‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 826 sur 1059 · SWAN · texte numérisé non relu

SWAN

passa ses dernières années dans la retraite, l'esprit profondément troublé. Dans un uccès de fureur, il ordonna qu'on jetât au feu tous les ouvrages de lui qui se trouvaient on sa possession. Swammerdam inventa un thermoscope pour constater le degré de chaleur dans les accès de fièvre et une méthode, qu'il transmit à Ruysch, pour injecter les cadavres, afin de pouvoir plus facilement disséquer les vaisseaux artériels et veineux. On trouve dans ses ouvrages des faits nouveaux et intéressants, particulièrement en ce qui touche les insectes. Ses descriptions anatomiques, d'une étonnante précision, ont fait faire de grands progrès k la science, en détruisant un grand nombre d'erreurs accréditées et en apportant des notions aussi neuves qu'exactes. Swammerdam avait formé un très-riche cabinet d'histoire naturelle, qui fut vendu après sa mort. On lui doit les ouvrages suivants : Tractatus de respiratione usuf/uf pulmomtm (Leyde, 1667, in-8°), où l'on trouve d'intéressantes expériences sur le mécanisme de la respiration, la description des tubes déliés qu'il employait pour gonfler les vaisseaux lymphatiques, etc. ; M iracitlum naturx, seu uteri mulieùris fabrica (Leyde, 1672, in-4») ; Histoire générale des animalcules privés de sang (Utrecht, 1669, in-40), ouvrage publié en hollandais et traduit en plusieurs langues, notamment en f lançais (Utrecht, 1682, in-4») ; Description anatomique des insectes éphémères {Amsterdam, 1675, in-8»), regardée comme un chefd'œuvre d'observation sagace ; Biblia naturns,seu historia insectorum in certas classes reducta (Leyde, 1737-1738, 2 vol. in-fol.), ouvrage posthume extrêmement estimé. On en trouve une traduction française dans la Collection académique de Dijon.

SWAMMEBDAMIE s. f. (souamm-mèr-damî — de Swammerdam, natur. holland.). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des sénécionées, comprenant deux espèces, qui croissent dans la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande.

SWAN (James), officier américain, d'origine anglaise, né à Fife-Shore, en Ecosse, en 1754, mort en 1830. Il se rendit fort jeune dmis l'Amérique du Nord, prit part à l'insurrection contre l'Angleterre et devint successivement capitaine major d'un régiment d'artillerie en 1777, secrétaire du comité de la guerre l'année suivante, député à l'Assemblée législative et enfin, lors de l'insurrection de l'Etat de Massachusetts, adjudant général. Après la conclusion de la paix, il entreprit de nouer des relations commerciales entre les Etats-Unis et la France et se livra à des spéculations dont quelques-un as furent heureuses, . comme l'établissement d'une fabrique de rhum à Passy. En 1815, il fut arrêté pour dettes et détenu jusqu'tn 1830. Cet emprisonnement de quinze ans était volontaire, car il avait plus de fortune qu'il n'en fallait pour satisfaire le créancier qui le poursuivait. On a de lui : Essai sur l'émancipation des nègres, en anglais (Boston, 1772) ; National Aritkmetick ; Causes qui se sont opposées au progrès du commerce entre la France et les Etats-Unis d'Amérique, etc., (Paris, 1790, in-8»); Lettres adressées à MM. les rédacteurs des journaux au sujet d'une pétition à la Chambre de$ députés (Paris, 1816, in-8°); Observations de Jumes Sumti sur le mémoire en défense pour P.-H. Lubert, etc. (Paris, 18 7, in-8a),

SWANEBURG (Guillaume), graveur hollandais, né à Leyde en 1581, mort k Delft en 1612. Il étudia sous Jean Saenredam et grava des portraits et des sujets historiques surtout d'après les maîtres hollandais. Parmi ses gravures, on cite : Esaû livrant son droit de primogénilure , d'après Morels ; Loth et ses filles, d'après Rubens ; la Pécheresse, d'après Bloemaert.

SWANEVELD ou SWANEVELT (Herraan

van), peintre et graveur hollandais, né à Woerden en 1620 ou en 1626 (suivant d'autres, il s'appelait de son vrai nom Fischer ou ViSCHBR et serait né en 1618), mort à Rome en 1690, suivant d'autres en 1686. Il alla à Paris, puis à Rome, où il devint un des élèves de Claude Lorrain. La vie paisible qu'il menait lui valut le surnom d'Ermite (l'Eremita). Il a peint et gravé surtout des paysages. On trouve plusieurs de ses tableaux dans le château de Hamptoncourt, en Angleterre, deux autres dans la galerie de l'Académie de Vienne et un seul dans chacune des galeries suivantes : le Louvre, de Paris; l'Ermitage, de Saint-Pétersbourg, et les galeries de Munich, de Dresde et de Francfort.

SWAN-PAN s. m. (souan-pann). Sorte de boulier ou de compteur arithmétique des Chinois, formé de boules enfilées avec des fils d'arclial sur différentes colonnes.

SWAN -RIVER, c'est-à-dire rivière des Cygnes, rivière de l'Australie occidentale. Elle descend des monts Darling, coule au S.-O. et se jette dans l'océan Indien, après un cours de 180 kilom. Son nom lui vient des nombreux cygnes noirs qui sont répandus sur ses bords. Le Swan-River a donné son nom à la colonie anglaise de l'Australie occidentale. V. ce mot.

SWANSEA, ville d'Angleterre, dans la principauté de Galles, comté de Clumorgau, avec un port de commerce sur la baie de so:i

SWAR

nom, formée par le canal de Bristol, à 80 kilom. O. de Cardiff; 31,461 hab. Importantes manufactures de porcelaines et poteries, qui rivalisent avec celles de Strafford ; fonte du minerai et travail du cuivre ; forges à fer," fonderies de zinc et de plomb; chantiers de construction. Commerce actif de houille , cuivre, plomb, fer et savon. Cette ville, bâtie au commencement du xne siècle dans une situation pittoresque, est composée de rues propres et régulières. Elle renferme quelques édifices qui méritent de fixer l'attention : l'hôtel de ville, belle construction moderne ; l'église dédiée à !a Vierge, qui contient quelques monuments anciens; l'église Saint-Jean et les restes d'un vieux château, qui consistent principalement en une haute tour ronde du haut de laquelle on jouit d'une belle vue.

SWANTEVIL ou SO0ANTOV1TCH, le dieu suprême des Slaves et des Wendes, le dieu du soleil et de la guerre. Il avait un temple magnifique à RQgen, dans la péninsule de Vitvo, au milieu de la forteresse d'Arkona. Pour ses expéditions guerrières, on entretenait en son honneur dans l'enceinte sacrée un magnifique cheval blanc, et le peuple était persuadé que le dieu s'en servait, car souvent, après avoir laissé le coursier attaché au râtelier et paisible, on le retrouvait le lendemain haletant, trempé de sueur, tout poudreux et libre. Aussi était-ce un rare privilège que de le monter, et le grand prêtre seul avait ce droit le jour de la fête solennelle. Le cheval était aussi consulté à la veille d'une guerre; on fixait alors six lances, rangées deux par deux, dans la terre, et on les enfonçait assez pour que le cheval n'eût pas besoin de sauter pour les franchir; si le coursier, partant du pied droit, franchissait tous les obstacles sans les toucher, la victoire était assurée. A la fin des moissons, on célébrait la grande fête de Swantevil. La statue du dieu avait quatre têtes, indiquant probablement les quatre saisons.; dans l'une des mains il tenait un arc, dans l'autre une corne ; sa tunique était courte. Chaque année on remplissait sa corne de vin, et le prêtre, à la fête, inspectait le contenu de la corne. Si, d'une année à l'autre, le vin n'avait diminué que légèrement, c'était le gage d'une abondante récolte ; en cas contraire, on s'attendait k la disette. Ce qui restait de vin dans la coupe était ensuite répandu aux pieds de l'idole; puis le prêtre, remplissant une première fois la corne, buvait tout ce qu'elle contenait à la santé de Swantevil, en demandant pour son peuple richesse, santé et victoire; après quoi il la remplissait une seconde fois et la replaçait dans les mains du dieu. La seconde cérémonie consistait k placer au milieu de l'enceinte rougie du sang des sacrifices un énorme pâté de farine et de miel. Le tiers des dépouilles et des offrandes appartenait toujours aux prêtres. La fête se terminait par un grand banquet, où l'on chantait et dansait jusque bien avant dans la nuit. Quelquefois on offrait au dieu des victimes humaines, les prisonniers chrétiens qu'on avait pu faire dans les combats. On attachait le cavalier sur son cheval et les quatre' pieds de celui-ci à quatre pieux, puis on brûlait le guerrier et son coursier à petit feu. Le roi danois Valdemar, en 1168, fit la conquête de l'Ile de Riigen et renversa les autels de Swantevil.

SWANW1CH, bourg d'Angleterre, comté de Dorset, à 35 kilom. S.-E. de Dorchester, sur une petite baie de son nom formée par la Manche; 2,107 hab. Bains de mer fréquentés. Importante exploitation de pierres à bâtir dites de Surbeck.

SWAKGA, ciel et paradis des Indiens, séjour habité par les dieux et les mortels sanctifiés. C'est là que régne Indra, appelé roi du Swarga. On place le Swarga vers l'est et on le considère comme une espèce de royaume ayant une succession de princes qui à leurs noms particuliers ajoutent le titre générique d'Indra. Lo trône du Swarga a même été quelquefois usurpé. On cite un infidèle nommé Kayi, fils d'Ayous, qui devint roi du ciel; son frère, Nahoucha, fut appelé à ce trône vacant par l'absence d'Indra. Ce roi céleste est continuellementreprésen té comme implorant le secours des princes puissants et des héros qui se distinguent par leur valeur. Ne pourrait-on pas croire qu'Indra, dans ces temps antiques, n'était qu'un roi des sacrifices, un prince spirituel à qui on laissait un domaine qui lui était même très-souvent disputé? Le Japon et d'autres pays encore nous offrent l'exemple de deux juridictions ainsi séparées.

SWART-ELF, rivière de la Suède. Elle prend sa cource dans la partie méridionale du lâns de Stora-Koppurberg, coule au S., arrose les lân de CarJstadt et d'Œrebro et se jette dans le lac Skagern, après un cours de 180 kilom.

SWARTZ (Olaùs), botaniste suédois, né à Norkœping en 1760, mort à Stockholm en 1817. 11 apprit la botanique sous la direction du lils de Linné, étudia ensuite la flore des lies de la Suède, puis explora les côtes de l'Amérique du Sud et des grandes Antilles. De retour en Europe, il se rendit à Londres, où il entra en relations suivies avec Joseph Banks, et revint, en 1789, en Suède. Par la buite, il fit ue uuuvrH'js excursions seienrifi-

SWED

ques dans les Alpes, la Norvège et la Laponie. Swartz fut nommé professeur d'histoire naturelle à l'institut médico-chirurgical et devint membre, puis président de l'Académie de Stockholm. Ce savant lit une étude toute particulière des plantes phanérogames, auxquelles il ajouta da nouvelles espèces et qu'il rangea en cinquante genres. On lui doit la découverte de trois nouveaux genres de mousses, le conostome,l'alympère, le cynelidium; il établit également trois genres nouveaux de fougères : chelantes, anémia, mohria; un nouveau" genre de fungus, le werpa, et décrivit avec clarté et concision huit cents espèces de fougères. On a donné en son honneur le nom de «wartzia k un genre de mousses. Outre de nombreux mémoires et articles publiés dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Stockholm, dans le Jlecueil de la Société linnéewie, le Journal botanique de Schrader, le Magasin pour les amateurs de fleurs, le Botaniste suédois, etc., on lui doit, entre autres écHits : Nova gênera et species plantarum (Stockholm, 1788) ; Prodromus florx indice (Upsal, 1788, in-4°) ; Observationes botanics (Krlangen, 1791, in-8») ; Icônes plantarum quas in Jndia occidentale detexit atqtte delineavit (1794, in-fol,); Flora Indis occidentalis- (1797, 3 vol. in-8°); Fasciculus lichenum amerieanorum (1811) ; Principes du système des animaux et des végétaux (1813, iii-8°J; Adnotationes botanics (1829, in-8°).

SWARTZIE s. f. (souar-tzl — de Swartz, botau. allem.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des légumineuses, type de la tribu des swartziées, comprenant une cinquantaine d'espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale, il Syn. de tolfis, possirb et solandrk, genres de plantes.

— Encycl. Ce genre se compose de petits arbres et d'arbrisseaux à feuilles alternes, simples ou ailées, d'un beau vert foncé, munies de grandes stipules arrondies ; les fleurs, réunies en grappas axillaires, présentent un calice à cinq sépales réfléchis ; une corolle réduite à un seul pétale ou même nulle; des étamines hypogynes, en nombre indéfini; un ovaire comprimé, atténué en un style court,

.terminé par un stigmate tronqué; le fruit est une gousse crochue au sommet. On connaît une vingtaine d'espèces de swartzies, qui habitent les régions chaudes de l'Amérique du Sud. Quelques espèces sont cultivées en Europe, où elles exigent la serre chaude ; mais elles fleurissent rarement sous nos climats. On les multiplie de boutures k l'étouffée, sur couche très-chaude. Nous citerons la svoartsie de Langsdorf, à fleurs blanches, et la swarizie de Flemming,

SWARTZIE, ÉE adj. (souar-tzi-é — rad.

swarizie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la swartzie.

— s. f. pi. Tribu de la famille des légumineuses, ayant pour type le genre swartzie.

— Encycl. Cette tribu, érigée en famille par quelques auteurs, comprend des arbres et des arbrisseaux, à feuilles alternes, imparipennées ou simples, munies de stipules. Les fleurs, un peu irrégulières, présentent un calice à quatre ou cinq divisions ; une corolle à cinq pétales inégaux, souvent réduits à trois, quelquefois nulle ; neuf ou dix étamines, ou plus, libres, souvent inégales, les plus petites quelquefois stériles; un ovaire libre, stipité, k une seule loge pluriovulée, surmonté d'un style court et d'un stigmate simple. Le fruit est une gousse bivalve ou diupacée et indéhiscente, renfermant une ou plusieurs graines, k embryon dépourvu d'albumen. Ce groupe, voisin des césalpiniées, comprend les genres swartzie, baphie, zollernie, aldine, cordyle, détarion. Les swartziées habitent exclusivement les régions tropicales de l'Afrique et de l'Amérique.

SWEABORG, ville de la Russie d'Europe.

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