‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 732 sur 1059 · VOITURE · texte numérisé non relu

VOITURE

Se subtiliser v. pr. Devenir subtil, se raréfier : A mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère, l'air se subtilise.

— Fig. Se raffiner : Depuis votre départ, le monde ne s'est point subtilisé. (M'd« de Se v.) L'esprit des tribunaux SE subtilisait à mesure que s'enchevêtraient les rapports des choses et des individus. (Chateaub.)

SUBTIL1SEUR, EUSE s. m. (su-bti-li-zeur, eu-ze — rad. subtilise!'). Néol. Celui qui aime à subtiliser : Les subtiliseurs sont les acrobates de la littérature.

SUBTILITÉ s. f. (su-bti-li-té — lat. subtilitas; de subtitis, subtil). Caractère de ce qui est subtil, ténu, délié : La subtilité des atomes échappe à toute division.

— Facilité à pénétrer les corps, a s'insinuer dans leur masse : La subtilité d'un venin. Le mercure est d'une grande subtilité.

— Dextérité, extrême rapidité des mouvements volontaires : Escamoter avec subtilité, La subtilité des filous anglais est extraordinaire.

— Finesse, délicatesse des sens : La subtilité de la vue, de l'ouïe. Un sens oblitéré donne de la subtilité aux autres. L'oreille du coupable, d'une étrange subtilité, trouve le bruit où tout le monde trouve le silence. (Chateaub.)

— Fig. Ruse subtile, adresse de l'esprit : La subtilité en affaires est bien voisine de la friponnerie. (Acad.) Quand la violence imprévoyante ne leur a pas réussi, les hommes se réfugient volontiers dans la subtilité pusillanime. (Guizol.) n Finesse, délicatesse de l'esprit; extrême pénétration : La véritable délicatesse est une solide subtilité. (La Rochef.) Comme la subtilité de la nature surpasse de beaucoup celte de tesprit humain, il est une infinité de choses que nous devons nous résoudre à ignorer. (La Moine Le Vayer.) || Se prend souvent en mauvaise part, pour exprimer une finesse trop raffinée : La finesse peut dégénérer en subtilité. La trop grande subtilité est vue fausse délicatesse. (La Roehef.) La subtilité de l'esprit est un grand défaut dans les affaires de ce monde. (Mme de Staël.) Il Chose subtile, raffinée, extrêmement délicate, en bonne ou en mauvaise part : Dire des subtilités. Aimer les subtilités. La plupart des distinctions de l'école ne sont que de vaines subtilités. (Acad.) Avec des subtilités, il n'y a rien qu'on ne puisse obs-' curcir. (Fén.) Les ridicules subtilités des dialecticiens ne peuvent rien contre les notions d'un bon esprit. (Bn\le.) Hélas/ de quoi servent les subtilités depuis qu'on raisonne? (Volt.) La sagesse humaine s'enveloppe, s'em-

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barrasse dans ses propres subtilités ; tl n'y a rien qu'on ne puisse obscurcir. (Frayssinous.)

— Syn. Subtilité, rarûuoment. V. RAFFINE- MENT.

Subtilité (de la) [De subtilitale], traité encyclopédique du célèbre médecin milanais Jérôme Cardan. Comme tous les livres sortis de cette imagination étrange, capricieuse, le Traité de la subtilité porte les traces de la science profonds et aussi de l'incohérence, et du tumulte des idées qui l'assiégeaient. Le titre même semble une énigme ; Cardan traite dans ce livre non pas de la subtilité en ellemême, mais des sciences qu'il appelle subtiles, c'est-à-dire difficiles à comprendre, plus difficiles encore à exposer. La première édition de ce livre est de 1550; il mit, dit-on, huit mois seulement à le composer, ce qui semble extraordinaire, eu égard au grand nombre de matières qu'il traita; mais il employa trois ans à le corriger, a l'augmenter, à le refondre. Aussi la traduction française de Richard Leblanc, faite sur l'édition de 1554 (les Livres de Hiérôme Cardan, médecin milanais, intitulés De la subtilité et subtiles inventions, ensemble les causes occultes et raisons d'icelles [Paris, iii-4°l), est-elle beaucoup plus complète que l'édition primitive; elle contient, de plus, les passages censurés 31 supprimés dans les éditions postérieures. Le traité De la subliiité est divisé en vingt et ur. livres et chaque livre porte une rubrique spéciale; mais, comme dans tous les ouvrages de Cardan, si l'on n'y trouve pas ce qu'on y cherche, on y trouve ce qu'on était loin- d y chercher. Ce livre traite de tout, comme le fameux traité de Pic de La Mirandole, De omni re scibili et quibusdam aliis. Ou conçoit, en le lisant, qu'il était difficile do mettre en ordre un tel amas de connaissances, véritables ou erronées, d'observations justes et de recettes empiriques. Il est presque aussi difficile d'en faire un résumé.

Le premier livre est intitulé : De l'essence des choses, du vide et du mouvement. Les idées de Cardan à ce sujet, vu la physique défectueuse de 1 époque, ne pouvaient être que fort peu précises. Cependant, sous son fatras, on devine un esprit pénétrant, à qui il répugne de ne pas se rendre compte des choses. Il parle des propriétés du vide, il devine l'indestructibilité de la matière, dont il suit les transformations sans voir la substance périr ; il décrit toutes les inventions que l'on considérait de son temps comme le comble de la subtilité humaine, la lampe athénienne, qui brûlait à, l'aide du vide, la vis d'Archimède, le cric, le levier, la balance, l'horloge. Ces descriptions sont pour ainsi dire les jalons de la science ; la comparaison des anciennes méthodes et des nouvelles fait voir quels pas elle a faits en avant. Le second livre est intitulé : Des éléments et de leurs actions. Cardan, malgré l'autorité d'Aristote, réduit les éléments à trois, en supprimant le feu, qu'il considère comme' un composé. C'était une innovation audacieuse. Dans ce livre aussi, Cardan cherche à comprendre et à expliquer tout, aimant mieux donner une mauvaise raison que n'en point donner du tout; il explique à sa manière la foudre, les effets des mines, le bruit du canon, et ses explications font voir de combien l'application a précédé la théorie, ou pour mieux, dire avec quelle hardiesse l'homme a utilisé les forces nouvelles découvertes sans se rendre aucunement compte des phénomènes physiques qui les produisaient. Les livres suivants traitent : Ou ciel, De la lumière, Des composés métalliques, Des métaux, Des pierres, Des plantes (livres II à VII). Le huitième livre traite Des animaux engendrés par ta putréfaction, et Cardan, comme tous les savants de son temps, comme Isidore de Séville, qui, par un ouvrage similaire, le précédait de plus de cinq siècles, y expose la théorie des générations spontanées. Il considère cette génération comme la première manifestation de la vie sur le globe, la nature ne s'étant essayée que plus tard à la génération par germe ou par semence. Le neuvième livre traite De l'homme, et l'on peut y remarquer cette assertion que l'homme n'est pas un animal. L'argument de Cardan est ingénieux. « L'homme n'est pas plus un animal, dit-il, que la plante ne l'est. L'animal n'est pas une plante parce que, de plus que la plante, il a une àme seusitive; de même l'homme, étant admis qu'il a une âme intellective, cesse d'être un animal. » Cet argument revient à dire qu'il y a autant de distance entre l'animal et l'homme qu'entre la plante et l'animal. Les livres suivants traitent Des sens et des choses sensibles, De l'âme et de l'intelligence, Des subtilités inutiles : dans ce livre, il n'est question que des charades, des pièces de vers disposées de certaines façons ; Des sciences: Cardan y envisage surtout la géométrie; Des arts : c'est un traité de l'art industriel de son temps, navigation, artillerie, imprimerie; la poterie, la gravure y tiennent la plus grande place (livres X à XVII) ; Des inventions merveilleuses et choses incroyables (XVIIIS livre); on s'attend a de grandes révélations dans ce chapitre, et l'on n'y rencontre que les procédés des joueurs de passepasse, des avaleurs d'étoupes enflammées et de sabres, des danseurs de corde, des gens qui se font casser des pavés sur le ventre et tenir des baguettes sur ie bout du nez, l'enfance de l'art des funambules. Les trois derniers livres sont intitulés : Des esprits, Des

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anges, De Dieu et de l'univers. Ce sont les chapitres où la crédulité de Cardan, sa foi aux sorciers, aux apparitions, aux revenants est le mieux mise à nu. Dans le chapitre où il traite de Dieu, son sujet principal est presque perdu de vue, car on y rencontre surtout des observations météorologiques sur la pluie et la neige, avec des recettes pour se tenir chaudement l'hiver. Cependant Cardan y a écrit une phrase qui est presque la fameuse phrase de Pascal : « On ne sait rien de Dieu, ni ce qu'il est, ni si il est. » Cardan avait dit avant lui : « Personne ne connaît Dieu, ni ce qu'il est, ni qui il est. t(Nemo novit Deum, nec quid sit, quisque sit.) Sa croyance en Dieu ne saurait pour cela être mise en doute, quoique la censure ecclésiastique ait fait supprimer de son livre nombre de passages qui semblaient conclure à l'athéisme; dans le préambule du De subtilitate, il déclare qu'il a surtout écrit ce livre pour faire adorer Dieu dans son œuvre, et il oppose sa foi, basée sur l'élude de phénomènes admirables, foi savante et consciente d'elle-même, à la foi de l'ignorant qui croit parce qu'on lui dit de croire.

On ferait un volume des singularités semées à profusion dans ce traité, si plein de choses diverses. Dans l'exposition qu'il fait des éléments et de leurs propriétés, il trouve le moyen de donner une recelte pour empêcher les cheminées de fumer; de même, ses considérations, souvent fort élevées, sur l'homme et sa nature sont juxtaposées à des recettes pour fabriquer l'or potable et l'élixir de longue vie. Ayant observé que les enfants naturels sont plus mal élevés et ont de plus mauvais instincts que les enfants légitimes, il veut y remédier. La cause efficiente, suivant lui, c'est la mère qui, fille dépruvée, élève mal son fils. « Prenez pour maîtresse, dit-it, non pas une chambrière paillarde, mais une fille riche et noble ; enseignez-lui les bonnes mœurs, et si vous avez des enfants d'elle, ils seront en tout semblables aux légitimes. » (Livre XII.) Ce n'est pas plus difficile que eela. Cardan croit que la nourrice qui a des yeux noirs rend noirs les yeux de l'enfant (livre XII); que ceux qui ont la vue longue n'aiment pas les femmes (livre XII) ; que les tintements de l'oreille dénotent de mauvais présages (livre XII); que la corne du bélier se convertit en asperge (livre XVIII); que la moelle d'une mulo, bue par un homme, le rend stupîdc; bue par une femme, elle l'empêche de concevoir (livre VIII) ; que le nombril d'un enfant, porté en anneau, délivre de la colique; que la musique guérit la goutte, que les marques des ongles ont une grande signification, suivant qu'elles sont noires, blanches ou rouges et suivant le doigt qu'elles affectent (livra XVIil), etc. Malgré ces enfantillages, ces superstitions, son livre reste comme une œuvre originale.

SUBTOMENTEUX, EUSE adj. (su-bto-manteu, eu-ze — du préf. sub, et de tomenteux). Hist. nat. Légèrement velu.

SUBTRANSVERSE adj. (su-btran-svèr-se

— du préf. sub, et de transversé). Hist. nat. Presque posé en travers.

SUBTRIANGUT.AIRE adj. (su-btri-an-gulè-re — du préf. sub, et de triangulaire). Presque triangulaire.

SUBTRIARTICULÉ, ÉE adj. (su-btri-ar-tiku-lé — du préf. sub, et de triarticulé). Hist. nat. Formé de trois parties qui ressemblent à des articles.

SUBTRILOBÉ, ÉE adj. (su-btri-lo-bé — du pref. sub, et de trilobé). Hist. nat. Qui a trois divisions ressemblant à des lobes.

SUBTRIFLE adj. (su-btri-ple — du préf.

sub, et de triple). Mathétn. Qui est le tiers ou se rapporte au tiers : Nombre subtriplk d'un autre. Ilapport subtriple. Trois est subtriple de neuf, il On dirait mieux sous-triple, puisqu'on dit sous-multiple.

SUBTUBERCULÉ , ÉE adj. (su-btu-bërku-lé — du préf. sub, et de tubercule). Bot. Qui a des tubercules peu développés.

SUBTURBINÉ, ÉE adj. (sn-btur-bi-né — du préf. sub, et de turbiné). Hist. nat. Qui se rapproche de la forme d'une toupie.

•SDBTURRICULÉ, ÉE adj. (subtitr-ri-ku-lé

— du préf. sub, et de turriculé). Hist. nat. Presque turriculé.

SUBUCULE s. f. (su-bu-ku-le — lat. subucula, même sens). Antiq. rom. Gâteau fait de froment, d'huile et de miel, que l'on offrait aux dieux. [| Vêtement de dessous,, a. longues manches, qui se portait sur la peau.

— s. m, Echin. Genre d'échinodermes, du groupe des holothurides.

— Encycl. Antiq. rom. Le vêtement appelé subucule était en forme de tunique et correspondait à notre chemise. Les hommes avaient ordinairement, outre la toge, deux tuniques; celle de dessous était la subucule. Les femmes portaient sous la palla une première tunique nommée stola, puis une seconde tunique, tunica intima, qui avait aussi, selon quelques auteurs, le nom de subucule; mais, suivant d'autres, ce nom ne s'appliquait qu'à la tunique intime des hommes. Il est certain, dans tous les cas, que le mot subucule s'employait plus particulièrement en parlant du sexe masculin. C'est ainsi que nous voyons, dans

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Suétone, l'empereur Auguste porter en hiver quatre tuniques et, en outre, une subucule. Horace dit dans sa première épllre, adressée à Mécène :

Si curattis inœquali tonsore capillos Occurri, rides ; si forte subucttla pua ' Trita subest lunics^vel si toga dissidet imj.art Rides...

« Si je me présente devant toi les cheveux inégalement taillés par mon barbier, tu ris; si, par hasard, sous ma tunique neuve, je porte une subucule usée ou si ina toge pend trop d'un côté, tu ris... >

SUBULAIRE s. f. (su-bu-lè-re — du lat.

subula, alêne, par allus, à la forme des feuilles). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, type de la tribu des subulariées, dont l'espèce type croit dans les eaux douces du nord de l'Europe et de l'Asie centrale.

SUBULARIÉ, ÉE adj. (su-bu-la-ri-é — rad. subulaire). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la subulaire.

— s. f. pi. Tribu de la famille des crucifères, ayant pour type le genre subulaire.

SUBULE s. f. (su-bu-le — du lat. subula, alêne). Entoin. Genre d'insectes diptères, de la famille des not.icanthes, tribu des xylophagiens, comprenant trois espèces, dont le type se trouve aux environs de Paris.

— Moll. Syn. d'ALÊNB, genre de mollusques gastéropodes pectinibrancheS , formé aux dépens des vis.

SUBULÉ, ÉE adj. (su-bu-lé — du lat. swbula, alêne). Hist. nat. Droit, cylindrique et terminé en pointe comme une alêne : Feuilles subulées. Poils subulés. Aiguillon su-

BULÉ.

— s. m. pi. Moll. Famille non adoptée de gastéropodes, comprenant les alênes et les vis.

SUBULICORNE adj. (su-bu-li-kor-ne — de subulé, et de corne). Ëntom. Qui a les antennes subulées.

— s. m. pi. Syn. de liBëlluliens ou éphémkrines, famille d'insectes névroptères.

SUBULIFOLIÉ, ÉE adj. (su-bu-li-fo-li-é — de subulé, et de feuille). Bot. Qui a des feuilles subulées,

SUBULINE s. f. (su-bu-li-ne — dimin. du lat. subula, alêne). Moll. Genre de mollusques gastéropodes, du groupe des hélices.

Subulins s. m. pi. (su-bu-lain). Moll.

Syn. de subulés.

SUBULIPALFE adj. (su-bu-li-pal-pe — de subulé, et de palpe). Eutom. Qui a les palpes subulées.

— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, de la famille des carabiques, caractérisée par des palpes subulées.

SUBULIPÈDE adj. (su-bu-li-pè-de — de subulé, et du lat. pes, pedis, pied). Hist. nat. Qui a le pied ou le support subulé.

SUBUHROSTRE adj. (su-bu-li-ro-stre — de subulé, et du lat. rostrum, bec). Ornith. Qui a le bec subulé.

— s. m. pi. Famille de passereaux, caractérisée par un bec subulé, et comprenant les genres alouette, Sylvie, mésange, etc.

SUBULO s. m. (su-bu-lo — du lat. subula, alêne, par allus. à la forme des cornes). Mainni. Section du genre antilope.

SUBUNIVAtVE adj. (su-bu-ni-val-ve — du préf. su6, et iaunioalve). Hist. nat. Dont une seule valve est bien développée.

SUBURA ou SUBUHRA, nom latin d'un quartier et d'une tribu de l'ancienne Rome. V. Suburk.

SUBURBAIN, AINE adj. (su-bur-bain, è-ne

— lat. suburbanus; de sub, sous, et de urbs, ville). Qui est tout auprès de la ville : Quartiers suburbains. Camp«j/»esuuuftBAiM-;. Maison suburbaine. Population suburbaine.

SUBURB1CA1RE adj. (su-bur-bi-kè-re — lat. suburbicarius ; de sub, sous, et de urbs, ville). Atitiq. roin. Mot usité sous l'empire pour dire voisin de Rome : Hégions suburbicaires. Villes suburbicaires. h Se dit, dans le langage ecclésiastique , du diocèse de Rome et de ce qui se trouve dans ce diocèse . Eglise suburdicaire. Evêques SUBURBICAIRES. Provinces SUBURBICAIRliS.

Subure, en latin Subura, nom d'une voie et d'un quartier de Rome ancienne, situés sur le penchant du mont Esquilin, dans la IUe région de la ville. Le quartier de la Subura était extrêmement peuplé, habité par des barbiers, des mimes, des athlètes, des gladiateurs; c'était le siège de l'esprit populaire; on y entendait le dialecte éloquent, pittoresque, passionné des carrefours. Le sarcasme de la Subura était craint par les quartiers élégants. C'est là qu'était la fange populaire, les lupanaria, les étalages des objets volés , l'asile des sicaires. Hoiace et Martial parlent de ce quartier, que Juvénal appelait par ironie le plus agréable séjour de Rome.

SUBUTRAQUISTE s., m. (su-bu-tra-kui-ste

— du lat. sub, sous; utraque, l'une et l'autre). Hist. relig. Nom donné à des hussites qui donnaient la communion sous les deux espèces, n On dit aussi utraquiste.

SUBVELOUTÉ, ÉE adj. (su-bve-lou-té —

SUC

du préf. sub, et de velouté). Bot. Un peu velouté.

SUBVENIR v. n. ou intr. (su-bve-nir — du préf. sub, et de venir. Se conjugue comme uenir, mais avec l'auxiliaire avoir). Donner du secours, prêter son aide : Subvenir. ara malheureux, il S'emploie plus souvent, avec un nom de chose, dans le même sens, et dons celui de pourvoir, qui en diffère peu : Subvenir aux plus pressantes nécessités. Subvenir à d'énormes dépenses. On ne peut subvenir à tout. L'économie politique démontre que les genres de fabrication qui subviennent aux besoins véritables sont la source féconde de la prospérité d'un Etat. (Droz.)

SUBVENTION s. f. (su-bvan-si-on — latin subventio; de subventum, supin du verbe saôvenire, subvenir). Secours d'argent, subside fourni librement à l'Etat ou exigé par lui, pour subvenir à certains besoins spéciaux : Subvention de guerre. Demander, accorder, noter, refuser une subvention. Il Secours d'argent accordé par l'Etat à une administration ou à une entreprise : Subventions accordées aux journaux. Les subventions servies aux théâtres de Paris atteignent ura chiffre fort élevé.

— Ane. fin. Droit du vingtième denier, qui se levait sur les marchandises.

— Hist. Subvention territoriale, Impôt foncier que Calonne essaya de substituer aux vingtièmes.

— Syn. Subvention, contribution, Impositlon, etc. V. CONTRIBUTION.

SUBVENTIONNA1RE adj. (su-bvan-si-onè-re — rad. subvention). Qui est astreint à payer une subvention.

— Substantiv. Personne astreinte à payer une subvention.

SUBVENTIONNEL, ELLE adj. (su-bvansi-o-nèl, ë-le). Qui » rapport a une subvention ; qui constitue une subvention : Forme subventionnellb de l'impôt. Payements SUB- VENTIONNEES.

SUBVENTIONNER v. a, ou tr. (su-bvansi-o-né — rad. subvention). Donner une subvention, un secours d'argent à : Subventionner une administration, un journal, un théâtre. Subventionner el récompenser sont deux mots qu'il ne faut pas confondre et entre lesquels il y a toute la distance qui sépare ceux-ci : avilir et honorer. (E. de Gir.)

SUBVERMIFORME adj. (su-bvèr-mi-for-me

— du préf. sub, et de vermiforme), Zool. Qui a à peu près la forme d'un ver.

SUBVERRUQUEUX, EUSE adj. (su-bvèrru-keit, eu-ze — du préf. sub, et de verruqueux). Hist. nat. Qui a de très-petites verrues.

SUBVERSIF, IVE adj. (su-bvèr-siff, i-ve

— rad. subvertir). Propre à détruire, à renverser, à bouleverser: Principes subversifs. Doctrine subversive. L'éducation donnée aux femmes est fausse, imprévoyante, superficielle, mal dirigée, subversive de tout principe de saine morale. (Mme Romieu.) Rien de plus subversif d'une bonne discipline que la variation, l'inégalité, la divergence dans l'application des règles disciplinaires. (Dupanl.) On s'égare, on fait fausse route lorsqu'on se persuade que c'est par la répression que l'on dissipera te danger des idées subversives. (E. de Gir.) La charité est véritablement une vertu surhumaine, un principe antisocial, subversif et anarcltique, une vertu ennemie de l'homme, (Proudh.)

— Econ. soc. Dans l'école sociétaire, Société subversive, Celle qui est régie par des lois qui doivent amener sa ruine. Il Essor subversif, Effets destructeurs des passions qui, n'étant point réglées et coordonnées, sont hors d'état de produire les résultats utiles que procurerait leur accord.

SUBVERSION s. f. (su-bvèr-si-on — latin sub ersio; de subversum, supin de subvertere, qui est le type du français subvertir). Action de subvertir, de renverser, de bouleverser, de troubler complètement : La subversion 3e l'Etat. La subversion des idées. L'esprit de parti amène la subversion de tous les principes. (Acad.) C'était en 1720, époque de la subversion de toutes les fortunes des particuliers el des finances du royaume. (Volt.)

SUBVERTICAL, ALE adj. (su-bvèr-ti-kal, a-le — du préf. sud, et de vertical). Presque vertical.

SUBVERTICILLÉ, ÉE adj. (su-bvèr-ti-sil-lé

— du préf. sub, et de verticillé). Bot. Presque verticillé.

SUBVERTIR v. a. ou tr. (su-bvèr-tir — lat. suiuertere; de sub, sous, et de vertere, tourner). Renverser, bouleverser, confondre, troubler complètement : Subvertir les lois, la morale publique. Ce conflit d'opinions bouleverserait les têtes, s'il ne subvertissait pas l'Etat. (Volt.)

SUBVERTISSEMENT s. m. (su-bvèr-ti-seman — rad. subvertir). Etat de subversion. Il Peu usité.

SUBVÉSICULEUX, EUSE adj. (su-bvé-ziku-leu, eu-ze — du préf. sud, et de vésiculeux). Hist. nat. Qui se rapproche de la forme d'une vésicule.

SUC s. m. (suk — latin succus, mot qui représente, selon Eichhoff, le sanscrit saikas, liquide, irrigation, russe $ok, même sens.

SUC

Ces formes viennent, d'après lui, de la racine sanscrite sic, sik, mouiller, humecter, répandre, d'où proviendraient également le latin sugere, sucer, l'allemand saugen, l'anglais to suck et le lithuanien sunkïu, même sens. Mais il vaut peut-être mieux rattacher le latin succus à la racine sanscrite su, zehd Au, qui s'applique dans les Védas et YAvesta à l'action d'extraire par la pression le suc de l'asclépiade, pour en composer le sôma, la boisson sacrée offerte aux dieux et personnifiée elle-même comme une divinité. La signification primitive, toutefois, doit avoir été celle de répandre, arroser). Liquide contenu dans les substances végétales et animales : Suc de viande. Suc d'herbes. Exprimer le suc d'un fruit. Ne se nourrir que du suc des viandes. Vivre du suc des fleurs. L'oiseau-mouche darde sa langue hors de son bec et la plonge jusqu'au fond du calice des fleurs pour en tirer les .sucs. (Buff.) Les sucs des végétaux sont aqueux, huileux, volatiles ou résineux. (Robin.) Le rhum se fait arec le suc de la canne à sucre. (L. Cruveilhier.) Le suc de la canne à sucre sert à la fabrication du sucre. (F. Pillon.) La génisse en lait pur change le suc des plantes.

Deluxe.

La graine, en se gonflant, boit le suc qui l'arrose.

Deliu-e.

Il So dit souvent des liquides que les racines des végétaux puisent dans la terre et qui so transforment en sève ou la constituent : Le mime suc dont la terre nourrit Des fruits divers les semences écloses Fait des œillets, des chardons et des roses. Voltaire.

— Poétiq. Substance, ressources nécessaires à la vie :

Engraisse-toi, mon fils, du suc des malheureux.

Boileau.

— Fig. Ce qu'il y a de plus substantiel, do plus condensé en fait de doctrine, de plus utile à la nourriture de l'âme : Extraire tout le suc d'un livre de morale, de philosophie. La liberté est un aliment de ion suc et de difficile digestion; il faut donc y préparer longtemps les hommes avant que de la leur donner. (J.-J. Rouss.) Les petits -maîtres tireraient vn suc salutaire des fleurs des meilleurs écrits, si les papillons pouvaient devenir abeilles. (J.-J. Rouss.) Il y a dans la lecture des grands écrivains un suc invisible et caché. (J. Joubert.)

— Pharm. Liquide végétal employé en médecine : Sucs sucrés. Sucs acides, n Sucs extractifs, Sucs végétaux contenant des matières extractives. Il Sucs amarinés, Sucs extractifs de saveur amère. Il Sucs alcalines, Sucs extractifs contenant des alcaloïdes. Il Sucs tanninés, Sucs extractifs qui contiennent du tannin. [1 Sucs salines, Sucs extractifs contenant des sels. Il Sucs d'herbes, Liquides que l'on obtient en pilant et pressant divers végétaux, notamment la bourrache, la chicorée, la fumeterre et le cerfeuil.

— Alchim. Suc de la liqueur végétale, Vin de raisin. Il Suc des lis blancs, Mercure hermétique. Il Suc de la lunaire, Nom d'une substance que les alchimistes croyaient trouver dans l'or, et de l'esprit de la lune qui devait convertir le cinabre en argent.

— Anat. Se dit des liquides qui remplissent certaines cavités dans le corps des animaux : Les divers sucs sécrétés par les glandes. Le suc pancréatique. C'est le suc gastrique gui

opère^ la digestion. (H. Taine.) Il Suc intesti

la l'intestin

nal, Suc sécrété à la surface intérieure de

— Bot. Sucs propres. Nom générique de tous les sucs végétaux qui diffèrent de la sève proprement dite : Il règne dans la science des opinions très-divergentes au sujet dit rôle que jouent les sucs propres dans l'économie végétale. (P. Duchartre.) Le suc propre est le résultat d'une sécrétion particulière des parties vertes. (Th. de Berneaud.) En général, les sucs propres sont renfermés dans les vaisseaux de l'écorce. (Bosc.)

— Encycl. Pharm. Les sucs constituent une forme médicamenteuse dans laquelle une partie du médicament simple est éliminée; mais la partie conservée, séparée par des procédés mécaniques, est obtenue sans mélange et dans l'état ou dans un état voisin de celui sous lequel elle existait dans le médicament simple (Soubeiran). A ce titre, les gommes, les gommes-résines, les résines, les huiles fixes, les essences sont des sucs, tout aussi bien que les sucs de plantes herbacées ou de fruits. On divise les sucs en sucs aqueux, laiteux, huileux, résineux, essences. Pour les sucs huileux et résineux et les essences, v. huile, résine, gomme-résine, ESSENCE.

— Sucs aqueux. La formation des sucs dans les végétaux dépend de leur nature et du milieu dans lequel ils se trouvent. Fixés dans le sein de la terre par leurs racines, ils pompent ou, en vertu du phénomène de l'osmose, ils se procurent l'eau, les sels et les matières organiques. Ces principes, élaborés, modifiés par l'acte de la végétation dans les canaux qu'ils parcourent, forment, par synthèse, des corps d'une composition plus complexej et ce sont eux que nous retrouvons dissous ou suspendus dans les liquides qui constituent les sucs. Suivant la nature des principes qu'ils renferment, les sucs aqueux

SUC

sont divisés en : a, acides, 6. extractifs, c. sucrés.

a. Sucs acides. Ils sont presque tous fournis par les fruits (citrons, cerises, groseilles). Les feuilles d'oseille fournissent aussi un suc acide. Ils sont caractérisés par la présence d'un ou de plusieurs acides en liberté. Ils renferment aussi du sucre dit sucre interverti, mélange de glucose et de lévulose. Lies acides contenus dans ces sucs sont les acides citrique et malique, et quelquefois tartrique. Tantôt ils s'y trouvent seuls, tantôt deux à deux. Ainsi, les fraises renferment les acides malique et citrique; il en est de même des groseilles, des cerises, des ronces, des framboises; les oranges, les citrons doivent leur acidité à l'acide citrique; les raisins, à l'acide tartrique; les poires et les pommes, à l'acide malique. Les sucs acides contiennent, en sus des matières colorantes propres à chacun d'eux, de la pectine qui leur donne la propriété de se prendre en gelée et qui se transforme en acide pectique sous l'influence d'une substance catalytique, la pectase. ,

La manière dont on extrait les sucs acides dépend de la structure des fruits. Il suffit d'exprimer ces derniers pour en faire sortir le suc, quand ils sont succulents et lorsque leur tissu est lâche ; cette méthode s'applique aux citrons, aux oranges, aux groseilles. Quand, au contraire, le tissu des fruits est compacte et serré, il faut avoir recours à la râpe, par exemple pour les pommes, les coings. Il est, en outre, quelques précautions préliminaires à prendre pour certains fruits. On enlève l'écorce des hespéridées, on sépare les nucules Jes noyaux à fruit, les pépins et l'endocarpe des pomacées. En général, quand les vaisseaux ou cellules des sucs ont laissé échapper leur contenu, on sépare par la presse le suc du marc; rarement on laisse le suc en contact avec ce dernier.

La clarification des sucs a presque toujours lieu par fermentation ; cependant, celle-ci n'est jamais portée assez loin pour détruire tout le sucre. La fermentation détruit la viscosité en précipitant la pectine et les débris de cellules.

Une légère fermentation dans un lieu frais suffit à la clarification de certains sucs, tels que ceux de pommes, de coings, de grenades, de citions, d'oranges. Les sucs chargés de pectine ont besoin de fermenter plus longtemps ; ce sont les sucs de groseilles, de framboises, de mûres. Dans tous les cas, il ne faut pas que la fermentation soit trop longue; le suc alors prendrait une odeur et une saveur vineuses qui le rendraient moins agréable. Les sucs riches en pectine se clarifient bien par l'addition du suc de cerises. Ce procédé est mémo avantageux pour la préparation des sucs de groseilles et de framboises.

Les sucs de coings et de pommes se clarifient momentanément par l'addition de la pâte d'amandes amères, mais ils se troublent quelque temps après. On .a encore proposé d'obtenir les sucs en mettant les fruits dans une bassine sur un feu doux et en chauffant. La chaleur dilate le suc, fait crever les vésicules qui le renferment, et il s'écoule au dehors. Ce procédé donne des sucs plus visqueux que ceux que l'on obtient par la méthode ordinaire et est très-bon pour préparer des gelées végétales. V. fermentation.

b. Sucs extractifs. Ceux-ci sont fournis surtout par les plantes; presque tous proviennent des feuilles et des tiges herbacées. Ils renferment tous de la chlorophylle, de l'albumine végétale et diverses matières extractives, d'où \r nom de sucs extractifs. On les obtiei t, ordinairement en concassant les

Ïiarties desquelles on les extrait ensuite par a presse. Lorsque la plante n'est pas trèsaqueuse ou quand le sue est très-visqueux, on lui ajoute pendant la trituration et peu à peu autant d'eau qu'on se propose d'obtenir de suc. Ces sucs sont tiès-altérables. Rarement on les emploie tels qu'on les obtient ; en général, on les clarifie. Leur clarification a lieu de plusieurs manières. Souvent la filtration est mise en usage ; "mais elle se fait lentement et par dépôt successif, sur le filtre, des granulations de chlorophylle et de l'albumine coagulée. Plus souvent, la clarification se fait à l'aide de la chaleur, qui coagule, comme on sait, rapidement l'albumine, laquelle enveloppe dans ses mailles la chlorophylle altérée et les autres substances insolubles ou rendues telles par l'effet du calorique. Cette méthode, quoique avantageuse sous le rapport de la préparation, est loin de l'être sous celui de la qualité du suc. Ainsi, la matière extractive contenant les principes médicamenteux du suc est éliminée avec l'albumine. Rarement la clarification a- lieu par le repos, à froid, parce que les sucs des plantes sont fort altérables et commencent souvent à se décomposer avant que les matières insolubles aient eu le temps de se précipiter.

Quelquefois on ajoute des acides aux sucs pour en faciliter la dépuration ; le suc des oranges facilite la clarification des sucs antiscorbutiques. Il est probable que les acides forment, avec l'albumine végétale des sucs, un composé insoluble qui rainasse toutes les parties qui n'étaient que suspendues.

Les sucs extractifs se divisent eux-mêmes en :

îo Sucs alcalines. Ils doivent leurs propiié-

SUC

tés énergiques à des alcaloïdes; tels sont les sucs de ciguë, de belladone, de jusquiume, de pavot.

20 Sucs tanninés. Ils renferment du tannin et, par conséquent, précipitent en noir les sels de fer; ils se rapprochent des sucs acides par la présence d'un acide, qui est ou l'acide tannique ou l'acide gallique.

3» Sucs aromatiques. Ils doivent leur odeur à de petites quantités d'essences. En raison de la nature bien tranchée do leur arôme, on les subdivise en : a. sucs aromatiques proprement dits ; tels sont ceux d'ache, de cerfeuil, de menthe, de persil; p. sucs aromatiques acres; ce sont ceux d ail, de cochléaria, de cresson, d'oignon, etc. Ils ne doivent point subir l'action de la chaleur, qui les dénature.

40 Sucs amarinés. Ces sucs doivent leur nom à la saveur amère de leurs principes. Comme ces principes varient par leurs propriétés médicales, on distingue ces sucs en : a. sucs amarinés toniques (sucs de petite centaurée, de chicorée, de fumeterre, de saponaire , etc.) ; f. sucs amarinés cathartiques (sucs de bryone, de nerprun).

5° Sucs salines. Ils doivent à l'abondance d'un ou de plusieurs sels les propriétés médicales qu'on leur a reconnues : sucs de bourrache, de pariétaire (azotate de potasse), do joubarbe (malate acide de chaux).

Les sucs aqueux se conservent difficilement et jamais au delà d'une année. Du reste, il n'y a guère que les sucs d'asperge et do mercuriale que l'on conserve quelquefois.

— Sucs sucrés. Les sucs sucrés sont principalement fournis par les racines des plantes. La présence du sucre cristallisable les caractérise. La manière de les obtenir est fort simple: on lave les racines pour les débarrasser de la terre qui les souille, on les réduit en pulpe, a l'aide d'une râpe, et on en fait écouler le sucre pur expression. Ces sucs se clarifient assez bien par la filtration à froid, ou par la chaleur. Ici, on peut user sans grand inconvénient de ce dernier moyen. Les sucs sucrés ont pour composition : du sucre, de l'albumine, de l'acide malique, delà matière extractive, de la matière colorante, de la pectine et de l'amidon. Souvent on y rencontre de la mannite (Vatiquelin). Elle est le résultat de la fermentation visqueuse (Pelouze). Ces sucs s'altèrent rapidement. Le sucre se décompose, mais il no donne pas de l'ulcool. 11 se fait des acides acétique et lactique et la liqueur devient visqueuse (Soubeiran).

— Conservation des sucs. Les sucs de fruits et de plantes acides sont plus susceptibles do se conserver que ceux de feuilles, ue racines ou de fleurs. Les sucs sucrés ne se conservent pas. Pour prévenir l'altération des sucs acides, on a proposé plusieurs procédés, qui sont l'emploi de l'huile, de l'alcool, de l'acide sulfureux, du sulfite de chaux, du bouchage et de la chaleur, ou la conservation par le procédé Appert.

Conservation par l'huile. C'est le plus ancien de tous les moyens. 11 consiste à verser, dans le goulot de la bouteille qui renferme le suc, une couche d'huile. Ce procédé n'intercepte pas la communication de l'air quand on remue le vase; aussi est-il rarement employé.

Conservation par l'alcool. C'est un excellent moyen de conservation, mais il n'est applicable qu'aux sucs qui ont subi la fermentation alcoolique. Ajouté aux sucs d'herbes, l'ulcool trouble leur transparence.

Conservation par le gaz sulfureux ou le sulfite de chaux. On fait biûlcr, dans le goulot des bouteilles, des allumettes on des mèches soufrées; on bouche immédiatement sur le gaz produit; ou bien on introduit dans les bouteilles du sulfite de chaux (OSr,30 à. 0Br,50) qui, sous l'influence des acides ùusuc, dégage de l'acide sulfureux. Ce moyen est impraticable en pharmacie, car il décolore les sucs et leur donne une saveur désagréable.

Conservation par le procédé Appert, Ce procédé consiste à faire un choix de bouteilles et de bouchons lins et unis, à remplir chaque vase de suc jusqu'à la naissance du col, à boucher exactement les vases, en y introduisant adroitement et avec force les bouchons, que l'on consolide ensuite avec des croix de fil de fer ou de ficelle. Les bouteilles, ainsi disposées, sont enveloppées dans un sac de toile, placées les unes à côté des autres dans une bassine à fond plat et recouvertes d'eau jusqu'au col. On chauffe ensuite jusqu'à l'ébullition. Après quelques bouillons, on retire du feu et on laisse refroidir lentement. A cette époque, on enveloppe le bouchon et le col des bouteilles de cire, et on place ensuite ces dernières k la cave. On reproche à ce procédé d'occasionner ia casse quelquefois d'un assez grand nombre de bouteilles; pour remédier à cet inconvénient, on a proposé de ne boucher les bouteilles qu après l'ébullition, ou d'embouteiller bouillant.

— Usage des sucs. Les sucs acides servent à faire des boissons très-agréables, directement ou convertis en sirop. Les sucs do groseilles, de framboises, de citrons sont la base des sirops de groseilles, des limonades, etc. C'est avec ces sucs que l'on obtient; les gelées végétales, gelées de groseilles, de coings, etc. Les sucs extractifs servent à préparer des sirops, des extraits médicamenteux;

suc

souvent aussi ils constituent des boissons journalières. Des sucs sucrés on retire le sucre, la manne, la pectine, etc.

— Physiol. animale. Sue intestinal. Un très-grand nombre de glandes sécrètent à la surface intérieure de l'intestin un suc trèsabondant, nécessairement complexe, puisqu'il est un produit de la sécrétion de glandes très-diverses, auquel on donne le nom de ■ fluide ou suc intestinal. Il est fort difficile de séparer ce fluide des liquidas étrangers amenés par l'action digestive; il est même absolument impossible de séparer les produits de sécrétion des diverses glandes de l'intestin ; aussi le fluide intestinal est-il encore peu connu et mal étudié.

Cherchons d'abord par quel procédé on peut l'obtenir sans mélange de bile et de suc pancréatique.

Halisr, à l'origine de ces expériences, et plus tard Lassaigne et Leuret ouvraient l'intestin sur un animal vivant, abstergeaient la surface muqueuse, puis, à l'aide d'un peu de vinaigre ou de quelque sel irritant, provoquaient la sécrétion d'une portion de fluide qu'ils récoltaient. Frerichs, BidderetSchmidt employaient un moyen différent. Ils renfermaient entre deux ligatures une portion d'intestin préalablement vidée, la refoulaient dans l'abdomen et sacrifiaient l'animal quelques heures après; on trouvait danslaeavité une certaine quantité de liquide sécrété qu'on récoltait. On peut, dans le même but, pratiquer et entretenir une fistule intestinale ; mais ce procédé est d'une application plus difficile. On peut enfin, sans extraire lo liquide, ouvrir l'intestin d'un animal mort ou vivant, pratiquer une ligature sur un point du canal et soumettre à l'action du fluide les substances qu'on dépose au-dessous de la ligature. Busch, en 1858, eut même l'occasion d'expérimenter sur une femme qui portait un anus contre nature dans des conditions telles que le liquide provenant de la partie supérieure de l'intestin s'écoulait au dehors.

Recueilli par un des procédés que nous venons de faire connaître, le suc intestinal est loin d'être un liquide simple; il eut le produit complexe de la sécrétion de toutes les glandes de l'intestin, a l'exception de la bile, du fluide pancréatique et du liquide des glandes de Brunner, qui sont particulières uu duodénum ; il contient seulement, avec le suc intestinal, le fluide sécrété par les follicules agminés (plaques de Peyer), celui des follicules isolés et celui des glandes en tube (glandes de Lieberkùhn). M. Colin a pu mieux faire ; il a réussi à séparer du véritable suc intestinal le mucus inactif. Son procédé consiste à recueillir une notable quantité de fluide sécrété dans l'intestin d'un cheval ; par le repos ou par la iiltration, le liquide se sépare en deux portions : l'une épaisse, filante, visqueuse, qui n'est évidemment que du mucus; l'autre très-iluide, claire et limpide, qui mérite seule le nom de suc intestinal et qu'on peut recueillir par décantation ou filtration.

Ce fluide est incolore ou légèrement jaunâtre, d'une saveur salée, d'une densité de 1,010, et présente une réaction alcaline très-prononcée. La chaleur et l'acide acétique ne le coagulent pas ; mais l'alcool et l'acétate de plomb y produisent un précipité. Lassaigne a analysé ce liquide et lui a assigné la composition suivante:

Eau 98,10

Albumine. Chlorure de sodium. .

Chlorure de potassium.

Phosphate de soude. .

Carbonate de soude. .

100,00 Quant a l'action du suc intestinal sur les substances alimentaires, en ce qui concerne du moins le fluide complexe mêlé de mucus qu'on recueille dans l'intestin, elle nous est révélée par les expériences entreprises, en premier lieu, par Haller, et plus tard pur MM. Leuret, Lassaigne, Bidder, Schmidt, Frerichs, Busch, O. Funke, Kôlliker, Millier et Colin. Suivant ces expérimentateurs, le fluide intestinal agit sur les substances qui servent à l'alimentation; tout a la fois, il transforme en glucose les substances amylacées, il émulsionne légèrement les substances grasses et, enlin, désagrège et dissout l'albumine cuite et sans doute les autres substances albuminoïdes. Un fait important ressortirait encore des expériences de O. Funke et de Kôlliker : c'est que l'action dissolvante sur les substances albutninoïdes serait trèspeu énergique, ou même tout à fait nulle, chez les herbivores. Il n'en résulte pas moins des expériences précédemment citées que le suc intestinal agita la façon du suc gastrique, qu'il contient, selon toute vraisemblance, un principe azoté actif, analogue à la pancréatine et à la gastérase et qu'il a pour mission de compléter la digestion des substances alimentaires qui pourraient avoir, en partie, échappé à l'action dissolvante des fluides sécrétés dans le duodénum.

Le suc intestinal, s'il eu existe dans le gros intestin, est sans douta absolument muqueux, car il est sans action sur les substances albuminoïdes ou autres.

— Physiol. végétale. On désigne sous le nom de suc tout liquide végétal qui diffère do la sève proprement dite. On en trouve dans

SUC

la plupart des plantes, auxquelles il communique quelques-unes de ses propriétés. Il est tantôt incolore, tantôt blanchâtre, laiteux ou coloré. Quelquefois il se concrète et devient solide par son exposition à l'air. En général, il est renfermé dans les vaisseaux de l'écorce ou de l'aubier ; mais parfois il se trouve dans d'autres parties. Il peut exister exclusivement ou plus abondamment dans les racines, les tiges, les feuilles, les fruits, etc. Le même végétal en -olfre quelquefois de différents dans ses diverses parties. On sait peu de chose sur les moyens par lesquels les plantes sécrètent les sucs propres. Les vaisseaux qui les renferment ressemblent à ceux qui charrientla sève. Ils ont été confondus par quelques auteurs avec le eambium, la sève descendante ou le latex.

Les sucs propres varient beaucoup dans leur nature, leur couleur, leur consistance, leur saveur et, en général, dans toutes leurs propriétés. Ce suc est mucilagineux dans la guimauve, goinmeux dans l'amandier et le pécher, émulsif dans la laitue et la chicorée, gommo-résineuxdans l'euphorbe et le pavot, résineux dans le. pin et le sapin, visqueux dans l'arbre a caoutchouc, etc. Sa couleur est rouge dans le dragonnier, orangée dans le sumac de Virginie, jaune dans la chélidoine, blanche dans le pavot ; elle change quelquefois à l'air et devient ordinairement brune ou même noire, comme dans le sumac radioant. Sa saveur est tantôt douce, tantôt acre, amère ou piquante. Quant à ses propriétés, il est purgatif dans le jalap, narcotique dans le pavot, fébrifuge dans le quinquina, émétique daas i'ipécacuana, etc. 11 présente un phénomène remarquable dans l'euphorbe phosphorescent : si, pendant la nuit, on fait à ce végétal une incision ou une blessure, le suc s'en échappe avec force et est accompagné d'une flamme bleuâtre assez intense.

La circulation des sacs propres est prouvée par de nombreuses observations. Elle ne suit pas rigoureusement la même marche que la sévô. Il est des cas où leur production est plus considérable ; les pins ne fournissent de la résine en abondance que lorsqu'ils sont arrivés à un certain âge, et cette sécrétion devient énorme quand ils sont près de mourir. Quelques auteurs admettent que les sucs propres sont produits par l'accumulation de l'oxygène, ou de l'hydrogène, ou de tous les deux à la fois. « Comme les sucs propres, dit Bosc, sont quelquefois des poisons, il faut apprendre à les connaître ; mais ce n'est que par l'habitude qu'on y parvient, parce qu'ils varient infiniment, que les plantes qui les fournissent appartiennent à toutes les familles et que souvent, dans la même famille, dans le même genre, il se trouve des plantes dont les sucs propres sont agréables et d'autres qui les ont délétères; la laitue en fournil un exemple. »

Le suc propre n'a pas de mouvement déterminé; il est concentré dans le tissu cellulaire de l'écorce ; on le trouve quelquefois dans le bois, très-rarement dans la moelle, contenu dans das espèces de réservoirs allongés,-dont la forme et les dimensions varient d'ailleurs. 11 est étroitement lié à l'existence du végétal qui le sécrète ; celui qu'on en prive par des incisions profondes et multipliées perd de sa force et de sa durée. Il se montre dans les jeunes branches au moment où elles commencent à se développer, mais il semble disparaître aussitôt qu'elles ont acquis toute leur puissance végétative. Plusieurs plantes perdent leurs sucs propres dès que leurs graines sont arrivées à maturité, ce qui peut faire croire qu'ils jouent souvent un rôle important dans la frïïctincation. Il parait que, dans plusieurs cas, ils se chan- 'gont en huile; lo plus souvent on les voit disparaître dans les pédoncules. Une extravasion surabondante de ces sucs est souvent l'indice de l'affaiblissement et même de ia mort prochaine d'un végétal, comme on l'observe dans les arbres fruitiers atteints de la gomme ; néanmoins, beaucoup de cultivateurs pensent qu'ils sont dans ce cas la cause et non l'effet.

« Les sucs propres des végétaux, dit A. Richard, ne sont pas de la sève descendante, mais des fluides que l'acte de la végétation on sépare. La diversité de nature que présentent ces sacs, leur présence dans quelques végétaux seulement, leur situation tlans des vaisseaux déterminés et en petit nombre, nous paraissent autantdepreuvesquiétayent cette dernière opinion. Les sucs propres, en effet, ne nous paraissent être que des fluides excrémentitiels, analogues, non point au sang des animaux, comme quelques physiologistes l'ont admis, mais à ta bile, k la salive, qui ne concourent qu'indirectement à la nutrition. Cette opinion a surtout été mise dans tout son jour par les travaux du professeur Tréviranus. Ainsi donc les sucs propres ne sont pas la sève descendante, comme le pensent plusieurs auteurs, puisque dans la majeure partie des végétaux, qui tous ont une sève descendante, il n'y a point de sucs propres. Mais ce fluide est un produit, Une excrétion de la sève descendante. *

D'après les diverses opinions que nous venons île rapporter, on voit que les savants sont loin d'être d'accord sur la nature et l'origine des sucs propres, cequi tient, entre autres causes, à ce qu'on a confondu sous le mémo nom des liquides très-différents.

suce

Les uns, en effet, sont évidemment des matières sécrétées, tenues seulement en dépôt dans les lacunes du tissu végétal ; les autres occupent des vaisseaux spéciaux , dont la place est déterminée d'une manière assez précise, et qu'on a regardés comme essentiels à l'organisation végétale ; on a même admis que ces sucs étaient soumis, dans l'intérieur des vaisseaux, à une véritable circulation. Ceux-ci ont été dès lors assimilés à la sève élaborée,- qui seule doit fournir au végétal les matériaux nécessaires à son développement, et les vaisseaux qui les renferment ont été nommés vaisseau* propres, laticifères ou vitaux.

En résumé, il y a encore bien des points à éclaircir dans l'histoire des sucs propres, et les études qu'on pourra faire à ce sujet auront une double utilité, d'une part pour la solution des grands problèmes de la physiologie végétale, de l'autre pour les applications à la matière médicale ou industrielle.

SUC (Etienne-Nicolas-Edouard), sculpteur français, né à Lorient le 22 juin 1802, mort à Nantes le 16 mars 1855. Son père, modeste employé de l'administration du port de Lorient, voulait lui faire suivre la même carrière ; mais il sentait en lui, pour la sculpture, une vocation irrésistible et il entra k l'école de dessin, où ses progrès furent rapides. Son père étant mort, il alla se fixer à Nantes, où il trouva quelque argent à gagner. 11 eut même, à vingt ans, l'heureuse fortune d'y rencontrer une femme excellente qui l'aida de sa dot et surtout de son dévouement. Il put ainsi venir se perfectionner a ■Paris, dans l'atelier de Lemaire, où il travailla assidûment. Dès que les secrets du métier lui furent connus et qu'il put se livrer à ses propres inspirations, il revint à Nantes, d'où il envoyait ses travaux. Il débuta au Salon de 1S34 par un Jeune pécheur breton agaçant un crabe au bord de la mer. Ce morceau, d'une exécution puissante, d'une rare finesse de sentiment, fut très-remarque.

• C'est comme l'enfant qui fait son premier pas, disait David d'Angers ; cette oeuvre est d'un bon augure. » Au înêmeSalon, Suc avait envoyé un buste en plâtre du général Demoustier, qui lui fut commandé en marbre par le ministère. Encouragé par ce brillant succès, le statuaire, redoublant d'efforts, exposa en 1838 l'Enfant prodigue rentrant en lui-même vli&Petitemendiante, qui lui valurent une médaille de troisième classe. Cette dernière tigure, petit chef-d'œuvre de sentiment naïf, de grâce et de mélancolie, est une des meilleures productions de l'auteur. Là était le vrai talent de Suc ; il fut détourné de ce genre modeste par des enthousiastes maladroits qui le comparèrent à Michel-Ange et lui persuadèrent de s'adonner a la grande statuaire décorative. L'Aveugle breton (Salon de 1839) fut son premier pas dans cette voie, qui n'était pas la sienne et où il n'a que médiocrement réussi. Aux Salons suivants, le Soldat franc (1841), Eue (1843), la Mélancolie (1844) et surtout le Moïse colossal du Salon de 1348 sout des oeuvres manquées, à tous les points de vue. Il en faut dire k peu près autant du grand Za Chalolais, en pierre, du palais de justice de Rennes ; du groupe colossal, la Justice entre le Crime et l'innocence, du palais de justice de Nantes. Le bas-relief du mausolée de Camille Mellinet, qui date du même temps, est d'une exécution supérieure à ces dernières productions; en revanche, Suc a toujours excellé dans ses bustes. Citons, parmi les meilleurs, ceux de sir John Herschel Bart (Salon de 1840), de Marie Dorual, du docteur Guapin, de Marti» le dompteur, de Liszt, de Billault, alors avocat ; de jl/He Masson, de Poisson, le mathématicien (Salon de 1846), ù l'Institut; du général Belliard, etc.

SUCCÉ s. m. (su-ksé). Ornith. Espèce do canard, qui habite Saint-Domingue,

SUCCÉDANÉ, ÉEudj.(su-ksé-da-né — lat.

sticcedaneus ; de succedere, succéder). Méd. Se dit des médicaments qui, ayant les mêmes propriétés, peuvent être employés les uns pour les autres: Médicaments succédanés du mercure. II Se dit des substances qui, ayant les mêmes propriétés industrielles, peuvent être substituées les unes aux autres : Matières succédanées de la cochenille.

— s. m. Médicament succédané: Les succédanés de la casse. Il Matière industrielle succédanée : Les succédanés de ta garance.

— Encycl. La question des succédanés est beaucoup plus importante qu'on ne l'a cru jusqu'ici; car, approfondie théoriquement et expérimentalement, elle aurait pour résultat final d'être d'un immense secours pour la médecine pratique. L'expérience est assurément le meilleur guide à suivre pour le choix des succédanés. Cependant l'analogie peut conduire, sous ce rapport, à d'utiles résultats, et le moyen le plus certain d'arriver à reconnaître ces analogies est, sans contredit, d'avoir recours aux classifications naturelles des corps. Si l'on parcourt ia série des familles botaniques, on reconnaît bien vite, en effet, que l'analogie dans les propriétés médicinales des plantes d'une même famille est réelle et n'est que la conséquence des principes chimiques qu'elles renferment. Ainsi, les amomacées contiennent des principes huileux volatils; les boriaginées, un principe émollient; les conifères, des hydrocarbures,

suce

des résines; elles sont excitantes; les crucifères, des principes qui, au contact de l'eau, donnent divers autres produits ; elles sont stimulantes, antiscorbutiques, etc. Cependant cette analogie ne se poursuit pas partout. Ainsi , deux corps isomorphes n'ont pas, comme l'a avancé Blacke, les mêmes effets physiologiques. Personne, en effet, ne voudra soutenir que le protophosphate de soude, isomorphe du triarséniate de la même base, ait la même action sur l'économie. Quoi qu'il en soit, on peut souvent remplacer par d'autres substances des substances médicamenteuses plus chères. Ainsi, un grand nombre de labiées peuvent, sinon pour leur saveur, du moins quant à leurs effets, remplacer la menthe poivrée ; la petite centaurée, la gentiane, plus rare ; la bryone, la scam monée, etc.

Les conditions que doivent remplir les suc cédanés sont les suivantes: 1° posséder une action aussi rapprochée que possible du médicament que l'on veut remplacer, de manière que , s'il était moins actif , ce qui est, il faut le dire, le cas ordinaire, il suffise d'en élever la dose; 2° d'être d'un prix moindre ; 30 autant que possible être indigène.

SUCCÉDER v. n. ou intr. (su-ksé-dé — lat. succedere ; de sub, sous ; cedere, s'avancer). Venir après, se substituer: La nuit succède au jour. La douleur succède à ia joie. L'ennui succède souvent aux plaisirs bruyants. (Acad.) L'ignorance succède à l'érudition, la grossièreté au bon goût, la burbarie à la politesse. (D'Aguess.) La verdure n'a jamais mangue de succéder aux frimas, (Butf.) Les Bourbons ont tenu après l'Empire, parce qu'ils succédaient d l'arbitraire. (Chateaub.) Le regard succède à la vue, la réflexion au sentiment, l'analyse libre à la synthèse involontaire. (Jouffroy.) L'ennui succède au malheur, comme la misère au naufrage. (Mme C. Fée.) L'inimitié succède h l'amitié trahie.

Racine.

Le jour succède au jour et lu peine à la peine

Lamartine.

Le vulgaire inconstant, avec légèreté, Fait succéder la peur à la témérité.

Voltaire.

Le jour succède au jour, etl'année à l'année, Comme la feuille verte a la feuille fanée.

A. Barbier.

— Etre successeur, remplaçant; être substitué, mis en place : Louis X Vt A succédé d Louis XV, et la République à Louis XVI. On autre amant A succédé à l'amant de cette femme. Celui gui succède à un fonctionnaire aimé a mille chances d'être haï. il Arriver, parvenir à son tour : Succéder au trdue, à l'empire. Succéder au crédit, à la considéralion de quelqu'un.

Le Parthe, des Romains comme moi la terreur. Consent à succéder a ma juste fureur.

Racine.

— Etre héritier : Succéder à son frère aine. Succéder aux biens de ses parents. Succéder ah intestat. Etre habile d succéder.

Mon maître est diablement habile à succéder.

Reonaru.

— Réussir: Tout succède à cet homme. C'est en la paix que toutes choses succèdent selon nos désirs'. (Malherbe.)

Qui sait se modérer, s'il veut, tout lui succède.

Rotrou.

Tout succède, madame, & mon empressement.

Racine.

Au gré de vos désirs, je vois tout succéder.

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