V. ZWBTTBL
SWEVEGHEM, bourg de Belgique, province de la Flandre occidentale, arrond, et à 4 kilom. O. de Courtrai ; 5,S80 hab. Distilleries, huileries, fabrication de toiles de lin.
SWEVEZEELE , bourg de Belgique , province de la Flandre occidentale, arrond. et k 13 kilou). S. de Bruges; 5,000 hab. Fabrication de toiles et tissus de lin.
SWEYNHEIM (Conrad), imprimeur allemand, mort vers 1476. Il fonda avec Pannartz la première imprimerie en Italie. Après s'être séparé de celui-ci en U73, il entreprit une édition de Ptolémée avec cartes géographiques. Ce travail, dont la préface parut en U78, ne fut pas achevé. On croit que Sweynheira fut, comme son ancien associe Pamiartz, victime de la peste qui ravagea Kome en
SWIENTOPELK ou SVATOPLUK , roi de Moravie, mort eu 894. 11 reçut le baptême avec Rastistaf, son oncle, des mains de saint Cyrille et de Methodius (862), se mit, ainsi que son royaume, sous la protection de Carlonian (870), auquel il livra Kastislaf, et devint maître et roi de la Moravie, puis de la Bohême. Soupçonné de vouloir se soustraire k la suzeraineté de Louis le Germanique, il fut emprisonné pendant quelque temps (871). Il accepta le commandement des Allemands contre ses compatriotes, mais il s'entendit en secret avec ceux-ci. Les Allemands furent surpris et défaits et Swientopelk, redevenu roi des Moraviens et des Tchèques, chercha k se soustraire à la vengeance germanique en se coalisant aveu d'autres princes slaves. En 872, il eut k subir une invasion des armées de Louis II. La Bohème fut ravagées mais pendant ce temps Swientopelk remportait ailleurs des succès sur les armées de Carlonian et de Louis et forçait ainsi l'armée d'invasion à évacuer la Bohème. L'année suivante, la paix fut conclue entre Louis II et Swientopelk. Ce dernier réunissait presque tous les peuples slaves sous son sceptre, sion empire s'étendait, k ce qu'on croit, au nord-ouest jusqu'à Magdebourg, au nord jusqu'à la Vistule et jusqu'aux bouches du San, k l'est et au sud jusqu'au Danube et jusqu'à la Theiss. En 874, Swientopelk obtint de Charles le Gros la Pannonie, pour laquelle il lui lit hommage comme vassal. Il eut ensuite à lutter contre Arnuulf, se réconcilia pendant un certain temps avec ce prince, qu'il aida, en 887, k détrôner Charles le Gros, et se brouilla de nouveau avec lui en 892. L'immense empire formé par Swientopelk ne Jui survécut pas.
SWIENTOPELK ou ZUENTIBOLD, fils naturel de l'empereur Arnoulf, roi de Lorraine, tué en 900. Il reçut son nom de Swientopelk, roi de Moravie, son parrain, et fut couronne roi de Lorraine en 895. Il assiégea Laon en 89C, dépouilla de leurs biens et de leurs dignités les comtes Etienne, Odacres, Gérard et Malfried et épousa Oda, tille du comte Eudes, roi de France. Il assista k la diète générale deWorms (897), où il se réconcilia avec les quatre comtes qu'il avait dépouillés, et à la diète convoquée a Saint-Goar sur le Rhin en 898. Swientopelk ayant mécontenté le clergé et les grands, ces derniers se soulevèrent et proclamèrent à Thionville le roi Louis, roi de Lorraine. Swientopelk fut tué dans une
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bataille qu'il leur livra sur les bords de la Meuse.
SWIENTOPELK ou SV1ATOPOLK, fils du
prince Iaropolk Sviatoslavicz et fils adoptif de Vladimir le Grand, qui avait épousé en secondes noces la veuve d'Iaropolk, grand-duc de Kiev, né à Kiev en 980, mort vers 1100. Vladimir ayant partagé de son vivant ses Etats entre ses fils, Swientopelk obtint Turof (dans le gouvernement actuel de Minsk). Mécontent du lot qui lui était attribué et confiant dans l'alliance du roi de Pologne Boleslas le Brave, dont il avait épousé la fille, il prit les armes et s'empara de Kiev. Mais il fut vaincu et emprisonné ainsi que l'évêque Reinbern, qui l'avait converti à la religion romaine. Il réussit k sortir de prison après la mort de Vladimir (1015), rentra à Kiev et justifia le surnom de Maudit (Qkaiannyï), qui lui fut attribué, en- faisant assassiner ses frères, Boris et Hleb, ainsi que Sviatoslnf, prince des Drevliens. Vaincu par Iaroslaf, duc de Novgorod, il s'enfuit auprès du roi de Pologne. Iaroslaf attaqua ce dernier, mais il fut défait et toute la Ruthénie y compris Kiev tomba entre les mains de Boleslas. Swientopelk, mécontent de la domination oppressive des Polonais sur Kiev, excita les Ruthènes k une insurrection. Attaqué k Ki fois par Iaroslaf et par Swientopelk, Boleslas fui forcé de se retirer en Pologne. Swientopelk s'efforça en vain de ressaisir le pouvoir k l'aide du concours des Pieczyngues ou Petchénègnes. Vaincu par Iaroslaf et ne pouvant plus compter sur l alliance de son oncle Boleslas qu'il avait trahi, il se retira dans les Carpathes, sur les frontières de la Bohême. Ce fut lk qu'il mourut k l'âge, dit-on, de cent vingt ans.
SWIENTOPELK ou SVIATOPLDK, fils d'Othon 1er, marquis d'ûlmutz, mort en 1109. Il chassa de Bohême Borziwoy et le força de se réfugier en Pologne. Appelé à rendre compte de sa conduite auprès de l'empereur Henri, il fut emprisonné et n'obtint sa liberté qu'au prix d'une forte rançon. Il accompagna l'empereur dans ses expéditions contre les Hongrois et contre les Polonais et fit massacrer sans pillé la famille Werszowiez dont un membre avait favorisé les Hongrois. Il périt assassiné par l'un des survivants de cette famille.
SWIENTOPELK, fils de Vladislas II, roi de Bohême, et de Gertrude, soeur de l'empereur Conrad, mort en Bavière vers 1180. Il accompagna le roi son père dans l'expédition de Hongrie, en 1164, et épousa la princesse hongroise Odile. Il tua de sa propre main le ministre Vegislas (1170) et fut forcé pour ce motif de quitter la Hongrie. Il se réfugia d'abord en Hongrie, puis en Bavière, mais il comprit bientôt combien était funeste l'immixtion des Allemands parmi les Slaves et appuya l'insurrection des Borusses (1243). Mais alors les Polonais et les Teutoniques se coalisèrent contre lui. Swientopelk dut conclure la paix à des conditions humiliantes. Il recommença bientôt la guerre en s'alliant aux Borusses et aux Lithuaniens, s'empara de Swiecie, mais, forcé de céder devant les chevaliers Teutoniques et les troupes des croisés que leur avait procurés la bulle du pape, il dut conclure de nouveau la pnix en 1249. Il fut plus heureux contre, les Polonais, leur enleva la ville de Nackel ou Naklo et repoussa les attaques des princes polonais qui s'efforçaient de reprendre cette place. Il eut ensuite k lutter contre Wurcislas, duc de la Poméranie occidentale (1259).
SWIENTOPELK 1er, duc de Poméranie au Xlie siècle. Il refusa de payer tribut à son suzerain, le roi de Pologne Boleslas Bouche- Torse, et se déclara indépendant. Assiégé par Boleslas dans Nackel, il se soumit, paya une rançon, donna son fiis eu otage et fut confirmé dans sa dignité. L'année suivante, il se souleva de nouveau, fut assiégé pour la seconde fois dans Nackel, livré par la garnison aux Polonais et emmené eu Pologne, où il fut renfermé pour le reste de sa vie.
SWIENTOPELK II, fils de Mestwin, Mszczug ou Mistygniew, duc rie Poméranie, mort k Dantzig en 1266. 11 fut nommé en 1217, par "le roi de Pologne Leszko le Blanc, gouverneur de la Poméranie Dantzicoise, avec obligation de lui payer annuellement J,000 mutes d'argent. Eu 1218, les poméraniens lui offrirent le titre de duc, qu'il refusa, ne se sentant pas encore assez puissant pour pouvoir rompre ouvertement aveu le roi. Il sema la division parmi les princes polonais, s'allia k l'un d'eux, Odonicz, surprit et tua Leszko (1227). Ensuite, de concert avec les chevaliers Teutoniques, il attaqua la Pologne.
SW1ERCKOWSKI, général de Cosaques. 11 vint au secours du palatin moldave Iwon ou louonia contre les armées de Sélim (1574) et remporta des succès éclatants sur les Toircs et sur les Valaques, leurs alliés; mais, Sans une dernière bataille, il fut, par suite de la trahison d'un de ses officiers, vaincu, tait prisonnier et emmené k Constantinopie. Il réussit k s'écbappor et guerroya encore pendant plusieurs années contre les Turcs suites bords de la mer Noire.
SWIETEN (Gérard, baron Van), célèbre médecin, né k Leyde en 1700, mort à Scbœnbt-unn en 1772. Elève de l'illustre Boerliaave, il obtint le grade de docteur à l'âge de vingt-
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cinq ans, professa la médecine à l'université de Leyde et fut appelé en 1745 k Vienne par Marie-Thérèse, qui le mit en possession de la chaire de médecine et d'anatoroio de l'université de cette capitale. Peu après, il fut créé premier médecin de l'impératrice et reçut le titre de baron. Van Swieten obtint de Marie-Thérèse la création à Vienne de plusieurs établissements utiles. Ce fut lui qui établit dans cette ville un amphithéâtre anatomiqne, un laboratoire public de chimie et un jardin botanique. Nommé directeur général des études et censeur, il montra une inflexibilité de caractère poussée k l'excès et fit prohiber un grand nombre de livres contraires à ses doctrines, ce qui le fit nommer le Tyran des esprits et I Assassin des corps. L'ouvrage qui lui a valu sa réputation a pour titre : Commentaria in H. Boerhaavii aphorismos de cognoscendis et curandis taorôis (Leyde, 1741-1778, 5 vol. in -40) ; il s'y est attaché k développer les principes de son maître. Ce traité a été traduit en français par parties séparées et sous les titres suivants : les Fièvres intermittentes (in-12); les Maladies des enfants (1769, in-12); Traité de la pleurésie (in-12); les Aphorismes de chirurgie (2 vol. in-12). On lui doit, en outre : Description des maladies oui régnent le plus ordinairement dans les armées (Venise, 1759, in-8«), en français; Traité de la médecine des' armées, en allemand, mais qui a été traduit en français; Essai sur les épidémies (Vienne, 1782, 2 vol. in-8<>).
SWIÉTÉNIE s. f. (svié-té-nl — de Van Swieten, méd. holhmd.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des cédrélacées, type de la tribu des swiéténiées, dont l'unique espèce croit dans l'Amérique tropicale : La swibtknib fournit le bois bien connu dans t'ébénisterie sous le nom d'acajou. (A. Dupuis.)
SWIÉTÉNIE, ÉE adj. (sviété-ni-é — rad.
swiéténie). Bot. (Jui ressemble ou qui se rapporte k la swiéténie.
— s. f. pi. Tribu de la famille des cédrélacées, ayant pour type le genre swiéténie.
SWIFT (Jonathan), écrivain satirique anglais, né k Dublin le 30 novembre 1667, mort dans la même ville le 19 octobre 1745. Lorsque Swift vint au monde, sa mère était veuve depuis quelques mois. Cette naissance posthume et l'intérêt que lui témoigna sir William Temple accréditèrent la supposition qu'il était le fils de cet homme d'Etat. Cette hypothèse, accueillie par quelques biographes, est sans fondement. Mistress Swift ne vivait que des rares et faibles secours fournis par ses parents, Elie laissa son enfant k une nourrice qui l'emmena dans son propre pays, k Whilehaven, en Angleterre, et l'y garda six années, au bout desquelles Jonathan fut remmené k Dublin, bien purtant, robuste, turbulent et sachant déjà lire dans la Bible. Un de ses oncles, Godwin Swift, homme de loi, le plaça k l'école de Kilkenny et, h l'âge de quatorze ans, au collège de la Trinité, dans la même ville. Les registres mentionnent qu'il y fut reçu, comme boursier et pensionnaire, le 21 avril 1682. Swift resta quatre années au collège et fut reçu bachelier à grand'peine. ■ En 1685, dit M. H. Taine, dans la grande salle de l'université de Dublin, les professeurs occupés à conférer les grades de bachelier eurent un singulier spectacle : un pauvre écolier, bizarre, gauche, aux yeux bleus et durs, orphelin, sans amis, misérablement entretenu par la charité d'un oncle, déjà refusé pour son ignorance en logique, se présentait une seconde fois sans avoir daigné lire la logique. En vain son tutor lui apportait les in-folio les plus respectables, Suieglesius, Keckerinannus, Bugersdicius, il en feuilletait trois pages et les refermait au plus vite. Quand vint 1 argumentation, le proefor fut obligé de lui mettre ses arguments en forme. On lui demandait comment il pourrait bien raisonner sans les règles; il répondit qu'il raisonnait fort bien sans les règles. Cet excès de sottise fit scandale; on le reçut pourtant, mais à grand'peine, speciali gratia, dit le registre, et les professeurs s'en allèrent sans doute avec des risées de pitié, plaignant le cerveau débile de Jonathan Swifc. » L'écolier fut ensuite admis k l'université de Dublin, où il semble avoir fait un meilleur emploi de son temps. Il s'y occupa avec ardeur de l'étude de l'histoire et de celle du droit. A cette époque, son oncle Godwin mourut. Swift eût été sans doute obligé d'interrompre ses études si un, autre oncle, Dryden -William Swift, 11e fût venu .généreusement k son secours.
Lorsque la révolution de 1688 éclata, Swift avait vingt ans. L'âge était venu pour lui de choisir une carrière. Il quitta l'Irlande avec l'insouciance de la jeunesse , sans projets d'avenir bien arrêtés, débarqua en Angleterre et, fort léger d'argent, se rendit k pied k Leicester, chez sa mère, qu'il voulait consulter. Mistress Swift, dénuée de toutes ressources, conseilla k son fils ds solliciter la protection de sir William Temple, auquel elle était alliée. Le jeune homme, las de subsister des bienfaits de ses oncles, humilié de sa dépendance et mécontent k l'avance de son sort dans une société où, pauvre, il devait se résigner à une situation toujours subalterne, vint pourtant, k litre de cousin de lady Tem- 'ple, demander sa protection k sir William, qui l'accueillit aveu cordialité, l'invita k rester chez lui et se l'attacha bientôt comme
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secrétaire. Swift, qui eut tout jeune une ambition démesurée, trouva cette situation humiliante. Il aurait voulu que sir William le traitât comme un purent et le fit manger à sa table. Ce qui l'ennuyait, c'était de toucher 20 livres de gnges par an et de manger k la table du maître d'hôtel; il se croyait traité comme un simple laquais, ce qui n'était pas tout k fait vrai, et, tout en faisant des odes pindariques en l'honneur de son protecteur, il recherchait la familiarité de la valetaille avec laquelle il s'imaginait qu'on le confondait. Tout le fiel que Swift amassa en luimême durant les dix années qu'il passa chez sir William Temple, il le conserva pieusement jusqu'à la fin de sa vie et lui donna une issue dans ces facétieuses Instructions aux domestiques, un de ses derniers ouvrages, et qui sont d'une ironie si mordante : « Pt-uvres hères I cadets du ciel, indignes de son soin, dit-il à ses anciens camarades, nous sommes trop heureux d'attraper les restes et le rebut de la table ! c'est pourquoi, quand vous trouvez que les années viennent sans espérance d'une place k la cour, d'un commandement dans 1 armée, d'un poste dans une administration, ce qui n'exige pas qu'on sache lire et écrire, lorsque vous avez perdu l'espoir d'enlever la fille ou la nièce de votre maître, je vous conseille expressément d'aller vivre sur la grande route, seul poste d'honneur qui vous soit laissé; vous y rencontrerez beaucoup de vos vieux camarades et vousy ferez une vie courte et bonne. » Swift aurait pu être plus reconnaissant envers son protecteur. Chez sir William, délivré des soucis matériels et n'ayant presque rien k faire, il put s'occuper des choses de l'intelligence et consacrer k l'étude huit heures par jour. Il s'initia k presque toutes les connaissances humaines, se portant de préférence sur la littérature, la jurisprudence et la politique. Ses brillantes facultés se développèrent rapidement. L'apprentissage des affairés politiques, sous la direction de sir William, donna ii sa vigoureuse intelligence une trempo plus hardie et lui ouvrit tout k coup des horizons plus étendus.
William Temple avait bien vite reconnu les capacités de son jeune secrétaire et avait deviné en lui un polémiste de premier ordre. Il jugea k propos de le présenter au roi, qui souvent le visitait dans s» terre de Sheen ou k Moor-Park, et il lui fut désormais permis d'assister aux entrevues confidentielles du roi avec le célèbre homme d'Etat. Guillaume, qui reconnut au jeune homme une certaine intrépidité de caractère, lui offrit une compagnie de dragons. Swift, qui avait d'autres aspirations, refusa et préféra l'état ecclésiastique. Sir William, d'un antre côté, lui proposa un emploi dans la chancellerie; il refusa encore et se rendit à Oxford pour prendre ses degrés eu théologie. Reçu docteur en 1693, il entra dans les ordres, k Dublin, l'année suivante. Ses lettres d'ordination comme diacre sont datées du 1B octobre 1694 et, comme prêtre, du 18 janvier 1C95. Il croyait qu'on allait d'emblée faire de lui au moins un évêque ; tout ce qu'il obtint fut un petit bénéfice de chapelain à Kilroot, diocèse da C011nor. Ne pouvant supporter un pareil mécompte et peu soucieux d'enfouir ses ambitions dans une cure de campagne, il revint ù Moor-Park, où sir William l'accueillit d'autant mieux, qu'il venait de so mêler imprudemment de la querelle des anciens et des modernes et que l'esprit de Swift pouvait lui servir. Ayant pris parti pour la supériorité des anciens, il avait contre lui le docteur Richard Bentley et Wotton, qui l'attaquui«înt k outrance. Swift riposta par lu Bataille des livres (1695), son premier pamphlet, composition rapidement écrite, leste d'allure, où il lance les uns contre les autres les auteurs anciens et modernes les plus distingues dans les différents genres. La mort de sir William, survenue en 1699, le laissa sans appui et sans fortune ; un legs modique en argent para pour un instant aux embarras de sa nouvelle situation, puis il retomba dans la gène. La publication dos ouvrages posthumes de son protecteur, qu'il fit imprimer avec une dédicace adressée au roi, fut peine perdue. Guillaume III ne se souvenait pîus d'un jeu ie homme qu'il avait k peine aperçu par hasard et qui se croyait avoir des droits k la familiarité du monarque. Swift lui adressa un mémoire pour réclamer sa protection. Le mémoire eut le sort de la dédicace. Alors, k bout de ressources, il accepta la position de chapelain et de secrétaire auprès de lord Berkeley, qu'il suivit en Irlande. Brouillé avec ce seigneur à la suite de quelques domêlés assez irritants, puis réconcilié avec lui, il obtint enfin le bénéfice de Dunlavin et les cures de Luracor, Agher et de Ratheggan, qui portaient son revenu annuel k environ 10,000 francs. 11 se retira k Laracor et y vécut tranquille jusqu'en 1701, époque k laquelle il revint k Londres pour se jeter a corps perdu dans la politique. Le parti whig l'attira tout d'abord et ce fut pour lui qu'il combattit; ses chefs, Somers, Halifax, Oxford et Portland, venaient d'être mis eu accusation k la suite d'émeutes populaires. Dans un brillant pamphlet, Discours sur les contestations survenues entre les nobles et le peuple à Athènes et à Rome, qui parut anonyme (Londres, 1701, in-8°), Swift prit leur défense, et, lorsqu'il sa nomma dans uno édition postérieure (17114), on le considéra dès lors comme un des chefs
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du parti. 11 reçut, a cette occasion, de grandes promesses de ceux à l'aide desquels il était accouru; mais, ne voyant rien venir, il retourna en Irlande pour y préparer des armes nouvelles dans sa retraite paisible de Laracor. Il y prit pour compagne une jeune fille, miss Esther Johnson, fille de l'ancien intendant de sir William Temple (fille naturelle de ce dernier, d'après Thackeray), qu'il avait connue à Moor-Park; il la rappela d'Angleterre et elle s'empressa de le rejoindre, heureuse de l'amitié qu'il lui témoignait, mais cachant au fond de son cœur l'amour mortel dont elle était consumée et qui la tua lentement. C'est elle qu'il a célébrée sous le nom poétique de Stella. Ce nom, prétentieux en apparence, s'applique assez bien à celle dont l'inaltérable dévouement suivit sans cesse Swift et qu'on peut appeler sa bonne étoile. On se demande pourquoi Swift ne l'épousa pas alors et attendit, pour s'y résoudre, jusqu'à la vieillesse ; c'est que probablement il craignait qu'un mariage aussi modeste, avec la fille d'un intendant de grand seigneur, ne nuisit à son avenir. Sa seule passion fut l'ambition. Un jour, il écrivait à iord Bolingbroke : « Tous les efforts que j'ai faits pour me distinguer tiennent seulement à ce que je n'ai ni litres ni fortune. J'ai voulu être considéré comme un lord par ceux qui auront quelque estime pour mon talent, à tort ou k raison, peu importe. Une réputation d'esprit et de science remplace un ruban bleu ou une voiture a six chevaux. »
Cet homme, tout rempli d'orgueil, connut- ' il un sentiment plus tendre? « Un pareil personnage, dit M. P. de Saint-Victor, n'était pas fait pour aimer; il avait d'ailleurs l'enveloppe de son caractère.une laideur abrupte et farouche. Il semble qu'il aurait pu dire, comme ie Richard III de Shakspeare : « J'ai
■ été brouillé uvec l'amour dès ie ventre de
■ ma mère.» Aussi professait-il cyniquement le inépris des femmes. La nature l'avait fait neutre, mais il violait cette neutralité. Je ne sais rien de plus odieux que sa lettie à une jeune personne sur son mariage. Il salit son voile nuptial ; il liétrit avec ses rudes mains de pédant les (leurs de sa guirlande et les illusions de son cœur. Allant de l'avanie à l'insulte, il parle à cette jeune lille comme à une femelle qu'on vient d'accoupler... Cet être haïssable fut pourtant aimé I • Peut-être aussi aima-t-il. En 1702, Esther avait dixhuit ans et se trouvait dans tout l'éclat de la fraîcheur et de la beauté; Swift, en parlant d'elle, dit : tElle fut d'une coraplexion trèsfaible jusqu'à l'âge de quinze ans ; niais elle eut alors une sauté parfaite, prenant même peut-être un peu trop d'embonpoint. On la regardait comme la jeune personne la plus belle et'qui avait le plus de grâce et u'agrément parmi toutes les jeunes beautés de Londres; ses cheveux étaient d'un noir luisant; chaque trait de son visage était parfait. Jamais personne de son sexe n'a été douée de qualités de l'âme plus heureuses et n'a cultive ces dons de la nature avec plus de succès. Je ne puis me rappeler l'avoir jamais entendue porter un jugement faux, soit sur les livres, soit sur les affaires. Son avis était toujours le meilleur; elle le donnait, non-seulement avec franchise, mais avec une mesure et une modestie admirables. On trouvait une grâce presque plus qu'humaine dans chacun de ses mouvements, dans chaque mot, dans chaque action. Je n'ai jamais vu un ensemble aussi heureux d'aisance, de politesse et de sincérité. Avec des connaissances et une intelligence rares, elle ne chercha jamais à briller ; elle était toujours au niveau de la conversation duns laquelle elle se trouvait engagée, et elle avait toujours l'air d'être contente. Tout le mondo était à son aise avec elle, et cependant il semblait que tout le monde s'accordait à lui témoigner des attentions et des égards infiniment au-dessus de ce que son rang dans la société lui donnait le droit d'attendre. Elle était très-versée dans l'histoire grecque et, romaine, ainsi que dans celle de France et d'Angleterre; elle avait lu les meilleurs voyages; elle entendait parfaitement le système philosophique de Platon et d'Epicure, remarquant avec justesse les vices du dernier ; elle connaissait la nature des différents gouvernements, leurs avantages et leurs inconvénients, et démontrait les erreurs de Hobbes, soit en matière de gouvernement, soit sur la religion.» On voit que Stella était une jeune fille accomplie, niais elle avait été femme de chambre.
■ lin mariage avec une femme de chambre n'était pas une mésalliance, remarque Raynul, c'était, au contraire, un usage presque universel en Angleterre au xviuo siècle, où la soutane seule distinguait à peine le pauvre ministre du reste des domestiques.» Et puis, Stella ne s'élevait-elle pas au-dessus de sa condition autant par les grâces de son esprit que par les charmes de son visage? C'est l'aiiibitiou teule cependant, d'après Rayna), qui mit obstacle a l'union, (Tout entier à ses froids calculs, il fut incapable de ces imprudences généreuses qui souvent assurent le bonheur en paraissant le compromettre. 11 vit dans l'amour et dans le mariage un obstacle à sa fortune, et, s'il aima maigre lui, il voulut ignorer la véritable nature de ses sentiments. Avec quel soin il affecte de prendre pour une simple amitié la tendresse qui l'attache à Stella 1 Elle ne loge chez lui qu'en sou aosence ; il ne la voit jamais qu'en présence
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de mistress Dingley et fuit un tête-a-tëte avec plus d'habileté qu'on n'en met d'ordinaire à le chercher. Plus jeune encore, il avait déjà échappé à un pareil danger. Pendant quatre ans, il avait aimé, ou plutôt il avait cru aimer la sœur d'un de ses camarades de collège, iniss Jane Varing, à laquelle il donnait le nom plus harmonieux de Varina. Voici dans quels termes il finit par lui proposer de l'épouser : »Etes-vous capable, écrit-il à sa prétendue, d'abjurer vos penchants pour prendre les miens, de n'avoir de volonté que la mienne et de vous résigner aune profonde abnégation ? SoufTrirez-vous patiemment mes colères, souvent injustes, et mon humeur toujours détestable î Avec 300 livres sterling saurez-vous tenir une maison ety répandre l'aisance? Serez-vous l'ange de résignation que je n'espère pas trouver en ce monde? Si vous le croyez, épousez-moi.» Varina refusa une offre ainsi présentée et reprit sa liberté. Stella, moins heureuse, ne fut pas repoussée avec cette brutalité. »
On a dit aussi que Swift, par suite d'un défaut de conformation analogue à celui de Boileau, était impuissant. Réduit à l'amour platonique, il n'en sacrifia pas moins à son égoïsme d'abord Esther Johnson, puis une autre Esther, qui l'aima aussi passionnément, Esther Vanhoinrigh , celle qu'il a chantée sous le nom de Vanessa et qu'il fit mourir de chagrin. Elles ne pouvaient pas lui appartenir, il ne voulut pas qu'elles appartinssent à un autre.
De 1704 à 1710, Swift publia un certain nombre de pamphlets religieux et politiques, dont les principaux sont : le Conte du Tonneau (1704, in-8°) et la Méditation sur un manche à balai (1710, in-8°). Ce dernier écrit établit sa réputation comme humouriste.
Quant au Conte du Tonneau, sous prétexte de critiquer les trois principales fractions du christianisme, il tourne en dérision avec une vigueur sans égale le christianisme lui-même, ainsi que toute espèce de religion. C'était un peu fort pour un prêtre ; Swift n'en vint pas moins à Londres mettre en demeure les chefs du parti whig de lui faire avoir son évèché. Quoiqu'il fût devenu une puissance et qu'on vit bien qu'il faudrait désormais compter avec un polémiste de cette force, il lui fut répondu qu'il s'était lui-même fermé la porte. Alors il abandonna les whigs et se tourna, avec une rage concentré-e, du côté des tories. Son talent était surtout agressif; il avait l'art de trouver l'endroit sensible de l'adversaire et la façon de le blesser le plus cruellement. En 1709, il avait publié son Projet pour l'avancement de la religion et pour réformer les mœurs, qui contribua puissamment à la chute du ministère Godalriu et à l'avènement au. pouvoir des to;ies, représentés par Bolingbroke et Harley ; en 1710, il prit la direction du journal l'Examiner, qu'il dirigea seul jusqu'au 7 juin 1711, et où il poursuivit surtout de ses sarcasmes le duc de Miirlborough. Dans un de ses articles les plus plaisants, il fait le compte de ce qu'un triomphateur romain coûtait à la république en pots d'encens, chars et arcs de triomphe, 20,000 francs à peu près, et il oppose à ce chiffre celui de 13,500,000 francs, auquel il estime que coûtent à l'Angleterre les récompenses décernées au célèbre général. A partir de cette époque, et pendant trente ans, il ne sortit pas de l'arène, jouteur infatigable, sachant manier ses armes avec un art consommé, porter des coups précis à ses ennemis en se plaçant lui-même hors d'atteinte; toujours plein de verve et d'ironie, il dominait en maître les controverses des partis, et plus d'une fois ses antagonistes quittèrent le terrain en apprenant qu'il entrait en lice. Son bon sens, qui lui donnait l'exacte mesure des choses et des hommes, le rendait bizarre. Cette bizarrerie, qui consistait à placer le sentiment de sa dignité avant toutes choses, était ce qui constituait son génie et le rendait redoutable. Ce sentiment se déploie dans tous ses. écrits; poussé à l'exagération, il devint à la longue de la misanthropie, altéra sou intelligence et fit le malheur de la fin de sa vie.
Quoi qu'il en soit, ce caractère humoristique est le trait distinctif de toutes ses œuvres et ce qui le place au premier rang parmi les satiriques anglais. Nul ne sut mieux que lieu , d'une manière plus amère, employer l'ironie, allier la finesse et le vrai savoir, amuser le vulgaire et captiver les hommes instruits.
Sa réponse à Burnet, évêque de Salisbury, et à Steele, 'The character of Richard Steele (Londres, 1713, in-4»), et son discours intitulé : la Conduite des alliés (Londres, 1712, in-8°), qui, eu moins d'un mois, eut sept éditions, lui attirèrent les bonnes grâces de la îeine Anne Sluart, qui annonça l'intention ue lui donner un évêché en récompense des services rendus 'à la cause royale ; mais Seharpe, archevêque d'York, qu'elle consultait à ce sujet, lui répondit qu'uvantde faire Swift évêque, « il osait conseiller à Sa Majjsté de s'assurer s'il était chrétien. » La reine était dévote; l'évêché fut donné à. un autre.
Swift publia en 1714 le pamphlet intitulé The public spiril of the whigs, qui irrita si fort la noblesse écossaise, et il acheva cette même année son Histoire de la paix d'Utrecht. Lo 27 avril, il fut pourvu du doyenné de Saint- 1-atrick, à Dublin, qui, avec celui de Laracor,
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lui formait un revenu d'environ 1,000 livres sterling. Mais Swift dédaignait l'argent; ce qu'il voulait, c'était le pouvoir; il se sentait 1 étoffe d'un homme d'Etat, d'un haut dignitaire, et son caractère, déjà tourné à la misanthropie, s'aigrit de tous ces déboires. « Le tumulte intérieur de tant d'espérances nourries, puis écrasées, dit M. Tuine; des rêves violents et magnifiques subitement flétris par la contrainte d'un métier machinal ; l'habitude de souffrir et de haïr, la nécessité de cacher sa haine et sa souffrance, la conscience d'une supériorité blessante, l'isolement du génie et de l'orgueil, l'aigreur de la colère amassée et du dédain engorgé, voila les aiguillons qui l'ont lancé comme un taureau. Plus de raille pamphlets eii quatre ans vinrent l'irriter encore avec les noms de « renégat, » de « traître » et • d'athée. » Il les écrasa tous, mit le pied sur leur parti, s'abreuva du poignant plaisir de la victoire. Si jamais âme fut rassasiée de la joie de déchirer, d'outrager et de détruire, ce fut celle-là. Le débordement du mépris, l'ironie implacable, la logique accablante, le cruel sourire du combattant qui marque d'avance l'endroit mortel où il va frapper son ennemi, marche sur lui et le supplicie à loisir avec acharnement et complaisance, ce sont les sentiments qui l'ont pénétré et qui ont éclaté hors de lui avec tant d'âpreté, qu'il se barra lui-même sa carrière (par le Conte du Tonneau auprès du clergé et par la Prophétie de Windsor auprès de la reine) et que, de tant de hautes places vers lesquelles il étendait la main, il ne lui resta qu'un poste da doyen dans la misérable Irlande. L'avènement de George 1er l'y exila ; l'avènement de George II, sur lequel il comptait, l'y confina. Il s'y débattit d'abord' contre la haine populaire, puis contre ie ministère vainqueur, puis contre l'humanité tout entière par des pamphlets sanglants, par des satires désespérées; il y savoura encore une fois le plaisir de combattre et de blesser, il y souffrit jusqu'au bout, assombri par le progrès de l'âge, parle spectacle de 1 oppression et de la misère, par le sentiment de son irapuissance, »
A toutes ces causes d'irritation se joignait sa situation équivoque entre les deux femmes qui l'adoraient, Stella et Vanessa. Il avait fait la connaissance de cette dernière, Esther Vanhoinrigh, en 17 13. C'était la fille d'un riche négociant hollandais. 11 lui proposa de l'épouser, et il la chanta plus tard dans un poBme passionné, intitulé Cadenus et Vanessa (Londres, 1726, in-8°). Cadenus est l'anagramme de decanus, doyen, et désigne Swift lui-même, alors
appelé le Doyen de Salut-Palrlck. En 1714,
la mère d'Esther Vanhoinrigh étant morte, la jeune fille accourut en Irlande, au foyer de celui qui se disait son amant , et fut bien étonnée d'y trouver la place déjà prise par une autre, par Stella. « L'épouvantail , dit M. P. de Saint-Victor, attirait à lui les colombes. Swift se laissait adorer avec un gauche embarras; il laissait ses deux maîtresses platoniques tirer par les deux pans son manteau rogné de ministre. Il leur donnait des noms poétiques de Stella et de Vanessa ; parfois même il forgeait pour elles de lourds madrigaux, cadeaux d'un vieux cyclope k des nymphes; mais sa galanterie grimace et se bat les flancs; on sent dans ses vers d'amour l'eunuque, pour qui un billet doux est une tâche aussi ingrate qu'un pensum... Cependant Stella, apprenant qu'elle avait une rivale, tomba malade de désespoir et de jalousie. Swift l'épousa pour la guérir. Mariage dérisoire et glacial ; ie contrat stipulait sa stérilité. Vanessa n'en mourut pas moins de douleur. 11 y a du mystère dans cette histoire moitié grotesque et moitié tragique ; elle ferait croire aux ensorcellemeuts. Stella, depuis, ne lit que languir et mourut bientôt à son tour; en partant, elle emporta du moins la raison du vieillard qui l'avait tuée... >
Le mariage de Swift et d'Esther Johnson fut célébré en 1716, mais il fut stipulé entre les deux conjoints que Swift ne reconnaîtrait jamais publiquement Esther pour sa femme et qu'ils continueraient à demeurer séparément, comme par le passé. La chose fut faite si secrètement, que l'autre Esther, Vanessa, n'en eut aucune connaissance et continua de venir chez Swift. En 1717 seulement, elle se retira à Marley-Abbey, où Swift alla la voir régulièrement. Stella, malgré le mariage, continuait à dépérir de jalousie; Vanessa, de sou côté, se demandait ce que Stella était pour le doyen ; elle eut l'idée d'écrire à sa rivale une lettre ironique pour l'apprendre d'elle-même. Stella montra la lettre à Swift, qui monta aussitôt à cheval, gagna Marley- Abbey, et, entrant chez Vanessa, jeta la lettre sur la table sans dire un mot et repartit furieux. Vanessa, frappée au cœur, mourut quelques jours après cette scène (1723), et Swift, de plus en plus misanthrope, alla se confiner quelques mois dans une véritable solitude, au sud de l'Irlande.
Cette période troublée do la vie de l'écrivain fut aussi sa plus féconde au point de vue littéraire. En 1717, il lança ses Pensées sur l'état des affaines et, un peu plus tard, l'Examen de la conduite du dernier ministère de la reine, qui est une défense de ce ministère; puis vint l'Art du mensonge (1719, in-8°), écrit satirique dirigé contre les hommes d'Etat en général. «Co grand art, dit-il, consiste ù n'aller jamais au delà des choses possibles, car vous perdriez a l'instant tout crédit.., Si,
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par exemple, vous dites qu'un grand ministre s'est servi de ses emplois pour s'enrichir, personne ne vous croira; mais si vous dites qu'un autre grand ministre, au lieu de rester des nuits entières dans ses bureaux, comme on le croyait, était avec milariy ***, ses meilleurs amis eux-mêmes seront dans le doute. Dans certaines circonstances, ajoute-t-il, il peuf être utile d'occuper un peu le public avec un petit tremblement de terre ou avec une baleine jetée à la côte; mais il ne faut pas que le lieu de la scène soit assez près de Londres pour qu'un homme à cheval puisse y aller et revenir dans la même journée. ■
Le Projet pour que les Irlandais n'emploient que leurs propres manufactures parut en 1720. Swift, révolté de l'état de misère dans lequel le gouvernement anglais laissait l'Irlande, rappela avec une irrésistible éloquence, avec une poignante tristesse, les devoirs de la métropole envers ce malheureux pays; mais il plaidait pour une cause entendue, comme on dit au palais, perdue k l'avance. Le ministère fit saisir le livre et procéder contre l'auteur. C'est l'âme aigrie par cette iniquité que Swift songea à composer le Voyage de Gulliver, qu'il interrompit en 1724, pour harceler de nouveau le gouvernement, dans les Lettres d'un drapier, où il encourage les Irlandais à refuser la monnaie de cuivre qu'un nommé Wood avait été autorisé à frapper, à l'usage de l'Irlande, pour une somme considérable.
■ Il traita l'affaire, dit Cranfurd, un de ses biographes, comme si elle regardait purement Wood, et évita avec soin d'attaquer le gouvernement ou le ministre ; mais comme Wood dans ses mémoires parlait du chevalier Walpole, Swift affecte, du ton le plus sérieux, d'en être indigné, en disant qu'un ministre connu pour être le plus habile, le plus attaché à la gloire de son maître et aux intérêts du pays, exempt de toute idée de corruption et dont la grande fortune ôtait inéme tout espoir de pouvoir le tromper, était incapable de soutenir un projet si évidemment ruineux par ses suites, pour un si grand nombre de fidèles sujets de Sa Majesté. » 11 terminait en disant qu'on ne pouvait douter que la nation irlandaise ne trouvât dans ce ministre un de ses plus zélés défenseurs. L'effet de cette lettre fut prodigieux; toutes les provinces se préparèrent à la résistance en même temps qu'elles repoussaient la monnaie Wood. L'agitation devint extrême. Lord Carteret, gouverneur d'Irlande, ordonna des poursuites contre l'imprimeur de ces lettres et offrit une récompense de 300 livres (7,500 fr.) à qui en découvrirait l'auteur. Mais l'imprimeur poursuivi fut acquitté, le gouverneur fut rappelé en hâte à Londres et le monopole de Wood supprimé.
Le nom de Swift devint populaire dans toute l'Irlande. On de ses séjours à Dublin fut signalé par des fêtes, des illuminations, des réjouissances publiques. Il échappa à ces démonstrations bruyantes et revint s'enfermer à Laracor, où i! acheva son Gulliver, qui fut publié à. Londres vers le milieu do l'année 1726. Cet ouvrage, dans lequel Swift, après nous avoir montré la folie des hommes dans le conte du Tonneau, a eu pour but de nous montrer leur méchanceté et leur bassesse , a été bien diversement apprécié.
■ Tout son talent et toutes ses passions, dit M. Taine, se sont amassés dans ce livre ; l'esprit positif y a imprimé sa forme et sa force. Rien d'agréable dans la fiction ni dans le style; c'est le journal d'un homme ordinaire, chirurgien, puis capitaine, qui' décrit avec sang-froid et bon sens les événements et les objets qu'il vient de voir; nul sentiment du beau, nulle apparence d'admiration et de passion, nul accent. Eranks et Cook racontent de même. Swift ne cherche que le vraisemblable et il l'atteint. Son art consiste à prendre une supposition absurde et à déduire sérieusement les effets qu'elle amène. C'est l'esprit logique et technique d'un constructeur qui, imaginant le raccourcissement ou l'agrandissement d'un rouage, aperçoit les suites de ce changement et en écrit la liste. Tout son plaisir est de voir ces suites nettement et par un raisonnement solide. Il marque les dimensions et le reste en bon ingénieur et statisticien, n'omettant aucun détail spécial et positif, expliquant la cuisine, l'écurie, la politique. Là-desst3, sauf de Poe, il n'a pas d'égal. La machine à aimant qui soutient l'Ile volante, le transport et l'inventaire de Gulliver à Lilliput, son arrivas et sa nourriture chez les chevaux font illusion ; nui esprit n'a mieux connu les lois ordinaires de la nature et de la vie humaine; nul esprit nu s'est si strictement renfermé dans cette connaissance; il n'y en a point de plus exact ni de plus limité... Mais quelle véhémence sous cette recherche I Que nos intérêts et nos passions semblent ridicules, rabaissés k la petitesse de Lilliput ou comparés à l'éuormHo de Brodingnagl «
Ecoutons maintenant M. Paul de Saint- Victor : « Swift résume la religion par un énergumène, la science par un charlatan, Ut politique par un sycophante, la civilisation par une cohue d'imbéciles et de fripons. Dans son Gulliver, il crée les Yahous, une espèce de singes immondes et féroces, les compare aux hommes et ies déclare supérieurs. Ses géants et ses nains nous rapetissent également, les uns en nous rabaissant à l'état d'insectes, les autres en nous inoutrant parodiés par une fourmilière. Ce voyage da
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Gulliver est plus triste au fond que celui de Dante à travers l'enfer. Vous y cherchez en vain une échnppée sur le ciel. Quelle différence avec la navigation imaginaire de Pantagruel, de Rabelais, auquel on l'a souvent comparé t Le vaisseau de Pantagruel vogue en pleine science et en pleine nature : le vent de l'avenir souffle dans ses voiles; 1 aube de la Renaissance luit à l'horizon. Il aborde, comme celui de Gulliver, les îles symboliques du Mensonge et de l'Ignorance; mais les joyeux colosses qui le montent affrontent leurs monstres, soufflent sur leurs fantômes et exorcisent leurs démons d'un éclat de rire fulgurant. Le Gulliver de Swift voyage sans espoir et sans idéal. Les pays chimériques qu'il visite lui montrent les vices de l'humanité monstrueusement grossis ou ridiculement contrefaits. Il y apprend que l'humanité est incurable et incorrigible, que tout est vanité et calamité. L'univers tel qu'il le découvre n'est qu'un vaste système d'enfers et de prisons roulant dans le vide. Il n'est pas jusqu'à l'idée de l'immortalité que Swift n'essaye d'enlaidir et de dégrader. Gulliver rencontre dans l'Ile de Luggnagg les Strudbrugg, une race d'immortels ; mais ces immortels sont des vieillards idiots et infirmes qui se traînent en radotant le long de leur éternité misérable. Chaque lustre augmente leur caducité, chaque siècle aggrave leur décrépitude. Les êtres dont la Grèce fait des demi-dieux, ne sont pour Swift que des ganaches tombées en enfance. •
Ce n'est pas ainsi que Voltaire jugea l'œuvre qui a rendu immortel le nom de Swift; à peine avait-il fermé le livre de Gulliver, traduit par l'abbé Desfontaines, qu'il écrivait à l'auteur une lettre pleine des plus chaleureux éloges, s Laissez-moi, lui écrivait-il, jouir de la satisfaction de parler de vous de la même manière que la postérité en parlera, »
Si Gulliver a donné la gloire a Swift, il l'exposa à l'inimitié toute-puissante du chevalier Wulpole, qui se vengea d'avoir été démasqué et cruellement ridiculisé. Vieux et infirme , Swift continua de rester relégué dans le pays qui était, disait-il, le dernier sous le ciel qu il aurait choisi pour son séjour. En 1728, Stella mourut. Pour combattre la mélancolie qui l'envahissait, Swift reprit la plume et plaida de nouveau la cause du peuple irlandais, dont la misère le touchait profondément. Sa voix fut étouffée par le premier ministre Walpole, déjà raffermi dans sa place alors qu'on le croyait renversé, et Swift, étant allé à Londres, se vit refuser une audience de la reine « sans aucune raison quelconque, disait-il, comme cela arrive avec les princes. » De cette disgrâce, qu'il attribuait à Walpole, il tira vengeance en publiant deux poèmes satiriques, l'un intitulé : Mapsodie sur la poésie, l'autre : Èpitre à une dame, qui exaspérèrent tellement le ministre, que, dans un premier mouvement, il signa un mandat d'arrestation contre le vieux doyen de Saint-Patrick. Quelques avocats du conseil, ayant examiné les livres incriminés, n'y trouvèrent rien contre la loi et arrêtèrent les poursuites.
Ses derniers opuscules : Simple proposition pour empêcher tes enfants des pauvres d'Irlande d'être à charge à leurs parents et à leur pays (Dublin, 1729, in-8«) et ses fameuses Instructions aux domestiques (1745, in-8°) témoignent d'une verve singulière; l'impitoyable railleur y pousse l'ironie à son comble. La Simple proposition n'est pas du goût de Thackeray, qui s'est fait le biographe de Swift et qui 1 a traité comme si c'était son ennemi personnel. « Est-ce que Steele, dit-il, ou Goldsmith, ou Fielding dans sa plus folle heure de satire aurait jamais écrit quelque chose comme la fameuse Simple proposition, consistant à manger les enfants? Il n'est pas un d'eux dont le cœur ne s'attendrisse en pensant à l'enfance, qu'ils chérissent et caressent. Swift, lui, n'a pas cette tendresse ; il entre dans la chambre des enfants avec les allures et la gaieté d'un ogre, t Je tiens » d'un savant américain dont j ai fait la cona naissance à Londres, dit-il, qu'un jeune » enfant bien portant, bien allaité est, à l'âge » d'un an, un aliment très-délicieux, nutritif » et sain, soit à l'étuvée, soit rôti, soit bouilli, » soit cuit au four; et je ne doute pas qu'il ne » soit également bon en ragoût. » Puis, prenant pour thème cette aimable plaisanterie, Swift la développe avec autant de gravité que de logique. Il tourne et arrange ca sujet de cent manières différentes; il le hache et le sert froid ; il le garnit et, a chaque préparation nouvelle, il le savoure avec le même plaisir. Ii décrit le petit animal au moment où il vient au monde et conseille à la mère de l'allaiter abondamment pendant le dernier mois, de manière à lui donner l'embonpoint voulu pour être servi sur une bonne table. Un enfant fournira deux plats pour un dîner d'amis, et lorsque la famille dînera seule, le quartier de devant ou le quartier de derrière sera raisonnablement abondant. Il continue longtemps sur le même ton, et le sujet le charme à. tel point, qu'il ne peut se résoudre à le quitter. Il recommande de remplacer la venaison par des corps de jeunes garçons et de jeunes filles, âgés de quatorze ans au plus et de douze ans au moins. Aimable humoriste ! riant castigator des mœurs 1 » Thackeray fait semblant d'oublier qu'il s'agit d'un pays que les Anglais laissaient mourir de
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faim, en l'accablant de taxes énormes, et que Swift défend la cause de ces pauvres gens à sa manière, par l'ironie à outrance , avec cette logique et cette gravité dans l'impossible, ce luxe de détails dans l'absurde, qui constituent son genre particulier d'humour. Sans doute, il faut une certaine insensibilité d'épiderme pour continuer froidement pendant vingt pages cette plaisanterie féroce d'enfants' bouillis, rôtis, hachés en pâtés et dressés en ragoûts; mais c'est se moquer du monde que d'en conclure, comme fait Thackeray, que Swift aurait volontiers mangé un enfant ou deux à la broche. La meilleure preuve que Swift a, suivant son habitude, touché l'endroit sensible de l'adversaire, c'est que Thackeray, en bon Anglais qu'il est, n'a pu relire ce pamphlet sans éprouver de la colère et sans en injurier l'auteur. Les Instructions aux domestiques, écrites six ans plus tard, témoignent encore de la même verdeur d'imagination, d'autant d'ironie sarcastique et mordante. Nous en avons rendu compte. V. DOMESTIQUE.
Dans les trois années suivantes, il s'affaiblit d'une façon visible; l'isolement dans lequel il vivait, la perte successive de ceux qu'il avait le plus aimés, la mélancolie profonde que lui inspirait l'aspect dénudé de l'Irlande, l'âge et la fréquence des attaques de vertiges auxquelles il était sujet depuis sa jeunesse, altérèrent peu à peu ses facultés mentales. « La mémoire le quittait, ditTaine; il vivait seul, morne, ne pouvant plus lire. On dit qu'il passa une année sans prononcer une parole, ayant horreur de la figure humaine, marchant dix heures par jour, maniaque, puis idiot. Une tumeur lui vint sur l'œil, telle qu'il resta un mois sans dormir et qu'il fallut cinq personnes pour l'empêcher de s'arracher l'oeil avec les ongles. Un de ses derniers mots fut : « Je suis fout • Son testament ouvert, on trouva qu'il léguait toute sa fortune pour bâtir un hôpital de fous. Il s'éteignit le £9 octobre 17*5, à l'âge de soixante-dix-huit ans. •
Aux ouvrages de Swift cités dans le courant de cet article, il faut ajouter ; A new Journey to Paris, with some secret transactions belween tke French king and an English gentleman, by le sieur du Baudrier (Londres, 1711, in-a»); Miscellanies in prose and verses (1711, in-8«); Some remarks on ike Barrier treaty(ni2, in-8°) ; Aproposal for correcting, improving and ascertaiiting ike English longue (1712, in-8°); A dedication to a greatman concerning dedications (1719, in-8«) ; Riyht of ■précédente between physicians and civilians (1720, in-8°); The Suiearer's bank, wherein the médicinal use of oaths is considered, by Thom. Bope (Dublin, 1721, in-S"); A tetter of advice to a young poet (Dublin. 1721, in-8°); The wonderful Wonder of Won'ders, being an accurate description of tke birth, éducation, manner of living, religion, pohtiks, learning, etc. (Londres, 1721, in-8°); c'est un recueil de brochures, de pamphlets et de facéties; The journal of a modem lady (1729, in-8<>) ; A complète collection of genteel conversation, in III dialogues, by Simon Wagslaff (Londres, 1738, in-8») ; Bistory of the four last years of tke queen (1758, in-8°). Les poésies de Swift, que son génie de prosateur a fait oublier, mais qui n'en sont pas moins dignes d'étude, forment deux volumes: Poetical works (Londres, 1736, 2 vol. in-12); quelques-unes sont très-licencieuses. On a traduit en français, non-seulement les Voyages de Gulliver, qui ont eu une multitude d'éditions plus ou moins littérales , mais quelques-uns de ses autres ouvrages : l'Art de voler ses maîtres, conseils aux domestiques des deux sexes, par M. Flor O'Squarr (1854, in-32) ; Opuscules humoristiques, par M. Léon de Wuilly (1859, in-12).
SWIFT (Deane), littérateur anglais, cousin du précédent, né en Irlande, mort à Worcester en 1783. Il était petit-fils de Godwin Swift, l'alné des oncles de Jonathan. Swift fit ses études à l'université de Dublin et passa presque toute sa vie à Goodrich ( comté d'Hereford). On lui doit : An Essay upon the life, character and wrilings of Jonathan Swift (Londres, 1755, in-s°). Il a aussi publié les oeuvres complètes de son illustre parent (Londres, 1765, 20 vol. in-12) et sa Correspondance de 1710 à 1742 (Londres, 1768, 3 vol. in-s°).
SWIFT (Théophile), littérateur anglais, fils du précédent, né à Goodrich, mort en Irlande en 1815. C'était un homme spirituel et instruit, mais d'un caractère fougueux et bizarre. 11 eut en 1789, avec le colonel Lennox, un duel dans lequel il fut blessé. Swift a publié les ouvrages suivants, dans lesquels on trouve de l'esprit et de l'originalité : The Gamblers, a poem (in-4<>); The temple of Folly, in IV cantos (Londres, 1784, in-4o); Poetical addresses to His Majesly (Londres, 1788, in-4°) ; Letter to the king on the conduct of colonel Lennox (Londres, 1789, iu-4°); The female parliament (Londres , 1789, in-40) ; Vindication of Ilenwick Williams, commonly called the Monsler (Londres, 1761, in-8«). Voxi à quel propos Théophile Swift écrivit cet ouvrage. « Eu 1790, dit un écrivain, un homme, embusqué dans les rues de Londres, attaquait la nuit les femmes isolées et leur enfonçait dans la hanche un instrument tranchant, dans l'intention, dit-on, de les rendre boiteuses. 11 échappa quelque temps aux re-
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cherches; on l'avait surnommé le Monstre, •Un individu du nom de Williams, fabricant de fleurs artificielles, fut arrêté, reconnu coupable de ce raffinement de cruauté et condamné à six ans de réclusion. Swift, persuadé de l'innocence de cet homme, fit tous ses efforts pour le sauver et chercha même, après le jugement, à communiquer sa conviction au public. > On doit encore à cet écrivain d'autres morceaux littéraires, ainsi que l'édition de la Swifl's correspondence with the révérend Dobbin and his family (Dublin, 1811, in-so).
SWINBURNE (Henry), voyageur anglais, né en 1752, mort à la Trinité en 1803. Il rit ses études au monastère de la Celle, en France, et, jouissant d'une belle fortune, il se mit à voyager en France, en Espagne, en Sicile, en Italie et en Autriche. Comme il était riche et de plus doué d'un esprit très-vif et trèsoriginal, Swinburne reçut partout l'accueil le plus empressé. Ferdinand IV, roi de Naples, le garda auprès de lui pendant un an ; l'impératrice Marie-Thérèse l'admit dans son cercle intime, et Marie-Antoinette, en France, fut tellement charmée de la conversation piquante du voyageur anglais, qu'elle lui fit donner de vastes propriétés dans l'Ile Saint- Vincent. La religion catholique qu'il professait fut un obstacle à ce qu'il obtint un poste dans la diplomatie, poste qu'il désirait. En 1796, il fut envoyé à Paris pour négocier un échange entre les prisonniers de guerre anglais et français, mais il échoua. Vers la fin da sa vie, il perdit une grande partie de son avoir et accepta un emploi subalterne à l'Ile de la Trinité. On lui doit : Voyage en Espagne (Londres, 1779, gr. in-4"); Voyage dans les Deux-Siciles (1783, 2 vol. gr. in-40) ; les Cours d'Europe à la fin du siècle dernier (Londres, 1811, 2 vol. in-8°). Dans ces ouvrages, écrits sous forme de lettres, Swinburne s'est montré un observateur fin et sagace, et il a consigné beaucoup de faits intéressants et curieux. Son style est simple, élégant, humoristique et rappelle fréquemment celui de Sterne.
SWIN DEM (Jean-Henri), savant hollandais, né à La Haye en 1746, mort en 1823. Il fit ses études à Leyde, devint an 1767 professeur d'histoire naturelle, de logique et de mathématiques à l'université de Franeker et, pendant treize ans, s'y livra à des observations sur les variations de l'aiguille magnétique , dont il a consigné les résultats dans ses Recherches sur les aiguilles aimantées et leurs variations, qui obtinrent un prix à. l'Académie des sciences de Paris. Son ouvrage sur l'Analogie de l'électricité et du magnétisme fut également couronné par l'Académie de Munich. En 1785, il fut nommé professeur de mathématiques, de physique et d'astronomie à l'Athénaeum d'Amsterdam, puis membre de la commission chargée d'introduire des améliorations dans le service maritime, et publia à ce sujet un almauach maritime, un traité sur l'usage des octants et des sextants , sur la détermination des longitudes marines, puis, lorsqu'il eut été appelé en 1797 à la présidence du collège de salubrité , il fit paraître un grand nombre d'excellentes brochures sur les plus importantes questions de l'hygiène publique. Lorsque, en 1798, l'Institut de France invita les savants étrangers à se réunir pour établir un système général de poids et mesures, il fut envoyé à Paris, comme délégué de la république batuve, et fut nommé rapporteur par l'assemblée. A son retour, il publia en hollandais son Traité sur les mesures et les poids perfectionnés (Amsterdam, 1802, 2 vol.), qui est devenu classique. Plus tard, il contribua efficacement à faire introduire en Hollande le nouveau système des poids, mesures et monnaies, et, membre, depuis 1798, du Comité d'éducation de la république batave, fut nommé en 1817, par le roi, conseiller d'Etat en s-ervice extraordinaire. 11 déploya aussi une grande activité en qualité de membre du Comité central de la patrie, et ce fut à son ardeur infatigable que l'école de navigation et l'institut des aveugles d'Amsterdam durent leur excellente organisation. On a encore de lui : Tentamen théorie mutandœ phsnomenis magnetici; Recueil de différents mémoires sur l'électricité et le magnétisme; Cogilationes de vuriis philosophie capitibus; Réflexions sur le magnétisme animal; Principes de géométrie (Amsterdam, 1816), en hollandais, etc.
SWINOÛN, village d'Angleterre, comté de Wilts, à 19 kilom. N. de Marlborough ; 2,600 hab. Extraction de belles,pierres à bâtir.
SW1NEMCNDE, ville de Prusse, province do Poméranie, sur la côte orientale de l'île d'Usedom, où elle a un port de commerce, à l'embouchure du canal de la Swine dans la mer Baltique, régence et à^ 56 kilom. N. de Stettin; 5,260 hab. Bains de mer très-fréquentés; pêche active; chantiers de Construction. Swinemunde est le port de Stettin pour les gros navires qui ne peuvent pas remonter l'Oder. De grands travaux y ont été exécutés pour rendre abordable ce port, qui est défendu, du côté de la mer, par plusieurs forts. Eu 1873, le gouvernement prussien a décidé d'augmenter considérablement les fortifications qui protègent la ville du côté de la Baltique. Agréables promenades aux environs. A 4 kilom. N.-O. de la ville s'élève le
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Streckelberg, colline du haut de laquelle on jouit d'un beau panorama. C'est au pied do cette colline que se trouvait la capitale des Wendes, la célèbre Wmeta, envahie, dit la tradition, par la Baltique et ensevelie sous ses vagues.
SWI1NTON (Jean), philologue anglais, né dans le Cheshire en 1703, mort le 4 avril 1777. Il fut ministre évangélique, chapelain de la factorerie anglaise k Livourne et, après son retour en Angleterre, professeur au collège du Christ, a. Oxford. Il fut membre de la Société royale et mourut archiviste de l'Académie d'Oxford. Il a publié plusieurs dissertations sur l'histoire, la numismatique et la science des inscriptions de l'antiquité, et il fut un des collaborateurs de l' Histoire universelle.
SWIPUL, nom d'une des walkyries de la mythologie Scandinave.
SWITHIN (saint), évêque de Winchester, morten 862. Ordonné prêtre en 830 par Helmstan, évêque de Winchester, il devint peu après chapelain du roi Egbert et précepteur d Ethelwulf, fils de ce prince. Sous le règne de son élève, il fut créé chancelier et chargé de l'éducation du prince Alfred, qu'il suivit à Rome. Les services rendus par Swithin à Ethelwulf, dans l'administration des affaires ecclésiastiques du royaume furent récompensés par son élévation , en 852, au siège de Winchester, vacant par la mort d'Helmstan. On a supposé qu'il avait eu le premier l'idée de rétablissement du denier de Saint-Pierre, mais on a maintenant des raisons de croire l'origine de ce tribut plus ancienne ; ce fut lui, toutefois, qui provoqua Je premier acte du Wittenagemot, qui rendit obligatoire le payement des dîmes. A sa mort, il fut enterré dans le cimetière de Winchester. Sa canonisation ayant été prononcée un siècle plus tard, il fut décidé qu'on transférerait ses ossements dans la cathédrale et qu'on les placerait dans la magnifique châsse que le roi Egbert y avait lait construire. La translation, qui devait Se faire le 15 juillet, dut être différée pendant quarante jours, a cause des pluies torrentielles qui survinrent à ce moment et qui durèrent cet espace de temps. C'est ce qui a donné lieu à cette tradition bien connue en Angleterre que, s'il pleut le jour de la fête de saint Swithin, qui se célèbre le 15 juillet, il doit pleuvoir pendant quarante jours,..On sait qu'en France c'est le jour de la fête de saint Médard qui est marqué par une semblable superstition. Le martyrologe romain fixe cependant la célébration de la fête de ce saint au ï juillet, mais on la célèbre en Angleterre le 15, ainsi que nous l'avons déjà dit, par une concession fuite aux traditions populaires.
SWITZER (Etienne), jardinier anglais, probablement d'origine suisse, comme son nom l'indique, mort en 1745. On lui doit les ouvrages suivants : Iconographia rustica, or thenoblemen, gentlemen and gardeners récréation (Londres, 3 vol. in-8°); The practicat fruit and kilchen's garden (le Jardin pratique, fruitier et potager [Londres 1727, in-8° ; 4" édit., 1729, ia-8<>]) ; Introduction à un système général d'hydrostatique et d'hydraulique (Londres, 1729, 2 vol. in-4") ; Dissertation sur te vrai cytise des anciens (Londres, 1731) ; Dniversal System ou Système philosophique et pratique des eaux et de leur conduite, avec gravures (Londres, 1730, 2 vol. in-4»).
SY, préfixe qu'on emploie au lieu de syn devant les radicaux qui commencent par un s,
SYACOU s. m. (si-a-kou). Ornith. Espèce de tangara, qui habite l'Amérique du Sud : Les syacous ne sont pas tout d fait si gros que la linotte. (V. de Bomare.)
SYAGRE s. m. (ai-a-gre — lat. syagrus, espèce de palmier; du gr. suagros, sanglier formé de sus, cochon, et agrios, sauvage. La raison qui a fait rapprocher ce palmier d'un cochon sauvage nous est inconnue). Bot.
Genre d'arbres, de la famille des palmiers tribu des cocoïnées, voisin des cocotiers, et dont l'espèce type croît sur les bords de l'Amazone.
SYÀGHIUS (Afranius), administrateur romain, né à Lyon vers 330, mort dans cette ville à une époque inconnue. L'empereur Valentinien, dont il était devenu le secrétaire, l'envoya en Germanie pour donner l'ordre à Arator d'élever des fortifications dans le lieu où se trouve aujourd'hui Heidelberg. Pendant les travaux, les Germains tombèrent sur les soldats romains , qui furent massacrés, Syagrius, échappé presque seui à ce désastre, retourna vers Valentinien à qui il apporta cette nouvelle. Il tomba alors en disgrâce et vécut dans la retraite jusqu'au règne de Gratien. Grâce aux recommandations d'Ausone, il devint successivement maître des offices (379), préfet d'Italie (380), préfet des Gaules et consul (381), enfin de nouveau préfet d'Italie (382). Syagrius avait composé des poésies, vantées par Sidoine Apollinaire. Il fut l'ami d'Ausone, qui lui dédia le recueil de ses vers, et eut un fils qui fut le comte Egidius.
SYAGRIUS (Afranius), patries romain petit-fils du précèdent, né vers 430, mort en 484. 11 était rils du comte Egidius ou Gilles qui détrôna le roi franc Childéric 1er. Après la mort de son père (464), il gouverna le territoiro qui restait aux Runnuus en Gaule (de
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464 k 4S6), bien plus occupé du soin de ses immenses propriétés que de se fortifier contre les barbares. Clovis vint l'attaquer (486), gagna sur lui la bataille de Soissons et la força de s'enfuir à Toulouse auprès d'Alaric 1er, roi desWisigoths.Ce prince le renvoya chargé de chaînes k Clovis, qui le fit mettre à mort. En lui finit la domination des Romains dans les Gaules, partagées dès lors entre les Wisigoths, les Bourguignons et les Francs. Syagrius, à qui Grégoire de Tours donna le titre de roi des Romains, était un homme instruit, doux, aimant les lettres et qui s'attacha à faire pénétrer en Gaule la civilisation.
SYAGRIDS (saint), prélat français, né a Àutun vers 520, mort dans la même ville en 600. Sacré évêque d'Autun en 560, il prit une part active aux affaires religieuses de son temps et joua un rôle important dans les divers conciles de Lyon (567-5S3),de Paris(573) et de Mâcon (533-585). Syagrius fut chargé, en 590, de rétablir l'ordre dans le couvent de Sainte-Radegonde de Poitiers; il reçut do Brunehaut, dont il avait gagné la confiance, la mission d'élever le jeune Thierry, et, grâe; à la munificence de cette reine, qui lui lit donner le pallium en 599, il fit construire à Autun un hospice, les monastères de Saint- Martin et de Sainte-Marie, une maison hospitalière, et orna magnifiquement les églises de cette ville. On célèbre sa fête le 27 août.
SYALITE s. f. (si-a-li-te). Bot. Syn. de dillénie, genre type des dilléniacées.
t SYAME s. m. (si-a-me). Bot. Genre de plantes, de la famille des amarantacées, qui paraît devoir être réuni aux pupalies.
SYBARIS, ville de l'Italie ancienne, dans la Lueanie, sur les confins du Brutium et sur les bords du Crathis, à son embouchure dans le golfe de Tarente. Elle fut fondée par des Locriens l'an 725 av. J.-C, s'enrichit par son commerce et devint bientôt une des plus puissantes cités de la Grande-Grèce. Elle pouvait, disent les anciens, armer 300,000 hommes sur son territoire. La rapidité de sa brillante fortune, ainsi que les immenses richesses que possédaient ses habitants y amenèrent la dépravation des mœurs, et le nom de Sybarite devint le synonyme d'efféminé (v. sybarite). A la suite de dissensions intestines, cinquante des principaux citoyens ayant été forcés de s'exiler implorèrent le secours des Crotoniates , qui détruisirent la ville l'an 510. Quelques Thessaliens voulurent la reconstruire un demi-siècle plus tard, mais les Crotoniates s'y opposèrent; peu après, des colons athéniens relevèrent cette ville à quelque distance de son ancien emplacement, sous le nom de Thurium. ' -
SYBARITE adj. (si-ba-ri-te). Géogr, anc.
Qui a rapport à Sybaris ou à ses habitants : Les mœurs sybarites.
. — Fig. Mou, efféminé : Antonelli est trop sybarite et trop indolent pour être persécuteur, pas plus que réformateur. (Mme L. Colet.)
— Substantiv. Habitant de Sybaris : La mollesse des Sybarites.
— Fig. Personne molle, efféminée : C'est un sybarite. Cette femme est une véritable sybarite. Voyez ces sybarites indolents au sein de l'opulence et dans les plus hautes régions de la société. (Virey).
Mais voyez le Sybarite!
Il hésite A flair ses doux ébats !
Th. de Banville.
— Encycl. La mollesse des habitants de l'ancienne Sybaris a passé en proverbe jusqu'à nos jours. Ils décernaient des prix k ceux qui inventaient de nouvelles voluptés. On ne les voyait occupés que de festins, de jeux, de spectacles et de parties de plaisir. Il y avait des récompenses publiques et des marques de distinction pour les citoyens qui traitaient avec le plus de magnificence. On récompensait splendidement les cuisiniers qui réussissaient k faire de nouvelles découvertes dans le grand art de flatter le goût et de satisfaire le palais. Ils conviaient les gens à manger un an avant.le jour du festin, pour avoir le loisir de le faire plus délicat. Enfin ils portaient si loin le raffinement de la mollesse, qu'ils bannirent les coqs de peur d'être éveillés par le chant de ces oiseaux, et qu'ils écartèrent aévèrement de leur ville tous les artisans qui faisaient trop de bruit en travaillant. On rapporte qu'un Sybarite suait à grosses gouttes en voyant un esclave qui fendait du bois, et qu'un autre, nommé Sminiride, se plaignit d'avoir passé toute une nuit sans dormir, parce que, «parmi les feuilles de roses dont son lit était semé, il y en avait une qui s'était pliée en deux. » V. pu.
Sytinrttec de Florence (LES), drame lyrique en trois actes, paroles de Laffite, musique de Weber, Beethoven, Rossini, Meyerbeer, Aimon etBarbereau, arrangée par Castil-Blaee ; représenté au théâtre des Nouveautés dans le mois de novembre 1831. Le complot ourdi par les Pazzi contre les Médicis en 1478 a fourni le sujet de cette pièce, dont l'auteur, marchant sur les traces de Scribe, a rabaissé l'action au niveau d'une scène invraisemblable de mélodrame. On sait que Laurent et Julien de Médicis furent assaillis, le 2 mai 1478, par une troupe de conjurés aux ordres de plusienrs familles puissantes de Florence, dans l'église de Santa-Reparata; que Julien.
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fut poignardé, que Laurent s'échappa et que, le peuple étant accouru en armes à la défense des Médicis, les assassins payèrent de leur vie leur odieux attentat. L'auteur du livret a imaginé de remplacer Julien par un cardinal, le poignard par une machine infernale envoyée sous forme de coffret par la pape Sixte IV. Laurent doit ouvrir cette boite en sa qualité de premier personnage de l'Etat. Un chevalier, qui est dans le secret et qui veut sauver Médicis, arrache la boite de ses mains et déclare que le rang du cardinal lui confère le droit et le devoir de l'ouvrir. Celui-ci est contraint de céder et tombe foudroyé par ses propres armes. C'est aussi puéril que maladroit. Cet opéra, dont la musique avait été originairement composée par Aimon pour le théâtre de l'Odéon, avait été refusé a l'Opéra-Comique. Le directeur du théâtre des Nouveautés s'en empara; mais, pour éviter d'usurper le privilège du théâtre de la rue Monsigny, il chargea Castil-Blaze, l'intrépide arrangeur, de joindre k la partition des morceaux de Fidelio, d'Euryanthe, à'Obéron, du Crociato, de Tancredi. Grâce à cette combinaison, les Sybarites de Florence intéressèrent le public et eurent un succès peu mérité. M. Barbereuu, le savant professeur au Conservatoire, a composé la musique d'un duo chanté par Dainoreau et Mue Pougaud, fille adoptive de M'1' Mars, et d'un air de ténor au dernier acte. SYBA.RITIQUE adj. (si-ba-ri-ti-ke — rad.
Sybarite). Qui est propre aux Sybarites; qui est digne des Sybarites : Mœurs, habitudes
SYBARITIQUES.
— Hist. littér. Fables sybaritiques, Nom donné par les Grecs à un genre de fables emprunté a la ville de Sybaris.
— Encycl. Hist. littér. Les anciens estimaient beaucoup ces fables, qui ne nous sont connues que par les citations que les poètes grecs en ont faites. Une des plus jolies est celle que rapporte Simonide : « Un pêcheur cari en voit pendant l'hiver un polype de mer et dit : « Si je plonge pour le prendre, je mourrai de
■ froid; si je le laisse échapper, mes enfants
• mourront de faim, f Les fables sybaritiques avaient généralement pour personn&ges des hommes, et non des animaux, des plantes, des objets quelconques, comme la fable ésopique. Pourtant Aristophane, par qui surtout elles nous sont connues, en cite dans lesquelles la parole était prêtée k des objets inanimés; par exemple, la suivante: «Une femme de Sybaris casse un vase de terre; celui-ci se met à crier et appelle les passants en témoignage des mauvais traitements qu'il subit; là-dessus, la femme s'écrie : « Par Cora 1 si
• au lieu d'appeler des témoins, tu allais vite
■ t'acheter une bande de cuivre, tu montre-
• rais plus d'esprit. ■ Dans Aristophane, c'est un vieillard jovial et un peu insolent qui se sert de cette fable, pour se moquer d'un homme qu'il a maltraité et qui va porter plainte contre lui. Le plus souvent, le grand poëte comique a employé de la même manière les fables, soit sybaritiques, soit ésopiques, c'est-k-dire comme d'amusantes inventions, des plaisanteries pouvant donner à une chose sérieuse une tournure joviale.
Presque toutes les fables sybaritiques racontaient quelque mot plaisant d'un habitant de Sybaris, avec les circonstances spéciales qui y avaient donné lieu. La population de cette riche colonie ionienne parait avoir attaché beaucoup de prix à ces mots saillants et spirituels ; on les recueillait et on se les communiquait avec avidité. Le poète sicilien Epicharme parle des Apophtkegmes de Sybaris; il entend très-probablement par lk ce que d'autres appellent fables sybaritiques.
SYBARIT1QTJEMENT adv. (si-ba-ri-ti-keman — rad. sybaritique). A la manière des Sybarites : Vivre sybaritiquement.
SYBAKITISME s. m. (si-ba-ri-ti-sme — rad. Sybarite). Mollesse comparable à celle des Sybarites : Je vois, mon cher pasteur, que mon sybaritisme vous scandalise. (G. Sand.) J'exprime le désir de m' arrêter un moment au petit village de Blevio et d'y demander du café bouillant. « Voilà bien un sybaritisme de femme, » me dit mon compagnon, qui me raille d'être vaincue par le froid. (Mme l. Colet.)
SYBEL (Henri se), historien allemand, né à Dusseldorf en 1817. Il étudia, de 1834 à 1838, l'histoire k l'université de Berlin, sous la direction de Ranke, et publia, dès 1841, une Histoire de lapremière croisade, dans laquelle il cherchait k prouver que Pierre l'Ermite n'avait pas plus été l'instigateur de cette expédition que Godefroy de Bouillon n'en avait été le chef. La même année, il prit ses grades à l'université de Bonn, où il fut nommé, en 1844, professeur extraordinaire; mais il renonça à ces fonctions en 1845 pour aller occuper une chaire k l'université de Marbourg et devint, deux ans plus tard, représentant de cette université k l'assemblée des états de la Hesse électorale, où il appartint au centre constitutionnel, puis, en 1850, député de la Hesse k la diète d'Erfurt, dans laquelle il vota avec le parti-en-bloc, ou fraction des petits Etats de l'Allemagne. En 1856, le roi Maximilien l'appela a l'université de Munich et le chargea de plusieurs missions scientifiques. Il devint, en outre, membre de l'Académie des sciences de cette ville, y fonda un séminaire historique, le premier établissement de ce genre qui ait existé en Allemagne, dirigea la publication des actes de la diète ger-
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manique et fut, en outre, nommé secrétaire de la commission historique établie par le roi. En 1861, il alla s'établir k Bonn, où il est, depuis cette époque, professeur à l'université. Elu, en 1862, k la Chambre des députés de Berlin, il y combattit, avec les membres de l'opposition, la réorganisation illégale de l'armée, et' fut réélu k l'unanimité en 1863, après la dissolution de la Chambre; mais, ayant été atteint d'une maladie d'yeux, il dut résigner son mandat l'année suivante. En 1867, le cercle de Lennep-Mettmann l'envoya k l'Assemblée constituante de la Confédération germanique du Nord, où il vota avec les libéraux. Depuis lors, il a fait partie de la Chambre des députés de Prusse et siégé, comme représentant de Bonn, dans les rangs du parti national libéral. En janvier 1871, il applaudit k la résurrection de l'empire d'Allemagne au profit du roi de Prusse et montra k diverses reprises une vive antipathie contre la France. Toutefois, au commencement de 1872, dans un discours qu'il prononça k Bonn, il montra une certaine impartialité dans un long parallèle entre la France et l'Allemagne, Il rendit justice k nos qualités, mit le doigt sur nos plaies et avertit ses compatriotes de prendre garde, eux aussi, k leurs défauts. Il leur montra qu'avec cette excessive confiance en eux-mêmes, fruit fatal de la victoire, ils sont en train de glisser insensiblement sur la pente au bas de laquelle les Français ont trouvé un abîme. » Les malheurs des Français , a dit M. de Sybel, ont pour cause leurs institutions et leurs idées sur l'Eglise et l'Etat, qui rendent impossible l'existence de l'autorité avec la liberté et les font vaciller continuellement entre le pouvoir arbitraire et la révolution. Nous pouvons être le peuple le plus fort de la terre si nous voulons imiter les Français dans les relations sociales, l'industrie, les sciences et les arts, et éviter avec soin les fautes qu'ils commettent en matière politique et religieuse. ■ Dans la lutte entre le clergé catholique et le gouvernement en Prusse, M. de Sybel s'est constamment prononcé en faveur des droits de l'Etat. Le 8 mai 1874, il a défendu vivement le projet de loi sur l'administration des biens ecclésiastiques, présenté par le ministre Falk. Dans un autre discours, prononcé en avril 1875, il a repoussé l'idée de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. ■ La Chambre des députés prussienne, a-t-il dit, ne peut montrer, en présence de l'agitation religieuse, la même impartialité que le Parlement anglais parce que ce sont les ultramon tains qui ont contraint le gouvernement k présenter des lois telles que celle qu'on discute maintenant. •
La réputation de M. de Sybel comme historien repose sur son Histoire de la période révolutionnaire de 1789 à 1795 (Dusseldorf, 1853-1857, 3 vol.; 30 édit., 1866), traduite en anglais par Perry (Londres, 1868), et en français par M1*0 Marie Dosquet, sous le titre a Histoire de l'Europe pendant la Révolution française. Dans cet ouvrage, beaucoup trop vanté en Allemagne, M. de Sybel s'est montré hostile k la Révolution française, qu'il est loin de juger avec sagacité et en parfaite connaissance de cause. Parmi ses autres ouvrages historiques, noas citerons : Formation de la royauté allemande (Francfort, 1845); la Nonauthenticité de la prétendue sainte robe de Trêves (Bonn, 1845, avec Gildmeister) ; le Soulèvement de l'Europe contre Napoléon /er (Munich, 1860); le Prince Eugène de Savoie (Munich, 1861) ; la Nation allemande et l'Empire (Dusseldorf, 1863) ; Opuscules historiques (Munich, 1863). On lui doit encore un grand nombre de brochures et de discours, entre autres : Sur les tories d'aujourd'hui ( Marbourg, 1846 ) ; Sur les rapports de nos universités avec la vie publique (Marbourg, 1847) ; Sur l'état de la nouvelle manière d'écrire l'histoire en Allemagne (Marbourg, 1856); Sur les nouvelles expositions de l'époque impériale en Allemagne (Munich, 1859); Sur les lois de la science historique (Bonn, 1867); Une étude sur Napoléon 11/(1873). On trouve aussi un grand nombre d'excellentes études du même auteur dans le Journal historique, qu'il a fondé en 1856.
Sybll ou les Deux nations, par M. Disraeli, membre du Parlement anglais (i 845). C'est un roman politique qui s'attaque k l'organisation politique tout entière, une protestation « contre le mensonge colossal de l'histoire d'Angleterre, despotisme prenant le nom de légalité, quelques grands seigneurs se substituant k tous, hypocrisie universelle, une fiction de liberté s'appuyant sur une fiction d'Eglise nationale, chimère et compromis énorme et universel ! • Une histoire aussi déplorable que l'histoire d'Angleterre, un aussi constant mensonge ont produit le résultat suivant : < Le pays, dit l'auteur,est partagé en deux nations, l'une très-riche et très-honorée, pleine de vices et de mollesse, habituée k l'oppression, rompue k tous les crimes, mais affaiblie par l'exercice de ces crimes ; l'autre couverte de haillons et puissante, vicieuse aussi, mais surtout avide de vengeance, n'attendant qu'une occasion favorable pour en finir avec l'autre, prélude k une conflagration universelle par des essais de chartisme et des conspirations de province; elle embrassera tôt ou tard son ennemi dans une étreinte mortelle et sanglante. Alors sera écrasée sa triomphatrice cruelle, l'aristocratie anglaise ; on la punira d'avoir effacé du livre de vie deux êtres, le
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roi et le peuple. Le roi et le peuple, unis pour reconquérir une double existence, auront pour aide, dans le sein de l'oligarchie elle-même, l'héroïque jeunesse , dépositaire des germes sains et des forces vives, cette jeunesse commandée par M. Disraeli et qui donnera le signal de la régénération sociale. » Telle est la donnée de Sybil.
La jeune Sybil, qui donne son nom au roman, descendante d'uue ancienne famille catholique, sert de symbole k cette communion, opprimée depuis deux siècles eu Angleterre, mais que l'exécration populaire a cessé récemment de poursuivre. Tout le groupe qui l'environne, spécialement Walter , Gérard, son père, et Stephen Morley, son amant, sont destinés k représenter les ennemis jurés de l'aristocratie anglaise; ici les passions et les rancunes qui se soulèvent contre des iniquités séculaires; lk le raisonnement et la philosophie sociale ligués pour renverser ou du moins entraver dans leur chemin les exploitateurs des vieux abus. Entre la jeune catholique, élevée au fond d'un cloître et habituée ' k partager 3a vie pauvre de son père, et le fils cadet d'une famille noble, le jeune Egremont, une liaison sympathique et innocente s'est établie; sentiment vague et obscur pour ceux mêmes qui l'éprouvent, mais qui sert de pi vota la fiction tout entière. Egremont résume en lui l'héroïque jeunesse appelée au combat par M. Disraeli. Après une adolescence étourdiment passée, il a conservé assez de vigueurdans l'âme pour avoir un dégoût des vices de son frère aîné, avare, égoïste, intrigant et millionnaire, qui voudrait lui faire contracter un mariage d'argent et qui refuse de payer les frais de son élection. Les domaines de la famille catholique, dont les litres, égarés par une série d'événements peu vraisemblables, ont disparu, sont devenus la propriété légale de lord Marney. Cependant, des complots chartistes se développent; le groupe catholique et socialiste qui entoure Sybil y prend une part active ; on l'écrase sans pitié et sans remords. Le seul Egremont, k la Chambre des communes, tente de réveiller les sympathies publiques en faveur des classes souffrantes, et le cœur de Sybil se laisse attendrir par cette démonstration généreuse. L'emprisonnement de Gérard, la découverte des titres qui l'ont dépossédé et qui le fontrentrer dans ses biens, enfin une émeute populaire, au milieu de laquelle Morley, le socialiste, et le suzerain égoïste, lord Marney, perdent la vie, terminent le roman par un coup de foudre, catastrophe pleine de sang et de poudre, digne du mélodrame. Sybil, mise par 1 honnête Morley en possession des titres de sa famille, les offre pour dot k Egremont, qui l'épouse et qui réconcilie avec l'aristocratie protestante, devenue généreuse, le catholicisme, le peuple, la bourgeoisie personnifiée par Sybil. Tel est le dénoûment de cette invective amëie contre les aînés et de cette magnifique apothéose des cadets.
Cette fable intéresse peu dans son développement. Elle pèche par le décousu, le défaut d'ensemble et le choc des éléments hétérogènes qu'elle amalgame. Une dissertation sur le ministère de M. Canning et sur le caractère de lord "Wellington vient étrangement après une conversation d'amour, de mémo que des argumentations Socialistes au milieu d'un cantique. Il y a lk un mélange d'affaires de cœur et d'affaires de portefeuille, de ministère et de clair de lune, de tendresse rêveuse et d'intrigues politiques qui se nuisent mutuellement. Cette sorte de roman n'est pas, comme l'ont avancé quelques critiques ignorants, une nouveauté en Angleterre ; mais elle révèle une originalité propre k l'auteur. C'est d'avoir mêlé et fondu tout cela dans un style oriental, où l'idylle pleure, la caricature grimace , où la croix des sépulcres catholiques s'élève sur les ruines d une manufacture protestante incendiée, ou la rêverie pâle glisse dans les nuages avec les morts, pendant que la satire amère montre du doigt les vivants. Néanmoins, il y a beaucoup de dissonances ; mais lo talent vif et marqué de l'auteur réussit le plus souvent à les dissimuler. M. Disraeli possède d'ailleurs essentiellement les deux grandes fibres du sentiment, celle du rire et celle des larmes; malheureusement, chez lui la corde vibre ou trop haut ou trop bas; avec une exagération toute méridionale, son style est un des styles les plus vifs, les plus ardents et les plus colorés de la littérature anglaise moderne ; un mérite plus grand encore, et très-réel, est son ardent amour de l'humanité. Comme écrivain, on ne peut nier sa force; comme politique, son œuvre pèche par la base. L'aristocratie anglaise ne se divise pas, comme il semble le croire, en deux classes, les purs et les impurs; si l'on admettait d'ailleurs cette distinction, il faudrait retremper les impurs datis une révolution. Or, c'est précisément pour rendre toute révolution impossible que 1 auteur écrit. Il sonne la trompette afin que tout reste bien tranquille, et, lorsqu'il a créé des héros, des Brutus, illes arme, non d'un glaive, mais d'une canne k pomme d'or. C'est une singulière inconséquence ; aussi préféronsnous M. Disraeli romancier à M. Disraeli, homme politique et tribun littéraire,
. SYBISTROME s. m. (si-bi-stro-me). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des brachystomes, tribu des dolichopodes, comprenant deux espèces qui habitent la France.
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SYCANE a. m. (si-ka-ne). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des réduviens, Tt'ilfii des réduviides, dont l'espèce type habite la Chine.
SYCÉPHALE s. m. (si-sé-fa-Ie — du gr. sun, avec; kephalé, tête). Tératol. Monstre qui a deux tètes confondues ensemble.
SYCÉPHALIE s. f. (si-sé-fa-lt — rad. sycéphale). Tératol. Conformation des sycéphales.
SYCÉPHALIEN, 1ENNE adj. (si-sé-fa-li-ain, i-è-ne — rad. syci'phale). Tératol. Se dit d'un monstre qui a deux tètes confondues ensemble : Monstre sycéphalien.
SYCÉPHALIQUE adj. (si-sé -fa-Ii-ke — rad. sycéphalie). Tératol. Qui appartient à la sycéphalie : Conformation sycéphalique.
SYCHAR s. m, (si-char). Moll, Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches , formé aux dépens des triforis, et dont l'espèce t3'pe se trouve k Malacca.
SYCH1NION s. m. (si-ki-ni-on). Bot. Genre do la famille des morées, réuni par plusieurs auteurs aux dorsténies.
SYCIOÏDE s. m. (si-si-o-i-de). Bot. Syn. de sicyos et de chayotu.
SYCIONIE s. f. ( si-si-o-nl ). Entom. V. si-
CYOME.
SYCIOT s. m. (si-ci-ô). Bot. Syn. de sicyos. SYCIOTE S. m. (si-si-o-te). Bot. Syn. de
SICYOS.
SYCOBIE s. m. (si-ko-bl — du gr. sukon, figue; bioà, je vis). Ornilh. Syn. de malimbe.
SYCOCÉRYLIQUE adj. (si-ko-sé-ri-li-ke — «lu gr. sukê, figuier, et de cérylique). G'him. Sii dit d'un alcool extrait de la résine d'un» espèce de figuier.
— Encyol. L'alcool sycocérylique C18H3<>0 est homologue avec l'alcool bu nzyliqueC7HsO et avec l'alcool cymyliquô C'l"ll140 ; on l'obtient en traitant l'acétate de sycocéryle par l'êlhylate de sodium , précipitant par l'eau et faisant cristalliser dans 1 alcool ordinaire; il forme des cristaux très-minces qui ressemblent à la caféine à 90° ; il fond en un liquide plus lourd que l'eau, et il se solidifie de nouveau à 1 état cristallin par le refroidissement; lorsqu'il a subi l'action d'une température élevée, il se prend, par le refroidissement, en une masse vitreuse qui devient cristalline au contact de l'alcool; il distille en partie indéeoinposé ; il est insoluble dans l'eau, l'ammoniaque aqueuse et les alcalis; l'alcool le dissout au contraire proinpteintnt. Une solution saturée k chaud se prend, par le refroidissement, en une masse cristalline semi-finide. Une solution dans l'alcool très-étendu donne, en se refroidissant, une gelée qui devient cristalline au bout d'un certain temps. La benzine, l'éther,le chloroforme et les parties volatiles du pétrole le dissolvent.
— Décomposition. îo L'acide azotique bouillant et étendu n'attaque que fort peu l'alcool sycocérylique; au bout de six heures, néanmoins, il se produit une résine d'un jaune foncé qui, lavée, desséchée et dissoute dans l'alcool tiède, donne des cristaux blancs et jaunes ; ces cristaux se dissolvent facilement dans l'ammoniaque et la potasse aqueuses ; une solution alcoolique d'acétate neutre de plomb les précipite, et ils sont probablement constitués par un mélange d'acide sycocérylique c'SIl^O2 et d'acide nitro-ij/cocéry/igue
C»8H«(AzO3)0*.
20 Une solution aqueuse étendue d'acide chromique n'a point transformé l'alcool sycocérylique en acide sycocérylique par une ébullition de huit heures; mais, dans une opération, on a obtenu des prismes neutres et déliés qui paraissent être l'aldéhyde sycocérylique C18H280.
30 L'alcool sycocérylique se dissout facilement dans l'acide sulturique concentré et forme une liqueur brune d'où l'eau précipite une résine visqueuse, sans qu'il reste en dissolution aucun acide sulfoeonjugué.
■4° Le chlore, le brome et l'iode attaquent aisément cet alcool. Avec l'iode, il se forme des cristaux jaunes.
50 Une solution d'alcool sycocérylique dans la benzine dégage de l'acide chlorhydriqiie à 00» sous l'influence du perchlorure de phosphore ; après que tout dégagement gazeux a cessé, si l'on retire le perchlorure resté inaltéré, qu'on lave la solution benzenique à l'eau alcaline et à l'eau et qu'on l'évaporé ensuite, on obtient un résidu amorphe, verdàtre, visqueux, facilement soluble' dans l'éther et le chloroforme, mais difficilement soluble dans l'alcool; dans une occasion, on a également obtenu des cristaux.
6° Le potassium jeté en fragments dans l'alcool sycocérylique fondu en dégage de l'hydrogène et se recouvre d'une croûte blanche, qui, chauffée jusqu'à son point de fusion, noircit et prend feu.
70 Sous l'influence de la potasse en fusion, l'alcool sycocérylique dégage de l'hydrogène sans se convertir en acide sycocérylique.
8° Avec le chlorure d'acetyle, cet alcool donne de l'acétate de sycocéryle, et, avec le uhlorure de benzoîle, il donne du benzoate de sycocéryle.
— Ethers sycocébyliques. Acétate sycocérylique C*H302(C>8HSâ). Cet éther est con-
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tenu, en même temps que lasycorétine, dans la résine du ficus rubiyinosa de la Nouvelle- Galles du Sud; pour l'obtenir on épuise la résine par l'alcool froid que dissout la sycorètine, et l'on traite le résidu par l'alcool bouillant; la solution bouillante abandonne, en so refroidissant, des cristaux d'acétate de eycocéryle ; les derniers de ces cristaux qui se déposent sont toujours mélangés avec une substance floconneuse, et si on laisse la solution se refroidir à 40°, qu'on retire le liquide par filtration, qu'on fasse recristalliser le résidu solide dans l'alcool bouillant et Qu'on traite le produit à 3û« pur une quantité (l'éther insuffisante pour le dissoudre en totalité, on obtient l'acétate sycocérylique pur, et il reste une substance cristalline neutre indissoute. L'acétate sycocérylique se produit aussi par l'action du chlorure d'acetyle sur l'alcool sycocérylique; mais comme jusqu'à ce jour l'alcool sycocérylique n'a point été ni préparé synthéliqueinent, ni retiré d'une source quelconque autre que son éther acétique, il est clair que îette seconde méthode de préparation n'est pas à employer.
. L'acétate sycocérylique se dépose de sa dissolution alcuolique eu lamelles minces qui ressemblent à la cholestérine ; la solution éthérée l'abandonne sous la forme de tables hexagonales aplaties. L'acétate de sycocéryle fond entre 118° et 120" et se solidifie au-dessous de 80» en une masse qui est d'abord transparente et qui devient ensuite opaque et cristalline; il distille sans s'altérer, li moins qu'on ne chauffe trop fort, auquel cas le produit de la distillation a une odeur de ranci et d'acide acétique ; il est cassant, neutie et devient électrique par le frottement; l'alcool chaud le dissout facilement ; il en est. de même de l'acide acétique, de l'acétone, du chloroforme, de l'éther, de lu benzine et de l'essence d( tèiébenthine; ses solutions ne sont précipitées ni par les solutions alcooliques d'acétate neutre de plomb, ni par les solutions alcooliques d'acétate neutre de cuivre.
L'acide azotique étendu et chaud résinifie l'acétate de sycocéryle; l'acide azotique fumant dissout cet éther; l'eau précipite des flocons jaunes amorphes de cette liqueur. L'acétate de sycocéryle se dissour facilement dans l'acide sulfurique concentré ; la liqueur brunit par le repos et répand des traces • d'acide sulfureux et de vapeurs d'acide acétique ; traité par l'eau, le mélange laisse se précipiter une substance dure, fusible audessous de 100°, difficilement soluble dans l'alcool et facilement soluble dans la benzine et le chloroforme. L'acétate sycocérylique forme des composés résineux avec le chlore, le brome et l'iode; les deux derniers de ces corps, njoutéspeu à peu aune solution alcoolique chaude de l'éther sycocéryl-acétique, donnent un composé brome ou iodé cristallisable, qui se dépose par le refroidissement. Cet éther n'est point attaqué par les solutions de potasse caustique, mais l'hydrate de potassium fondu le décompose avec dégagement d'hydrogène; l'éthylate de sodium le saponifie déjà à 90°, avec formation d'alcool sycocérylique et d'acétate de potassium.
— Benzoate de sycocéryle CHBOïfCiBH»).
On le prépare en dissolvant l'alcool sycocérylique dans le chlorure de benzoîle et en chauffant jusqu'à ce que tout dégagement gazeux ait cessé {k froid, il ne se dégagerait aucun gaz) ; on traite la masse cristalline qui se forme par le refroidissement par une solution aqueuse tiède de bicarbonate potassique, et on chauffe le^nêlange pendant plusieurs heures sans jamais dépasser 50* ou 60"; il se sépare ainsi un corps résineux, qu'on lave d'abord à l'eau tiède, puis à l'alcool bouillant, et qu'on dissout ensuite dans l'éther; la solution étherée abandonne des cristaux par le refroidissement; l'alcool bouillant dissout seulement des traces de cette substance cristalline, qu'il abandonne par le refroidissement sous la forme de petits cristaux reconnaissables au microscope. Le benzoate de sycocéryle ainsi préparé se dissout difficilement dans l'éther froid; la benzine et le chloroforme le dissolvent en toutes proportions et l'abandonnent en cristaux prismatiques par l'èvaporalion spontanée ; l'éthylate de sodium ne saponifie cet éther que par une ébullition prolongée; il se forme alors du benzoate de sodium et de l'alcool sycocérylique se régénère.
SYCOCRINE s. m. (si-ko-kri-ne). Echin.
Syn. de sycocrinite.
SYCOCBINITE s. m. (si-ko-kri-ni-te — du gr. sukon, figue ; krinon, lis). Eehin. Genre d'èchinodermes, du groupe des stellérides.
SYCOCYSTITE s. m. (si-ko-si-sti-te — du gr. sukon, ligué; kustis, vessie). Echin. Genre d'èchinodermes. du groupe des stellérides, tribu des cystidées, connu aussi sous le nom d'ÉCHiNospHÉRiTH.
SYCOMANCIE s. f. (si-ko-nian-sl — du gr. sukê, figuier; manieia, divination). Ancien genre de divination qu'on pratiquait par les feuilles du figuier, sur lesquelles on écrivait les questions dont on voulait avoir les réponses.
SYCOMANC1EN, 1ENNE S. (si-ko-man-siain, i-è-ne — rad. Sycomancie). Personne qui pratiquait la sycomancie.
SYCOMORE s. m. {si-ko-mo-re — lat. sy-
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comorun, mot qui représente le grec sukomdros, littéralement figuier-mûrier, àssukos, figuier, et de moros, lat. morus, mûrier). Espèce de figuier des bords de la Méditerranée : Le sycomore était fort commun dans l'ancienne Egypte. (Acad ) En Egypte, après l'embaumement, on enfermait les corps dans des cercueils faits de bois de sycomore, qui est presque incorruptible. (Buff.) Au bord d'une fontaine, au pied d'un lycomore, Des jours entiers assis, leur ennui les dévore. Sainte-Beuve.
Il Nom vulgaire de l'érable faux platane : L'érable SYC0MORB est une des plus Celles espèces du genre, (A. Dupuis.) Il Faux sycomore, Sycomore de Provencet Noms vulgaires de l'azédarach.
sycone s. m. (si-ko-ne — du gr. sukon, figue). Bot. Genre de fruits charnus, dont la figue, est le type, et qui est formé d'un réceptacle concave ou creux, plus rarement aplati, charnu à l'intérieur, sur lequel sont insérées les fleurs, ordinairement nombreuses et trèspetites.
— Encycl. Le sycone est constitué essentiellement par un réceptacle charnu, sur lequel sont insérées des Heurs hermaphrodites ou plus souvent unisexuées. Ce réceptacle peut affecter des formes ou plutôt des dispositions très-diverses ; c'est ainsi qu'il peut être convexe, ou plat, ou concave, ou enfin complètement creux, comme dans la figue, que l'on présente ordinairement comme le type et l'exemple le plus parfait de ce genre de fruit. Dans la figue, le réceptacle a la forme d'un sac, ne présentant au sommet qu'une petite ouverture, Iplus ou moins fermée par des écailles; dans la partie voisine de celle-ci sont des fleurs mâles, tandis qua les fleurs femelles se trouvent au fond. Malgré son apparence extérieure toute différente, le sycone est en réalité tout à fuit analogue à la sorose; celle-ci peut être comparée à un sycone retourné comme un doigt de gant,
SYCOPHAGE adj. (si-ko-fa-je — du gr. sukon, figue ; phagô, je mange). Zool. Qui se nourrit de figues.
— s. m. pi. Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des ehaleidiens, dont l'espèce type habite l'Angleterre.
SYCOPHANTE s. m. (si-ko-fan-te — gr.
sukophantes, proprement dénonciateur de figues fraudées, puis en général délateur, calomniateur; de sukê, figue, et de pliantes, celui qui fait voir; de phainein, voir, paraître. Les Athéniens avaient fait une loi qui punissait de mort ceux qui déroberaient les fruits d'un figuier consacré à Minerve, tandis que leurs dénonciateurs étaient récompensés.
Des méchants, pour obtenir la somme promise, volaient les figues et en accusaient ensuite les personnes qu'ils voulaient perdre. Le nom de sycophante, qui leur appartenait, fut ensuite appliqué à tout scélérat calomniateur et hypocrite. D'autres prétendent que l'exportation des lignes de i'Altique était prohibée sous peine de mort, et que le nom de sycophante était donné aux dénonciateurs de ceux qui se livraient à ce commerce prohibé). Fourbe, menteur, fripon, délateur, coquin : Dans les mains des sycophantes politiques, l'Etat devient comme ces fruits que l'on enfle de vent après en avoir exprimé le suc. (Ch. Nod.)
Guillot le sycophante approche doucement.
— Entom. Espèce de calosome.
— Encycl. Lesénat, aune époque ancienne, dit Plutarque, avait défendu par une loi d'exporter les figues de l'Attique; ceux qu'on trouvait en contravention étaient condamnés à une amende au profit du dénonciateur. Le ministère public n'existait pas en Grèce ; c'étaient les citoyens eux-mêmes qui intentaient des actions contre les violateurs des lois. Les sycophantes rendirent donc des services en dénonçant les coupables, et cela à leurs risques et périls, car ils devaient payer 1,000 drachmes s'ils n'obtenaient pas Je cinquième des suffrages. Malgré cette précaution de la loi, ce rôle pouvait devenir facilement abusif et odieux. On n'accusa que pour s'enrichir ou satisfaire des haines particulières. Il en résulta que, par extension, le nom de sycophante fut donné d'une manière générale aux calomniateurs et aux gens qui vivaient du produit de leurs; dénonciations. Aristophane ne laisse échapper aucune occasion de flétrir et de ridiculiser les sycophantes. Il parait que le métier n'était pas mauvais. « Ésiu laboureur? demande Chrémyle k un sycophante dans le Plutus. — Pas si fou. — Da quoi vis- tu donc en ne faisant rien? — Ja surveille les affaires publiques et privées. ■ L'euphémisme est plaisant. Dans les Acharniens, Diccopolis donne en échange à un Béotien une des denrées qu'Athènes, dit-il, produit en abondance, un sycophante empaqueté.
Diccopolis. J'ai ton affaire : prends-moi un sycophante bien emballé, comme de la poterie. Lu Béotien. Par Castor et Polluxl je gagnerais gros a ïu emporter un! Je le montrerais comme un singe plein de malice.
« Diccopolis. Tiens, voici justement Nicarque qui rôde.
Le Béotikn. Qu'il est petit I Diccopolis Mais il est tout venin. » On empoigne le sycophante, on le roule, on le ficelle comme un ballot, et le Béotien
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l'emporte. Est-ce qu'une scène semblable n'aurait pas encore aujourd'hui du succès autre part qu'à Athènes? Dans la ville que viennent de construire les oiseaux, à Néphélococcygie, on accourt se faire naturaliser, et un sycophante demande des ailes pour espionner plus activement de ville en ville et dénoncer devant les tribunaux athéniens les riches citoyens des lies sujettes.
« Peisthétairos. Joli métier I
Lb sycophante. Mais oui, dénicheur de procès! Et c'est pourquoi j'ai besoin d'ailes, pour voltiger autour des villes, et puis les citer en justice.
Peisthétairos. Citeras-tu mieux si tu us des ailes ?
Le sycophante. Non, mais je ne craindrai
filus les pirates, je reviendrai en l'air avec es grues, ayant avalé, en guise de lest, une provision de procès.
Peisthétairos. Voilà donc (on métier Quoi, un jeune homme, vivre de dénonciations!
La sycophante. Que faire ? Je ne sais pas labourer.
Peisthétairos. Mais, par Jupiter 1 à ton âge, on peut gagner sa vie plus honnêtement qu'à tramer des procès.
Le sycophante. L'ami, ce sont des ailes que je te demande, et non des avis
Peisthétairos. J'espère que nies paroles te donneront des ailes pour t envoler vers un état plus honorable.
Lk sycophante. Mais je ne veux pas, moi.
Peisthétairos. Que comptes-tu donc faire ?
Le sycophante. Ne pas déshonorer ma race; dans ma famille, nous sommes espions de père en fils. Donne-moi donc vite les uiles rapides de l'épervier, que je puisse citer les insulaires, soutenir ici l'accusation, puis retourner là-bas à tire-d'aile.
Peisthétairos. Je comprends ; ainsi l'étranger est condamné avant de comparaître.
Le sycophante. C'est cela même.
Peisthétairos. Et tandis qu'il se rend ici par mer, tu revoles vers les lies pour l'emparer de ses biens confisqués.
Le sycophante. Parfaitement
Peisthétairos, lui donnant des coups de bâlon. Hors d'ici, canaille! Tu sauras qu'il en cuit de moucharder les gens et de pervertir la justice. 1
Isocrate, de même qu'Aristophane, poursuivit énergiquement les sycophantes. « Il trouve contre eu*, dit M. E. Havet, des flétrissures presque égales à leur abjection. II a tracé, notamment à la fin du discours sur {'Antidosis, un portrait de cette espèce d'hommes vraiment achevé et ineffaçable. Il y manque cependant un trait qui ne se dessinait pas encore: c'est que le sycophante contient en lui le délateur, c'est-à-dire ce qui se présente de plus triste et de plus odiaux dans l'histoire. Le délateur du temps des Césars, c'est le sycophante sans la liberté. ■
SYCOPHANTIK s. m. (si-ko-fati-tain — rad. sycophante). Bouffon, parasite. Il Vieux mot.
SYCOPHANTISME s. m. (si-ko-fan-ti-sme — rad. sycophante). Caractère du sycophante.
SYCORAX s. m. (si-ko-rukss — du gr. sukon, figue; rax, grain). Entom. Syn. de psychode.
SYCORÉTINE s. f. (si-ko-ré-ti-ne — du gr. sukon, figue; rétive, résine). Chim. Partie soluble dans l'alcool froid de la résine que l'on extrait d'une espèce de figuier.
— Encycl. Traitée par l'alcool, la résine du ficus rubiginosa se réduit en 73 centièmes de sycorétine soluble dans l'alcool froid , en M centièmes d'acétate sycocérylique (v. Sycocérylique [alcool]) soluble dans l'alcool chaud et en 23 pour 100 de résidu consistant surtout en caoutchouc, sable et fragments d'ècorce.
Eu mélangeant avec l'eau la solution brun pâle et neutre obtenue au moyen de l'alcool froid, on précipite la sycorétine. que l'on peut rendre incolore par une série de dissolutions dans l'alcool froid et de précipitations par l'eau successives, La solution alcoolique saturée à froid de ce corps laisse déposer une petite quantité de substance cristallisée, et la sycorétine reste plus pure en solution. Par une précipitation fractionnée de cette solution au moyeu de l'eau, on peut diviser le corps en deux portions, dont l'une renferme 74.65 pour 100 de carbone et 10,11 pour 100 d'hydrogène, tandis que la seconde contient 77,89 pour 100 de carbone et 9,94 pour 100 d'hydrogène.
La sycorétine est amorphe, blanche, neutre, très-cassante et très-électrique. Elle fond dans l'eau bouillante en un liquide épais qui flotte à la surface. Elie fond au-dessous de 100»; elle est insoluble dans l'eau, les acides étendus, l'ammoniaque et les alcalis aqueux. Ni l'acétate neutre de plomb ni l'acétate de cuivre ne la précipitent de sa solution alcoolique. L'alcool, l'éther, le chloroforme et l'essence de térébenthine la dissolvent facilement.
La sycorétine se décompose à quelques degrés au-dessus de son point de fusion, se boursoufle, perd de l'eau et répand une odeur de cire^ Chauffée plus fortement, elle fond tranquillement et donne un produit distillé qui renferme de l'acide acétique et du goudron. 11 reste du charbon dans le vasa distillatoire. L'acide azotique l'attaque et la
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dissout à la température de l'ébullîtion. Cette solution traitée par l'eau donne un précipité qui est un composé nitré, soluble, avec coloration foricêe dans les alcalis aqueux et formant un composé expiosible avec la potasse. Dans cette réaction, il se forme un peu d'acide oxalique, mais pas d'acide picrique. La sycoréline se dissout dans l'acide sulfurique concentré en donnant une solution de couleur verte, sans qu'il se forme de sucre. L'eau précipite de cette liqueur une substance brune moins soluble que la sycoréline, La potaase caustique exerce sur la sycorëtine la même action que l'acide sulfurique concentré.
II est à peine besoin de montrer que la sy~ corétine ne possède aucune des propriétés qui permettent de reconnaître une combinaison définie, que c'est un simple mélange de plusieurs corps mal connus.
SYCOSE s. m, (si-kô-ze — du gr. &ukê, figuier). Bot. Syn. de sycokb.
— s. f. Pathol. V. sycosis.
SYCOSIS 3. m. (si-ko-ziss — du gr. sukon, figue). Pathol. Maladie éruptive de la face. Il On dit aussi sycose s. f.
— Encycl. Méd. Cette maladie est caractérisée par des éruptions successives de petites pustules acuminées , siégeant partout où il y a de la barbe, et secondairement par des engorgements tuberculeux, qui quelquefois donnent au visage un aspect difforme.
Le sycosis se développe plus fréquemment au printemps et a l'automne que dans les autres saisons ; il attaque presque exclusivement les hommes et surtout les hommes jeunes ou adultes, d'un tempérament sanguin ou bilieux et qui ont beaucoup de barbe. Cette maladie peut être déterminée par des causes locales directes : l'exposition prolongée à un air froid ou à une chaleur ardente et soutenue, double condition qui se présente souvent chez les cochers et les conducteurs, ainsi que chez les cuisiniers, les rôtisseurs et les fondeurs. Le contact habituel de matières pulvérulentes, de substances acres, l'application de topiques irritants sont également des causes locales du sycosis. Un attribue aussi une grande influence à la malpropreté et à l'emploi d'un rasoir sale et mal effilé, et c'est cette dernière cause, qualifiée par ces mots : le feu du rasoir, que presque tous les malades accusent. On croit même qu'il peut se transmettre par inoculation ; mais par cette voie, nous n'y croyons pas, malgré l'opinion de M. Bazin, et nous nous rangeons du côté d'Alibert, Rayer, Cazenave, Devergie et Rocbard, qui ne croient nullement à la contagion du sycosis par le rasoir contaminé. Toutes les causes éuumérées jusqu'ici ne sont que des causes secondaires, des causes prédisposantes. La véritable cause du sycosis est le développement d'un parasite végétal, le trychophyton, dans les bulbes pileux et les poils eux-mêmes.
Le sycosis débute généralement d'une manière insidieuse. Il est précédé par l'apparition, à de longs intervalles, de boutons qui n'ont qu'une durée éphémère et qui siégeât untre le3 poils de la barbe, aux lèvres, au menton, aux joues et, dans quelques cas trèsrares, entre les poils des sourcils et du creux axillaire ; puis ces boutons deviennent de plus en plus fréquents; ils prennent la forme de petites tubérosités rouges, infiltrées, de la grosseur d'une lentille à celle d'un pois et accompagnées d'un sentiment de chaleur et de tension ; leur sommet blanchit au bout de deux ou trois jours; il se remplit d'un pus blanc ou jaune et est alors transformé en une véritable pustule, qui s'ouvre vers .le cinquième jour et produit un léger suintement qui se convertit rapidement en une croûte brunâtre qui se détache très-facilement sans laisser aucune irace de son existence; puis de nouvelles pustules se forment, et cette fols on constate dans leur groupe une petite induration à leur base. Les croûtes produites par la suppuration sont de plus en plus abondantes et épaisses ; elles sont noirâtres, sèches, peu adhérentes. A leur chute, on voit Îioindre de nouvelles pustules qui parcourent es mêmes phases que les premières. Bientôt on peut juger des progrès de l'inflammation qui, s'étendant au tissu cellulaire sous-dermique, donne lieu à ces engorgements tuberculeux qui finissent par former de véritables nodosités. Le bulbe du poil participe à l'inflainmatioû, et alors les poils tombent dans un espace plus ou moins considérable. Quelquefois aussi, faute de soins, on voit des poux pulluler sur les croûtes et déterminer un prurit intolérable. Les malades ont un aspect repoussant et exhalent une odeur nauséabonde ou fétide, analogue a celle de l'urine de chat.
Le sycosis oflïe rarementune marche aiguft. Dans ces cas très-exceptionnels, il dure de douze à dix-huit jours. Le plus souvent sa inarche est chronique et alors sa durée est, en .général, très-longue et parfois indéfinio. Lorsque la guerison survient, on voit les engorgements tuberculeux s'affaisser peu à peu, les croûtes tomber, et les pustules, de plus en plus rares, ne reparaissent plus. Si le sycosis a été très-long à guérir, il laisse sur la peau des empreintes routes, violacées, offrant à leur surface une exfoliation épidermique. Les récidives du sycosis sont tres-fréquentes.
Le diugnostic de cette maladie est assez facile; car on ne peut confondre le sycosis
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qu'avec l'acné et l'impétigo. Or, dans l'impétigo, les pustules sont larges, aplaties et disposées en groupes; les croûtes sont larges, épaisses, jaunes, friables, humides; dans le sycosis, au contraire, les pustules sont discrètes, acuminées, et les croûtes sèches et brunâtres. Dans l'acné, les pustules sont plus superficielles, plus enflammées, ne suppurent que très-ineomplétement et ne donnent pas heu aux croûtes particulières du sycosis; enfin elle3 ont pour caractère essentiel d'être accompagnées d'une hypersécrétion de matière sébacée.
Le sycosis étant une des maladies cutanées les plus opiniâtres, il résiste souvent à tout traitement, quelque énergique qu'il soit. Alibert obtenait de très-bons effets en appliquant aux pustules dans leur plus grande vigueur le crayon au nitrate d'argent. Lorsque le menton était hérissé de pustules rougeâtres, enflammées, il prescrivait l'application locale de huit ou dix sangsues sur le siège même de l'irritation; il ordonnait en même temps des cataplasmes de farine de riz ou de semoule bouillie diins du lait, pour faire tomber les croûtes qui .souillent la partie malade et pour ramollir les incrustations qui engorgent le tissu de la peau. M. Cazenave, croyant que le sycosis est toujours de nature inflammatoire, semble ne vouloir le traiter que par les moyens antiphlogistiques, et ce n'est que très-exceptionnellement qu'il fait usage de topiques résolutifs. L'école parasitaire de M. Bazin, imbue des dangers que peut produire la présence d'un parasite végétal dans le follicule pileux, veut qu'on emploie des lotions, des pommades p&rasitiuides et l'épi— lation. Hébra prétend avoir obtenu quelques guérisons en cautérisant les différents tubercules avec de l'acide nitrique concentré ; mais le remède dans lequel il a le plus de confiance, c'est la pâte composée de soufre, de glycérine et d'alcool, appliquée matin et soir, après avoir procédé à l'épilation ; enfin le docteur Rochard rejette l'épilation, se contente de raser les poils et applique sur la partie malade la pommade à l'iodure de chlorure mercureux, qui lui donne d'excellents résultats.
SYCOTJQOE adj. (si-ko-ti-ke — rad. sycose). Pathol. Qui a rapport au sycosis, qui a les caractères du sycosis : Eruption sycotiq.uk.
SYCOZOÉs. m. (si-ko-zo-é — dugr. suJcon, figue; zôon, animal). Moll. Genre de tuniciers.
SYDENHAM, village d'Angleterre, à 9 kiloin. de Londres. Le laineux Palais de cristal, qui servit a l'Exposition universelle de 1851, y a été reconstruit dans de plus vastes proportions, pour servir à l'exposition permanente des produits des arts et de l'industrie. Cet édifice, terminé en 1854, se compose d'une nef principale de 536 mètres de longueur, large de 31 mètres et haute de 40, recouverte d'une voûte hémisphérique, avec un transsept de US mètres de longueur à chaque extrémité, de deux ailes latérales qui ont chacune 165 mètres, enfin d'une galerie de 250 mètres qui mène à la station du chemin de fer. On y compte 2,500 colonnes en fer creux, et le poids de ce métal employé au palais de Sydenham est évalué à 10,000 tonnes. Cet immense vaisseau renferme le musée de l'histoire entière du monde. Les collections les plus variées de machines, de produits manufacturés, d'antiquités, de tableaux, de statues, etc., garnissent les vastes galeries de cette espèce de Babel, dont la construction a coûté 35 millions de francs.
SYDENHAM (Thomas) , célèbre ' médecin anglais, né à Winford-Eagle, comté de Dorset, en 1624, mort à Londres en 1689. Il faisait ses études à Oxford, lorsque Charles Ier, en guerre avec le Parlement, s'empara de cette ville. Le jeune homme retourna dans sa famille, qui s'était prononcée contre la cause royale, puis se décida à étudier la médecine, revint à Oxford, où il prit le grade de bachelier (164a), et, de la, il alla passer son doctorat à Cambridge. Etabli à Londres, il y obtint de tels succès, qu'à l'âge de trente-six ans il avait la réputation d'un des premiers praticiens de l'Angletene. Comme il était attaché au parti républicain, il n'obtint aucune chaire ni aucun titre après la restauration des Stuaris. Sydenham se borna à la pratique de son art et à ses travaux scientifiques. Ses succès lui firent de nombreux ennemis, qui l'attaquèrent avec violence, sans qu'il daignât leur répondre. On lui a reproché, et cette fois avec raison, d'avoir quitté Londres pendant la terrible peste qui ravagea cette ville en 1665 et 1666 et de s'être soustrait par la fuite aux devoirs que lui imposait sa profession de médecin. A part cet acte de faiblesse, Sydenham se montra digne de l'estime publique par sa loyauté, la simplicité de ses mœurs et son grand savoir. A partir de 1686, il se vit, par suite de violents accès de goutte, dans l'impossibilité de continuer la pratique de son art et fut emporté par une attaque de choléra. Sydenham prit pour base de ses travaux l'expérience jointe au raisonnement. Doué d'une grande sûreté de coup d'ceil, il s'attaqua à l'un des sujets les plus obscurs sans contredit de l'art médical, à l'étude des épidémies, et ses travaux ont servi de modèle à tous ceux qui ont tenté de pénétrer le même mystérieux problème. Malheureu-
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sèment, il s'êlait fait une fausse idée du degré d'utilité des observations particulières; il les dédaigna et crut faire mieux en ne réunissant que des observations générales. Une foule d'auteurs qui n'avaient pas à beaucoup près au même degré que lui la faculté de voir juste et de voir profondément ont fait comme lui sous ce rapport; d'où il résulte que leurs écrits n'ont pas même l'avantage de fournir des matériaux utiles. Les œuvres de Sydenham réclament des lecteurs déjà formés et ne sauraient remplir les vues de ceux qui ont prétendu en faire un ouvrage classique. Sydenham, qui précéda Broussais dans 1 application de la méthode antiphlogistique, découvrit, dit-on, la meilleure manière d'administrer le quinquina dans les fièvres intermittentes, c'est-à-dire après l'accès. II inventa, en outre, la préparation de laudanum qui porte son nom. Dans les affections aiguës, il recommanda la saignée, les purgatifs, les vomitifs, les boissons délayantes; dans les affections chroniques, il recommanda les cordiaux, notamment te quinquina, les évacuants, l'exercice. C'est lui qui a établi ce grand fait d'observation que, lorsque plusieurs maladies sévissent ensemble dans une même année, il y en a presque toujours une qui prime les autres et exerce sur elles une influence notable. On doit à cet èminent praticien les ouvrages suivants : Methodus curandi fehres {Londres, 1666, in-4<>), excellent ouvrage réédité sous le titre de : Observationés medics (Londres, 1676, in-8°); De febribus posteriorwn amiorum et rkeumatismo ; de lue verterea (1680, in-8°): De variolis et morbo hysterico et hypochondriaco (1682, in-8°); De febre putrida variolis cou fluemibus supervenienle (1682, in-8°); De novs febris ingressu (16S6, iu-&o); Processus integri in omnibus [ère morbis curandis (1693, in-8°), souvent réédité. Les Œuvres complètes de Sydenham ont été publiées pour la première fois à Londres (1685, in-8°) et on les a fréquemment rééditées depuis. Elles ont été traduites en français par Jault (Paris, 1774, in-8°, et Montpellier, 1S16, 2 vol. in-go, avec notes).
SYDENHAM (Floyer), helléniste anglais, né en 1710, mort en 1787 ou peut-être en 1788. Il publia en 1759 : Proposition d'imprimer par souscription tes œuvres de Platon, traduites du grec en anglais, avec des notes explicatives et critiques et un nouvel argument en tête de chaque dialogue. Il commença la publication des premiers dialogues et fit paraître successivement : le Grand Bippias, le Petit Hippias (3 vol. in-l<>), puis les deux parties du Banquet (la se partie en 1767). Mais le public ne s intéressa pas à cette œuvre, et le malheureux littérateur, à bout de ressources, fut emprisonné pour dettes et mourut, dit-on, des suites de cette détention. Ce fut là ce qui détermina la fondation du Fonds littéraire, société de bienfaisance qui subsiste encore et qui accorde des secours aux écrivains de mérite sans fortune.
SYDENHAM (John), littérateur anglais, né à Poole eu 1807, mort en 1847. Il est l'auteur des ouvrages suivants : Histoire du comté de Poole (2 vol. in -8") et Dissertation sur l'ancienne figure colossale, présumée celtique, gui se trouve dans le Dorsetsaire, avec des observations sur le culte du soleil et du serpent (1841). Il édita et publia à Dorchester, en 1829, le florset Counly Chronicle; fut, de 1842 à 1846, le directeur du West Kent Guardian, et fonda à Poole un journal purement local, intitulé le Herald.
SYDNEY, ville de l'Australie, capitale de la colonie anglaise de la Nouvelle-Galles du Sud et chef-lieu du comté de Cumberland, avec un port de commerce sur la côte sud du magnifique Port-Jackson, par 33° 56' de latit. S. et 148° 30' de longit. E. La population de cette ville, fondée en 1788 par Arthur Philipp, qui devait établir une colonie pénitentiaire à Botany-Bay (10 kilom. S. de Sydney), était eu 184S de 38,358 hub.; en 1856, de 60,000'hab., et en 1S59, de 80,000 hab. On y compte aujourd'hui (1875) 130,000 âmes environ. Le port est un des plus beaux du inonde entier; il est éclairé par deux phares et divisé en deux parties, l'une destinée aux navires de guerre, l'autre aux bâtiments de commerce qui peuveiits'amairer k quai tout chargés; il offre une parfaite sécurité contre le mauvais temps. Presque tout le commerce de la Nouvelle-Galles du Sud est concentré au Port-Jackson ; ce commerce a atteint sou apogée depuis lu découverte des placers australiens. Après l'or, le produit d'exportation de la colonie le plus important est la laine, dont on expédie annuellement 10 millions de kilogrammes. L'exportation du suif est aussi uès-cortsidèrabie ; viennent ensuite le cuivre, les peaux de bœuf et de vache, les cornes, les huiles de baleine et de cachalot, la houille. Les principaux articles du commerce d'importation sont les eaux-de-vie, vins rouges et blancs, bougies, chaussures, soieries, baréges, draps, châles, passementerie, quincaillerie, armes à feu, bijouterie, fer, fleurs artificielles, instruments de musique, poisson salé, porcelaines, sel raffiné, verreries, etc. L'industrie a atteint k Sydney , dans ces dernières années, un développement dont ou n'avait pas l'idée en Europe et surtout en France; ou y compte un grand nombre de tanneries, de fabriques de savon et de chandelles, de fabriques de tabac, de fabri-
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3ues d'étoffes de laine, des moulins k farine, es brasseries, des distilleries, des fonderies, des poteries, etc. Les chantiers de construction de Sydney livrent annuellement à la marine environ zoo navires. L'industrie agricole du territoire de Sydney présente des résultats non moins surprenants. La beauté de son climat et la fécondité de son sol ont fait surnommer c«tte ville le Montpellier de l'Orient. La ville, située sur le revers de deux coteaux, est traversée dans toute sa longueur par un ruisseau dont les eaux contribuent a la propreté et k la salubrité de la cité. Sa position élevée, son port magnifique, ses quais, ses magasins et l'ensemble de ses édifices lui donnent un aspect imposant. Ses rues, bordées de maisons bien bâties, sont régulières, garnies de trottoirs, éclairées au gaz et sillonnées par de nombreux équipages, voitures et omnibus. Les magasins y ont la même élégance qu'à Londres et à Paris. Bref, cette ville, située presque aux antipodes de la métropole, est le produit le plus surprenant de la civilisation moderne, et pourtant elle devait, k son origine, servir de réceptacle aux membres gangrenés de la société anglaise. La puissance de I industrie, l'activité du commerce ont modifié ce plan; depuis 1841, Sydney ne reçoit plus de convictt (forçats). Parmi les édifices de la capitale de la Nouvelle- Galles du Sud, nous citerons : le palais du gouverneur, le palais de justice, la douane, la cathédrale de Saint-André, l'hôtel de ville, qui a coûta 5 millions, les casernes, le collège, l'école nationale, les écoles épiscopales presbytériennes et catholiques romaines, le musée, le jardin botanique et le théâtre. Mentionnons encore quelques beaux établissements de typographie, où s'impriment plusieurs journaux qui ne laissent rien à désirer.
SYDNEY, ville de l'Amérique anglaise du Nord, ch.-l. de l'Ile du Cap-Breton, sur une baie de son nom et à l'embouchure de la Darmouth, à 312 kilom. N.-E. d'Halifax; 4,000 hab. Uiuhes mines de houille aux environs. Fondée en 1785.
SYDNEY, nom de divers personnages anglais. V. Sidnby.
SYDOW (François-Guillaume), littérateur allemand, né en 1780, mort à Sondershausen en 1845. il fut capitaine dans l'armée prussienne et, après avoir pris sa retruite, vécut à Sondershausen. On a de lui les tragédies ; Die Fùistenbraut (Bamberg, 1822) et Wuldemar(Leipzig, 1844), et les ouvrages suivants : Freimaurensdie Gediehte ( Fieib. , 1816); Akazienbtuthen (Sondershausen, 1834); Der Weltbûrger (1830, 2 vol.); Die Junyfrau (1840, 2U édit.); Die Gattin (1836); Der Jûngling (1839) et les publications franc-maçonniques intitulées Astrâa J.LS24-1845). — Sa femme, Wilheltnine-Frédérique-Caroline Sydow, née Criboern, s'est fait connaître dans les lettres sous le pseudonyme de Isidore Grenau. Elle a publié des romans, parmi lesquels on cite : Opferblumen (Leipzig, 1829,
2 vol.); Die drei Freundinnen (Berlin, 1834) ; ^Kunigunde, Kônigin von Bôlimen (Leipzig,
1830, 2 vol.); Die Inselfa/irer (Leipzig, 1831, 2vol.);Z>i'e Verirlen (Sondershausen, 1843, S vol.); Wiihelmine von Arwid (Leipzig, 1850); Palme und Zoorbeer (Leipzig, 1858,
3 vol.).
SYDOW (Théodore-Emile de), géographe allemand, né à Freibergen 1812, mort à Berlin en 1S73. Fils du major Frédéric de Sydow, qui s'est fait connaître par des poésies et diverses productions en prose. Il montra, tout enfant, beaucoup de goût pour l'état militaire, entra en 1826 kl école divisionnaire de Berlin, fut promu lieutenant eu 1830 et, trois ans plus tard, devint professeur de géographie et de science militaire à l'école de la 8° division militaire, où, à partir de 1835, son enseignement se borna exclusivement à la géographie. Le manque de bons ouvrages élémentaires sur cette science le décida U entreprendre en 1838 la publication de Cartes murâtes, qui se distinguent par leur disposition méthodique, la sûreté et la netteté de leur dessin, ainsi que par l'ingénieux procédé que l'auteur y a employé pour indiquer les différences de relief du globe terrestre. Nommé, en 1843, membre de la commission d'exumeu militaire de Berlin, il entra en relation dans cette ville avec Alexandre de Hutnuoldt, Ritter et autres savants èminents, fut, en 1849, chargé d'enseigner la géographie au prince Albert et, peu de temps après, de faire des cours de géographie à l'Ecole militaire de Berlin. Promu au grade de capitaine en 1852, il quitta le service trois ans plus tard pour se consacrer entièrement aux études géographiques et se fixa à Gotha, où il collabora activement aux entreprises de Justus Pennes. Outre ses travaux purement cartographiques, ses rapports annuels Sur l'état de la cartographie en Europe, insères depuis 1856 dans les Communications de Petei inann, ont grandement contribué à lui acquérir la réputation d'un des meilleurs géographes de l'Allemagne contemporaine. Il rentra en 1860 dans l'armée prussienne, avec le grade de major de 1 état-major générai, reprit ses cours à l'Académie et, pendant lu guerre de 1866, rendit d'émjneuts services qui lui valurent le grade de lieutenant-colonel. L'année suivante, il a été promu colonel et placé à la tête de la division particulière
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de géographie et de statistique de l'état-major général. Parmi ses ouvrages cartographiques, qui ont obtenu plusieurs éditions et ont été traduits en plusieurs langues étrangères, nous citerons les cartes murales de la Terre en lï feuilles, de YEurope (9 feuilles), de YAsie(l2 feuilles), de l'Afrique (6 feuilles), de l'Amérique (10 feuilles), de l'Australie (6 feuilles), de l'Allemagne (9 'feuilles) ; puis Carie de la Thuringe et du Harz (Gotha, 1841); Allas nortatif méthodique pour l'élude scientifique de la géographie (Gotha, 1867, <e édit.); Atlas élémentaire (Gotha, 1867, 42 cartes, 20° édit.); Atlas oro-hydrogrophi-
?ue (25 feuilles); Atlas orographique (24 feuiles) ; Atlas hydrolopique (28 feuilles); Atlas hydrographique (27 feuilles), etc. On doit encore à M. de Sydow des Principes de géographie générale (Gotha, 1862) et un Coup a'œil sur les cartes les plus importantes de l'Europe (Berlin, 1S64). 11 a, en outre, fourni un grand nombre de mémoires à différents recueils et ouvrages encyclopédiques.
SYENE, nommée de nos jours Assouan, ville de l'Egypte ancienne, dans la Thébuïde, près de la frontière de l'Ethiopie. Les Egyptiens appelaient cette ville Souan (ouverture), d'où les Arabes tirent le nom nouveau Assouan. Cette ville dut son antique célébrité et son existence même à sa position sur la frontière de l'Egypte, près des cataractes du Nil, où les anciens, qui croyaient cette ville sous le tropique même, faisaient passer un de leurs principaux parallèles; un autre genre de célébrité lui vint des belles carrières de granit de couleur rose (appelé syénite, du nom de la ville) situées sur son territoire. Ce fut de ces carrières que les anciens pharaons tirèrent les immenses monolithes, taillés en statues, sphinx et obélisques, dont ils ornèrent leurs temples. Ces carrières étaient exploitées à ciel ouvert, et on y voit un obélisque qui n'est pas encore entièrement détaché de la masse granitique dans laquelle il fut taillé. Les noms des pharaons des différentes dyi.asties qui se trouvent gravés sur les rochers de ces carrières permettent de faire remonter l'existence de Syène à 2,800 ans av. J.-C. Les Romains, maîtres de l'Egypte, y tinrent trois cohortes pour garder la frontière de ce pays contre les invasions des Ethiopiens. Sous la domination arabe, qui changea le nom de cette ville, Syène fut florissante; mais, en 1402, une longue et cruelle famine, suivie de la peste, dépeupla cette ville, qui depuis cette époque n'est qu'une localité sans importance (v. Assouan). Au milieu des débris épars de l'ancienne Syène, on voit les restes informes d'un temple égyptien. C'est un petit quadrilatère carré, entouré d'une galerie dont il ne reste que l'embrasure de deux entre-colonnements, avec les chapiteaux et quelques blocs de l'entablement. Savari,sans aucune preuve, a prétendu que ces ruines sont les restes d'un observatoire où se trouvait le fameux nilomètre. La galerie avait été ajoutée postérieurement au sanctuaire du temple. Un tas de pierres informes marque la place , en avant du temple, d'un portique impossible k restituer. Ce temple est situé sur une hauteur qui dominait la ville antique au nord ; près de là est une allée plantée d'arbres, où les soldats de la République, lors de la campagne d'E-
fypte, mirent une colonne milliaiie avec cette umoristique inscription : Boute de Paris, n» onze cent soixante sept mille trois cent quarante.
SYÉNITE s. f. (si-é-ni-te — de Syète, ville d'Egypte où cette roche abondait). Miner. Roche composée de feldspath orihose, de quartz et d amphibole : La syÉkitb est un granit dont le mica est soutient remplacé par l'amphibole. (L. Figuier.)
— Encycl. La syénite appartient aux roches granitiques. Ses variétés sont : la syénite granitoîde, dans laquelle les éléments sont mélangés dans d'égales proportions ; la syénite porphyroïde, composée de gros cristaux d'orthose implantés dans une syénite commune ; la. syénite schislolde, àstructure feuilletée; elle est ù la syénite ordinaire ce que le gneiss est au granit; la syénite sirconienne, renfermant des cristaux de zircon engagés dans la masse ; la syénite oligoclasifêre, syénite à feldspath orthose et oligoclase ; la syénite mieaafère, contenant du mica et passant au granit. La syénite est généralement foncée, noirâtre ou verdâtre, quelquefois rouge de corail à cause du feldspath coloré en rouge qu'elle contient. L'histoire des syénites se confond avec celle des granits. Une grande partie de celles de lu Norvège reposent sur des schistes argileux, alternant avec des grès et des calcaires de l'époque silurienne. On a reconnu dans le Tyrol méridional des masses de syénite porphyroïde intercalées dans les terrains sédimentaires. La syénite sert aux mêmes usages que le granit; la plupart des monuments égyptiens ont été tuilJés dans cette roche.
SYÉNITIQUE adj. (si-é-ni-ti-ke — rad.
syénite). Geol. Qui contientde la syénite : Terrain SYÉNITJQUK.
SYEPOOEUTE s. f. (si-é-pou-ri-te — de Syepoor, nom de lieu). Miner. Sulfure de cobalt, ^ui est plus riche en cobalt que la coboldine, et qui a été ainsi appelé parce qu'on le trouve à Syepoor, près de Rajpootanah, dans l'Inde, où les bijoutiers l'emploient, diton, pour donner une couleur rose à l'or.
SYLL
SYKES (Arthur-Aghleg), théologien anglais, né à Londres en 16S4, mort dans la même ville en 1756. Il fit ses études à l'université de Cambridge et occupa plusieurs emplois ecclésiastiques. Ses principaux ouvrages sont : Essai sur la vérité de la religion chrétienne (1725, in-S°) ; Réflexions sur les principes et la connexion entre la religion naturelle et la religion révélée (1740, in-80) ; De quelle manière les papistes peuvent-ils être considérés comme des sujets fidèles (1740); Sur la nécessité d'améliorer tes lois concernant les papistes (1746).
SYKES (William-Henry)', mathématicien anglais, né à Londres en 1790. Il entra dans l'armée anglaise et devint officier dans l'Inde. Rappelé en Occident, il arriva au grade de colonel. En 1834, il fut appelé au gouvernement de la compagnie des Indes occidentales. Il faisait partie de l'Académie royale de Londres et il a inséré dans les mémoires de cette Académie plusieurs travaux, parmi lesquels on cite : Sur une théorie de relation de syzygétique de deux fonctions rationnelles, comprenant une application de la théorie des fonctions de Slurm et celle des plus grandes mesures communes algébriques (1853); Sur le mouvement et te repos des fluides (1838) ; Enumération des contacts des lignes et surfaces du second ordre (1854); Sur ta théorie des projectiles (1856); Sur la théorie ulyéôrique des points de dérivation des courbes du troisième degré (1858).
SYKHS, peuple de ITndoustan anglais.