MOLIÈRE
Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille & nos yeux, il faut qu'il nmiB endorme.
C'est un style éloquent qu'un billet au porteur, Qui vaut mieux qu'un discours rempli de fariboles.
Reunabd.
Sacrifiez à. la simplicité
Le faux éclat d'un style brillante,
Rayon subit, étincelle imprévue,
Qui toujours frappe et jamais ne remue.
Hef.nis.
Il Talent d'écrivain, art d'exprimer sa pensée : N'avoir point de style. Si Aichardson n'a pas de style, il ne vivra pas, parce qu'on ne vit que par le style. (Chateaub.) tl Formes de langage usitées dans certains cas particuliers : Style du palais. Style de chancellerie. Style de notaire, il Style réfugié. Style rude et archaïque, qui devint commun à tous les protestants français réfugiés en Hollande et en Suisse. I) Style lapidaire, Style concis, employé dans les inscriptions : Les verbes auxiliaires, oui allongent et qui énervent tes phrases, rendent ta tangue française peu propre pour le style lapidaire. (Volt.)
— Ane. prat. Manière de procéder en justice ; Le style du Châtelet. Le stylb du parlement. Le style du conseil. Le style de ta chancellerie. Le stylb de* finances. Style de ta cour de Home. (Acad.) Il On écrivait aussi styl,
— Chronol. Vieux style, Manière dont on comptait dans le calendrier, avant la réforme grégorienne, etqui est encore suivie en Grèce et en Russie : On écrit de Moscou, le \4 avril, vîeux style, que..,. Il Nouveau style, Manière dont on compte depuis la réforme grégorienne.
• — B.-arts. Manière particulière à un artiste, à un genre, à une époque : Ce tableau est dans le style de tel maître. Un opéra d'un grand style. On peut considérer l'architecture hellénique comme le prototype de tous les styles d'architecture moderne. (Batissier.) Les ruines ont des harmonies particulières avec leurs déserts, selon le style de leur architecture et tes lieux où elles sont placées*
(Boutard.) Le style roman est plus riche en chapiteaux que le style gothique. (V. Hugo.) La galerie Éorghèse est un des lieux du monde où l'on peut étudier avec le plus de sécurité le style d'un maître. (H. Beyle.) Les apparte~ menis du sultan sont dans un style Louis XI V orientalisé. (Th. Gaut.) Les profils seuls donnent à un monument son style, son individualité, sa date, (Vitet.)
— Fam. Façon d'agir : Il peut bien avoir parlé de la sorte, avoir fait telle chose ; c'est bien là son style. VotVd bien son style. Nous connaissons son style. Nous avons vu son style. Il faudra bien qu'il change de style. (Acad.) Vieux en ce sens, n Mode, manière, genre spécial ; Oh/ oht il parait que ceci est du grand numéro/ une livrée magnifique/ stylb d'hôtel. (Scribe.)
— Gnomoniq. Tige dont l'ombre marque l'heure sur un cadran solaire : Poser un style. Ce style est mal posé. (Acad.) La longueur de l'ombre d'un style, même sur un cadran grossier, indique le moment où le jour finit. (Fr. Arago.)
— Entom. Filet du balancier des diptères.
— Bot. Portion moyenne du pistil, présentant ordinairement la forme d'une colonne .- Dans le plus grand nombre des cas, le stylb prolonge l'axe de l'ovaire. (P. Duchartre.) D'ordinaire le style disparait après l'acte de ta fécondation, (Th. de Berneaud.)
— Syn. Style, diction, «locution. V. D1C-' TION.
— Encycl, Littér. Le style, étant la forme, parlée ou écrite, que revêt la pensée, comprend a la fois la diction et 1 èlocution, c'està-dire le choix des mots et l'arrangement des phrases; c'est lui qui donne à l'élocution et à la diction une physionomie propre et qui fait que chaque orateur ou chaque écrivain, tout en exprimant des idées qui peuvent appartenir à tout le monde, à l'aide de mots tirés d'un vocabulaire commun et de tournures de phrases dont le mécanisme est conn.u de tous, imprime cependant à sa pensée un cachet particulier, individuel, qui fait reconnaître son style, bon ou mauvais, parmi cent autres. Tout écrivain a donc un style, son style ù lui, qu'il tient peut-être plus encore de la nature que de l'étude, qui dépend de ses facultés, de sa manière de voir ; l'étude, qui peut perfectionner l'élocution, est impuissante à changer complètement le style. La rhétorique, dont la mission est, en dernier lieu, d'enseigner le style, indiquera bien quelles en sont les qualités générales et particulières; elle les classera sous différentes rubriques, fera apercevoir la convenance de tel style par rapport à tel ou tel genre littéraire; mais elle ne peut pas plus donner le style qu'elle ne donne des idées, quoiqu'elle s'oucupe aussi de cellas-ci sous la rubrique invention.
Le style résulte de l'ordre et du mouvement des idées, du choix des expressions, de la tournure plus ou moins rhythinique des phrases; le style vraiment digne de ce nom n'ea-
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prime pas seulement, il peint et grave la pensée. « Les ouvrages bien écrits, dit Buffon, seront les seuls qui passeront à la postérité. La quantité des connaissances, la singularité des faits, la nouveauté même des découvertes ne sont pas de sûrs garants de l'immortalité ; si les ouvrages qui les contiennent ne roulent que sur de petits objets, s'ils sont écrits sans goût, sans noblesse et sans génie, ils périront parce que les connaissances, les faits et les découvertes s'enlèvent aisément, se transportent et gagnent même à être mis en œuvre par des mains plus habiles; ces choses sont hors de l'homme, le style est de l'homme même. • On a exagéré cette maxime de Buffon en lui prêtant le mot célèbre : le style, c'est l'homme. Ce n'est pas tout à fait ce qu'il a voulu dire ; mais toutefois l'aphorisme, tel qu'on l'énonce d'ordinaire, dérive naturellement de la phrase telle que l'a écrite Buffon. Si le style est « de l'homme même, » c'est qu'il le tire de sa propre individualité, de ce qui fait qu'il est lui : son goût, ses lectures , ses mœurs , ses tendances à la gravité, à la gaieté ou à la rêverie, son imagination, sa sensibilité, sa pénétration, etc. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'un produit si intime reflète le caractère tout entier, ot l'on pourra dire avec justesse : le style, c'est l'homme. On aperçoit très-bien la vérité de cet aphorisme en étudiant les caractères généraux du style chez les écrivains de toute une nation ; ces caractères reflètent le génie même de la race. « Des figures fortes et hyperboliques, dit encore Buffon, donnaient une vive chaleur à celui des Orientaux ; les Athéniens, peuple spirituel et poli, s'étaient formé un style précis, clair et soigné j les Asiatiques, licencieux et amis du luxe, affectaient un style fleuri, mais diffus. On remarque les mêmes différences caractéristiques dans le style des Français, des Anglais et des Espagnols. >
La diversité des caractères et des humeurs produit donc nécessairement la diversité des styles, de peuple à peuple et d'homme à homme; de même qu'il n'y a pas, sur toute la surface du monde, deux physionomies humaines qui soient exactement semblables, il n'y a pas non plus deux styles qui se ressemblent exactement ; on ne peut constaterqu'une sorte de parenté, reconnaissable à certains traits. Il n'en est pas moins possible, à travers cette diversité infinie, de distinguer les lois générales qui constituent le style et de les poser pour règles, sans prétendre pour cela enlever à l'écrivain sou originalité ; ainsi les peintres et les sculpteurs établissent un canon, d'après les proportions les plus heureuses du corps humain, sans s'assujettir néanmoins à jeter tous leurs personnages dans ce moule. Ces lois générales portent, les unes, sur l'arrangement et la composition de l'ensemble d'un ouvrage, l'enchaînement logique de ses diverses parties, la méthode qui préside à la liaison des idées, aussi bien d\tne phrase à l'autre que du premier chapitre au dernier; les autres sur les qualités résultant de l'expression, du choix des mots; ce sont : la clarté, la précision, la propriété, la correction, la pureté, le naturel, la noblesse et l'harmonie. Nous avons étudié séparément chacune de ces qualités générales du style (v. clarté, précision, etc.); nous ne nous y arrêterons pas.
Bans leur ensemble, ces lois générales ne sauraient être contestées; il est certain que sans l'ordre et la méthode dans les idées, sans la clarté, la précision, la propriété des termes, la correction et la pureté du langage, l'harmonie des mots et des phrases, il n'y a pas de style. Mais la noblesse est le caractère d'un genre de style particulier et non du style en lui-même; eu la rangeant parmi les qualités générales, les rhéteurs ont obéi à une préoccupation naturelle aux écrivains du xvne et du xvme siècle, qui ne faisaient dater la littérature française que de Malherbe, Si l'on appliquait cette prétendue règle aux écrivains des siècles antérieurs, on trouverait que Rabelais, qui n'a pas de noblesse, n'a pas ae style: il eat bien certain pourtant qu'il en a un, et des meilleurs. La rhétorique va plus loin ; elle classe tous les styles, maigre leur grande variété, en trois groupes principaux et les ramène à trois types : le style simple, dont les caractères sont, outre la simplicité, la brièveté, la naïveté, la finesse, la grâce; le style tempéré, qui brille par l'abondance, Ja richesse, la vivacité, l'énergie, et le style sublime, qui recherche particulièrement les grands effets, la magnificence des expressions, la profondeur des idées, et dont l'énergie peut aller jusqu'à la véhémence. Cette classification n'est pas aussi arbitraire qu'elle paraît au premier abord ; elle répond à trois groupes de genres littéraires auxquels on peut ramener tous les ouvrages; mais il faut ajoater que les trois styles peuvent se trouver habilement fondus dans le même livre, dans la même page.
Une classification plus oiseuse est cello qui assigne un style particulier à chaque genre littéraire. Voici l'énumération de ces divers tiyles d'après le rang que leur ont assigné les meilleurs traités de rhétorique :
Le style lyrique, pour correspondre à ce qu'on appelait le délire prophétique de l'ode, emploie les termes riches, forts, hardis, les tours singuliers.
Le style épique, sans manifester un enthousiasme aussi vif que eelui de l'ode, est près-
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que aussi élevé et exige de la magnificence, de riches images, d'abondants développements.
Le style tragique doit conserver toujours une grande élévation, puisque les personnages sont d'un caractère et d'un rang élevé.
Le style comique est simple, clair, familier, sans devenir jamais bas et rampant; il se nuance d'expressions vives, fines, délicates; s'il s'élève quelquefois, il n'oublie pas, dans ses plus grandes hardiesses, le sujet auquel il s'applique.
Le style dramatique, en général, se conforme au caractère et a la nature du personnage qui parle.
Le style descriptif brille par l'éclat des tableaux et la richesse des peintures.
Le style didactique a la gravité de l'enseignement et y mêle l'élégance dans les détails.
Le style bucolique, simple, naïf, gracieux, n'a ni faste ni apprêt.
Le style de 1 apologue offre de même la grâce, le naturel et la simplicité.
Le style historique a pour principaux caractères la clarté, la gravité, la noblesse, la précision.
Le style oratoire, très-varié suivant les sujets que l'on traite, a comme qualités fondamentales celles que nous venons de signaler dans le style historique.
Le style épistolaire est surtout distingué par le naturel et doit se conformer à, la nature des lettres écrites.
Ces classifications, qui passaient autrefois pour fondamentales, manquent de justesse; elles sont basées sur le caractère général des genres littéraires, et, suivant que ce genre demande de l'ampleur, de la simplicité, de la précision, de la poésie, le style devra être ample, précis ou poétique. Formuler un tel précepte, ce n'est pas faire une grande découverte, d'autant plus que !e caractère général du genre aura beau être la gravité et la précision, comme dans le genre historique, rien n'empêchera l'historien de s'élever par moments jusqu'à cette haute éloquence qui se traduit par l'ampleur et la richesse du style; rien n'empêchera non plus le poëte tragique, quoique le caractère du style de la tragédie soit l'élévation, de descendre un peu jusqu'à terre, de faire parler ses héros comme tout le monde ; et voilà la classification en déroute. On tenait beaucoup autrefois à ces limites arbitraires des genres; on les déclarait infranchissables. Ainsi Voltaire, dans ses Commentaires sur le théâtre de Corneille, note avec soin certains vers de Cinnn, de Polyeucte ou du Cid et les stigmatise d'un seul mot dédaigneux : vers de comédie I Qu'importe, si ce vers est en situation ?
De plus, ces énumérations,si étendues qu'on les fasse, sont toujours incomplètes; puisqu'il y a autant de styles que de genres littéraires, à celle que nous avons donnée ci-dessus d'après les traités de rhétorique, il faudrait ajouter le style du roman, qui diffère certainement du style de l'histoire ; le style du conte, plus familier et plus simple que celui du roman; le style du pamphlet, de la satire, de la chanson, variétés qui ont chacune leurs qualités propres, la finesse, l'ironie, la malice, la gaieté, et qui cependant peuvent s'élever jusqu'au plus haut style; le style de la polémique, celui de la métaphysique et de la philosophie, celui de la science, différant autant entre eux que des styles précédents. Dire qu'ils demandent de la précision, de la clarté, de l'élégance, c'est ne rien dire du tout, puisque ces qualités sont communes à tous les styles, 11 devrait donc suffire de dire que le style doit être adapté au genre littéraire, scientifique ou philosophique que l'on truite et que la connaissance de ce genre, sans laquelle on ne pourrait écrire, en indique forcément le style.
Il y a encore une autre division des styles qui n'est pas moins abondante et qui, au lieu d'être basée sur la diversité des matières, est tirée des qualités mêmes de chaque style. Nous avons donné dans cet ordre d'idées la véritable division adoptée par les critiques, celle du style simple, du style sublime et du style tempéré. Nous ne suivrons pas les rhéteurs dans les subdivisions infinies qu'ils ont établies, en distinguant les styles naïf, naturel, familier, gracieux, élégant, badin, orné, fleuri, grave, noble, etc. Ce sont là de pures épithètes, propres à qualifier, dans un moment donné, tel ou tel style; mais ce ne sont point des qualités assez nettement tranchées pour différencier ces styles et pour donner lieu à une classification. Nous distinguerons seulement, avant de quitter ce sujet, deux modes de style qui se présentent constamment dans la prose : le style périodique et le style coupé. Dans le- style périodique, les propositions ou les phrases sont liées les unes aux autres, soit par le sens même, soit par des conjonctions. La période, plus favorable à l'harmonie, offre aassi l'avantage de tenir en suspens l'esprit de l'auteur ou du lecteur. Dans le style coupé, toutes les parties sont indépendantes et sans liaison réciproque; il en résulte surtout une grande vivacité, une grande liberté d'allure. V, période.
— Bot. Le style se présente ordinairement comme uue colonne grêle, filiforme, traversée dans toute sa longueur par un canal , parcourue par des vaisseaux très-étroits. Il est dit terminal latéral ou basilaire , suivant
u'il naît du sommet, du côté ou de la base
e l'ovaire ; quelquefois il s'insère sur ce dernier organe, non pas directement, mais par l'intermédiaire d'un disque ou d'un réceptacle de forme diverse ; d'autres fois, il se soude avec le support des étamines ou avec la corolle. Il est simple ou multiple, entier ou divisé au sommet, droit ou diversement courbé ou enroulé, glabre ou velu, nu ou ailé, souvent glanduleux. Sa forme, sa longueur, sa consistance sont aussi très-variables. Enfin, il manque dans beaucoup de plantes, et le stigmate repose alors immédiatement sur l'ovaire.
Le style a une assez grande importance dans la classification ; s'il est régulier ou irrégulier, c'est que la fleur l'est aussi. Le nombre des styles ou des divisions du style est, dans la plupart des cas, en rapport exact avec eelui des loges de l'ovaire. Souvent celui-ci est à plusieurs loges, tandis que le style est simple dans toute sa longueur ; mais on peut alors le considérer comme formé de plusieurs styles étroitement soudés; en effet, si on le coupe transversalement, on voit qu'il est composé d'un nombre de faisceaux égal à celui des loges de l'ovaire. Au reste, le nombre des styles est assez constant dans la plupart des familles végétales, et peut servir a caractériser des groupes très -naturels. Linné s'en est servi pour établir des ordres dans chacune de ses treize premières classes, et aujourd'hui encore on emploie fréquemment les expressions monor/yne, digyne, triffyne,... polygyne, pour désigner les plantes dont les fleurs ont un, deux, trois... ou en général plusieurs styles. Ainsi on trouve un style dans les cypéraeêes, trois dans les polygonées, cinq dans les oxalidées, etc.
Le style ne joue guère qu'un rôle passif dans la fécondation des végétaux; on peut comparer ses fonctions à celles que remplit la tige dans les phénomènes généraux de nutrition. De même que celle-ci est simplement une sorte de canal par lequel la sève arrive aux feuilles, aux bourgeons et aux autres organes, le style ne fait que transmettre à l'ovaire les grains de pollen ou la matière fécondante qui arrive sur le stigmate. Le style n'est pas toujours facile à distinguer de ce dernier, qui s'étend souvent sur sa fuce interne, dite alors sligmatifère. Après la fécondation, le style se flétrit et tombe, du moins dans la plupart des cas. Quelquefois cependant il persiste en tout ou en. partie, ou même prend un nouvel accroissement. C'est ce qu'on observe notamment dans les azalées, les kalamies, les rosages, plusieurs crucifères et ombellifères, et surtout dans les anémones et les clématites, où les styles forment d longues aigrettes plumeuses.
■ — Allus. Uttér. Le »tjle, c'est l'homme, AJ'usion au célèbre aphorisme de Buffon, dans son Discours sur le style .* Le style est de l'homme même ou Le style est l'homme même. Ainsi que nous l'avons expliqué plus haut (v. l'enoycl. style), Buffon n'a pas dit : Le style, c'est l'homme; mais cette proposition se déduit naturellement de celle qu'il a émise. On ne sait même pas au juste quelle forme il lui avait donnée. Il n'y a pas de phrase plus souvent citée que celle-ci et il n'y en a pas sur les termes de laquelle on soit moins d'accord. On lit dans la plupart des éditions, à partir de celle deDidot (1843, in-12) : Le style est de l'homme même. Dans la plupart des éditions anlérieuresi à partir de 1800, la phrase entière avait disparu. La vérité est que, dans le Recueil de l'Académie, Buffon, qui sans doute avait revu lui-même les épreuves, a imprimé : Le style est l'homme même. On trouve aussi cette version dans une édition, sans doute la première de toutes, du Discours prononcé dans l'Académie française, par M. de Buffon, le samedi 25 août 1753 (in-12 de 29 pages). Cette version est peut-être la meilleure ; mais est-ce la vraie? Qui nous représentera le manuscrit autographe de Buffon et la fameuse phrase probablement raturée, surchargée, refaite à plusieurs fois, et finalement arrêtée de la main de l'illustre écrivain ?
Au nombre des révélations intéressantes que renferme la Correspondance inédite et annotée de Buffon, mise au jour en 1860 par son arrière-petit-neveu, se trouve celle-ci, que le Discours sur le style, un des chefsd'œuvre de la langue française, a été composé rapidement. En effet, Bunïon écrit au président de Buffey le 4 juillet 1753 : t Je suis à Montbard jusqu'au 15 d'août, que je retourne à Paris pour ma réception. Je ne sais trop encore ce que je leur dirai; mais il me viendra peut-être quelques inspirations. » Et le 25 août il prononce son immortel discours. Dans le projet qu'il avait communiqué au président de Buffey, et dont M. Nadault de Buffon nous a conservé le texte, ne se trouve pas le mot fameux : Le style est l'homme même, d'où l'on peut conclure qu'il n'a été introduit dans te discours qu'après coup. Cette maxime de Buffon a eu le sort de toutes • les maximes célèbres. La phrase a été discutée, puis altérée.
Quoi qu'il en soit, c'est presque toujours le mot : Le style, c'est l'homme, que l'on attribue à Buffon, et beaucoup plus rarement on cite l'une des deux phrases qu'il a dû écrire : Le style est l'homme même, ou Le style est de l'homme même.
• Buffon a dit : Le style, c'est Uhomme. Le style pourtant ne constitue pas l'homme, il
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ne fait que le révéler; il est une expression, une manifestation de l'homme. L'éducation est plus qu'une expression de l'homme : elle est l'homme même. ■
Le" Père Félix,
• Tant vaut le philosophe, tant vaut la méthode. Donnez la méthode de Descartes à un esprit comme Condillac, croyez -vous qu'il en sortira les Méditations? Buffon a dit : Le style, c'est l'homme; on peut dire dans le même sens : La méthode, c'est le philosophe. >
Pierre Leroux,
• Jamais le mot mis à la mode dans le siècle dernier par le plus littéraire de tous les naturalistes, Le style est l'homme, n'a reçu d'application plus éclatante et plus vraie qu'avec V. Hugo. Le caractère saillant de la pensée de cet écrivain, c'est une prédilection assidue pour les images visibles, pour la partie pittoresque des choses, une préférence constante pour la couleur, à l'exclusion de toutes les autres qualités. •
Gustave Planche.
« Pour peindre Camille Desmoulins, il suffit de rappeler ses indiscrétions ; c'est de lui surtout qu'il est vrai de diie : Le style est l'homme même. Pour moi, je ne le dissimule pas, après le long commerce que j'ai eu avec cet enfant perdu, je me sens disposé à me ranger du côté des indulgents; pour l'honneur de l'humanité, je veux croire à la dernière hypothèse, »
Gbrvjzbz.
« Le langage est la forme ordinaire sous laquelle la pensée se manifeste. Les couleurs qu'il reçoit en passant par la plume d'un écrivain varient suivant ses habitudes , sa sensibilité et son esprit; elles constituent le caractère particulier du style. C'est en ce sens qu'on a dit : Le style est l'homme même, » Dk Latena.
« En 1801, M. Parison n'était pas, comme nous tous, aussi enfant que le siècle qui commençait. Il était né en 1771. Sa bibliothèque avait presque le même âge que lui : je crois vraiment qu'il l'avait commencée au collège. La bibliothèque, c'est l'homme, dit quelque part le docteur Payen, parodiant ainsi un motde Buffon. Celle de M. Parison s'ouvrait à tous ces Jivres préférés dans lesquels les savants et les hommes célèbres mettent leur chiffre, leur nom, leurs armoiries, leur pensée, quelquefois leur génie. »
Cuvillier-Fleury.
« Quelquefois derrière une femme qui écrit, il y a un homme qui l'inspire; les rôles d'Egérie et de N uma sont renversés, et alorâ l'œuvre de la femme trahit une influence masculine; ce qui faisait dire à Mme Delphine de Girardin , parodiant le mot de Buffon : Le style, c'est l'homme. »
Emile Deschanel.
Style (discours sur le), prononcé par Buffon à sa réception à l'Académie française (1753). La proposition de ce discours célèbre, mais peu compris généralement, est celle-ci : < Il n y a que les ouvrages bien écrits qui passeront à la postérité. » Buffon a voulu dire par là que, sans le stylej les idées les plus sublimes ne sont pas de surs garants de l'immortalité, parce que les idées s'enlèvent, se transportent, et gagnent même à être présentées sous une meilleure forme qui souvent fait oublier leur inventeur. Tous les hommes, en effet, ont k peu près le même fonds d'idées sur toute chose, et ce qu'on appelle une idée neuve n'est pas, comme se le persuadent les ignorants, une idée qui n'était encore venue à personne ; c'est au contraire une idée que tout le monde avait en soi confusément, mais que quelqu'un s'est avisé le premier de publier. Ainsi, La Fontaine a fait oublier la plupart de ceux qui lui ont fourni les sujets de ses fables, en se les appropriant par le style ; il n'a rien inventé, et cependant il est original. Rien n'est donc propre à l'homme, rigou reusement parlant,que le style ; d'où cet axiome dans lequel Buffon a résumé tout son discours: «Le style est l'homme même, • axiome souvent cité depuis, mais dans un sens que ne lui donnait pas Buffon. Il n'avait pas voulu dire ici que l'homme se peint dans ses écrits, cette vérité avait déjà été énoncée bien longtemps avant lui, mais que le style seul est de l'homme, à la différence des idées qui n'appartiennent à aucun, mais sont du domaine de tous. Quant aux qualités qui constituent la bonté du style, Buffon rentre dans les préceptes de tous les temps : « Bien écrire, dit-il, c'est à la fois bien penser, bien sentir et bien rendre. ■ Et encore : ■ Le style n'est que l'ordre et le mouvementque l'on met dans ses pensées. • En résumé, le Discours sur le style renferme une suite de conseils particuliers donnés aux écrivains qui aspirent à se survivre. » Ne vous fiez pas, leur dit-il, à la beauté de vos idées, à leur sublimité même ; songez, à bien écrire ; il n'y a que les ouvrages bien écrits qui passeront à la postérité. •
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> Parmi tant da discours académiques, dont plusieurs sont d'excellents modèles, un seul, dit M. Nisard, a l'autorité d'un ouvrage d'enseignement; c'est le Discours de Buffon sur le style. Il le doit, à l'excellence des préceptes, résumés dans la fameuse maxime, qui pourrait en être l'épigraphe : « Le style est l'homme même. •
D'autres maximes très-belles, le vers de ■ Boileau :
Le vers se sent toujours des bassesses du cœur,
et la phrase de Vauvenargues : « Les grandes pensées viennent du cœur, » nous avaient indiqué d'où vient le meilleur de nos écrits. La maxime de Buffbn nous mène à la source même du style : « Le style, c'est l'homme. Où il y a un homme, il y a un style. Cherchons donc l'homme en nous ; défendons-nous de tout ce qui nous écarte de nous ; démêlons notre raison de notre humeur; n'ayons pas la vanité de ce qui nous vient d'emprunt, mais sachons estimer ce que nous avons en propre ; tous ces conseils sont dans la maxime de Buffon. •
« Partant, dit Phitarète Chasles, de la doctrine platonicienne de l'unité et de l'harmonie de l'être, de la force motrice qui réside dans le moi, que l'on appellera âme si l'on veut, et d'où rayonnent, comme d'un foyer central, toute volonté, toute puissance, tout art, toute expression et tout style, Buffon établit cette vérité lumineuse qu'il ne faut pas entendre par style la draperie extérieure jetée sur les idées pour les orner ou lej voiler, mais bien l'idée même, l'idée une et vivante se manifestant au dehors en sa propre naïve forme. C'est la vraie et la seule théorie du style. Buffon n'attaquait pas seulement les fanatiques d'irrégularité, d'inspiration fébrile et de dithyrambe sentimental, mais tout un groupe scientifique, ennemi de l'art, faisant bon marché de la forme et du style, n'estimant que le fait, l'invention, la découverte, l'expérience, la manipulation, le mécanisme, la science en un mot; groupe qui n'a pas diminué, faibli ou reculé depuis cette époque, et que Buffon plus que personne était en droit de combattre. Aussi dans ce beau discours ne se fait-il pas faute de réfuter des doctrines alors nouvelles; il démontre dans le plus noble style que les besoins et les plaisirs de l'humanité sont servis par les observations et les découvertes des générations successives; que ces victoires remportées sur la nature sont le développement nécessaire de l'ordre naturel des choses; que ce qui appartientaux masses n'appartient à personne; que, pour trouver l'empreinte souveraine du génie humain, il faut la chercher, non dans l'œuvre collective des abeilles humaines, mais dans l'œuvre particulière des individus divinement doués, Platon, Phidias ou Virgile. Au genre humain, le trésor utile des faits acquis ; à l'homme de génie, le style et la forme idéale qui les consacrent. De là cette supériorité incontestée des ouvrages bien écrits. >
Siyiea (les), poëme didactique en quatre chants, par Cournand (1781). Ce poète, qui écrit un ouvrare en vers sur les différents styles, regarda le style poétique comme quelque chose d'indépendant de la pensée. Il semble qu'un auteur ait à sa disposition quatre habits, quatre vêtements de métaphores : le style simple, le style gracieux, le style sublime et le style sombre. Il est à remarquer que ce disciple de Delille fait grand cas, au moins dans ses rimes, de la nature. On se demande pourquoi il n'a pas fait autant de styles du doux, du fier, du brillant, du tendre. M. Nisard, qui est académicien, a bien découvert dans la littérature du grand siècle le fin et le pensé/... Assurément, il n'y a pas assez de genres pour notre plaisir ; mais pour notre bonheur il y en a trop, puisque tous ces genres sont entre écrivains des sources de discorde. L'auteur des Styles ne sait pas au juste à quelles formes particulières, à quels poëines s'appliquent les quatre genres chantes par sa Muse; mais, sur un point difficile, il instruit le lecteur à merveille, en révélant que Young est le principal modèle du style sombre. Il se tient constamment à côté de son sujet; il passe des éloges aux tableaux et des tableaux aux éloges : tableau de l'âge d'or, éloge du bon vieux temps et de la simplicité antique, éloge de Kontenelle et de Gessner ; description de Chantilly; éloges de l'Arioste, de Virgile, de Milton, du Tas^e, de Camoëns, d'Homère, de Voltaire, de Corneille, de Racine, et enfui tableaux lugubres des malheurs de l'humanité. L'auteur demande un désert pour pleurer. Son poème est un monument de décadence littéraire. Au lieu de l'inspiration personnelle, du sentiment vrai qui trouve de lui-même son expression poétique, on n'y reconnaît que prose enluminée, idées étroites, fausse sensibilité, goût de convention, horreur du mot propre, savoir insuffisant; bref, ce poëine est un chef-d'œuvre du genre médiocre et ennuyeux.
STYLÉ,. ÉE adj. (sti-lé — rail, style). Hist. nat. Muni d'un style : Ovaire style.
STYLÉ, ÉE (sti-lé) part, passé dit v. Styler. Dressé, formé, préparé : Voilà un drôle qui n'est pas encore stylh ; mata Cela viendra avec an peu d'exercice. (Brueys.) La chasse suppose des hommes, des chevaux, des chiens, tous exercés, stylés, dressés, concourant au même but. (Bull.)
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Lui, cependant, stylé parfaitement, Bien convaincu du néant de sa gloire.
Se rengorgeait toujours dévotement.
Gresset.
STYLÉPHORE s. m. (sti-lé-fo-re — du gr. stulos, stylet; phoros, qui porte). Ichthyol. Genre de poissons acanthoptérygiens, de la famille des ténioïdes, dont l'espace type habite le golfe du Mexique.
STYIÉPHORIN, 1NE adj. (sti-lô-fo-rain, i-ne — rad. styléphore). Ichthyol. Qui ressemble ou qui se rapporte au styléphore.
— s. m. pi. Groupe de poissons acanthoptérygiens, de la famille des ténioïdes, ayant pour type le genre styléphore. Il Quelquesuns disent styléphorines s. f. pi.
STYLER v. a, ou tr. (sti-lé — rad. style). Former, dresser, habituer : Styler un nouveau domestique aux habitudes de la maison. On n'a nul besoin de styler les femmes; elles naissent rusées et diplomates comme un congrès. (Meynard.)
STYLÉSIE s. f. (sti-lé-zî — du gr. stulos, style). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des sénécionées, comprenant plusieurs espèces qui croissent au Chili.
STYLET s. m. (sti-lè — dimin. de style). Sorte de poignard, dont la lame est très-menue et ordinairement quadrangulaire ou triangulaire : Il fut assassiné à coups de stylet. (Acad.) Le stylet est l'arme des esclaves; l'homme libre provoque son ennemi. (Ch. Nod.J
A prix d'or, j'aurais dû
Me défaire de lui sous le stylet d'un brave. C. Délavions.
— Chir. Petite tige métallique fine, flexible, terminée a l'une de ses extrémités par un renflement olivaire et dont l'autre est quelquefois percée d'un trou allongé : Le stylet sert à sonder les trajets fistuteux, les plaies par instruments piquants et par armes à feu et à passer des mèches, des sétons, etc.
— Bot. Chaquo division d'un style multiple ou multitide.
STYLEUX, EOSE adj. (sti-leu, eu-zo — rad. style). Bot. Qui a un style très-long, il Peu usité.
— Zool. Qui a le corps long et fort grêle : Txnia styleux.
STYLIDÉ, ÉE adj. (sti-li-dè). Bot. V. stylidiê.
STYL1DIACÉ, ÉE adj. (sti-lidi-a-sé). Bot. Syn. du stylidié.
STYLIDIE S. f. (sti-li-dl — du gr. stulos, stylet; idea, forme). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des pupipares, tribu des coriacées, dont l'unique espèce est exotique.
STYLIDIÉ, ÉE adj. (sti-li-di-é — rad. stylidier). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au stylidier.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre stylidier.
— Encycl. Les stylidiées sont des plantes annuelles ou vivaces, quelquefois des sousarbrisseaux, à tiges tantôt raccourcies et contractées, tantôt allongées en forme de hampe et, dans ce dernier cas, couvertes de feuilles rapprochées et serrées, alternes, plus rarement vertieillées, simples, entières et dépourvues de stipules. Les fleurs, réunies en épis, en grappes ou en corymiies axilîuires ou terminaux, accompagnés de bractées, présentent un calice tubuleux, à limbe partagé ordinairement en cinq divisions groupées en deux lèvres : deux à la supérieure, trois à l'inférieure ; la corolle partagée en un nombre égal de divisions alternant avec celles du calice, inégales, quatre plus grandes, rapprochées ou même soudées en partie deux à deux, la cinquième plus petite et déje'.ée en forme de labelle; deux étamines, à filets insérés sur un disque glanduleux hypogyne, aicolès au style et formant avec lui une colonne libre ou soudée avec le tube de la corolle; un ovaire adhérent, à deux loges pluriovulêes. Le fruit est une capsule a une ou deux loges, s'ouvrant ordinairement en deux valves et renfermant plusieurs graines petites, arrondies, à tégument lisse ou strié, à embryon petit et entouré d'un albumen épais et charnu.
Cette petite famille, qui a des affinités avec les campanulacées et les lobéliaeées, comprend les genres stylidier, forslère et leuwenhookie, qui ont été subdivisés à leur tour en plusieurs autres. La plupart des stylidiées habitent l'Inde et les régions tempérées de l'Australie. Leurs propriétés sont peu connues. Elles Sécrètent un suc aqueux.
Quelques-unes présentent dans leurs fleurs des phénomènes d'irritabilité assez remarquables; leurs organes sexuels se meuvent par le contact d'un corps étranger. Plusieurs sont cultivées comme végétaux d'agrément; elles exigent sous nos climats la serre chaude ou tempérée.
STYLIDIER s. m. (sti-li-dié — rad. style). Bot. Genre de plantes, type de la famille des stylidiées, comprenant plus de cent espèces,
2ui croissent pour la plupart en Australie : es stylidiers se cultivent en terre de bruyère et dans l'orangerie. (P. Duehartre.)
— Encycl. Les stylidiers sont des plantes herbacées ou des sous-arbrisseaux, à feuil-
tes radicales ramassées, les caulinaires éparses ou verticillées; à fleurs en grappes, en épis ou en corymbes, auxquelles succèdent des capsules à deux loges, dont la cloison est quelquefois incomplète dans le haut. Ce genre comprend plus de cent espèces, qui croissent presque toutes en Australie. Elles sont remarquables par l'irritabilité de leur colonne staminale, qui s'agite dès qu'on la touche avec la pointe d'une aiguille. Quelques-unes sont cultivées dans nos jardins; elles exigent l'orangerie ou la serre tempérée et la terre de bruyère. On les multiplie par semis ou, à défaut de graines, par boutures ou éclats de pied. On remarque surtout le stylidier frutescent, à petites fleurs rosées, en grappe, et le stylidier adné, à Heurs roses, en épi raccourci.
STYL1DIUM s. m. (sti-li-di-omm). Bot. Syn.
de STYLIDIER.
STYLIE s. f. (sti-l! — du gr. stulos, stylet). Entom. Genre d'insectes, de la famille des atliéricères, tribu des muscides, comprenant trois especes, qui habitent la France.
STYLIEN, IENNE adj. (sti-li-ain, i-è-ne — rad. style). Anat. Se dit de muscles qui s'insèrent à l'apophyse styloïde du temporal, et qu'on appelle aussi bouquet de Riolan.
STYLIFORME adj. (sti - li-for-me — de style, et do forme). Hist. nat. Qui a la forme d'un style ou d'un stylet.
STYLIMNE s. m. (sti-li-mne). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des astérées, qui doit être réuni au genre pluchéa.
STYLINAÏDE s. f. {sti-li-na-i-de — du lut. styles, et de nalde). Annél. Syn. de stylaike,
STYLINE s. m. (sti-li-ne — dimin. de style). Zooph. Genre de polypiers phytoïdes, ue la famille des ocellines, dont l'espèce type se trouve dans les mers australes.
— s. f. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, du groupe des troques.
STYLIS s. m, (sti-liss — rad. style). Bot. Syn. de mariée, genre d'alangiées.
STYLISME s. m. (sti-li-stne — rad. style). Litt. Recherche du style, soin extrême que l'on donne à son style.
— Bot. Genre d'arbustes, de la famille des convolvulacées , tribu des convolvulées , formé aux dépens des liserons, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Amérique du Nord.
STYL1SQUE s. in. (sti-li-ske — du gr. stuliskos, petite colonne). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des phyllobides, dont l'espèce type vit au Cap de Bonne-Espérance.
STYLISTE s. m. (sti-li-ste — rad. style). Ecrivain qui soigne beaucoup son style : M. de Séitancourt n'était pas un styliste dans te sens rigoureux du mot. (A. Desplaces.) Mivarol est un styliste; il veut enrichir et renouveler la langue française, (Ste-Beuve.)
— Adjectiv. : Ecrivain styliste.
STYLISTIQUE s. f. { sti-li-sti-ke — rad. style). Théorie du style. Il Peu usité.
STYL1TE s. m. (sti-li-te — du gr. stulos, colonne). Hist. relig. Nom donné à quelques solitaires qui avaient placé leurs cellules au-dessus de portiques ou de colonnades en ruine, ou au sommet d'une colonne isoiée : Il y a eu des stylites, en Orient , jusqu'au xne siècle. (Guizot.)
— Adjectiv. : Siméon Stylite, sur sa colonne, >i était pas plus admirable que Dioyène dans son tonneau. (Peyrat.)
— Encycl. Saint Siméon, dans la première moitié du ve siècle, imagina et embrassa le premier ce genre de vie extravagant, qui lui acquit une éclatante renommée de sainteté. ■ On accourait de tous côtés pour voir cette merveille, dit Théodoret, et ceux qui en avaient été témoins se hâtaient de l'apprendre aux autres. Siméon se trouva bientôt connu, non-seuleinent dans l'étendue de l'empire romain, mais encore chez les Perses, les Mèdes, les Sarrasins, les Ethiopiens et les Scythes. Il était si connu dans Rome avant qu'il vécût sur une colonne, que tous les artisans avaient des petites images de lui qu'ils regardaient comme une protection. Il était révéré jusque dans les cours des plus grands princes. Les empereurs romains lui écrivaient avec respect sur les affaires les plus importantes, et on va jusqu'à dire qu'ils se déguisaient pour venir le visiter. Les rois et les reines de Perse s'informaient avec soin de ses actions et de ses miracles et se tenaient honorés d'avoir quelque part à sa bénédiction. • Sa renommée lui attira tant d'importunités, dit-on, qu'il se décida à se réfugier ail sommet d'une colonne. 11 en habita d'abord une de six coudées de haut; mais, voulant se soustraire à ses admirateurs, il alla loger bientôt sur une colonne haute de douze coudées, puis sur une de vingt-deux, plus tard sur une de trente-deux; enfin, on lui en éleva une de quarante, au sommet de laquelle il finit sa vie. On a conjecturé que la plate-forme de la colonne devait être entourée d'une balustrade pour qu'il pût s'appuyer, car elle n'était pas assez étendue pour qu'il pût se coucher. Rien , d'ailleurs, ne préservait cet acrobate d'uu nouveau genre des in-
STYL
jures de l'air. Quelques disciples lui apportaient sa nourriture qu'il bissait au moyen d'une corde. Cette stupéfiante faconde gagner le paradis causa quelque émoi parmi les moines d'Egypte, qui lancèrent contre Siméon un libelle d'excommunication ; mais ses disciples les calmèrent. Son exemple trouva fort peu d'imitateurs, même à une époque où les saints luttaient d'extravagance dans leur genre de vie. Parmi ceux qui vécurent en stylites, on cite un de ses disciples, nommé Daniel, qui habita une colonne qu'un pont de bois unissait à une église; un autre Siméon, évêque d'Andrinople, qui renonça à son siège, et deux ou trois autres. Quant à l'Occident, le climat y rendait impossible la vie de stylite. Néanmoins, un diacre, nommé Vulfiloni, d'origine lombarde, tenta aussi d'habiter une colonne sur le territoire de Trêves ; mais son évoque lui fit abandonner cette existence. Il avoua qu'en hiver il souffrit terriblement du froid, qui fit tomber les ongles de ses pieds. Ce stylite avait construit sa colonne au sommet d une montagne consacrée à Diane, qui y avait une statue colossale, et il exhortait les curieux qui accouraient pour le voir a abandonner le culte de cette idole. La légende prétend qu'il y réussit et que, en descendant de la colonne, il se mit à leur tête et détruisit la statue de la déesse et son culte.
STYLLAIRE s. f. (sti-lère). Bot. Genre d'algues, de la tribu des diatomées ou bacillariées.
STYLOBASE s. m. (sti-Io-ba-ze — de style, et do base). Bot. Genre d'arbustes, rapporté avec doute à la famille des chrysobalanées et dont l'espèce type croît en Australie.
STYLOBATE s. m. (sti-lo-ba-te — gr. stuloùatés ; de stulos, colonne, et bainô, je m'appuie). Archit, Piédestal ou soubassement qui porte un rang de colonnes.
— Encycl. Le slytobate est un vrai soubassement ou piédestal ayant une base et une corniche. Lf; slytobate d'une colonne se coin-
fiose de la cimaise ou moulure supérieure, de a plinthe ou saillie verticale qui forma le bord inférieur, et enfin du corps même du piédestal. Le socle qui repose sur le plan supérieur du siylabate fait partie de la colonne ; mais le mot stylobate ne désigne pas seulement le piédestal proprement dit; il a une plus grande extensiun et s'applique surtout plus particulièrement a la partie de mur qui, dans certains édifices, sert de piédestal aux colonnes, soit qu'il forme saillie, soit qu'il'demeure isolé de la même façon qu'une balustrade. Dans ce dernier cas, il diffère de celle-ci tout d'abord pur son usage et, en second lieu, en ce qui! n'est point ajouré comme elle. La stylobate est alors , dans l'un et l'autre cas, ce qu'on pourrait appeler un piédestal courant. Il est, comme les piédestaux isolés, composé d'une cimaise et d'une plinthe, plus ou moins décoré et chargé de moulures, selon l'ordre auquel appartient l'architecture du monument.
Les stylobales des colonnes correspondant aux différents ordres d'architecture ont les hauteurs suivantes : pour le dorique grec, 3 modules 8 parties (on sait que le module est égal au rayon d'une colonne de l'ordre) ; pour le toscan, 4 modules là parties; pour le dorique romain, 5 modules 8 parties ; pour l'ionique, 6 modules ; pour le corinthien et le composite, 6 modules 24 parties. Dans les entre-colonnements, les stytobates ont pour longueur d'axe en axe des colonnes : pour l'ordre toscan, 6 modules 16 parties; pour le dorique romain, 7 modules 12 parties; pour l'ionique, 6 modules 18 parties; pour Je corinthien, 0 modules 24 parties ; pour le composite, 6 modules 24 parties. Ou peut remarquer que, dans les ordres corinthien et composite, la longueur est égale à la hauteur et qu'elle est k peu près le cinquième de la hauteur de l'ordre. Dans les portiques, les stytobates ont en longueur : pour l'ordre toscan, 12 modules 18 parties; pour le dorique romain et l'ionique, 15 modules; pour le corinthien et le composite, 16 modules, soit à peu près la moitié de la hauteur de l'ordre.
Dans l'architecture civile et domestique qui ne fait point usage des colonnes, on a conservé le nom de stylobate à la partie de mur du rez de-chaussee qui, parfois, formant une légère saillie couronnée par une moulure ou cimaise, encadre en quelque sorte le pied du bâtiment et ne s'élève pas à plus de l mètre ou l'o,20 du sol, ni à moins de on»,75. Dans la menuiserie de bâtiment, on nomme stylobate une volige placée au pied du mur ou des cloisons et louchant au parquet, de uiéiiie que la plinthe. Elle sert, d'ailleurs, au même usage et elle est posée de la même manière. Seulement, la plinthe est moins large que le stylobate; la première n'a que 0"",io à 0m,l2 de hauteur, et la seconde n'a jamais moins de ûm.ïO à 0"a,22. Mais il arrive parfois que cette boiserie est beaucoup plus large et qu'elle s'élève jusqu'à hauteur d'appui, c'est-à-dire à oa>,75 ou 0m,80 environ du parquet. Elle est alors presque toujours garnie d'une plinthe en saillie parle bas et d'une cimaise au bord supérieur. Cette cimaise est formée de moulures plus ou moins amples, plus ou moins dues et plus ou moins saillantes, suivant le style architectural de l'appartement. Dans la plupart des cas, le stylobate est alors composé de panneaux réguliers et
égaux qui se détachent da reste de la boiserie, tantôt en saillie, tantôt en creux, et méim parfois ne sont indiqués que par des moulures appliquées sur la face apparente des ais , de manièie a former un dessin régulier et à simuler des tableaux. Enfin, quand on vent enrichir la décoration générait! de l'appartement, on embellit ces panneaux à l'aide de l'ornement connu sous Je nom de parchemin, imitant, en effet, une feuille de parchemin pliée par le milieu et enroulée sur les bords. Quelquefois, dans les grands lambris, tels que ceux des salles à manger, on donne an s/ylobate une très -grande hauteur en lui faisant jouer le même rôle qu'un piédestal continu ; on décore alors les panneaux dont il est composé de peintures, ou plus simplement de compartiments, de caissons peu saillants et de rosaces, etc.
STYLOCÉRAS s. m. (sti-Io-sé-rass — du gr. stulos, style; keras, corne). Bot. Genre d'arbres, île la famille des euphorbiacées, comprenant des espèces qui croissent dans l'Amérique tropicale.
STYLO-CÉRATO-HYOÏDIEN, IENNB adj.
(sti-lo-sé-ra-to-i-o-i-di-ain, iè-ne — tlugr. slujos, style; keras, corne, et de hyoïdien). Anut. Se dit du muscle stylo-hyoïdien, qui s'étend de l'apophyse styloïde à la grande corne de l'os hyoïde.
— Substantiv. : Le stylo -cérato- hyoïdien.
STYLOCÈRE s. m. (sti-lo-sè-re — du gr.
siulos, colonne; fteras, corne). Mamm. Section du genre antilope.
STYLOCHÉTON s. m, {sti-lo-ké-ton — du gr. stulos, style ; c/taité, soie). Bot. Genre de plantes, de la famille des aroïdées, dont l'espèce type croît dans la Sénégambie.
STYLOCHUS s. m. (sti-lo-kuss — du gr.
stulos, stylet; ochos, qui peut contenir). Helin i ti th. Genre de vers, du groupe des planaires.
STYLOCLINE s. m. (sti-lo-kli-ne — du gr, stulos, colonne, style ; klinê, lit, réceptacle). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des astérée3, dont l'espèce type croit en Californie.
STYLOCORYNE s. ra. (sti-lo-ko-rt-ne — du gr. stulos, style; koruné, massue). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des rubiacées, tribu des cinchonées, comprenant une quinzaine d'espèces, qui croissent dans l'Inde.
STYLODE s. m. (sti-lo-de — du gr. stulos, style; eidos, aspect). Bot. Style rudimentaire.
STYLODISQUE s. m. (sti-lo-di-ske — de style, et de disque). Bot. Genre d'arbres, de la famille des euphorbiacées, dont l'espèce type croit dans l'Inde.
STYLOGASTRE s. m. (sti-lo-ga-stre — du gr. stulos, stylet; gastêr, ventre). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, dont l'espèce type vit au Brésii.
STYLOGLOSSE adj. (sti-lo-glo-se — de styloïde, et du gr. glôssa, langue). Anat. Qui est relatif à l'apophyse styloïde et à la langue.
— s. m. Muscle qui va de l'apophyse styoïde aux deux extrémités de la langue.
— Encycl Ce muscle, grêle et cylindroïde, s'insère en haut à l'apophyse styloïde et se divise au niveau du pilier antérieur du voile du palais en deux faisceaux. L'un longe le bord externe de la langue jusqu'à sa pointe, l'autre gagne la base de cet organe en passant à travers les deux portions de l'hyoglosse et se réunit sur la ligne médiane avec celui du côté opposé. Les slyloglosses répondent en dehors aux glandes parotide et sublinguale, au ptérygoïdien externe, au nerf lingual et à la muqueuse de ta langue, en dedans k l'amygdale correspondante, au ligament stylo-hyoïdien et au constricteur supérieur du pharynx. Quand ils se contractent ensemble, ils élargissent la langue en la portant en haut et en arrière. Si l'un d'eux entre seul en action, il attire le bord correspondant de la langue en haut et de son côté.
STYLOGLOSSE s. m. (sti-lo-glo-se — du gr, stulos, style ; glossd, langue). Bot. Syn. de calantbk, genre d'orchidées.
STYLOGRAPHIE s. f. (sti-lo-gra-fî — du gr. stulos, pointe; graphe, je grave). Procédé i lectrotypique inventé, en 1846, par M. Schœler, de Copenhague, et au moyen duquel on obtient des planches gravées en creux, imitant les dessins à la plume et les gravures à l'eau-forte.
STYLOGYNE s. m. (sti-lo-ji-ne — du gr.
tlulos, style ; gunê, femelle). Bot. Genre d'arbres, de la famille des myrsinées, dont l'espèce type croît au Brésil.
STYLO-HYOÏDIEN, IENNE adj. (sti-Io-io-i-di-ain, i-è-ne — des(j/(oïrfe et, de hyoïdien). Anat. Qui est relatif k l'apophyse styloïde et à l'os hyoïde. || Ligament stylo- hyoïdien, Petit faisceau ligamenteux qui s'étend de l'apophyse styloïde aux petites cornes de i'os hyoïde. Il Muselé stylo-hyoïdien, Muscle trèsgrèle qui s'insère tout près du sommet de l'apophyse styloïde et au corps de l'os hyoïde, près de la ligne médiane. Il Nerf stylo- hyoïxtv
dien, Nom donné par Scemmering an second rameau que fournit le facial.
— s. in. Muscle stylo-hyoïdien.
STYLOÏDE adj. (sti-lo-i-de — du gr. stulos, et de eidos, aspect), Anat. Qui a la forme d'un style ou d'un stylet : Apophyses styloïdes.
— Encycl. Ce mot sert en nnatomie à désigner des apophyses très-différentes. L'apophyse styloïde du cubitus est située au côté interne de la tête de cet os et donne attache parson sommet au ligament latéral interne de l'articulation de l'avant-hras avec la main. L'apophyse styloïde du radius, moins longue et beaucoup plus épaisse que la précédente, donne insertion au ligament latéral externe de la même articulation radio-carpienne. L'apophyse styloïde de l'os temporal est trèsgrêle et atteint parfois 2 pouces de longueur. Elle se développe par un point d'ossification distinct et reste quelquefois mobile chez l'homme comme chez les animaux, où elle constitue toujours un os à part, connu sous le nom d'os styloïdien. Elle donne attache aux muscles styloglosse, stylo-hyoïdien, stylo-pharyngien, et au ligament stylo-maxillaire, qui forment ce qu'on appelle en anatomie descriptive le bouquet de Riolan,
STYLOÏDE, ÉE adj. (sti-lo-i-dé — du gr. stulos, style; eidos, aspect). Hist. nat. Qui ressemble k un style.
— Moll. Se dit des coquilles univalves qui sont très-allongées et en forme de style.
STYLOLÉPIS s. m. (sti-lo-lé-pixs — du gr. stulos, style ; lepis, écaille). Bot. Syn. de podolépis, genre de composées.
STYLO-MASTOÏDIEN, IENNE adj. (sti-loma-sto-i-di-ain, iè-ne — de styloïde, et de mastoïdien). Anat. Qui a rapport aux apophyses styloïde etmastoïde. Il Trou stylo-mastoïdien, Orifice inférieur ou externe d'un canal creusé dans l'épaisseur de l'os temporal et appelé aqueduc de Fallope.
STYLO-MAXILLAIRE adj. (sti-lo-ma-ksillè-re — de styloïde, et de maxillaire). Anat. Qui est relatif à l'apophyse styloïde et à la mâchoire : Ligament stylo-maxillaire.
STYLOMÊTRE s. m. (sti-lo-mè-tre — du gr. stutos, colonne ; metron, mesure). Archit. Instrument dont on se sert pour mesurer les colonnes,
STYLOMÉTRIE s. f. (sti-lo-mé-trî — rad.
stylomètre). Archit. Art de mesurer les colonnes.
STYLOMÉTRIQUE adj. (sti-lo-mé-tri-ke — rad. slylomélrie). Archit. Qui a rapport à la stylométrie : Procédé stylométriqub.
STYLONCÈRE s. m. (sti-lon-sè-re — du gr. stulos, style; onkeros, renflé). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croît en Australie.
STYLONYCHIE s. f. (sti-lo-ni-kî — du gr. stulos, stylet; onux, ongle). Infos. Genre d'infusoires, de la famille des oxytrichins, formé aux dépens des kérones, et comprenant plusieurs espèces, qui vivent dans les infusions et dans l'eau des marais.
STYLO-PHARYNGIEN, IENNE adj. (sti-lofa-rain-ji-ain, i-è-ne — de styloïde, et de pharyngien). Anat. Qui a rapport à l'apophyse styloïde et au pharynx.
— s. m. Muscle qui va de l'apophyse styloïde au cartilage thyroïde.
— Encycl. Le stylo-pharyngien est un petit muscle long et grêle, faisant partie du bouquet de Riolan. Il s'insère à la partie supérieure de l'apophyse styloïde. De là, il se porte en bas-, en dedans et en avant, pour s'insérer en s'épanouissant au bord postérieur du cartilage thyroïde. A son origine, ce muscle s'applique à la face externe du constricteur supérieur, passe ensuite entre la face interne du constricteur moyen et l'aponévrose pharyngienne, où il s'épanouit pour se porter à ses insertions. Oblique de bas en haut, de dehors en dedans et d'avant en arrière, ce muscle est tout charnu. Il est élévateur du larynx.
STYLOPHORE s. m. (sti-lo-fo-re — du gr. stulos, stylet; p/ioros, qui porte). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des uthéricères, tribu des muscides, dont l'espèce type habite le Corowandel.
— Zooph. Syn. de styloporb, genre de polypiers.
— Bot. Genre de plantes, de la famille des papavéracées, réuni par plusieurs auteurs aux mèeonopsis, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Amérique du Nord.
STYLOPODE s. m. (sti-lo-po-de — du gr.
stulos, style; pous, pied). Bot.Support du style.
STYLOPORB s. in. (sti-lo-po-re — du gr. stulos, stylet, et de pore). Zooph. Genre de polypiers an thozoaires lamellifères, formé aux dépens des astrées et des madrépores, et comprenant deux espèces, l'une vivante, l'autre fossile.
STYLOPS s. m. (sti-lopss — du gr. stutos, stylet; ops, face). Entom. Genre d'insectes strepsistères, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Angleterre et la France.
— Encycl. Les styiops présentent, comme caractères essentiels : des antennes partagées en deux branches, dont la supérieure
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se divise en trois petits articles ; l'écusson avancé et couvrant l'abdomen, qui est presque cylindrique, rélractile et entièrement charnu; les élytres insérées sur les côtés du prothorax ; les ailes n'ayant que de faibles nervures toutes longitudinales et se reployant en éventail. Le styiops des andrènes, type du genre, est long d'un tiers de centimètre à peine, noir ; il a les pattes brunes, les ailes plus longues que le corps. La larve est molle, presque cylindrique, blanchâtre ; sa tèle est avancée, cornée, cordiforme, un peu aplatie, roussâtre, avec sa partie postérieure noire, un peu concave en dessous. Elle vit sur plusieurs espèces d'andrènes; quand elle va se transformer en nymphe, elle se fixe sous le recouvrement des lames abdominales.
STYLOQOE s. m, (sti-lo-ke). Helminth. V.
STYLOCHUS.
STYLOSANTHE s. m. (sti-lo-zan-te — du gr. stulos, style; onthos, fleur). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des hédysarées, comprenant une vingtaine d'espèces, qui croissent dans les régions tropicales.
STYLOSPORE s. m. (sti-)o spo-re — du H1*- stulos, style, et de spore). Nom donné aux corps reproducteurs de certains champignons.
STYLO-STAPHYLIN, INE adj. (sti-lo-stafi-lnin, i-ne — de styloïde, et de stapliylin). Anat. Qui appartient à l'apophyse styloïde et au voile du palais.
— s. m. Muscle qui s'insère sur l'apophyse styloïde du temporal.
STYLOSTÉGE s. m. {sti-lo-sté-je — du grstutos, style; ttégé, toit). Bot. Capuchon des
apocynées.
STYLOSTÉMONE adj. (sti-lo-sté-mo-ne — du gr. stutos, style; stémân, étamine). Bot. Qui a les étamines insérées sur le pistil.
STYLURE s. m. (sti-Iu-re — du gr. stulos, style ; oura, queue). Bot. Syn. de clématite
et de GRÉVILLÉK.
Sljlu» curiie parliioictiti Fraaciœ, célèbre ouvrage de jurisprudence du xive siècle. V. Du Brueil (Guillaume).
STYMATOSE s. f. (sti-ma-to-ze — du grec sluma, érection ; de stuâ, dresser, élever, d'un radical stu, que Curtius croit retrouver dans le sanscrit sthulas, grand, sthunas, pilier, et dans le lithuanien stulys, tronc d'arbre, et qui est, sans doute, relatif à lu racine sanscrite sthâ, être debout, se tenir debout). Pathol. Hémorragie de l'urètre, accompagnée ■le satyrinsis.
STYMPHALE, ville de la Grèce ancienne, dans le N.-E. de l'Arcadie, sur la route d'Argos a Corinthe et près du lac de même nom. « L'acropole, dit Joanne, occupait un promontoire peu élevé, qui présente des traces innombrables de rues, d'escaliers taillés dans le roc et des restes de temples et de murs polygonaux épars, sans plan et sans liaison. La ville s'étendait au pied de l'acropole, daiw la plaine, souvent recouverte parle lac. Vers l'E., on a les restes d'un temple. » Sur l'emplacement de l'antique Stymphale, s'élève le bourg moderne de Zaraka.
STYMPHALE (lac de). Il est situé dans une plaine aride et désolée, bordée au N. par le inorit Cyllène et au S. par le mont Apélaure. Ce sont ses eaux qui, selon les anciens, vont alimenter la bellesourcedel'Erisonus. I.e lac de Stymphale est célèbre dans la mythologie gréco-romaine par les oiseaux monstrueux auxquels il servait de refuge. Ces oiseaux, dont les ailes, la tête et le bec étaient de fer lançaient des dards meurtriers contre ceux' qui les attaquaient et se nourrissaient de leur cœur. Hercule eut recours k la ruse pour les attirer hors de leur retraite et les extermina à coups de flèches. C'est un de ses douze travaux.
STYMPHALIDE ou STYMPHAL1E, nom de
deux contrées du monde ancien, l'une dans l'Arcadie, où s'élevait la ville de Stymphale, l'autre dans la partie S.-O. de la Macédoine. STYPANORE s. m. (sti-pan-dre — du gr.
stupê, étoupe; aitér, mâle). Bot. Genre de plantes, de la famille des liliacées, comprenant une dizaine d'espèces, qui croissent en Australie.
STYPHARQOE s. m. (sti-far-ke — gr. <■/«pharchos; de stuphê, styphe, et. de arc/ios, chef). Antiq. gr. Celui qui co mandait un styphe.
STYPHE s. m. (sti-fe — gr. stuphê, même sens). Antiq.gr. Subdivision de la phalange.
STYPHÉLIE s. f. (sti-fé-lî — du gr. stuphelos, âpre). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des épacridées, type de la tribu des styphéliées, comprenant une douzaine d'espèces, qui croissent en Australie.
STYPHÉLIE, ÉE (sti-fé-H-é — rad. styphélie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la styphélie.
— s. f. pt. Tribu de la famille des épacridées, ayant pour type le genre styphélie.
STYPHLE s. m. (sti-fle — du gr. stuphlos, raboteux). Entora. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des érirhinides, comprenant plusieurs espèces, qui habitent la France.
STYPHNIQUE.adj. ( sti-fni-ke - du gr.
siuphnos, astringent), Chim. Se dit d'un acide
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qu'on a reconnu être identique avec la trinitrorésorcine. V. résorcine.
. STYPHNOLOBE s. m. (sti-fno-lo-be — .flu gr. stuphnas, astringent; lobos, gousse). Bot. Genre d'arbres, de la famille des légumineuses, tribu des sophorées, dont l'espèce type croît au Japon : Le styphnolobe est remarquable par ta belle verdure de son élégant feuillage. (P. Duehartre.)
— Encycl. Les styphnolobes, confondus autrefois avec les sophoras.s'en distinguent par leur corolle à étendard arrondi et réfléchi, à carène formée de deux pétales libres; par leur style filiforme et incurvé, et surtout par leur gousse ou légume moniliforme, charnu, rempli d'une pulpe acre et astringente, et contenant plusieurs graines ovales et comprimées. Le styphnotobe du Japon, espèce type du genre, est un grand et bel arbre à feuilles imparipennées et à fleurs d'un blanc jaunâtre, disposées en grappes terminales. Son feuillage est élégant, d'une très-belle verdure, et son bois d'excellente qualité; aussi commence-t-il à être répandu dans les jardins, les plantations en ligne et les forêts ; on l'appelle vulgairement sophora du Japon; on cultive aussi dans les parcs une variété à rameaux pendants, appelée sophora pleureur.
STYPHONIE s. f. (sti-fo-nl — du gr. */«phd, je res erre). Bot. Genre d'arbres, de la famille des térébinthacées, comprenant deux espèces, qui croissent sur le littoral de l'Amérique du Nord.
STYPHRE s. m. (sti-fre — du gr.stuphr.os, dur). Entom, Genre d'insectes coléoptères pcntamèies, de la famille des clavicornes, tribu des histéroïdes, dont l'espèce type habite la Russie.
STYPNIORE s. m. (sti-pni-o-re). Bot. Genre de plantes, de la famille des algues.
STYPTIC1TÉ s. f. (sti-pti-si-té — rad. styptique). Méd. Qualité des astringents ou
styptiques.
STYPTIQDE adj. (sti-pti-ke — gr. slyptikos, astringent; de stuphâ, je resserre). Méd. Astringent à un haut degré; qui a la vertu de resserrer : Substance styptique.
— s. m. Remède styptique.
STYR, rivière de l'Europe centrale. Elle prend sa source en Galicie, près de Brody, coule au N.-E., entre dans le gouvernement russe de Volhynie, baigne la ville de Luck, entre ensuite dans le gouvernement de Minsk et se jette dans te Pripet, à 35 kilom. S.-E. de Pinsk, après un cours de 300 kiloin.
STYRACÉ, ÉE adj. (sti-ra-sé — rad. styrax). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au styrax, il On dit aussi styracacé, ee et
STYKACINÉ, ÉE.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre styrax : La famille des styracées n'est point généralement adoptée. (Th. de Berneaud.)
— Encycl. La famille des styracées renferme des arbres et des arbrisseaux à. feuilles alternes, simples, dépourvues de stipules; les fleurs, blanches ou jaunâtres, solitaires ou réunies en grappes axillaires, présentent un calice à cinq divisions (rarement plus ou moins), de longueur variable; une corolle divisée en autant de lobes alternes plus ou moins profonds, et quelquefois offrant h l'intérieur une autre rangée de pétales alternant avec ses lobes ; des étamines en nombre double ou plus considérable, à filets libres, polyadelphes ou monadelphes, insérés à la base du tube de la corolle et alternant avec ses lobes ; un ovaire adhérent en tout ou en partie, divisé en deux à cinq loges pluriovulées, surmonté d'un style simple que termine mi stigmate obtus, divisé en autant de lobes qu'il y a de loges. Le fruit est une baie charnue ou sèche, renfermant un petit nombre de graines, à embryon entouré d'un albumen charnu.
Cette famille, qui a des affinités avec les ébénacées, comprend les genres suivants, groupés en trois tribus. I. Symplocées : symploque, alstonie, barbeiïne, etc. II. Styracées ; aliboufier (styrax), benjoin, épigénie, strigilie, tovéolaire, ptérostyrax, halèsie, ete. III. Pamphiliées : pamphilie. Les styracées croissent dans la région méditerranéenne et dans les parties chaudes de l'Asie et de l'Amérique. Quelques espèces fournissent des matières résineuses et aromatiques, connues sons les noms vulgaires de styrax et de benjoin, et susceptibles de quelques applications en médecine et en parfumerie. Plusieurs d'entre elles sont cultivées dans les jardins d'agrément; quelques-unes peuvent croître en pleine terre; mais la plupart exigent la serre tempérée ou même la serre chaude.
STYRACIFLUE adj. (sti-ra-si-flû — de s'y. rax, et du gr. fluo, je coule). Qui laisse couler du styrax : Liquidambar styraciflub.
STYRACINE s. f. (sti-ra-si-ne — rad. styrax). Chim. Matière cristallisable particulière, que l'on a obtenue en conservant quelque temps de la teinture de styrax.
STYraciné, ÉE adj. (sti-ra-si-né}. Bot.
Syn. de styracÉ, êe.
STYRANDRE s. m. (sti-ran-dre — du gr.
steira, carène; anér, mâle). Bot. Syn. de
SMILACINE.
styrax s. m. (sti-rakss — du gr. sturax,
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nom d'une gomme). Bot. Genra d'arbres et d'arbrisseaux, type de la famille des styraiées, comprenant une cinquantaine d'espè- . i'es, qui croissent dans la zone torride et la zone tempérée du nord : Le styrax officinal porte vulgairement le nom d'aliboujier. (P. Duchartre.) Nous avons vu vn baril de bois de STYJUx. (V. de Bonwre.) I! Styrax d'Amérique, Nom vulgaire du Hquidambar occidental.
— Mat. méd. Substance résineuse et balsamique, extraite du styrax : Le styrax s'applique avec succès sur les contusions, les plaies et les ulcères externes. (V. de Bomare.)
Il Styrax calamité, Résine que l'on obtient par incision ou par un écoulement naturel des fentes ouvertes sur l'écorce des aliboufiers. il Huile volatile de styrax. V. cinnaménk. Il On dit aussi storax; mais ce nom désigne plus particulièrement les baumes solides.
— En c y cl. On distingue trois sortes principales de styrax ou storax.
— Styrax ou Storax blanc. Ce styrax est composé de larmes blanches, opaques, assez volumineuses, molles et réunies en une seule masse par leur adhérence réciproque. Il a une odeur forte, et cependant suave, oui tient à la fois du Hquidambar et de la vanille, une saveur douce, parfumée, finissant par devenir amèré.
— Styrax ou Storax amygdaloïde. Il est en masses sèches, Glissantes, formées de larmes agglutinées. Sa cassure offre, sur un fond brun , des larmes nmygdaloïdes d'un blanc jaunâtre. Son odeur est des plus suaves, analogue à celle de la vanille, plus douce que celle du précédent; sa saveur est douce et parfumée. Ce styrax était appelé autrefois styrax calamité.
— Styrax ou Storax rouge brun. Ce styrax diffère du précédent par un mélange de sciure de bois. Il a une couleur rouge brun, une saveur douce, une odeur très-agréable.
Le styrax est très-employé dans la parfumerie. Il entrait autrefois dans la composition de plusieurs préparations pharmaceutiques.
On réserve plus particulièrement le nom de styrax à une substance d'une consistance de miel, d'un gris brunâtre, opaque, d'une odeur forte et fatigante, d'une saveur aromatique non acre ni désagréable. Four l'obtenir, on fait bouillir l'écorce, préalablement Îiilée, dans l'eau de mer, et on recueille e baume qui vient nager a sa surface.
Comme il contient encore beaucoup d'écorce divisée, on le fond de nouveau dans l'eau de mer et on le passe.
En raison de sa composition chimique, il a été rangé parmi les baumes. D'après l'analyse de M. Simon, le styrax est composé d'huile volatile, de résine, de styracine et d'acide cinnamique.
On l'emploie en médecine comme anticatarrha). Il entre dans la composition de l'onguent de styraxM .aliboofier etLiQuiDAMBAR.
STYREX s. m. (sti-rèkss — du gr. sturax, pointe de dard). Entom. Syn. d'ATHÉRtx, genre d'insectes diptères.
STYRIASJS s. m.(sti-ri-a-ziss).Mo)l.Genre de mollusques brachiopodes, du groupe des térébratules.
STYBIE, en allemand Steiermark, contrée de l'empire d'Autriche, ayant le titre de duché et formant actuellement, avec la Carinthie, un des grands gouvernements de l'empire. Bornée au N. par l'Autriche propre, à l'E. par la Hongrie, au S. par la Croatie et la Carniole et à 1 0. par la Carinthie et le Salzbourg, la Styrie, dont le périmètre est trèssinueux et très-irrégulier, présente une superficie de ££,420 kilom. car. j 1,056,775 hab., dont un tiers de nationalité slave et les autres Allemands. A l'exception de 6,000 protestants, toute la population est catholique. Chef-lieu, Gratz ; villes principales, Bruck et Marbourg, qui, avecGratz, sont les chefslieux des trois cercles en lesquels se subdivise la Styrie. Les neuf dixièmes du sol sont couverts par les Alpes Noriques et leurs ramifications, qui, dans ce pays, prennent le nom d'Alpes Styriennes, De belles vallées, bien arrosées, séparent ces différentes ramifications et forment même, sur certains points, des plaines assez étendues. Ce pays appartient tout entier au bassin du Danube ; ses cours d'eau les plus importants sont : la Steyer, la Drave, la Save, l'Ens, la Mur et la Raal. Parmi ses lacs nombreux, nous citerons ceux de Tœplitz, de Grundel et de Leopolstein. On y trouve aussi plusieurs sources minérales, dont les plus renommées sont celles de Tûffer.d'Einod, de Neuhaus et de Johannisbrunnen. Les richesses minérales de cette contrée sont variées et très-importantes, et leur exploitation constitue la principale branche de l'industrie locale. La valeur annuelle du produit de ses mines s'élève à environ 10 millions de francs. Ses principaux métaux exploités sont le fer, le cuivre, l'argent, le zinc et le cobalt. On compte, en outre, dans cette province : seize verreries, quatre fabriques de porcelaine, de nombreuses tanneries; fonderies, forges, fabriques de produits chimiques, etc. L'industrie agricole ne le cède en rien à l'industrie manufacturière; le sol, bien cultivé, produit des céréales, des vins estimés, de3 fruits, du chanvre, du lin, de la soie, du houblon et des châtaignes. Quelques districts sont bien boisés et très-giboyeux. L'élève du bétail et
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l'éducation des abeilles y sont bien entendues ; enfin, dans les cours d'eau, dont quelques-uns sont navigables, on fait une pèche très-abondante de toutes sortes de poissons. Du temps de la domination romaine, le territoire de la Styrie était divisé en deux parties : la partie orientale était comprise dans la Pannonie, la partie occidentale dans le Norique. Quand les peuplades barbares du Nord et de l'Est envahirent le territoire de l'empire, la Styrie fut successivement occupée par les Ostrogoths, par les Avares et par les Wendes, puis conquise par Cbarlemagne, qui la divisa en plusieurs comtés. Après la mort de l'empereur d'Occident, elle eut à subir les invasions des Bulgares et des Hongrois, qui la dévastèrent pendant les IXe et xe siècles. Néanmoins, les anciens comtés établis par Charlemagne continuèrent d'exister et, là comme partout, les titulaires cherchèrent à se rendre indépendants. Peu à peu les comtes de Trungau devinrent les plus puissants. D'abord margraves de Steier ou Styr, après avoir réuni sous leur pouvoir différentes parties du pays, ils reçurent, en 1180, la dignité ducale. La Styrie échut, en 1192, aux ducs d'Autriche par héritage. En 1278, Rodolphe de Habsbourg en prit possession, et cette province est restée depuis au pouvoir de sa dynastie. Durant les guerres que l'Autriche eut a soutenir aux xv° et xvie siècles contre les Turcs et les Hongrois, la Styrie fut maintes fois dévastée, et, en 1525, une révolte des paysans s'ajouta aux calamités de la guerre étrangère.
STYRING-WENDEL, ancien bourg et commune de France (Moselle), canton de Forbach, arrond. et à ££ kilom. de Sarreguemines, dans le riche bassin houiller de la Sarre, cédé à l'Allemagne en 1871 ; 3,310 hab. Briqueterie , forges avec quatre fourneaux, fours à puddler, produisant annuellement 110,000 quintaux de fonte et 150,000 quintaux de fer et d'acier; 80 fours à coke.
STYRINGOMIE s. f. (sti-rain-go-ml — de slyrex, et du gr. muia, mouche). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des tipulaires.
STYROL s. m. (sti-rol — rad. styrax).
Chim, V. CINNAMÈNK.
STYRONE s. f. (sti-ro-ne — rad. styrax). Chim. Corps eristallisable, qu'on retire de la styracine en la traitant par une lessive de potasse étendue.
STYRYLE s. m. (sti-ri-le — de styrax, et du gr. ùlé). Chim. Carbure d'hydrogène qui existe dans la styracine.
— Encycl. V. Styrylique.
STYRYLIQUE adj. (sti-ri-li-ke — rad. styryle). Chim. Se dit d'un alcool produit par la distillation du einnamate de styryle avec la potasse ou avec la soude.
— Encycl. L'alcool styrylique ou cinnylique C9H'<>0 est l'alcool qui correspond à l'acide cinnamique. Il se produit quand on distille la styracine ou einnamate de styryle C9H9,OC9HTO avec de la potasse ou de la soude. D'après Ramdohr, la distillation doit être faite dans des vases de cuivre, parce que les vases de verre pourraient se rompre à cause des soubresauts occasionnés p:ir la séparation du einnamate alcalin qui se dépose. L'alcool styrylique passe à la distillation avec les vapeurs d'eau et se sépare de l'eau au bout de quelques jours sous la forme de cristaux déliés. Si le temps est chaud, il se sépare quelquefois sous la forme d'une huile qui peut conserver longtemps l'état liquide. Il est quelque peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans une solution saturée de sel marin.
L'alcool styrylique forme de belles aiguilles molles et soyeuses, d'une saveur sucrés et d'une agréable odeur d'hyacinthe. Il fond à 33» et se volatilise sans s'altérer à une température plus haute. Il est modérément soluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool, dans l'éther, dans le styrol et dans les huiles en général, soit fixes, soit volatiles.
L'oxydation lui fait échanger H2 contre O et le convertit en acide cinnamique C9H802. Quand on le verse à l'état de fusion sur du noir de platine, il se convertit presque complètement, au bout de quelques jours, en aldéhyde cinnamique C^IISO ou essence de cannelle. Avec l'acide chromique ou, ce qui revient au même, avec un mélange d'acide sulfurique et de chromât© potassique, il s'échauffe, donne de l'acide cinnamique qui gagne la surface du liquide, et, si 1 on lait bouillir, cet acide s'oxyde à son tour et se transforme en aldéhyde, puis en acide benzoïque. Chauffé avec une solution concentrée de potusse et du peroxyde de plomb, il dégage beaucoup d'aldéhyde benzoïque et le résidu renferme de l'acide cinnamique; le peroxyde de plomb passe en même temps à l'état de protoxyde ou même de métal réduit. Avec la potasse et le sulfure de carbone, il donne un corps qui ressemble au xonthate de potassium. Chauffé avec de l'acide azotique, il se dissout, s'attaque lentement et donne lieu à un dégagement abondant de vapeur nitreuse. En distillant, on obtient de l'acide benzoïque pour résidu et de l'aldéhyde benzoïque dans les portions qui distillent. Si l'on ajouto de l'urée au mélange pour prévenir la formation des vapeurs uitreuses, il se
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forme beaucoup moins d'aldéhyde benzoïque et le résidu renferme comme produit principal de l'acide nitrocinnamique.
— Ethers styryliques. Ce sont les éthera qui résultent de la substitution du st3rryle C9H9 à l'hydrogène typique des acides.
— Acétate de styryle C9H9,OCsH30. Cet éther prend naissance par l'action du chlorure d acétyle sur l'alcool styrylique. Il distille inaltéré,
— Benzoate de styryle C9H9,ÔCHB0. Il se produit de la même manière que l'acétate. II cristallise; mais Une peut pas être distillé sans s'altérer.
— Chlorure de styryle C9H9C1. Lorsqu'on dirige un courant de gazacide chlorhydrique sec sur de l'alcool styrylique cristallisé, ce dernier se liquéfie et se sépare en deux couches. Quand on chauffe le produit à 100», qu'on le lave ensuite avec une lessive de soude étendue et qu'on le dessèche sur du chlorure de calcium, on obtient le chlorure de styryle sous la forme d'une huile d'une légère couleur jaune vineux. Cette huile présente l'odeur de la cannelle et de l'anis; elle reste liquide , même à la température de — 19°, et se décompose lorsqu'on cherche à la distiller soit à l'air libre , soit dans le vide.
Chauffé avec du cyanure potassique, soit dans des tubes scellés, soit à l'air libre et à la température de 100°, it se forme une huile rougeâtre qui se décompose promptement en donnant une masse résineuse et que l'on ne parvient pas à purifier par la distillation.
— Cinnamate de styryle C«H9,OC«H70. Ce corps a été examiné au mot ciknamique (acide), sous la rubrique cinnamate de cinnyle. V. ce mot.
— Cyanure de styryle C»H9,CAz. On obtient ce corps en chauffant à 10ù<>, dans un tube scellé à la lampe, l'iodure de styryle avec une solution alcoolique de cyanure de potassium. Quand on ouvre le tube, on sent une odeur très-distincte de cyanogène, et il se sépare, par le refroidissement, une couche huileuse. Par une addition d'eau, le contenu du tube devient laiteux, et si l'on y verse alors du sel marin, on voit se séparer le cyanure de styryle sous la formé d'une huite jaunâtre , facilement soluble dans l'éther, peu soluble dans l'alcool, insoluble dans l'eau. Chauffé avec la potasse, ce cyanure dégage de l'ammoniaque et se résinitie, mais ne paraît pas fournir d'acide homologue de l'acide cinnamique.
— lodure de styryle C9H9I. Cet iodure se forme par la réaction de l'alcool styrylique et de l'iodure de phosphore. L'action est immédiate., sans qu'il soit nécessaire de chauffer ; l'alcool styrylique fond, et le mélange, quand on le chauffe ensuite, se sépare en deux couches, dont la supérieure consiste en iodure de styryle que l'on décante, qu'on lave avec une lessive alcaline faible et qu'on dessèche enfin sur du chlorure de calcium fo-ndu. C'est un corps plus lourd que l'eau, d'une odeur aromatique, d'une saveur brûlante, qu'on ne peut distiller ni seul ni à l'aide de la vapeur d'eau.
— Oxyde de styryle (C»H9)S0. Ce corps se produit par l'action de l'anhydride borique sur l'hydrate de styryle. Quand on triture ensemble ces deux substances, l'alcool fond d'abord , puis le mélange se solidifie. On chauffe la masse solide à 100» pendant cinq ou six heures dans un tube scellé à la lampe, et, au bout de ce temps, la conversion de l'alcool styrylique en oxyde de styryle est complète. On ouvre alors les tubes et on les débarrasse de l'excès d'anhydride borique et de l'acide borique formé au moyen d'une lessive alcaline faible, avec laquelle on le lave. L'oxyde de styryle est une huile visqueuse d'un jaune tendre, d'une odeur de cannelle, plus lourde que l'eau et décomposée en partie par la distillation.
— Oxyde styryl - éthylique £*h5 i °- On l'obtient en traitant le chlorure de styryle par l'éthylate de sodium. C'est un liquide plus lourd que l'eau, insoluble dans ce liquide, facilement soluble dans l'alcool et dans l'éther. Il peut être distillé ; mais il bout à une température fort élevée.
— Sulfure de styryle (C'9H9)2S. On l'obtient en mêlant une solution alcoolique de chlorure de styryle avec une solution également alcoolique de monosulfure potassique. C'est Une huile jaunâtre, fétide, que l'on ne peut pas distiller.
STYX, le plus célèbre des fleuves des Enfers, qu'il enfermait neuf fois dans ies replis de ses endes noires et fangeuses, comme le dit Virgile au Vie livre de son Enéide, traduit ainsi par Deliile :
Non loin sont ces mortels qui, purs de tous les De leurs propres Tureurs ont été les victimes [crimes, Et, détournant les yeux du céleste flambeau, D'une vie importune ont jeté le fardeau. Qu'ils voudraient bien revivre et revoir la lumière] Recommencer cent fois leur pénible carrière! Vains regrets! Par le Styx neuf fois environnés. L'onde affreuse à jamais les tient emprisonnés.
Dulard a dit de même, dans sa traduction de l'épisode d'Aristée (IVe- livre des Géorgiques de Virgile) :
Orphée, autour de lui, vit ces mânes errants, Jeunes, vieillards, époux, femmes, fllleti, enfants,
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Retenus a jamais dans ce séjour horrible
Que le Styx, aux mortels, aux dieux mêmes terrible
De son onde fangeuse environne neuf fois.
C'est sur les sombres bords du Styx qu'erraient pendant cent années les ombres de ceux qui n'avaient point reçu les honneurs de la sépulture. C'est ainsi que, lorsque Enée deseend aux Enfers accompagné de la Sibylle, l'ombre du pilote Palinure, dont les restes mortels sont encore le jouet des vagues, supplie le héros de lui faire traverser le fleuve fatal :
Téméraire mortel, lui répond la Sibylle,
Où t'égare un désir, un espoir inutile!
De quelle vaine ardeur ton cœur est consumé I
Quoi .'sans l'ordre des dieux,' quoi ! sans être inhumé.
Tu crois franchir le Styx et ses ondes séveresl
Le Destin ne sait pas entendre les prières ;
Cesse de t'en flatter...
L'origine de ce mythe, comme, au reste, celle de tous les mythes religieux, est assez difficile à débrouiller. Suivant Noël, Styx était une fontaine située en Egypte. Ce fut près de ses bords qu'Osis ensevelit les membres de son époux Osiris, que l'assassin Typhon avait cachés et qu'elle parvint à, recueillir. Elle choisit le Styx pour cette sépulture, parce que l'accès en était difficile et que îe sourd murmure de ses eaux inspirait une sombre mélancolie. Cette fontaine conserva longtemps son nom dans la contrée, et Ptolémée en fait mention.
Orphée recueillit la fable ou l'histoire du Styx dans ses ouvrages et l'introduisit dans l'Eofer des Grecs, en donnant son nom par analogie à une source dont l'eau, dit Pausanias, coulait du haut d'un rocher situé sur une montagne elle-même très-élevée et qui faisait partie du mont Chélydorée, en Arcadie, près de la ville de Nonacris, déjà en ruine au temps de Pausanias. a Je n'ai jamais rien vu de si haut, dit cet écrivain (Voyage de l'Arcadie), et du sommet dégoutte sans cesse une eau que les Grecs nomment l'eau de Styx. Cette eau, après s'être frayé une route ii travers une grosse roche fort élevée, tombe dans le fleuve Crathis. Ella était mortelle aux hommes et aux animaux; souvent des chèvres sont mortes pour en avoir bu. Elle dissolvait le fer, le cuivre, le plomb, l'étain, l'ambre, l'argent" et même l'or.» Une autre qualité, que Pausanias a raison d'appeler surprenante, c'est qu'aucun vase, soit de verre, soit de cristal, soit de terre cuite, soit même de marbre, ne pouvait contenir cette eau sans se briser. On ne pouvait la conserver que dans des vases faits de la corne du pied des chevaux ; c'était la seule matière qui offrit une résistance suffisante à son action.
D'après la description qu'en fait Pausanias, on chercherait vainement à trouver le nom de ce liquide, qui dissolvait l'or et n'attaquait point la corne du pied des chevaux ; mais passons. On peut admettre, toutefois, que cette eau eut, dans les temps antiques, quelque vertu particulière qui frappa l'imagination des Grecs, et comme les Latins eurent aussi leur fontaine de Styx, près du lac Averne, tout permet de supposer que ces différentes eaux durent leur dénomination à quelques propriétés physiques, ou peut-être seulement à quelques traditions locales, basées .sur ces propriétés fortement exagérées d'ailleurs. C'est là, sans doute, ce qui a porté les anciens poètes à transformer en fleuve des Enfers dette source qui a perdu aujourd'hui toutes les qualités malfaisantes qu'on lui attribuait autrefois.
» Le fondement de cette fable est peut-être Tusage où furent les Grecs de se servir de l'eau du Styx pour éprouver les coupables, comme les Hébreux employaient les eaux amères et les Celtes l'eau du Rhin pour découvrir les adultères. Peut-être aussi, comme l'eau de la fontaine était extrêmement froide, ceux qui en buvaient inconsidérément prenaient-ils une extinction de voix que la superstition crut devoir attribuer a une violation de serment. Suivant Platon, les ondes du Styx étaient bleuâtres, et les poissons qu'elles contenaient étaient si petits et si décharnés, qu'à peine pouvait-on les apercevoir. Ils étaient noirs, ainsi que tous les reptiles qui séjournaient sur ses bords.
» C'était encore dans les eaux du Styx que les Grecs plaçaient les traîtres et les calomniateurs. Cette idée de plonger dans des marais fangeux les âmes des méchants semble appartenir h tous les peuples idolâtres, et les sauvages de nos jours croient encore que leurs ennemis et les pervers vont habiter après leur mort des lacs éloignés et infects, où ils doivent souffrir mille peines. ■ (Noël.) v
Nous ne voyons pas, pour le dire en passant, que la conception de l'enfer chrétien soit beaucoup plus raisonnable. Dieu merci, les serpents n'y font pas défaut!
Homère est, de tous les anciens poëte3, celui qui a ramené le plus souvent le nom dû Styx dans ses vers, et toujours en y attachant une grande importance, comme dans ce passage où il exprime ainsi le serment que l'ait J unon ;
J'en atteste le ciel, la terre et les Enfers; J'en atteste du Styx l'eau qui tombe sans cesse. Il semble que, en homme qui avait vu les lieux, le poète ait voulu décrire l'eau qui dégoutte continuellement du rocher. Dans un
STYX
' autre endroit, en parlant de ceux qui avaient suivi Guneùs, il parle du fleuve Titaresius, d'où vient peut-être le mot Tartare, et il en parle comme d'un fleuve formé des eaux du Styx. Enfin, quand il représente Minerve se plaignaut à Jupiter et lui rappelant que c'est par elle et par son secours qu'Hercule était sorti si heureusement des travaux que lui avait imposés Eurysthée, il fait du Styx un fleuve qu'il place dans les Enfers, fleuve dont les eaux avaient la vertu singulière de rendre invulnérable celui qui y avait été plongé. C'est ainsi qu'Achille acquit cette merveilleuse propriété, excepté au talon, par où le tenait sa mère en lui faisant prendre ce bain salutaire.
Le mythe ne tarda pas. à s'accentuer davantage encore en se personnifiant et se divinisant, Styx, suivant Hésiode, était une nymphe, une Océanide, le plus respectable de tous les enfants qui durent le jour à l'Océan et à Téthys. Pallas, fils de Creius et d'Eurybie, en devint amoureux et l'épousa. Il la rendit mère de Zélus, de la nymphe Nice, de la Force et de la Victoire. Pausanias dit, au contraire, d'après Epimènide de Crète, dont les écrits sont perdus, que Styx épousa Piras (on ne sait trop, dit-il, qui était Piras) et qu'elle enfanta l'Hydre, Lorsque les Titans déclarèrent la guerre à Jupiter, Styx, qui avait découvert la conjuration au maître de l'Olympe, fut la première a voler à son secours avec tous ses enfants. Styx et sa tille la Victoire secondèrent si puissamment Jupiter, que les Titans furent terrassés, et le maîire des dieux, charmé de ce dévouement, récompensa le service que lui avait rendu Styx en la comblant de bienfaits. < Il prit pour commensaux tous ses enfants, dit Hésiode, et, par la distinction la plus flatteuse, il voulut qu'elle fût le lien sacré des promesses des dieux, et il établit les peines les plus graves contre ceux qui violeraient les serments faits en son nom. ■ De la est venue la légende de ce serment redoutable : Par les eaux du Siyx! que les dieux eux-mêmes ne pouvaient enfreindre impunément. • Quiconque d'entre eux, dit encore Hésiode, s'en est rendu coupable demeure un an sans respiration, sans parole et sans vie; il est étendu sur un lit, dans un engourdissement total, et privé du nectar et de l'ambroisie. A la fin de ce terme, «a punition n'est pas finie; il 'est séparé pour neuf ans encore de. ta compagnie des dieux : il n'est admis ni à leurs assemblées ni à leurs festins, et ce n'est qu'après ce temps qu'il peut rentrer dans tous ses droits, »
C'était Iris qui allait puiser cette eau redoutable dans un vase sur lequel les dieux étendaient une main en prononçant leur serment.
Ce serment par le Styx est souvent mis par les poëtes dans la bouche des dieux et même des héros qu'ils mettent en scène. C'est ainsi que la Sibylle ditaEnée (Enéide, liv, VI), en lui montrant les étangs profonds du Cocyte et les marais du Styx :
Cocyti tlagna alla vides, Stygiamque paludem, Dt cvjus jurare liment et fallere numen. O prince! devant voua sont les ondes fatales, Le Cocyte terrible et le Styx odieux.
Par qui jamais en vain n'osent jurer les dieux.
Au livre XII, Junon fait ce serment redoutable, en parlant de l'intérêt qu'elle porte à Turnus, frère de Juturne :
J'ai voulu, j'en conviens, qu'à son malheureux frère Juturne allât prêter une main tutél&ire; Si cette nymphe osa blesser un demi-dieu. Ce Tut sans mon secours, ce fut sans mon aveu : J'en jure par le Styx, ce neuve inexorable. Aux célestes pouvoirs seul pouvoir redoutable.
Racine a rappelé ce souvenir mythologique
en faisant dire à Thésée, qui vient de vouer
son malheureux fils au courroux du dieu des
mers :
Misérable, tu cours ù. ta perte infaillible ;
Neptune, par le fleuve aux dieux mêmes terrible.
M'a donne sa parole et va l'exécuter;
Un dieu vengeur te suit, tu ne peux l'éviter.
La Fontaine, qui Sait prendre tous les tons avec une merveilleuse facilité, n'a pas craint de placer le serinent des dieux dans la... bouche du renard :
Ce dernier guettait à toute heure Les poules d'un fermier, et, quoique des plus fins, Il n'avait pu donner d'atteinte à la volaille. D'une part l'appétit, de l'autre le danger N'étaient pas au compare un embarras léger. | * Hé quoi ! dit-il, cette canaille
Se moque impunément de moi !
Je vais, je viens, je nie travaille, J'imagine cent tours : le rustre, en paix chez soi, "Vous fait argent de tout, convertit en monnoie Ses chapons, sa poulaille, il en a même au croc, Et moi, maitre passé, quand j'attrape un vieux coq,
Je suis au comble de la joie !
Pourquoi sire Jupin m'a-t-il donc appelé Au métier de renard? Je jure les puissances De l'Olympe et du Slijx, il en sera parlé ! «
Le fameux serment des dieux, jurer par le Styx, a perdu considérablement de sa solennité; il n'a plus cours que dans la Httéra- . ture familière, et par plaisanterie, pour exprimer une promesse à laquelle il serait peu sage de Se confier.
« Vois ce que c'est que de servir des personnes de qualité 1 cela élève l'esprit; les conditions bourgeoises ne fout pas tet effet. —
SUAB
Sans doute, lui répondis-je ; aussi, je veux désormais consacrer mes services à la noblesse. — C'est fort bien dit, s'écria le valet de don Fernand entre deux vins. Il n'appartient pas aux bourgeois de posséder des génies supérieurs comme nous. Allons, messieurs, ajouta-t-il, faisons serment que nous ne servirons jamais ces coquins-là; juronsen par le Styx! Nous lui applaudîmes, et, le verre à la main, nous fîmes tous ce burlesque
serment. »
Le Sage.
« Mais, mon enfant, poursuivis-je, une difficulté m'empêche d'entrer au service d'Arsénié. — Quelle difficulté? me dit Laure. — J'ai juré, lui répliquai-je, de ne plus servir de bourgeois; j'en ai juré par le Styx. Si Jupiter n'osait violer ce serment, jugez si un valet doit le respecter! ■
Le Sage.
— La locution : Plonger, tremper dans le Styx, par allusion à la circonstance de la vie d'Achille que nous avons signalée plus haut, est également restée proverbiale. On rappelle fréquemment en littérature cette invulnérabilité du héros grec pour caractériser la force intellectuelle ou morale que l'on acquiert par des travaux opiniâtres, par des épreuves vaillamment supportées, et qui donnent k l'esprit et au cœur ce ressort indispensable pour exécuter les grandes choses :
■ Je passe a travers la *vie sans en rien sentir. J'ai été plongée dans l'amour comme le héros grec dans le Styx; comme lui, je suis invulnérable. >