‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 784 sur 1059 · MO,S03(0 = 8, H · texte numérisé non relu

MO,S03(0 = 8, H

et les sels acides comme répondant à la formule MO,2S0s. Enfin les vrais sels acides que nous écrivons aujourd'hui HM'SO* et qui s'écrivaient alors M0,H0,2S03 étaient envisagés comme des sels acides renfermant de l'eau de cristallisation. Lorsqu'on les soumettait à l'action de la chaleur et qu'ils perdaient de l'eau, on disait qu'ils avaient perdu leur eau de cristallisation et l'on désignait le résidu MO,2S03 sous le nom de sulfate acide unhydre ou d'anbydrosulfute.

La théorie nouvelle a modifié les idées des chimistes sur ce point. Les sels ne sont point le résultat de la combinaison d'un acide et d'une base, mais bien le produit de la substitution partielle ou intégrale d'un métal à l'hydrogène basique d'un acide. Les sels acides sont ceux où cette substitution n'est que partielle. Il en résulte que les vrais sulfates acides sont les sels que 1 on écrivait autrefois MO, HO,2S03 et que nous écrivons aujourd'hui Al'HS0*(O = 16, S = 32); il en résulte encore que les corps qui se produisent par élimination d'eau, lorsqu'on chauffe les sulfates acides, ne sont plus que des sulfates, mais des sels d'un nouvel acide, dérivant de l'acide sulfurique par condensation, de l'acide disulfurique HîSîO'I(v. plus haut). Far suite, nous n'appelons plus aujourd'hui ces sels des anhydrosulfates ou des sulfates acides anhydres; nous ne les rangeons même plus parmi les sulfates; nous les plaçons à côté de leur acide générateur, l'acide disulfurique, et nous les appelons disul/ates.

Tous les sulfates des métaux alcalins sont solubles dans l'eau ; le set de potassium toutefois s'y dissout moins abondamment que les autres. Les métaux diatomiques, c'est-à-dira tous les métaux alcalino-terreux et terreux, à l'exception de l'aluminium, du thorium et du zirconium, et la plus grande partie des métaux lourds, forment des sulfates neutres représentés par la formula M"SO*. Les sulfates de baryum, de strontium, de calcium et

de plomb se rencontrent à l'état natif. Ils sont tous quatre insolubles dans l'eau, à l'exception du sulfata calcique qui s'y dissout un peu. Le sulfate stronzique s'y dissout également un peu, mais d'une manière à peine perceptible. Cependant l'eau qui a séjourné sur ce selest troublée parles solutions barytiqlies. Les sulfates de magnésium et de tous les métaux lourds autres que le plomb sont solubles dans l'eau. Il faut cependant en excepter le sulfate de mercure, que l'eau décompose en sel acide soluble et en sel basique insoluble. Les sulfates des métaux lourds possèdent, lorsqu'ils sontsolubles, une réaction acide et, à l'exception de celui de plomb, et peut-être de ceux de zinc et de manganèse, ils sont décomposés par la chaleur seule lorsqu'on les calcine. Les sulfates de magnésium, de cadmium, de zinc, de fer au minimum, de cuivre, de strontium, de baryum et de calcium, forment, avec les sulfates alcalins, des sels doubles isomorphes entre eux, et qui cristallisent avec 6 molécules d'eau. Les sulfates simples des mêmes métaux cristallisent avec 5, 7 ou 18 molécules d'eau suivant les conditions dans lesquelles la cristallisation s'opère. Ces divers sels sont isomorphes lorsqu'ils renferment la même quantité d'eau. Ainsi le sulfate de cuivre, qui, lui, par exception, ne cristallise jamais qu'avec 5 molécules d'eau, est isomorphe avec le sulfate de zinc ou de magnésium qui renferme 5 molécules d'eau.

— î° Sulfates formés sur le type d'une double molécule d'acide sulfurigue H*S*08. Ce groupe renferme un petit nombre de sulfates simples à base de métaux tétratomiques, tels que le sulfate stannique SnVISs08et le sulfate zirconique ZrvlSs09. Mais il renferme un grand nombre de sulfates doubles qui contiennent : a. l atome d'un métal diatomique et 2 atomes d'un métal monoatomique, comme le sulfate cupiico - potassique K2(Ju"S208; p. 1 atome d'un métal monoatomique et 1 atome d'un métal triatoinique , comme le sulfate rhodico-potassique Rhr"KS208. Il faut ajouter à cette classe les sels acides des métaux diatomiques qui répondent à la formule générale M"HSS208, et qui peuvent d'ailleurs être considérés comme des sels doubles d'un métal diatomique et d'hydrogène.

— 3° Sulfates formés sur le type d'une triple molécule d'acide sulfurigue H^S^O14. Cette classe renferme les sulfates neutres des métaux tétratomiques qui ont la propriété de s'unir a eux-mêmes en formant des groupes hexatomiques, tels que le fer, l'aluminium, le chrome, le cobalt, le manganèse, qui donnent les groupes AI"*, FeTI2, CiT,s, CoTI2, Mnv|s, c'est-à-dire les sulfates de fer, de chrome, de manganèse, de cobalt au maximum et ceux d'aluminium. Ces sulfates répondent aux formules FeT[sS30i«, AlT'as30iï,CrT,2S30«, etc. Au même type appartiennent les sulfates neu- ' très des métaux hexatomiques, tels que le sulfate de vanadium VdTIS3Oi*.

On peut encore ranger dans le mêmegroupe certains sulfates doubles alcalins, tels que

K*H2S30is et K>Li*SSOi*.

Ces derniers corps cependant sont de simples composés moléculaires et différent essentiellement des précédents, qui constituent, eux, de vrais composés atomiques. En effet, trois molécules d'acide sulfurique, à moins de perdre de l'eau en donnant un acide condensé, ce qui n'est pas le cas, ne peuvent être réunies en une seule que si elles sont soudées entre elles par un ou plusieurs atomes d'un métal potyatomique.

— Sulfates formés sur le type H8S*Oi«. Ce type correspond aux aluns ou sulfates doubles, constitués par un sulfate de la famille du ferricum et par un sulfate alcalin. Les aluns répondent aux formules

Ar'S.Rî.S^OiB.a^HaO, FeTI*NaSS*Ot«,24HîO, etc.

Ces derniers sulfates doubles ont la propriété de se résoudre en leurs constituants sous l'influence d'une grande quantité d'eau ou par diffusion.

On conçoit qu'il puisse exister des sulfates encore plus condensés. Ainsi le sulfate acide de vanadium aurait pour formuleVdTIH6S802*; mais on n'en connaît pas, ou du moins on n'en connaît qu'un nombre très-restreint, qui sont sans intérêt.

Presque tous les sulfates sont cristallisables. Les sulfates insolubles ou difficilement sotubles de plomb , de baryum, de strontium et de calcium, se rencontrent dans la nature en gros cristaux bien détinis. On rencontre également à l'é.tat natif quelques sulfates sotubles en cristaux plus petits ou en masses cristallines. 3eaucoup de sulfates cristallisés renferment une quantité considérable d'eau de cristallisation. C'est le cas des sulfates, cités plus haut, de la famille magnésienne, qui en contiennent 7 et même ie molécules; c'est également le cas des aluns, qui en renferment 24 molécules.

Parmi les sulfates alcalins, il y a plusieurs groupes isomorphes, savoir: les sulfates anhydres de potassium et de rhodium (trimétrique) ; les sulfates anhydres de calcium, de strontium, de baryum et de plomb (trimétrique); les sulfates pentahydratés de manganèse et de cuivre (tricliuique) ; les sulfates hexahydratés de zinc, de nickel et de cobalt (monoclinique); les sulfates doubles hexahydratés des métaux magnésiens et des métaux

alonlins, tels que KA\lgT,S208,ClI!0 (monoclinique); les aluns ou sulfates doubles à 24 molécules d'eau à base d'un groupe hexatomiqueet d'un métal monoatomique (monométrique, et le plus ordinairement octaédrique ou cubique).

Les sulfates simples de la famille magnésienne, cristallisés avec 5 ou 7 molécules d'eau, retiennent, lorsqu'on les chauffe, une de ces molécules d'eau avec beaucoup d'énergie. Ainsi, le sulfate de magnésium

Mg"SO\7H«0 perd 6H*0 a une température très-inférieure a 100°; mais il conserve sa septième molécule d'eau, même à la température de 200°. Cette dernière molécule d'eau, que les sulfates magnésiens retiennent si énergiquoment. a reçu de Grahain le nom d'eau constitutionnelle , qui nous parait impropre. Les sulfates monohydratés de la forme

M"SO*K!0 sont analogues a l'acide sulfurique eristallisable H2SOi,HSO.

Les aluns ou sulfates doubles à 24 molécules d'eau sont très-variés. Les sulfates d'ammonium, de potassium, de sodium, de césium, de rubidium, de lithium sont susceptibles «le former des aluns avec les sulfates alnmînique, ferrique, ebromique et manganique.

Avec l'aluminium on a même un sulfate double à base d'argent. L'existence des aluns sodico- ferrique et sodico manganique paraît cependant être un peu douteuse. M. Wurtz a également préparé des aluns dans lesquels le métal monoatomique est remplacé par un ammonium, tel que l'éthyl-ammonium

(CSHS)HSAz.

A côté de ces aluns proprement dits se placent des pseudo-aluns qui diffèrent des précédents par la quantité d'eau de cristallisation qu'ils renferment ou par leur forme cristalline. lie ce nombre est ie pseudo-alun chromiqueCi'v'2K*S*Ot«,I2HSO. il existe aussi des aluns qui renferment des métaux diatomiques, tels que l'alun manganeux

Mn"AlVI2S40l6,24H*0 et l'alun ferreux Fe"AlTI*S*0<8,S4H*0, etc.

Les vrais aluns sont tous solubles dans l'eau, avec laquelle ils donnent des solutions d'une saveur sty ptique et d'une réaction acide marquée. Le premier effet de la chaleur sur les aluns consiste à leur faire perdre leur eau de cristallisation ; une chaleur plus forle rend l'alun anhydre très-difficilement soluble dans l'eau ; enfin, si la température s'élève encore davantage, les aluns se dédoublent en un sulfate alcalin fixe et en sulfate d'alumine, lequel perd SOs et laisse un résidu d'alumine anhydre.

Dans le cas de l'alun ammonique, le sulfate ammonique se résolvant en produits volatile par l'action d'une température élevée, il reste un résidu d'alumine tout à fait pure. La température doit être, toutefois, très-élevée et son action longtemps continuée pour éliminer les dernières traces d'anhydride sulfurique.

— Sulfates basiques. Beaucoup d'aluns donnent des sels basiques plus ou moins bien définis. Le mieux connu de ces sels est la pierre d'alun native et cristalline (alunite), 'qui répond à la formule

K2AlT12S4016,2A1203gH20.

Ce sel correspond par sa composition a un alun basique d'ammonium, que l'on obtient en faisant digérer de l'alumine gélatineuse dans une solution chaude d'alun normal. Ce sel basique répond à la formule

(AzH*)2Alv»2S401B,2A1203,8HSO.

Les métaux diatomiques donnent un grand nombre de sulfate.s basiques que l'on peut envisager comme des sulfates normaux, unis avec un oxyde métallique qui remplacerait l'eau d'hydratation dès hydrates d'acide sulfurique ou de ses sels. On pourrait encore considérer les hydrates

SH*0*,HSO et SH*04,2HîO,

le second comme l'acide sulfurique normal, qu'on écrirait alors SH80fi = SVI(OH)6, et le premier comme un premier anhydride

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