C8H1SM
ou
Les subérates alcalins, ceux des métaux ter-
SUBE
reux, de zinc et de manganèse sont plus ou moins solubles dans l'eau. Les acides forts précipitent l'acide subérique de ses solutions sous la forme d'une poudre blanche. La distillation les décompose en donnant une masse blanche, sublimée, d'acide subérique.
La solution aqueuse de l'acide subérique ne précipite aucun sel métallique, à l'exception de l'acétate neutre de plomb. Saturé par l'ammoniaque, il précipite les chlorures de calcium, de strontium et de baryum, mais seulement après addition d'alcool à la liqueur. Il forme, au contraire, des précipités immédiats dans les solutions des sels d'argent, de mercure, de zinc et d'étain. Le sulfate cuivrique le précipite en vert bleuâtre et le sulfate ferrique en rouge brun.
La composition et les propriétés physiques des comme il suit :
Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate Subérate
neutre de sodium, acide de sodium, de baryum. . . . de strontium . ■ .
de calcium . . . .
de magnésium . .
d'aluminium . . .
de zinc
de manganèse. . .
de manganèse. . .
de cuivre. . : . .
d'argent
de plomb. . . . , de plomb basique.
(C8H«2NaaO*)2,H20.
CSHWNaO*.
C8Hi«Ba"0».
C8Hi2St"04 (C8HiïCa"0*)î,H20.
C8Hi2Mg"OMH20.
' C8H1-2Zn'"0*.' C8HI2Mn"0\3H20.
C8H«Mn"0*.
C8HlîCu"0*,H*0.
C8Hl*Ag20*.
C8II12pb"0*.
C8Hin-'b"0*,2Pb"0.
subérates ont été déterminées par Arppe
Agrégations verruqueuses ou dendritiques.
Touffes d'aiguilles.
Piécipités cristallins.
Agrégations cristallines verruqueuses.
Précipité blanc amorphe.
Précipité lin et grenu.
Epingles cristallines d'un rouge tendre.
Produit par l'ébullition du précédent.
Précipité vert.
Précipité blanc.
Précipité blanc.
Produit par l'ébullition en présence de l'ammoniaque.
— Ethers subériques. Subérate 4'éthyle
On l'obtient en chauffant l'acide subérique avec un mélange d'alcool et d'acide sulfurique OU d'alcool et d'acide chlorhydrique. On peut aussi faire passer un courant d'acide chlorhydrique à travers une solution alcoolique d'acide subérique. C'est un liquide limpide, d'une odeur faible et d'une saveur nauséeuse. Sa densité égale 1,003 à 15°. Il bout sans décomposition à 230° suivant Bromeis, à 260° suivant Laurent. Il est miscible en toutes proportions avec l'alcool etl'éther. La potasse aqueuse l'attaque peu; mais la potasse alcoolique le saponifie rapidement.
L'ammoniaque le convertit en subéramide; le chlore le convertit lentement en subérate dichloréthylique C«H*>C120*.
— Subérate de méthyle C8H12(CH3)Î0*. On le prépare comme le composé éthylique, auquel il ressemble. Sa densité égale 1,014 à 18°. 11 se convertit en subéramide par l'action de l'ammoniaque.
— SUBERAMIDB
C6H1S ) CO.AzII* C H i CO,Azrfî"
C'est une substance blanche, cristalline, qui prend naissance lorsqu'on fait agir le subérate de méthyle sur une solution aqueuse d'ammoniaque ou lorsqu'on dirige un courant de gaz ammoniac à travers une solution alcoolique de subérate d'éthyle.
— Phényl-subéramide ou subéranilide
^CO.AzH^
,AzH,C«HS-
Lorsqu'on fond ensemble des volumes égaux d'aniline et d'acide subérique, il se dégnge de l'eau. On maintient le mélange en fusion pendant quelques minutes à une température voisine de son point d'ébulïition, et l'on y ajoute ensuite son volume d'alcool, qui dissout le tout. Après quelques minutes, la solution se prend en une masse de cristaux. On dissout ceux-ci, après expression, danu une quantité plus grande d'alcool bouillant et on laisse refroidir. La majeure partie de ta subéranilide cristallise alors. On précipite par l'eau ce qui reste en dissolution, l'on filtre et l'on conserve la liqueur filtrée, qui renferme de l'acide subéranilique.
La subéranilide cristallise en lamelle» nacrées dans l'alcool. Elle fond à 183» et se prend par le refroidissement en une masse cristalline. Elle est peu soluble dans l'alcool froid ; mais elle se dissout facilement dans l'alcool bouillant et dans l'éthor.
Soumise à la distillation, elle laisse une petite quantité de charbon et donne une huile qui se solidifie en se refroidissant. Le produit solide cristallise en lamelles nacrées dans l'alcool bouillant. Ces lamelles présentent toutefois, sous le microscope, un état un peu diffèrent de celui des lamelles de subéranilide non distillée et sont arrondies. Chauffée modérément avec de la potasse solide, la subéranilide dégage immédiatement de l'aniline. L'ammoniaque et la potasse aqueuse, même bouillante, ne l'altèrent pas.
— Acide subéramique
C«H«|gg;™.
Ce corps prend naissance lorsqu'on soumet le subérate d'ammonium à la distillation sèche. 11 est fusible et soluble dans l'eau bouillante, d'où il se sépare par le refroidissement île la liqueur. Lorsqu'on le fait bouillir avec du carbonate de baryum et qu'on verse de l'azotate d'argent dans la liqueur filtrée, on obtient un précipité gélatineux qui contient 33 pour 100 d'argent. Ce nombre conduit à la formule C8Hl*AgAz03, laquelle exige 38,57 pour 100 de ce métal.
— Acide phényl-subéramique ou subéranilique
C«H13 | cS;oHH'C6H5 = C"Hl9Az03.
On obtient, comme nous l'avons vu plus haut, un mélange de cet acide et de subéranilide en chauffant ensemble l'aniline sèche avec son volume d'acide subérique fondu. Les liqueurs alcooliques d'où la subéranilide a été précipitée par l'eau renferment en dissolution 1 acide subéranilique. Eu les évaporant jusqu'à élimination de tout l'alcool, on voit cet acide se séparer à la surface sous la forme d'une huile brunâtre qui se solidifie par le refroidissement. On dissout ce corps dans l'ammoniaque bouillante, qui laisse un peu de subéranilide insoluble, et l'on filtre. L'acide chlorhydrique ajouté au liquide filtré en précipite de l'acide subéranilique incolore. Si pendant l'ébullition du liquide on ajoute un léger excès d'acide chlorhydrique, une partie de l'acide subéranilique se sépare à l'état cristallin, tandis qu'une autre partie se sépare sous la forme d'une huile jaune pâle qui Unit aussi par se solidifier.
L'acide subéranilique forme des lamelles microscopiques, irrégulièrement ébréchées.
Il fond à 128° et cristallise par le refroidissement. L'eau froide ne le dissout pas et l'eau chaude le dissout peu ; mais l'éther le dissout avec facilité. Sa solution aqueuse bouillante rougit le tournesol. A la distillation sèche, il donne beaucoup de charbon et une huile qui renferme de l'aniline et qui se solidifie en partie par le refroidissement. Fondu avec de i:i potasse, il donne de l'aniline.
L'acide subéranilique se dissout facilement dans l'ammoniaque chaude. Par le refroidissement, le subéranilate d'ammonium se dépose en petits cristaux grenus dont la solution aqueuse n'est pas colorée par le chlorure de chaux.
Le subéranilate d'ammonium donne, avec le chlorure de baryum, un précipité facilement soluble dans l'eau bouillante, d'où il se sépare en flocons lanugineux par le refroidissement. Avec le chlorure de calcium, il donne un précipité blanc soluble dans l'eau chaude. Il détermine, dans les solutions des sels de plomb, lu formation d'un précipité blanc insoluble dans l'eau. Il précipite les sels ferreux en blanc jaunâtre; les sels cuivriques en bleu léger; l'azotate d'argent eu blanc. Les précipités cuivrique et argentique sont insolubles dans l'eau. Le dernier devient violet par l'exposition à la lumière.
— Aldéhyde subérique. L'aldéhyde subéri' que C8Iil*03 se forme, en même temps que l'acide subérique et l'acide palmitoxylique, par l'action de l'acide azotique fumant sur lucide palmitotique :
2C16H2802 + 70 Acide palmito- Oxy-
lique. gène.
+ C8Hl*0* 4- C8H1403
Acide subé- Aldéhyde subé-
rique. rique.
On extrait du produit l'acide subérique qu'il contient en l'épuisant par l'eau bouillante. On dissout ensuite le résidu dans l'alcool et l'on sépare de la solution d'acide palmitoxylique qui la surnage la couche huileuse inférieure qui se dépose dans la liqueur filtrée et refroidie, et qui est principalement constituée par de l'aldéhyde subérique. On chauffe doucement cette couche huileuse pour en chasser l'alcool et on la distille finalement dans un courant de vapeur d'eau. L'huile qui flotte au-dessus du produit de la distillation est redissoute dans l'alcool, et la solution est évaporée dans le vide. L'aldéhyde subérique reste alors sous la forme d'une huile d'une odeur faible. Elle bout a 202», en subissant une décomposition partielle. Lorsqu'on la
= 0^11280* Acide palmitoxylique.
SUBG
chauffe vivement an rouge sur mie feuille de platine, elle laisse un charbon difficilement combustible. Les agents oxydants, tels que le brome et l'eau, la convertissent en un acide cristallin qui possède l'aspect extérieur et le point de fusion de l'acide subérique.
SUBÉROMALIQUEadj.fsu-bé-ro-ma-li-ke
— de subérique, et de maiique). Chim. Se dit d'un acide homologue de 1 acide maiique, et qui appartient à la série subérique.
— Encycl. V. HOMOTARTRIQUE.
SUBÉRONE s. f. (su-bé-ro-he — du lat,
suber^ liège). Chim. Syn. d'ALDÉHYriE subérique. V. SUBÉRIQUE.
SUBÉROSITÉ S. f. (su-bé-ro-zi-té — rad.
subéreux). Bot. Caractère, nature des tissus subéreux.
SUBÉROTARTRIQUB adj. (su-bé-ro-tartrî-ke — de subérique, et de tar trique). Chim. Se dit d'un acide homologue de l'acide tartrique.
— Encycl. V. homotàrtriwe,
SUBERVIE (Jacques- Gervais, baron), général français, né à Lectoureen 1772, mort à Purenchère (Gironde) en 1856. Il avait vingt ans lorsqu'il s'enrôla pour défendre la patrie en danger. Subervie servit dans les armées des Pyrénées et d'Italie, devint aide de camp de Lannes en 1797, fit la campagne d'Egypte et se fit constamment remarquer par sa valeur. Chef d'escadron en 1803, Subervie combattit à lllm, à Austerlitz, reçut le grade de colonel de chasseurs en 1805, prit part à la campagne de Prusse, puis fut envoyé en Espagne (1808). Il se distingua dans un combat contre ie générai anglais Blake (1810), à la bataille de Sagonte (1811), et obtint cette même année, avec le titre de baron, les épaulettes de général de brigade. Peu après, il rejoignit la grande armée, qu'il suivit en Russie, et reçut une grave blessure à la bataille de la Moskowa. A la tête de sa brigade, il combattit pendant les campagnes de Saxe et de France, se distingua particulièrement à Wethau, Montereau, Champaubert, Brienne, fut de nouveau blessé sous les murs de Paris et reçut, le 3 avril 18U, le grade de général de division. Pendant les Cent-Jours, Subervie se battit à Ligny et commanda h Waterloo l'avant-garde de l'armée. Mis en disponibilité à la seconde rentrée des Bourbons, et à la retraite en 1825, il fut rétabli sur les cadres de l'armée active après la révolution de juillet 1830 et devint successivement commandant delà première division militaire, inspecteur général de cavalerie, membre du comité de l'infanterie et de la cavalerie. En 1831, les électeurs de Lectoure l'envoyèrent a la Chambre des députés, où il siégea jusqu'en 1848, sauf de 1839 à 1842, et rit constamment partie de l'opposition libérale.
Après la révolution du 24 février, il reçut du gouvernement provisoire le portefeuille de la guerre, dont il se démit le 19 mars suivant, et devint alors grand chancelier de la Légion d'honneur. Lors des élections pour la Constituante , Subervie fut élu représentant du peuple dans l'Eure-et-Loir et vota avec les républicains de la nuance du National. Il fit partie, pendantl'insurrection de Juin, du conseil de guerre chargé de préserver l'Assemblée de toute attaque. Louis-Napoléon, devenu président de la République, luienleva la chancellerie de la Légion d'honneur (23 décembre 1848) et lui donna la grand'eroix de l'ordre. Réélu à l'Assemblée législative, il suivit la même ligne politique et vécut dans lu retraite après le coup d'Etat du 2 décembre, qui replongea la France sous le despotisme bonapartiste.
SUBFASCICULÉ , ÉE adj. (su-bfa-si-ku-lé
— du préf. sut, et de fascicule). Hist. nat. Presque réuni en faisceau.
SUBFIBREUX, EUSE adj. (su-bfi-breu, euze — du préf. sub, et de fibreux). Hist. nat. Presque fibreux : Texture subfibreuse.
SUBFILIFORME adj. (su-bti-li-for-me — du préf. sub, et de filiforme). Qui a presque la forme d'un fil.
SUBFOLIACÉ, ÉE adj. (su-bfo-li-a-sé — du préf. sub, et de foliacé). Qui ressemble presque à une feuille.
SUBFOSSILE adj. (su-bfo-si-le — du préf. sub, et de fossile). Qui est presque fossile, qui est imparfaitement fossile.
SUBFUSIFORME adj. (su-bfu-zi-for-me — du prêt", sub, et de fusi forme). Hist. nat. Qui a presque la forme d'un fuseau.
SUBGÉLATINEUX, EUSE adj. (su-bjé-la-tineu, eu-ze — du préf. sub, et ue gélatineux). Qui ressemble presque à de la gelée.
SUBGÉMINÉ, ÉE adj. (su-bjé-mi-né — du préf. sub, et de géminé). Presque accouplé deux k deux.
SUBGEMMIPARE adj. (su-bjèmm-mi-pa-re
— du pref. sui,et de gemmipare). Qui se multiplie par des espèces de bourgeons.
SUBGIBBEUX, EUSE adj. (su-bji-beu, euze — du pref. sub, et de gibbeux). Hist. nat. Qui a une proéminence presque semblable à une bosse.
SUBGLABRE adj. (su-bgla-bie — du préf.
sub, etde$r(aère).Hist. nat.Presque dépourvu de poils.
SUBGLOBULEUX, EUSE adj. (su-bglo-bu-
SUBI
leu, eu-ze — du préf. sub, et de globuleux)- Qui est presque globuleux.
SUBGRANULAIRE adj. (su-bgra-nu-lè-re — du préf. sub , et de granulaire). Légèrement grenu.
SUBGRANULEUX, EUSEadj. (su-bgra-nuleu, eu-ze — du préf. sub, et de granuleux). Formé de grains peu distincts.
SUBGRONDATION s. f. (su-bsron-da-sîon
— rad. subgronde). Ane. chir. Enfoncement des os du crâne.
SUBGRONDE s. f. (su-bgron-de — lat.suôgrondium; de sub, sous, et de grunda, rigole d'un toit). Constr. Saillie au bas d'une couverture, servant à rejeter loin du mur les eaux pluviales.
SUBHASTATION s. f. (su-ba-sta-si-on — lat. subhastatio; de subhastare, subhaster). Vente k l'encan. Il Vieux mot,
SUBHASTÉ, ÉE ailj. (su-bu-sté — du préf. sub, et de hasté). Qui ressemble presque à une lance.
SUBHASTER v. a. ou tr. (su-ba-sté — lat. subhastare ; de sub, sous, et de hasta, lance). Vendre à l'encan, ce qui se faisait, chez les Romains , après avoir enfoncé une lance en terre, à l'endroit où la vente devait avoir lieu. Il Vieux mot.
SUBHÉMISPHÉRIQUE adj. (su-bé-mi-sféri-ke — du préf. sub, et de hémisphérique). Presque hémisphérique.
SUBHÉTÉROMÉRIEN, IENNE adj. (su-bé" té-ro-mé-ri-ain, i-è-ne — du préf. sub, et du gr. heteros, différent; tneris, partie). Annél. Nomdonnéauxannélides qui ont les anneaux du corps peu différents entre eux, comme les arénicoles.
SUBHOMOMÈRE adj. (su-bo-mo-mè-re — du préf. sub, et du gr. homos, semblable, meros, partie). Zool. Formé d'anneaux presque semblables.
SUBHUPPÉ, ÉE adj. (sub-bu-pê — du préf. sub, et de huppé). Zool. Qui a une très-petite huppe, ou un semblant de huppe.
SUB1ACO, en latin Sublaqueum, ville du royaume d'Italie, anciens Etats de l'Eglise, à 50 kilom. E. de Rome, près de la rive droite du Teverone ; 6,000 hab. On y voit une abbaye, qui fut la première que fonda saint Benoîtde Nursia ; les restes d'une villa de Néron ; une belle église dédiée à saint André et bâtie par Pie VI, un arc de triomphe en l'honneur de Pie VII, et le monastère de Sainte-Scholastique d'où sortirent les premiers livres imprimés en Italie.
SUBICHTHYEN, YENNE adj. ( su-bi-ktiiain, iè-ne — du préf. sub, et du gr. ichthus, poisson). Zool. Qui ressemble à un poisson : Beptiles SUBICHTHYENS.
SUBICULE s. m. (su-bi-ku-le — dimin. du lat. subex, estrade). Bot. Blanc de champignon. Il Thalle crustacé de quelques lichens.
SUB1MBRICABLE adj. (su-bain-hri-ka-ble
— du préf. sub, et de imbriqué). Bot. Se dit des feuilles qui, appliquées l'une contre l'autre par leur face inférieure, embrassent la tige entre elles.
SUBIMBRIQUÉ, ÉE adj. (su-bain-bri-ké — du préf. sub, et de imbriqué). Zool. Qui a des écailles presque imbriquées.
SUBINÉGAL, ALE adj. (su-bi-né-gal , a-le
— du préf. sub, et de inégal). Un peu inégal. SUBINÉQUILATÉRAL, ALE adj. (su-bi-né-
kui-la-té-ral, a-le — du préf. sub, et de inéquilatéral). Dont les côtés sont un peu inégaux ou dissemblables.
SUBINFÉRIEUR, EURE adj. (su-bain-fé-rieur, eu-re — du préf. sub, et de inférieur). Placé un peu en dessous.
SUBINFLAMMATION s. f. (su-bain -fla-masi-on — du préf. sub, et de inflammation), Pathol. Engorgement particulier des tissus, des glandes, des ganglions lymphatiques, sans accroissement de chaleur, sans appel appréciable du sang, et avec peu ou point de douleur.
— Encycl. La subinflammation ou l'irritation subinflammatoire, quoique pouvant survenir chez tous les individus, s'observe plus particulièrement chez ceux dont la constitution est particulièrement lymphatique; aussi est-ce chez les femmes et les enfants qu'on la rencontre le plus fréquemment primitive. Trois ordres de causes peu vent la. produire : elle peut naître sous l'influence de toutes les causes ordinaires d'irritation, elle succède souvent à des inflammations chroniques dans lesquelles la chaleur et l'injection sanguine ont graduellement disparu, enfin elle se développe fréquemment sous l'influence du froid humide prolongé et d'une alimentation trop peu excitante. La manière d'agir des deux premiers ordres de causes se conçoit aisément, mais il n'est pas aussi facile d'expliquer l'action des dernières. Tout ce que l'on peut dire de plus satisfaisant, c'est qu'elles appauvrissent le système sanguin, donnent une grande prédominance au système lymphatique, et rendent de la sorte les engorgements blancs plus faciles. La subinflammation est rarement aiguë, elle se montre presque toujours à l'observateur sous forme chronique et continue. En général, peu de douleur et peu de chaleur l'accompagnent, et rarement elle provoque
SUBI
des complications par sympathie. L'indolence la tuméfaction, l'induration et la coloration blanche des tissus, la lenteur dans le développement et la marche vers la guéridon ou la désorganisation, enfin l'absence presque toujours complète de phénomènes sympathiques, en forment les caractères principaux. On ignore si la subinflammation peut se terminer pardèlitescence ; et, à en juger par la nature même de ce mode d'irritation , il ne parait pas qu il soit susceptible de se terminer de la sorte, mais la subinflammation peut offrir tous les autres modes de terminaison eue présente l'inflammation ; comme celle-ci elle peut donc se résoudre, suppurer, s'uloérer, ou se terminer par la gangrène. Il faut convenir que tous ces caractères lui donnent avec l'inflammation un degré d'analogie qui justifie presque l'opinion des médecins qui pensent qu'elle ne constitue pas un état morbide particulier. Mais enfin il ne nous parait pas possible de considérer comme des inflammations l'engorgement des ganglions inguinaux à l'occasion d'une blessure au pied, celui des ganglions de l'aisselle sous l'influence d'un panaris, celui des ganglions du col par l'effet d'un vésicatoireàla nuque, etc. La résolution est lente dans la subinflammation ; c'en est toutefois le mode de terminaison le plus favorable. L'induration, par laquelle on la voit fréquemment se terminer, serait un état peu grave s'il restait stationnaire, comme cela arrive quelquefois; mais le plus ordinairement l'influinination vient tôt ou tard s'emparer du tissu subenflammé et induré ; la suppuration s'y établit, et ce mode de terminaison peut alors devenir funeste si l'organe affecté est important. Quant à la gangrène, ce n'est que secondairement qu'elle termine quelquefois la subinflammation; il faut toujours, pour qu'elle ait heu dans ce cas , qu une inflammation violente se soit emparée do la partie subenflummee ; à la rigueur ce n'est donc pas un mode de terminaison de la subinflammation. C'est dans les ganglions lymphatiques que la subinflammation se montre le plus Irèquente , elle y est plus ordinaire que l'inflammation; cela lient au peu de vitalité de ces organes, à la nature des fluides qui les traversent, et à leur éloignement surtout de toutes les causes générales d'excitation. En effet, protégés par la peau contre les agents extérieurs ou placés dans la profondeur de certaines parties, ces organes ne reçoivent presque jamais directement l'influence des causes irriiantes, elle leur est presque toujours transmise par intermédiaire. C'est ainsi que les ganglions du mésentère et ceux qui entourent les bronches ne s'irritent en général que sous l'influence de la stimulation des membranes muqueuses intestinale et bronchique, et ceux du cou, des aisselles et des aines, que par l'effet de l'excitation de la peau ou des parties voisines. Ce n'est donc que dans les cas d'absorption d'un virus par les radicules lymphatiques que l'action de l'agent inorbiflque est immédiate, et c'est seulement alors aussi qu'on les voit devenir le siège d'inflammation violente ou de gangrène rapide. Mais, en général, les ganglions lymphatiquesse gonflentlentement,s'ôchauffent à peine, et restent longtemps sans occasionner de douleur. On observe aussi des exemples de subinflammation dans le tissu cellulaire, à la peau, etc. ; elle revêt partout les mêmes caractères d'indolence et d'absence d'injection sanguine. On peut considéier comme appartenant k cette classe de maladies : le selérème,réléphantiasis des Grecs, l'engorgement des ganglions lymphatiques, les tannes, ta lèpre et toutes ses variétés, J'albugo, lenépliélion et la cataracte. Il n'est pas possible de poser des bases générales de traitement pour la subinflammati07i ; il diffère dans chaque subinflammation en particulier. Tout ce qu'on peut dire, c'est que les autiphlogistiques et surtoutlesévacuations sanguines ont peu ou point d'action contre ces maladies. Elles diffèrent donc encore eu cela des inflammations; c'est une raison de plus poux- ne pas les confondre avec elles.
SUBINFLAMMATOIRE adj. (su-baiu-flaroa-toi-re — du préf. sub, et de inflammatoire). Pathol. Légèrement inflammatoire.
SUBINFUNDIBULIFORME adj. ( su-bainfon-di-bu-li-for-me — du pref. sub, et de infundibutiforme). llist. nat. Qui approche de la forme d'un entonnoir.
SUBINTÉGRIFOLIÉ, ÉE adj. (su-buin-tégri-fo-li-é — du préf. sub, et de intégrifolié). Bot. Qui a des feuilles presque entières.
SUBINTRANT, ANTE adj, (su-bain-tran, an-te — du préf. sub, et du lat. inirans, entram). Pathol. Se dit d'un mal dont les accès commencent avant que les accès précédents soient terminés : Fièvre subintrantë.
SUBINVERSIBLE adj. (su-bain-vèr-si-ble — du préf. sub, et de inversible). Bot. Sa dit des feuilles divisées vers le sommet de la tige, et qui peuvent s appliquer face à face par leur partie inférieure.
SUBIR v. a. ou tr. (su-bic — lat. subire; de sub, sous, et de ire, aller, par allusion au joug sous lequel se mettent les bœufs. Subire, eu latin, est une expression elliptique pour ire sub jùgo, aller sous le joug). Souffrir, supporter, endurer, être soumis aux inconvénients de : Subir le joug. Subir la mort. Subir des tortures. Subir le dernier supplice. Subir ta question. Les Arabes, défendus par leurs déserts et par leur courage, «'ont jamais
SUBI
subi le joug étranger. (Volt.) Il y a plus d'un obstacle à vaincre et plus d'un regret à dévorer sur le chemin de la vie, comme plus d'un outrage à subir sur celui du triomphe. ( On. Nod.) La guerre est toujours la plus grande des perturbations que puisse subik un peuple dam son industrie. (F. Bastiat.) Mon corps peut subir le joug ; mon imagination ne te subit pas, (S. de Sacy.j Jamais l'homme ne subit volontairement le joug de l'homme. (Lainenn.) La plus dure servitude que les masses populaires subissent est celle de la misère. (Mieh. Chev.) L'homme qui veut exercer une influence sur les autres subit nécessairement celle des autres. (E. R*nan.)
Rappeler un affront, c'est le subir deux fois. C. Delavione.
Va subir du public les jugements fantasques,
D'une cabale aveugle essuyer lt-B bourrasques,
Pieion.
Il Accepter malgré soi, se soumettre, se résigner à : Je te subis plutôt que je ne l'accepte. De toutes les nécessités à subir, celle de iincapacité est la plus insupportable. (Chateaub.) Il est des nouvernements que les peuples ne devraient jamais subir. (De Custine.) La liberté a ses ennuis qu'il faut subir, pour jouir de ses bienfaits. (Guizot.) Il faut que les peuples avilis subissent leur destinée. (Guizot.) Nous sommes terre, force nous est de subir tes conditions terrestres. (Mme Guizot.) Le publie français subit certaines renommées, rien que pour se donner le plaisir de les trouver comiques. (T. Delord.)
Mortelle, subissez le sort d'une mortelle
Racine.
On doit subir la loi qu'on ne peut corriger.
Voltaire.
— Eprouver, expérimenter, être sujet à : Subir un changement, une modification. L'œil du rorqual admet des 7-ayons qui n'ont pas subi de réfraction. (Lacôp.) Aussitôt qu'une révolution s'opère dans l'état de la race humaine, la religion subit un changement analogue. (B. Const.) De nombreuses traditions nous apprennent qu'à une époque antéhistorique la Grèce A subi l'influence des civilisateurs de l'Asie Mineure et de la Phénicie. (C. Renouvier.) Il n'est personne qui, le voulant ou non, ne subisse à quelque degré l'influence du progrès commun. (Lamenn.) Les capitaux, comme toute espèce de marchandises, subissent les oscillations du crédit. (Proudh.).£> travail subit partout et sous toutes tes formes la toi du capital. (Vacherot.) On a beau dédaigner la philosophie ou s'en défier, tôt ou tard il faut ta subir. (J. Simon.) Rien ne prouve que la flore du globe ait eubi des rénovations totales. (Maury.)
Le temps, dont je subis les lois.
Sur ma lyre a glacé mes doigts,
Voltaire.
Il Etre soumis à, soutenir l'épreuve de ; Subir un examen. Subir un interrogatoire. Cette constitution a subi l'épreuve du temps. Nous faisons SUBIR une longue quarantaine aux mots nouveaux avant de les admettre dans la langue. (De Bonald.)
— Subir son jugement , Supporter la peine que ce jugement a prononcée : Ce condamné est allé subir son jugement au bagne de Toulon.
SUBISSEMËNT s. m. (su-bi-se-man). Action de subir : Le subissement d'un châtiment. Il Peu usité.
SUBIT, ITE adj. (su-bi, i-ta — lat. subitus; de subire, aller dessous.) Qui arrive soudainement, sans être prévu ou préparé: Une mort subite. Une douleur subite. Un changement subit. Une résolution subite. Un départ subit. Une attaque subite. L'insolation peut déterminer des accidents graves et même des morts subites. (A. ltion.) Il y a des époques dans la vie, où l'on est pris d'une prédilection subite pour telle rue, tel spectacle, telle fleur. (A. Paul.)
D'une subite horreur leurs cheveux se hérissent. Boileau.
— Syn. Sabi», •oi.doin. V. SOUDAIN.
5UBITAIRE. s. in. (su-bi-tè-re — lat. subitarius ; de subitus, subit). Antiq. rom. Soldat levé d'une manière subite et contrairement aux règles ordinaires.
— Adjectiv. : Soldats subitaikes.
— Encycl. Chez les Romains, il se faisait, conformément aux lois, une levée annuelle pour remplacer ceux des légionnaires qui avaient fini leur temps de service ou qui étaient morts à la guerre. Tous les citoyens que leur âge appelait à faire partie de l'armée étaient convoqués soit au Capitule, soit au Forum ou nu Champ de Mars ; ils se présentaient, à l'appel de leur nom, devant les tribuns militaires, qui les examinaient, déclaraient s'ils étaient bons pour le service et indiquaient l'arme à laquelle ils devaient appartenir, A la suite de cette décision, chaque citoyen se trouvuit enrôlé, à moins qu'il n'eût à faire valoir des motifs d'exemption. Telle était la levée légitime. Mais ilyavait une autre sorte de levée qu'on appelait tuinulluaire, parce qu'elle s'opérait dans les cas où il y avait tumulte, c'est-à-dire dans les cas d'un danger pressant occasionné par une invasion de Gaulois, par une guerre sur le territoire de l'Italie ou sur la frontière. Alors les affaires cessaient entièrement, et tous les citoyens étaient obligés de s'enrôler, sans égard pour
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les exemptions antérieures. Comme on était pressé par le temps, on n'observait pas les formalités d'usage dans les levées légitimes. Le général chargé de commander 1 armée déployait au Capitule deux étendards, l'un rouge, sous lequel devaient venir se ranger les fantassins, l'autre verdâtre, pour la cavalerie, et il disait : ■ Qui rempublicam salvam vult, me $equatur. i A.u lieu de prêter serment un à un, comme dans les temps de calme, tous les enrôlés prêtaient serment ensemble ; c'est ce qu'on nommait la conjuration. On envoyait dans les campagnes des officiers qui répétaient l'appel du général. Les soldats ainsi levés recevaient le nom de subitaires; ils allaient se réunir aux troupes chargées de sauver la patrie et, le danger passé, ils cessaient leur service.
SUBITANÉITÉ s. f. (su-bi-ta-né-i-té — rad. subit). Soudaineté, caractère de ce qui a lieu subitement. Il Peu usité.
SUBITEMENT adv. (su-bi-te-man). D'une façon subite, soudaine, imprévue ou non préparée : Mourir subitement. Changer subitement d'idée. Partir subitkment. La colère est une maladie de l'âme des plus dangereuses pour le corps; elle peut rendre fou, imbécile et faire mourir subitement. (De Juisieu.) Les mystères du cœur sont cornme ceux de l antique Egypte : le profane qui cherchait à les découvrir sans y être initié par la religion était subitement frappé de mort. (Chuteuub.) Le poète Sautent est mort presque subitement, après avoir bu un verre de vin dans lequel on avait tnis du tabac. (A. Karr.) Le tempérament de l'éloquence espagnole est un calme menaçant, je ne sais quoi de glacé qui, subitement, aboutit à des accès de flamme. (E. Quinet.) Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés, Et jamais on n'a vu la timide innocence Passer subitement à l'extrême licence.
Racine.
SUBITO adv. (su-bi-to — mot lat.). Fam, Subiiement, soudainement : Partir SUBITO. Mourir SUBITO.
Le mur sans fondement s'écroule lubitû.