‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 761 sur 1059 · SUIE · texte numérisé non relu

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sons, et souvent ces raisons étaient déduites avec une lucidité parfaite.

SUICIDÉ, ÉE (su-i-si-dé) part, passé du v. Se suicider. Qui s'est donné la mort.

— Substantiv. : Personne qui s'est donné la mort : Un suicide et non un suicidé : ce grossier barbarisme s'est introduit dans la langue en ces derniers temps, et il parait qu'on, a besoin d'avertir qu'on ne parle pas français en disant un sutciuÉ pour un suicide 1 Conime si l'analogie entre tous les tnots ayant la terminaison en cide, homicide, parricide, fratricide, etc., ne suffisait pas pour trancher la question et si l'action de se tuer était chose passive /(Gh. Romey.) I! Malgré ce qu'il y a de vrai dans cette observation, le substantif suicidé a passé dans la langue, ainsi que le verbe non moins irrégulier d'où il dérive.

SUICIDER (8E) v. pr, (su-i-si-dé — rad. suicide). Se donner la mort à soi-même : Dans son désespoir, il tenta de se suicider. S'il pouvait être permis de se suicider, ce serait à celui qui ne peut plus faire le bien, même par l'exemple du courage et de la résignation. (Boiste.)

— Fig. S'annuler, s'effacer ; détruire soimême son activité ou son influence : Le parti orléaniste, par l'apostasie de ses doctrines, s'est suicidé aveuglément ; il s'agite encore, mais il n'a plus d'avenir. (M™o L. Colet.) Qu'ils soient des Césars ou des malfaiteurs obscurs, les hommes SE suicident par l'égoïsme. (Mo» L. Colet.)

— Rem. Les grammairiens critiquent avec raison l'emploi de ce néologisme barbare. Un suicide étant le meurtre de soi-même, le pronom réfléchi, déjà contenu dans suicider, ne saurait régulièrement reparaître comme complément direct du même verbe. En analysant se suicider, on y trouve ce monstrueux pléonasme : se tuer de soi. Malgré tout, l'expression a prévalu, bien qu'il soit on ne peut plus facile de lui substituer les anciennes locutions se tuer, se détruire.

SUICIDOMANIE s. f. (su-i-si-do-ma-nl— de suicide, et de manie). Néol. Manie du suicide.

SUIDAS, lexicographe grec qui vivait dans le xeoule XIe siècle de notre ère. Sa patrie et les circonstances de sa vie sont inconnues. Il est auteur d'un Lexique historique, biographique et littéraire, compilation dénuée de critique et de goût, mais qui n'en est pas moins d'une haute importance, par le grand nombre de fragments d'auteurs perdus qu'on y retrouve et par de curieux détails sur les poëtes, les orateurs et les historiens de l'antiquité. C'est un trésor d'érudition, sans le secours duquel l'histoire littéraire des anciens eût présenté d'immenses lacunes qu'on n'aurait jamais pu combler. 11 ne faut néanmoins en faire qu'un usage prudent et éclairé "par la critique, d'autant plus que le texte a été altéré par d'ignorants copistes. L'une des meilleures éditions est celle de Ludolf Kuster (Cambridge, 1705), avec traduction de Jérôme Wolf, revue par Portus.

SU1DBERT (saint), missionnaire anglosaxon, mort en 713. Vers la lin du v»e siècle, il alla avec "Wilbrord et quelques autres compagnons prêcher l'Evangile aux Frisons. En 691, il fut sacré évêque par \v"iU'rid,èvêque d'York. Il se rendit ensuite dans le pays des Bructères. Les prosélytes qu'il y lit ayant été dispersés par les Saxons, il obtint de Pépin une île du Rhin qui a été appelée, en souvenir de lui.Suidbertswerth. 11 y fonda un couvent destiné à être une pépinière de missionnaires. L'Eglise catholique fête sa mémoire le 1er mars.

SOIE s. f. (sut. — Le type immédiat de ce mot est le provençal suga qui, selon Diez, vient de l'adjectif anglo-saxon sotig, contracté en sotg, d'un substantif sôt, d'où vient aussi le gaélique suith, suitàe, irlandais suthcfte, suth, armoricain huezl, huzil, même sens, toutes formes dont la signification première nous est inconnue. Chevallet tire directement le mot suie du celtique). Matière noire que la fumée dépose à la surface des corps mis en contact avec elle : iVotr comme suie, comme de ta suik. Cheminée pleine de suie. Tuyau de poêle engorgé par la suie. Odeur de suie. Couleur de suie. Noir de suik. La suie es* formée de parties très-légères de carbone qui ont échappé à la combustion. (M. de Dombasle.) A Londres, il pleut de la suib détrempée. (E. Wey.) La suie est depuis longtemps employée comme engrais. (Robin.)

— De suie, Noir comme de la suie :

Je ne vis plus qu'une vieille ^dentée, Au teint de suie, a la taille écourtée

Voltaire.

— Techn. Suie d'encens, Noir de f innée obtenu par la combustion de l'encens mâle.

— Agric. Carie, charbon des céréales, il Nom donné, en Provence, aux fosses à fumier et aux fumiers entassés pour être conservés.

— Encyol. Les teinturiers font avec la suie une couleur jaune appelée bidanet, qui sert à teindre les draps; elle entre, en outre, dans la composition de certaines encres typographiques. En médecine, après lui avoir fait subir diverses préparations, on l'emploie comme détersive, antifébrile, anthelmiuthi-

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queetantispasmodique.On l'a préconisée contre les affections cutanées et principalement contre la teigne ; néanmoins , elle est peu employée dans le traitement de ces maladies, bien qu'elle soit longtemps entrée dans la composition d'une pommade mercurielle antivermineuse. Enfin , quelques personne* l'emploient comme dentifrice, malgré sa saveur désagréable ; mais c'est surtout dans l'agriculture qu'elle est utilisée comme engrais. Suie de bois, de tourbe ou de houille, toutes sont bonnes; on les répand h raison de 20, de 30 et même de 40 hectolitres à l'hectare, dans les prés dont les terres sont sèches, pendant un temps pluvieux, mais sans aucun vent. La suie nourrit l'herbe et tue la mousse; elle fait merveille dans les trèfles et surtout sur les céréales d'automne. On la sème sur la neige, en hiver et au printemps ; la te.'re en est bonifiée.

La suie so compose d'un mélange d'huile, d'acide pyroligneux et de charbon. Les anciens, qui en connaissaient les propriétés fertilisantes, avaient aussi remarqué qu'il faut l'employer avec prudence, surtout dans les terrains secs; l'acide qu'elle renferme brûle les plantes.

La suie, répandue au pied des vieux arbres, leur donne, au moins momentanément, un aspect de jeunesse; on la mélange ordinairement de terre, ou mieux de fumier. Un autre emploi peu connu de la suie est celui qui consiste k lui faire détruire les fourmis, les pucerons et autres insectes, en la répandant, étendue d'eau, sur les endroits attaqués par ces animalcules. On fabrique avec la suie la solide couleur appelée bistre; enfin les chasseurs aux pièges et les pêcheurs s'en servent pour donner à leurs filets une nuance propre à diminuer les soupçons des victimes.

SUIF s. m. (suiff. — Ce mot, de même que l'italien sevo, sego, l'espagnol sebo et le provençal seu, qui lui correspondent, vient du latin sébum, seoum, même sens, lequel appartient peut-être à la même famille que le sanscrit saua, eau et suc. Curtius croit que le latin sevum est pour s/euum et appartient à la même racine que le sanscrit stliavaras, solide, rixe, ferme, fort ; slhira, slhura, ferme, fort, solide, immobile, savoir la racine sanscrite s*/id, se tenir, rester. Le latin sevum, sébum, désignerait ainsi le suif comme ce qui est tige. Le grec slear, pour stefar, appartient peut-être à la même racine). Graisse de ruminant : Suif de mouton. Suif de bœuf. SciF de chèvre. Suif en branches. Suif foridu. Chandelle de suif.

— Pop. Réprimande : Donner un suif à quelqu'un. Recevoir son suif, il Cette expression paraît être empruntée à la marine.

— Suif en branches, Suif naturel, tel qu'on le retire de l'animal, avec les sortes de ramifications qu'on y remarque.

— Pain de suif, Pain de créions.

— Cuir en suif, en plein suif, Cuir préparé au suif et non dégraissé. Il Cuir en suif à chair propre, Cuir dégraissé du côté de la chair seulement.

— Suif végétal, Substance végétale analo< gue a la graisse des animaux, et employée aux mêmes usages.

— Prendre suif, Se dit d'une chandelle dont le suif, liquéfié par la flamme, monte dans la mèche.

— Véner. Graisse des bêtes fauves.

— Mar. Donner du suif à un bâtiment, Enduire sa carène de suif, de brai et de soufre mêlés ensemble.

— Techn. Mettre les cuirs en suif, Les imbiber de suif avec un tampon de laine.

— Bot. Arbre à suif, Sùllingie sébifère,

— Miner. Suif de montagne, Nom donné à divers carbures d'hydrogène. Il Suif végétal, Variété de taie.

— Encycl. Souvent le mot suif est pris dans un sens restreint et ne désigne que la graisse du mouton; mais la plus grande quantité du suif qui sert à la fabrication des chandelles ordinaires est un mélange de graisse de bœuf, de vache, de cheval, de veau, de bouc. Le suif de mouton, à cause de sa bonne qualité, est destiné a la confection des chandelles de premier choix. Lus suifs provenant de la graisse des ruminants varient dé la couleur jaune clair au blanc de lait; ils sont peu mêlés à des matières étrangères, sans saveur, sans odeur, solubles dans l'alcool et insolubles dans l'eau. Leur composition chimique est la même que celle des autres graisses, c'est-a-dire olèique et stèarique. Us sont d'autant plus durs que la stéarine est en plus grande proportion. Voici, d'après M. chevreul, la composition du sut/de mouton pur :

Carbone 78,096

Oxygène . ... 9,304

Hydrogène 11,700

En décomposant le suif en oléine et stéarine, M.Braconnet a trouvé, sur 100 parties de suif de mouton, 70 de suif pur ou stéarine, 30 d'huile, qu'une forte pression fait couler. Le genre d'alimentation des animaux fait varier beaucoup la consistance de leur suif. Ainsi, l'expérience a prouvé que les ruminants qui ont été nourris de plantes vertes pendant l'été ont un suif beaucoup plus gras, c'est-àdire beaucoup plus chargé d'huile et, pat

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conséquent moins consistant que celui des animaux que l'on ne nourrit qu'avec des fourrages secs en hiver. Ce fait explique pourquoi les suifs de Russie, qui proviennent d'animaux qui, pendant huit ou neuf mois, ne mangent que des fourrages secs, sont plus estimés que les suifs des autres pays. Le travail auquel a été soumis un animal change aussi la consistance de son suif; ainsi, le suif de vache est préférable au suif de bœuf et se paye 20 centimes de plus par livre ; car la vache est exempte des travaux de 1 agriculture qui, dans un grand nombre de pays, ne se font qu'avec les bœufs. Il existe dans le commerce un suif qui, à cause de sa couleur, a reçu le nom de suif brun; c est un suif très-impur; il est plus cuit que les autres suifs et, par conséquent, contient moins d'eau. Il est très-peu combustible et ne peut même pas servir à faire des lampions ; il n'est guère employé que par les corroyeurs, dits hongroyeurs, qui préparent les cuirs mous d'après la méthode hongroise.

On retire la graisse des animaux par la dissection. La plus grande quantité se rencontre sous la peau, où elle est disposée par couches sous un tissu à mailles légères, auquel on a donné le nom de tissu adipeux-, on la rencontre encore autour des viscères, comme le cœur, les intestins, dans J'épiploon et dans les espaces intermusculaires. Lorsque l'on a extrait toute la graisse d'un animal, on la hache, on la mélange avec de l'eau dans un grand baquet, afin d en séparer le sang, et on la place dans une chaudière que l'on chauffe modérément. Le suif se liquéfie bientôt et laisse aller les fausses membranes, qui montent à la surface de la chaudière ; on les extrait au moyen d'une éeumoire, puis, lorsque la graisse est bien chaude et liquide, on la verse en la faisant passer par un tamis dans des vases où, en se refroidissant, elle prend la forme de cônes tronqués; c'est dans cet état que le suif est livré au commerce et qu'il est acheté parles fabricants de chandelles. Ce suif retient encore des membranes; pour les en séparer, les fabricants de chandelles l'exposent a une chaleur capable de le liquéfier, dans des vases appelés caques. On laisse reposer le suif en fusion assez longtemps, pour que les matières étrangères aient le temps de se précipiter, puis on fait couler le suif à l'aide de cannelles en bois, situées à 0^,05 du fond du vase. Il reste dans la caque du suif, que l'on enlève en grattant jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la Coulée, c'est- k-dire au suif encore mélangé de parties impures. Cette boulée est enfermée dans un sac et soumise à l'action de la presse, entre deux plaques de fonte chauffées; il s'en échappe du suif de qualité très-inférieure et très-impure. M. d Arcet a indiqué pour la fonte du suif un procédé qui présente des avantages réels sur ceux employés jusqu'ici. Il consiste à placer dans une chaudière de l'eau, de l'acide sulfurique et du suif dans les proportions suivantes :

Suif 1,500 gr.

Eau 750

Acide sulfurique 24

On fait bouillir ce mélange pendant le temps nécessaire pour que le suif soit bien séparé des cellules du tissu adipeux ; alors, au moyen d'un robinet placé à la partie inférieure de la chaudière, ou enlève 1 eau qui est au fond, ou bien on enlève le suif qui surnage et on le filtre au tamis. Un fabricant de chandelles a fait usage d'un procédé qui rappelle celui de M. d' Arcet et qui repose sur 1 emploi du sulfate double d'alumine et de potasse. On prend 50 kilogrammes de boulée, que l'on place dans une chaudière, puis on verse 150 kilogrammes d'eau, 5 kilogrammes d'acide sulfurique et 900 kilogrammes de suif haché. Au bout d'une heure et demie, la fusion est opérée ; alors on retire le feu et ou laisse le suif se refroidir pendant une heure, puis on décante la partie claire et on la verse dans une bassine chauffée, dans laquelle on a préalablement versé 20 kilogrammes d'eau et 1 kilogramme d'alun. Ou entretient le suif on fusion pendant deux heures, puis on le bat avec l'eau et on le verse dans une troisième chaudière, qui est le rafraîchissoir. Dix heures après, on le coule dans des baquets appelés jalots. Ce procédé a de nombreux avantages ; d'abord l'acide sulfurique, sous l'influence de la chaleur, dissolvant les inailles du tissu adipeux, empêche la perte du sui'/ qui, par l'autre procédé, restait toujours après les membranes; puis il présente des dangers de feu beaucoup moins grands et occasionne une odeur moins désagréable et moins insalubre. Le suif ainsi obtenu est, en outre, beaucoup plus blanc. Les chandelles faites avec du suif préparé de cette manièro sont beaucoup plus estimées et éclairent beaucoup mieux que les chandelles fabriquées d'après les autres procédés.

Il y a une autre espèce ù&suif, que l'on ne retire plus des parties molles des animaux, mais qui est contenue dans les os, et principalement dans leur partie spongieuse. L'extraction du «ni/est la première opération que l'on fait subir aux os; ce n'est pas seulement aux os dits os (le travail, c'est-à-dire ceux qui servent aux ouvrages de tabletterie, que l'on fait subir ceite préparation, mais à tous les os ; seulement ils sont traités chacun à part et on enlève aux os de travail los extrémités celluleuses que l'ouvrier ne

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pourrait utiliser. Et ce sont ces parties qui sont les plus riches en suif; elles en contiennent jusqu'à 50 pour 100. Tous les os, qu'ils aient'été bouillis, rôtis ou qu'ils soient frais, sont bons pour l'extraction du suif. On commence, au moyen d'une hache et d'une scie, à les concasser, puis on les introduit dans une chaudière de fonte, que l'on a préalablement remplie à moitié d'eau bouillante, de manière que les os soient recouverts d'eau j on chauffe jusqu'à l'ébullition et on remue avec une pelle trouée. Sous l'influence de la chaleur, le suif sort du tissu osseux et vient nager à la surface. Au bout d'une demiheure, on arrête l'ébullition en couvrant le feu et en ajoutant de l'eau froide; puis, avec une cuiller, on enlève la graisse et on chauffe de nouveau en retournant les os afin de les épuiser; on enlève de nouveau la graisse, puis, au moyen de la pelle trouée, on enlève les os épuisés; on ajoute une quantité d'eau égale à celle que l'évaporation a enlevée, puis on remet une nouvelle portion d'os, et on recommence l'opération. Cette graisse est ensuite tout simplement refondue et mise en barils et vendue aux savonniers. Lorsque l'on veut s'en servir pour le graissage des roues, des machines, pour la préparation des cuirs, il faut la priver de l'eau dont elle retient 12 à 15 pour 100; pour cela, on la fait chauffer dans une chaudière qui doit être munie d'un couvercle, car il arrive très-souvent que le suif prend feu. Cette graisse est connue sous le nom de suif d'os ou petit suif, et ne se vend que moitié du prix du beau suif. Le suif à'os contient beaucoup de gélatine d'os, ce qui ne permet pas de l'employer a la préparation des chandelles. Sa couleur est d un blanc grisâtre, et il brunit lorsqu'il reste quelque temps en liquéfaction. On prépare de la même manière les os de la partie inférieure des membres des bœufs, des vaches, des moutons, des chevaux, après en avoir retranché avec la scie les extrémités spongieuses. Ces os produisent une graisse plus estimée que la précédente et que dans le commerce on désigne sous le nom d'huile de pied de bœuf, de mouton, de cheval. Les deux premières servent aux mécaniciens pour graisser les engrenages des machines, et, dans la sellerie, à imprégner les cuirs des harnais, ce qui leur donne de la souplesse. L'huile de pied de cheval sert aux émailleurs et aux fabricants de pierres fausses pour alimenter leurs lampes à souffler le verre. On fait avec le suif et la chaux un mélange peu fusible à la température ordinaire et qui sert à adoucir le jeu des machines.

On se livre à de nombreuses falsifications du suif, et des analyses ont prouvé que le suif de la meilleure qualité contenait au moiDS un dixième de son poids soit d'amidon, soit de poussière de marbre, ce qui en augmente la blancheur.

— Bot. Suif végétal. On extrait cette substance de l'arbre à suif {crotum sebiferum), qui croit spontanément dans quelques provinces du Céleste - Empire. Ses branches, noueuses et tourmentées, sont couvertes d'un feuillage touffu , d'abord vert foncé , qui tourna à la fin au rougeâtre ; son fruit, gros comme la châtaigne, cache sous son enveloppe trois petites noisettes blanches, sphéroïdes, qui ont l'odeur, l'aspect. et la consistance du suif.

Les Chinois font fondre ces fruits dans l'eau bouillante et en retirent une matière

frasse avec laquelle ils fabriquent des chanelles.

Le procédé de cette fabrication est tout primitif. Au lieu de mèches de coton, on emploie des baguettes de bois sec et léger, qui augmentent la fumée et la mauvaise odeur, diminuent la clarté de la lumière et consument quatre fois plus de matière combustible qu'il n'en faudrait pour éclairer convenablement.

L'arbre à suif de la Chine, source d'un grand commerce dans les contrées nord de cet empire, a été tout récemment introduit dans les Indes. Il croit avec une grande rapidité dans les provinces du nord-ouest et au Pendjab, où l'on comptait, en 1872, plus de 10,000 de ces arbres dans les plantations du gouvernement; ils donnent des centaines de tonnes de graines propres à être livrées au commerce. Le docteur Jameson a préparé tout spécialement une cinquantaine de kilogrammes de suif provenant de ces graines et les a envoyés au chemin de fer du Pendjab, pour faire l'essai de ses propriétés lubrifiantes dans les machines employées à l'exploitation de cette ligne. Ce suif est excellent pour l'éclairage ; il donne, lorsqu'il est bien préparé, une ilamme claire, brillante, inodore et sans fumée.

— Miner. Suif de montagne. Les corps auxquels on a donné ce nom sont intermédiaires aux résines et aux bitumes. Ils sont principalement composés de carbone et d'hydrogène et ressemblent à la stéarine. Ils se présentent sous la forme de petites masses ou de petites écailles, lainelleuses ou grenues, de couleurs très-claires; la plupart d'un blanc grisâtre, quelquefois jaunes. Ces matières sont très-fusibles, très-combustibles et solubles dans l'alcool. Certaines variétés sont exploitées pour fournir la paraffine, par distillation. Une des principales espèces est la schéererite, qu'on trouve à S;«nt-Gall (Grisons) en petites écailles presque incolores et d'un éclat nacré, dans les fissures et à la sur-

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face d'un bois fossile. On peut citer encore Vozocérite, la hatchetine, la hartite, etc.

SU1FFER v. a. ou tr. (sui-fé — rad. suif). Enduire, oindre de suif : Suiffbr un cordage. Il On dit aussi sdivkr.

SUIFFEUX, ECSE adj. (sui-feu, eu-ze — rad. suif). Qui est de la nature du suif: Substance soiffeusb. Humeur sdiffeusb.

— Pathol. Qui a l'apparence du suif.

SOI GENERIS (De son genre propre, de son espèce particulière). Chaque fleur a une odeur sui generis, c'est-à-dire de son espèce, qui lui est particulière et lui appartient en propre. D autres fleurs peuvent ' répandre un parfum analogue , mais jamais un parfum semblable. Il en est de même dans tout autre ordre d'idées.

• L'amitié a le plus ordinairement une cause naturelle tout à fait indépendante de notre volonté ; c'est une sympathie sui generis, qui se manifeste au contact des âmes. »

Bautain.

i Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu'il faut appeler odeur de pension bourgeoise. Peut-être pourrait-elle se décrire, si l'on inventait un procédé pour évaluer les quantités élémentaires et nauséabondes qu'y jettent les atmosphères catarrbales et sui generis de chaque pensionnaire, jeune ou vieux. »

Balzac.

i Les voix nouvelles données à l'orchestre par le saxophone possèdent des qualités rares et précieuses. Douces et pénétrantes dans le haut, pleines et onctueuses dans le grave, leur médium a quelque chose de profondément expressif. C'est un timbre sut generis, offrant de vagues analogies avec les sons du violoncelle, de la clarinette et du cor anglais. »

(Dictionnaire de la conversation.)

SUIL s. m. (suil). Linguist. Nom de la quinzième lettre de l'alphabet celtique ou gaélique, correspondant à notre S.

SUILLIE s. f. (sui-11). Entom. Genre d'insectes diptères myodaires, syn. d'HÉLOMVZE.

SUILLIEN, IENNE adj. (su-il-li-ain, i-è-ne — du lat. suillus, de cochon). Mamm. Qui a rapport au cochon ou au genre dont cet animal est le type.

— s. m. pi. Tribu de pachidermes fossiles, qui a pour type le genre cochon.

— Encycl. On comprend dans cette tribu tous les pachydermes pandactyles qui ont des incisives ordinaires, des canines tantôt prolongées en défenses, tantôt normales, toujours distinctes des prémolaires, dont elles sont séparées par une barre. Ils renferment plusieurs genres.

Les cochons ont été trouvés fossiles dans les terrains tertiaires et diluviens et paraissent avoir été assez nombreux en espèces. Il est probable que ces animaux étaient, comme de nos jours, sujets à se charger de graisse, ce qui, rendant les os plus spongieux, a empêché leur conservation ; car on rencontre les ossements bien plus rarement conservés que les dents. Dans les sables d'Kppelsheim, on a trouvé le sus patsochsrus, connu par une mâchoire inférieure, et d'une taille supérieure à celle du sanglier. D'autres espèces ont été citées en .France. Aus cochons de l'époque miocène se rattachent les chserothériums, dont les molaires, égales en nombre, sont moins compliquées de tubercules. Les molasses de la Suisse renferment aussi quelques rares fragments de cochons, qui appartiennent à une espèce différente du sanglier de nos jours. Les terrains piiocènes en contiennent quelques-uns, parmi lesquels le sus arvernensis ressemble au cochon de Siam par la brièveté de sa fuce, Les cochons ont existé aussi pendant l'époque diluvienne, et, dans les dépôts des cavernes, on trouve des ossements rapportés à trois ou quatre espèces différentes ; le sus priscus, entre"autres, était de grande taille, et la forme de son crâne indique plus de rapport avec le sanglier à masque qu'avec le sanglier ordinaire.

Les pe'cnrts, habitant aujourd'hui l'Amérique, n'ont existé que dans ce continent pendant l'époque diluvienne. On en a signalé cinq espèces dans le3 cavernes du Brésil, dont une avait une taille double de la plus grande.de celles qui vivent aujourd'hui, et dont une autre était plus grande encore.

Les calydonius ne sont- connus que par quelques dents canines analogues à celles des phacochères. Les dents supérieures sont plus grandes que dans ce genre. Les deux espèces connues viennent de la molasse de La Chaux-de-Konds.

Les palxochsrus ont les quatre avant-molaires et les incisives des anthracothériums et les arrière-molaires des pécaris. Ils avaient quatre doigts. On en connaît quelques espèces du n.iocène d'Auvergne.

Les chwomorus sont caractérisés par des tubercules supplémentaires placés entre les lobes formés par les tubercules principaux. Les espèces connues appartiennent au miocène supérieur.

Les entélodons sont caractérisés par - in-

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