X. Marmier
Le grand tableau de M. Verlat, Un froid de chien, est une ingénieuse peinture de l'hiver. La neige couvre la basse-cour; il a fallu casser la glace du réservoir. Les poules grelottent, le chien, presque gelé, lève piteusement la patte; les canards seuls, en indigènes du Nord, barbotent dans l'eau à zéro. Derrière les carreaux de la cuisine, le chat,
SUBA.
richement fourré, contemple avec une satisfaction égoïste la douleur de ses compagnons. Il ronronne philosophiquement les beaux vers de Lucrèce :
Suave, mari magno, lurlantibus xquora ventis, E terra magnum allerius spectare iaborem.