MORALITÉ
Moralité bonne 1,945
— mauvaise 1,454
— inconnue 1,196
Autres chiffres :
Sur 114 cas de suicide par instruments tranchants ou acérés, 71 fois l'nrme avait fait de larges plaies au cou; 23 "fois elle avait pénétré dans le cœur ; 7 fois il y avait ouverture des artères et des veines du bras; 6 fois les poumons étaient traversés ; 3 fois l'arme avait plongé dans l'épigastre, 3 fois dans l'abdomen; 1 fois i) y avait eu ouverture des veines du pied.
Sur 368 suicides par armes à feu, il y en avait 297 dans lesquels le coup avait été tiré à la tête (23 au front, 234 dans la bouche, 26 aux tempes, 13 sous le menton, 1 dans l'oreille). Dans 45, le coup avait été tiré au cœur; dans 23, au poumon ; 3 fois le coup avait porté dans l'abdomen, mais c'était sans doute encore a la poitrine qu'il était destiné. Un individu qui s'était tiré un coup de pistolet au front s en était tiré un autre à. la partie postérieure du sternum et s'était ensuite précipité d'un huitième étage; un autre, chez qui la balle avait fracturé le temporal droit et blessé l'œil gauche, avait encore eu la force d'ouvrir une croisée, de monter sur le bord et de se précipiter dans la rue.
Le suicide par précipitation élevée forme un peu plus d'un dixième des 4,595 cas recueillis par M. Brierre de Boismont. Dans le nombre des 426 individus morts par précipitation, 13G avaient la tête brisée, sans autre fracture du tronc ni des membres; 79 avaient en outte des fractures des membres, de la colonne vertébrale, du bassin, du sternum ou des côtes; 67 avaient des fractures des membres avec ou sans complication ; 37, des fractures de la colonne vertébrale; et dans quarante cas, l'autopsie ne révéla aucune lésion ijui permit d'expliquer la mort autrement que par la commotion imprimée au cerveau ou à l'ensemble de l'axe cérébro-spinal. Chez quelques-uns, la commotion avait entraîné aussi de graves désordres dans les organes internes, particulièrement des déchirures du foie, des épanchements dans, le poumon.
Suicide politique en France députa lige
jusqu'à no» jour» (du), par M. A. Des Etangs
(Paris, 1860, 1 vol. in-8"). Ce n'est pas un livre de littérature banale où s'entassent les lieux communs et les vaines déclamations auxquelles il est de règle de se livrer sur un tel sujet. C'est le livre d'un médecin, d'un homme "de science, soucieux, au contraire, de faire sortir l'étude du suicide de l'ornière des discussions classiques qui se poursuivent depuis l'antiquité et auxquelles s'en tiennent encpr'e le plus grand nombre des esprits. C'est une tentative laborieuse pour faire entrer cette étude dans le domaine de l'expérience. Pendant plus de dix années, l'auteur a poursuivi sa tâche de ■ collecteur de faits, » Ayant obtenu d'examiner les dossiers des suicidés à la préfecture de police, où on les centralise depuis 1816, et aux ministères delà guerre et de l'intérieur, il put en voir plus de 210,000 à la seule préfecture de police. L'examen attentif et patient de tous ces documents a conduit M. Des Etangs à. repousser l'opinion des médecinsqui arrivent «à n'envisager le meurtre de sui-rnême que comme un acte insensé, dépourvu de toute liberté morale. » — « Si pour eux, dit-il (introd., p. 3), le suicide n'est qu'un fait pathologique, purement individuel, qui ne doit pas franchir l'enceinte d'une maison de santé, c'est pour nous, avant toute chose, un fait social, où l'individu n'intervient pour ainsi dire que pour donner une forme plus arrêtée, plus précise à des souffrances plus générales, souffrances morales et matérielles qui accusent hautement les vices de nos institutions et l'impuissance de nos lois. • Tout le corps de son livre, de plus de cinq cents pages, est une longue démonstration de cette manière de voir, démonstration fournie par la seule exposition des faits. On y trouve la preuve abondante, complète que « les idées ont de l'influence sur un grand nombre de suicides et qu'on ne doit pas considérer comme fous tous ceux qui se tuent. • Quand un hotnme, dit M. Littré, expose clairement les raisons qui l'empêchent de vivre plus longtemps et quand ces raisons sont réelles et non pas imaginaires, quel motif y a-t-il de lui dénier la liberté morale telle que nous la connaissons chez chacun de nous? » Aucun, sans doute. Or, le livre de M. Des Etangs cite de nombreux exemples d'hommes qui ont laissé par écrit, avant de quitter la vie, leurs rai-