BACH
SULZBACH, ville de Bavière, cercle du haut Palatinat, ch.-l. du bailliage de son nom, k 45 kilom. N.-.E. de Nuremberg ; 3,705 hab. Ecole latine; synagogue; typographie hébraïque. Victoire de Jourdau sur les Autrichiens le 19 août 1796.
SULZE, petite ville de l'Allemagne du Nord,
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dans le grand -duché de Mecklembourg- Schwerin, cercle de Gustrow, sur la rive gauche de la Regnitz; 2,500 hab. Saline importante. Etablissement de bains salés.
SULZER, nom de deux anciennes familles, l'une de Berne, l'autre de Zurich, dont plusieurs membres acquirent une certaine célébrité au xvie et au xviie siècle. Les plus connus sont les suivants :
SULZER (Simon), savant suisse, plus ordinairement nommé Sulceru*, mort en 1587. Il était fils d'un barbier d'Interlaken ou, suivant d'autres, du prieur Beatus Sulzer, qui se serait marié après sa conversion au protestantisme. Sulzer fit ses premières études à Lucerne sous Myeonius, puis à Bâle sous Glareanus. Il suivit les cours de théologie d'Œcolampade et, en 1532, il était nommé professeur de logique k B:\le. D'autres assurent qu'il débuta par la profession de barbier et ne fit ses études que beaucoup plus tard. Quoi qu'il en soit, nous le trouvons en 1534 professeur de philosophie à Berne et pasteur en 1540. En 1538, il ni un voyage en Saxe et se lia avec Martin Luther, qui l'attira à ses opinions sur les sacrements; mais Sulzer ne les professa pas alors publiquement k Berne et à Bâle. Congédié de Berne en 1548, il devint successivement économe ou directeur du collège à Bâle, pasteur à Saint- Pierre et. professeur d'hébreu (1552), premier pasteur de la cathédrale (1553), professeur de théologie { 1556) , professeur d'exégèse pour l'Ancien Testament (1564), enfin docteur en théologie (1563). Le duc Charles de Bade l'employa k l'évangélisation de son pays. Il rétablit, non sans lutte, l'usage des orgues dans les églises protestantes de Bâle. N'ayant pas d'enfants, il constitua, en faveur des étudiants pauvres, trois fondations qui subsistent encore aujourd'hui. Son principal ouvrage est un grand Thésaurus tocorum communium ex sacris et profanis auctoribus,
SULZER (Jean -Georges), métaphysicien allemand, né à Winterthur en 1720, mort à Berlin en 1779. 11 fit de fortes études à Zurich et en Allemagne et devint un des théologiens les plus renommés de la Suisse. Nommé, à la recommandation de Maupertuis, professeur de mathématiques au collège de Joachimsthal à Berlin (1747) , il fit partie de l'Académie royale des sciences de Berlin (1750). Il a laissé un grand nombre d'écrits savants (en allemand et en français), dont les principaux sont : Théorie universelle des beaux-arts (1772, 2 vol. in-4<>), des dissertations sur les Comètes, sur divers Phénomènes physiques, sur les Baromètres, etc.; des mémoires sur V Origine des sentiments, sur le Bonheur, sur le Principe de la morale, sur la Pédagogie ; une Analyse du génie et quelques autres mémoires insérés dans les tomes VH-XIde Y Histoire de l'Académie de Berlin.
SULZER (Jean-Gaspard), médecin allemand, né à Winterthur en 1716, mort k Gotha en 1779, Il fit ses études à Strasbourg et fut, en 1756, mandé k Gotha pour y occuper la place de médecin ordinaire du duc de Saxe-Gotha. C'est à lui qu'on doit l'introduction de l'inoculation en Allemagne.
SUMAC s. m. (su-mak — ar. sommak, même sens). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des térébinthacées, comprenant un grand nombre d'espèces, qui croissent dans les régions chaudes et tempérées du globe : Le sumac odorant est cultivé dans les jardins. (P. Duchartre.) Tous les sdmacs se plaisent sur les bords des eaux. (Th. de Berneaud.) On cultive le sumac radicant dans les jardins botaniques. (Bosc.) Il découle des incisions qu'on fait au tronc des gros sumacs une substance résineuse dont on pourrait faire un vernis. (Duhamel.)
— Techn. Feuilles, fleurs et graines de sumac, réduites en poudre et employées en teinture : Sumac de Sicile. Sumac de Malaga. Sumac de Porto.
— Encycl. Les sumacs sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles alternes, rarement simples et entières, le plus souvent impari pennées ou trifoliolées, à fleurs hermaphrodites, polygames, dioïques ou monoïques, groupées en panicules; le fruit est un drupe sec, à noyau osseux et monosperme. Les espèces très-nombreuses de ce genre sont répandues dans toutes les contrées tempérées ou un peu chaudes ; elles abondent surtout au Cap de Bonne-Espérance et dans l'Amérique au Nord. Presque toutes sont plus ou moins remarquables par l'élégance de leur végétation qui les fait rechercher dans les jardins d'agrément, ou par leurs propriétés médicinales ou économiques; toutes sont plus ou moins astringentes, et plusieurs sont employées avantageusement pour le tannage; elles sécrètent souvent un suc laiteux, acre et caustique, et fournissent à l'industrie des vernis ou des matières tinctoriales.
Le sumac des corroyeurs , vulgairement nommé redoul, vinaigrier, etc., est un arbrisseau de 3 à 4 mètres de hauteur, à rameaux écartés, presque dichotomes,' couverts d'une écorce brune et velue et portant des feuilles imparipennées, à folioles dentées, velues en dessous; ses fleurs, verdâtres, très-petites, disposées en panicules compactes au sommet des rameaux, fleurissent au milieu de l'été. Cet arbrisseau, originaire du midi de l'Europe, est très-rustique dans cette région et
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s'accommode des sols les plus arides. On le propage de graines, semées en pépinière, aussitôt après leur maturité ; au bout d'un an, on repique les jeunes plants en pépinière pour les replanter l'année suivante, après avoir défoncé le sol à om,50 de profondeur. On peut aussi le multiplier de drageons, de boutures et de marcottes; mais les sujets ainsi obtenus ne sont, assure-t-on, ni aussi rustiques ni aussi vigoureux. Il n'y a plus ensuite qu'à donner tous les ans deux binages, l'un au printemps, l'autre k l'automne, pour détruire les mauvaises herbes et les gourmands ou drageons. Comme ses racines tracent beaucoup, il se propage de lui-même, aussitôt qu'il a pris possession du sol. On peut l'employer avantageusement pour retenir les terres sur les pentes rapides, pour reboiser les sommets des montagnes, les sols peu profonds, arides ou même rocailleux.
Sous les climats du Nord, il est plus délicat, croît plus lentement et ne donne que des produits inférieurs; aussi sa culture en grand n'y est-elle pas avantageuse. « Cet arbuste, dit Bosc, craint les gelées du climat de Paris, et quoiqu'il passe assez bien en pleine terre les hivers ordinaires, il est rare qu'il n'y périsse pas dans une révolution de cinq à six ans. Ordinairement il n'y a que les tiges de frappées, et au lieu d'un pied on en a cinquante autres l'année suivante, résultant des rejetons que poussent ses racines; cependant cet inconvénient fait qu'on le cultive peu dans les jardins d'agrément. >
Le principal produit du sumac des cor-' royeurs consiste dans ses tiges ou ses rameaux. On peut en faire la première récolte deux ou trois ans après la plantation. On renouvelle ensuite cette opération une ou deux fois tous les ans, la première de la mi-juillet à la fin d'août, la seconde dans le courant des deux mois suivants. 11 vaudrait mieux s'en tenir a la première récolte. Les branches coupées sont mises a l'ombre pendant quelques jours; quand elles sont à. moitié sèches, on les livre aux marchands, qui les font battre ou fouler par des chevaux ou des mulets, afin d'en séparer les feuilles, que l'on réduit en poudre par l'action du moulin. Ainsi préparé, le sumac se vend aux corroyeurs, qui l'emploient au tannage des cuirs fins et surtout des peaux de chèvre destinées à la préparation des maroquins. Cet emploi du sumac était connu des anciens.
La seconde récolte donne un médiocre produit ; on ne l'évalue guère qu'au huitième de celui de la première coupe. D'ailleurs, en forçant la plante à pousser de nouveaux bourgeons, on l'épuisé et on la réduit au point de ne plus fournir de tiges d'une dimension convenable. Les feuilles de cette seconde récolte sont destinées aux teinturiers, qui s'en servent pour fixer les couleurs sur les laines et les toiles. L'écorce des tiges sert encore k teindre en jaune, et celle des racines en brun.
Les feuilles du sumac des corroyeurs sont employées en médecine comme astringentes et antiseptiques. On les emploie aussi comme assaisonnement. On fait infuser les "fleurs dans le vinaigre pour lui donner plus de force. Les fruits sont d'un beau rouge à la maturité. Ils partagent les propriétés générales des feuilles et des fleurs. Leur saveur est acidulé et assez agréable ; les anciens les employaient comme condiment, et cet usage sest conservé chez les Orientaux. En les faisant infuser ou macérer dans l'eau, on obtient une boisson rafraîchissante et astringente. On les a prescrits autrefois en médecine contre la diarrhée et le scorbut. Diosconde appelle cet arbrisseau érythron, h cause de la couleur rouge de ses fruits, qu'on emploie, dit-il, pour le tannage. Pline les mentionne comme astringents et bons à être mangés avec les viandes. Les graines ont été préconisées contre la dyssenterie. Elles servent de mordant pour dégraisser la tôle qu'on veut convertir en fer- blanc; on les fait pour cela infuser dans l'eau. Enfin, on a vanté l'écorce de ce sumac romme un spécifique contre la fièvre et la rage.
Le sumac de Virginie est un arbrisseau de 3 k 4 mètres, dont les jeunes rameaux, couverts de poils rougeâtres, ont une moelle brune et abondante et laissent écouler, par incision, un suc laiteux, épais et d'un jaune orangé. Ils portent des feuilles imparipennées et se terminent par des panicules de fleurs ou de fruits rougeâtres. Originaire de l'Amérique du Nord, cet arbrisseau est presque naturalisé dans nos contrées. Il possède des propriétés médicinales et économiques analogues à celles de l'espèce précédente. On emploie notamment, en Amérique, son écorce pour le tannage, et on fait avec ses fruits une boisson rafraîchissante comme la limonade. On obtient une teinture grise très-solide de son écorce et de ses feuilles. Son suc, en se concrétant, donne une sorte de résine. Cet arbrisseau se propage de lui-même par ses drageons ; il en devient même envahissant et un peu gênant pour les cultures voisines.
« Le sumac de Virginie, dit Bosc, fleurit au milieu de l'été. Son aspect est beaucoup plus agréable que celui du précédent, tant par la plus grande étendue de ses feuilles que par la couleur de ses épis de fleurs. Il a de plus l'avantage de prendre, en automne, une couleur générale rouge, qui produit un singulier effet par suite du contraste, et de ne pas
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craindre les gelées, quelque fortes qu'elles soient. C'est un des plus charmants arbustes qu'on puisse employer dans la composition des jardins paysagers, pourvu qu'il n'y soit pas prodigué. Ses branches irrégulières forment des masses de feuillage qui font trèsbien ressortir les effets de la lumière, et ses brillants épis de velours cramoisi concourent à ceux de l'ensemble d'une manière trèsavantageuse. Je ne vois pas un de ces arbustes convenablement placé, surtout quand je le regarde de loin, que je ne sois frappé de sa forme pittoresque et de la manière dont il fait valoir ses entours. Ses épis de fruits, qui subsistent pendant tout l'hiver, lui font former décoration, même pendant cette saison. C'est au second rang des massifs ou isolé au milieu des gazons, avec deux ou trois arbres autour de lui, sur le bord des ruisseaux, dans le voisinage des rochers qu'il produit tout ce qu'il doit produire.
» Une terre légère et profonde est celle où il réussit le mieux ; cependant il vient dans toutes, pourvu qu'il n'y ait pas d'eau. L'exposition au soleil lui est avantageuse; cependant l'ombre ne lui est pas nuisible, pourvu u'il ne soit pas étouffé, 11 est toujours mieux e l'abandonner à lui-même que de le tourmenter par des tailles souvent contraires à sa nature ; cependant il est des cas où le retranchement d'une branche est une bonne opération ; c'est au jardinier éclairé et réfléchi k en juger. Ses graines sont rarement bonnes dans le climat de Paris ; mais il pousse si abondamment des rejetons, lorsqu il est dans un terrain favorabfe, qu'on peut se passer de ce moyen de le multiplier. Ces rejetons, qui poussent quelquefois de trois ou quatre pieds dès la première année, se lèvent pendant l'hiver et peuvent se planter directement en place ou être mis pendant deux ou trois ans en pépinière, à deux, trois ou quatre pieds de distance, suivant leur force, Lorsqu'on n'en a pas naturellement une assez grande quantité, on peut aisément forcer leur production en coupant ou seulement en blessant les racines d'un vieux pied. •
Le sumac élégant ressemble beaucoup au précédent, dont il se distingue surtout par ses feuilles entièrement glabres et par ses fleurs dioïques, d'un pourpre écarlsite. Il est originaire du même pays, se cultive de même et produit un plus bel effet dans les jardins, à cause des teintes plus vives de son feuillage et de ses fleurs; toutefois il est moins répandu. Le sumac glabre a des feuilles glauques en dessous et des fleurs verdâtres, en grosses panicules terminales ; il vient aussi de l'Amérique du Nord; plus grand que les deux précédents, il est moins agréable d'aspect, bien qu'il orne très-bien un jardin paysager. Ces deux espèces, du reste, possèdent les propriétés générales du genre.
Le sumac vernis est un arbre de 15 k 20 mètres, k feuilles imparipennées, k folioles entières ; il croît en Chine et au Japon et se voit assez souvent dans nos jardins. On le connaît sous le nom de vernis du Japon, donné aussi, mais très-improprement, k l'ailante glanduleux, avec lequel il ne faut pas le confondre. Il fournit un vernis très-estimé. C'est quand il a atteint 0">,lo à 0°>,12 de tour, à 1 mètre du sol, ce qui arrive ordinairement vers la septième année, que l'on commence k l'exploiter. Depuis juin jusqu'en septembre, avant le lever du soleil, on pratique sur la tige des incisions longitudinales, un peu obliques, longues de 0m, 06k0m,07 au plus; on en fait deux diamétralement opposées, puis d'autres en dessus, jusqu'k ce qu'on soit arrivé k dix ou douze par arbre; lorsque ceux-ci ont dix à douze ans, au lieu de deux incisions k la fois, on en fait trois ou quatre. On recueille le vernis dans des coquilles que l'on renouvelle tous les jours. On distingue trois qualités de vernis, suivant l'époque de la récolte ; on préfère d'ailleurs celui qu'on retire des arbres croissant dans les sols pierreux et un peu frais. Ce vernis sert à la fabrication des laques de la Chine et du Japon. Celui du commerce est souvent mélangé d'huiles et impropre k cette fabrication.
On trouve dans l'Amérique du Nord une autre espèce k laquelle on donne aussi le nom de sumac vernis ou vernicifère ; c'est un arbrisseau de 3 k 4 mètres, k folioles entières, glabres, plus pâles en dessous; k fleurs blanches, dioïques, disposées en grappes trèslâches dans l'aisselle des feuilles supérieures, et k fruits toujours verdâtres. On en retire, par incision, une liqueur blanche qui noircit par son exposition k l'air et devient un beau vernis. On regarde son simple attouchement comme dangereux. Néanmoins, on le cultive quelquefois dans les jardins, où il se fait remarquer, en automne, par la teinte rouge de ses feuilles.
Le sumac copal se distingue surtout du précédent par la couleur jaune de ses fleurs et par sa taille plus petite. Il croit aux Etats- Unis, notamment en Caroline. Assez difficile k cultiver sous le climat de Paris, il exige la terre de bruyère et craint les gelées. On en retire, en Amérique, une sorte de gomme appelée copal d'Amérique ou faux copal; c'est une matière gommo-résineuse solide, cassante, transparente, d'un blanc jaunâtre plus ou moins foncé, insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool, l'éther et les huiles essentielles. Elle a des propriétés stimulantes dont la médecine ne parait pas avoir cherché k tirer parti. On ne l'emploie guère que dans l'in-
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dustrie; elle entre dans la fabrication des vernis.
Le sumac vénéneux, appelé aussi sumac à la gale ou à la puce, est un arbrisseau à racines traçantes; sa tige, haute de 4 à 5 mètres, grimpante, radicante, se divise en rameaux nombreux, portant des feuilles alternes, longuement pétiolées, à trois folioles ovales aiguës, et des fleurs diofques, petites, verdâtres, disposées en grappes axillaires, courtes et dressées. Il présente deux variétés que plusieurs auteurs ont regardées comme deux espèces distinctes, l'une à feuilles glabres [rhus radicans), l'autre à feuilles pubescenteS (rhus toxicodendron). Originaire de l'Amérique du Nord, notamment de la Virginie et du Canada, il peut croître en plein air sous nos climats et s'est même naturalisé dans quelques localités, notamment aux environs de Louviers. Sa culture est des plus simples, et il se propage très-bien par le bouturage de ses rameaux traçants, qui s'enracinent trèsfacilement.
On devrait toutefois s'en tenir aie cultiver dans les jardins botaniques, car il est trèsvénéneux et peut produire de graves accidents. Ses émanations malfaisantes s'étendent souvent fort loin et forment une atmosphère dont l'action se manifeste par des démangeaisons et des éruptions cutanées, qui finissent par devenir une sorte de maladie érysipélateuse. Quand on blesse la plante, ses émanations augmentent encore d'intensiié.
On les a attribuées soit à des huiles volatiles, soit à un hydrogène carboné chargé de miasmes dont la nature est inconnue. L'analyse de ce sumac a donné du tannin, de l'acide acétique, un peu de gomme, de la résine, de la chlorophylle et un principe hydrocarbonê fugace; ce dernier communiquerait aux sumacs leurs propriétés irritantes, qui peuvent produire k distance des érythèmes et même des vésicules, mais qui se dissipent par la dessiccation ou la coction.
Le simple contact des feuilles fraîches et à plus forte raison du suc produit l'effet d'un vésicatoire. » J'ai été plusieurs fois témoin, dit Desfontaines, d'accidents très-fàcheux arrivés à des jardiniers qui en avaient coupé des branches sans précaution. Il leur était survenu des ampoules, des pustules très-vénéneuses, et j'ai quelquefois vu le mal gagner de proche en proche et se répandre successivement sur toutes les parties du corps, quoiqu'il n'y en eût qu'une seule d'affectée primitivement. » 11 semble néanmoins résulter des observations de Bosc, de Kalm, de T. de Berneaud et d'autres, que ces effets varient suivant les tempéraments et qu'ils sont même tout à fait nuls chez certaines personnes.
Ce végétal, ayant des propriétés très-énergiques, a dû naturellement attirer l'attention des médecins. On l'a vanté contre la paralysie, les dartres et autres maladies de la peau.' Mais l'usage de ses préparations est très-difficile à régler, à cause des altérations que son suc et ses divers produits éprouvent par l'action de la chaleur. A dose un peu forte, elles déterminent une irritation très-vive, qu'on fait disparaître par l'emploi des boissons mucilagineuses. Elles sont aujourd'hui presque complètement inusitées. Les chevaux broutent avidement les feuilles du sumac vénéneux, sans qu'il en résulte pour eux ■ aucun accident. Le suc devient noir par son exposition à l'air, corrode la peau et peut servir à marquer d'une manière indéiébile le linge sur lequel on l'applique. L'extrait de ce sumac est employé en médecine homœopathique, ainsi que celui d'une autre espèce qui a des propriétés analogues et dont le nom scientifique est rhus venenata.
Le sumac mëtopion croit dans les forêts de la Jamaïque; on l'emploie comme astringent contre les diarrhées; il produit une matière gomiuo-résineuse, connue dans le pays bous le nom de gomme du docteur. On peut citer encore les sumacs du Canada et à fleurs vertes, espèces ornementales assez élégantes ; les sumacs aromatique et odorant , cultivés surtout à cause de leur odeur agréable ; le Sumac à cinq feuilles, qui croit en Algérie et donne une belle couleur rouge ; le sumac strié du Pérou, qui fournit à la teinture un trèsbeau noir; le sumac succédané, qui possède quelques-unes des propriétés médicales indiquées plus haut. D autres espèces moins connues fournissent des mordants pour teindre en rouge ou en noir le lin, le coton on la soie. Enfin, c'est à ce genre qu'appartient l'arbrisseau indigène connu sous le nom de fustet. V. ce mot.
SUMAN s. m. (su-man). Mamm. Race chinoise de chats domestiques.
SUMATRA, nommée Saborma par les Arabes et Andelis par les indigènes, lie de l'Océanie, la plus occidentale de la Malaisie et la plus grande, après Bornéo, de l'archipel Malais. Divisée en deux parties à peu près égales par la ligne équatoriale, cette lie s'étend dans la direction oblique du N.-O. au S.-E., entre 5° 40' de latit. N. et 5» 50' de latit. S. et entre 92" 55'-L03o 40' de longit. E-, mesurant ainsi 1,500 kilom. dans sa plus grande longueur, sur 320 de largeur moyeune. Superficie, 470,000 kilom. carres, avec 6 millions d'habitants. Les districts de l'île qui font partie des possessions médiates ou immédiates des Hollandais figurent dans ce chiffre pour 8,190,000 âmes. La capitale de la
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colonie néerlandaise de Sumatra est Padang; les autres résidences hollandaises sont : Palembang, Lampong, Bencoulen, Rio, Ayer, Bongis, Assakan, Banca , etc. , auxquelles il convient d'ajouter quelques Etats tributaires. Le reste de la population est compris dans des Etats indépendants, tels que les royaumes d'Achem ou Atchin, de Siak et det Battas.
L'ile de Sumatra est baignée au N., au S. et à l'O. par l'océan Indien; au S.-E., par îe détroit de la Sonde, qui la sépare de l'île de Java; à TE., par la mer de Java, par le détroit de Banca, qui la sépare de lue de ce nom, et parla mer de la Chine; au N.-E., par le détroit de Malacca, qui la sépare de la presqu'île de même nom. Les côtes de l'île de Sumatra ne présentent aucun enfoncement très-profond ; à l'E. et au N.-E., ces côtes sont, en général, basses et marécageuses, et la mer qui les baigne est en partie couverte d'îlots et de bancs de sable. Ces côtes présentent de larges rades, des criques, des anses, des baies, des caps, des promontoires, des langues de terre d'un effet aussi pittoresque qu'attrayant ; mais les fonds mouvants et les bancs de corail qu'on y rencontre rendent la navigation fort dangereuse. A l'exception de Sibogha, les navires, même d'un faible tonnage, ne trouvent pas un port où l'on puisse embarquer et débarquer les marchandises. Il faut que des sortes de chalands aillent chercher en pleine mer passagers et marchandises.
L'Ile est traversée dans toute sa longueur par une chaîne de montagnes élevées, qu'accompagnent des chaînes secondaires; mais la chaîne principale est plus rapprochée du rivage occidental que du rivage oriental. Les principaux sommets de cette chaîne sont : le Gounong - Api ou mont Ophir (4,500 mètres), le Gounong - Kosumbra (4,694 mètres), le Passma (4,252 mètres); on y trouve dix-huit volcans, les uns éteints, les autres en activité, et dont les plus importants sont le Gounong-Dembo (3,628 mètres) et le Gounong-Berapi (1,962 mètres). Cette constitution volcanique rend l'île sujette aux tremblements de terre. De ces montagnes descendent de nombreux cours d'eau qui fertilisent la contrée et forment plusieurs lacs considérables. Les rivières les plus importantes sont : le Siak, l'Indragiri, le Toulong et le Moussi. Plusieurs de ces rij vières, au cours torrentueux, forment des ! cascades importantes ; celle de Monsélar est la plus remarquable. Le climat de Sumatra est variable sans être jamais froid; quoique placée sous l'équateur, l'Ile n'a point une température très-élevée; le thermomètre centigrade y monte rarement au-dessus de 30°. Les habitants des montagnes font du fau pendant les fraîches matinées de l'automne et de l'hiver; mais ils ne connaissent ni la gelée, ni la neige, ni la grêle. Le tonnerre et les éclairs y sont fréquents pendant la mousson du N.-O.; la mousson du S.-Ë., qui est sèche, commence en mai et se prolonge jusqu'en septembre. La côte occidentale, couverte de vastes marécages, a été surnommée la ■ côte de la peste , > à cause des fièvres pernicieuses qui y règne-nt. Mais les contrées montueuses et la côte orientale sont très-salubies; aussi ces parties sontelles très-peuplées et couvertes de villes et de villages.
L'iie de Sumatra est très-fertile et on y trouve de magnifiques vallées; mais il n'y a encore qu'une faible partie du sol qui soit défrichée. Des forêts impénétrables couvrent presque toute la région montagneuse et une grande partie de la côte occidentale. Ces forêts fournissent à la marine des mâts qui ont jusqu'à 22 mètres de longueur sur 2m, 25 de diamètre a la base. Les principales essences des forêts de Sumatra sont : l'ébénier, le teck et l'arbre de fer, La végétation de Sumatra est aussi luxuriante et aussi variée que celle des Indes. On y cultive du riz de deux espèces, formant la base de l'alimentation des indigènes ; on y trouve l'igname, la patate douce, la noix de coco, la pistache de terre, le ricin, le sésame, qui fournit une grande quantité d'huile, la canne a sucre et le palmier. Parmi les fruits, mentionnons le mangoustan , vanté comme un remède universel, le fruit de l'arbre k pain, le pommier malais, l'ananas, le goyave, le citron, les oranges et les grenades. La production la plus abondante est celle du poivre, qui donne deux récoltes par an ; on y cultive aussi le poivre bétel, dont les habitants de l'Inde et surtout les Malais font un fréquent usage depuis un temps immémorial. Citons encore: le camphre, la cassia ou fausse cannelle et le caféier, qui a été introduit par les Européens. Les productions que l'on cultive avec le . plus de soin à Sumatra sont le riz, le tabac et le café. Le gouvernement hollandais a monopolisé ce dernier produit, que les indigènes ne peuvent vendre qu'à lui seul , moyennant un prix déterminé d'avance.
Comme les employés hollandais sont obligés d'acheter le café que leur apportent les indigènes, cette denrée est devenue dans l'intérieur de l'île une sorte de monnaie courante. Le gouvernement réalise annuellement sur ces achats un bénéfice de 6 à 7 millions.
Pour terminer la nomenclature de la faune de Sumatra, ajoutons que cette lie possède la plus grande fleur qui existe: c'est le rafflesia Arnotdii, qui , épanoui , a l mètre de diamè-
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tre et 8 mètres de circonférence; le creux qui termine le calice peut contenir g litres d'eau. La faune de cette lie est encore plus riche et plus variée que sa flore. On y trouve plusieurs espèces de singes, entre autres l'orang-outang, des tigres, des léopards, des éléphants, deux espèces de rhinocéros, l'une unicorne, l'autre bicorne; le tapir malais, presque aussi gros qu'un buffle et remarquable par sa couleur; enfin un grand nombre d'autres quadrupèdes de petite taille. L'ornithologie y est représentée par de nombreuses variétés qui se font admirer par la magnificence de leur plumage. Les plus remarquables sont : Vardea argala , la plus grande espèce connue du genre grue; une variété du casoar; l'hirondelle salangane, dont on mange les nids. On y compte vingt espèces de serpents; les fleuves sont infestés de crocodiles et les insectes pullulent partout. Parmi les animaux domestiques, il faut citer les chevaux de Sumatra, qui sont petits, mais vigoureux; les bœufs, de médiocre grosseur, tout à fait distincts de l'espèce quon trouve à Java; le buffle, employé à des travaux domestiques; les brebis, les chiens et deux espèces de chats, dont une a la queue tortillée et l'autre est privée de cet appendice. Les richesses minérales de Sumatra sont variées et importantes ; il est peu de pays qui possèdent plus de métaux précieux ou utiles. Dans les montagnes, on* trouve de nombreuses mines d'or, qui fournissent annuellement une quantité d'or évaluée à 3 millions de francs. Le gouvernement hollandais fait exploiter pour son compte ces mines, ainsi qu'une mine de diamants assez productive. L'étain se trouve principalement aux environs de Palembang; les mines de cuivre sont mal exploitées et celles de fer ne sont ni nombreuses ni importantes ; mais le territoire de Pisang repose presque entièrement sur une couche de cristal de roche. On trouve aussi à Sumatra du granit et du marbre dans les montagnes, du pétrole, du soufre, du salpêtre et de la houille. L'industrie manufacturière de Sumatra est k peu près nulle -, les établissements que les Hollandais y ont fondés sont des comptoirs de commerce, où, l'on échange les produits du sol contre des marchandises importées d'Europe ou d'Asie (Inde et Chine); du reste, une grande partie de ce commerce aété accaparée parles Chinois, qui servent d'intermédiaires entre les indigènes et les Européens. Les principaux articles du commerce de Sumatra sont : le riz, le camphre, le corail, le poivre, le café et les épiées.
Les indigènes, de race malaise, ont dominé sur tout l'archipel de la Sonde au xme siècle et forment plusieurs Etats indépendants. Les uns sont mahométans, les autres idolâtres. Quelques - uns sont à demi civilisés. C'est ainsi qu'on trouve dans le pays des Battas un peuple industrieux qui travaille les métaux, a des lois écrites, une littérature assez riche et qui cependant pratique l'anthropophagie.
Chez eux, la loi condamne à être mangés vivants ceux qui se rendent coupables d'adultère, ceux qui commettent un vol pendant la nuit et les prisonniers de guerre. • Quiconque a commis un de ces crimes, dit un écrivain, est condamné, amené sur la place publique, attaché à un poteau, dépecé et mangé morceau par morceau par la populace. Les femmes ne peuvent prendre part à ce festin. Lorsqu'il s'agit d'adultère, le mûri s'avance le premier vers la victime et choisit le morceau qui lui paraît le plus appétissant. Ce sont ordinairement les oreilles que le mari eutragé coupe et croque avec délices. Chacun se sert après lui. Quand tout y est passé, lorsqu'il ne reste plus que le squelette du condamné, le président de l'assemblée coupe la tête de la victime, qu'il emporte chez lui comme un trophée. Ces monstrueuses exécutions se font avec calme et recueillement. Chacun des invités mange un morceau de ohair humaine avec la conviction qu'il consomme, en faisant cela, un grand acte de justice. »
Le reste de la population se compose d'Indous, de Chinois, qui font tous les métiers, et de Hollandais, qui sont maîtres d'une partie du pays.
« Le gouvernement hollandais de Sumatra, dit M. de Lenthiolle, s'étend d'Indrapoura au sud jusqu'à Singkel au nord, frontière de l'empire d'Atchin. L'a partiesud de l'île forme deux districts, les Lampongs et Bencolen, administrés séparément et relevant directement de Batavia. La côte Est, sur le détroit de Malacca, est divisée en deux résidences, Palembang et Siak. , indépendantes également du gouvernement de Sumatra. Ce gouvernement comprend deux résidences , celle du pays haut et celle du littoral ; l'administration est confiée kun gouverneur civil, qui a sous ses ordres un certain nombre de résidents, assistants-résidents et contrôleurs. Ces ■employés sont placés, suivant les besoins du service, dans les diverses places de l'intérieur de la colonie ; ils sont chargés de veiUer au maintien de l'ordre et de la tranquillité parmi les populations, de présider les tribunaux militaires, de faire exécuter la justice, de tracer les routes, d'entretenir les chemins, enfin principalement de percevoir les impôts, de surveiller la culture du café et d'empêcher le détournement de cette denrée. ■ Dans cette œuvre d'administration et de contrôle sur des territoires excessivement vastes, les
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fonctionnaires sont assistés par quelques soldats de police indigène et par des Malais chargés de veiller à la garde des magasins de café. L'administration, qui, comme le gouverneur, appartient à l'élément ,ci vil, s'attache à encourager la culture, les industries locales, h remédier au mauvais état des rou tes, etc. Quant au gouverneur, qui dépend du gouverneur général résidant k Batavia, il n'a qu'une autorité fort restreinte. Les indigènes ont des tribunaux qui leur sont propres. Les Européens et les étrangers sont soumis à la juridiction d'un tribunal unique, dont les juges sont des ofriciers, dont le président est un magistrat nommé par le gouverneur général, et qui juge k la fois les affaires civiles et criminelles. L'armée , en temps ordinaire, comprend environ 2,000 hommes et est composée d'Européens, de Javanais et de naturels d'Àmboine, habillés à l'européenne. Elle se recrute au moyen d'enrôlements de six ans, pour lesquels on donne une prime d'argent. A Sumatra, la terre appartient au village, et chaque habitant n'a que la jouissance du terrain qu'il a cultivé et ensemencé. Le budget de Sumatra est évalué à environ io millions de florins. L'excédant des recettes, qui varie de 1,500,000 à 2 millions de florins, est envoyé à la métropole.
Le gouvernement hollandais a fait utiliser le télégraphe qui suit la côte occidentale de l'île pour déterminer les longitudes précises de trente et une localités du littoral. D'autres lignes télégraphiques sont construites en d'autres points de l'Ile, et bientôt tout un réseau de fils s'étendra sur cette terre si peu connue et naguère peuplée seulement de sauvages. Ce n'est plus contre l'indigène maintenant qu'il faut protéger les poteaux du télégraphe, c'est contre l'éléphant. On a remarqué que cet animal n'aime pas les grands pieux plantés au milieu de ses forêts ou des savanes. A Java, ce sont les buffles et les rhinocéros qui s'attaquent aux poteaux. Mais éléphants et rhinocéros auront à reculer bientôt devant la locomotive, car à Sumatra, comme à Java, on commence à construire des chemins de fer à travers les campagnes.
L'île de Sumatra fut découverte en 1508 par le Portugais Siqueira, mais resta pendant longtemps très-peu connue des Européens.
Les Mémoires de Muller, publiés en 1778, et ceux de Marsden (1793) contribuèrent k attirer l'attention des Occidentaux sur cette lie. Sir Stamford Raffles, qui y fut envoyé en 1818 en qualité de gouverneur, fut le premier Européen qui visita l'intérieur de Sumatra. Anderson , qui visita l'île en 1823, donna des peuples qui l'habitent une connaissance plus détaillée. L'établissement des Hollandais à Sumatra date de 1599, époque à laquelle ils commencèrent la soumission du royaume de Palembang. Dès I69S, les Anglais s'établirent à Bencoulen, sur la côte occidentale, et y bâtirent le fort de Marlborough; mais en 1824 ils cédèrent aux Hollandais toutes leurs possessions de Sumatra. Ces derniers y dominent donc sans concurrents, mais non sans trouver de la résistance chez les indigènes, notamment les Atchinois, avec qui ils ont dû faire une longue guerre (1873-1874).
SUMATRIEN, IENNE s. et adj. (su-ma-triain, i-è-ne). Géogr, Habitant de Sumatra, qui appartient à Sumatra ou à ses habitants , Les Scmatkhsns. La population sumatriknnk.
SUMBA, lie de l'Océanie, dans l'archipel de la Sonde. V. Samba.
S0MBAVA, lie de l'Océanie, dans la Malaisie, la plus occidentale de l'archipel de Sumbava-Timor, dans la mer de la Sonde, à l'E, de l'île de Lombock et k l'O. de Florès, entre 80 io'- 9» 7' de latit. S. et entre 114° 22'- 116o 50' de longit. E. Elle mesure 280 kilom. de l'E. à l'O. et 95 kilom. du N. au S. ; 50,000 hab. Elle est partagée en petits Etats, tributaires des Hollandais; ies plus importants sont ceux de Sumbava au N., aveu une ville du même nom sur la côte septentrionale de l'île ; de Bimaà l'E. et de Timboro au centre. L'île est traversée de l'E. à l'O. par une chaîne de montagnes qui renferme plusieurs volcans ; celui de Tiinboro est fameux par son éruption de 1815, qui causa de grands ravages (12,000 personnes furent victimes de cette catastrophe). L'Ile de Sumbava est fertile en riz, arachides, tabac, bois de teck, nids d'oiseaux, salpêtre, soufre ; ou y trouve aussi de la poudre d'or et l'on pêche sur les côtes une grande quantité de perles. Exportation des produits de l'Ile et importation d'opium, étoffes de l'Inde et marchandises d'Europe.
SCMBAVA-T1MOR (archipel de), nom donné k un. groupe d'îles de l'Océanie, a l'E. de Java, dans la mer de la Sonde. Les plus importantes sont, en allant de l'E, à l'O. : Timor, Sabrao, Solor, Florès, Samba et Sumbava, V. ces mots.
SUMBUL s. m. (son-bul). Bot. Plante ombelhfere inconnue, qui croît en Perse, et qui fournit une résine médicinale.
SUMÈNE, bourg de France (Gard), ch.-I.
de cant., arrond. et à 13 kilom. E. du Vigan, sur le Rieutort; pop. ag-gl., 1,993 hab. — pop. tôt., 3,135 hab. Fabrication de bonneterie de coton, filature de soie; houille, minerai de fer et de plomb.
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SCSIIDORO, rivière de l'empire du Drésil, province de Matto-Grosso. Elle descend du versant septentrional de la serra dos Paryeis, coule au N. et se jette dans l'Arinos, après un cours de 350 kilom.
SDMMANALIES s. t. pi. (somm-ma-pall — lat. summanalia, même sens). Antiq. rom. Gâteaux, en forme de roue, que l'on offrait à Summanus.
SUMMANUS, un des noms de Pluton, chez les Latins.
SUMMAH1PA (Georges de Sommariva, plus conDU sous le nom latin de), chevalier et poète italien, né à Vérone en I43f>, mort vers la fin du xvo siècle. Il étudia lu jurisprudence et fut nommé, en 14S8, gouverneur de Gradisca. On a de lui : la liatracomiomachia d'Omero, trad. in ter sa rima (Vérone, 1470, in-4°); Satire de Giovenate, trad. l'u tersa rima (Trévise, 1480, in-fol., et Venise, 1530, in-8°) ; Martirio del àeatn Simone di Trento (Trévise, 1480, in-4°) ; Crânien délie cose geste nel regno Nap'otitano, per anni 959, dnW anno 537 insino al 1495, per rithmos tompiUtta (Venise, 1496, in-4») ; Rime (sans date).
SUMMATE s. m. (somm-ma-te — lat. summa.!,- de summus, élevé). Hist, rom, Décurion de la première classe.
SUMMATYE s. m. (somm-ma-tl). Féod. Corvée, il Service de bêtes de somme que le vassal devait à son seigneur.
SUMMERV1LLE, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de la Caroline du Sud, à 90 kilora. N. de Charleston, sur le chemin de 1er de Charleston à Madison , dans la Géorgie ; 3,700 hab.
SCMMONTE (Jean-Antoine), historien italien, né à Naples vers le milieu du xvie siècle, mort dans la même ville en Iti02. 11 était notaire et procureur lorsque, en 1601, il publia une Jsloria délia cilla et regno di Napoli (Naples, 4 vol. in-4°), dans laquelle il révélait la basse extraction de la plupart des familles nobles de Naples. L'ouvrage fut saisi, brûlé, et l'auteur, jeté en prison, y mourut de chagrin. Outre cette chronique, qui s'arrête à 1582, qui abonde en renseignements précieux et dont il existe plusieurs éditions, on doit à Summonte : Alanuale divinorum officiorum, quss juxta ritum S. E. H. recitanlur (Naples, 1596, iu-8<>).
SUMMUM s. m. (somm-momm — mot lat.).
Plus haut point, plus haut degré : Toutes les œuvres du génie sont le summum d'une civilisation. (Balz.)
SUMMUM JCS, SUMMA INJURIA (Justice extrême, extrême injustice), Phrase de Cicéron.
• La justice, dit Montesquieu, consiste à mesurer la peine à la faute, et l'extrême justice est injustice lorsqu'elle n'a nul égard aux considérations raisonnables qui doivent tempérer la rigueur de la loi. » Cette pensée est le résumé de toute la doctrine de cet immortel publiciste sur la composition des lois. Il a posé en principe que l'esprit de modération doit être celui du législateur.
• La justice n'est pas toujours inflexible et ne montre pas toujours un visage sévère. Elle doit être exercée avec quelque tempérament, et elle-même devient inique et insupportable quand elle use de tous ses droits. La droite raison, qui est son guide, lui prescrit de se relâcher quelquefois, et la bonté qui modère sa rigueur extrême est une de ses parties principales... La justice est établie pour maintenir la société parmi les hommes. La condition pour conserver parmi nous la société, c'est de nous supporter mutuellement dans nos défauts... La faiblesse commune de l'humanité ne nous permet pas de nous traiter les uns les autres en grande rigueur. •
Voltaire a dit :
Qui n'est que juste est dur, qui n'est que sage est
(triste.
Le fameux parasite Montmaur fit une application plaisante de ce texte latin. Un jour qu'il dînait chez le chancelier Séguier, il eut son habit taché par du jus qu'un domestique y laissa tomber en desservant, et, comme il soupçonnait le magistrat d'être l'auteur de cette mauvaise plaisanterie, il dit en le regardant : Summum jus, summa injuria.
« Plusieurs des jugements d'Horace seront à discuter, peut-être à contester. 11 a quelquefois traite ses prédécesseurs, Lucilius d'abord et ensuite la plupart des autres poètes de l'ancien temps, avec cette justice rigoureuse dont on peut dire : Summum jus, summa injuria. •
Patin.
■ De l'aveu même de3 jurisconsultes, rien de plus injuste, et conséquemment de plus contraire à la morale, que le droit, s'il était rigoureusement observé : Summumjus, summa ■njuria. '
D'Holbach.
SUMNER (John Bird), prélat anglais, né en 1780, mort en 1802. 11 lit ses études à l'université de Cambridge et fut reçu inuître es arts en 1807. Suraner était marié et chanoine de Durhara depuis 1883, lorsqu'en 1828 il se rit recevoir docteur en théologie. Cette même
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année, il devint évéqiie de Chcster et obtint, vingt ans plus tard, l'archevêché de Cantorbéry, position qui, jointe au titre de primat d'Angleterre, en frisait Je premier dignitaire de l'Eglise anglicane. Comme homme politique, il se rangea dans le parti des libéraux et soutint la cause du bas clergé, contrairement aux prétentions de son adversaire principal, l'évêque d'Exeter, qui soutenait les prétentions aristocratiques de la haute Eglise. M. Sumner dépensait presque entièrement à la défense de cette cause son énorme revenu d'un million et demi. On a de lui divers ouvrages, parmi lesquels il faut citer : De la certitude d'une création ; Démonstration de la vérité du christianisme ; Exposition des évangélistes, la Prédication des apâtres, et des Sermons fort remarquables.
SUMNER (Edwin-Vose), général américain, né à Boston en 1796, mort à Syracuse (Missouri) en 1863. Entré ou service en 1819, il fut nommé, au bout de quatre ans, souscommissaire aux vivres, passa ensuite dans la cavalerie et reçut en 1848, après une br:llame campagne au Mexique, le titre de colonel du 1er régiment de dragons des Etats- Unis. Chargé en 1854 d'une mission près do Napoléon III, il fut, à son retour en Amérique, envoyé à la frontière contre les Indiens. Au début de la guerre civile, il commanda le 2e corps de l'armée du Potomac, "prit part aux combats livrés devant Richmond et se distingua particulièrement aux batailles de Fair-Oaks, d'Hagersi&wn , de Sharpsburg, d'Antietam-Cieek. Promu ensuite au commandement du i«r corps d'armée, il devint major général après les premiers engagements devant Richbourg, et, à la suite de l'affaire de Frederiksburg, i) donna sa démission. Quelque temps avant sa mort, il avait été appelé au commandement du Missouri.
SUMNEH (Charles), homme politique américain, né à Boston en 1811, mort à New- York en 1874. Il fit ses études au collège d'Harvard et son droit à l'université de la m?me ville, puis débuta comme littérateur, vers 1830, dans V American Jurist, journal dont il prit, peu de temps après, la direction. Inscrit au barreau de Boston en 1834, il fut chargé de la rédaction des comptes rendus judiciaires. Sumner publia ensuite, pendant trois années , le.s conférences sur le droit qu'il faisait à l'Ecole spéciale de Cambridge. En 1836, il fit paraître, avec un appendice et des commentaires, le Traité sur la pratique des cours d'amirauté dans les causes civiles de juridiction maritime, d'Andrew Dunlap. Il partit ensuite pour l'Europe, où il voyagea trois années, et, pendant son séjour à Paris, il écrivit, à la requêta du général Cass, ministre des Etats-Unis à Paris, la Défense des droits des Etats-Unis d'Amérique sur la frontière du Nord-Est. Cette brochure, pleine de force et de clarté , fut trèsremarquée en France comme en Amérique , et contribua à établir la réputation de l'auteur. Il recommença, en 1843, ses leçons de droit à l'Ecole de Cambridge et commenta les Vesey's Reports, immense recueil de jurisprudence qui ne contient pas moins de vingt volumes. Lors de l'annexion du Texas, il se montra fort opposé à cette mesure et appuya énergiquement, en 1848,1a candidature de Van Buren.Elu en 1851 membre du sénat des Etats-Unis, Sumner s'y plaça par son éloquence au premier rang du parti avancé cl se montra l'adversaire acharné de l'odieuse institution de l'esclavage. Il n'en fallut pas davantage pour que ce noble champion de la justice se vit accusé par les esclavagistes de prêcher le bouleversement de l'ordre social et fût accablé d'injures et d'outrages.
Eu 1856, lors de la discussion qui eut lieu au congrès au sujet de l'admission du Texas parmi les Etats de l'Union, Sumner prononça un éloquent discours pour demander que, conformément au compromis du Missouri, l'esclavage fût exclu du nouvel Etat. Ce discours, qui eut un grand retentissement, excita à un tel point la fureur des esclavagistes que l'un d'eux, Preston Brooks, sénateur de la Caroline du Sud, se livra sur Sumner au plus odieux attentat. Il frappa lâchement ce dernier par derrière, dans la salle même du sénat, avec une canne plombée, le renversa, redoubla de coups, puis sortit tranquillement de la salle avec deux autres sénateurs qui avaient empêché les assistants d'intervenir. Il s'ensuivit pour Sumner une grave maladie nerveuse qui, pendant trois uns et demi, le retint éloigné du sénat et qui devait finir par causer sa mort. Le parti qui employait de telles armes devait succomber. Sumner lui porta des coups plus sûrs. Réélu membre du sénat par Boston, il devint, dans cette assemblée, président du comité des affaires étrangères. Lorsque les esclavagistes se mirent eux-inê-'* mes hors la loi en déchaînant la guerre civile (1861), Sumner soutint avec énergie le gouvernement de Lincoln, puis décida le président de la république à proclamer l'abolition de l'esclavage, mesure décisive qui confondait justement la cause du Nord avec la cause de l'humanité et du droit. • Dira-t-on encore de l'autre côté de l'Atlantique, écrivait alors Charles Sumner, que l'esclavage n'a rien à faire dans cette guerre , que toutes les idées généreuses se trouvent du côté des rebelles,
SUUIt
que la séparation est inévitabl? et que notre tanins assistera au démembrement de cette | république? b Lorsque la cause de la justice eut triomphé (1865), Sumner demanda au sénat de rendre applicables aux Etats du Sud toutes les mesures votées en faveur de l'abolition de l'esclavage par les Etats du Nord ' fiendant la période de la guerre civile. Sous a présidence d'Andrew Johnson, il se montra opposé à la politique de ce dernier, qui voulait faire rentrer au plus vite dans l'Union les Etats révoltés, et fit partie des sénateurs qui demandèrent sa mise en accusation, sous l'inculpation d'usurpation de pouvoir. Sous la présidence du général Grant, Sumner continua à être le chef autorisé du parti radical. Comme président du comité des affaires étrangères, il fit rejeter, à la suite d'un éloquent discours, le traité que Reverdy Johnson avait passé avec l'Angleterre au sujet de l'interminable affaire de YAlabama. En 1872, à l'occasion des élections présidentielles, il se prononça vivement contre la réélection de Grant et pour la candidature d'Horace Greeley. Sa sunté, à cette époque, était profondément altérée. Il lit un nouveau voyage en Europe, mais en revint toujours souffrant. Pendant ce temps, le général Grant avait été réélu président et la grande popularité de Sumner avait diminué. Le sénateur de Boston succomba au mois de mars 1874. C'était un penseur plus encore qu'un homme d'action, un esprit délicat et fier, peu fait pour les compromis politiques, dévoué à une grande cause, mais plaçant si haut son idéal qu'il devait être froissé et déçu par les misères de la réalité. Aussi se mêla-t-il à ses dernières luttes politiques beaucoup d'amertume et de tristesse. Outre les écrits précités, on lui doit : l'Esclavage blanc dans les Etats barbaresques (Boston, in-12) et un recueil de Discours (1850, 2 vol. in-12).
SUMPIT s. m. (son-pi). Ichthyol. Nom vulgaire d'un poisson du genre centrisque, qui vit dans la mer des Indes.
SUMHOO ou SUMBOU (la béguni) , princesse souveraine du district de Sîrdhana, dans l'ancien royaume de Delhi, en Indoustan, une des plus curieuses et des plus remarquables physionomies de l'histoire de l'inde moderne, née en 1770, morte à Mirut en 1836. Cette femme, qui avait été d'une beauté remarquable, était, selon les uns, fille d'un noble mongol; selon les autres, elle avait été danseuse à Cachemire. Elle fut achetée fort cher par un aventurier allemand nommé Reinhard, venu aux Indes comme charpentier à bord d'un navire de guerre français, et que son humeur farouche, ainsi que son teint foncé, avait fait surnommer par ses camarades le Sombre, nom qui devint Sumroo dans la bouche des indigènes. Ce Sumroo , après maintes aventures, était devenu le favori du souverain de Delhi, le schah Nufjuf- Khan, et en avait reçu la souveraineté du Jaghire, district de Sirdharia. Ce fut là qu'il épousa la belle bayadère qui, en se mariant, se convertit au catholicisme. Comme toutes les femmes de princes souverains, elle prit le titre de béguin. A la mort de Sumroo, elle hérita du district et de tous les pouvoirs de son mari et sut les conserver, grâce à sa mâle énergie, à la fermeté sauvage de son caractère, non moins qu'à son astucieuse politique. En 1782, Scindiah ayant usurpé le pouvoir du Grand Mogol, sinon son titre, la béguin Sumroo ye rallia à sa fortune et en obtint un accroissement de territoire. A la bataille d'Assaye, elle se joignit à Scindiah contre les Anglais; ses cinq bataillons furent même les seuls que ne put rompre la cavalerie anglaise. En 1795, elle épousa un aventurier français, nommé Le Vaisseaux ou Le Vassu, qui ayant acquis des richesses considérables par toutes sortes de vols et de rapines, s'était proclamé indépendant et vivait à Mirut en véritable prince. La petite année de pillards qu'il avait à sa solde aida la béguin à consolider sa puissance; niais il vint un moment où le partage du pouvoir ne convint plus à l'astucieuse princesse, et elle se débarrassa de Le Vassu à l'aide d une comédie effrontée. L'avarice et la cupidité du vieux corsaire avaient excité dans les troupes de vifs ressentiments ; ta béguni excita secrètement les soldais à la révolte, et, au premier mouvement, elle lit semblant de fuir avec son mari et un fils qu'elle avait de Sumroo, Jaffer- Klian. Ils s'évadèrent au milieu de la nuit, suivis d'un petit nombre de gardes et d'esclaves dévoués; au matin, des complices de la béguni accoururent tout effrayés, criant que les soldats étaient à leur poursuite et voulaient les égorger. Sumroo jure qu'elle ne tombera pas vivante entre les mains des rebelles, et Le Vassu désespéré fait le serinent de la suivre au tombeau. En ce moment, les prétendus rebelles atteignent l'escorte et la dispersent-, les deux palanquins qui portaient Sumroo et son mari sont séparés. Au milieu de la confusion, les femmes de Sumiûo poussent des cris horribles: ■ La béguin est morte I la bégum est morte I • L'une d'elles, l'esclave favorite, apporte à Le Vas.->u un châle ensanglanté et lui annonce que Sumroo s'est frappée de son poignard ; Le Vussu tire aussitôt un de ses pistolets et se brûle la cervelle. La béguni sortit alors de son palanquin, harangua les troupes et, leur distribuant une partie des sommes considérables dont elle avait décidé Le Vassu à