‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 827 sur 1059 · V. SVEABORG · texte numérisé non relu

V. SVEABORG

SWEBACH DE FONTAINE (Jacques-François-Joseph), peintre français, né à Metz en 1769, mort en 1823. Il étudia k Paris sous J. Silfrède-Duplessis et se fit connaître par plusieurs tableaux, dont l'un, représentant le Passage du Danube par l'empereur le matin du 5 juillet 1809, lui valut la grande médaille du Salon. Il devint premier peintre de la manufacture de porcelaines de Sèvres et fut, en 1815, nommé, par l'empereur de Russie, directeur de celle de Saint-Pétersbourg. Après cinq ans de séjour en Russie, il se détermina, pour des raison? de santé, à revenir en France, Dans ses tableaux, dont la plupart représentent des scènes de guerre et des paysages, ce qu'on admire surtout, c'est la beauté des effets de perspective et l'habileté du groupement des personnages. Les principaux tableaux de Swebach sont : les Courses de chenaux, au inusée de Cherbourg; un Naufrage et une Halte de voyageurs, son oeuvre la plus importante, dans la galerie Pozzo-di-Borgo; la Bataille de Bivoli; le Passage du Danube ; la Calèche; la Malle-poste. — Edouard Swebach, son fils et son élève, né k Paris en 1794, a souvent exposé aux Salons du Louvre. On cite, pufini ses tableaux : la Poste anglaise et Trois chasseurs à cheval, dans le musée de Cherboaë-g.

SWEDENBORG (Emmanuel Svedberg , anobli sous ie nom de), célèbre mystique et

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visionnaire suédois, né à Stockholm le 29 janvier 1688, mort à Londres le 29 mars 1772. Son père, Jesper Swedberg, professeur de théologie à Upsal sous Charles XI et évêque de Skara, en Westrogothie, sous Charles XII, lui fit donner une éducation religieuse, mais non théologique. Cet évêque a lui-même écrit qu'il laissait à ses fils la liberté de suivre, dans le choix de leur carrière, les dispositions qu'ils avaient reçues de la nature, sans prétendre en diriger aucun vers l'Eglise. L'homme qui devait acquérir tant de renom comme visionnaire fut d'abord assez éloigné de se plonger dans le mysticisme; il consacra les deux premiers tiers de sa vie aux lettres et aux sciences, qu'il cultiva avec éclat. 11 était cependant religieux, mais d'une façon toute pratique, faisant consister la religion moins dans le dogme que dans les bonnes oeuvres. • Mon plus grand plaisir, dit-il en se rappelant ses impressions de jeunesse, était de m'entretenir de la foi avec des ecclésiastiques, et je leur fis souvent cette remarque, que la bienveillance ou la charité est la vie de la foi, et que cette bienveillance qui donne la vie nest autre que l'amour du prochain. » Loin de se plonger, comme on l'a souvent écrit, dans des rêveries théologiques, Swedenborg, que son père élevait avec une prudente réserve, s'appliqua très-jeune, avec une grande ardeur et de grands succès dus k ses heureuses dispositions, aux langues anciennes, aux mathématiques et aux sciences naturelles. Quand sa première éducation fut achevée, son père l'envoya k l'université d'Upsal. Dédaignant la carrière ecclésiastique, où , grâce à la haute position de son père et d'un de ses oncles, également évêque, il fût rapidement parvenu aux honneurs, il se consacra à l'étude des sciences et des belles-lettres et fut reçu docteur en philosophie k la suite d'une thèse pleine d'érudition. 11 ne faut pas oublier que la philosophie embrassait alors les sciences mathématiques et physiques ainsi que les lettres. Un an après sa réception (1710), il entreprit à travers l'Europe un voyage qui dura quatre ans. Il alla de Gothembourg à Londres, puis k Oxford, où il séjourna un an pour y suivre les cours de l'université. Il repassa par Londres, puis vint en Hollande, séjourna à Utrecht, ensuite à Paris et à Versailles, d'où il revint en Suède. Le retour de Charles XII, enfin relâché par les Turcs (1714), lui fournit l'occasion d'un discours latin de félicitations. Il publia alors un recueil de morceaux latins intitulé ./euj: d'Hélicon. Ce recueil se compose en grande partie de fantaisies et d'épigrammes badines. L'année suivante, il publia à Greifswald, ville académique voisine de Stockholm, une imitation des Métamorphoses d'Ovide, intitulée Muse boréale, également en latin. Cet écrit marque la fin de la première des trois phases de la vie de Swedenborg. La seconde est la phase scientifique.

Swedenborg sentit qu'à vingt-sept ans il était nécessaire de prendre une carrière. Les lettres ne lui semblaient qu'un jeu ; il reprit avec ardeur l'étude des sciences. Dès 1716, il fonda à Upsal une revue consacrée aux essais et aux découvertes scientifiques, sous le titre de Dédale hyperboréen. Cette revue, qui parvint à son sixième volume, contient les premiers travaux de la Société royale d'Upsal, dont il fit partie dès sa fondation. Cette publication attira l'attention de Charles XII, qui donna de nombreuses audiences au jeune savant et le nomma assesseur du collège royal des mines. Swedenborg rendit en cette qualité de grands services k la Suède; il dirigea la construction des docks de Carlscrona, des écluses du lac de Wener et de Gothembourg, les travaux hydrauliques de Trolhaetta et enfin le transport de la grosse artillerie suédoise au pied des remparts de Frederikshall , où Charles XII trouva une mort si inopinée et si obscure en visitant les tranchées. Swedenborg publia, à peu près à la même époque, des travaux sur l'algèbre et sur les moyens de déterminer la longitude des lieux par des observations lunaires. En 1719, il fit paraître des études sur la division décimale des monnaies et des mesures, pour faciliter les opérations du calcul et la suppression des fractions; sur l'élévation la plus grande des marées dans les temps anciens, avec des preuves tirées de phénomènes observés en Suède ; sur le mouvement et la position de la terre et des planètes. La reine Ulrique-Eléonore s'empressa de lui conférer des lettres de noblesse avec le nom de Swedenborg, plus aristocratique que celui de Svedberg. Il n'a jamais été créé baron ni comte, comme on l'a prétendu ; mais, par son anoblissement, il devint membre de l'ordre équestre et prit, en cette qualité, part aux travaux de la diète. Dans celte seconde phase de sa vie, il résuma sa ligne morale et politique en cinq règles, brèves comme celles de Descartes, mais beaucoup plus banales. Les voici .•

1° Lire et méditer souvent la parole de Dieu.

2° Se soumettre aux volontés de la divine Providence.

3» Observer en tout la décence.

4° Avoir toujours Ja conscience nette.

5" Remplir fidèlement les obligations publiques et les devoirs de sa charge et se rendre en tout utile k la société.

Eu 1720 et 1721, il explora les mines de la

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Suède et se rendit ensuite à Amsterdam pour faire imprimer divers ouvrages, toujours écrits en latin. Ce furent : le Prodrome des principes de philosophie naturelle ; les Obseï-vations et découvertes sur le fer et te feu; uno Nouvelle méthode pour déterminer sur terre ou sur mer les longitudes géographiques des lieux; I \ Art de construire les docks et nouvelle méthode pour la construction des digues; enfin, Y Art d'apprécier la force mécanique des navires. Il visita ensuite les mines d'Aixla-Chapelle, Liège et Cologne et fit imprimer k Leipzig des Mélanges d'observations sur les minéraux, le feu et les gisements des montagnes (1722, 3 vol.). Plus tard, il ajouta un quatrième volume k ces Mélanges. De retour k Stockholm, il y fit imprimer un traité sur la Dépréciation et l'élévation des monnaies en Suède (1722, in;8°). Il était toujours professeur au collège des mines; il fut alors appelé par l'université d'Upsal k la chaire de mathématiques laissée vacante par la mort de Celsius ; mais il refusa cette distinction et se consacra tout entier aux travaux du collège et à ceux de l'Académie. En 1733, il partit pour un nouveau voyage à travers l'Allemagne. L'Itinéraire qu il en a tracé se borne pour la plupart du temps à des observations métallurgiques. A Leipzig, il commença, vers la fin de l'année, l'impression de Bon grand ouvrage intitulé : Œuvres philosophiques et minéralogiques (lutin), orné de son portrait. Il travaillait avec tant d'ardeur, que, corrigeant lui-même ses épreuves, il faisait tirer jusqu'à six feuilles par semaine. Grâce k cette activité, l'ouvrage fut prêt au bout d'une année et parut k Leipzig et k Dresde en trois volumes in-folio. Dans ce grand ouvrage, Swedenborg n'est pas encore tbéosophe ; il se montre de l'école purement scientifique de Télésius, de Campanella et de Descartes. Les deux derniers volumes sont consacrés à l'étude pure des métaux; le premier est tout un système de la nature, un nouveau De natura rerum. Quatre règles y sont posées pour l'examen des plus grands phénomènes; elles sont moins banales que les règles morales que nous avons données plus haut. Les voici telles que les transcrit M, Matter :

• lo II nous faut partir du point de vue que la nature agit parles éléments les plus simples et que les parties de ces éléments sont es formes les plus simples, les moins raffinées, les moins artificielles.

> 2° Nous devons admettre comme principe de la nature le principe .même de la géométrie, c'est-à-dire déduire l'origine des diverses parties de la nature du point mathématique, de même que les lignes, les figures, toute la géométrie, et cela parla raison qu'il n'est rien dans la nature qui ne soit géométrique, et vice versa.

» 3° Admettons de plus que tous ces éléments peuvent se mouvoir en même temps et en même lieu, et que chacun se meut sans en être empêché par un autre.

> 4» Il faut des faits incontestables pour servir de base k la théorie, et il n'est pas permis de faire un pus sans être guidé par eux. »

Le système que Swedenborg a élevé au nom de ces principes est aujourd'hui sans valeur, mais on y admire encore de belles découvertes; dans ses Lettres de philoson/iie chimique, M. Dumas constate que Swedenborg a créé la cristallographie et préludé & la découverte de Wollaston sur le rôle de la forme sphérique duns la composition des cristaux. Il a aussi pressenti, comme le font remarquer quelques savants, plusieurs belles théories de Dalton et de Berzélius. Enfin, il partage avec William Herschel l'honneur d'avoir découvert la place du soleil et de son système dans la voie lactée, et avec d'autres astronomes diverses découvertes qu'il serait trop long d'énumérer ici. En 1734, l'Académie de Saint-Pétersbourg élut Swedenborg au nombre de'ses membres, et l'Académie des sciences de Paris fit imprimer une traduction de plusieurs parties scientifiques de son ouvrage. Enfin, Wolf, le chef de 1 école leibnizienne, satisfait de l'audace du premier volume, chercha k se lier avec Swedenborg, qui, émerveillé de ce succès, Se lança avec imprudence k la recherche des problèmes naturels et des mystères cosmiques. 11 publia donc à Dresde, en 1734, un livre sur ces trois questions : l'Infini, la Cause finale de la nature et le Lien mystérieux de l'âme et du corps, A côté d'excellentes observations et de remarques pleines de sens, on voit dans cet ouvrage une propension à tout expliquer et une hardiesse d'hypothèses qui devait conduire le savant expérimental à toutes les chimères. En 1735, son père mourut, et l'année suivante Swedenborg entreprit de nouveaux voyages; cette fois il parait n'avoir songé qu'k se distraire. A Copenhague, il alla suivre le cours de Wolf; à Rotterdam, il fréquenta les théâtres ; à Paris, il se délecta aux ballets de l'Opéra, nota soigneusement les noms des acteurs et des danseurs qui le charmaient, lui qui daus sa jeunesse dédaignait ces spectacles; il alla aussi dans les églises et y entendit des sermons dont il fut peu satisfait; puis il se rendit en Italie, pour comparer les théâtres italiens avec les scènes françaises. De retour en Suède, il reprit ses travaux et passa deux années a préparer son économie du règne animal, publiée en 1741 k Amsterdam (2 vol. iu-4°), ou-

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vrace dans lequel il s'occupe beaucoup plus de 1 homme que des autres animaux et de l'âme plus que du corps. En 1744, il quitta encore la Suède pour faire imprimer à La Haye les deux premiers volumes d'un nouvel ouvrage physiologique, le Règne animal, le premier sur les Entrailles, le second sur les Organes pectoraux. Il fit imprimer k Londres, où il se rendit ensuite, le troisième volume, qui traite des Sens et des organes en général. Ou est stupéfait de cette activité fiévreuse, quand on songe que ces volumes, publiés k de si courts intervalles, sont de lourds inoctavo ou d'énormes in-folio. Cette fécondité devait amener une surexcitation du système nerveux sans cesse en mouvement, chez cet homme que ses derniers travaux surtout montraient prêta aborder avec une' imprudente confiance les questions les plus ardues. La catastrophe arriva : elle ouvrit la période des hallucinations, des ■ révélations, » comme Swedenborg les appelle. Ce fut la troisième phase de l'existence de ce singulier esprit. L'événement eut lieuk Londres, pendant l'impression du troisième volume du Règne animal , et voici comment Swedenborg l'a raconté k l'un de ses amis : • J'étais, dit-il, k Londres, et je dînais très-tard dans mon auberge accoutumée, où je m'étais réservé une pièce, afin de pouvoir y méditer en toute liberté sur des choses spirituelles. J'avais grand'faim et je mangeais avec un-vif appétit. Sur la tin de mon repas, je vis une sorte de brouillard se répandre sur mes yeux et le plancher de ma chambre se couvrit de hideux reptiles. J'en fus d'autant plus saisi que l'obscurité s'épaissit davantage. Toutefois, elle s'évanouit et je vis distinctement un homme 'assis dans un des angles de l'appartement, au sein d'une vive et radieuse lumière. Les reptiles avaient disparu avec les ténèbres. J étais seul, et vous pouvez vous figurer l'effroi qui me prit quand j'entendis l'homme, d'un ton bien propre k inspirer la frayeur, prononcer ces mots; «Ne » mange pas tant. • A ces mots, ma vue s'obscurcit de nouveau. > La nuit suivante, le même fantôme lui apparut, mais il lui adressa une apostrophe moins triviale que la veille : « Je suis, dit-il, le Dieu, le Seigneur, le Créateur et le Rédempteur; je t'ai élu pour interpréter aux hommes le sens intérieur et spirituel des saintes Ecritures ; je te dicterai ce que tu devras écrire. > Et Swedenborg, après avoir raconté que cette vision rayonnante dura un quart d'heure, ajoute : • Cette nuit même, les yeux de mon homme intérieur furent ouverts... Ils furent rendus propres k regarder dans les cieux, dans le monde des esprits, dans les enfers. Je trouvai partout plusieurs personnes de ma connaissance, les unes mortes depuis longtemps, les autres depuis peu. » — «A partir de ce jour, dit-il encore, je renonçai k toute occupation profane pour ne plus travailler qu'k des choses spirituelles et me dévouer aux ordres que j'avais reçus du Seigneur. > Aussitôt, en effet, il abandonna le monde, se démit de sa charge et, en sa qualité d'intermédiaire entre le monde visible et le monde invisible, crut de son devoir de se livrer entièrement k ses visions et d'accomplir la mission qui lui avait été donnée de régénérer le christianisme et de dévoiler le second sens des Ecritures, le sens spirituel, placé entre le naturel et le divin, et resté jusqu'alors inconnu aux hommes. Depuis ce moment, il consaora toute sa vie k propager ses rêveries, soit par la parole, soit pur de nombreux écrits dans lesquels il raconte ses entretiens avec Dieu et les anges, ses voyages dans le ciel, ses révélations, etc. Il serait long et inutile de raconter les visions ultérieures de Swedenborg; elles durèrent jusqu'à sa mort, c'est-k-dire pendant vingt-sept ans; et l'on éprouve toujours un sentiment pénible k parcourir la nomenclature des hallucinations et des folies d'un esprit d'élite. Le génie de Swedenborg, en effet, ne sombra pas aveu sa raison, et sa raison même ne sombra pas tout entière; il en Conserva assez pour donner une apparence de solidité k une religion nouvelle qu'il fonda, et ses visions furent un attrait de plus pour les adeptes. C'est au panthéisme enthousiaste et théosophique de Bôhine que se rattache le swedenborgisine , et les rapides progrès de cette secte dans l'Allemagne mériuionale, en France, en Angleterre, en Amérique offrent quelque chose de surprenant. On peut cependant les expliquer par l'opposition rationaliste k certains dogmes Ue la religion chrétienne que la théosophie de Swedenborg Combat, tels que ceux de la rédemption, de la trinité, de la prédestination des peines éternelles, de la damnation des enfants morts sans baptême, etc. ; ces côtés rationalistes de la doctrine nouvelle devaient séduire tout naturellement quelques sectes protestantes de l'Angleterre et de l'Allemagne, qui ont basé lu-dessus leur dissidence ; mais le grand mobile de lu plupart des adeptes fut cet attrait du merveilleux qui séduit certaines imaginations naturellement tournées vers le mysticisme et amoureuses de chimères. La Nouvelle Jérusalem, nom mystique que Swedenborg donna k sa religion, compte encore de nos jours, dit-on, un demi-million d'adhérents. Expliquons en deux mots le système thèologique de ce rêveur. Swedenborg enseigne que le monde spirituel invisible, dont il donne une description qui atteste au moins la rioheuse de son iimiLunution, correspond

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au monde matériel et visible, de telle sorte que les objets sensibles, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, représentent des choses spirituelles. Mais ce monde n'est pas un monde idéal dans le sens de Platon; c'est un monde concret, plastique, peuplé comme la terre, mais par des êtres spirituels, des anges faits comme nous, habitant des maisons comme nous, se mariant comme nous, avec cette différence, pourtant, que de ces mariages célestes ne naissent que le bon et le vrai, ainsi que les anges ont pris eux-mêmes soin de le raconter k Swedenborg. La Trinité, comme l'entend l'Eglise, n'existe pas; elle n'est pas une trinité de personnes; elle est concentrée dans la seule personne du Christ; elle est k la fois la nature divine en lui ou le Père, la nature humaine ou le Fils et l'énergie divine qui procède de lui ou le Saint-Esprit. Le Christ est donc k la fois Dieu créateur, rédempteur et régénérateur, un en essence et en personne. C est lui qui était apparu k Swedenborg. On arrive k lui par l'amour, et en lui i'humanité se purifie et se divinise. Nous faisons grâce k nos lecteurs des détails du système ; on le trouvera exposé tout au long dans quatre traités de Swedenborg sur la Nouvelle Jérusalem, appelés par les adeptes les quatre doctrines : Doctrina novss Hierosolym» de Domino (Amsterdam, 1762, in-4°); Doctrina nfivx Èierosolymx de fuie (17S3, in-40); Doctrina novs Hierosolyms de Scriptura sacra (1763, in-40) ; Doclrinavitxpro N. M. (1763, in-40), traités traduits en français par Chastaignier (Londres, 1784, in-8°) et par Le Boys des Guays (Paris, 1845, in-8°). Swedenborg en avait de plus posé les bases dans sa Nova Mierosoly ma (1758, in-8°). L'ouvrage principal du visionnaire est Arcana aeleslia (Londres, 1749-1756, 8 vol. in-8"), traduit très -littéralement en français par M. Le Boys des Guays sous ce titre : les Arcanes célestes de l'Ecriture sainte ou Paroles du Seigneur dévoilées, ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges (Paris, 1845-1848,16 vol. in-8°) ; l'ouvrage latin est incompréhensible sans l'index verborum, nominum et rerum (1315, in-40) que Swedenborg avait dressé lui-même pour se reconnaître duns le chaos de ses propres idées. Il faut encore joindre k cet ouvrage fondamental des Arcanes célestes le résumé que Swedenborg en a fait : De cœlo et inferno ex auditis et visis (Londres, 1758, in-40) et l'un de ses deux longs commentaires sur l'Apocalypse : Apocalypsis revelata (Amsterdam, 1766, 4 vol. in-4u); le second, Apocalypsis explicata, fut trouvé dans ses manuscrits et imprimé après sa mort avec un Index verborum (1813, in-40). Tous ces ouvrages ont été traduits en français par M. Le Boys des Guays : Apocalypse expliquée (1861, 7 vol, in-8»). Ces immenses travaux, où les visionnaires et les mystiques de tous les pays trouvaient un inépuisable aliment k leur curiosité, avaient mis Swedenborg k la mode. Pendant les vingt dernières années de sa vie, il ne fit que voyager de Londres k Stockholm et à Amsterdam, recueillant partout des marques de sympathie et de respect. Contrairement a ce que l'on pourrait croire, il vivait fort retiré, fréquentait peu le monde et n'abordait jamais- les sujets ardus de ses rêves qu'avec ses disciples ou les initiés. On racontait de lui une toule de choses surprenantes, des faits de prescience ou de divination qui faisaient dire spirituellement k Grimra : • Ce fait est affirmé par des autorités si respectables qu'il est impossible de le nier, mais le moyen d'y croire? »

En 1760 et 1761, Swedenborg eut un moment de calme ; il assista k la diète, renoua ses anciennes relations, ne publia pas de livres; mais ce mieux ne dura pas. Eu 1762, il se rendit k Amsterdam et y fit paraître les quatre traités sur la Nouvelle Jérusalem que nous avons cités plus haut, plus deux ouvrages qui en sont le commentaire : Coutinuatio de ultimo judicio et de mundo spirituali (1763, in-4°) et àapientia angelica de divino amore et divina sapientia (1763, in-40). Il cessa en l'année 1765 son journal spirituel, ses mémoires particuliers, intitulé Diarium spirituaie, qu'il faisait depuis l'année de la première vision (1745) et qu'il avait appelé jusqu'en 1747 ses Tubtetles. Une partie de ce journal a été imprimée seulement de nos jours (Tubingue, 1840, t. 1« à X, in-go). Les derniers ouvrages dé Swedenborg furent : l'Apocalypse révélée, qui est datée de 1766 ; Summa expositio doctrinal nova Ecclesix (Amsterdam, 1769, in-40) ; De commercio animte et corporis (Londres, l769,in-4°) ; Vera christiana reliyio, seu universalis theologia no ex Ecctesis (Amsterdam, 1771, in-40).

Avant de mourir, il protesta de la parfaite vérité de ses visions et de son enseignement, et il a laissé encore un nombre de manuscrits assez considérable pour que leur impression ait formé une trentaine de volumes. Les principaux de ces ouvrages posthumes sont : Corond ad veram cltrisliauam reliyionem (Londres, 1780, in-4u) ; Doc~ irina de charitule (1840, in-S°); De Domino (1840, in-8u) ; Canones novx Mcclesise (1840, in-8°); hiuerarium (Tubingue, 1840, in-8°); c'est le journal des voyages de Swedenborg; Adversaria in libros Veteris Testamenti (Tubingue, 1840,7 vol. in-80) et enfin le Diarium spirituaie.

Parmi les autres ouvrages publiés de son vivant, nous citerons encore : De cutlu et

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amore Dei (Londres, 1745, in-40), le premier livre qu'il écrivit sous l'influence de ses visions ; De cœlo et inferno ex auditis et visis (Londres, 1758, in-4o)) récit de ces voyages imaginaires dans un autre monde; Swedenborg y raconte ce qu'il y a vu de ses yeux et entendu de ses oreilles pendant treize ans d'excursions dans le ciel et dans l'enfer; De ultimo judicio et Babylonia deslructu (Londres, 1758, in-40), premières ébauches de ses commentaires sur l'Apocalypse, etc.

Kant s'est occupé de Swedenborg; il lui a consacré en 1766 Un traité spécial et a parlé de lui dans ses lettres de 1768. Son examen commence par être presque bienveillant, il devient ensuite ironique : « Jadis, dit-il, on brûlait de temps k autre les adeptes du monda spirituel ; il suffira désormais de les purger. » Goethe, dans son Faust, a raillé aussi Swedenborg SOUS le nom de Pater Seraplileu». Notre opinion, à nous, nous l'avons formulée dans le cours de cette biographie; nous nous sommes plu k faire ressortir les titres du savant k la reconnaissance humaine, mais nous avons montré le malade et nous l'avons plaint.

Les ouvrages littéraires et scientifiques de Swedenborg n'ont pas été traduits en français. Deux traductions de ses œuvres mystiques et théosophiques ont été entreprises : la première, de J.-P. Moet, commencée en 1819, a été laissée inachevée en 1824 (12 vol. in-80); la seconde, de M. Le Boys des Guays, a paru de 1842 k 1855; elle comprend 48 vol. in-8° ou in-12, et cependant elle est incomplète. Enfin, en 1857, M. Matter a fait paraître k la librairie Didier une monographie ia-8» intitulée Swedenborg, sa vie, sa doctrine et ses écrits. Le savant écrivain n'a encouru qu'un reproche, celui de vouloir faire admettre que, bien que visionnaire, Swedenborg était raisonnable ; il semble même parfois croire que si le théosophe suédois affirme qu'il a vu, c'est qu'il a vu en réalité. En effet, les hallucinés voient, mais ,cela ne prouve pas que ce qu'ils votent existe.

Un des plus curieux ouvrages de Swedenborg est son Livre des correspondances ; Balzac l'a mis chez nous k la mode en y puisant l'idée de son roman de Seraphita. Swedenborg n'avait pas voulu en faire un ouvrage k part ; c'est un extrait de son livre des Arcanes célestes. Il en existe deux traductions françaises : la Clef hiéroglyphique des arcanes naturels et spirituels par voie des représentations et des correspondances, par M. Lino de Zaboa (1843, in-18) et Traité des représentations et des correspondances , par M. Le Boys des Guays (1857, in-32).

SWEDENBORG1EN.IENNE adj. (své-dainbor-ji-ain). Qui appartient k Swedenborg ou k sa doctrine.

— Substantiv. Partisan de Swedenborg ou de sa doctrine.

BWEDENBOROISME 3. m. (své-dain-borji-sme). Doctrine mystique et théosophique de Swedenborg.

SWED1AUR (François-Xavier), médecin allemand, né k Steyer (Autriche) en 1748, mort k Paris en 1824. A l'âge de dix-huit ans, il se rendit k Vienne, où il s'adonna k la fois k l'étude de la médecine et k celle des langues vivantes. Reçu docteur en 1771, Swediaurse mit k visiter une partie de l'Europe pour perfectionner ses connaissances. En 1775, il alla habiter Londres, s'y lia avec les savants les plus distingués et fit une élude toute particulière de la chimie. Pendant son séjour dans cette ville, il répéta les expériences de Van Swieteu sur l'emploi du sublimé corrosif duns les maladies syphilitiques, montra tout ce qu'il y avait de dangereux dans les prescriptions de Storck pour l'usage de la ciguë dans le traitement des cancers et contribua k faire connaître les importants travaux de Bergmann sur la chiuye. Au début de la Révolution, Swediaur viut se fixer k Paris, qu'il ne quitta plus. Il s'y lia avec Danton et les principaux révolutionnaires et fut alors naturalisé Français. Nous citerons, parmi ses ouvrages : Alethodus medendi hodierna usitata (1777, in-8°); Observations pratiques sur les maladies vénériennes les plus opiniâtres, en anglais (Londres, 1784, in-8<>), Phitosophical Dictionary (1786, in-8») , ouvrage d'un libre penseur; Materia medica (2 vol. in-12) ; Pharmacopxia medici pratici (Paris , 1803 , 3 vol. in-12); Novum nosologix methodica systema (1812, 2 vol. in-12) ; mais son principal ouvrage est un Traité complet des maladies syphilitiques (1798, 2 vol. in-8»), dans lequel il prétend que ces maladies étaient connues dans l'ancien continent longtemps . avant la découverte de l'Amérique, opinion qui n'a pas prévalu.

SWEEPSTAKE s. m. (souipp-stè-ke — mot angl. formé de to sweep, balayer, enlever, et de stake, mise de loués). Turf. Prix qui consiste en une somme résultant d'une souscription convenue entre les propriétaires des chevaux engagés, et qui s'ajoute k un prix officiel quelconque.

SWEEHT ou S WEEHTS (Françoib), historien flamand, né k Anvers en 15G7, mort en 1C29. Il a écrit une histoire littéraire des Pays-Bas, destinée k suppléer k l'ouvrage de Valere André. Oncroyaitce dernier ouvrage perdu, mais il fut retrouvé et imprimé avant même l'histoire de S weeit. Les principaux ouvrages de S weert sont : un reiueil tl'épitaplies, intitulé Selectx

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christiani orbis delicis ex urbibus, templis, bibliothecis et aliunde (Cologne, 1608, in-12 ; 1625, même format); Ducatus Brabantix monumenta sepulchralia, et inscriptiones publics privatxque (Anvers, 1613, in-12); EpitapMa joco-seria latina, gallica, italien, hispanica, lusitanica, belgica (Cologne, 1623, in-12) ; Bertim belgicarum annales (Francfort , 1829, in-fol.); Athenx Belgicse, sive nomenclator inferioris Germanix scriptorum (Anvers, 1628, in-fol.).

SWEËRTS DE LANDAS (le baron Jacques- Thierry), général hollandais, né à Gorcuni en 1759, mort à La Haye le 20 mars 1820. Entré fort jeune au service, il arriva en 1792 au grade de colonel d'infanterie. Il prit part en 1793 à la guerre contre la France et se distingua au siège de Landrecies et au blocus de Maubeuge. Après la déchéance de la maison d'Orange, il donna sa démission. 11 rentra au service en 1813 et fut, après la retruite des autorités et des troupes françaises, nommé d'abord général par te gouvernement provisoire, puis gouverneur de la résidtince royale de La Haye par le roi des Pays-Bas.

SWEETIE s. f. (soui-t! — de Sweet, botan. angl,). Bot. Syn, d'AcosMtON et de GAI.ACTIB, genres de légumineuses.

SWEIGKER ou SCHWE1GKEH (Salomon), voyageur allemand, né àSultz (Wurtemberg) en 1554. Il fut en 1577 ministre évangélique de la légation autrichienne près de la Porte Ottomane. Il voyagea ensuite en Egypte, en Syrie, en Judée, en Arabie et revint en Allemagne par Chypre, Candie, Corfou et Venise. Crusiusa publié les détails de ce voyage sous le titre suivant : Hodaeporicon sive itinerarium D. Salamonis Sweigkeri Sultzensis, etc. (Leipzig, 1586, in-12).

SWELLENGltEBEL (Jean-Gérard-Henri) , mathématicien allemand, né en 1821, mort à Utrecht en 1854. Après avoir terminé ses études et obtenu le grade de docteur en philosophie, il se consacra à l'enseignement. On cite , parmi ses ouyrages| : De quibusdam curvarum affinitatibus (Ûtiecht, 1847); Neuf différents systèmes de coordination (Bonn, 1853); Recherches analytigu.es géométriques sur les relations des systèmes de coordination , imprimé après la mort de l'auteur eu 1855 ; Sur les courbes croissant indéfiniment et sur celles décroissant indéfiniment, dans les Archives de Griinert (1851).

SWERlGE,nom de la Suède dans la langue du pays. V. SuÈpk.

SWEBBE ou SVEHHIR, roi de Norvège.

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