‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 809 sur 1059 · V. CONSTERNÉ · texte numérisé non relu

V. CONSTERNÉ

subfrise s. f. (sur-pri-ze — rad. surpris). Action de surprendra ou d'être surpris, de prendre ou d'être pris à l'itnproviste : S'emparer par surprise d'une forteresse. Retironsnous, crainte de surprise.

— Fait, incident inopiné : Le cœur a ses surprises et personne n'est maitre de ses sentiments. (L. Enault.)

Une femme d'honneur peut avouer sans honte Ces surprises des sens que la raison surmonte.

Corneille.

— Chose qui surprend, qui étonne : Le plus bel effet de l'art nest pas de compliquer les ressorts, d'accumuler les incidents, de multiplier tes surprises. (Lnharpe).

— Etonnement produit par une chose inattendue -• Cet accident a cavsé une grande surprise. Je ne reviens pas de ma surprise. J'en éprouvai une douce surprise. Nous altons de surprise en surprise. L'indécision et l'incertitude conduisent souvent au préjugé et à la surprise. (Mass.) L'admiration est une surprise pleine de respect. (Vauven.) La surprise a te privilège de tout exagérer. (L). Stern.) Toutes les choses oui se font sous le coup de la surprise se font rarement bien. (E. de Gir.)

La surprise est toujours l'effet de l'ignorance. Fa. de Neufchateau.

— Plaisir inattendu que l'on fait i> quelqu'un : // veut faire une surprise à sa femme le jour de sa fête, il Evénement inattendu ou désagréable : Cette mort a été pour moi une cruelle surprise.

— Bolle fermée, contenant de menus objets, et que les enfants achètent sans en connaître le contenu, pour se ménager une surprise en l'ouvrant.

— Boîte, tabatière à surprise, Boîte, tabatière à ressort qui fait sortir, lorsqu'on l'ouvre, quelque ligure grotesque ou tout autre objet inattendu : Dans ses pièces, la Dis-, corde allume sa torche à un rat de cave, l'Hydre de l'anarchie sort d'une tabatière à surprise. (P. de St-Vi<:tor.) Sa figure n'aurait pas été déplacée dans une de ces boîtes A surprisk qui font tant de peur aux petits enfants. (K. About.)

— Art culin. Action d'un feu vif, qui saisit un mets et le cuit rapidement à l'extérieur : Tout le mérite d'une bonne friture provient de la SURPRISB. (Brill.-Sav.)

— Pyrotechii. Pièce d'artifice consistant en une sphère lumineuse qui disparaît tout à coup et fait place à un autre artifice de forme toute différente.

— Techn. Pièce montée sur le limaçon des quarts d'une montre à. répétition, pour régler la sonnerie.

Surprise de l'amour (la), comédie en trois actes et en prose, de Marivaux ; représentée a la Comédie-Italienne en 1722. Un amour naît subitement entre une femme qui regrette vivement son mari, mort après un mois de mariage, et un jeune homme qui pleure la perte récente de sa maîtresse. La nouvelle matrone d'Ephèse distrait sa douleur par la lecture de quelques ouvrages moraux et philosophiques ; un lecteur d office, espèce de savant en us, l'accable de citations, tout en courtisant la soubrette. Un jardin commun aux. deux maisons contigues permet à la marquise et au chevalier de se voir et de se parler. Des épanchements de la confiance, on passe à l'attendrissement; des regrets, trop vifs pour être éternels, on arrive a une estime réciproque. Chacun des deux personnages est étonné, enchanté d'avoir un confident da son désespoir. Us forment le projet de se voir souvent pour s'entretenir de leur douleur et se promettent une amitié éternelle. Mais un sentiment plus tendre s'est glissé dans leur cœur. La marquise invente mille raisons pour se persuader qu'elle est sincère, quand une autre passion est déjà de la partie. Le chevalier, plus franc, ne se déguise pas qu'il est jaloux d'un certain comte, amoureux de la marquise, et celte jalousie même l'empêche de laisser voir ses sentiments. L'explicaiion ne peut arriver que par des moyens détournés. La marquise et le chevalier veulent tirer au clair leur situation ; ils définissent l'amitié comme des amants : une amitié jalouse, exclusive, prête à tous les sacrifices. Ils ne se trompent plus sur le sentiment qu'ils éprouvent, mais les bienséances exigent encore qu'ils aient l'air de s'y tromper. KutiLi, ils sont amenés à secouer cette petite

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hypocrisie. Le pédant Hortensius et sa morale sont congédiés ; le comte importun est prié de ne plus revenir. Homme du monde et écla'ré par le dépit, il devine aisément que le chevalier est son rival ; il essaye de le brouiller avec la marquise. Son projet réusait d'abord ; mais les amants ne se querellent que pour mieux s'entendre; ils s'expliquent tout de bon, et tout est dit. On mande un notaire, et le comte se retire. Ces combats du cœur, ces réticences de la pudeur, cette dissimulation continuelle, ce progrès d'un amour démenti inutilement par des paroles futiles, attestent avec quel art Marivaux savait manier la passion et combien profondément il sondait le cœur humain. L'opposition obligée entre le langage et les affections connues ies personnages est une source de comique. Des traits tins et délicats annoncent toujours leur Marivaux. Le personnage d 'Hortensius tourne trop à la charge. Les valets jouent un trop grand rôle dans cet imbroglio sentimental. C'est par l'excès de zèle de Lisette que l'auteur parvient à agiter les deux amants, et c'est de la maladresse de Lubin qu'il tire une grande partie de son comique. La pièce est amusante. Marivaux y démonire la supériorité des femmes sous le rapport de la constance : la marquise ne trahit son mari qu'après six mois de veuvage, mais le chevalier oublie sa maltresse au bout de deux mois.

Surprise de la bnlue (la), comédie en trois actes et en vers, de Boissy; représentée sur le théâtre de la Conu-die -Italienne le 10 février n'Ai. Deux familles parisiennes, qui ont été longtemps divisées par des procès, veulent que l'hymen de leurs enfants les réunisse. Lisidoi, fils de Cléon, chef de l'une de ces deux familles, et Lucile, fiile de Clarisse, chef de l'autre, paraissent d'abord avoir du penchant l'un pour l'autre ; mais, en se voyant de près, ils reconnaissent qu'ils ne pourront jamais s'aimer et se trouvent surpris, tous les deux, d'une haine aussi mutuelle qu'invincible. Le mariage projeté est abandonné.

Cette fureur de haine gagne tous les personnages qui les approchent. Lisette, suivante de Lucile, et Arlequin, valet de Lisidor, s'aimaient; ils finissent par ne plus pouvoir se .•otiffrir. Un riche Anglais, mylord Guinée, devenu amoureux de Lucile, s'éloigne également. De sorte que la pièce se termine sans mariage, mais par un divertissement que donne 1 Anglais, et dans lequel la haine, personnifiée d'abord sous les traits de l'Hymen et feignant de vouloir unir des couples d'amants, se montre ensuite sous sa propre forme et souffle sur eux la discorde. Il y a beaucoup d'art dans la manière dont les deux principaux personnages passent de l'amour a la haine, niais le sujet de cette pièce est bien peu dramatique. Les défauts de Lisidor et de Lucile ne sont point assez marqués pour expliquer l'aversion réciproque des deux amants. Ils pourraient se quitter sans se haïr. Cependant, la pièce eut dix-huit représentations dans sa nouveauté et fut reprise avec succès. Thérèse Biancolelli, qui remplissait les rôles d'amoureuse, débuta à la Comédie- Italienne le 10 février 1738, par celui de Lucile. Un anonyme lui adressa les vers suivants ;

Par la SurjnHse de la haine En vain vous avez cru débuter en ce jour; Non, non, pour qui vous voit paraître sur la scène, C'est la surprise de l'amour !

Surpris» do l'amour (lbs), opéra-ballet de trois entrées, paroles de Bernard, musique de Hameau; représenté à l'Académie royale de musique, le 31 mai 1757. L'Enlèvement d'Adonis, la Lyre enchantée et Anacréon, tels sont les titres des trois actes de ce ballet, un des derniers ouvrages du célèbre compositeur.

SURPRODUCTION s. f.(sur-pro-du-ksi-on— du préf. sur, et de production). Production excessive, exagérée : Les Etats les mieux pourvus de débouchés sont sujets à la surproduction comme les pays les plus isolés. (froudh.)

SURRE s. m. (su-re — du latin suber, liège). Bol. Nom vulgaire du ehêne-liége, dans le Midi.

SURRÈDE s. m. (sur-rè-de — rad. surre). Sylvie. Terre plantée en chênes-liéges, dans le Midi.

SURRÉNAL, ALE adj. (sur-ré-nal, a-le — du préf. sur, et du lat. ren, rein). Anat. Qui est placé au-dessus des reins : Artères, veines surrénales. Corps surrénaux.

— Capsule surrénale, Glande vasculaire sanguine, située a l'extrémité supérieure du rein, auquel elle adhéré plus ou motus. Il Ganglion surrénal, Ganglion semi-lunaire.

— s. m. Grand surrénal, Nerf splanchnique. Il Petit surrénal. Petit splanchnique.

— Encycl. Anat, Les capsules surrénales sont des organes d'apparence glanduleuse, situés de chaque côté de la colonne vertébrale, au-dessus des reins, en dehors du péritoine et le long des piliers du diaphragme. Une couche mince de tUsu graisseux les enveloppe. Leur sommet regarde en haut, en avant et en dedans. La face antérieure est couverte à droite par le foie, auquel elle adhère, à gauche, par la rate et la grosse tubéiosilé de l'estomac. La surface des capsules surrénales est ridée et plissée. Elles sont

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d'une couleur brun jaunâtre à l'extérieur et brun foncé au centre. Boyer comparait leur forme à celle d'un casque aplati d'avant en arrière, et cette comparaison, malgré son imperfection, trouve encore place dans tous les traités d'anatomie. Leur poids est d'environ 7 grammes. Leur structure est celle des glandes vasculaires sanguines. Elles se composent de deux substances, l'une appelée corticale, laquelle est externe; l'autre médullaire et interne. La première, entourée d'une membrane fibreuse propre, est jaunâtre; elle est assez ferme et épaisse de om,00l5; elle contient un grand nombre de cellules polygonales, de granulations moléculaires et *de globules adipeux. La seconde est grise et plus molle. La substance corticale présente (les variétés assez importantes, suivant qu'on la considère chez l'homme ou chez les animaux. Elle a toujours une couche de vésicules closes à la périphérie, très -manifeste chez l'homme, chez le chien et le chut, moins visible chez le bœuf, le mouton et le veau. Le reste de la substance corticale a pour éléments principaux des cellules qui sont libres et non contenues dans des tubes, et disposées en séries linéaires jusque près de la substance médullaire, où elles sont isolées ou réunies en groupes (bœuf, mouton et veau). Chez le chien et le chat, ces cellules sont contenues dans des tubes à parois propres; chez l'homme, on les trouve en partie libres. Les cellules constituant la substance corticale sont à contenu finement granuleux chez le bœuf, le veau, le mouton; chez le chien et le chat, elles contiennent de grosses granulations graisseuses. Chez l'homme, on trouve les deux variétés. La substance médullaire est composée de vésicules closes comme les autres glandes sanguines. Elle contient très-peu d'éléments nerveux.

Les capsules surrénales sont pénétrées en tous sens par les ramifications de l'artère et de la veine capsulaires, par des vaisseaux lymphatiques et par des nerfs qui proviennent du plexus solaire, des plexus rénaux et des ganglions semi-lunaires. Elles n'ont pas de canal excréteur. Leur usage est complètement inconnu. Les animaux à qui on les enlève survivent à cette ablation. On connaît pourtant, sous le nom de maladie bronzée ou maladie d'Addison, un état pathologique assez curieux, qui semble lié à une altération des capsules surrénales. Les abcès, les cancers et les tubercules des capsules semblent engendrer cette maladie, caractérisée par une couleur bronzée de la peau. Bien que l'on ait souvent rencontré de graves affections des capsules surrénales sans maladie d'Addison, il est établi que le nombre des cas où ces deux altérations coïncident est 'très-considérable. On n'ose pas encore affirmer qu'il y ait un lien de causalité entre elles ; mais celui de coïncidence est établi.

Nos connaissances, on le voit, sur les capsules surrénales, k tous les points de vue, n'en sont qu'au rudiment, et de nouvelles recherches sont nécessaires pour découvrir le rôle de ces organes.

SURRENTUM , ville de l'Italie ancienne, dans la Campanie-, aujourd'hui Sorrente.

SCRREY (COMTÉ de), division administrative de lu région S.-E. de l'Angleterre, séparée au N., par la Tamise, des comtés de Middlesex et de Huckingham, limitée à l'E. par le comté de Kent, au S. par celui de Sussex et à l'O. par ceux de Berks et de Hants. Superficie , î,000 kiloin. carrés; 683,082 hab.; chef-lieu Guildford, villes principales : Kingston, Croydon , Epsoin, Dorking. Ce comté est traversé par diverses chaînes de collines, et appartient tout entier au bassin de la Tamise, qui le baigne au N.; les principales rivières qu'il envoie à ce fleuve sont : la Mole, le Wey et la Medway. Il est en outre traversé par les canaux de Croydon et de Basingstoke, et par plusieurs lignes de chemins de fer. Le sol est très- varié ; la partie septentrionale est surtout argileuse; celle de l'O,, crayeuse, tandis que celle du S. est formée de terre d'ailuvion trèsriche. On y trouve ia minerai de fer en abondance, de la pierre à chaux, de la craie, du sable propre aux verreries, de la terre glaise et plusieurs sources minérales. Les quatre cinquièmes du territoire sont en culture et produisent principalement du blé, de l'orge, de l'avoine, des légumes pour l'approvisionnement de Londres, du houblon et des plantes médicinales. On y élève beaucoup de vaches, dont le lait est porté à Londres, des moutons et des porcs. L'industrie du comté est surtout développée dans la partie septentrionale, aux bourgs de Lambeth et de Southwark, qui sont considérés comme des faubourgs de la métropole. Là on trouve de nombreuses fabriques d'amidon , vinaigre, tabac, poudre à tirer; des manufactures d'étoffes de coton et d'impression d'indienne, etc. Ce comté, jadis habité par les Segon tiaci, fut compris par les Romains dans la province de Britannia Prima; à l'époque de l'heptarchie saxoune,,il fit partie du royaume de Sussex.

SG11REY {Henri HOWARD , comte de), homme politique et poëte anglais, né en 1516, décapité àLondresen 1547. L'incertitude règne sur ses premières aimées, que l'imagination des biographes a brodées de mille événements ridiculement chevaleresques. On ne le voit apparaître dans l'histoire qu'en 1536,

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