V. Huao
— Miner. Se dit d'un cristal prismatique, lorsqu'il est terminé par des sommets trèsbas.
SURBAISSEMENT s. m. (sur-bè-se-raan — rad. surbaisser). Archit. Quantité dont une arcade, une voûte est surbaissée : Le trop grand surbaissement nuit à la solidité,
— Techn. Seconde taille pratiquée sur une moulure, pour la dégager.
SURBAISSER v. a. ou tr. (sur-bè-sé — du préf. sur, et de baisser). Archit. Donner une forme surbaissée à : Si l'on surbaisse trop tes voûtes, on diminue leur solidité.
SURBANDE s. f. (sur-ban-de — du préf.
sur, et de bande). C'hir. Bande qui s'applique sur la compresse.
— Artill. Bande de fer servant à retenir les tourillons d'une pièce de canon dans l'encastrement.
— Arquebus. Chemin que le chien d'un fusil ou d'un pistolet peut faire en arrière, quand il est armé:// faut éviter de donner au chien trop ou trop peu de surbandb.
SURBASIQUE adj. (sur-ba-zi-ke — du préf. sur, et de basique). Chim. Qui a un excès de base : Sel surbasique.
SURBAU s. m. (sur-bo — du préf. sur, et do bau). Mar. Chacune des pièces qui formeut le cadre d'une écoutille, et qui sont clouées sur les baux.
SURBECK (Eugène- Pierre de), fils de Jean- Jacques Surbeck, maréchal de Eranee, né h Paris en 1678, mort à Bagneux, prè3 de Paris, en 1741. Il entra au service de la France, parvint au grade de Capitaine commandant de la compagnie générale des gardes-suisses et assista, en 1738, aux campagnes de Flandre, d'Alsace, de Hongrie, etc. Il a laissé des Mémoires sur les événements dans lesquels il avait joué un rôle, et un ouvrage de numismatique resté manuscrit.
SUUBO, bourg du royaume d'Italie, pro-
SURC
vince de la Terre d'Otrante, district et mandement de Lecce ; 2,145 hab.
SUBBOUCHAGE s. m. (sur-bou-cha-je — ••ad. surboucher). Action de surboucher, bouchage additionnel
SURBOUCHE s. f. (sur-bou-che — du préf. sur, et de bouche). Entom. Chaperon de ia bouche des insectes.
SUBBOUCHER v. a. ou tr. (sur-bou-ché
— du préf. sur, et de boucher). Boucher pardessus le bouchon : Le liège ne s'oppose pas suffisamment à l'évaporation de certains liquides, et il est -nécessaire de les surboucher avec de l'étain ou de la cire.
SURBOUT s. m, (sur-bou — du préf. sur, et de bout). Constr. Grosse pièce de bois tournant sur un pivot, qui reçoit des assemblages de charpente, et que l'on emploie dans diverses machines.
SURBRISER v. a- ou tr. (sur-bri-zé — du préf. sur, et de briser). Blas. Briser de nouveau, en parlant d'armoiries déjà brisées.
SURBRISURE s. f.(sur-bri-zu-re — rad, surbriser). Blas. Nouvelle brisure ajoutée à un écu qui en a déjà une.
SURCALCINER v. a. ou tr. (sur-kal-si-né
— du préf. sur, et de calciner). Calciner fortement, à l'excès.
SURCARBONATE s. m. (sur-kar-bo-na-te
— du préf. sur, et de carbonate). Chim. Carbonate ayant un excès de base.
SURCASE s. f. (sur-ka-ze — du préf. »-.ir, et de case). Jeux. Case où il y a plus de deux dames, au trictrac.
SURCENS s. m. (sur-sanss — du préf. sur, et de cens). Jurispr. féod. Rente seigneuriale qu'un héritage devait payer par-dessus le cens. Il Surcens foncier, Rente non seigneuriale, imposée sur le fonds par le propriétaire depuis le bail à cens.
— Encycl. On désignait par le nom do surcens, au moyen âge, par opposition au cens primitif, une seconde rente, dont le .tenancier grevait sa terre ou sa maison déjà chargée du cens. Cette nouvelle rente était constituée tantôt au profit du seigneur, tantôt au profit d'un étranger; dans le premier cas, comme indemnité pour l'abolition d'un service pénible ou pour la concession d'un privilège; dans le second cas, comme intérêt d'un capital avancé ou d'arrérages de la rente primitive capitalisés.
SURCHAIR s. m. (surchèr — du préf. sur, et de chair). Corara. Nom donné à des gants fabriqués à Grenoble.
SURCHARGE s. f. (sur-char-je — du prêt. sur, et de charge). Nouvelle charge, charge ajoutée à une autre : Débarrasser un cheval
de sa SURCHARGE.
— Imposition excessive.
— Augmentation de peines, de maux : Il avait déjà de la peine à subsister, et, par surcharge, il lui est survenu deux enfants. (Acad.) C'est une grande surcharge à un homme gui était déjà si accablé de douleur. (Acad.)
^ — Trop grande abondance : Il n'y a point d'éloquence où il y a surcharge d'idées. {Volt.) On ne trouve, dans les vers de Racine, pas un moi de surcharge ou d'e>,flure. (Rigoley de Juvigny.)
— Mots écrits sur d'autres mots : Les actes publics doivent être écrits sans rature ni surcharge.
— Turf. Surplus de poids imposé aux chevaux qui ont déjà gagné certains prix,
— Comm. Poids excédant le poids des bagages que chaque voyageur a droit de faire porter gratuitement avec lui. Il On dit aujourd'hui EXCÉDANT BE BAGAGES.
— Constr. Excès de charge donné à un plancher. Il Surélévation d'un mur. il Surcroît d'épaisseur donné à un enduit.
— Typogr. Ce qui, dans une composition, sort des conditions ordinaires, comme les tableaux, les sommaires, les notes et, généralement, toutes les parties accessoires dont l'exécution, étant plus difrieile ou plus longue que celle d'un texte uniforme, nécessite une augmentation dans le prix établi pour ce dernier.
SURCHARGÉ, ÉE (sur-char-jé) part, passé du v. Surcharger. A qui l'on a donné une surcharge, une nouvelle charge, une charge excessive : Cheval surchargé. Mur surcharge.
— Qui supporte une peine, une fatigue, une charge : Etre surchargé de travail. Etat surchargé d'impôts. Ménage surchargé d'enfants.
— Qui abonde à l'excès : Le code des prêtres est surchargé de lois étranges, destructives des lois naturelles. (B. Const.) Les tables des riches, surchargées de viets autsi ezguis que variés, sans cesse agacent l'appétit au delà du besoin, (Virey.)
Et, surchargé de jours, il n'aspire qu'au terme.
— Qui est couvert par une surcharge, par une autre écriture : Mot surchargé.
— Fourneau surchargé, Fourneau de mine dans lequel le rayon de l'entonnoir eit plus
STJRC
grand que la distance du centre des poudres a la surface du sol.
— Blas. Se dit d'une pièce chargée d'une autre pièce qui en porte une troisième : De Combeau d'Auteuil : D'or, à trois merlettes de sable , au chef de gueules, chargé à dextre d'un écusson du champ, surchargé d'un lionceau de gueules et de huit coquilles du même en orle.
SURCHARGER v. a. ou tr. (sur-ebar-jé — rad. surcharge. Prend un e après le g devant a et o : Je surchargeai ; nous surchargeons). Imposer une charge, une charge excessive : Surcharger un 'cheval. Surcharger un mur. Suhcbarger un bateau. Surcharger un commissionnaire.
— Ecrire un autre mot ou d'autres mots sur : Surcharger un mot, une ligne.
— Donner une charge, des soins, des travaux excessifs à : Surcharger ses employés.
— Lever des impôts excessifs sur ; Surcharger une ville, un département.
— Charger, embarrasser inutilement : Prenons garde de surcharger nos décrets de formules oiseuses. (Mirab.) Sous Louis XIV, les dames surchargèrent leur front d'un édifice colossal nommé fontange. (De Ségur.)
Des riens approfondis dans un long répertoire, Sans éclairer l'esprit, surchargent la mémoire.
Voltaire.
— Surcharger son estomac, Manger ou boire excessivement.
Se surcharger v. pr. Etre, devoir être sur-" chargé : Une voûte ne se surcharge pas ainsi.
— S'imposer une surcharge : Se surcharger de travail, d'affaires. Je ne veux pas qu'on se surcharge d'obligations. (Ganganelli.)
SURCHAUFFAGE s. m. (sur-cbô-fa-je — rad. surchauffer ). Action de surehautîer ; Surchauppage de la vapeur.
SURCHAUFFER v. a. ou tr. (sur-chô-fé — du préf. sur, et de chauffer). Techn. Chauffer à l'excès : On brûle te fer quand on le surchauffe.
— Surélever la température de : Surchauffer de ta vapeur.
•SURCHAUFFEUR s. m. (sur-chô-feur — rad. surchauffer). Appareil servant à surchauffer la vapeur, dans les locomotives.
SURCHAUFFURE s. f. (snr-chô-fu-re — rad. surchauffer). Techn. Défaut du fer ou de l'acier surchauffé.
SURCHOIX s. m. (sur-choi — du préf. sur, et de choix). Comm. Premier choix, première qualité : SURCHOIX de cacao.
SURCHROMATE s. m. (sur-kro-ma-te — du préf. sur, et de chromaté). Chim. Chromate qui contient un excès de base.
SURCILIER , ÈRE adj. (sur-si-lié). Anat. Syn. de sourciller.
SURCILIO-CONCHIEN , IENNE adj. (sursi-li-o-kon-ki-ain, i-è-ne — de sourcil, et de conque). Anat. Se dit d'un muscle qui s'étend du sourcil à la conque de l'oreille.
— s. m. Muscle surcilio-conchien : Le&VR-
C1LIO-CONCHIEN.
SURCOMPENSÉ, ÉE adj. (sur-kon-pan-sé
— du préf. sur, et de compensé). Qui est plus que compensé.
— Miner. Se dit des cristaux dans lesquels un des bords reste intact, tandis que deux autres subissent chacun deux décroissements.
SURCOMPOSÉ , ÉE adj. (sur-kon-po-sé — du préf. sur, et de composé). Gramni. Se dit des temps des verbes que l'on conjugue en redoublant l'auxiliaire avoir : /'aurais eu fait, vous auriez eu dit sont des temps surcomposés. (Acad.) Il Peu usité.
— Bot. Syn, de surdécomposb.
— Miner. Se dit des cristaux ayant un grand nombre de facettes qui résultent do diverses lois de décroissement.
— Ane. chim. Corps surcomposés ou substanti v. Surcomposés, Corps qui résultent de la combinaison de corps composés.
SURCOMPOSITION s. f. (sur-kon-po-zisi-on — du préf. sur, et de composition). Etat de ce qui est surcomposé.
SURCOSTAL, ale adj. (sur-ko-stal, a-le
— du préf. sur, et de costal). Anat. Qui est situé sur les côtes : Muscles surcostaux.
— s. m. Muscle surcostal : Les SURCOStaux servent d l'élévation des côtes et, par suite, à l'inspiration.
— Encycl. Muscles surcostanx. Ce nom a été donné par les anatomistes à des muscles triangulaires, petits, au nombre de douze, situés en arrière du thorax. Ils s'insèrent par leur base sur le bord supérieur de la côte, entre la tête et la tubérosité, et, en haut, par leur sommet, à l'apophyse transverse de la vertèbre qui est au-dessus. Le premier s'insère à 1a septième vertèbre cervicale et à la première côte. Les muscles surcostaux élèvent les côtes.
SURCOT s. m. (sur-kô — du préf. sur, et de cotte). Espèce de spencer collant que les femmes mettaient autrefois par-dessus leur corsage , et qui les enveloppait jusqu'aux
SURC
hanches. Il Sorte de casaque que portaient les chevaliers.
— Surcot de sauvetage. Vêtement de sûreté à l'usage des nageurs, qui se compose d'une veste sans manches, en toile de coutil, rembourrée avec de la sciure de liège, fermant sur la poitrine avec des cabillots de bois et des boucles de fine corde, munie devant et derrière de bottes de métal fermées hermétiquement.
SORCOUF (Robert), célèbre corsairiT français, né à Saint-Malo le 12 décembre 1773, mort dans cette ville le 8 juillet 1827. Par sa mère, il appartenait à la famille de Dugay- Trouin. Son père, qui était un propriétaire aisé, l'envoya d'abord à l'école de Cancale, puis dans un collège dirigé par un ecclésiastique, près de Dinan. D un caractère fougueux, indiscipliné, Surcouf ne manifesta aucun goût pour l'étude. 11 avait treize ans, lorsqu'un jour, son professeur ayant voulu lui infliger une verte correction, il entra en révolte ouverte, s'enfuit du collège et revint chez son père qui, ne sachant trop que faire de lui, consentit, sur la demande de l'enfant, à le laisser s'embarquer sur un navire côtier. Mais ce genre de navigation ne convenait guère a l'humeur aventureuse de Surcouf, qui obtint de s'embarquer pour les Indes. Pendant ce voyage, il apprit le métier de marin, montra une aptitude peu commune et fit preuve de tant d'intrépidité et de sangfroid pendant le naufrage du navire qu il montait, que, de retour en Euiope, son capitaine le prit pour lieutenant (1791). Surcouf avait alors dix-sept ans. Après avoir- fait de nouveaux voyages à Madagascar et à l'Ile de France, il passa, en qualité d'enseigne, sur un navire de guerre qui faisait la truite des noirs et qui la continua clandestinement lorsque la traite eut été abolie par la Convention. L'autorité en ayant été informée, des commissaires furent chargés de visiter le navire. Pour éviter les poursuites dont il allait être l'objet, Surcouf menaça les commissaires de lever l'ancre et de les conduire au milieu des noirs s'ils ne certifiaient que le navire avait été accusé à faux. Par cette menace, il obtint tout ce qu'il voulut. Peu après, il prit le commandement de VEmilie, corsaire ayant 4 canons et 30 hommes d'équipage, mais il ne put obtenir des lettres de marque du gouverneur de l'île de France, Malartic, qui le chargea d'aller chercher des grains aux Séchelles (1795). Pendant le voyage, il se vit poursuivi par des navires anglais, auxquels il parvint à échapper, pénétra dans le golfe du Bengale, s'empara successivement de trois navires chiirgés de bois et de riz, d'un brick-pilote, sur lequel il s'installa, captura un autre navire près de Calcutta, aborda au moyen d'une ruse le Triton, vaisseau de la Compagnie des Indes, que défendaient 26 canons et 150 hommes d'équipage, et s'en rendit maître après avoir tué le capitaine. Ce fut avec ces riches prises que Surcouf revint à l'Ile de France en mars 1796 ; mais le gouverneur, sous prétexte qu'il n'avait pas de lettres de marque , confisqua toutes ces prises. Après en avoir appelé sans succès devant le tribunal de commerce de la colonie, Surcouf revint en France, en appela au Directoire et au conseil des Cinq-Cents et obtint gain de- cause. Les prises furent restituées a l'armateur de l'Emi/ie. Le hardi marin se vit adjuger une somme de 1,700,000 fr.; mais il se borna k ne réclamer du gouvernement colonial que 660,000 fr. En 1798, il reprit la mer sur le corsaire la Clarisse, armé de 14 canons, et retourna dans les mers de l'Inde. Là, il donna de nouvelles preuves de son audace en capturant successivement deux navires anglais chargés de poivre, un navire danois, un navire portugais contenant 116,000 piastres (1799), un navire de ÎO canons avec sa riche cargaison, un bâtiment chargé de riz et un navire américain (1800). 11 conduisit ces prises à l'île de France, où il laissa la Clarisse, qui était fort endommagée, et arma en guerre un excellent navire, la Confiance, avec laquelle il continua ses audacieuses entreprises. Les Anglais, pour se débarrasser d'un corsaire qui était devenu un Ûéiiu pour leur commerce, mirent sa capture à prix. Surcouf, loin de se laisser intimider par cette mesure, redoubla d'audace. Ayant rencontré le Kent, vaisseau monté par 400 hommes d'équipage et portant 38 canons, il n'hésita point à l'attaquer, s'élança à l'abordage avec ses hommes et s'en empara après une lutte des plus sanglantes. 11 conduisit sa capture à l'île de France, qu'il quitta en 1801 pour revenir en France avec une riche cargaison. Grâce à son sang-froid, à ses marches savantes, il parvint à échapper aux croiseurs anglais et jeta l'ancre à La Rochelle. De retour dans sa famille et possesseur d'une grande fortune, il se maria et se fixa à Saint-Malo. Après la rupture de la paix d'Amiens, Bonaparte, désirant faire entrer dans la marine de l'Etat un marin si redoutable, lui offrit le commandement de deux frégates avec un grade supérieur. Mais Surcouf, qui tenait essentiellement à son indépendance, refusa. Malgré ce refus, il fut décoré. Il lança alors à la mer plusieurs corsaires, armés à ses frais, et qui rirent une guerre acharnée aux Anglais. Las de son long repos, Surcouf prit, en. 1807, le commandement du Revenant, excellent navire qu'il avait fait construire et qui portait 18 pièces de canon, et reprit la route de l'Inût,
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Bien que vivement poursuivi par des vaisseaux anglais, il parvint à capturer en peu de temps cinq bâtiments chargés d'une énorme quantité de riz et arriva avec eux k l'île de France (février 1808). Là, il eut de vifs démêlés avec le général Decaen, qui lui donna l'ordre de conduire en France le Charles, richement chargé, et de prendre à son bord l'état-major d'un vaisseau portugais. Surcouf, après la traversée la plus périlleuse, arriva à Suint-Malo en février 1809 et apprit peu après que les biens qu'il possédait dans la colonie avaient été confisqués parce qu'il avait refusé d'obéir au second ordre de Decaen. Surcouf partit aussitôt pour Paris, s'adressa au ministre de la marine Decrès et se fit remettre en possession de ses propriétés coloniales. Ce fut sa dernière campagne. Mais il n'en continua pas moins, par les nombreux corsaires qu'il équipait, à faire une guerre acharnée aux Anglais, dont il était l'implacable ennemi. Apres la chute de l'Empire, il se borna à se livrer à de vastes entreprises commerciales et maritimes et devint un des plus riches armateurs de France. Il savait racheter ce que son caractère avait de brusque et d'emporté par une bonté réelle, par son humanité et par une générosité qui lui avaient gagné l'affection de ses concitoyens. M. Cunat a publié une Histoire de Robert Surcouf (Paris, 1827, in-8°).
SURCOUPE s. f. (sur-kou-pe — du préf.
sur, et de coupe). Jeux. Action de surcouper : Faire une surcoupe,
SURCOUPER v. a. ou tr. (sur-kou-pé — du préf. sur, et de couper). Jeux. Couper avec un atout supérieur à celui avec lequel-un autre joueur vient de couper.
SURCRÉNELÉ, ÉE adj. (sur-kré-ne-lé — du pref. sur, et de crénelé). Qui est double- . ment crénelé.
SURCROISSANCE s. f. (sur-kroi-san-se — du préf. sur, et de croissance). Croissance excessive, extraordinaire.
SURCROÎT s. m. (sur-krot — rad. surcrottre). Accroissement, augmentation : Surcroît de munitions, de provisions. Voici un surcroît de compagnie. (Acad.) Augmentation de convives, surcroît de plaisir. (Le Sage.) Les lettres de condoléance ne sont que des surcroîts d'affliction. (La Font.) Les propos qu'on tient aux malades sont des surcroîts d'affliction. (Mme de Sommery.) A-t-on manque de vigilance , c'est un tort qu'il faut racheter par un surcroît de fermeté. (E. de Gir.)
Paix! silence! Il me vient un surcroît de pensée
Reuturd* Surcroît de biens est l'ame d'un ménage.
Voltaire.
Il est des consolations Qui sont surcroît d'afflictions.
La Fontaine.
— Pour surcroît de, Pour augmenter, de façon à mettre le comble à : Pour surcroît de bonheur, il lui est échu une succession à laquelle il ne pensait pas. (Acad.)
Et, pour surcroît de maux, un sort malencontreux Conduit en cet endroit un grand troupeau de bœufs.
Boileau.
— Loc. adv. Par surcroit. De surcroit, Eu outre, par-dessus, «le plus : Cherches d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît. (Evangile.) Aimons te bien avant d'aimer la science, et la science nous viendra par surcroît. (E. Alaux.) Et du foin que leur bouche au râtelier laissait, De surcroit une mule encor se nourrissait.
Boileau.
SURCROÎTRE v. n. ou intr. (sur-kroî-tre — du préf. sur, et de croître). Croître au delà des bornes ordinaires ou convenables : Il faut couper la chair qui surcroît dans cette plaie, qui commence à y surcroîtrk. (Acad.)
— v. a. ou tr. Augmenter sans mesure, accroître au delà des bornes : On vint tout à coup à surcroître le prix des denrées, il Peu usité. '
SURCUIRE v. a. ou tr. (sur-kui-re — du pref. sur, et de cuire). Soumettre à une nouvelle cuisson : Surcuire de la chaux.
SURCUISSON s. f. (sur-kui-son — du préf. sur, et de cuisson). Nouvelle cuisson d'un objet déjà cuit : La surcuisson de la chaux.
SURCUIT, UITE (sur-kui,*ui-te) part, passé du v. Surcuire. Qui a subi une seconde cuisson.
— s. m. Chaux qui a subi un excès de cuisson.
SURCULATION s. f. (sur-ku-la-si-on — rad. surcute). Bot. Syn. de germination.
SURCULE s. m. (sur-ku-le — du lat. surculus, rejeton), bot. Tige des mousses.
SURCULEUX, EUSE adj. (sur-ku-leu, eu-ze — rad. surcute). Bot. Qui porte des rejetons.
SURCULIGÈRE adj. (sur-ku-li-j'è-re — du lat. surculus, rejeton; gero, je porte). Bot. Se dit de l'embryon de quelques plantes aquatiques, dont la plumule s'allonge en un jet filiforme.
SURCULOTTE s. f. (sur-ku-lo-te — du préf. sur, et de culotte). Sorte de vêtement
SURD
qui était autrefois en usage dans la cavalerie.
SURCYANATE s. m. (sur-si-a-na-te — du prèf. sur, et de cyanale). Chim. Cyanate qui contient un excès de base.
SURDÂTRE adj. (sur-dâ-tre — du lat. surdus , sourd). Qui est légèrement sourd. D Vieux mot.
SURDÉCOMPOSÉ, ÉB adj. (sur-dé-konpo-zé — du préf. sur, et de décomposé). Bot. Se dit des feuilles, ou, en général, des organes composés, qui se subdivisent à divers degrés,
SURDEMANDE s. f. (sur-de-man-de — du préf. sur, et de demande). Ane. coût. Demande excessive, exagérée.
SUR-DEMI-ORBICULATRE adj. Anat. Se dit du muscle orbiculaire des lèvres.
SURDENT s. f. (sur-dan — du préf. sur, et de dent). Anat. Dent surnuméraire, qui croît hors des rangs, sur une autre ou entre deux autres : Arracher une surdent.
— Art vétér. lient du cheval, plus longue que les autres.
SUKDI-MUTITÉ s. f. (sur-di-mu-ti-té — du lat. surdus, sourd; mutus, muet). Pathol. Mutité compliquée de surdité , et le plus souvent provenant d'une surdité congénitale : La surdi-mutité élève entre le sourdmuet et le monde intellectuel une double barrière. (Vaidy.)
— Encycl. V. SOURD-MUET.
SURDISTENDRE V. a. ou tr. (sur-di-standre — du préf., sur et de distendre). Distendre outre mesure. Il Peu usité.
SURDISTENSION s. f, (sur-di-stan-si-on— rad. sur dis tendre). Distension excessive, il Peu usité.
SURDITÉ s. f. (sur-di-té — lat. surdilas, de surdus, sourd). Abolition, privation ou affaiblissement considérable du sens de l'ouïe : Surdité complète, Surdité partielle. La surdité congéniale coïncide toujours avec l'absence de la parole. (Bérnrd.) La principale cause de surdité chez les enfants est due à la consanguinité de leurs auteurs. (Proudh.)
— Fig. Indifférence ou préoccupation qui empêche d'ouïr ce qui se dit, d'en tenir compte : La surdité volontaire est incurable.
— Encycl. Pathol. La surdité se présente à des degrés très-divers, depuis la simple dureté d'oreille jusqu'à 1 insensibilité complète aux vibrations des corps sonores. Elle est tantôt congénitale et tantôt accidentelle. Dans ce dernier cas, l'ouïe peut se perdre tout d'un coup ou bien peu à peu. On commence alors par remarquer qu'on ne peut suivre une conversation à voix basse ; plus tard, on n'entend que les mots riches en voyelles; on distingue bien encore la voix de la personne qui parle, mais on ne saisit pas les nuances de la prononciation. Plus tard enfin, on devient insensible aux sons pour n'apprécier que les bruits les plus forts. Dans un dernier degré, on n'entend absolument plus rien.
La surdité peut être idiopathique ou symptomatique.
La surdité idiopathique ou sans lésion appréciable de l'appareil auditif et de ses annexes est une véritable névrose, une paralysie du nerf acoustique. Elle se manifeste souvent avec des particularités bizarres. Ainsi, certains sujets n'entendent qu'à des distances très-rapprochées, et d'autres seulement quand on leur parle de loin ; l'un ne saisit que les sons éclatants et l'autre que les sons doux, etc.
La surdité peut être symptomatique d'un très-grand nombre de maladies générales- ou locales, dont les principales sont : l'otite interne ou externe, l'imperforation, le rétrécissement ou l'oblitération du conduit auditif, la rupture ou l'épaississement de la membrane du tympan, l'obstruction de la trompe d'Eustache, l'absence de l'air dans ce dernier canal et dans la caisse du tympan, les phlegmasies de l'oreille moyenne, certaines maladies de la gorge comme les ulcères vénériens et spécialement l'angine avec extension de l'inflammation à l'appareil de l'ouïe. D'autres fois, elle se lie à certaines maladies fébriles, au typhus, à la fièvre typhoïde, aux pertes séminales. Elle se montre mohientanément dans la syncope, l'épilepsie, la catalepsie et l'apoplexie; elle peut aussi apparaître dans les cas de méningite et d'encéphalite aiguë, à la suite de l'administration du sulfate de quinine, dans le cours d'une phthisie qui s'accompagne de tubercules et de carie du rocher, etc.
Les causes de la surdité, cherchées en dehors des maladies précédentes, sont les unes prédisposantes et les autres occasionnelles. Parmi les premières nous rangerons l'hérédité, les progrès de l'âge, les transpirations abondantes de la tête, qui diminuent ordinairement aux approches de la vieillesse, et la calvitie.
Les professions qui y exposent surtout sont celles de nageur, ploageur (parce qu'elles refroidissent brusquement la tête et tendent à la congestionner); celles d'artilleur, de mineur, de sonneur de cloches, etc., parce qu'elles entraînent pour l'oreille une fatigue et une surexcitation nuisibles. Les causes occasionnelles les plus communes sont : les
SURD
coups ou les chutes sur la tête, !a commotion produite par une chute sur le siège, les genoux ou les fesses, le bruit de la foudre, une décharge d'artillerie ou encore l'explosion d'une poudrière.
La surdité de naissance se lie surtout aux vices de conformation. Elle entraîne fatalement la mutité. Il en est encore de même quand elle survient dans le bas âge.
Les affections organiques de 1 oreille offrent en général plus de chances de guérison que les maladies dynamiques; mais, dans la plupart des cas, la surdité est difficilement curable. «Celle qui est congénitale, dit M. Roche, ou qui survient dans le bas âge, se montre presque toujours invinciblement rebelle aux moyens thérapeutiques.
Toute surdité qui est accompagnée des symptômes d'une maladie de l'encéphale, celle qui se déclare dans la vieillesse, sans cause appréciable et qui augmente par degrés sans présenter de temps à autre de l'amélioration, celle qui succède à l'apoplexie ou a toute autre affection cérébrale simple ou compliquée, celle qu'accompagne la sécheresse du conduit auditif, enfin celle qui est l'effet immédiat d'un coup ou d'une chute sur la tête, ou de quelque grande explosion, toutes ces surdités sont incurables, La jeunesse et la puberté n'apportent aucune amélioration à cette infirmité; la guérison spontanée en est très-rare; les maladies aiguës l'aggravent.»
Nous n avons pas besoin d'en dire davantage pour démontrer qu'il ne faut pas songer à combattre la surdité par un moyen unique. Le traitement doit, au contraire, varier suivant la nature de la cause qui a produit ou qui entretient le mal. C'est ainsi qu'il doit s'adresser tantôt directement à l'oreille, tantôt au cerveau, tantôt au pharynx, tantôt enfin à l'ensemble même de la constitution du malade. La surdité tient-elle à l'otite aiguë ou chronique, c'est cette affection qu'il- faut traiter ; dépend-elle d'une oblitération de la trompe d'Eustache, il faut pratiquer son'eathétérisme. Si elle se lie a une amygdalite aiguë, elle guérira presque toujours en même temps que celle-ci. Si elle est entretenue par une amygdalite chronique avec hypertrophie et induration, elle pourra nécessiter l'ablation de la glande malade. 11 en est de même pour tous les autres cas ; nous n'insisterons pas davantage sur ces considérations, tant elles ont d'évidence naturelle, et nous renvoyons le lecteur à ce qui a été dit à l'occasion de chacune des lésions de l'oreille en particulier.
S'il s'agit d'une surdité nerveuse ou essentielle, la pratique médicale est encore à peu près réduite à l'empirisme, et il est permis d'essayer tous les traitements possibles, surtout les dérivatifs et les stimulants. Tels sont les sternutatoires, les purgatifs, les sialagogues, les vésicatoires ou cautères au voisinage de l'oreille, les sétons derrière la nuque, les ventouses sèches ou scarifiées dans la même région, l'injection de vapeurs d'éther, de chloroforme ou de soufre dans le conduit auditif externe et dans l'oreille moyenne par la trompe d'Eustache. On a encore tenté l'emploi du galvanisme, mais il faut avouer que tous ces moyens réussissent rarement à rendre au nerf auditif la sensibilité qu'il a perdue.
— Art vétér. Sans doute nos animaux, comme l'homme, sont exposés aux diverses névroses auriculaires nommées otalgies ou douleurs d'oreille, aux sifflements, aux tintements, aux bourdonnements, etc.; mais la seule qu'il soit possible de constater chez eux est la surdité plus ou moins prononcée.
Les causes de la surdité sont toutes les maladies de l'oreille; mais le.»urdité essentielle, sans altération matérielle appréciable des organes de l'audition, est souvent un effet de l'âge ; elle se manifeste parfois à la suite de la gourme, de la maladie des chiens, des fièvres pernicieuses, de la méningo-encéphalite.
La surdité ne survient pas toujours de la même manière, ne suit pas toujours la même marche, car si eu un. instant l'animal peut perdre un sens précieux, il faut quelquefois un très-long temps pour qu'il s'use tout à fait. L'animal commence souvent à être sourd sans qu'on s'en aperçoive; il faut une circonstance particulière pour qu'on reconnaisse cette affection chez lui. Mais une fois qu'elle,, est bien manifeste, la surdité se traduit par*"*l'inattention des animaux aux bruits qui se produisent à leur voisinage; ils n'obéissent plus a la voix, au sifflet, au claquement du fouet, ou du moins faut-il que les bruits soient très-forts ou se produisent près de l'oreille pour être entendus. On n'a pas encore constaté s'il y a des animaux qui subissent une telle perversion du sens de l'ouïe qu'ils entendent mieux de loin que de près. Mais, quoi qu'il en soit de l'affaiblissement ou de l'abolition de l'tfuïe, il résulte que les animaux plus ou moius sourds sont comme hébétés et que l'immobilité dans laquelle restent les oreilles ne contribue pas peu à leur donner l'air stupide qui les caractérise.
La marche, le développement, la terminaison de la surdité varient selon les causes, l'âge du sujet, les complications. Ordinairement elle se développe par degrés, soit dans une seule, soit daus les deux oreilles, et ce n'est qu'à la longue qu'elle arrive à sa plus haute intensité. Quelquefois elle passe de
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l'oreille malade jusqu'à l'oreille saine, après que l'audition est entièrement abolie dans celle qui la première a été envahie. Enfin il peut arriver qu'elle offre des paroxysmes et des rémissions.
Lorsque rien d'évidemment physique dans l'appareil de l'audition n'empêche l'accomplissement de la fonction, il faut diriger les modificateurs du côté de la cause ; heureux quand on peut ta connaître. Le plus souvent on est incertain à cet égard. Les vésicatoires, les sétons, le feu, l'électricité, les injections de teinture de noix vomique dans le conduit auditif sont .les principaux agents externes auxquels il est permis d'avoir recours. La noix vomique, la strychnine ou les sels de cette base peuvent être aussi administrés à l'intérieur; mais il n'y a guère à compter sur. le traitement de cette affection en général et notamment lorsque l'animal est vieux.
SURDIVIN, INE adj. (sur-di-vain, i-ne— du préf. sur, et de divin). Théol. Qui est audessus du divin.
— Encycl. Ce mot a été forgé par les théologiens et les philosophes de l'école rationaliste pour l'opposer à surnaturel et faire sentir l'absurdité de ce dernier mot. La nature étant la manifestation, l'œuvre même de Dieu, affirmer qu'il y a du surnaturel, c'est affirmer qu'il y a quelque chose de supérieur à Dieu lui-même tel qu'il se révèle dans la nature, c'est affirmer le surdivin. Ce néologisme, heureux et utile, se trouve ça et là, en italique, dans les écrits de MM.Révilie, Renan, Scherer, etc. Voici une phrase de M. Renan, qui nous dispensera d'expliquer ou de justifier plus longuement l'usage de ce mot :
■ Il n'y a pas de surnaturel. Depuis qu'il y a de l'être, tout ce qui s'est passé dans le monde des phénomènes a été le développement régulier des lois de l'être, lois qui ne constituent qu'un seul ordre de gouvernement, la nature, soit physique, soit morale. Qui dit au-dessus ou en dehors des lois de la nature dans l'ordre des faits dit une contradiction, comme qui dirait surdivin dans l'ordre des substances. »
SURDO (Jean-Pierre), fils de Guillaume, seigneur du village de Concilo, près de Casai, dans le Montferrat, jurisconsulte italien, mort vers 1598. Il fut nommé sénateur et-fut chargé, en 1598, d'une mission importante auprès du pape Clément VIII. A son retour, Surdo fut nommé président du sénat au parlement de Casai. On a de lui : De alimentis (Francofurti, 1598, et Lugduni, 1607; autre édition, annotée par Odienia, Venise, 1643) j Consilium LXVt in colleclione iltus Irium ac celebriorum J. CC. ac celeberrimarum per Germaniam , Itatiam, Grxciam, Hispaniam, academiarum clarissimarum (Francofurti, 1618).
SURDON s. m. (sur-don — du préf. sur, et de don). Comm. Droit laissé à l'acheteur de déclarer forfait, dans certains cas d'avarie.
SURDORER v. a. ou tr. (sur-do-ré — du préf. sur, et de dorer). Techn. Dorer doublement ; dorer à fond, solidement : Surdorkr un lingot d'argent qui doit être mis à la filière, (Acad.)
— Fig. Accroître l'état de : Cette auenture d'Egypte change à la fois la fortune et le génie de Napoléon, en surdorant ce génie déjà trop éclatant. (Chateaub.)
SURDORURE s. f. (sur-do-ru-re — du préf. sur, et de ■ dorure). Double dorure, dorure très-solide. Il Action de surdorer.
SURDOS s. m, (sur-do — du préf. sur, et de dos). Manège. Bande de cuir que porte sur le dos un cheval de carrosse, et qui sert à- retenir les traits et le reculement.
SDRÉ, en allemand Sauer, rivière de Belgique. Elle prend sa source dans le Luxembourg belge, où elle se forme par la réunion de plusieurs ruisseaux qui descendent des Ard.ennes, coule k l'E., entre dans le grandduché de Luxembourg, reçoit l'Alzette,l'Our et le Prourn, sépare le grand-daclié de Luxembourg de la Prusse rhénane, passe à Echternach et se jette dans la Moselle, après un cours de 185 kilom.
SUREAU s. m. (su-rô — anciennement surel. D'après Diez, c'est le vieux français séu, augmenté du diminutif arellus. Cependant, le philologue allemand se demande comment il faut accorder avec cette explication la forme vieux français seur, et si l'on peut, dans celle-ci, voir la forme séureau dépouillée de la terminaison eau. D'après Scheler, le type est le latin sabucus, sureau, d'où le provençal sauc, espagnol sauco, vieux français picard séu, -wallon saou, languedocien sahuc. D'un type diminutif, sabucellus, viendrait séusel et, par la substitution régulière de r à s, seurel, surel, sureau. Le type sabucarius aurait donné Ja forme suyer, consignée par Nicot. Les noms de cet arbuste diffèrent beaucoup, et le seul qui paraisse se rattacher k la source orientale est le latin sambucus ou sabucus. Le lithuanien bu/cas, en effet, qui a le même sens, indique clairement un composé avec le préfixe sanscrit sam, sa, avec, et, comme en sanscrit bhûka signifie un trou, sambhûka ou sabhûka exprimerait parfaitement le caractère du sureau, qui se distingue par ses tiges creuses. Le latin nous aurait ainsi conservé un composé purement sanscrit ou, pour mieux dire,
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arien primitif. Ce fait curieux serait mis hors de doute par le persan schubûqah, sureau, si l'on était certain que ce mot n'est pas une importation étrangère, ce que peut faire soupçonner le qaf ou q qui ne ligure guère que dans les termes empruntés à l'arabe. Celui-ci pourrait l'avoir reçu de l'Occident comme un mot employé dans la matière médicale). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des caprifoliacées, type de la tribu des sambucées, comprenant plusieurs ^espèces, qui croissent dans les régions chaudes et tempérées du globe : Le sureau est communément cultivé comme espèce d'ornement.
(P. Duchartre.) Le sureau noir ou commun habile les bois, les haies et les buissons de la France. (Th, de Berneaud.) L'utilité du sureau est très-étendue. (Bosc.) Le sureau, dont la croissance est très-prompte, peut former de fort bonnes haies. (M. de Dombasle.) Les feuilles du sureau exhalent une odeur un peu vireuse. (Richard.) il Sureau aquatique, Nom vulgaire de la viorne obier.
— Encycl. Ce genre offre comme caractères généraux: un calice à cinq divisions, une corolle supère rotacée à cinq divisions; cinq étamines égales ; un ovaire infère à trois loges; trois stigmates sessiles -, une baie globuleuse et pulpeuse. Les deux plantes les plus remarquables de ce genre sont : le sureau commun et le sureau hièble.
Le sureau commun ou sureau noir [sambucus nigra, L.) est un arbuste dont le bois trèsléger renferme un large canal médullaire, surtout dans les jeunes branches. Son feuillage est d'un vert foncé et répand une odeur désagréable. Ses fleurs sont blanches, trèspetites, mais très-nombreuses, et sont disposées en cymes touffues d'un bel effet. Elles sont douées d'une odeur suave lorsqu'elle est affaiblie, mais trop forte et désagréable de près. Sécbées, elles conservent une odeur forte, mais agréable. Les baies de sureau sont grosses comme de petits pois, d'un brun noir, luisantes, et sont remplies d'un suc rouge brun qui passe au violet par les alcalis et au rouge vif par les acides.
Toutes les parties de cette plante sont employées en médecine. Ses (leurs passent comme sudorifiques et sont administrées comme telles en infusion à la dose de 4 grammes par litre d'eau bouillante. Avec les baies, on prépare un extrait appelé rob de sureau, employé comme purgatif à la close de 12 à 15 grammes. L'écorce de la racine jouit de propriétés purgatives très-prononcées; elle a été employée avec succès dans l'hydropisie.
Le sureau hièble ou yèble (sambucus ebulus, h.) croît abondamment en Europe, sur le bord des chemins, dans les lieux humides. Sa racine, qui est blanchâtre, charnue -et vivaca, pousse des tiges herbacées et annuelles, hautes de 1 mètre à 101,30. Ses feuilles sont pinnées avec impaire comme celles du sureau noir. La cyme des fleurs n'a que trois branches ; les baies sont semblables et sont employées concurremment avec celles du sureau.
On distingue encore :
Le sureau du Canada, qui se rapproche beaucoup du sureau noir et qui se cultive dans les jardins paysagers, de préférence au sureau du pays, parce que ses fleurs sont beaucoup plus larges.
Le sureau à grappes, arbrisseau de 8 à
10 pieds de hauteur, dont les fleurs blanchâtres sont disposées en grappes ordinairement pendantes à l'extrémité des tiges et des rameaux. C'est une plante naturelle aux hautes montagnes de l'Europe et qui ne se cultive guère que dans les jardins paysagers, où la couleur éclatante de ses baies rouges produit le meilleur effet. Dès qu'il est planté, on le conduit de manière à le faire monter, ce qui est très-facile en taillant ses branches latérales en crochets et en supprimant rigoureusement ses gourmands à mesure qu'ils se montrent. On lui conserve la tête aussi grosse que possible, et en été ainsi qu'en automne, cette tête, couverte de fruits ou baies rouges et éclatantes, présente l'aspect le plus beau, surtout lorsqu'elle est vue de loin.
SUREAU (Hugues), dit Du Rosier, en latin Hugo Surieu* Roaarlu», fameux ministre protestant, né à Rozoy-en-Thiérache, mort à Francfort vers 1575. D'abord correcteur dans une imprimerie, il se fit recevoir ministre et fut placé comme pasteur à Orléans, où il soutint une controverse acharnée contre Gentien Hervet, docteur catholique. Venu dans les environs de Paris vers 1566, il fut arrêté et jeté à la Bastille, comme auteur supposé d'un pamphlet antimonarchique, auquel il était d'ailleurs entièrement étranger. Théodore de Bèze affirme qu'à l'époque où cet écrit parut, Du Rosier était à Orléans, « ne sachant plus ce qui se faisait lors à Lyon que le gouvernement des Indes. » Pendant les massacres de la Saint-Barthélémy, Du Rosier, ayant pris la fuite, fut arrêté et de nouveau jeté en prison. La crainte de la mort le poussa à embrasser le catholicisme.
11 fut alors envoyé à Paris, sur l'ordre de Charles IX, en présence duquel il abjura solennellement le protestantisme. Charles IX, charmé du zèle de ce nouveau prosélyte, l'employa comme convertisseur et le chargea do ramener au catholicisme Henri de Bourbon, Henri de Condé et Françoise d'Orléans. Condé seul resta inébranlable, et peut-être
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sa rédstance enira-t-elle pour beaucoup dans le ralentissement subit du zèle de Du Rosier. Quoi qu'il en soit, Du Rosier, envoyé à Metz avec une mission, sortit secrètement de la ville, gagna Strasbourg et ensuite Heidelberg, où il reconnut publiquement sa faute. Il alla finir ses jours à Francfort, où il reprit son premier état de correcteur. On a de lui: Confession de foy faicte par Hugues Sureau Du Bosier, avec abjuration et àètestation de la profession huguenotique; ensemble la réfutation de plusieurs poincts mis en avant par Calvin et Bèze contre la foy et l'Eglise catholiques (Paris, 1573, in-8°); Confession et recognoissance de Hugues Sureau, dict Du Bosier, touchant sa cheute en la papauté et les horribles scandales par luy commis, etc. (Bâle, 1574, in-12), «opuscule très-curieux, disent MM. Haag, où Du Rosier raconte tout ce qu'il a fait et éprouvé depuis son abjuration, et où il demande à Dieu et à tous ceux qu'il a séduits, surtout au prince de Condé, pardon d'avoir été pour l'Eglise un sujet de scandale ; » Traicté des marques de la vraye Eglise de Dieu (Heidelberg, 1574, in-8°). Du Rosier a traduit en latin les Mémoires do Du Bellay (Francof., 1575, in-8») et l'ouvrage de Coras intitulé : Arrêt mémorable, etc.
SUREAUTIER s. m. (su-rau-tié — rad. sureau). Bot. Agaric blanc, en forme d'entonnoir, qui croît en Toscane, sur les racines du peuplier et surtout sur celles du sureau.
SURÉCOT s. m, (su-ré-ko — du préf. sur, et de écot). Dépense en sus de l'écot. 11 Peu usité. On dit aussi subkécot.
SURÉDIFIER V. a. ou tr. (su-ré-di-fi-é — du préf, sur, et de édifier). Construire pardessus une autre construction.
SUREGADE s. m. (su-re-ga-de). Bot. Genre d'arbres rapporté avec doute h la famille des euphorbiacées, et dont l'espèce type croît duns l'Inde.
SURÉGALISAGE s. m. (su-ré-ga-li-za-je
— rad. surégaliser). Action de surégaliser; résultat de cette action.
SURÉGALISER v. a. ou tr. (su-ré-ga-li-zé
— du préf. sur, et de égaliser). Techn. Passer au surégalisoir : Surégaliskr la poudre.
SURÉGALISOIR s. m. (su-ré-ga-li-zoir — du préf. sur, et de égaliser). Techn. Sorte de crible en peau avec lequel on sépare de la poudre les grains trop gros.
SURÉLÉVATION s. f. (su-ré-lé-va-si-on
— du préf. sur, et de élévation). Construction élevée au-dessus d'une construction déjà existante.
— Augmentation excessive : La surélévation des prix.
SURÉLEVER v. a. ou tr. (su-ré-le-vé — du préf. sur, et de élever). Elever de nouveau ; donner un surcroît d'élévation à : Surélever des eaux. Surélever un mur.
— Accroître à l'excès ; accroître de nouveau : Surélever le prix des denrées.
SURELLE s. f. (su-rè-le — dimin. de sur, aigre). Bot. Nom vulgaire de l'oseille et de l'oxalide. il On dit aussi surette.
SUHEMA1N DE MISSBRY (Antoine), mathématicien et littérateur français, né à Dijon le 25 juin 1767, mort dans la même viile vers 1840. Il fut officier d'artillerie et membre de la Société des sciences de Paris et de celle de Dijon. Parmi ses ouvrages, nous citerons : Théorie acoustico -musicale, ou De la doctrine des sons rapportée aux principes de la combinaison (1793, in-8°) ; Théorie purement algébrique des quantités imaginaires et des fonctions qui en résultent, où l'on traite de nouveau la question des logarithmes, des quantités négatives (1801, in-8°) ; Géométrie des sons, ou Principes d'acoustique pure et de musique scientifique (ISIS); Méprises d'un géomètre de l'Institut, manifestées par un provincial, ou Observations critiques sur le Traité de physique expérimentale et mathématique de Ai. Biot, en ce qui concerne certainspoinls d'acoustique et de musique (1816, in-8°).
SURÉMARGINÉ, ÉE adj. (su-ré-niar-ji-né
— du préf. sur, et de émarginé). Hist. nat. Qui est très-échancré.
— Miner. Se dit des cristaux dont toujts les bords sont remplacés par une facette, sauf deux bords opposés, qui sont remplacée par deux facettes.
SÛREMENT adv. (sû-re-man — rad. sûr).
Avec sûreté, avec assurance : Qui voit devant soi marche sûrement. (Boss.)
— D'nne manière certaine, infaillible : Il faut savoir essuyer des dégoûts pour plaire aux grands et savoir entrer en part de leurs désordres pour participer plus sûrement à leurs grâces. (Mass.) Un principe en instruction, c'est que, pour conserver sûrement, il faut apprendre lentement. {Mmo-Monmarson.) En s' obstinant à vouloir jouer à quitte ou double, ils ont grand tort; ils ne trouveront sûreitESTpas leur compte àce marché. (J.-J. Rousseau.) Bien ne mène plus sûrement à l'humilité que la véritable science. (M™" de Duras.) Partout où se produit le bien, là en existe sûrement le principe. (M">e Guizot.) La femme nous trompe plus sûrement avec un sourire qu'avec une parole. (A. Fée.) Pour que le droit existe sûrement quelque part, il faut qu'il existe partout. (Guizot.) Si vous voulez réussir pius sûrement encore, tâches d'être ou de paraître un sot. (Renan.)
SURE
SURÉMINENT, ENTE adj. (su-ré-mi-nan, an-te — du préf. sur, et de éminent). Eminent au suprême degré: Savoir suréminent. Qualité SURÉM1NENTE.
SURÉMISSION s. f. (su-ré-mi-si-on — du préf. sur, et de émission). Emission exagérée : Surémission de billets de banque.
SURÉMOUSSÉ, ÉE adj. (su-ré-mou-sé — rad. émoussé). Qui est émoussé à l'excès.
SURÉNA s. m. (su-ré-na). Hist. .Titre des généraux en chef chez les Parthes : Le suréna des Parthes était t'ethmadoulet des Persans d'aujourd'hui, le grand vizir des Turcs. (Volt.)
SURÉNA, nom sous lequel on connaît le général parthe au service du roi Orodès qui remporta une grande victoire sur Crassus, en Mésopotamie (53 ans av. J.-C). Ce général, né vers 82, mort l'an 52, était, malgré sa jeunesse, un des personnages les plus influents de son pays. Plutarque le représente comme joignant à de grandes qualités physiques un brillant courage , d'éminents talents militaires et une immense fortune, qui lui permettait de mener un train royal et d'être toujours accompagné, en temps de paix, de 1,000 cavaliers, lui servant de gardes du corps. Le roi Orodès ayant été détrôné à la suite d'une révolte qui avait éclaté à Séleucie, capitale de l'empire des Pnrthes, Surena comprima l'insurrection et rétablit Orodès sur le trône. Lorsque le général romain Crassus marcha avec une armée contre les Parthes, en suivant la route qui, d'Edesse, conduisait à Carrhes, puis à Nicephorium, Suréna fut mis par Orodès a la tête de ses troupes pour sauver la Parthie d'une invasion. Aussi présomptueux que dépourvu de talent, le général romain s'avança à travers une route fatigante et peu sure et franchit le Balissus. Ce fut alors qu'il se trouva en présence de l'armée parthe, composée presque tout entière d'une cavalerie légère et admirablement bien montée, qui harcela son infanterie. Dans l'espoir de mettre facilement en fuite l'ennemi, il lança contre elle la cavalerie romaine, commandée par son fils. Mais les Romains, trop peu nombreux, furent enveloppés et presque tous massacrés avec le jeune Crassus. A la suite de cette victoire, les vainqueurs se précipitèrent sur les légions, qu'ils ne purent enfoncer, mais auxquelles ils causèrent beaucoup de mal, de sorte que Crassus se vit dans la nécessité d'ordonner la retraite. Sans cesse harcelés et désorganisés, les Romains reprirent la route de Carrhes, puis marchèrent vers l'Arménie. Ils allaient atteindre la frontière de ce pays, lorsque Surena parvint à attirer Crassus dans son camp, sous prétexta de régler les conditions de la paix, et l'y fit massacrer (S juin 53). Cette campagne avait coûté aux Romains 20,000 morts et 10,000 prisonniers. Suréna fut tué l'année suivante par ordre du roi, effrayé de la puissance de son redoutable sujet. Crevier et un grand nombre de critiques pensent que ce nom de Suréna était un titre et désignait, chez les Parthes, le principal personnage après le roi. Ainsi, le nom du vainqueur de Crassus ne nous serait pas plus connu que celui du brenn gaulois qui prit Rome et du chef germain qui' vainquit Varus.
Suréna, tragédie de Corneille, en cinq actes et en vers-, représentée en 1675. Ce fut la trente-troisième et dernière pièce du grand poète. Bien qu'on y trouve encore quelques étincelles du feu poétique qui l'avait animé, on regrette qu'il ne se soit pas appliqué plus tôt le Solve senescentem d'Horace. Cependant, c'est moins encore la médiocrité de ses derniers ouvrages que l'indulgence trop paternelle avec laquelle il les juge qui prouve l'affaiblissement de son génie. Nous avons la preuve de cet aveuglement dans les examens qu'il a faits de sa pièce et surtout dans une épître qu'il adressa au roi, en octobre 1681, pour le remercier d'avoir fait représenter devant lui, à Versailles, ses principaux ouvrages. Ces vers sont si beaux et si peu connus, que nous croyons devoir les rapporter ici, ne fût-ce que pour faire entendre de quel ton parlait encore le grand Corneille, à 1 âge de soixante-quinze ans :