SUSE
de leurs lelfres, les titres des dignités qu'ils exerçaient dans leurs terres. Au x.t« siècle, on remarque le titre de ï très-saint Père ■ donné au roi Robert: ce prince est le premier des rois de France qui se soit servi du pronom personnel ego, moi, en commençant sa suscription. L'empereur d'Allemagne Henri IV prit dans ses diplômes le titre de « patries. » Au xiie siècle, les formules n'eurent rien de fixe. Le titre de « vénérable • fut quelquefois donné à Philippe 1er et à Louis le Gros. Louis VII, dans une charte de l'année mi, adopte le titre de < roi de France, • au lieu de celui de « roi des Français, i usité jusqu'alors. Les deux expressions furent employées concurremment jusqu'à la fin du xvia siècle. Au xirra siècle et dans les siècles suivants, le titre de « roi des Français • est généralement réservé pour les actes latins, et celui de » roi de France ■ pour les actes français. Les empereurs d'Allemagne énumèrent dans leur suscription tous Tes Etats qu'ils gouvernent. Au xive siècle, le titre de « très-redouté » lut généralement donné aux princes. L'empereur Soliman, qui régnait au xv« siècle, s'intitulait « roi des rois et seigneur des seigneurs. » Henri V, roi d'Angleterre, ajouta à ses titres ceux d' • héritier et régent du royaume de France; » son successeur Henri VI prit le titre de « roi de France » ou de « roi des Français. » L'empereur Charles-Quint ajouta une infinité de titres à l'ancienne formule Carolus quintus, divina fàvente clementia, electus Rqmanorum imperator, semper augustus, etc. Avant de se séparer de l'Eglise catholique, Henri VIII d'Angleterre ajoutait à ses titres celui de Fidei defensor que le pape lui avait donné ; après la consommation du schisme, il ajouta : et in terra supremvm caput anglicans Ecclesite. Le roi^ François II s intitula ■ roi de France et d'Ecosse, » à cause de son mariage avec Marie Stuart. Henri III ajouta le titre de « roi de Pologne • à celui de « roi de France. » Henri IV se qualifia « roi de France et de Navarre, » et ses successeurs conservèrent ce titre jusqu'à la Révolution. Napoléon 1er s'intitulait « empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la ligue du Rhin, médiateur de la Suisse, etc. » La Restauration ramena la formule • roi de France et de Navarre. » Après la révolution de 1830, Louis- Philippe prit le titre de « roi des Français.» Napoléon III s'intitula ■ Napoléon , par la grâce de Dieu et la volonté nationale, empereur des Français. »
SUS-DÉNOMMÉ, ÉE adj. (su-sdé-no-mé —
du préf. sus, et de nommé). Qui a été nommé plus haut : La personne sus-dénommée.
— Substantiv. Personne nommée plus haut : Le sus-dénommé. La sus-dénommée.
SUSDIT, ITE adj. (su-sdi, i-te — du préf. sus, et de dit). Nommé, indiqué plus haut : La susdite personne. Les contractants SUS- DITS. Il va sans dire qu'Albert demeurait dans la rue susdite. (Alex. Dum.)
— Substantiv. Personne nommée plus haut : Le susdit. La susdits.
Outre, plus, le susdit serait venu, de rage, Pour lacérer ledit présent procès-verbal.
Racine.
SUS-DOMINANTE s. f. (su-sdo-mi-nan-tô — du préf. sus, et de dominante). Mus. Note au-dessus de la dominante, sixième du ton : Sus -dominante mineure. Sus-dominamtb augmentée.
SUSE, ville de l'Asie ancienne, capitale de la Susiane, au milieu d'une plaine fertile, sur l'Eulaeus, aux bords duquel fleurissaient les lis, appelés suson en langue persane, d'où le nom de la ville. Elle était bâtie, comme Babylone, en briques cuites et était défendue par une forteresse appelée Memnonion, qui était construite sur une butte artificielle de 50 mètres de hauteur. C'est dans cette forteresse que les grands rois renfermaient leurs richesses; aussi Alexandre le Grand y trouvat-il un trésor considérable. Il ne reste de cette ville que quelques tumulus, des vestiges de ter rasses, quelques inscriptions cunéiformes et un tombeau que l'on regarde comme celui de Daniel, près de la ville moderne de Chouster.
Sl'SE, en latin Segusio, en italien Susa, ville du royaume d'Italie, province et k 53 kilom. O. de Turin, ch.-l. du district et du mandement de son nom, au confluent de la Doire Ripaire et de la Ciuise, au fond d'une vallée et à l'embranchement des deux routes du mont Cenis et du mont Genèvre; 4,989 hab. Evéché sutfragant de Turin; séminaire, collège royal. Tribunal de l" instance. Aux environs, belles carrières de marbre vert. On y remarque un are de triomphe élevé en l'honneur d Auguste parle préfet romain Cottius • une cathédrale romane, consacrée en 1028 et surmontée d'un campanile élevé. Suse, ville très-ancienne, fut jadis une place de guerre très-importante, la clef de l'Italie du côté de la France. Aussi fut-elle souvent prise et ravagée. Bellovèse, Brennus, les Carthaginois, les Goths, les Vandales, les Lombards, les Sarrasins la prirent et la dévastèrent tour à tour. Au moyen âge, elle fut le ch.-l. d'un marquisat cède, en 1060, aux ducs de Savoie. Les Français s'en emparèrent en 1629 ; peu après un traité y fut signe entre Louis XLI et le due de Sa\oie. En Iu00, les Français s'en emparèrent une seconde fois et la conservèrent pendant six ans. Ils la prirent en-
SUSM
core en 1704 et en 179G. Deux ans après, ils démantelèrent le fort de la Brunette, qui commandait la ville et avait coûté 15 millions. Suse devint alors un des chefs-lieux d'arrondissement du département du Pô. Les événements de 18 14 la firent rentrer dans les domaines de la maison de Savoie.
SDSE (pas de), "défilé des Alpes, entre la France et le Piémont, au S. du mont Cenis. Ce défilé, a l'entrée duquel se trouve la ville de Suse, fut forcé en 1629 par le duc de La Meilleraie.
SUSEAO s. m. (su-zo). Bot. Nom vulgaire du sureau.
SUSEGANA, bourg du royaume d'Italie, province de Trévise, district et mandement de Conegliano; 2,815 hab.
SUS-ÉPINEUX, EUSE adj. (su-zé-pi-neu, eu-ze — du préf. sus, et de épineuse). Anat. Se dit d'un petit muscle piriforme, situé dans la fosse sus-épineuse et au-dessus de l'articulation scapulo-humérale. il Fosse sus-êpineuse, Enfoncement triangulaire qui se trouve placé au-dessus de i'épine de l'omoplate.
— Encycl. Le muscle sus-épineux s'insère par une insertion fixe aux deux tiers internes de la fosse sus-épineuse et a l'aponévrose qui le recouvre, et par une insertion mobile à la facette supérieure de la grosse tubérosité de l'humérus, où il confond ses libres avec celles de' la capsule fibreuse. 11 est recouvert parle trapèze, la voûte acromio-elaviculaire, le ligament acromio-coracoTdien et le deltoïde. Il recouvre l'omoplate, l'insertion fixe de l'omoplato-hyoïdien, le nerf et les vaisseaux susscapulaires et l'articulation scapulo-humérale. Elévateur du bras, le muscle sus-épineux concourt à maintenir la tête humérale contre la cavité glénoïde. Le sus-épineux élève l'humérus avec plus de force qu'on ne l'a dit. Il est l'auxiliaire du deltoïde. Son concours lui est nécessaire pendant l'élévation du bras, pour maintenir la tête de l'humérus solidement appliquée contre la cavité glénoïde. Le concours du grand dentelé lui est nécessaire pendant l'élévation du bras, comme au deltoïde, ainsi que l'a démontré Duchenne, de Boulogne.
SUSERRE s. f. (su-zè-re). Ornith. Nom vulgaire de la grive.
SUSETTE s. m. (su-zè-te). Mamm, Nom vulgaire du zizel.
SUS-HÉPATIQUE adj. (su-zé-pa-ti-ke — du préf. sus, et de hépatique). Anat. Qui est situé au-dessus du foie, il Veines sus-hépatiques, Veines propres du foie.
SUS-HYOÏDIEN, IENNE adj. (su-zi-o-i-diain. i-è-ne — du préf. sus, et de hyoïdien), Anat. Qui est placé au-dessus de l'os hyoïde.
SUSIAiNE, nommée d'abord Cissia, province de l'ancien empire persan, au N. du golfe Persique, à l'E. de la Perse proprement dite, au S. de la Médie et à l'O. de la Babylonie et de la Chaldée. Capitale Suse; villes principales : Séleucie, Azara, Aginis, près du golfe Persique, Badace. Montagneuse au N. et à l'E., où elle était couverte par les ramifications des monts Parachoatra (aujourd'hui, El-Havas), elle présentait au S. et k l'O. une vaste plaine fertile et bien arrosée par l'Eulœus, le Choaspes, l'Aduna et le Tigris. Le blé et l'orge y rapportaient au centuple; la vigne y fut introduite par les Macédoniens. Cette province, divisée en plusieurs districts qui tiraient leurs noms des peuplades qui l'habitaient, formait sous-Darius la Ville satrapie. Après la mort d'Alexandre, elle fit partie du royaume de Syrie, auquel elle fut enlevée par les Parthes. Elle fit alors partie du deuxième empire des Perses. Conquise par les Arabes au viuc siècle, la Susiane reçut alors le nom de Khouzistan, qu'elle porte de nos jours, en formant une des provinces de la Perse moderne.
SUSIEN, IENNE adj. (su-zi-ain, i-è-ne).
Géogr. anc. Qui appartient à Suse.
— s. m. Linguist. Langue que l'on rattache à la famille touranienne, et qui est celle des inscriptions découvertes à Suse.
SUSIN s. m. (su-zain). Anc. mar. V. su- 3 AIN.
— Vitic. Variété de raisin blanc.
SUS-JACENT, ENTE adj. (su->ja-san, an-te
— du préf. sus, et du lat. jacens, gisant). Géol. Se dit des roches qui, comme les roches volcaniques, sont situées au-dessus des autres.
SUSLIK s. m. (su-slik), Mamm. Nom vulgaire d'une espèce de spermophile.
SUS-MAXILLAIRE adj. (su-sma-ksil-lè-re
— du préf. sus, et de maxillaire). Anat. Qui est situé à la mâchoire supérieure, u Os susmaxillaire, Os qui forme la mâchoire supérieure.
— s. m. Os maxillaire supérieur.
SUS-MAXILLO-LABIAL,ALEadj.(su-sma-
ksil-lo-la-bi-al, a-le — de sjts-maxiltaire, et de labial). Anat. Qui a rapport au sus-maxillaire et à la lèvre supérieure : Muscle sus-
MAXILLO-LABIAL.
— Substantiv. : Le sus -maxillo- labial.
SUS-MAXILLO-NASAL, ALE adj. (su-smaksil-lo-na-zal, a-le — de sus -maxillaire, et
SUSP
de nasal). Anat. Qui appartient au sus-maxillaire et au nez : Muscle sus-maxillo-nasal.
— Substantiv. : Le sus-maxillo-nasal.
SUSMENTIONNÉ, ÉE adj. (su-sman-si-
o-né — du préf. sus, et de mentionné). Mentionné ci-dessus, mentionné plus haut : La convention sus-mentionnbe.
SOS - MÊTACARPO - LATÉRI - PHALAN- GIEN, IENNE adj. (su-smé-ta-kar-po-la-téri-fa-lan-ji-ain, i-è-ne — de sus-métacarpien, latéral, et phalanyien). Anat. Qui appartient à la région dorsale du métacarpe et aux parties latérales des phalanges -.Muscle sus-
MÉTACARPO - LATÉRI-PHALANGIEN.
— s. m. Muscle sus-métacarpo-latéri-phalangien.
SUS-MÉTATARSIEN, IENNE adj. (su-sméta-tar-si-ain, i-è-ne — du préf. sus, et de métatarsien). Anat. Qui appartient a la partie supérieure du métatarse : Artères sus-
MÉTATARS1ENNES.
SUS - MÉTATARSO - LATÉRI - PHALAN- GIEN, IENNE adj. (su-smé-ta-tar-so-la-té-rifa-loD-ji-ain, i-è-ne — de sus-métatarsien, latéral, et phalangien). Anat. Qui appartient à la face dorsale du métatarse et aux parties latérales des premières phalanges.
— s. m. Muscle sus-raétatarso-Iatéri-phalangien.
SUS-NASAL, ALE adj. (su-sna-zal, a-le — du préf. sus, et de nasal). Anat. Qui est situé au-dessus du nez. II Os sus-nasal, Os propre du nez.
SUS-NASEAU s. m. (su-sna-zo — du préf.
sus, et de naseau). Art vétôr. Partie située au-dessus des naseaux du cheval.
SUS-NASO-LABIAL, ALE adj. (su-sna-zola-bi-al, a-le — du préf. sus, du lat. nasus, nez, et de labial). Anat. Se dit d'un muscle qui va de l'os sus-nasal fa, la lèvre supérieure.
SUS-NOMMÉ, ÉE adj. (su-sno-mé — du préf. sus, et de nommé). Qui est nommé cidessus, qui a été nommé plus haut : Le délinquant sus-nommé. La partie sus-nommée.
— Substantiv. Personne sus-nommée : Le
SUS-NOMMÉ. Les SUS-NOMMÉES.
SUSOou SUSON (Henri de Bebg, dit Henri), écrivain ascétique allemand, né à Constance en 1295, mort à Ulm en 1366. Il entra chez les dominicains à l'âge de treize ans, alla terminer ses études à Cologne et montra une si fervente piété que, parvenu seulement k sa dix-huitième année, il fut nommé prieur de son couvent. Henri Suso s'adonna par la suite à la prédication en Souabe et en Alsace et jouit de son temps d'une très-grande notoriété. Il composa un assez grand nombre d'écrits dont les principaux sont : l'Office de l'éternelle sagesse, souvent réédité, et Uorologium sapientix seternx (Paris, 1480, in-go), dont le succès égala presque k cette époque celui de l'imitation et qui fut traduit en français sous le titre de : Horloge de sapience (Paris, 1493, in-fol.) et le Dialogue de la sagesse (1684, in-12). Les Œuvres de Suso ont été réunies et publiées pour la première fois à Augsbourg (1482, in-fol.). On en a fait des traductions en allemand , en italien et en français. Les dominicains honorent Suso comme un saint et célèbrent sa fête le 2 mars.
SUS-ORBITAIRE adj. (su-zor-bi-tè-re — du préf. sus, et de orbite). Anat. Qui est placé au-dessus de l'orbite: Artère sus-orbitaire.
TrOU SUS-ORBITAIRE.
— Encycl. On donne cette épithète à un trou situé vers le tiers interne du rebord orbitale de l'os frontal, ainsi qu"U l'artère et au nerf qui le traversent. Le nerf sus-orbitaire est une branche du nerf frontal qui sort de l'orbite par le trou sus-orbitaire et donne des filets supérieurs pour la peau du front et des filets inférieurs pour la peau et la muqueuse de la paupière supérieure. L'artère sus-orbitaire se porte vers la voûte orbitaire etse dirige vers le trou sus-orbitaire, qu'elle traverse pour se perdre dans les parties dures et molles qui surmontent l'arcade orbitaire,
SUSPECT, ECTE adj. (su-spè, è-kte — lat. suspectus, participe passif de suspicere, pour subspicere, proprement regarder d'eu bas, suspecter, soupçonner, d'où suspicio, soupçon). Qui est ou mérite d'être l'objet d'un soupçon défavorable ; Tout ce qui vient de la pari d'un tel est suspect. Votre silence sur cette a/faire m'est suspect. Le témoignage de cet homme m'est suspect. Une conduite suspecte. Des mœurs suspectes. Une démarche suspecte. Tout ce qui se charge de termes douteux et enveloppés a toujours paru suspect. (Boss.) Il faut faire comme les autres; maxime suspecte qui signifie presque toujours : il faut mal faire. (La Bruy.) C'est ai x ouvrages a parler de leurs auteurs ; tout autre témoignage est suspect et super/lu. (Gresset.) L'éloge est suspect lorsqu'il s'adresse à la prospérité. (Cbateaub.) Le jugement porté sur la femme qu'on aime ou sur celle qu'on n'aime plus est également suspect. (Sauial-Dubay.) J'ai toujours pour suspects les dons des ennemis.
Corneille.
Tout me devient permis lorsque tout m'est suspect.