres royaumes sous le joug lyrannique dus liasses (Cracovie, 1575, iii-4"; 1587, U>-4°, 20 édit.).

STRYK (Samuel), jurisconsulte allemand, né à Lenzen en 1640, mort à Halle en 1710. Il étudia lu jurisprudence à Witteinbeig, visita ensuite les universités de Hollande et d'Angleterre et devint successivement professeur de jurisprudence à Krancfort-sur-l'Odet(lCC5), président de la Faculté de droit, conseiller à la cour suprême et enfin directeur de l'université de Witteinberg. Ses principaux ouvrages sont : De jure sensuum (Francfort, 16G5, in-4") ; Examen juris feudalis (Francfort, 1075, in-12); Usus moderuus Pandsctirum (Francfort, 1690, 2 vol. in-4»).

STRYMON s. in. (stri-mon). Entom. Genre d'insect's' lépidoptères diurnes, de la tribu des pupilionides, dont i'espèce unique est étrangère à l'Europe.

STRYMON, fleuve de la Macédoine, il formait, sous le règne de Philippe, père d'Alexandre, la limite orientale de ce pays, qu'il séparait de la Thraee ; il descendait du versant méridional du mont Orbelus et se jetait dans la mer Egée au golfe de son nom (aujourd'hui golfe de Contessa). L'ancien Strymon porte actuellement le nom de Kara-Sou ou de Strouma, descend du mont Witusch, près de Sophiu, coule au S., traverse le lac de Trachynos (autrefois lac Prasius) et se jetto dans le golfe de Conlessa.

STRYPE (John), biographe anglais, né à Stepney, près de Londres, en 1643, mort à Hackney en 1737. 11 étudia à l'université de Cambridge, entra ensuite dans les ordres et se confina dans la cure de Low-Leyton (Essex), où il s'adonna entièrement aux études historiques. Ses principaux ouvrages sont : Annals of the Hefurmation and establishment of religion (Londres, 1709, 4 vol in-fol.); Stow's survey of Loudon (Londres, 1720,2 vo..

sïuà

in-fol.); Ecclesiastical mémorial* (Londres, 1721, 3 vot. in-fol.).

STRYPHNODENDRON S .tri. (stri-fno-daindron — du gr. struphnos, compacte; dendron, arbre). Bot. Genre d'arbres, de la familJe des légumineuses, tribu des mimosées, réuni par plusieurs auteurs, comme simple section, au genre inga.

STUART, maison royale d'Ecosse, pnis d'Angleterre. Elle descendait, dit-on, de Bnnquo, tkane de Lochaber, assassiné par Macbeth, et reconnaissait pour chef Walter, accueilli par le roi d'Ecosse Malcolm III (îoso) et élevé a la dignité héréditaire de stewart (d'où le nom de la dynastie) ou sénéchal du royaume. Un de ses petits-fils épousa la fille de Robert I" et donna naissance à Robert II, nui hérita de la couronne et devint la souche de lu maison royale des Stuarts (1370-1390). Bes descendants régnèrent sur l'Ecosse jasu'à Jacques VI, frère de Marie Stuart, qui ut appelé à régner sur l'Angleterre et réunit lis deux couronnes sous le nom de Jacques 1er (1G03). Ses descendants furent Charles Ier, Charles II et Jacques II. Les Stuarts furent exclus définitivement du trône par la révolution de 1088. Cependant l'épouse de Guillaume III d'Orange, Marie, et sa sœur Anne, qui succéda à Guillaume (1702-1714), appartenaient ii cette famille, qui avait gouverné l'Ecosse pendant 344 ans et les deux royaumes réunis pendant 111 ans. La maison de Hanovre eut pendant le xvine siècle à se défendre contre les entreprises de deux prétendants (le chevalier de Saint-George et Charles- Edouard) do la maison des Stuarts, qui s'éteignit en la personne de Henri Benoît, cardinal, mort à Venise en 1807. Les malheurs qui poursuivirent cette dynastie, depuis son élévation jusqu'à sa chute, doivent être en partie attribues a son attachement au ca'holicisme, et surtout à ce penchant héréditaire au despotisme, qu'elle avait contracté dans ses longues luttes contre la féodalité d'Ecosse et qui lui devint funeste lorsqu'elle l'apporta sur le sol indépendant de l'Angleterre. Pour les rois de cette famille, v. Robert H et Robert III, rois d'Ecosse; Jacquks l" et Jac- Q\jks II, rois d'Angleterre; Chaules ïti et Charles II, rois d'Angleterre ; Marie Stvj art, reine de France et d'Ecosse; Anne, reine d'Angleterre.

STUART (Arabella), connue sous le nom de ■ady Arabella, née en Angleterre en 1575, morte à Londres en 1615. Elle était fille du comte de Lenox, Charles Stuart, frère de Henry Darnley, qui monta sur le trône d'Ecosse en épousant Marie Stuart. En outre, de même que son cousin Jacques VI, elle descendait de Marguerite, sœur de Henri VIII, de sorte que, comme lui, elle avait des droits éventuels k la couronne d'Angleterre, lorsque devait s'ouvrir la succession de la reine Elisabeth. Lady Arabella, élevée avec soin à Londres par sa grand'mère, la comtesse de Lenox, joignait un physique agréable à un esprit cultivé. De nombreux prétendante, attirés par l'éclat de sa naissance, aspirèrent à sa main. Jacques VI voulut lui faire épouser Esme Stuart; mais la reine Elisabeth s'y opposa. Des projets de mariage avec le duc de Savoie avaient également échoué, lorsque Arabella songea à épouser le fils du duc de Northumberland ; mais Elisabeth, qui voulait , qu'elle gardât le célibat, ayant été instruite ; de l'intention de la jeune tille, coupa court à | son projet de mariage en la faisant mettre j en prison. Arabella recouvra la liberté après ; la mort d'Elisabeth. Quelques noble.», ayant à leur tête Raleigh, voulurent alors l'opposer à Jacques "VI, qui venait de monter sur le trône d'Angleterre sous le nom de Jac- ! ques 1er; mais la conspiration échoua (1603), , et, comme il fut prouvé qu'Arabella y était | restée complètement étrangère, elle ne fut ! point inquiétée. Jacques continua à l'admet- : tre k la cour et augmenta la pension qu'il lui faisait; mais, comme Elisabeth, il ne voulut point qu'elle se mariât. Cependant celle-ci s'était éprise de William Seymour, et elle finit par contracter avec lui, au commencement de 1609, un mariage secret. Jacques 1", en ayant été informé, lit emprisonner Seymour k la Tour de Londres et Arabella dans le château de Durham. La jeune femme manifesta le plus vif désespoir de cette iéparalion et ne songea plus qu'à se rapprocher de ' son époux. Grâce a l'entremise de personnes ' dévouées, elle concerta un plan d'évasion j double qui devait avoir lieu le même jour. Le 3 juin 1010, Seymour et Arabella parvenaient, ; chacun de son côté, à sortir de prison ; mais, j pendant que Seymour était assez heureux ' pour gagner la Flandre, sa femme était ar- ' rêtée au moment même où elle allait franchir , le détroit de Calais et ramenée en prison, à la ' Tour. Traitée avec une extrême rigueur, elle ' fut atteinte, à la suite des violentes émotions . qu'elle avait éprouvées, d'accès d'aliénation ' mentale et mourut dans cet état. Seymour i put revenir quelque temps après en Angle- ! terre, devint par la suite duc de Somer&eiet ; mourut en 16G9. On a publié trois lettres de lady Arabella, lesquelles montrent qu'elle i joignait à une âme passionnée un esprit très- ' cultivé. j

STUART (Jacques-François-Edouard), plus connu eu France sous le nom de chevalier

de Saint-George et appelé Jucquea 1)1 ^ ar

les jacobites, né à Londres en 1688, mort à

STUA

Rome en 1766. Fils de Jacques II, roi d'Angleterre, et de Marie de Modène, il reçut en naissant le titre de prince de Galles et n'avait que cinq mois lorsque son père fut renversé du trône par le prince d'Orange. Envoyé en France avec sa mère, sous la conduite du duc de Lauzun, il y fut bientôt rejoint par Jacques II et, à la mort de ce dernier (1701), il fut reconnu comme roi d'Angleterre par Louis XIV, le pape, le roi d'Espagne et le duc de Savoie, sous le nom de Jacques III. Lorsque mourutGuillaume III, le prétendant était encore trop jeune pour tenter de s'emparer du trône sur lequel venait de monter sa sœur Anne. Ses conseillers se bornèrent k recommander au duc d'Hamilton, le plus autorisé de ses partisans en Ecosse, de demander à la reine Anne de vouloir bien favoriser son avènement pour le moment où elle viendrait à mourir. L'Ecosse ayant été réunie k l'Angleterre en 1706, le plus vif mécontentement se manifesta chez les Ecossais contre cet acte, et le nombre des partisans du prétendant s'y accrut considérablement. Deux ans plus tard, Louis XIV consentit à ce qu'une flotte portant des troupes de débarquement conduisît en Ecosse Jacques-Edouard, alors âgé de vingt ans, et lui facilitât les moyens de reconquérir le trône de Jacques 11. Il ne doutait point, d'après les rapports qu'on lui avait faits, que la seule présence du prétendant n'amenât un soulèvement général en sa faveur. Mais la flotte,commandée par Forbin, fut assaillie par une tempête, attaquée par l'amiral Byng, de sorte que le débarquement ne put avoir lieu et que Jacques-Edouard dut revenir k Dunkerque. De là, sous le nom de chevalier de Saint-George, il se rendit k l'armée française que Villars commandait en Flandre et prit part & la bataille de Malplaquet. En ce moment, le duc de Marlborough, depuis longtemps en relations secrètes avec les jacobites et irrité contre la reine Anne à cause du nouveau ministère qu'elle venait de prendre, lit proposer au prétendant de tenter une nouvelle expédition en Ecosse; maia Louis XIV, qui négociait alors pour la paix, ne put accédera son désir et lui refusa de laisser embarquer à Brest, pour une nouvelle tentative, les régiments irlandais au service de la France. Pendant que Jacques- Edouard, dont la tête avait été mise à prix en Angleterre, essayait de se faire de nouveaux partisans en Angleterre, Louis XIV signait le traité d'Utrechi (1713), par lequel il reconnaissait la succession de la couronne d'Angleterre d.-msla ligne protestante et consentait k éloigner de ses Etats le prétendant catholique. Le chevalier de Saint-George protesta contre ce traité et se retira en Lorraine, où il apprit, en 1714, la mort de Sa sœur, ta reine Anne. Le chevalier de Saint- George accourut alors auprès de Louis XIV pour lui demander son appui contre George Ier; mais ce prince l'accueillit avec une extrême froideur et même lui lit intimer l'ordre de quitter la France. Cependant ses partisans s'agitaient en Ecosse et en Angleterre et préparaient un soulèvement qui éclata en 1715. Le comte de Mar se mit k la tête des insurgés, parmi lesquels se trouvaient le duc Roxburgh, les marquis de Tullibardine et de Huntley, et proclama k Brae-Mnr, le 6 septembre, Jacques- Edouard, roi d'Angleterre ei d'Ecosse, sous le nom d'Edouard III. Le 22 décembre, celui-ci débarquait enfin k Peterhead et rejoignait l'année de 12,000 nommes que commandait de Mar. Il s'empressa de prendre les attributs de la royauté, de former une cour, de créer des dignitaires et lit une entrée solennelle à Perth. Cependant le gouvernement de George le' s'était mis en mesure de combattre l'insurrection et avait fait venir de Hollande un contingent de troupes pour grossir l'armée anglaise. Les troupes du prétendant furent battues k diverses reprises; le découragement commença à s'emparer d'elles, et Jacques- Edouard ne trouva rien de mieux k faire que d'abandonner secrètement ses partisans et de gagner Gravelines (1716). L'armée insurgée dut Se disperser; mais, pendant que beaucoup de chefs les plus compromis parvenaient k s'échapper, d'autres étaient décapités ou emprisonnés et un nombre considérable d'insurgés était déporté en Amérique. Jacques- Edouard ne trouva pas plus d'appui dans le duc d'Orléans, devenu régent de Fiance, que dans Louis XIV. 11 alla chercher un refuge ii Avignon (1716), puisa Rome (1718), où, en sa qualité de prince catholique, il trouva un appui dans le pape Clément XII. Alberoni intrigua en sa faveur auprès du roi d'Espagne. Le prétendant se rendit dans ce pays et obtint qu'on mit à sa disposition une escadre pour opérer un débarquement en Ecosse et soulever de nouveau le pays. Mais une tempête dispersa la flotte (17 19); un petit nombre u'Espugnols seulement put se joindre à un faible contingent d'Ecossais, qui prirent encore une fois les armes, et le mouvement fut rapidement comprimé. Cette même année, Jacques - Edouard épousa Clémentine Sobieska,quiluiapporta25 millions de dot. Cette fortune, k laquelle se joignait une grosse pension du pape, lui permit de s'entourer d'une petite cour. En 1722, il adressa aux divers cabinets d'Europe et k « ses sujets anglais » une proclamation duns laquelle il engageait fortement George 1er à se démettre de la couronne en sa faveur. La Chambre des

STUA

lords se borna à faire brûler ce document qui ne produisit aucun effet. De son mariage avec Clémentine Sobieska, il avait eu deux enfants, Charles -Edouard (v. ce nom) et Henri, qui devint cardinal d'York. Dans l'espoir de concilier à son fils aîné les sympathies des protestants, il eut l'idée de charger le comte d'Inverness, appartenant à cette religion, de l'élever. Mais ce projet suscita les plus énergiques protestations de la part de sa femme, qui s'enferma dans un couvent (1725), d'où elle ne sortit qu'après le renvoi du comte. Faible, sans talent, sans esprit politique, Jacques-Edouard, toujours plein d'illusions, continua jusqu'à sa mort k vivre k Rome, espérant toujours monter sur le trône. Ce fut de cette ville qu'il prépara l'expédition de 1745, à la tête de laquelle se mit son fils Charles-Edouard, qui devait échouer misérablement.

STUART ( Henri-Beno'.t-Marie-Clément), cardinal d'York, second fils du précédent, né à Rome en 1725, mort k Frascati en 1807. 11 avait vingt ans et avait toujours résidé k Rome, lorsque, en 1745, il alla se mettre k la tête de 15.000 hommes rassemblés près de Dunkerque, sous le commandement du duc de Richelieu, par ordre de Louis XV. Avec cette armée, Henri Stuart devait descendre en Angleterre pour aller secourir son frère Charles-Edouard ; mais, ayant appris la perte de la bataille de Culloden (27 avril 1746), il retourna à Kome, et ce fut alors qu'au grand déplaisir de son frère et des amis de sa famille, qui avaient conservé l'espoir de reconquérir pour la maison des Stuarts le trône d'Angleterre, il se détermina à prendre les ordres. Il avait un peu plus de vingt-deux ans lorsqu'il fut fait cardinal par le pape Benoît XIV, en 1747, puis évoque de Frascati et chancelier de l'église de Saint-Pierre. Depuis ce temps, Henri Stuart, sous le nom de cardinal d'York, nom qu'il prit dès lors, se livra aux fondions de son ministère et parut avoir renoncé à toutes les vues mondaines jusqu'à la mort de son frère Charles- Edouard ; il prit alors le nom de Henri IX, le titre de roi, se lit traiter de Majesté dans son intérieur et fit frapper des médailles k son effigie. Le cardinal d'York avait en France deux riches bénéfices, les abbayes d'Anchin et de Saint-Amand, que Louis XV lui avait données, l.'une en 1751, l'autre en 1755; il avait aussi une pension considérable de la cour d'Espagne ; il perdit tout pendant la Révolution et k la suite des victoires des armées républicaines en Ita'ie. Pour aider le pape Pie VI k compléter la somme stipulée au traité de Tolentino et que celui-ci avait k payer au gouvernement trançais en 1796, le cardinal donna tous ses bijoux, entre autres un rubis, le plus gros et le plus beau que l'on connût, évalué à 50,000 livres sterling. Dans l'hiver de 1798, lors de l'expulsion de Pie VI et de sa cour des anciens Etats pontificaux, érigés en république romaine, il se retira k Venise, où il se vit réduit à la plus grande misère. Sir John Hippisley Coxe, ministre d'Angleterre en Italie, ayant été informé de la situation malheureuse du dernier des Stuarts, en instruisit le cabinet de Saint-James, qui servit au cardinal d'York jusqu'k sa mort une pension annuelle de 4,000 livres sterling. Par une dernière velléité d'orgueil, il exigea qu'on inscrivit sur sa tombe son titre de roi et le nom de Henri IX.

STCABT (Charles-Edouard), dit le Prétendant. V. Charles-Edouard.

Stuaris (les quatre), récit historique, par Chateaubriand (1830). Legouvernementétroit et aveugle de Chartes X, qui conspirait contre les libertés publiques, cherchait son salutdans lacontre-révolution. Chateaubriand, comprenant que la France était toute prête à accepter une révolution analogue à celle de 1688 en Angleterre, fit paraître son histoire des Quatre Stuarts comme un avertissement indirect, emprunté au passé, pour ouvrir les yeux du roi sur les dangers dans lesquels il se précipitait. Tout en écartant des analogies terribles entre la restauration des Stuarts et celle des Bourbons, il démontre la folie et l'inutilité de la réaction contre les principes de 178'3. Il établit que lt>„ Stuarts auraient pu régner après la restauration si, comme Guillaume en Angleterre et Louis XVIII en France, ils avaient donné une charte au peuple, accepté les libertés récentes. Charles II n'a rapporté de l'exil que les vengeances et le despotisme; aussi les Stuarts sont-ils tombis. Louis XVIII est revenu avec l'oubli des injures et le pouvoir constitutionnel ; aussi les Bourbons doivent-ils rester, s'ils imitent son exemple. Mais Charles X, esprit étroit, borné, complètement dominé par les chefs du funeste parti clérical, méprisa l'avertissement, et la révolution de 1830 éclata. Ajoutons d'ailleurs, ce que ne semble pas avoir vu Chateaubriand, qu'elle eût éclaté un peu plus tôt, un peu plus tard, alors même que Charles X n'aurait pas signé les fameuses ordonnances. Eu dehors de son à-propos politique, 1 histoire des Quatre Stuarts est une étude consciencieuse, sobrement écrite, comparée au style ordinaire de l'auteur.

STUART (Jacqueline de), femme de lettres française, née k Lyon. Elle vivait au xvie siècle et était fille de Catherin Stuart, riche

STUA

marchand de cette ville, et de Sibylle Cadière, femme renommée pour son esprit et sa beauté, et elle épousa Georges Grollier, trésorie, do Crémone. On trouve dans le Recueil des œuvres de feu Bonaventure Desperriers (Lyon, 1544, in-8», page 184), une pièce de vers intitulée : Envoy par Jacqueline de Stuart, Lyonnoise, avec Ja Response de Desperriers . Guichenon, dans son Histoire de Bresse (partie II, page 111), donne k Jacqueline de Stuart la qualification de Demoiselle escossoise, ce qui ferait supposer qu'elle appartenait à la célèbre famille des Stuarts, rois d'Ecosse.

STUART (James), antiquaire anglais, né k Londres en 1713, mort dans la même ville en 1788. Orphelin dès sa jeunesse et doué d'une volonté de fer, il apprit seul la langue latine et la langue grecque, l'histoire, les éléments des Silences et vécut jusqu'k l'âge de trente ans du produit des peintures sur éventail qu'il exécutait pour le compte d'un marchand.

Ayant, k ce moment, amassé quelques économies, il se rendit k pied k Rome, séjourna quelque temps dans cette ville, où il suivit les cours du collège de la Propagande, et enfin, en compagnie de Revelt, s'embarqua pour la Grèce (1750). Après avoir visité Athènes, l'Archipel et les cotes de l'Asie Mineure, il revint en Angleterre et publia son grand ouvrage, Antiquities ofAtnens (Londres, 1762, 4 vol, gr. in-fol.), qui a. été traduit en français par Feuillet (3 vol. in-fol.). Ce magnifique ouvrage non -seulement fonda sa réputation, mais encore lui valut les lucratives fonctions d'intendant de l'hôpital de Greenwich. On lui doit, en outre, une dissertation intitulée : De obelisco Cassaris Augusli, nuperrim.ee/fosso (Rome, 1750, in-4°), des dessins et quelques gravures.

STUART (Gilbert), historien anglais, né à Edimbourg en 1742, mort k Musselburgh en 1786. Il étudia le droit, puis renonça k la jurisprudence pour s'adonner aux recherches historiques et concourut pour obtenir la chaire de droit des gens, vacante k l'université de sa ville natale (1768). Ecarté du concours pour cause d'intempérance par Robertson, alors recteur de l'université, Stuart se vengea de cet affront en dénigrant ses plus illustres compatriotes dans les deux revues, la Monthty Review et VEdinburgh Magasine, qu'il fonda en 1773. Ses injures dépassèrent le but et lui valurent le mépris de la ville entière. Il alla alors diriger à Londres deux journaux, le Political Herald et VEnglish Review, puis revint mourir pauvre et délaissé dans sa patrie. Ses principaux écrits sont: View of society in Europe in ils progress from rudeness to refinement (Edimbourg, 1768, in-4°), traduit en fiançais par Uoulard (Paris, 1789, 2 vol. in-8"); History of the establishment of the Reformation of religion in Scoilaiid (Londres, 1780, in-io) ; History of Scotlaml from the establishment of the Reformalion to the death ofqueen Mary (Londres, 1782, 2 vol. in-8°), dans laquelle il s'est attaché a. réhabiliter Marie Stuart.

STUART (sir Charles), général anglais, né en 1753, mort k Londres en 1801. Il était (ils du marquis de Bude et de lady Montagu. Après avoir été aide camp du vice-roi d'Irlande, Charles Stuart alla se battre contre les colonies américaines (1775) et fut promu major général. Il reçut par la suite le commandement des troupes anglaises envoyées en Corse, s'empara de cette île en 1794 et l'évaeua l'année suivante. En 1797, Stuart fut chargé par songouvernementde conduire des secours au régent de Portugal, qui le chargea d'organiser les troupes et de prendre le commandement des forts protégeant l'entrée du Tage. A la tête de 3,000 hommes, il s'empara de Port-Mahon (15 novembre 1798) et, quelques jours plus lard, il était maître de toute l'île de Alinorque. De là, il pass>a en Sicile, pour protéger le roi Ferdinand contre les attaques des armées de ta République française. Après la prise de Malte par Bonaparte, sir Charles Stuart reçut la mission de reprendre cette ile, concurremment avec Nelson, qui la bloquait, et força, le 4 septembre 1800, le général Vaubois qui défendait La Valette k capituler. De retour en Angleterre, il contribua à empêcher le Parlement, dont il était membre, d'abandonner la possession de Malte k une puissance étrangère. Quelques mois plus tard, ii était enlevé par une mort prématurée.

STUART (Charles-Gilbert), peintre américain, né à NarraganSett, Etal de Rhode-Island,en 1756, mort en 1828. Dèsl'âgede treize ans, il commençait copier les toiles qui lui plaisaient le plus et trouva peu après l'occasion de perfectionner son talent naturel en profitant des leçons d'un peintre écossais nommé Coatne-Alexander, que les événements politiques avaient forcé de se réfugier aux Etats- Unis. Il suivit peu après en Europe son maître, dont la mort subite le réduisit à une position des plus précaires. Enfin, après diverses vicissitudes, il se fixa en 1781 k Londres, où, grâce à la recommandation de son compatriote, le célèbre Benjamin West, il obtint de nombreuses commandes de portraits. Son talent original le fit bientôt connaître, et, après avoir visité Paris, où il exécuta un portrait de Louis XVI, il revint en Amérique en 1793. 11 habita successivement Philadelphie, New-York, Washington et, en isoe

Page 1