TROISIÈME CONJUGAISON
BATTU-ùîem ba.tt-isse.
BATTU-mes batt-isses.
BATTU-mei . . batt-i'sV .... batt-ii.
BATTu-issemus. bmit-issiomes . batt-jss('o«s.- BATTD-»SMf« . bali-issieis . . hntt-issiez. BA-vrv-issent batt-men^.
Les formes des flexions primitives sont assez bien conservées dans les flexions dérivées, ainsi qu'on peut en juger par le paradigme qui précède. La troisième personne singulière a. retenu le t final même dans la première conjugaison. Cette même personne avait autrefois un s représentant celui qui se trouve dans la flexion latine : port-asset, port-ast; part-iisset, part-î'sÉ; battu-isset, battisl.
Par lettres bien les enverrait Al prieur; si lur (lisez luij mandereit K'il preisl de els e garde e cure, E meist en la fose obscure.
Marie de France.
Ce s est aujourd'hui remplacé par un accent circonflexe : portât, partit, battit.
— Emploi du subjonctif en français. Le subjonctif, comme cela résulte de son nom même, qui, ètymologiquement, signifie propre à être joint par-dessous, ne s'emploie que dans les propositions complémentaires ou incidentes, et il est toujours amené par la conjonction que exprimée ou sous-entendue ou par un pronom conjonctif. Quand on dit : Fasse le ciel gue 7ios craintes soient chimériques, cela signifie : Je désire gue le ciel fasse, et l'on voit que la conjonction gue est sousentendue.
La conjonction gue appelle le subjonctif : 1° Quand elle est employée pour éviter la répétition de si et dans les locutions afin gue, à moins que, avant gue, bien gue, au cas gue,en cas gue, encore que, jusqu'àce gue, loin gue, malgré gue, pour que, pour peu gue, pourvu gue, quel que, quelque gue, qui que, quoique, quoi que, sans que, si que, signifiant quelque que, soit gue, c'est assez gue, c'est peu que : Il faut prévoir les obstacles, afin qu'on puisse les renverser facilement; H réussira, à moins qu'il ne survienne des obstacles imprévus, etc.
2» Dans les expressions : de manière gue, de sorte que, en sorte que, de façon que, tel que, tellement que, si... que, lorsque la chose exprimée par le verbe suivant doit être présentée comme douteuse : Faites en sorte que personne ne puisse suspecter votre bonne foi. Votre conduite doit être telle que vos ennemis mêmes soient forcés de l'approuver, Mais on dirait : Sa conduite a été telte que ses ennemis mêmes FURENT forcés de l'approuver, parce qu'il s'agit ici d'un fait positif et certain.
3» Quand la conjonçtioo que rattache la proposition suivante à un ou à plusieurs mots antérieurs exprimant la crainte, la joie, la surprise, la douleur, le désir, le besoin, la volonté, l'approbation, le blâme, le regret, la négation, l'ignorance, la préférence, l'hésitation, le doute ou une pensée quelconque qui n'a pu se former dans l'esprit qu'eu supposant un doute actuel ou un doute antérieur : Je crains qu'il ne soit trop tard. Je n'ai jamais caché mon désir qu'on (fasse de nouvelles recherches, etc. Si que était précédé des itioti de ce, 1 indicatif devrait être préféré au subjonctif : lise plaint de ce qu'on t'A calomnié.
4« Quand cette conjonction est placée
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après un verbe négatif ou interrognlif , pourvu toutefois que la négation ou l'interrogation jette un peu de doute sur la chose exprimée après gue : Croyez-vous que la chose soit possible? Je n'affirme pas qtte le malade guérisse. Mais on dirait, avec l'indicatif : Ignorez-vous que la ville vient d'être prise d'assaut? parce qu'ici l'interrogation nejette pas le moindre doute sur le fait de la ville prise.
5° Quand la conjonction gue est placée après un verbe impersonnel n'exprimant ni la certitude ni la probabilité : // faudra bien qu'on nous réponde. Il importe gue vous connaissiez 6ien iotifes les circonstances. Le verbe il semble pris affirmativement est ordinairement considéré comme marquant la probabilité quand il a un complément indirect répondant à la question à gui, et le verbe suivant se met alors à l'indicatif : Il me semble que j'u. parlé clairement. Il semblait à ces braves gens que personne ne pouvait trouver ridicule ce gui leur paraissait si naturel. Mais le même verbe, considéré comme exprimant une simple apparence, appelle ordinairement le subjonctif quand il n'a point de complément rénondant à la question à qui : Il semble qu'il n'y ait rien à répondre d un tel argument. Néanmoins, ces règles n'ont rien d'absolu, et on peut, dans une certaine mesure, employer le subjonctif ou l'indicatif après il semble, selon qu'on veut donnera l'expression une nuance d incertitude plus ou moins prononcée.
Les pronoms eonjnnctifs ou relatifs appellent le subjonctif : \" quand ils sont précédés de l'une dos expressions le seul, l'unique, le premier, le dernier, ne... gue, jamais de, le plus, le moins, le mieux, le moindre, le meilleur, le pire, pas un, pas deux, etc., pas beaucoup de, guère de, peu de, pourvu toutefois que le sens général permette de supposer que la pensée a pu, a un certain moment, regarder la chose à exprimer comme plus ou moins douteuse ; C'est là le seul danger que nous ayons à craindre. Il n'y aura pas une mère qui ne comprenne vos inquiétudes. Mais Voltaire a dit : Le premier gui fut roi fut un soldat heureux, parce que le fait d'un roi qui régna le premier est trop positif pour avoir pu jamais être l'objet d'un doute quelconque.
2° Les pronoms conjonctil's appellent encore le subjonctif quand ils ont pour antécédent un pronom indéfini ou un nom qui représente un être indistinct, inconnu de fuit, surtout si cet être est l'objet d'une négation, d'un désir, d'une crainte, d'un regret, d'une recherche, etc. : Je ne connais personne qui puisse me rendre ce service. Je veux une maison qui soit vaste et commode. Mais il faut dire, avec l'indicatif : J'ai acheté une mciisoit qui est vaste et commode, parce qu'on parle ici d'une maison que l'on connaît bien, qui est bien distincte de toute autre.
Lorsque quelqu'une des expressions qui demandent après elles le subjonctif donne lieu à des observations particulières, on trouvera ces observations après les mots auxquels elles se rapportent.
— Emploi des temps du subjonctif. Le présent et le passé du subjonctif s'emploient ordinairement quand le verbe de la proposition principale est au présent de l'indicatif, a l'un des futurs ou à l'impératif. L'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif répondent presque toujours aux, temps passés et a ceux du conditionnel.
Mais il faut remplacer le présent ou le passé du subjonctif par l'imparfait ou le plusque-parfait du même mode :
10 Quand il y a quelque chose de conditionnel soit dans les expressions, soit dans la pensée : Je crains qu'il ne se fâchât s'il vous entendait parler ainsi. Je ne puis croire qu'il s'ennuyât avec un ami, c'est-à-dire s'il avait un ami.
2» Quand l'action exprimée par le verbe au subjonctif est considérée comme passée pur rapport au temps du verbe principal : /* doute qu'il pensât hier comme aujourd'hui,
3° Quand cette action a eu lieu avant un autre fait passé exprimé après ou sous-entendu, et doit être présentée dans son rapport même avec ce fait: Croyez-vous que la lettre uÛTKzè décachetée avant de vous être remise. Remarquez qu'on pourrait dire également : Croyezvous que la lettre ait été décachetée ; mais alors on présenterait d'abord l'action comme simplement passée el sans annoncer par la forme même de l'expression qu'il s'agit d'un passé antérieur à la remise de la lettre, remise qui est passée elle-même.
Il faut, au contraire, remplacer l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif par le présent ou le passé'quand ce qui est au passé dans la proposition principale s'allie dans la pensée à quelque idée présente ou toujours subsistante : Lieu a voulu que les vérités rfjyines entrent du cœur dans l'esprit (Pascal); il le veut encore. Il a fallu que mes malheurs m'AiENT instruit (Fénelon) ; il le faut encore , cela m'est encore utile. Ils l'ont trompé quoiqu'il soit leur frère (A.cad.) ; il est encore leur frère, et ce lien de parenté est encore aujourd'hui une raison qui doit empêcher de nouvelles tromperies.
Il peut arriver que le verbe àinettie au subjonctif dépende d'un autre verbe qui est déjà au subjonctif. Dans ce cas, le présent du subjonctif dans le verbe relativement principal est assimilé au présent ou au
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futur de l'indicatif, et tous les autres temps sont assimilés a un passé de l'indicatif: Pensez-vovs gue je veuille qu'on ait en moi une confiance illimitée. Vous avez demandé qu'il niât gue l'ordre eût été donné par vous.
Il arrive souvent que , lorsque la règle exijîe qu'un verbe soit mis à l'imparfait du subjonctif, beaucoup de personnes emploient le présent du même mode pour ne pas se donner un air d'affectation qui prêterait au ridicule.
Les lignes suivantes ont paru, il y a déjà quelque temps, dans le Journal de Genève, qui les rapportait sans en indiquer la source. Ci'est un badinage sans doute, mais un badinage instructif, puisqu'il est destiné à nous démontrer qu'au-dessus de toutes les règles de la grammaire , il y en a une qu'il faut observer avant tout : c'est le goût.
Il faut maintenir l'imparfait du subjonctif, mais il ne faut pas en abnser, comme on l'a fait, par. plaisanterie d'ail eurs, dans les vers suivants :
Épi'tre amoureuse d'un puriste
Oui, dès l'instant que je vous vis, BtauW féroce, voua me plûtes.
De l'amour qu'en vos yeux je pris, Sur-le-champ vous vous aperçûtes.
Mais de quel air froid vous rcçîUvs Tous les soins que je vous rentlis!
Combien de soupirs je perdis 1 De qutiU<i cruauté vous fùti's!
Et quel profond d<!d,tin vous eûtes Pour les vœux que je vous offris!
En vain je priai, je gémis.
Dans votre durelé vous sùla, Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis Un billet tendre que vous Unes, Et je ne sais comment vous pïttcs Voir de sang-froid ce que j:y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse.
Fallait-il que vous me plussui, Qu'ingénument je vous le dissey Qu'avec orgueil vous vous tussiez!
Fallait-il que je vous aimasse, Que vous me désespérassiez.
Et qu'en vain je m'oidniiUrasse, Et que je vous idolâtrasse, Pour que vous m'assassinassiez ? •
SUBJONCTION s. f. (su-bjon-ksi-on — lat. snbjonciio ; da sub, sous, et de jungere, joindre). Antiq. Kvolution particulière des armée*, chez les anciens.
SUBjUGATIONs. f. (su-bju-ga-si-on, — rad. subjur/uer). Action de subjuguer; étnt de ce qui eat subjugué ; La beauté suprême est une royauté des sens qui sunjuyue mè.ue les mai- Ire* ri les maîtresses des empires; ces suqjugations sont les miracles de la nature. (Lamart.) La SUBJUGATION des coeurs ne Se fait pas toujours par des moyens licites el délicats. (A. Lafont.) Il Peu usité.
SUBJUGUÉ, ÉE (su-bju-gbé) part, passé du v. Subjuguer. Soumis , dompté par la force : Nations SUBJUGUÉES. Il Tenu dans un état de dépendance , Il n'y a p*nut de nation SUBJUGUÉE qui ne prétende en avoir subjugué d'autres. (Volt.) Si la femme est faite pour plaire et pour être subjuguée, elle doit se rendre agréable à l'homme au lieu de le provoguer. (J.-J. Rouss.)
— Dominé par un puissant ascendant : Il y aura dans tous les temps des hommes faits pour être subjugués par les opinions de leur siècle, de leur pays et de leur société. (J.-J. Kouss.)
... L'esprit le plus atrabilaire Est subjugué quand on cherche a lui plaire.
Voltaire.
De ma pudeur les timides accents Sont subjugués par la voix de mes sens.
Voltaire.
— Substantiv. Personne subjuguée : Le nombre des subjugues est immense, par rapport ait-nombre des vainqueurs. (VoJt.)
SUBJUGUER v. a. ou tr. (Mi-bju-ghé — lat. subjugare, mettre sous le joug ; de sub, sous, et de jugum, joug). Dompter par la force, réduire en domesticité : C'est pur les talents de l'esprit que l'homme a su subjuguer Us animaux. (BufF.)
— Soumettre par la force des armes : A quoi sert-il à un peuple gue son roi subjugue d autres nations, si l'on est malheureux sous son règne? (Fén.) Il SoumoUre à un pouvoir tyrannique : Les princes amôitieui sont les ennemis et les oppresseurs des peuples; ils ne régnent pas sur leurs sujets, ils les subjuguant, (Mass.) La force et le droit se disputent le monde: le droit qui institue et conserve la société, la force qui subjugue et pressure les nations. (Gén. Foy.)
— Fig. Dominer par un puissant ascendant : La supériorité des lumières a subjugué le monde. (Dumarsais.) Démosthène subjugue à la fois ses auditeurs, ses adversaires, ses juges (Maury.) Le bruit subjugue la raison humaine. (Chateaub.) La supériorité ne se fait pardonner que par ceux qu'elle subjugue. (Guizot.) Dès qu'on sait émouvoir les femmes, on est sûr de les subjuguer. (Latena.) C'est plutôt par la vanité que par le sentiment qu'on subjugue les femmes. (Pétiet.) il Dompter, se rendre maître, se mettre au-dessus de : Subjuguer ses passions, sa volonté, ses désirs. A iteun autre inslinct ne subjugue plus misérablement l'esprit que la faim, (L. Cruveilhier. )
SUBL
— Absol. : Il y a dans la voix d'un homme menacé qui vous appelle quelque chose d'impérieux qui subjugue et qui commande, (il. de Martignac.) Dans Mirabeau, tout, jusqu'à ses défauts, impose et subjugue. (Villem.) Il faut étonner pour subjuguer. (E. Soherer.)
— Subjuguer une femme , Lui faire violence : Il n'est pas improbable que, dans des pays ckauds, des singes aient subjugué des filles. (Volt.) || Inus.
— Syn, 5ubjtiguer , asservir , assujettir,, etc. V. ASSERVIE.
SUBJUGUEUR s. m. (su-bju-gheur). Celui qui subjugue :
Preneur de forts, subjugueur de province». L& Fontaine.
Il Peu usité.
SUBL ACUN EUX, EU SE ad], (sub-la-kuncu, eu-ze — du préf. sub, et de lecuneux). Hist. nat. Qui a des enfoncements peu profonds, des lacunes légères. ' -
SUBLAMELLAIRE adj. (sub-la-mèl-lè-re — du préf. sub, et de lamellaire). Hist. nat. Incomplètement lamellaire : Structure sub-
LAMELLAIRB.
SUBLAMELLÉ, ÉE adj, (sub-la-mèl-lé — du préf. sub, et de lamelle). Presque lamelle. Il On dit aussi sublamelleux, euse.
SUBLAPSAIRE s. m. (sub-la-psè-re). Hist.
relig. Syn. de infralapsaire.
SUBLAPSARIEN s. m. (sub-la-psa-ri-ain — du préf. sub, et du lat. lapsus, tombé). Hist. relig. Syn. de infhalapsaire.