ST'02(OH
serait alors un deuxième anhydride .sulfurique plus stable que le premier anhydride et que l'acide normal, et d'où dériveraient la plus grande partie des sulfates. Cette manière de voir présente cet avantage considérable, qu'elle fait disparaître, au moins en ce qui concerne les sulfates, l'hypothèse des combinaisons moléculaires et qu'elle est d'accord avec un certain nombre de faits qui tendent à faire Considérer le soufre, non-seulement comme tétratoraique, ce qui'est acquis, mais encore comme hexatomique. Dans tous les cas. et quoi qu'on pense de l'hexatumicité du soufre, la tétratomicité da ce corps ne pouvant plus être contestée, il est indispensable aujourd'hui de ne plus considérer l'hydrate SO^H^H^O comme une combinaison moléculaire. Si ce n'est pas un premier anhydrido de l'acide normal SH«08, c'est au moins luimême l'acide normal SH*05, et l'on peut très-
SULF
régulièrement, sans se lancer dans les hypothèses hasardées, en faire dériver un certain nombre de sels, connus jusqu'à ce jour sons le nom de sels basiques. Ainsi le sulfate de zinc bibasique Zn"SO4.Zn"0 peut être écrit SZn2"0» en le dérivant de SH*0», De même, le sulfate tribasique de mercure
SHg"0\2Hg"0
peut être dérivé de l'hydrate SH^O^ et écrit SHg3"OB. Il en est encore de même du sulfate tribasique de cuivre Cu"SO\2Cu"0,3HîO qu'on peut écrire SCu3"0«,3H*0. Il y a, il est vrai, des sulfates d'une basicité encore plus élevée. Pcrur ceux-ci on est obligé d'admettre que l'excès de base s'ajoute au sel neutre et joue, vis-à-vis de lui, le même rôle que l'eau de cristallisation ; mais leur nombre est peu élevé. D'ailleurs qui sait si, comme lesuppose M. Friedel, les combinaisons dites moléculaires, comme celle qui se produit entre les sels et l'eau de cristallisation, ne sont pas de vraies combinaisons atomiques correspondant à des atomicités supplémentaires peu aptes à entrer en combinaison et donnant naissance à des composés peu stables?S'il enétaitainsi, on pourrait considérer l'atomicité du soufre comme étant très-supérieure à 6, et les sulfutes hydratés comme des sulfates acides provenant d'hydrates très-élevés. Ainsi, le sel SO*Mg",lSH*0 serait SMg"H**Ol6 et 1 proviendrait de l'hydrate SHWO", Jje même 1 le sulfate de cuivre SCu"0*,5HSO serait dé- ' rivé de l'hydrate SH'209 et devrait s'écrire SCu"H10O9. D-ins ce cas , le sulfate tribasique de cuivre SC'u"0*,2Cu"0,3H20 dériverait du même hydrate et répondrait à la formule SOu»"H609.
Cette hypothèse estparfaitement admissible; on sait que certains corps ont des atomicités qui n'entrent en jeu que dans des conditions particulières. Ainsi, le soufre est ordinairement diatomique. Il n'est cependant pas douteux qu'il ne soit tétratomique; seulement, sur ses quatre atomicités, il y en a deux qui entrent difficilement en jeu et que, jusqu'à ce jour, on n'a pu déterminer rarement que par la formation des chlorure, bromure, iodure, etc., de triéthyl-sulfine (v. ce mot)
S(C2HS)3I,S(CW)3Br,S(C2H3)3Cl.
Qu'y aurait-il d'étonnant à ce que le soufre possédât encore un grand nombre d'atomicités inéine plus difficiles à entrer en jeu et ne se manifestant que par l'existence des sulfates hydratés et des sulfates basiques? Rien assurément. Mais il faut nous hâter d'ajouter que si cela est possible et même probable, Car le mot combinaison n'est qu'un mot; car on ne conçoit pas que la puissance de combinaison réside ailleurs que dans les atomes; car il n'y a aucune tr;ice de démarcation tranchée entre ce qu'on appelle combinaison atomique et ce qu'on appelle combinaison moléculaire; hâtons-nous d'ajouter que, si cela est possible et même probable, dans la pratique, pour ne pas compliquer les formules à perte de vue sans utilité réelle, il est plus convenable, ces réserves faites, de continuer d'écrire l'eau de cristallisation en dehors de la formule du sel supposé anhydre, comme nous l'avons pratiqué jusqu'ici.
■ Les sulfates solubles dans l'eau se reconnaissent facilement à la. propriété qu'ils possèdent de faire naître des précipités blancs abondants dans les solutions des sels de baryum, de strontium, de calcium et de plomb. Le précipité barytique est insoluble, absolument insoluble dans l'eau et dans les acides étendus. C'est là un des meilleurs caractères pour distinguer l'acide sulfurique et les sulfates. Toutefois, il n'est pas suffisant, les séléniates donnant le même précipité. Mais on distingue facilement Jes séléniates des sulfates à ce que les séléniates, bouillis avec de l'acide chloihydrique, dégagent du chlore et passent k l'état de sélénites, d'où l'anhydride sulfureux précipite du sélénium métalloïdique, sous la forme d'une poudre rouge.
Cea sulfates insolubles ou solubles, chauffés soit dans un creuset, soit dans la flamme réductrice du chalumeau, avec du charbon en poudre, se convertissent en sulfures facilement reconnaissables à la propriété qu'ils possèdent de dégager, sous l'influence de l'acide chlorbydrique, de l'acide sulfhydrique, dont la nature est indiquée d'une façon indubitable par son odeur, d une part, et par la propriété de noircir l'argent d autre part. Les sulfates métalliques en particulierayant été étudiés à propos de chaque métal, nous renvoyons, pour compléter cette monographie de l'acide sulfurigue et de ses sels, aux articles que nous avons consacrés aux divers métaux.
SOLFATKS ALCOOLIQUES OH ÉTHERS SULFU- RIQUES.
Les alcools traités par l'acide sulfurique concentré donnent des éthers sulfuriqu.es acides, représentés par la formule générale R'SO\H :
C*H5,0H + SO\H* Alcool. Acide sulfurique*
= SO^CîH^H + HïO.
Ether sulfurique acids Eau.
(acide sulfovinique).
On connaît aussi un petit nombre de sulfates neutres à base de radicaux alcooliques RS'tsO*. Ces derniers ne se forment pas par l'action de l'acide sulfurique sur les alcools,
SULK
mais par l'action de l'anhydride sulfurique sur les éthers proprement dits :
CïH* 1 a C2H5 | U
Oiyde d'éthyle Anhydride
(éther proprement dit). sulfurique.