SUBLATA CAUSA, TOLUTUH EFFECTUS
{Supprime* la cause, l'effet disparait). On cite souvent ces mots latins pour faire entendre qu'après avoir supprimé la cause d'un mal on a lieu d'espérer que le mal luimême cessera d'exister.
SUBLET s. m. (su-blè). Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des labroïdes, voisin des crénilabres, et qui habite la Méditerranée : Les sublets sont de petits poissons qu'on trouve toute Vannée sur les cotes rocheuses et peu profondes. (E. Baudement.)
— Encycl. Les sublets sont caractérisés surtout pur un museau protractile, presque autant que celui des filous, dont ils se distinguent d'ailleurs par leur ligne latérale non interrompue; le premier caractère ne permet pas de les confondre avec les crénilabres, qui ont avec eux les plus grandes affinités. On ne connaît bien qu'une seule espèce de ce genre, le sublet groin; mais celle-ci présente trois variétés bien tranchées, que Risso a regardées comme autant de types spécifiques distincts. Les sublets sont des poissons de petite taille, qui vivent dans la Méditerranée; ils fréquentent de préférence les parages rocheux et peu profonds, où on les rencontre toute l'année. C'est là aussi que la femelle dépose son frai au printemps. Les sublets ont peu d'importance au point de vue de la pêche; néanmoins leur chair est tendre, savoureuse et délicate.
SUBLET DES NOYEBS (François), administrateur français, né en 1578, mort à Dangu le 20 octobre 1645. Il fut intendant des finances et secrétaire d'Etat sous Louis XIII et fonda l'Imprimerie royale , d'abord établie dans les galeries du Louvre. Par un excès de zèle pudique, qui ne fuit pas l'éloge de son intelligence , il ti t brûler l'un des chefsd'œuvre de Michel-Ange, le tableau dont François 1er avait décoré le château de Fontainebleau.
SUBLEYRAS (Pierre), peintre et graveur français, né à Uzès en 1699, mort à Rome en 1749. Il apprit le dessin sous la direction de son père, puis vint à Paris en 1724 suivre les cours de l'Académie et remporta ie premier prix, A la suite de ce succès, il partit pour Rome, où il se maria et se fixa définitivement. Subleyras comptait en Italie de nombreux admirateurs; mais il n'est en réalité qu'un peintre de second ordre, malgré une certaine grandeur dans la composition. Ses principaux tableaux sont .• l'Empereur Vatens s' évanouissant devant saint Benoit , à Saint-Pierre de Rome; le Serpent d'airain; Jésus chez Simon; le Martyre de saint Hippolyte; le Martyre de saint Pierre; te Faucon; V Ermite, au Louvre; le Portrait de Benoit XIV, à Versailles.
Sublicins (pont), pont en bois construit "sur le Tibre, dans l'ancienne Rome, au bas du mont Aventin. Le roi Ancus Martius fit établir co pont afin de réunir le Janicule a la ville. En 731 de Rome, une crue du Tibre l'emporta: il fut remplacé par un pont en pierre quon nomma pont JEmilius. Ce fut sur le pont Sublicius qu'Horatius Codés arrêta l'armée de Porsenna. Tous les ans, on faisait sur ce pont une fête qui consistait à jeter dans le fleuve trente mannequins à figure humaine, dans le but d'apaiser ses fureurs,
SUBLIGACULUM s. m. (sub-li-ga-ku-loimn — ■ mot lut. formé de sub, sous, et de ligare, lier). Antiq. rom. Sorte de caleçon en usage chez les Romains, il On l'appelait aussi suc-
CINCTORIUM.
— Encycl. Les athlètes en Grèce, dans les premiers temps, ne se montraient pas aux jeux publics sans un caleçon ; mais , plus tard, ils laissèrent ce vêtement et firent leurs exercices dans un état de complète nudité.
SUBL
Les Romains, au contraire, eurent toujours le caleçon dans les exercices gymnastiques. Sur la scène, les comédiens portèrent aussi le subligaculum. Il était également porté par les ouvriers qui pressaient les grappes de raisin dans les cuves. Les soldats légionnaires avaient de même un subligaculum, qui descendaitjusqu'au milieu du gras de la jambe. Suivant certains commentateurs, c'est le subligaculum que Virgile a donné pour vêtement aux sacrificateurs rutules et troyens, lorsqu'il dit (Enéide, XII) :
Vtlati limo, et verbena tempora vincti.
Mais, selon d'autres érudits, il faut lire: Velali lino, ce qui change entièrement le sens relativement à cette particularité.
Les esclaves romains portaient un vêtement appelé aussi limus, et qui était ou une sorte de jupon ou un caleçon. Les esclaves de l'Inde, d'après ce que dit Strabon, n'étaient vêtus que d'un subligaculum. C'est encore aujourd'hui la coutume des esclaves indiens et de ceux des autres contrées tropicales de porter un caleçon pour unique vêtement.
SUBLIGNY, littérateur français qui vivait au xvno siècle. On ne sait rien de sa vie et on ignore le lieu, la date de sa naissance, ainsi que le lieu et la date de sa mort. Bien qu'inscrit comme avocat au barreau de Paris, il s'adonna au théâtre et à la critique, et, après avoir vivement attaqué Racine, il devint un des plus zélés partisans de ce poète. On doit à Subligny : la Folle querelle, comédie en trois actes et en prose (Paris, 1668, in-lï), critique de l'Andromaque de Racine, représentée avec succès au Palais-Royal le 18 mai 1668. RScine attribua cet ouvrage à Molière et se brouilla avec ce dernier. Toutefois, il tint compte de quelques-unes des observations de Subligny pour la 2e édition à'Andromaque; Réponse à la critique de ta Bérénice de Racine par l'abbé de Vitlars (1671); Dissertations sur tes tragédies de Phèdre etH\ppolyte (1677, in-12) ; la Fausse Clélie, histoire française, galante et comique (1670, in-12), fréquemment réimprimée; Aventures ou Mémoires d'Henriette-Sileie de Molière (1672, S parties, in-12), réimprimés plusieurs fois séparément et dans les œuvres de MmeVilledieu. On attribue, en outre, à Subligny : la Muse dauphine ; le Désespoir extravagant, comédie non imprimée ; la Coquette et ta fausse prude, comédie; l'Homme à bonnes fortunes , comédie ; ces deux pièces se trouvent dans les œuvres de Baron.
SUBLIMABLE adj-. (su-bli-ma-ble — rad.
sublimer). Chim. Qui peut être sublimé.
SUBLIMATION s. f. (su-bli-ma-si-on — rad. sublimer). Chim. Opération qui consiste à volatiliser un corps par la chaleur, pour le recueillir ensuite à l'état solide, en le refroidissant : Sublimation du soufre.
— Fig. Purification : Le martyre est une sublimation, sublimation corrosive. (V. Hugo.)
— Encycl. En métallurgie, la sublimation s'emploie en grand pour préparer industriellement certains corps, tels que l'acide arsénieux, le mercure et le zinc. Le premier, qui est ordinairement un produit accessoire du grillage des minerais d'étain , se dégage dans les chambres de condensation; mais on l'obtient aussi directement par le grillage des pyrites arsenicales. Quel que soit le procédé employé, on le purifie par une seconde sublimation. Pour le mercure, on le distille dans des cornues ou des fourneaux, et on en condense les vapeurs dans des récipients pleins d'eau ou dans des appareils d'un grand développement, qui se refroidissent par le contact de l'air extérieur. Le zinc est distillé dans des pots, cornues ou moufles chauffés extérieurement et se condense dans les allonges de ces appareils; une seconde fonte achève la purification du métal. En géologie, on donne le nom de sublimation à 1 action volcanique qui produit diverses substances minérales, telles que le soufre, le chlorhydrate d'ammoniaque, le sulfure d'arsenic, le fer oli-
j giste, etc. Il est facile de se rendre compte \ de ce phénomène en se rappelant que les volcans offrent une grande quantité de produits gazeux, dont quelques-uns condensablés ou solubles dans l'eau. Ces produits se composent en très-grande partie de vapeur d'eau, mais on y rencontre aussi des acides chlorhydrique, sulfureux, carbonique, quelquefois sulfhydrique: il s'y joint diverses substances qui se subliment ou qui sont entraînées en particules par les courants gazeux. M. de Buch fait remarquer que, dans les émanations gazeuses des volcans, l'acide chlorhydrique se manifeste d'abord, au moment de la plus grande intensité de l'action volcanique ; l'acide sulfureux apparaît quand l'action diminue, et l'acide carbonique vient ensuite pour se dégager souvent pendant des siècles après la cessation apparente des phénomènes volcaniques. Lorsqu'un volcan cesse de donner lieu à des éruptions, il passe généralement à l'état de solfatare, c est-à-dire qu'il n'émetjjlus que des vapeurs, parmi lesquelles celles du soufre et de l'acide sulfureux jouent le rôle le plus apparent. Outre les gaz qui se dégagent des volcans, il s'en dégage aussi des laves, quand elles ont commencé à se consolider par refroidissement. Les courants ou les matières qui ont rempli les bas-fonds émettent alors constamment de la vapeur d'euu, de l'acide chlorhydrique,
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du sel ammoniac qui se dépose à la surface et des chlorures de fer, sans compter le réalgar, le fer oligiste, etc., qui se subliment parfois dans les fissures. Il faut, par conséquent, que la lave renferme toutes ces matières qui y restent engagées pour une cause quelconque, pendant tout le temps que la masse est fluide ou pâteuse.
SUBLIMATOIRE s. m. (su-bli-ma-toi-re — rad. sublimer). Chim. Vaisseau dans lequel on recueille les produits de la sublimation.
— Art hermét. Sublimatoire des philosophes, Œuf des sages, dans lequel se cuit la pierre.
SUBLIME adj. (su-bli-me — lat. sublimis, même sens). Très-grand , très-noble, trèsélevé : Action sublime. Courage sublime. Dévouement sublime. Sublimes connaissances. Il est des devoirs simples et sublimes qu'il n'appartient qu'à peu de gens d'aimer et de remplir. (J.-J. Rouss.) Sans le goût, le génie n'est qu'une subume folie. (Chateaub.) Le chagrin rend sublime le visage d'une jeune femme très-belle. (Balz.) Il ne faut soutient qu'un imposteur adroit pour dégrader les idées îesplussvBUues. (Perrand.) Toutes les conquêtes sublimes sont plus ou moins des prix de hardiesse. (V. Hugo.) L'état le plus sublime et le plus religieux, c'est l'état le plus naturel. (G. Sand.)
Les gens d'un mérite sublime
Entraînent de chacun et l'amour et l'estime.
Molière.
0 nuit! que de choses sublimes Eclatent sur ton large sein 1
A. Uarbier.
0 Molière 1 homme simple et sublime génie, Tu us l'honnêteté maltresse de tes vers.
De Banville.
0 Qui atteint, dans un genre noble, le plus haut degré de perfection et cause une sorte de ravissement : Pensée sublime. Langage sublime. Art sublime. Dans tous les genres, la vérité est ce qu'il y a de plus sublime, de plus simple, de plus difficile et cependant de plus naturel. (Mm« de Sév.) Une pensée sublime est préférable à toutes les pompes de l'appareil. (Volt.) L'expression ne doit jamais être plus simple que lorsque la pensée ou le sentiment est sublime. (Marmontel.)Z,es grandes idées entraînent après elles tes expressions sublimes. (Fontanes.) Nul art n'a précédé l'art sublime des Vfrs.
IjEBBRUH.
— Qui est grand, noble, élevé dans ses actes, ses paroles, ses écrits : Ecrivain, artiste sublime. Etre sublime de dévouement. Les fautes d'Homère n'ont pas empêché qu'il ne fût sublime. (Boileau.) Les plus sublimes esprits ont eux-mêmes des endroits faibles. (Vauven,) Il y a deux manières d'être sublime , par les idées ou par les sentiments. (J. Joubert.)
— Hist. Titre d'honneur qui, dans le ve siècle, était exclusivement réservé aux comtes : Le sublime comte.
— Anat. Muscles sublimes, Muscles superficiels, voisins de la peau.
— Méd. Respiration sublime, Celle qui est large et accompagnée d'un mouvement du thorax pendant l'inspiration.
— s. m. Perfection du beau; caractère de ce qui est sublime, grand, noble, élevé : Le sublime de ta charité. Le sublime du style, des pensées. Viser au sublime. Quand le sublime vient à éclater où il faut, il renverse tout comme un foudre. (Boileau.) Il vaut mieux exceller dans le médiocre que de s'égarer en voulant atteindre au grand, au sublime. (La Bruy.) J'aime les gens qui savent quitter le sublime pour badiner. (Volt.) Le sublime n'est pas dispensé d'être raisonnable. (Marmontel.) Ce qu'on appelle enflure n'est, pour ainsi dire, que le sublime contrefait. (Turgot.) Le premier effet du sublime est d'accabler l'homme, le second de le relever. (Mme de Staël.) Le sublime, c'est la simplicité dans la grandeur. (Fontanes.) Les femmes peuvent prétendre au sublime, mais au sublimk féminin. (J. de Maistre.) Les anciens ont atteint le Sublime du naïf, et les modernes le sublime du grand. (De Donald.) Le sublime est la cime du grand. (J. Joubert.) La gaieté, comme le sublime, demande une sorte de naïveté et de bonne foi. (De Barante.) Le beau est circonscrit, te sublime est vague et indéterminé. (Mesnurd.) Le sublime lasse, le beau trompe, le pathétique seul est infaillible. (Luraart,) En amour, une fausse intonation fait passer du sublime au ridicule. (A. d'Houdetot.) Le sublime, c'est le son que rend une grande âme. (Lacordaire.) Le sublime de la nature humaine réside dans le dévouement. (Mich. Chev.)
Tout martel n'est pas fait pour aller au sublime.
Pàlissot.
Sans y faire tant de façon, Voici comme mon cœur s'exprime ; J'aime et j'aimerai ma Nanon, Et je me moque du sublime.
Voltaire.
— Fam. Ce ^u'on apprécie, ce qu'on goûle, .ce qu'on vante le plus : Le subllme du nouvelliste est le raisonnement creux sur la politique. (La Bruy.)
— Rhétor. L'un des trois genres du style, au point de vue de l'élévation de la pensée et de fa noblesse de l'expression : Les trois gen-
SUBL
res du style sont le simple, le tempéré et le sublime.
— Syn. Sublime, éloT*. relevé, etc. V.