SUSA
anglais up, et du sanscrit upa quant approche, montée, de crite vbh ou umbh, amasser, préfixe sus est souvent, dans mânes, mis à la place du latin sur. C'est le sens qu'il a dans composés français, grâce à la a faite de sur et sus.
', particule maria racine Sansréunir. Mais le les langues rosuper et signifia presque tous les confusion qu'on
SUS adv. (su. — Sus était autrefois une préposition et un adverbe signifiant sur, dessus, en haut; il dérive de susum, dont les Latins se servaient au lieu de sursum :
Quia nunc supina susum in ccelum conspicitl
Plaute.
On se servait même de sus, au lieu de sursum, dans la locution susque deque, employée pour sursumque deorsumque, en haut et en bas :
iVunc tu lentiut es; nunc tu susque deque fers.
Plautb.
Sursum est une corruption de subversum, proprement vers le haut, en montant, de subvertere, tourner vers. Le mémo primitif sursum a fourni à l'italien suso, su, à l'espagnol et à l'ancien portugais suso, à la langue d'oc sus. En joignant de à sus, on a formé dessus, qui était autrefois préposition et adverbe. Les anciens manuscrits nous offrent assez fréquemment sus, du latin sursum, et sous, du latin subtus, écrits l'un et l'autre sus ou suz; mais, comme le remarque avec raison Chevallet, si deux prépositions aussi diamétralement opposées pour la signification pouvaient se confondre dans l'écriture, elles no devaient certainement pas être confondues dans la prononciation, car nos pères n'auraient pu parvenir à s'entendre. Sus et. sous devaient se prononcer comme aujourd'hui, et lorsque le dernier était £crit sus, suz, c'est sans doute qu'on donnait a Vu le son ou, Comme en italien. Un passage du Livre des Ilois présente aussi à la fois dessus et dessous écrits de -manière à être confondus dans la prononciation si l'on ne donnait à l'u deux sons différents : « Sire, sire, Deu de Israël, nuls n'est ki te semble al ciel desus, ne en la terre desuz »). Dessus, pour marquer la direction d'une attaque, d'une poursuite : Courir sus à quelqu'un. !l n'y avait pas jusqu'aux femmes et aux enfants qui sortaient des maisons pour courir sus aux vaincus, (Vitet.)
— Loc. adv. En sus, En plus : La moitié, le tiers, le quart en sus. Quatre francs et le quart ics sus font cinq francs. (Acad.) Il D'après l'Académie, Le tiers, le quart en sus se disent quelquefois d'une quantité qui, étant ajoutée à une somme, donne une somme totale dont cette quantité est le tiers ou le quart : Quinze mille francs et le quart en sus font vingt mille francs. (Acad.) Ces locutions tout à fait vicieuses sont aujourd'hui inusitées.
— Loc. prép. En sus de, Outre, au delà do : Il a touché des gratifications en sus de ses appointements. (Acad.)
— Interj. Sus! Or sus.' Sus donc! S'emploie pour exciter, exhorter, encourager : Sus DONC I inventez de nouveaux tourments pour moi. (Mézerai.)
Sus! mes amis, partons; sus donc! qui vous retient?
Corneille.
Sus! sans plus de discours, résous-toi de me suivre.
Molière.
Chacun dit: Il est vrai, sus! sus! courons aux armes. Chacun promet enûn de risquer le paquet.
La Fontaine.
Il S'emploie aussi pour indiquer une décision prise irrévocablement :
Sus/ je romps notre trêve et reprends ma parole.
MOLlÊRli.
SUS s. m. (stiss — mot lat.). Mamm. Nom scientifique du genre cochon ou sanglier.
SUS ou HAZ-EL-ODADY, rivière de l'empire du Maroc. Elle descend de l'Atlas, coule au S:-0., baigne Tarodant, puis se dirige à, l'O. et se jette dans l'Atlantique, à Agadir, après mi cours de 210 kilom. Quelques géographes ont pensé que Raz-el-Ouady était le Daradus de Ptolémée.
SUS-ACROMIAL, ALË adj. (su-zn-kro-mial, a-le — du préf. sus, et de acrotnial). Anat, Se dit d'une branche nerveuse du plexus cervical qui se dirige vers la partie antérieure de l'épaule et de la poitrine, pour se distribuer à la peau qui recouvre la partio untérieure du deltoïde et la partie externo de la clavicule.
SUSAIN s. ni. (su znin). Ane. mar. Partie du tillac qui règno depuis la dunette jusqu'au grand mât.
SUSAP<E (Louis), général français, né k Pérouse (Italie) en 1810. Elève de l'Ecole polytechnique, il entra ensuite dans l'artillerie, devint chef d'escadron et fut nommé, le 19 mars 1848, chef du personnel au ministère de la guerre, fonction qu'il remplit jusqu'au 17 juillet 1850. M. Susane était colonel, lorsque retourna au ministère de la guerre en qualité de directeur général de l'artillerie, et, tout en conservant ce poste, il fut nommé, sans jamais avoir fait de campagne, général de brigade en 1804 et général de division le 23 mars 1870. En février 1S7I, lorsque lu général Le Flô se rendit à l'Assemblée du Bordeaux, le général Susane prit par intérim le portefeuille de la guerre et fut délégué, 1» Î0 février, à la signature des actes administratifs. Peu après, il reprit ses fonctions da directeur général. A ce tiire, il fut chargé
susc
de fournir des documents et des renseignements sur l'état de notre artillerie avant et pendant la guerre de 1870-1871 à ta commission des marchés, instituée par l'Assemblée nationale. Importuné des demandes réitérées que lui fit la commission, M. Susa'né finit par lui adresser une lettre peu parlementaire et même assez cavalière. La commission, présidée par le duc d'Audiffret-Pasquier, s'en émut à juste titre et demanda au gouvernement la démission de son agent (février 1872). VainementMM. Thiers et deCissey essayèrent d'apaiser le conflit; la commission persévéra dans sa demande, et le général Susane fut relevé de ses fonctions. 11 continua à siéger au comité d'artillerie et fut chargé, au mois de mai 1872, de diriger la Revue d'artillerie, recueil patronné par lo ministère de la guerre. Outre des études publiées dans la Revue des Deux-Mondes, notamment sur l'Artillerie avant et pendant la guerre (15 janvier 1871), on doit au généial Susane des ouvrages estimés : Histoire de l'ancienne infanterie française (Paris, 1849- 1853, 8 vol. in-8<>, avec atlas) ; V Artillerie avant et depuis la guerre (1871, in-18); Histoire de la cavalerie française (1871, 3 vol. in-18); Histoire de l'artillerie française (1874, in-18).
S US ANNE ou SUZANNE, personnage de la Bible. V. Suzanne.
SUSARION, poète comique qui vivait vers la L.e olympiade, c'est-ii-dire au ternes de Solon et bien avant Thespis. La comédie, de même que la tragédie, eut son origine dans les fêtes de Baccnus. Les Icariens, habitants d'un village attique qui, selon la tradition, avait le premier accueilli Bacchus dans ces contrées et qui célébrait sans doute avec un zèle tout particulier les dionysiaques, se vantaient d'avoir inventé la comédie. Susario», disait-on, y avait le premier lutté pour remporter un prix, composé d'une corbeille de ligues et d'un cruchon de vin, avec un chœur d'Icariens au visage barbouillé de Ho, ce qui leur valut le surnom de trygpdes ou chanteurs à la lie. Une note digne de remarque nous apprend que ce Susarion n'était point originaire de l'Attique; c'était un Mégarien. Plusieurs traditions et allusions des anciens confirment d'ailleurs ce renseignement. Toutes, en effet, donnent à entendre que les Doriens de Mégare se distinguaient, par une disposition particulière à la gaieté et à la raillerie et qu'ils composaient dos farces et des parodies pleines de jovialité et de verve populaire. Susarion est cependant une des figures saillantes de l'Attique. Il se passa un grand nombre d'années sans qu'on entendît parler d'un poète qui eût fait progresser la comédie. Cette immobilité de l'art comique n'étonnera point, pour peu . qu'on se souvienne de la longue tyrannie de Pisistrate et de ses fils. La comédie ne pouvait grandir que dans l'atmosphère de la liberté et de l'égalité républicaines.
SUSBANDE s. f. (su-sban-de — du préf.
sus, et de bande). Artill. Pièce de fer disposée dans un affût de façon à embrasser la partie supérieure du tourillon de la pièce, (l Pièce de fer qui embrasse et maintient le treuil d'une trique-balle.
SUSBEC s. m. (su-sbèk — du préf. sus, et de bec), Fauconn. Pituite acre que les oiseaux, de proie jettent par le bec, et qui en fait mourir un grand nombre.
SUSCARPIEN, IENNE adj. (su-skar-piain, i-è-ne — du préf. sus, et de carpien). Anat. Qui appartient à la face dorsale du carpe : Artère suscarpiennk.
SUSCE s. m. (su-se). Comin. Nom de plusieurs étoffes de soie du genre taffetas qui se fabriquent dans l'Inde, principalement au Bengale.
SUSCEPTEUR s. m. (suss-sè-pteur — lat.
su&ceptor; de suscipere, recevoir). Hist. roui. Officier qui était chargé par les décemvirs de recueillir les impôts.
— Hist. ecclés. Celui qui reçoit les ordres sacrés.
SUSCEPTIBILITÉ s. f. (su-sè-pti-bi-li-té — lad. susceptible). Capacité de recevoir les impressions qui mettent en exercice les actions organiques.
— Exaltation de la sensibilité physique observée dans les affections nerveuses.
— Disposition à s'offenser aisément, à sentir vivement les moindres injures : Blesser, ménager ta susceptibilité de quelqu'un.
(Acad.) La susceptibilité, dmis un simple particulier, n'est qu'un travers; elle est un vice dans l'homme public, qui doit s'estimer assez pour se croire au-dessus de l'épigramme et même de l'injure. (Tassi.) L' amour-propre, si susceptible pour lui-même, ne devine presque jamais la susceptibilité des autres.
(Mme de Staël.) Point d'intelligence, si favorisée qu'elle soit, qui n'ait ses susceptibilités, ses défiances. (Ohateaub.) Il n'est point de passion plus injuste dans ses écarts que l'esprit de parti dans sa susceptibilité. (De Bouilly.) On donne souvent pour une sensibilité exguise une susceptibilité outrée. (Mme c. Bauhi.) La susceptibilité consiste a se fâcher sans raison de ce qu'on vous fait; elle est l'erreur ou le masque de la dalicattcse. (Livry.) Le contre-poids de la susceptibilité, c'eM d'être animé par quelque noble senti-
SUSC
ment. (Bonstetten.) La susceptibilité est en raison inverse de l'amitié. (M"" C. Fée.) La défiance révolte et la susch.ptibii.itb fatigue. (La Rochef.-Doud.) l'outes les émotions, toutes les susceptibilités du patriotisme sont légitimes. (Guizot.) Une société vieillie a des susceptibilités é/ran^M. (Ph.Chasles.)Zd où toute honorable susceptibilité serait éteinte, toute liberté serait bien près d'expirer. (E. de Gir.)
SUSCEPTIBLE adj. (su-sè-pti-ble — d'un type latin de convention susceptibilis, venu de suscipere, dans le sens de éprouver, être sensible). Capable; en état par sa nature : Etre susceptible d'éducation. Etre susceptible de s'emporter. La matière est susceptible de toutes sortes de formes. Cette terre est susceptible d' améliorations. (Acad.) Les grands sont d'autant plus susceptibles de préjugés qu'ils aiment moins la peine de l'examen et l'embarras de la défiance. (Mass.) On ne doit pas considérer la vie comme une chose absolue, mais comme une quantité susceptible d'aujimentatt'on et de diminution. (Buff.) Les oracles sont toujours susceptibles d'une interprétation double. (B. Const.) Les bons ouvrages sont les seuls susceptibles d'être corrigés. (Beauchêne.) Les hommes sont plus susceptibles d'être riches en vertu acquise, et les femmes en vertu native. (J. Joubert.) Une femme qui n'excite plus aucune émotion reste encore susceptible d'en éprouver beaucoup. (Mme de Rémusat.) Il n'est pas permis de refuser à un être raisonnable le développement dont il est susceptible, (Mme Guizot.) L'esprit des femmes n'est susceptible que de sagacité. (Azaïs.) La valeur est une qualité des choses susceptible d'être échangée. (Droz.) En japonais, les voyelles qui ne sont pas susceptibles de s'/iarmoniser ne sauraient se rencoyitrer dans un même mot. (A. Maury.) Tous nos appétits sont susceptibles d'éducation et de dépravation. (.1. Simon.) Les esprits fort délicats sont /^^susceptibles de curiosité et de prévention. (H. Beyle.) De la foi d'un chrétien les mystères terribles D'ornements égayés ne sont point susceptibles.
BOILBAU.
— Qu'il est facile de blesser, qui s'offense aisément : Un esprit, un caractère susceptible. (Acad.) On ne traite jamais sans façon une personne susceptible. (Mme K. de Gir.) Il paraissait susceptible et fier naturellement. (Lsimart.) Tout sentiment, quand il est vif, est susceptible et ombrageux. (Thiers.) Les parvenus à ta liberté sont susceptibles comme les paruenus à la fortune. (Lamart.) Cuvaignac était droit et consciencieux, mais susceptible et impressionnable. (Ste-Beuve.)
— Administr. Marchandises susceptibles. Marchandises considérées par l'administration sanitaire comme capables d'être infectées et de transmettre la contagion : Les anciens règlements distinguaient les marchandises en susceptibles. <&»u'-susceptibles et non susceptibles. ' ,
— Substantiv. Personne qui s offense aisément : Il reste à faire une comédie du susceptible. (Boiste.J Ne faites pas tant votre susceptible. (Lespinasse.)
SUSCEPTION s. f. (sus-sè-psi-on — lat.
susceptio; de suscipere, recevoir, prendre). Action de prendre, de recevoir en 'soi : La vie organique ne se conserve que par la suscjsption incessante d'éléments étrangers. La susception des ordres sacrés oblige à des devoirs sévères. (Acad.)
— Liturg. Titre de deux fêtes de l'Eglise catholique : La Susception de la sainte croix. La Susceptioh de la sainte couronne. (Acad.)
— Ane. géol. Formation par cristallisation ou refroidissement.,
SUSCITATEUR, TBICE s. (suss-si-ta-teur, tri-se — rad. susciter). Personne qui suscite: Un suscitateur de difficultés.
SUSCITATION s. £. (suss-si-ta-si-on —rad. susciter). Action de susciter, suggestion, instigation : Il a fait cela à la suscitaTion d'un tel. (Acad.) il Peu usité.
SUSCITEMENT s. m. (suss-si-te-man — rad. susciter). Action de susciter. || Peu usité.
SUSCITER v. a. ou tr. .(suss-si-té — lat. suscitare; du préf. sus, et de citare, exciter). Faire naître, faire paraître, produire ou provoquer l'apparition de ; Depuis que Dieu Suscita des princes chrétiens et qu'ils eurent défendu les convenlicules, la loi ne permettait pas aux hérétiques des assemblées en public. (Boss.) Dieu a suscité de temps en temps des hommes extraordinaires pour maintenir la Saine doctrine, pour réveiller la piété. (Fleury.) Dieu suscite des héros pour punir ou relever les nations. (Ch. Nod.) Il faut de grands maux pour Susciter de grands hommes. (H. Taine.) Il Donner lieu k, être la cause déterminante de : C'est le sort de l'homme sur la terre qui
suscitent les livres. (T. Delord.) Les malheurs poignants suscitent l'énergie et provoquent la volonté. ( L. Ulbach.) Il Soulever comme empêchement; opposer comme difficulté : Susciter des ennemis d quelqu'un. La gloire et la richesse suscitent des envieux. Susciter un procès, une querelle. Susciter des embarras, des obstacles. (Acad.) — Susciter lignée à son frère, Dans le ian-
SUSC
Cage de la Bible, Faire revivre le nom de son trère mort sans postérité, en épousant sa veuve pour en avoir des enfants, selon les prescriptions de la loi juive.
SUS-CLAV1CULAIRE adj. (su-skla-vi-kulè-re — du préf. sus, et de claviculaire). Anat. Situé au-dessus de la clavicule.
SUS COCCYGIEN , IENNE adj. (su-skok&iji-ain, i-è-ne — du préf. sus, et de coccygien). Anat. Qui est situé au-dessus du coccyx.
SUSCRIPTION 3. f. (su-skri-psi-on — lat. superscriplio ; de super, sous, et de scriptio, écriture). Adresse écrite sur l'extérieur d'un9 lettre missive : C'est lui qui a mis la suscription à cette lettre. La suscription était : au Roi, à son Altesse Royale, à Son Emineïice, à Monsieur de... (Acad.) La " svjSCRirtion était d'une écriture de femme très-fine, (Baudelaire.)
— Diplomatiq. Titre placé au commencement d'une lettre ou d'un acte.
— Encycl. Diplomatiq. Il serait trop long de rechercher les épithètes employées dans les titres que l'on prenait ou que l'on donnait à ceux a qui on adressait des chartes. Ainsi que le remarque dom de Vaines, ces titres n'étaient que de pur style, car les Pères du concile d Agde, tenu l'an 506, nomment le roi Alaric, tout arien qu'il était, « prince très-pieux, piissimus. »
Il n'est pas possible de donner des règles constantes pour cet objet; tantôt les 'titres pris précèdent les'titres donnés, tantôt ils les suivent; les supérieurs, les égaux et les inférieurs mettent indifféremment leurs qualités avant ou après celles des personnes à qui ils s'adressent.
Les suscriptions des lettres des évéques des trois premiers siècles ne consistaient que dans les deux noms de l'auteur et du récipiendaire, avec la seule qualité de frère ; les papes eux-mêmes se servaient de cette formule. A partir du ive siècle, les prélats se désignèrent par leur titre d'évêque, en y ajoutant les épithètes d'humble, à'indigne, de pécheur, etc. Mais si les titres que prenaient les prélats étaient des plus humbles, ceux qu'on leur donnait étaient des plus magnifiques; on leur décernait même les titres qui, par la suiie, furent réservés exclusivement au pontife romain. Dans le vie et le vue siècle, les papes prirent, dans la suscription des bulles, le titre de « serviteur des serviteursde Dieu. » Au commencementdu vue siècle, on commença à donner aux empereurs des titres fort pompeux; les papes les appelèrent : « Très-pieux seigneurs, Sérénissimes vainqueurs et triomphateurs, Amateurs de Dieu et de Jésus-ChrUt, Augustes, « etc.; à la même époque, les titres des papes devinrent solennels ; ce furent : « Souverain pontife, Père des pères, Evêque des évéques, Pontife des pontifes, ■ etc. Dans le vin» siècle, les papes, dans leur suscription, commencèrent par nommer les personnes à qui ils écrivaient; mais, depuis Nicolas 1er, au IXe siècle, le nom du pape et ses titres précédent toujours le nom de la personne à qui il écrit; au xne siècle, Adrien IV se plaignit à l'empereur Frédéric Barberousse de ce qu'il prenait le premier rang dans la suscription de ses lettres adressées au pape. Les formules Dei gratia, Dei dono, Per Dei gratiam , employées d'abord comme signe de piété, furent, à partir du xv" siècle, réservées aux souverains, comme symbole d'indépendance absolue; cependant, les évéques les conservèrent et y ajoutèrent, dans la suite, l'expression et apostolicx sed's.
Au commencement du xe siècle, un grand nombre d'é vêques s'étant érigés en seigneurs temporels prirent dans leurs lettres des ti- . très iastueux ; dans les siècles suivants, les formules qu'ils employèrent présentaient le contraste singulier des qualifications les plus ampoulées et des expressions les plus humbles. Dans une lettre datée de 1347 se trouve le premier exemple d'une partie de la suscription rejetée à la fin de 1 acte.
Les diplômes des rois mérovingiens portent ordinairement pour suscription une première ligne ainsi conçue : N. rex Francorum, vir htluster. Les maires du palais, quand ils s'emparèrent de l'autorité, prirent le titre i'inluster vir, suivi de leur nom et de la qualité de majordome. Pépin le Bref ajouta aux titres de rex Fruncorum et de vir inluster les mots Dei gratia. Charlemagne, quand il eut été couronné empereur d'Occident, s'intitula dans ses lettres : Carolus, serenissimus augustus, a Deo coronatus, magnus et pacificus imperator, Romanorum gubernans imperium, et per misericordiam Dei rex Francorum et Longobardorum (Charles, sérénissitiie auguste, couronné de Dieu, grand et pacifique empereur, gouvernant l'empire romain, et par la miséricorde de Dieu roi des Francs et des Lombards). Au ixe siècle, les formules de suscription énoncèrent les titras d'empereur et de roi que portaient les souverains avec l'addition des mots : Divina ordinance providentia, Dei omnipotenlis misericordia, Atisericordia Dei, etc. Au xe siècle, l'empereur d'Allemagne prenait dans les suscriptions le titre de » roi des Romains, ■ jusqu'à ce qu'il eût été couronné empereur; il s'intitulait ensuite Imperator augustus. A cette époque, les seigneurs ayant usurpe les droits régalien&,prirent, dans la susciipiion ï