‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 709 sur 1059 · C. Denviass · texte numérisé non relu

C. Denviass

— Syn. Stupéfait, abaaourdl, ébahi. V. ABA- SOURDI.

STUPÉFIANT, ANTE adj. {stu-pé-fî-an, an-te — rad. stupéfier). Méd. Qui stupéfie : Remède stupéfiant. La belladone a une propriété stupéfiante. Au moyen âge, l'art de préparer, avec des plantes stupéfiantes, des breuvages somnifères était poussé fort loin. (L. Figuier.)

— Fig. Qui frappe de stupeur, d'étonnement : Une nouvelle stupéfiante.

— Substantiv. Remède stupéfiant : Tous tes narcotiques sont des stupéfiants, (Acad.)

STUPÉFIER v. a. ou tr. (stu-pé-fi-é — d'un type latin slupeficare pour stupefacere, proprement rendre stupide , de facere, faire, en composition avec le radical qui est dans stupor, stupeur, stupidus, stupide. Prend deux i de suite aux deux pr. pers. pi. de l'imp. de l'ind, et du subj. prés. : Nous stupéfiions; que vous stupéfiiez). Méd. Engourdir, dimi- . nuer ou suspendre le sentiment et le mouvement dans : Les excès fréquents d'ivresse et de crapule abrutissent complètement les ivrognes, de même que l'usage de l'opium et des narcotiques stupéfie les Turcs, les Orientaux. (Virey.)

— Absol. : Les narcotiques stupéfient.

— Fig. Rendre immobile d'étonnement :

Cette nouvelle I'à. stupéfié. Ce discours stupéfia toute la compagnie. (Acad.)

STUPETK GEISTES (Nations, soyez dans la stupéfaction)! Premiers mots d'une hymne composée par Santeul, et qui fut longtemps chantée le jour de la fête de la Purification de la Vierge, dans le diocèse de Paris. Dans l'application, ces mots s'emploient d'ordinaire sur le ton plaisant; ils annoncent qu'on va parler d'une chose très-étonnante.

a Stupete gentesl Le souverain pontife, mettant enfin ses inspirations personnelles audessus des conseils aveugles de ceux qui l'entourent, aurait témoigné fa M. le duc de Gramont des dispositions qui autoriseraient les plus sérieuses espérances. »

E. DU La BÉDOLLIÈKE.

• La Patrie signale un mouvement réformiste en Allemagne. On veut reconstituer la diète, créer un parlement national. En même temps, les populations de chaque Etat aspirent au remaniement de leurs institutions respectives. Le gouvernement autrichien lui-même est sur le point de promulguer la liberté des cultes et de confier le pouvoir législatif à une représentation nationale : Stupete gentesl *

E. DE LA BÉDOLLIERE.

STUPEUR s. f, (stu-peur — latins/upor, mot qui représente, splon Eiehhoff, le grec stupsis et le sanscrit staubhas, densité, épaisseur, que ce savant rattache à la racine sanscrite stabh,slubh, établir, appuyer, fixer, condenser, d'où aussi, selon lui, le grec stuphein et le latin stupere, être stupéfait, proprement être condensé, épaissi, rendu immobile, être saisi). Engourdissement, suspension des facultés intellectuelles , accompagnée d'une sorte d'immobilité et d'une répression d'étonnement oc d'indifférence dans la physionomie : Quand le médecin arriva, il le trouva plongé dans une sorte de fiupkub générale. (Jl» Stove.) La stupevî est marquée par le défaut d'expression des traits en général et des yeux en particulier. (Chomel.) 1

— Fig, Espèce d'immobilité causée par une grande surprise ou par un grand effroi : jVous étions tous dans la stupeur. Il restait plom é dans la stupeur. Il sortit enfin de sa stupeur. (Acad.)

Vous restez devant moi, muette de stupeur. C. Délavions.

STUP

Et ce qui plonge l'âme en des stupeurs profondes, Cest la perfection de ces gredins immondes.

■V. Huoo.

STUPIDE adj. (stu-pi-de — latin stupidus, qui appartient sans doute à. la même famille que le grec steiphros, stuphros et le sanscrit stabdhas, stubdhas, roide, hébété, de la racine sanscrite stabh, stubh, établir, appuyer, fixer, condenser, d'où le grec steiphâ, stuphô, latin stupeo, etc.). Stupéfait, frappé de stupeur : Rien ne serait mieux Rome que le respect qu'elle inspira à la terre; elle mît les rois dans le silence et les rendit comme stupides. (Montesq.) Il Sens vieilli.

— Sot, hébété, d'un esprit lourd et pesant : Les hommes ne naissent ni stupides ni fous, ils le deviennent. (Condorcet.) Une lèvre supérieure qui se porte en avant dénote un homme fanfaron et stupide. (Lavater.) L'autruche passe pour le plus stupide des oiseaux. (Buff.) Sous un monarque stupide, toute sa cour ou l'est ou le devient. (Christine de Suède.) La gourmandise rend les enfants stupides. (Gauthey.) Un peuple plongé dans l'ignorance est stupide, cruel, idolâtre, superstitieux. (A. Martin.) L'homme n'est pas fait pour penser toujours; quand il pense trop, il devient fou, de même qu'il devient stupide quand il ne pense pas assez. (G. Sand.)

Je me croyais aimé! Certes, j'étais stupidet Croire dans une femme !

E. AUOIER.

Il Qui dénote la stupidité ; qui est entaché de stupidité : Figure stupide. Air stupide. Regard stupide. Silence stupide. Réponse stupide. L'âme d'un gourmand est toute dans son palais; il n'est fait que pour manger; dans sa stupide incapacité, il n'est à sa place

?'u'à table; il ne peut juger que des plats; (lissons-lui cet emploi. (J.-J. Rouss.) La physionomie stupide des idiots, leur extérieur sale et repoussant expriment le dernier degré de dégradation de l'espèce humaine. (Calmeil.) Ne rien changer, ne rien innover, ce sont des maximes ou de la stupide ignorance /tu de la tyrannie qui ne veut pas se corriger. (Dunmrsats.) La yuerre est assurément la plus Stupide et laptus injustifiable des folies de l'humanité. (Toussenel.) Le sentiment religieux devient stupide lorsqu'il se passionne par la terreur. (Ch. Nod.)

— Substantiv. Personne stupide : C'est un vrai stupide, un franc stupide. Il y a des stupides, et j'ose dire des imbéciles, qui se placent dans de beaux postes. (La Bruy.) Le stupide est un sot qui ne parle point , en cela plus supportable que le sot jui parle. (La Bruy.) Le stupide et le bel esprit son! également fermés à la vérité. (Mulebr.) L'ennui fait d'une femme honnête une femme haïssable, et d'un homme ingénieux un stupide, (J. Janin.)

Quand de ses vers un grim'aud nous poignarde, Chacun pourra lui donner sa nasnrde, L'appeler buffle et stupide achevé!

J.-B. Rousseau.

— s. m. Caractère de ce qui est stupide, ca qui fait qu'une personne ou une chose est stupide : Vous ne connaisses pas encore tout le stupidb de l'affaire.

— Syn. Stupide, hébété, Idiot, 6tC V. HB

BÉTÉ.

STUPIDEMENT adv. (stu-pi-de-man — rad.

stupide). D'une manière stupide : Répondre stupidemknt. Les sots s'enivrent stupidement de leurs illusions. (Volt.) Les Grecs respectaient les forêts et ne tes laissaient pas défricher stupidement, comme nous, pour gagner quelques voix à un candidat ministériel. /Toussenel.)

STUPIDITÉ s. f. (stu-pi-di-té — lat. stupiditas; de Stupidus, stupide). Caractère d'une personne stupide, pesanteur d'esprit, absence d'esprit et de jugement : Il est d'une grande stupidité. Admirez la stupidité de cet homme. (Acad.) La stupidité est en nous une pesanteur d'esprit qui accompagne nos actions et nos discours. (La Bruy.) La religion mahométane retient les Turcs dans une incurable stupidité. (Condorcet.) La longueur du cou semble être «n des attributs de la stupidité. (Buff.) En abandonnant toute sa puissance, le peuple ferait acte de stupidité. (L. Pinel.) Les rois de féerie doivent joindre la férocité du tigre à la stupidité du dindon. {P. de St- Victor.) Il Caractère de ce qui est stupide: La stupidité de ses réponses est étonnante.

— Parole, action stupide : Il ne dit, il ne fait que des stupidités.

Que de stupidités m'épargne ce silence I

E. Aboier.

— Personnes stupides : Plusieurs institutions furent introduites par la ruse, la violence et souffertes par l'ignorante stupidité. (Ch! Nod.)

— Patbol. Nom donné par les médecins aliénistes à une forme de folie caractérisée par du délire mélancolique, de l'embarras intellectuel, une tendance à la transformation des impressions externes et une apparence d'hébétude et d'inertie.

— Syn. Stupidité, beilae, «attise. V. BÊ- TISE,

— Encycl. Pathol. Esquirol considérait la stupidité comme une variété de démence (démence aiguë). Pinel la confondait avec l'idiotisme. MM. Perrus, Etoc et Georget l'ont définie ; une maladie avec abolition ou plutôt

STL'P

suspension rapide, apyrétique et curable de toutes les facultés cérébrales. Elle est généralement le résultat de l'œdème du cerveau et l'elîet d'une compression cérébrale mécanique.

M. Baillarger, contrairement k l'opinion des médecins précédemment cités, ne croit pus h la suspension de l'intelligence pendant la stupidité, mais bien à un délire terrible qui tient les malades anéantis et les rend insensibles à tout ce qui se passe autour d'eux. La plupart de ces malheureux, quand ils recouvrent la raison, comparent volontiers leur état passé à un épouvantable cauchemar. Si on les interroge alors, on apprend d'eux qu'ils ont vécu pendant la durée de leur stupidité apparente dans un inonde imaginaire. Tout autour d'eux se transformait d'une manière effrayante. Les uns se croyuient dans le désert, au bagne, dans des maisons de prostitution ; les autres s'imaginaient souffrir en pays étranger, en prison, en enfer... Ils se sentaient paralysés; ils entendaient confusément ce qui se disait autour d'eux; ils voulaient parler, crier, fuir, appeler au secours, et ne le pouvaient pas. Ceux-ci prenaient un vésicatoire pour la marque dos forçats, les malades qui les entouraient pour des morts ressuscites, pour des prisonniers, pour des filles publiques, pour des soldats déguisés.,. Ceux-là croyuient que tout le monde était ivre autour d'eux. Ils voyaient k leurs côtés des voitures chargées de cercueils, des figures grimaçantes et, horribles, leurs frères ou leurs amis au milieu des supplices, des ombres, des volcans, des incendies, des abîmes sans fond, des trappes de souterrain près de leurs lits. Ils s'enlenduient menacer de la torture, en éprouvaient toutes les angoisses, sentaient leur sang couler, croyaient avoir sur la poitrine un vampire, que leur corps était traversé par des balles, que leur maison brûlait, qu'ils allaient périr dans les flammes, etc. fc

Cet horrible cauchemar se prolonge quelquefois pendant plusieurs semaines et même plusieurs mois, pendant lesquels les malades demeurent comme anéantis, muets et privés de la sensibilité aux excitations habituelles. Intérieurement, leur état est alors caractérisé par la perte de conscience du temps, des lieux, des personnes; pur un délire exclusivement triste et par des hallucinations et des illusions qui ne leur laissent ni trêve ni repos. Quand ils guérissent, c'est par une sorte de réveil lent, qui tantôt leur laisse le souvenir de leurs souffrances et tantôt s'accompagne d'amnésie.

STUPRE s. m. (stu-pre — lat. stuprum, même sens). Attentat grave contre les mœurs, acte de débauche honteuse : 11 s'agissait de quelque stuprb, de quelque inceste. (Volt.) u Peu usité.

STUPUY (Jean-Léon-Hippolyte), poète et publiciste, né à Paris en 1832. Après de fortes études, il débuta tout jeune dans le journalisme, collabora à \' Artiste, de Lille, en 1849, au Républicain, de Dunkerque, en 1850, et lit jouer k Bruxelles, en 1859, Ruban ou la Jeunesse de Van Dyck, comédie en trois actes et en vers, « intéressante, bien faite et écrite en très-beaux vers, i dit Jules Janin, et qui, reprise k Paris, en 1865, sous le titre de la Jeunesse de Van Dyck (1865, in-8°), fut représentée avec succès. M. Hippolyte Stupuy Ri ensuite paraître k la Librairie internationale l'Anarchie morale , composée de douze atellanes (1861, iu-8°). Ces satires philosophiques, littéraires et surtout politiques furent interdites par le gouvernement impérial dès la sixième livraison. Le poûte en continua la publication à Bruxelles (1 vol. in-8° de 300 pages). Cet ouvrage, qui eut un certain retentissement en France et à l'étranger, attira l'attention sur l'auteur. Pendant l'Exposition universelle de 1867, il rit représenter les Hôtes de la France (1867, in-12), k-propos allégorique en vers, dont le succès fut très-vif. Vers le même temps, il devint un des collaborateurs de la Philosophie positive, revue que venait de fonder M. Littré, et dans laquelle il a donné un grand nombre d'articles de philosophie et de politique, dont les plus remarquables sont : M. Cousin et l'éclectisme, les Bourgeois fainéants, la Notion de patrie, les Jnconséguents, etc., et des poésies détachées, notamment ie Dialogue des loups, la Vraie colonue, le Cantique de l'émancipé, etc. De 1868 à 1870, M. Stupuy a activement coopéré au mouvement d'opposition qui se produisait contre l'Empire. Il devint, dès le commencement du siège de Paris, secrétaire de la commission d'armement du IXe arrondissement et, en cette qualité, fut l'un des promoteurs de la création des bataillons de marche de la garde nationale. U publia à cette époque différentes poésies patriotiques, dont l'une, intitulée : Ceux qui marchent, fut récitée avec un vif succès par Maubant à la Comédie- Française. Devenu en avril 1871 membre de la Liyue républicaine des droits de Paris, il prit une part active aux tentatives de conciliation entre Paris et Versailles. Chargé par la Ligue de diverses négociations auprès de M. Thiers, président de la République, il fut l'un des parlementaires désignés pour la suspension d'armes de Neuilly. Aux élections complémentaires du 8 juillet 1871, candidat de la liste radicale de Paris à la députation, il obtint près de 50,000 yoix. Il prêta, en

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1872, un concours assidu au journal le Peuple souverain, dont M. Asseline était alors le rédacteur en chef. En janvier 1873, il a publié, dans la Philosophie positive, l'Orpheline, comédie en un acte et en vers, pièce non autorisée au théâtre pur la commission de censure. On a encore de lui : l'Ordre moral, remarquable brochure politique (1874, in-8"), et Chez Diderot, comédie en deux actes, en vers, avec une préface de M. Littré (Philosophie positive, septembre-octobre 1875). Quatre ans auparavant, l'auteur avait fait une conférence k la mairie du III* arrondissement pour demander l'érection de la statue de Diderot dans le square des Arts-et-Méliers ; les événements politiques ayant tout arrêté, il s'est adressé, en 1875, au conseil municipal de Paris, qui a accueilli favorablement la proposition. La comédie Cites Diderot, reçue à î'Odéon en 188S, uélé traduite en vers russes par M. Weimberg. En politique, M. Stupuy appartient au parti républicain; eu philosophie, à l'école positiviste.

STUttA, rivière du royaume d'Italie, dans la province do Coni. Elle descend du versant oriental des Alpes Maritimes, près du col de l'Argentière, coule au S.E., puis au N,-E., baigne Coni et se jette dans le Tanaro, près de Cherasco, après un cours de 150 kiioin. i Sous le premier Empire français, cette rivière donna Sun nom à un département, qui était l'uriné de la partie S.-O. du Piémont et qui avait pour chef-lieu Coni et pour Muspréfectures Albe, Mondovi, Saluées et Suvigliauo.

STURA, rivière du royaume d'Italie, province de Turin, formée au-dessous du bourg de Ceres par la réunion de deux courants qui descendent des Alpes Cotliennes, coule au S.E., baigne Lunzo et se jette dans le Pô, à 5 kiloui. S.-E. de Turin, après un cours de 55 kilom.

STORE (Sten), dit l'Ancien, administrateur du royaume de Suède après la mort de Charles VIII, né au milieu duxvc siècle, mort en 1503. 11 se maintint contre Christian 1"' de Danemark, chassa les Russes de la Finlande et fut déposé (1497), puis replacé à la tête du gouvernement (1501J. C'était un des hommes les plus remarquables de son époque.11 fonda l'université d'Upsal, introduisit l'imprimerie en Suède et admit dans les diètes les laboureurs libres.

STURE(Sten), ditlo Jo.iuo, administrateur de la Suède, fils du précédent, mort en 1520. Grâce k la sympathie des paysans, il rit échouer la candidature du chef danois Eric Trolle et succéda k son père ; mais il fut vaincu lorsqu'il tenta de repousser les attaques de Christian H de Danemark, qui aspirait au trône de Suède, appuyé par les vœux des anciens nobles, et le vainqueur déshonora son triomphe en livrant aux flammes les restes de Sture, qui avait succombé aux suites des blessures reçues au combat de Bogesund. Sture le Jeuue fut le plus généreux et le plus populaire des trois administrateurs suédois de ce nom.

STURE (Svante), administrateur de la Suéde, mort k Vesterus en 15J2. Sous la régence de Sten Sture l'Ancien, il commanda les troupes suédoises dans la guerre contre la Russie, détruisit Irungorod , puis, résignant son commandement, se joignit aux seigneurs eu révolte contre le régent. Il succéda a Sten Sture en 1504, et, fort de l'appui des paysans, il lutta victorieusement contre le sénat, favorable au prétendant danois. Eu 1510, il signa la paix avec ta Russie et conclut une alliance avec les villes hanséatiques pour combattre les envahissements du Danemark. Il mourut pendant le cours, des hostilités.

STUKEL (Marie-Octavie Paigné, dame), femme peintre frunçaise, née k Metz en 1819, morte en 1854. Fille d'un capitaine de la garde impériale, elle devint orpheline à quinze uns. Ayant un goût très-vif pour les arts, elle entra dans 1 atelier de M. Maréchal, de Metz, dont elle devint une des meilleures élèves, et s'adonna particulièrement à la peinture au pastel. Eu peu d'années, elle acquit un talent qui lui permit d'exposer successivement la Fille au chapelet, la Couronne de liserons et la Sainte Elisabeth de Hongrie, tableaux dans lesquels la finesse du dessin est unie a une vigueur de coloris très-remarquable. Toutefois, sur le conseil de son maître, elle renonça bientôt à la figure pour s'occuper exclusivement de peindre des fleurs et des fruits, genre dans lequel elle ne tarda pas à exceller. Elle exposa aux Salons de peinture de Paris : Fleurs et Fruits (1847) ; Vase de fleurs; Fleurs et Fruits (1848); Bouquet de roses trémières ; Bouquet de pavots; Corbeille de fruits (1850); Bouquet de roses; Bouquet de pivoines et d'iris; Fruits, raisins et pommes (1853). Les trois tabieaux qu'elle envoya à cette dernière exposition tirent sensation et lui valurent une médaille d'or. ■ Chose singulière, écrivait Delécluze, les deux, tableaux dont l'exécution est la plus forte évidemment, la plus originale, et il faut le dire la plus \ iriie, ont été peints par deux femmes : Mme Rosa Bonheur, auteur du Marché aux chevaux de Paris, et Mme Sturel, qui a représenté des fleurs avec une puissance de pinceau et une verve qui donnent kce genre une certaine importance. > Huit mois après ce succès, Octavie Puigné, qui avait épousé,

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en 1845, M. Sturel, s'éteignait au moment même où elle était en pleine possession de son talent et de la renommée. A l'Exposition universelle de 1855, on vit figurer deux tableaux déjà exposés par elle : Pavots de Tourneforl et Pavots ordinaires. Un de ses meilleurs tableaux se voit au musée de sa ville natale. Ses fleurs n'ont point le fini pointillé de celles de Breughel et de Van Huvsum; mais quelle vérité et quelle force ! (Jette artiste n'empruntait rien aux accessoires pour faire valoir ses bouquets. Elle étudiait la nature dans sa belle simplicité et la reproduisait avec un art infini et une touche magistrale. Il en est de même dans ses tableaux de fruits, où elle n'a cherché que la vérité et la simplicité.

STURGEON (William), physicien anglais, né k Wittington en 1783, mort à Manchester en décembre 1850. Ses parents étaient de simples ouvriers. U s'engagea comme soldat et se livra k une étude assidue de la physique et surtout de la partie de cette science qui se rapporte à l'électricité. Il s'occupa des perfectionnements à introduire dans les appareils électriques et en inventa même de nouveaux. Il publia divers mémoires, dont l'un, en isis, lui valut une grande médaille d'argent de la part de la Société des arts. Sturgeon professa la philosophie expérimentale k l'académie militaire de la Compagnie des Indes, k Addiscoinbes, et les sciences dans l'établissement appelé Galerie royale de la science pratique, a Manchester. On a de lui, outre le mémoire dont nous avons parlé et qui se trouve inséré dans le recueil des Actes de la Société des arts, quatre mémoires qui se trouvent dans ie Magasin philosophique de

STURIO s. m. (stu-rio — mot lat.). Ichthyol. Nom scientifique de l'esturgeon commun, appliqué quelquefois, comme nom générique, k tous les esturgeons. •

STURIONiDE adj. (sfu-ri-o-ni-de — du laf. sturio, esturgeon, et du gr. eidos, aspect). Ichthyol. Syn. de sturionikn.

STURIONIDE, ÉE adj. (stu-ri-o-ni-dé — du lat. sturio, esturgeon, et du gr. eidos, aspect). Ichthyol. Syn. de stupjomen.

STURIONIÉ, ÉE ûdj. (stu-ri-o-ni-é — du lat. sturio, esturgeon). Ichthyol. Syn. de

STURIONIEN.

STURIONIEN, IENNE adj. (stu-ri-o-niain, i-è-ne — du lat. sturio, esturgeon). Ichthyol. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'esturgeon.

— s. m. pi. Famille de poissons cartilagineux, ayant pour type le genre esturgeon.

— Encycl. Cuvier a formé le nom de slurioniens , auquel certains auteurs ont substitué celui d'acipensérides, dérivé du mot acipenser, autre nom du même poisson. Cette famille comprend, d'après Cuvier, des poissons cartilagineux qui possèdent dos branchies semblables k celles des poissons osseux, une seule fente branchiale tres-ouverte et un opercule. Ils sont tous de grande taille, vivent dans la mer, remontent dans les fleuves, peuvent habiter les eaux douces et sont ré-

Îiartis dans trois genres naturels, qui sont : es esturgeons, les polyodons et les chimères. V. chacun de ces mots.

STURIONIN, ine adj. (stu-ri-o-nain, i-ne — du lat. sturio, esturgeon). Ichthyol. Syn.

de STURIONIlfN.

STURIONS s. m. pi. (stu-ri-on — du lat. sturio, esturgeon). Ichthyol. Syn. de sturioniens.

STURISOME s. m. (stu-ri-so-me — du lat. sturio, esturgeon, et du gr. soma, corps). Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des goniodontes.

STURM (Jean), humaniste allemand, le restaurateur de l'éloquence et des belles-lettres en Allemagne et 1 un des plus ardents promoteurs de la Réforme, né à Schleiden, près de Cologne, en 1507, mort à Northeim en 1589. Après avoir achevé ses études k Liège et à Louvain, il s'associa avec le savant helléniste Rescius pour monter une imprimerie, et publia une nouvelle édition de Xénophon. En 1529, il vint k Paris et prit la résolution de s'y fixer, espérant y trouver plus de ressources pour le genre de travaux auquel il voulait s'adonner. Bientôt ses talents et son affabilité lui conquirent dans cette ville une foule d'amis. Il obtint même l'autorisation d'ouvrir des cours publics de grec et de latin et un pensionnat où affluèrent bientôt des jeunes gens des meilleures familles de France, d'Allemagne et d'Angleterre. Sturra avaiterobrassé les principes de la Réforme et il correspondait avec Mélanchthon, qu'il pressait de venir en France. Toutefois, effrayé k bon droit des rigueurs déployées contre ceux qui professaient ies idées nouvelles, il s'empressa d'accepter la place de recteur du gymnase que venaient de fonder les magistrats de Strasbourg. Il arriva dans cette ville en 1537. Cet établissement acquit une prompte célébrité, grâce à l'excellence de la méthode employée par Sturm et grâce aussi k la dignité de son caractère. Cependant ses tendances vers les dogmes de la confession helvétique lui attirèrent des ennemis parmi les pasteurs luthériens. Osiander lui reprocha de n'avoir pas assisté une seule fois au prêche depuis vingt ans. « Je ne vais pas

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a vos serinons, répondit Sturm ; et vous prêcheriez trente ans k Strasbourg, que je n'irais pas vous entendre, s'il fallait, par mon silence, approuver vos invectives. « Ses adversaires finirent par lui faire perdre, en 1583, la place de recteur qu'il remplissait depuis quarante-cinq années avec un succès soutenu. Il se retira dans une campagne, non loin de Strasbourg, et y mourut. « Jean Sturm, dit M. Haag, fut sans contredit un des premiers humanistes et un des plus habiles instituteurs de son temps. Ses admirateurs l'avaient surnommé le Cicéron, le Plnton et l'Arisioio de l'Allemagne. Et ce ne fut pas seulement par son" savoir et son éloquence qu'il se rendit recommandable ; il rit preuve aussi de rares talents dans différentes missions dont il s'acquitta avec beaucoup d'habileté ; muis ni les services qu'il rendit k la cause protestante, ni ses vertus, ni l'éclat qu'il jetait sur l'Académie de Strasbourg, rien ne put le garantir des coups du fanatisme, la plus farouche de toutes les passions. » Sturm a publié un grand nombre d'ouvruges, .parmi lesquels nous citerons : De litterarum ludisrecte aperiendis (Strasbourg, 1538, in-4°); De amissa discendi ratione,el quomodo ea recuperanda sit libri II (1538, in-40) ; Epistolm Sadoletti, Omphalii et J. Sturmii de dissidio religiouis (1539, in-4°); De imitations oratoria libri 111 cum scholiis (1574, in-8<>) ; De exercitationibus rhetoricis liber (1575, in-8°); Commentarii in artempoeticam Horalii (1576, in-8»); Anti-papx 1res (1579, in-4"); Linijus latins resolvendiB ratio (1581, in-S°); Inslitutiones titeratm sive de discendi atque docendi ratione tomusl. On a, en outre.de lui des traductions latines, une édition des Œuvres de Cieéron, une traduction de la H/iétorigue d'Aristote et de plusieurs traités d'Hermogène.

STURM (Jean-Christophe), mathématicien allemand, né à Rippolstein (Bavière) en 1653, mort k Altdorf en 1703. 11 fit ses études aux universités de Leyde et d'Ièna, puis desservit comme pasteur diverses églises, et alla ensuite professer les mathématiques et la physique à Altdorf, où il inaugura les cours de physique expérimentale. Ses principaux écrits sont : Collegium expérimentale siue curiosum (Nuremberg, 1675, £ vol. ifi-4«); Cometiirum natura, motus et onga (Altdorf, 1677, in-4u) ; Scientia cosmica (Nuremberg, 1684, in-fol.); Physica hypoihetica (Nuremberg, 1697,2 vol. in-4") ; la Physique selon les idées des savants d'aujourd'hui (Hambourg, 1713, in-8°).

STURM (Léonard-Christophe) , architecte allemand, fils du précédent, né a Altdorf vers 1669, mort k Gustow en 1719. Il exerça le professorat k Leipzig, k Wolfenbuttel et k Francfort-sur-1'Oder, et fut ensuite nommé par le duc de Mecklembourg conseiller et intendant général de ses bâtiments. Le principal ouvrage de Sturm est intitulé : Idée et abrégé de l'architecture civile et militaire (Augsbourg, 1718-1720, in-fol., 16 part.). Parmi les autres ouvrages de Sturm, on cite les suivants : Introduction à l'architecture civile de Nicol. Goldmann (Wolfenbuttel, 1076, in-fol.) ; Traité d'architecture militaire (Nuremberg, 1702, in-4°; nouv. éd. corrig. et augm.. Nuremberg, 1719); Introduction à l'architecture militaire (Francfort, 1703, in-8°); le Véritable Vauban (La Haye, 1708, in-8°); Parallèle des systèmes de fortification de Vauban, Cohorn et Bimpler (Augsbourg, 1718, in-fol.). V. Mémoire sur la vie et les ouvrages de Sturm , dans la Bibliothèque germanique (t. XXVII, p. 62-85).

STURM (Christophe-Chrétien), célèbre théologien protestant, né k Augsbourg en 1740, mort en 1786. Après avoir exercé, en 1765, les fonctions d'inspecteur du gymnase de Sorau, il renonça k l'enseignement et devint pasteur successivement k Halle, k Mugdebourg et à Naumbourg, où il se fit une grande réputation comme prédicateur. Sturm est surtout connu par ses Considérations sur les œuvres de Dieu dans le règne de la nature et de la Providence (1775; traduit en français par Christine de Brunswick , reine de Prusse, 1777, 3 vol. in-80). Cet ouvrage, dans lequel l'auteur combat les incrédules avec des ai-guments qu'il prétend trouver dans les sciences naturelles en faveur de sa thèse, eut un vif succès, même parmi les catholiques, qui le réimpriment encore aujourd'hui, avec de légers changements. Ses autres principaux ouvrages sont : le Vrai chrétien dans la solitude (Halle, 1761, in-8»; traduit en français, Stuttgard, 1766, in-8°) ; le Chrétien pendant le dimanche (Stuttgard, 1764, 4 part. in-8°); Cantiques (Hambourg, 1780, in-8").

STURM (Jacques), graveur et littérateur allemand, né k Nuremberg en 1771, mort dans cette ville en 1848. U s'est fait connaître surtout par les ouvrages suivants : la Flore de l'Allemagne (Nuremberg, 1799-1855, 90 livraisons) et la Faune de l'Allemagne (Nuremberg, 1797-1856, 5 vol.). U fut aidé dans la rédaction de ces deux ouvrages pur son fils Jean-Guillaume.

STURM (Charles), géomètre français, membre de l'Académie des sciences, né, k Genève, alors chef-lieu du département du Léman, le 29 septembre 1803, mort k Paris le 18 décembre 1855. Il quitta le collège en 1818, pour suivre lescoursde l'Académie de Genève. A la mort de son père en 1819, il restait le seul soutien de sa mère, de sa sœur et de ses frères

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il commença dès lors sa carrière de professeur et entra, en 1823, comme précepteur dans la famille de Broglie. Le journal de Gergonne avait déjà publié de lui à cette époque des mémoires intéressants. En 1827, Sturm et son ami d'enfance, M. Colladou, remportaient la grand prix de mathématiques proposé pour le meilleur mémoire sur la compression des liquides Arago, Ampère, Fourier suivaient avec intérêt les travaux des deux amis et saisissaient toutes les occasions de leur être utiles. Sturm trouva son fameux théorème en 1829. La révolution de Juillet étant venue lever l'interdit contre les protestants, il put entrer au collège Rollin, où il occupa la chaire de mathématiques spéciales. C'est jt cette époque qu'il se lia avec M. Liouville d'une amitié qui a duré jusqu'à sa mort. En 1834, l'Académie lui décerna pour la seconde fois le grand prix de mathématiques ; en 1835, elle l'appela dans son sein en remplacement d'Ampère. Entré à l'Ecole polytechnique comme répétiteur d'analyse en 1838, Sturm y succéda bientôt après (1840) k Poisson, qu'il remplaça aussi la même année à la Faculté des sciences. Il était officier de la Léfion d'honneur, membre de la Société royale e Londres, des Académies de Berlin et de Suint-Pétersbourg. 11 avait été honoré de la médaille de Copley.

M. Liouville a prononcé sur sa tombe le discours suivant, qui peindra mieux que nous ne saurions le faire l'homme illustre trop tôt enlevé à la science.

« Le géomètre supérieur, l'homme excellent dont nous accompagnons les restes mortels a été pour moi pendant vingtrcinu ans un ami dévoué; et par la bonté même de cette amitié, comme par les tr;iits d'un caractère naïf uni à tant de profondeur, il me rappelait le maître vénéré qui a guidé mes premiers pas dans la carrière des mathématiques, l'illustre Ampère.

» M. Sturm était à mes yeux un second Ampère: candide comme lui,insouciar.t comme lui de la fortune et des vanités du monde ; tous deux joignant à l'esprit d'invention une instruction encyclopédique ; négligés ou même dédaignés par les habiles qui cherchent le pouvoir, mais exerçant une haute influence sur la jeunesse des écoles, que le génie frappe -, possédant enfin, sans l'avoir désiré, sans le savoir peut-être, une immense popularité,

■ Prenez au hasard un des candidats à notre Ecole polytechnique, et demandez-lui ce que c'est que le théorème de M. Sturm : vous verrez s'il répondra ! la question pourtant n'a jamais été exigée par aucun programme. Elle est entrée d'elle-même dans renseignement. Par cette découverte capitale, M. Sturm a tout à la fois simplifié et perfectionné les éléments d'algèbre. Ce magnifique travail a surgi comme un corollaire d'importantes recherches sur la mécanique analytique et Sur la mécanique céleste.

» Deux beaux mémoires de M. Sturm sur la discussion des équations différentielles et différentielles partielles , propres aux grands problèmes de la physique mathématique , prendront place à côté des plus beaux mémoires de Lagrange. Je l'ai dit et imprimé il y a vingt ans, et je le répète sans craindre qu'aujourd'hui personne vienne me reprocher d'être trop hardi.

» Nous lui devons un travail curieux sur la vision, un mémoire sur l'optique, d'intéressantes recherches sur la mécanique, et en particulier un théorème remarquable sur la variation que la force vive éprouve lors d'un changement brusque dans les liaisons d'un système en mouvement. Quelques articles sur des points de détail ornent nos recueils scientifiques.

» L'originalité dans les idées et la solidité dans l'exécution assurent à M. Sturm une place à part. Il a eu de plus le bonheur de rencontrer une de ces vérités destinées à traverser les siècles sans changer de forme et en gardant le nom de l'inventeur, comme le cylindre et la sphère d'Archimède. »

Voici la liste des mémoires de Sturm qui peuvent le plus intéresser les savants :

Annales de mathématiques de Gergonne.

Tome XIII : Extension du problème des courbes de poursuite. Tome XIV : Théorème concernant l'excès fini de l'asymptote d'une hyperbole équitatère sur le quart de cette courbe. Courbure d'un fil flexible et inextensible dont les extrémités sont fixes et dont les points sont attirés ou repoussés par un centre îixe, suivant une fonction déterminée de la distance. La distance entre les centres des cercles inscrit et circonscrit à un triangle est mc^enne proportionnelle entre le rayon du cercle circonscrit et l'excès de ce rayon sur le diamètre du cercle inscrit, TomeXV : Recherches sur les caustiques, propriétés des ovalesde Descartes. Généralisation d'un théo-. rèice de Lhuiliersur les polygones réguliers." Tomes XVI et XVII : Mémoire sur les lignes du second ordre.

Bulletin de* sciences de Férussac. Tome XI :

Démonstration du grand théorème et notes

diverses sur l'algèbre. Tome XII : Mémoire

sur l'intégration d'un système d'équations

. différentielles linéaires.

Journal de M. Liouville. Tome I" : Mémoire sur les équiitions différentielles linéaires du second ordre ; Démonstration en commun avec M. Liouville du théoièine de Cauchy sur le nombre des points racines contenus dans un contour donné. Tome II : Mémoire sur le dé-

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veloppement des fonctions en séries.TomelII : Mémoire sur l'optique. Tome VI : Note sur la surface de révolution dont la courbure moyenne est constante. Tome VII : Un canal infiniment petit, dont les arêtes curvilignes sont des trajectoires orthogonales aux surfaces de niveau relatives à un corps quelconque, intercepte sur ces surfaces de niveau des éléments pour lesquels l'attraction exercée par le corps est constante.

Comptes rendus de l'Académie des sciences. Tome IV : Note en commun avec M. Liouville sur un théorème de Cauchy relatif aux racinesdes équations simultanées.Tome XIII: Mémoire sur la variation de force vive d'un système dont les liaisons viennent à changer brusquement. Tome XX : Mémoire sur la théorie de la vision. Tome XXVI : Note sur l'intégration des équations générales de la dynamique.

Mémoires des savants étrangers. Mémoire sur la compression des liquides (en collaboralion avec M. Colladou).

M. Prouhet, répétiteur d'analyse à l'Ecole polytechnique, a publié les cours d'analyse et de mécanique professés par M. Sturm h l'Ecole. Un mémoire sur la communication de la chaleur dans une suite de vases sera publié par les soins de M. Liouville.

Sturm a rendu à la science des services évidemment très-notables; Userait impossible d'en dire autant de l'enseignement. S'il n'avait été que terne, ce ne serait rien; mais sa radicale inhabileté à exprimer convenablement les grandes idées qui forment le lien entre les faits, qui servent à la fois de bases aux théories et de jalons nu progrès, sa gaucherie professorale l'avaient amené progressivement, d'abord à supprimer toute exposition théorique des idées générales, ensuite à adopter les méthodes les plus lourdes de démonstration dès qu'elles présentaient le mince avantage de ne pas exiger d'explications préalables en langue vulgaire. Il se louait, dit-on, beaucoup il avoir écrit bien des pages sans y insérer la moindre idée philosophique. C'est un mérite que ne lui envieraient ni Descurtes, ni Leibniz, ni d'Alembert, ni Lagrange, ni Poinsot, ni Carnot, ni même Cauchy qui, s'il philosophait souvent de travers, au moins philosophait.

Le théorème de Sturm n'a pas seulement l'avantage de fournir plus simplement que la méthode de Lagrange le nombre des racines réelles d'une équation numérique donnée , comprises entre deux nombres donnés : il s'accommode déjà sensiblement mieux do données littérales; ce n'est bien encore véritablement qu'un théorème d'arithmétique supérieure, mais on sent qu'il n'est pas impossible d'en concevoir des transformations, des perfectionnements qui mènent plus près du bue définitif la résolution des équations littérales. Au contraire, dans l'ordre d'idées suivi par Lagrange, le but parait atteint dès que les racines sont séparées. Au reste, pour comparer les deux méthodes, il suffira de remarquer

,i i t j m(m — 1) ,. que celle de Lagrange donne — conditions de réalité pour les racines d'une équation de degré m, tandis que le théorème de Sturm n'en donne que m. Le nombre venta- *

ble devrait être--- ou . La méthode de

Sturm conduit donc bien près du but.

On a essayé de jeter des doutes sur les droits exclusifs de Sturm à l'honneur de la découverte de son théorème ; il y a peu d'inventeurs à qui pareille chose ne soit arrivée. La postérité fait toujours aisément justice de ces accusations dictées par la jalousie. Pour répondre aux insinuations dont Stunn a eu à souffrir, il suffira de rapporter ce qu'il , disait lui-même dès 1832 de ses obligations envers Fourier : « L'ouvrage qui doit renfermer l'ensemble de ses travaux sur l'analyse algébrique n'a pas encore été publié. Une partie du manuscrit qui contient ces précieuses recherches a été communiquée à quelques personnes. M. Fourier a bien voulu m'en accorder la lecture et j'ai pu l'étudier à loisir. Je déclare donc que j'ai eu pleine connaissance de ceux des travaux inédits de M. Fourier qui se rapportent à la résolution des équations, et je saisis cette occasion de lui témoigner la reconnaissance dont ses bontés m'ont pénétré. C'est en m'appuyant sur les principes qu'il a posés et en imitant ses démonstrations que j'ai trouvé les nouveaux théorèmes que je vais énoncer. ■

Pour que les papiers da Fourier eussent contenu le théorème de Sturm, il faudrait que Fourier n'en eût pas compris l'importance. 1 ,e dire de ses prétendus amis tendrait ainsi à un but contraire à celui qu'ils se proposaient.

Le théorème de Sturm s'énonce de la manière suivante :

Soient X le premier membre d'une équation algébrique à coefficients réels, X, Ja dérivée de ce premier membre, X, le reste changé de signe de la division de X par X„ poussée aussi loin que possible ; X, le reste changé de signe de la division de X, par X„ X4, X(,..., les polynômes successifs obtenus en poursuivant toujours les opérations de la même manière; enfin Xr le plus grand commun diviseur de X et X„ ou le reste de la dernière division ; si, dans la série des polynômes X,X,,X„ .. ,X„i,Xn,Xn j i,...,Xrj

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on substitue successivement & te deux nombres quelconques a. et f, le nombre des racines réelles de X = 0, comprises entre a. et p, sera donné par la différence des nombres de variations que présenteront les deux suites de résultats. Mais les racines multiples, quel que soit l'ordre de leur multiplicité, ne seront annoncées, comme les autres, que par la perte d'une seule variation.

Pour démontrer ce théorème, on remarquera d'abord que x croissant d'une manière continue, dans un intervalle où aucune des fonctions de la suite ne s'annule, les variations présentées par cette suite non-seulemunt resteront en même nombre, mais même se retrouveront aux mêmes places. D'un autre côté, deux fonctions consécutives ne peuvent pas s'annuler en même temps sans que leui plus grand commun diviseur Xr s annule. Enfin, si une des fonctions intermédiaires X„ s'annule seule, les trois fonctions Xn — 1> X„ et Xn i[ présenteront, après comme avant, une variation et une seule, de sorte que cette circonstance ne pourrait pas encore influer sur le nombre total des variations présentées par la suite. En effet, d'après la manière même dont toutes les fonctions ont été formées, si Qn représente le quotient de Xn i par Xn,

Xn i = X„ Qn — Xn m.

Au moment donc où X„ s'annule, X„| etXn|i ont des valeurs égales et de signes contraires, et un peu avant comme un peu après le passage de XnparOjXfi—t et X„ i j ont des valeurs finies, de signes contraires et différant très-peu, abstraction faite du sij»ne. Les trois fonctions, quels que soient les signes de X„, avant et après son passage par 0, présentent donc une variation et une seule.

Le nombre des variations de la suite ne peut donc changer qu'à ht suite des passages par 0 de X ou de Xr. Mais, dans le cas où l'équation proposée n'a pas de racines égales, Xr est numérique, et dans le cas contraire Xr est facteur dans X. Il faut donc, dans tous les cas, que X passe par 0 pour que le nombre des variations de la suite puisse changer. Il s'agit de faire voir que ce nombre diminue d'une unité chaque fois que x dépasse une des racines de X = 0. Or, il est facile en premier lieu de voir queXetX, sont toujours de signes contraires un peu avant que x atteigne une des racines de X = 0, et de mêmes signes un peu après. En effet, désignons momentanément Xpar/(x) et par conséquent X! par f(x); soient d ailleurs a la racine considérée de X = 0 et A une quantité aussi petite que l'on voudra : les valeurs de X et Xt pour x — a — h seront

et

na-h) = /-(a) —H«)A +/*"(«) £2 ~ -.

Quel que soit donc le nombre des premières dérivées de f[x), qui s'annulent pour x = a, comme les dérivées de même ordre ont des signes contraires dans les deux développements, les premiers termes de ces développements, auxquels on pourra les supposer réduits, seront de signes contraires; les développements eux-mêmes seront donc aussi de signes contraires.

Le même mode de .démonstration servirait évidemment à prouver qu'au contraire

/(« + h) et f{a + h) seront de même signe.

Ainsi, si aucun changement ne peut survenir dans le nombre des variations présentées par le reste de la suite, à partir de Xlt par suite du passage de X par o, ce passage aura bien amené la perte d'une variation et d'une seule. Or, si Xr ne s'est pas annulé en même temps que X, deux fonctions consécutives n'auront pas pu s'annuler simultanément; le nombre des variations présentées par la dernière partie de la suite n'aura donc pu changer; et si la racine considérée de X = 0 était une racine de Xr = 0, comme deux fonctions consécutives ne peuvent pas avoir d'autres facteurs communs que ceux de Xr, toutes les fonctions X„ X Xr auront en même temps changé de signes, ou auront toutes gardé leurs signes primitifs selon que XP aura ou non lui-même change de signe ; ou si l'une des fonctions intermédiaires contenait, ce qui n'arriveraqu'exceptionnellement, une fois de plus que Xj. le facteur correspondant à la racine considérée , cette fonction intermédiaire se sera trouvée entre deux centres, de signes contraires, avant et après le passage par cette racine, et la conclusion restera encore la même

Si l'on suppose les opérations effectuées sur une équation de degré»!, le nombre des fonctions de la suite sera, en général, m+ f; assignes des résultats fournis par les substitutions de — o» et -f- « , signes que l'on obtiendra tout de suite au moyen seulement des premiers termes des fonctions, feront connaître immédiatement le nombre total des racines réelles. Il est remarquable que les substitutions à faire, déjà aussi simples que possible, seront encore réduites au nombre minimum, car il faut au

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moins m + 1 substitutions pour comprendre m intervalles.

Si les opérations ont été effectuées sur une équation littérale, on en conclura les conditions de réalité sous forme littérale. Elles s'exprimeront en notant que les premiers termes de toutes les fonctions de la suite soient positifs. En effet, s'il en est ainsi, la substitution de — » donnera m variations, et ta substitution de -j- « n'en laissera subsister aucune.

STDHM (Julius-Karl-Reinhold), poète allemand , né à KSstritz en 1816. Il étudia la théologie à lénj, fut le précepteur du prince héritier de Reuss-Schleiz, Henri XIV, et devint en 1851 curé de GOschwitz et en 1857 curé de Kflstritz. On cite, parmi ses ouvrages : Gedichte (Leipzig, 1850; 3e édit.,

1862) ; Fromme Lieder (Leipzig, 1852; 5e édit.,

1863) ; Zmei Rosen oder das holie Lied der Liebe (Leipzig, 1854); Neue fromme Lieder (Leipzig, 1858); FUr das Haus (Leipzig, 1862). Sous le pseudonyme de Julf.i. Stem, il a fait paraître un recueil intitulé : Das fothe Buch (Leipzig, 1855).

STURME ou STURMIUS, moine allemand, né en Bavière vers le commencement du vme siècle, mort en 779. Il fonda avec sept autres religieux le monastère de Fulde, qui en compta bientôt quatre cents, et dont il rut le premier abbé. Avec saint W'illehade, il prêcha l'Evangile aux Saxons.

STCHMER (Ignace, baron de), diplomate autrichien, néà Vienne en 1752, mort en 1829. Il entra dans l'ordre des jésuites; après la suppression de cet ordra, il étudia le droit à l'université de Vienne etentra, en 1776, à l'école des langues orientales. Il accompagna en 1779 l'interuonce b;iron d'HerbertàConStantinople. En 1781, ildevint l'interprète de l'ambassade et, en 1789, interprète de la cour. En 1793, il fut attaché à la chancellerie d'Etat. En 1801, il fut anobli et nommé conseiller d'Etat. En 1802, il fut nommé internonce à Constantinople. En 1809, il revint à Vienne.

STBRME» (Barthélemi, comte db), diplomate autrichien, né à Constantinople en 1787, mort à Venise en 1863. Il étudia pendant onze ans à l'académie de Vienne et devint successivement: en 1811 secrétaire de légation à Saint-Pétersbourg, en 1816 commissaire da l'Autriche à l'Ile Sainte-Hélène, en 1818 consul général aux Etats-Unis, enfin en 1820 envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Rio-Janeiro, ville qu'il quitta pendant la révolution. Il remplit ensuite divers postes diplomatiques à Londres, à Paris et à Vienne; en 1834, il fut nomme internonce à Constantinople. En 1842, il reçut le titre de comte. Il fut rappelé en 1850 et vécut depuis lors en Autriche,

STURMIEs. f. (stur-inî — de Sturm, natur. allem.). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athôricères, tribu des muscides, comprenant trois espèces, qui habitent l'Europe.

— Bot. Syn, deSTRNOSTOMK, ophride, lipa.rib et mihora, genres da végétaux de diverses familles.

STCRM INSTER- NEWTON - CASTLE, ville d'Angleterre, comté de Dorset, à 30 kilom. N.-E. de Dorchester, sur la Stour ; 2,700 hab. Tanneries. Beau pont de pierre sur la Stour.

STUHNELLE s. f. (stur-nè-le — dimin. du lat. sturnus, étourneau). Ornith. Syn. da

STOURNEIJ.E.

STDRNIDÉ, ÉE adj. (stur-ni-dé — du lat. sturnus, étourneau, et du gr. eidos, aspect). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'étourneau.

— s. f. pi. Famille de passereaux , ayant pour type legenre étourneau : Les sturnidées vivent une partie de l'année en troupes quelquefois considérables. (Z. Gerbe.)

STTJRNIE s. f. (stur-nl — du lat. sturnus, étourneau). Ornith. Syn. de pasteur ou ériole, genre d'oiseaux.

STURNINÉ, ÉE adj. (stur-ni-né — du lat. sturnus, étourneau). Ornith. Qui ressemble ou se rapporte à l'étourneau,

— s. f. pi. Tribu de la famille des sturnidées, ayant pour type le genre étourneau.

STURNO, bourg du royaume d'Italie, province do la Principauté Ultérieure, district de San-Angelo, mandement de Frigento:

2,403 hab.

STUHZ (Helfrich-Pierre), littérateur allemand, néàDarinstadc en 1736, mort en 1779. De 1754 à 1757, il étudia le droit aux universités de Gcettiogue, d'Iéna et de Giessen et fut successivement secrétaire de l'ambassadeur autrichien à Munich (1759), du chancelier d'Eyben il Gluckstadt (1760), du comte de Bernstorff à Copenhague, qui le fit entier en 1763 dans le département des affaires étrangères. En 1768, il accompagna, en qualité de conseiller de légation, le roi Christian VII dans ses voyages en Angleterre et eu France; et le souvenir de ce voyage lui inspira plus tard ses charmantes Lettres d'un voyageur, qui parurent d'abord dans le Musée allemand (1777). En 1770, il obtint un emploi important a. Ja direction générale des postes de Danemark, mais la chute de Struensée amena pour Sturz la perte de sa position. Emprisonné «t rendu à ta liberté après une détention de quatre mois, il reçut une modique

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pension et fut, il est vrai, nommé en 1775 conseiller d'Etat à Oldenbourg : mais le coup qui l'avait frappé développa en lui les germes d'une maladie de langueur à laquelle il succomba quatre ans plus tard. Sturz doit être compté parmi les prosateurs les mieux inspirés et les plus purs de son époque. Dans tous ses écrits dominent le goût du beau, l'amour du bien , la sûreté du jugement , la finesse et l'élégance du style. Le meilleur, sinon le )lus complet recueil de ses Œuvres, parmi esquelles il faut citer à part ses Souvenirs de ta vie de Bernslorff (1777), a été publié à Leipzig, après sa mort (1786).

STURZ (Frédéric-Guillaume), pédagogue et philologue allemand, né à Erbisdorf, près de Freiberg, en 1762, mort en 183Î. Il fit ses études à l'université de Leipzig, devint, en 1788, professeur d'éloquence au collège de Géra, puis, en 1803, recteur de l'école provinciale de Grimma; il conserva ces fonctions jusqu'en 1823, époque où il prit sa retraite. On a de lui des éditions de YHymnus ad Jovem de Cléanthe (Leipzig, 1785), des fragments d'Hellanicus (Leipzig, 1787), de Phérécydes (Leipzig, 1789) et d'Empédocle (Leipzig, 1805, Z parties), de YOrionis Etymotogicum (Leipzig, 1820), de Dion Cassius(Le\pzig, 1824-1825, 8 vol.), et des Nova annotations ad elymologicum magnum (Leipzig, 1828); il avait, en outre, terminé le Lexicon Xenophonteum, commencé par Thieme (Leipzig, 1801-1804,4 vol.), et écrit sur la langue grecque et la langue latine un grand nombre de dissertations, qui ont été réunies sous ce titre : Opusf.ula nonmtlla (Leipzig, 1828). Sa brochure intitulée : De dialecto macedonico et alexandrino (Leipzig, 1808) renferme des aperçus tout nouveaux sur la langue grecque.

STUTTERI1E1M (baron de), général autrichien, né en Allemagne vers 1760, mort du choléra à Lemberg en juillet 1831. Entrèfort jeune au service, il parvint au grade de général-major, pritpartàla bataille d'Austerlitz et à la campagne de 1809. et fut nommé plus tard feld-maréchal lieutenant. Il commanda un corps d'armée en Italie dans la campagne de 1831 et mourut gouverneur général de la Galicie. On a de lui : Bataille d'Austerlitz, par un militaire témoin oculaire de la journée du 2 décembre 1805 (Hambourg, 1805, in-so). Cet écrit fut réimprimé à Paris en 1806, avec des notes par un officier, témoin oculaire. Ces notes étaient rédigées par Napoléon Iet lui-même. Une troisième édition parut ta même année à Paris avec des notes par le maréchal Soult. On a encore de Stutterheim un ouvrage intitulé : Guerre de 1809 entre l'Autriche et la France (Vienne, 1811, S vol. in-8°,avec cartes et plans), qui fut supprimé par ordre de l'empereur d'Autriche,

STUTTGÀRD (plusieurs étymologistes prétendent que cette ville est ainsi nommée à. cause des haras des anciens peuples Alemani qui étaient en cet endroit, de 1 ancien allemand stat, étalon, anglo-saxon steda, anglais steed, et gard, enceinte, forteresse), capitale du royaume de 'Wurtemberg, chef-lieu du cercle du Neckar et du bailliage de son nom, dans une belle et fertile vallée, entourée de vignobles et de collines boisées, sur la Nesenbach, à 58 kilom. S.-E. de Carlsruhe, à 120 kilom. N.-E. de Strasbourg, à 580 ki. loin. E. de Paris, par 48046' de lailt. N., et 6° 50' de longit. E. Au commencement du xix° siècle, cette ville ne comptait que 20,000 hab.-, sa population, d'après le dernier recensement, est de SG.000 hab.Résidence du roi ; siège du gouvernement, du corps diplomatique et des administrations centrales de l'Etat; cour de cassation et tribunaux divers, chambre de commerce ; consulats de Belgique, de Hollande et des Etats-Unis ; gymnase; écoles polytechnique, de chirurgie, d'accouchement, vétérinaire; école forestière; école royale de demoiselles, fondée en 1818 parla reine Catherine; école de commerce; institut des sourds-muets; sept hôpitaux; sociétés littéraires et scientifiques; société d'encouragement industriel, etc.; cabinets de médailles, d'antiquités et d'histoire naturelle; inusée des beaux-arts; jardin botanique ; hôtel des monnaies ; observatoire astronomique.

L'industrie compte à Stuttgard 150 fabriques occupant 2,210 ouvriers et comprenant des ateliers de construction de marine, des fabriques de produits chimiques, de papiers peints} orfèvrerie, bijouterie, ganterie, lainages, soieries, tapis, armes à feu, teintureries, pianos, instruments de musique et de chirurgie. On y compte aussi 40 librairies, 30 imprimeries occupant 150 presses, 5 fonderies de caractères, 22 lithographies et 4 stéréotypées. Cette ville est le siège de l'Association des libraires de l'Allemagne du Sud; il s'y tient en juin une foire importante dito foire des libraires du Sud. Le commerce de Stuttgard est assez actif, principalement par l'exportation des produits de son industrie et de ceux du sol environnant, qui sont très-importants; les vins mousseux de la vallée du Neckar sont très-recherchés. Ce mouvement commercial est favorisé par la banque royale de Wurtemberg, qui a son siège à Stuttgard , par d'autres e lablissements de crédit et par les chemins de fer qui mettent la capitale du Wurtemberg en communication directe avec les grands centres et plaoesde commerce de l'empire d'Allemagne et de l'Autriche. Stuttgard est composée de

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deux parties : la ville ancienne, qui s'étend dans la plaine, et la ville nouvelle, qui s'élève sur des collines voisines, près desquelles sont aussi trois faubourgs. La vue Royale, une des plus belles et des plus animées, sépare les deux parties de la ville. On remarque encore les rues du Neckar, de la Couronne et la rue Frédéric. Parmi ses places publiques, une des plus belles est l'ancienne place du Château, ornée de la statue en bronze de Schiller, par Thorwalrlsen ; citons encore la nouvelle place du Château, sur laquelle s'élève une colonne érigée en l'honneur du roi Guillaume 1er, Parmi les édifices qui décorent la capitale du Wurtemberg, nous mentionnerons: le vieux château, construction du xvie siècle ; le nouveau château, résidence du roi, avec parc anglais très-vaste; la cathédrale, construction du xve siècle, surmontée de deux tours et renfermant les caveaux royaux ; l'hôtel de ville, le palais des Princes, le palais des Etats; le théâtre; la bibliothèque royale (200,000 vol.) ; les casernes et la gare du chemin de fer. Stuttgard, dont le nom n'est pas mentionné dans l'histoire avant le xnio siècle, était déjà, à cette époque une place forte assez importante. En 1320, le comte Eberhard, abandonnant la résidence du château de Wurtemberg, en fit la capitale de ses Etats, titre que cette ville a conservé sous les ducs, puis sous les rois j de Wurtemberg. Jusqu'à la fin du siècle der- : nier, son accroissement avait été peu consi- ■ dérable ; mais depuis les deux derniers rois, | son étendue et sa population ont doublé et au delà. Stuttgard a donné naissance a plusieurs hommes célèbres, parmi lesquels nous citerons : le philosophe Hegel, l'orientaliste Jules Mohl et le sculpteur Danneker.

STOTZ s. m. (stutzz). Métrol. Mesure de capacité usitée à Soleure, pour les liquides, et valant 7'i',97.

STCTZAÏTZA ou KARATOVA, ville de la Turquie d'Europe, dans la Roumélie, sangiac et à 66 kilom. S.-O. de Ghiustendil, entre deux hautes montagnes; 4,1 10 hab. Fonderie de cuivre, dont le minerai est extrait des montagnes voisines ; ateliers d'ouvrages en cuivre; mosquées; églises grecques.

ST(]VE (Johann-Karl-Bertram), homme politique allemand, né à Oaoabriiok en 1798, mort en 1872. Après avoir terminé ses études de droit aux universités de Berlin et de Gœttingue, il se lit inscrire, en 1820, au barreau de sa ville natale. Dès cette époque, il se livra à différentes recherches sur 1 histoire de cette localité et publia Y Histoire d'Osnubrùck (1824), puis une suite de VBistoire d'Osnabruck, d'après des documents officiels (182G). En même temps, il écrivait des articles politiques dans divers journaux. En 1830, Slùve débuta dans la carrière politique proprement dite, par la publication d'une brochure intitulée : Sur la réduction de l'impôt foncier dans le royaume de Hanovre. Elu, l'année suivante, membre des états du Hanovre, il réclama dès le début une constitution, fit partie, comme rapporteur, de plusieurs commissions, développa aux Chambres ses idées économiques sur le commerce et les finances et publia une brochure animée d'un esprit très-libéral, intitulée: Etat actuel du royaume de Hanovre (1832). Lors de l'avènement au trône d'Ernest-Auguste (1838), il réclama, comme député d'Osnabriick à la seconde Chambre, l'adhésion'du nouveau roi à la constitution de 1833, et fit paraître un écrit très-énergique intitulé : Défense de la constitution de l'Etat. En même temps, il se joignait aux magistrats dOsnabrùek pour réclamer le maintien des anciennes franchises des états et exiger qu'on rapportât les nouvelles ordonnances. En 1838, il fit de nouveau partie des états, malgré l'opposition simultanée du gouvernement et des adversaires qu'il s'était faits dans le parti libérai. Défenseur constant de toutes les libertés, il fut souvent traduit devant les tribunaux et toujours acquitté par le jury. Chargé, lors des événements de 1848, de former un ministère sous sa présidence, il prit ses collègues dans les rangs des radicaux et commença, de concert avec MAI. Beunigsen, Braun et Diiriiig, son œuvre de rél'ormation politique. D'accord avec le parti progressiste sur les questions de la liberie de la presse, l'abolition du serment et des privilèges, M. Stûve se séparait du parti libéral par ses idées fédéralistes. Opposé à la constitution allemande, encore plus opposé à la suprématie de la Prusse, réclamant sans relâche l'indépendance réciproque des Etats allemands, ce fut tout k lait contre son gré qu'il signa, en mai 1849, un traité d'alliance avec les Etats prussiens. La réaction de 1850 amena su. chute; cependant il l'ut réélu à l'Assemblée des états, et il n'a cessé depuis de poursuivre son intelligente et libérale publique, en dépit de l'opposition constante qui lui a été faite, même au sein de son parti, et des dangers personnels qu'il a courus.

STUVBN (Ernest van), peintre allemand, né à Hambourg en 1657, mort en 1712. Il se rendit en 1075 à Amsterdam et y étudia sous Jean Voorhout, sous Guillaume' van Etet et sous Abraham Mignan. Il cultiva d'abord la peinture de portrait et l'abandonna ensuite pour peindre des tableaux de fleurs et de fruits, et devint célèbre dans ce dernier genre. Mais sa mauvaise conduite le lit emprisonner deux fois et enfiu bannir do sa pa-

STYL

tria. Il se retira h Harlem, puis à Rotterdam. Il a fait preuve d'un .grand talent dans la représentation des fleurs et surtout des bouquets.

STYGIAISE adj. (sti-ji-è-re — rad. stygie), Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à la stygie.

— s. f. pi. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, comprenant les genres stygie et chimère.

STYGIAL, ALE adj. (sti-ji-al, a-le). Syn.

de STYGIEN, 1ENNB.

STYGIARIDE adj. (sti-ji-a-ri-de). Entom.

Syn. de stygiajre.

STYGIARIÉ, ÊE adj. (sti-ji-a-ri-é). Entom.

Syn. de STYGIAIRB.

STYG1DE s. m. (sti-ji-de). Entom. Syn. de

stïgie ou lomatie, genre d'insectes diptères.

STYGIDIE s. f. (sti-ji-dl — de stygie, et du

fr. eidos, aspect). Entom. Genre non adopté 'insectes diptères, de la famille des tanystomes, tribu des anthraciens,

STYGIE s. f. (sti-jl — du gr. stugios, stygiec). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des bépiahdes, dont l'espèce type habite le midi de la France, y Genre d'insectes diptères, de la famille des tanystomes, tribu des anthraciens, comprenant quatre espèces, qui habitent l'Europe.

STYG1EN, ÎENNE adj. (sti-ji-ain, i-è-ne — rad. Slyx). Mythol. gr. Qui appartient, qui convient au Styx :

O nuit ! ô jour! o mânes stygiennes!

J.-B. Rousseau.

I On dit aussi stygial, ale.

~- Ane. chim. Eau stygienne, Nom donné a tous les liquides qui attaquent les métaux.

— Bot. Epithète donnée à quelques plantes qui croissent dans les eaux noires et croupissantes.

STYGNE s. m. (sti-ghné — du gr. stugnos, odieux). Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des phalangides, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Amérique du Sud.

STYL s. m. (stil). Ane. pratiq. V. style.

STYLAIRE adj. (sti-lô-re — rad. style).

Bot. Qui a rapport au style.

STYLAIRE s, f. (sti-lè-re — du lat. stylus, stylet). Auuél. Genre d'anuélides, de la famille des naïdes, dont l'espèce type habite nos eaux douces.

STYLANDRE s. ra. (sti-lan-dre — de style, et du gr. anêr, mâle). Bot. Syn. de ponostigma, genre d'asclépiadées,

STYLE s. ra. (sti-le — latin stylus, stilus, pour stigtus, d'une racine slig, piquer, qui est dans stimulus, pour sligmutus, aiguillon, et dans instigare, pousser, exciter, stimuler, proprement aiguillonner, de même que dans le grec stizâ, esdgmai, je pique, le gothique stikan, piquer, l'allemand stechen, l'anglais to stick et le russe stegaiu, même sens), Sorte de poinçon ou de grosse aiguille, avec la pointe de laquelle les anciens écrivaient sur des tablettes enduites de cire,

— Littér. Diction, façon particulière dont un écrivain, un orateur exprime sa pensée : Quand on voit le style naturel, on est tout étonné et ravi, car on s'attendait de voir un auteur et on trouve un homme. (Pasc.) Un style grave, sérieux, scrupuleux va fort loin. (La Bruy.) Chacun a son style. (Mme de Sev.) Le style a un sexe, et l'on reconnaîtrait les femmes à une phrase. (Mariv.) Si on enchaîne étroitement ses pensées, si on les serre le style devient ferme, nerveux et concis'. (Buff.) Bien ne s'oppose plus à la chaleur du style que le déiir de mettre partout des traits saillants. (BuS.yLe style, ce n'est rien ou c'est peu de choi.e. (Seduine.) La première loi est de conformer son style o son sujet. (Volt.) Le bon style est dans le cœur. (Dider.) Les anciens ont distingué irois styles : le simple, le sublime et le tempéré. (D'Alemb.) Le style change presque entièrement de nature selon l'éeriuaiu. (M«'e de Staël.) Le style est un accent. (J. de Maistre.) Le stylb n'est pas, comme ta pensée, cosmopolite ; il a une terre natale, un ciel, un soleil à lui. (Chateaub.) Le bon style satisfait à ta fois l'esprit, l'oreille et la raison. (Lévis.) Le style1 est un miroir où se reflètent fidèlement la pensée et le cœur. (A. A-beii.i il n'y a qu'une grande âme qui ose avoir un STYLE simple. (H. Beyle.) Le véritable style épistolaire consiste à écrire absolument comme si l'on parlait. (Boitard.) Le style rose et frais n'est que de l'enluminure. (Cormen.) Les passions sont tout l'homme, bien plus que son style, qui sert presque toujours à le déguiser. (Lamenn.) C'est au style qu'on juge un esprit ; c'est le style qui dévoile sa qualité dominante. (H. Taiue.) Négliger le style, c'est ne pas aimer assez tes idées qu'on veut fnire adopter aux antres. (Déranger.) De toutes les facultés de l'esprit, la plus indéfinissable, selon nous, c'est le style. (Lamart.) Par stylb, j'entends la passion, le naturel, l'âme mise en dehors par la pensée. (Villemain.) Le style est la forme du beau. (V, Hugo.) Quand le style uous démange, plus de laisser aller, ptus.de joie ; il vous faut rentrer dans voire bouge, polir votre mot, trouver voire rime, vous taper le front et vous ronger les ongles. (Ste-Bsuve.) On ne peut nier que le soin du style n'entraîne certains sacrifices de la pensée. (Keuan.J

STYL

Ce style flgurd dont on fait vanit* Sort du bon caractère et de la vérité.

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