‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 832 sur 1059 · V. Hugo · texte numérisé non relu

V. Hugo

« Je te plains, c'est vrai, dit Pierre; mais enfin, tu as, j'imagine, de quoi vivre grassement, même à Paris; pourquoi continuer?

qui t'y contraint? et si cela t'agace tant da gagner des raillions , fais comme l'antique Sylla de l'histoire, abdique au milieu de la pourpre. »

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• Le maître d'école remit à chacun de ses élèves, comme gage de son abdication, deux gros sous pour aller jouer au bouchon sur la place, où plus tard on le vit tranquillement se promener au milieu d'eux, comme Sylla dans les rues de Rome , après qu'il eut déposé les insignes de la dictature. ■

Jules Sandeau.

Sylla, tragédie en cinq actes, par de Jouy (Théâtre-Français, 27 décembre lSîl). L'abdication de Sylla est l'événement le plus étonnant de sa vie. Par bien des aôtés, son caractère se présente comme une énigme à l'historien moderne. Montesquieu a-t-il écrit un roman philosophique ou bien a-t-il entrevu la vérité dans 1 admirable Dialogue de Sylla et d'Eucrate? Que Sylla ait agi en homme de génie ou qu'il représente le crime heureux, sa figure n est pas sans grandeur. Sylla menaçant toutes les existences et cependant ne craignant rien pour la sienne, frappant le peuple comme un vil troupeau d'esclaves, mais conservant quelque choso de romain; Sylla, entouré de conspirateur!! et les laissant pénétrer jusqu'à lui, mais les faisant reculer par son ascendant; abdiquant enfin devant le peuple romain : ce personnage a une attitude singulière, qui étonne et séduit par son imposante originalité.

La grande difficulté du sujet était de présenter l'abdication du dictateur d'une manière a la fois dramatique et fidèle à l'histoire. Sylla, -vainqueur de tous ses ennemis, exerce dans Rome le pouvoir absolu ; aprè;; trois années de dictature, il multiplie les proscriptions, il signifie encore à des sénateurs une nouvelle liste de proscrits. Le sago Metellus en fait effacer un nom, tandis que Catilina y fait placer celui de l'un de ses rivaux, Clodius. Le comédien Roscius implore pour lui le dictateur, et Faustus, fils de Sylla, aussi républicain que son père est despote, s'efforce de ravir à la mort un ami. Sylla n'efface pas de la liste le nom qu'il y a placé, mais il consent à fermer les yeux sur la fuit.* de Clodius. Cependant celui-ci ne peut fuir ; Catilina l'assiège ; le malheureux ne peut trouver d'asile que dans le palais même de Sylla, dans l'appartement de Faustus ; et là, uu mépris de la vraisemblance, se trame contre les jours de Sylla un complot entre Clodius, Valérie, sa femme, et quelques chefsdu peuple. Sylla est instruit du complot; il mande Valérie, qui le menace et le brave ; il mande Clodius, qui ie brave à son tour. Clodius déclare au dictateur, disposé à l'épargner, qu'il ne disposera de sa liberté que pour l'assassiner. Sylla est obligé de le dévouer à la mort, et bientôt, en apprenant que Faustus a donné son appui au coupable, il frémit à l'idée de -voir la loi s'appesantir sur son propre fils.

1.» nuit est venue... Le sommeil serait doux a Sylla; mais des songes vengeurs le tourmentent... Les ombres de ses victimes l'enveloppent de tous côtés. Sylla endormi ressent les terreurs d'un tyran, isolé dans les ténèbres de la nuit et qui devient plus timide qu'un enfant. 11 entend, comme Macbeth ,*la voix sinistre : i Tu ne dormiras plusl... » Il se réveille, entouré de ses licteurs , et prend la résolution d'abdiquer. Après tant d'excès, il se dépouille de l'autorité suprême et rentre dans les rangs des simples citoyens, mais restant toujours Sylla, l'homme heureux, protégé dans sa retraite par une armée de partisans qui lui doivent leur fortune ou leur influence. Cette scène, bien qu'elle soit un peu brusquement amenée, est d'un effet dramatique et pittoresque.

L'action de cette tragédie déroule un petit nombre d'incidents; le deuxième et le troisième acte sont languissants; la partie faible de la pièce est la conspiration. L'auteur aurait mieux fait de mettre à la place un tableau des mœurs romaines de l'époque, Toute la tragédie repose sur le caractère de Sylla, et les autres manquent de force et de développement. La physionomie de Sylla se de;isino à grands traits par des mots historique i. Entouré d'odieux flatteurs, il montre dans ta vengeance Je calme d'un despote habitué à signer des arrêts de mort, une indifférence qui permet à un proscrit de vivre, qui ordonne à tel autre de mourir. Malgré les beautés de ce rôle, parsemé de traits énergiques, le caractère- de Sylla ne ressort pas

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avec un relief suffisant. L'auteur a fait usage d'innovations heureuses : le tableau imposant de l'abdication mis hardiment sur la scène; la scène où Clodius présente h Sylla le poignard dont il pourrait le frapper; la scène de la. proscription, où des rois humiliés, se mêlant aux courtisans, viennent se faire les clients d'un sénateur de Rome, offrent des situations frappantes. Des anachronismes de plus d'un genre se rencontrent dans la pièce. Le plus curieux, c'est celui qui donne à Sylla quelques traits du caractère de Napoléon ; le public sut trèsbien faire la part des allusions. Talma, qui figurait lui-même dans l'action sous le nom de Roscius, représentait Sylla, et, comme il ressemblait quelque peu à Napoléon, son art acheva de rendre l'illusion complète. La tragédie de Jouy eut un succès prodigieux.

Sylla {DIALOGUE De) «i d'Eucrate, par Montesquieu. V. DIALOGUE.

SYLLA ( Faustus Cornélius ). fils du précédent, né l'an de Rome 670, mort en 706. Il prit le parti de Pompée, combattit a la bataille de Pharsale, se joignit après la défaite à Caton d'Utique et, fait prisonnier au combat de Thapsus, fut mis à mort par ordre de Jules César.

SYI.LA (Publius Cornélius), consul romain, neveu du dictateur, mort en 45 av. J.-C. Elu consul en l'an 66, il vit son élection cassée pour cause d'intrigue et fut condamné comme coupable de corruption électorale.

Exaspéré par cette condamnation, il se jeta dans la conspiration de Catilina et dut la vie aux éloquents plaidoyers prononcés en sa faveur par Hortensius et par Cicéron. Sylla, dans la suite, s'attacha au parti de César et commanda à Pharsale l'aile droite de l'armée.

SYLLA (Cornélius Faustus), mort l'an 62 après J.-C. Il épousa l'an 5î Antonia, fille de Claude. Devenu par cette union suspect à Néron, il fut accusé d'attentat à la vie de l'empereur, exilé à Marseille, puis mis à mort.

SYLLABAIRE s. m. (sil-la-bè-re — rad, syllabe). Petit livre dans lequel les enfants apprennent à lire, et où les mots sont décomposés en syllabes. Il Partie d'un livre de lecture qui contient des exercices sur les syllabes.

SYLLABATION s. f. (sil-Ia-ba-si-on — rad. syllaber). Méthode de lecture qui consiste à faire diviser les mots en syllabes, au lieu de les décomposer en lettres, comme on fait dans l'épellation.

SYLLABE a. i. (sil-la-be — latin syllaba, mot qui représente le grec sullabè, proprement ce qui est pris en une seule émission de voix, du verbe sullambanein, prendre ensemble, qui est formé de «un, avec, et de lambanein, prendre. Le verbe sullambanein a pour corrélatif exact le latin comprehendere, de cum, avec, etprehendere, prendre). Gramm. Son parlé, formé par une seule émission de voix : Mot d'une, deux, trois syllabes. Vers de douze, de dix syllabes. Il prononce gravement et pèse sur toutes les syllabes. (Acad.) Les dignités ne sont que quelques syllabes de plus pour une épitaphe. (Clément XIV.) Quand le bouvreuil s'anime, il semble articuler cette syllabe répétée : tui, tui, lui. (Butf.) Quelle que soit l'augmentation d'une syllabe, elle ne détermine pas plus la nuance des sons que la largeur ou la pesanteur ne détermine ta teinte des objets, ou que la durée en musique ne détermine l'intervalle d'une note à une autre. (S. Dupuis.) L'orgueil et la vanité s'alimentent de si peu de chose, que des syllabes, un de suffisent pour les enfler. (Ch. Nod.) Apprendre à lire, c'est allumer du feu; toute syllabe épelée étincelle. (V. Hugo.) Le meilleur de tous nos vers lyriques est celui de neuf syllabes. (Castil-Blaze.) La langue latine recule l'accent tonique jusqu'à la syllabe antépénultième du mot. (E. Littré.) Vans la poésie, aucune syllabe n'est mangée, aucune n'est contractée en une autre. (E. Littré.) Dix syllabes par vers, mollement arrangées, Se suivaient avec art et semblaient négligées.

Voltaire, Il Syllabe, pure, Celle qui ne renferme qu'une simple voyelle, il Syllabe mixte ou composée, Celle qui renferme une diphthongue ou une triphthongue. Il Syllabe directe, Celle qui n'a qu une consonne simple précédant la voyelle. Il Syllabe inverse, Celle qui n'a qu'une consonne suivant la voyelle. Il Syllabe close ou fermée, Celle ou la voyelle est entre deux consonnes. Il Syllabe longue, Celle que l'on prononce avec un certain prolongement de son. Il Syllabe brève. Celle sur laquelle on passe rapidement en la prononçant, il Syllabe féminine, Celle dont la voyelle est un e muet, il Syllabe masculine, Celle dont la voyelle n'est pas un e muet.

— Parole, son articulé quelconque : Il ne lui a pas répondu une syllabe. Ce livre a été fait avec soin, on en a pesé toutes les syllabes. (Boss.) Il Rien, si peu que ce soit : Quoi! tu trouves tout cela dans ces gestes? — Je gagerais qu'il ne s'en faut pas une syllabe. (Brueys.)

Je n'inipose jamais de la moindre syllabe.

Boursault.

— Ane. mus. Consonnante de la quarte.

— Encycl. Gramm. C'est la voyelle ou la diphthongue qui constitue l'unité syllabique,

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car chaque voyelle et chaque diphthongue exigent une émission de voix particulière, et, par conséquent, il est manifestement impossible de prononcer plusieurs voyelles sans avoir plusieurs émissions tre voix et, par conséquent, plusieurs syllabes. Les diphthongues, il est vrai, qu'elles soient propres ou impropres, sont généralement représentées par deux ou plusieurs voyelles ; elles le sont même toujours dans notre langue. Mais bien qu'elles forment un son composé, du moins les diphthongues propres, elles n'exigent, en réalité, qu'une seule impulsion de voix, et, par conséquent, elles peuvent, aussi bien que la voyelle, constituer 1 unité syllabique. Quant aux diphthongues communément appelées impropres, comme au, ou, elles représentent réellement un s'on mixte et sont de véritables voyelles. Certaines réunions de voyelles sont considérées comme formant diphthongue en prose et dans la conversation, tandis qu'en vers on les prononce en deux émissions de voix ; dans le premier cas, il n'y a qu'une syllabe; dans le second, il y en a deux. V.

DIPHTHONGUB.

S'il ne peut exister dans chaque syllabe qu'une seule voyelle véritable ou qu'une seule diphthongue, la même limite n'est pas fixée à l'emploi des consonnes. Celles-ci sont, en effet, susceptibles de se grouper en nombre plus ou moins considérable pour accompagner une émission unique de la voix.

Chaque langue a, dans l'emploi combiné de ses consonnes, des alliances qu'elle affectionne plus particulièrement. Toutefois, on a remarqué que les peuples méridionaux ont en général une tendance naturelle à multiplier les syllabes par l'interposition des voyelles entre les consonnes, tandis que ceux du Nord ont la tendance opposée et compliquent volontiers leurs syllabes par l'accumulation des consonnes autour d'une même voyelle.

Les liquides sont, de toutes les consonnes, celles qui paraissent se combiner le plus facilement pour la formation des articulations Composées. Ainsi, en français, les lettres

I etr- forment le second élément de la plus grande partie de nos consonnes doubles, comme dans pr, pi, tr, il, cr, cl, fr, fl, etc. Le s se combine avec une facilité presque égale , mais avec cette différence qu'il forma généralement le premier élément des groupes auxquels il appartient, comme sp, st, se.

II se trouve aussi comme second élément, ainsi que la douce analogue s, dans la décomposition de la consonne double x qui s'analyse tantôt en fts et tantôt en gz.

Lorsqu'il y a plusieurs consonnes de suite au milieu d'un mot, on est souvent embarrassé pour savoir à laquelle des syllabes se rattache chacune des consonnes. Les opinions sont très-partagées là-dessus.

Cependant, on est assez généralement d'accord pour ne jamais séparer le l et le r des consonnes qui les précèdent ; de même on ne sépare jamais ch, ph, th, gn, etc.

Avec les autres assemblages de consonnes, au contraire, la première consonne est considérée comme faisant partie de la première syllabe, et la seconde de la suivante, comme dans ar-mer, cesser, ac-teur, etc.

Cette doctrine est rejetée par d'autres grammairiens, qui prétendent que les consonnes qui ne peuvent se joindre ensemble au commencement d'un mot ne s'y joignent pas au milieu, mais que les consonues qui se peuvent joindre ensemble au commencement se doivent aussi joindre au milieu. Cette opinion offre dans la pratique d'assez grandes difficultés; aussi n'est-elle pas la plus suivie.

Ojl appelle mo?iosyllabes les mots d'une seule syllabe; dissyllabes, ceux de deux syllabes; trissyllabes, ceux de trois, et, en général, polysyllabes ceux qui en ont plusieurs, quel qu'en soit le nombre.

La syllabe pure est celle qui ne renferme qu'une seule voyelle. Les Hébreux donnent le même nom à celle qui se termine par une voyelle.

La syllabe mixte ou composée est celle qui renferme une diphthongue, et, chez les Hébreux, celle qui se termine par une lettre mobile.

La syllabe directe est celle qui n'a qu'une consonne au commencement, comme ba, de, po.

La syllabe inverse est celle qui n'a qu'une consonne a la fin, comme ai, ac, ad.

La syllabe close ou fermée est celle où la voyelle est entre deux consonnes, comme dans sel, fil, car.

Nous ne rapporterons pas ici la distinction des syltubes physiques et des syllabes artificielles, admise par Beauzée et plusieurs grammairiens du dernier siècle, non plus que Celle des syllabes usuelles complexes ou incomplexes et simples ou composées, car toutes ces distinctions reposent sur des caprices de l'imagination; elles sont absolument arbitraires et n'ont ni raison d'être ni utilité sérieuse.

La prosodie, dans toutes les langues, reconnaît des syllabes longues et des syllabes brèves.

La syllabe longue est celle que l'on prononce en prolongeant le son. On a dit qu une syllabe peut être longue de deux manières, premièrement par sa durée, et secondement par l'effet d'une pause placée après elle.

La syllabe brève est celle sur laquelle on passe rapidement dans la prononciation.

Dans la prononciation, certaines syllabes doivent recevoir une intonation particulière

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qui constitue l'accent. Vossius et Creuzer ont cru que cet accent, qui jouait un grand rôle chez les Grecs et les Latins, était basé sur la quantité et que la syllabe sur laquelle il portait était toujours longue. Bœckh a été d'avis qu'il ne consistait que dans la force et l'intensité du son. Hermann. Matthias et quelques autres ont pensé qu'il devait avoir un caractère musical. Chez les modernes, il y a tendance à reconnaître l'essence de l'accent dans le degré particulier de force employé à l'émission de certaines syllabes.

Thomas Sheridan, le père du célèbre orateur anglais, a essayé d'établir que la syllabe accentuée est longue si l'accent porte sur la voyelle, et brève s'il porte sur la consonne,

La disposition ou la consonnance des syMabes sont, dans un grand nombre de langues, une des principales bases de la versification. Quelques peuples, comme les Grecs et les Latins, ne comptent pas les syllabes dans leurs vers ; ils les pèsent et disposent dans une symétrie harmonieuse une succession fixe de longues et de brèves, donnant surtout une grande attention à la place des syllabes accentuées, et d'autres, au contraire, comme les Français, se contentent de compter le nombre des syllabes et d'établir une symétrie de son entre les syllabes qui terminent les vers ; comme le nombre des syllabes fait la mesure des vers français, il serait à souhaiter qu'il y eût des règles fixes et certaines pour déterminer le nombre des syllabes de chaque réunion de voyelles; mais on n'a jamais pu s'entendre à ce sujet, et d'ailleurs l'usage a plus d'une fois varié. La lecture des bons postes est le meilleur guide que l'on puisse consulter.

SYLLABER v. a. OU tr. (sil-la-bé — rad. syllabe). Assembler en syllabes : SyllabER des lettres. .

— Absol. : Cet enfant commence à SYllaber.

SYLLAB1CO-IDÉÔGRAPHIQUE adj. (silla-bi-ko-i-dè-o-gra-fi-ke — de.s^aWû'ueetde idéographique). Philol. Qui est syllaDique et idéographique à la fois : Ecriture SyllaBicO-

IDÉOGRAPHIQCE.

SYLLABIQUE adj. (sil-!a-bi-ke — rad. syllabe). Gramm. Qui a rapport aux syllabes ; qui se compose de syllabes : Un mot est tin tout Syllabique. (Darjou.) Il Diphthongue syllabique, Celle qui fait entendre en une seule syllabe les deux voix consécutives qui forment la diphthongue. Il Valeur syllabique, Proportion de la durée d'une syllabe à celle d'une autre syllabe, il Augment syllabique, Augment des verbes grecs, qui consiste dans l'addition d'une syllabe avant le radical.

— Prosod. Vers syllabiques, Vers dans lesquels la mesure est déterminée par le nombre des syllabes, et non par leur valeur.

— Philol. Ecriture syllabique, Ecriture dans laquelle chaque syllabe est représentée par un seul caractère.

— Mus. Chant syllabique, Chant dans lequel chaque note répond à une syllabe.

SYLLABIQUEMENT adv. (sil-la-bi-ke-man — rad. syllabique). Gramin. D'une maniera syllabique, par syllabes.

SYLLABISATION s. f. (sil-la-bi-za-si-on — rad. syllabiser). Division par syllabes : Certains pédagogues recommandent la syllabi- 6ATIOH et proscrivent l'épellation.

SYLLABISER v. a. ou tr. (sii-la-bi-zé — rad. syllabe). Diviser par syllabes.

SYLL/VBISME s. m. (sil-la-bi-sme — rad. syllabe). Philol. Système d'écriture dans lequel chaque syllabe est représentée par son signe propre.

SYLLABUS s. m. (sil-la-buss — mot lat. qui signif. proprementsommriî'revdiigr. sun, avec, et lumbanô, je prends. V. syllabe). Dr. canon. Enumération sommaire des points décidés dans un acte de l'autorité ecclésiastique : Le syllabus de l'encyclique de 186-1.

— Encycl. Syllabus de 1864. Le 8 décembre 1864 partait du Vatican une proclamation pontilicale qui, dès son apparition, eut un retentissement considérable et produisit un grand effet. Nous voulons parler de l'encyclique Quanta cura. Souffrant impatiemment bis idées de la majeure partie de son royaume, irrité autant contre les princes qui l'avaient laissé dépouiller que contre les spoliateurs eux-mêmes, furieux in petto contre le gouvernement français, dont l'intervention a Rome lui garantissait pourtant la conservation de ce qui lui restait de territoire, ennemi de ces principes du droit public moderne : la souveraineté populaire, l'indépendance nationale, la liberté politique et religieuse, qui, malgré tout, avaient été le motif fondamental de la guerre de 1859 à 1860 et avaient triomphé avec les troupes italiennes et surtout avec les admirables volontaires du héros Garibaldi, Pie IX exhalait son ressentiment dans cette longue bulle, dont les termes égalaient en violence et dépassaient quelquefois en anathèine les bulles et les lettres apostoliques les plus furibondes des papes ses prédécesseurs.

L'encyclique proprement dite, qui n'était qu'un préambule, exposait les motifs et résumait déjà les doctrines modernes que la papauté voulait proscrire. Eie IX, sans y faire aucune mention formelle des événements accomplis pendant les années précédentes, mais avec de continuelles allusions, faisait le pro-

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ces du libéralisme et de tout progrès; puis venait le syllabus, c'est-à-dire rénumération méthodique de toutes les propositions qu'il frappait d'anathème. Ce résumé était divisé en dix sections et comprenait quatre-vingts articles qualifiés Erreurs principales de notre temps. Chaque article était suivi de l'indication d'allocutions eonsistoriales, d'encycliques et d'autres lettres apostoliques antérieures du même Pie IX, par lesquelles la proposition avait déjà été condamnée.

L'encyclique, adressée à toutes les Eglises et promulguée par l'autorité papale selon toutes tes conditions de Vex calkedra, contenait et aiuithêmatisait elle-même, entre autres propositions, les suivantes :

« Que le meilleur mode de société publique et te progrès civil demandent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans qu'il soit tenu aucun compte de la religion, pas plus que si celle-ci n'existait pas, ou au moins sans qu'il soit fait de différence entre la vraie religion elles fausses. » Condamnation dont la conséquence est la nécessité d'une religion d'Etat, qui ne doit être que la religion catholique.

■ Que la meilleure condition de société est celle dans laquelle on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de coercition (coercendi) par la sanction des peines contre les violateurs de la religion catholique, si ce n'est autant que la paix publique le demande. » Condamnation qui implique la vieille théorie théocratique de l'emploi de la force par les gouvernements pour faire observer les pratiques de la religion catholique.

• Que la liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme, qui doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien constituée , et que les citoyens ont droit à toute liberté de manifester et déclarer hautement et publiquement, soit par la parole, soit par la presse, soit d'une autre manière, leurs croyances, quelles qu'elles soient, sans qu'aucune autorité ecclésiastique ou civile puisse l'enchaîner. • Condamnation qui n'est autre que celle de 1» liberté de conscience, du culte et de lu presse.

• Que la volonté du peuple, manifestée par l'opinion publique, comme ils l'appellent, ou d'une autre manière, constitue la loi suprême indépendante de tout droit divin et humain, et que les faits accomplis dans l'ordre politique, par cela même qu'ils sont accomplis, ont force de. droit. ■ Condamnation dont le vrai sens intentionnel est le rejet même delà souveraineté du peuple.

■ Qu'à l'Eglise ne revient pas le droit d'exercer coercition par peines temporelles sur les violateurs de ses lois. » Condamnation qui équivaut k déclarer que l'Eglise peut employer la contrainte par corps à tout degré pour forcer les hommes k pratiquer ses commandements.

Quant au Syllabus, nous en donnerons le texte complet pur et simple. Ce document eut, avons nous dit, k son apparition, un immense retentissement ; les questions qu'il résout ont servi de canevas aux délibérations du concile œcuménique qui s'est réuni au Vatican en 1869-1870.

Voici la traduction du Syllabus faite par M. l'abbé Le Noir :

Syllabus

(En français Itésumé) Renfermant les principales erreurs ce notre temps qui sont signalées dans lus allocutions consi5toriales, kncycjj-

(iUES ET AUTRES LETTÏllïS APOSTOLIQUES DU H. T.-S. P. LE PAPE Plis IX.

g 1. Panthéisme, naturalisme et rationalisme absolu.

L 11 n'existe aucun litre divin, suprême, parfait dans sa sagesse et sa providence, qui soit distinct de l'universalité des choses ; Dieu est identique à la nature des choses, par conséquent sujet aux changements; Dieu, par <ielu même, se fait dans l'homme et dans le monde, et tous les êtres sont Dieu et ont la propre substance de Dieu. Dieu est ainsi une seule et même chose avec le inonde, et par conséquent l'esprit avec la matière, la nécessité avec la liberté, le vrai avec le faux, le bien avec le mal et lu juste avec l'injuste.

II. On doit nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde.

III. La raison humaine, considérée sans aucuu rapport a Dieu, est l'unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal ; elle est à elle-même sa loi et suffit, par ses forces naturelles, pour procurer le bien des hommes et des peuples.

IV. Toutes Jes vérités de la religion dérivent de la force native de la raison humaine ; d'où il suit que la raison est la règle principe par laquelle l'homme peut et doit acquérir la connaissance et toutes les vérités (le toute espèce.

V. La révélation divine est imparfaite et, par conséquent, sujette à un progrès continuel et indéfini qui réponde à la progression de la raison humaine.

VI. La foi du Christ est en opposition avec lu raison humaine, et la lévélulion divine non-seulement ne sert do rien, mais encore nuit à la perfection de l'homme,

VII. Les prophéties et les miracles exposés et racontés dans les saintes Ecritures sont des fictions poétiques, et les mystères de la foi chrétienne sont le résumé d'investiga-

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tions philosophiques; dans les livres des deux Testaments .sont contenues des inventions mythiques, et Jésus-Christ lui-même est un mythe. -

§ 2. Rationalisme modéré.

Vin. Puisque la raison humaine est égale à la religion elle-même, les sciences théologiques doivent être traitées comme les sciences philosophiques.

IX. Tous les dogmes de la religion chrétienne, sans distinction, sont l'objet de la science naturelle ou philosophique, et la raison humaine n'ayant qu'une culture historique peut, de ses principes et par ses forces naturelles, s'élever à une vraie connaissance de tous les dogmes, même les plus cachés, pourvu que ces dogmes aient été proposés a la raison comme objet.

X. Comme autre chose est le philosophe et autre chose la philosophie, celui-là a le droit et le devoir de se soumettre à une autorité qu'il a reconnue lui-même être vraie; mais le philosophe ne peut uï ne doit se soumettre à aucune autorité.

XI. L'Eglise, non-seulement ne doit jamais sévir contre la philosophie, mais elle doit tolérer les erreurs de la philosophie et lui abandonner le soin de se corriger elle-même.

XII. Les décrets du siège apostolique et des congrégations romaines empêchent le libre progrès de la science.

XIII. Les méthodes et les principes d'après lesquels les anciens docteursîscolastiques ont cultivé la théologie ne conviennent pas du tout aux nécessités de notre temps et au progrès des sciences.

XIV. On doit s'occuper de philosophie, sans tenir aucun compte de la révélation surnaturelle.

g 3. Indiffërentisme, latitudinarisme.

XV. Il est libre à choque homme d'embrasser et de professer telle religion qu'il croira réputée vraie, guidé par la lumière de la raison.

XVI. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le Salut éternel dans le culte de toute religion.

XVII. Au moins doit-on bien espérer du salut éternel de tous ceux qui ne sont en aucune manière dans la véritable Eglise du Christ.

XVIII. Le protestantisme n'est pas autre chose qu'une forme diverse de la vraie religion chrétienne, forme dans laquelle on peut être agréable à Dieu aussi bien que dans l'Eglise catholique,

§ 4. Socialisme, communisme, sociétés

secrètes, sociétés bibliques, sociétés

clérico-libérales.

Ces sortes de pestes sont a plusieurs reprises frappées de sentences formulées idans les termes les plus graves par les encycliques. (Suit leur énumération.)

§ 5. Erreurs relatives à l'Eglise et à sesdroits.

XIX. L'Eglise n'est pas une vraie et parfaite société pleinement libre; elle ne jouit pas de ses droits propres et constants que lui a conférés son divin fondateur; mais il appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l'Eglise et les limites dans lesquelles elle peut les exercer.

XX. La puissance ecclésiastique ne doit pas exercer son autorité sans la permission ei l'assentiment du gouvernement civil.

XXI. L'Eglise n'a pas le pouvoir de définir dogmatiquement que la religion de l'Eglise catholique est uniquement la vraie religion.

XXI I. L'obligation qui pèse sur les maîtres et les écrivains catholiques se borne aux choses qui sont proposées par le jugement infaillible de l'Eglise comme dogmes de foi devant être crus par tous.

XXUI. Les pontifes romains et les conciles œcuméniques se sont écartés des limites de leur pouvoir; ils ont usurpé les droits des princes et ils ont même erré dans les définitions relatives k la foi et aux mœurs.

XXIV. L'Eglise n'a pas le pouvoir d'employer la force; elle n'a aucun pouvoir temporel direct ou indirect.

XXV. En dehors du pouvoir inhérent à l'épiscopat, il y a un autre pouvoir temporel qui lui a été concédé ou expressément ou tacitement par i'autorité civile, révocable par conséquent à volonté par cette autorité civile.

XXVI. L'Eglise n'a pas le droit naturel et légitime d'acquérir et de posséder.

XXVII. Les ministres sacrés de l'Eglise et le pontife romain doivent être exclus de tout soin et domaine des choses temporelles.

XXVIII. Il n'est pas permis aux évêques de publier même les lettres apostoliques sans la permission du gouvernement.

XXIX. Les grâces accordées par le pontife romain doivent être regardées comme nulles si elles ne sont pas demandées par l'entremise du gouvernement.

XXX. L'immunité de l'Eglise et des personnes ecclésiastiques tire son origine du droit civil.

XXXI. Le for ecclésiastique, pour les procès temporels des clercs, soit au civil, soie au criminel, doit être absolument aboli, même sans consultation du siège apostolique et malgré ses réclamations.

XXXII. L'immunité personnelle en vertu de laquelle tes clercs sont exempts de subir et d'exercer la milice peut eue ubru-

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gée sans aucune violation de l'équité et du droit naturel. Le progrès civil demande cette abrogation, surtout dans une société constituée d'après une législation libérale.

XXXIII. Il n'appartient pas uniquement, par droit propre et inné, à la juridiction ecclésiastique de diriger l'enseignement des choses théologiques.

XXXIV. La doctrine de ceux qui comparent le pontife romain à un prince libre et exerçant son pouvoir dans l'Eglise universelle est une doctrine qui a prévalu au moyen âge.

XXXV. Rien n'empêche que par sentence d'un concile général, ou par le fait da tous les peuples, le souverain pontificat ne soit transféré de l'évéque et de la ville de Rome à un autre évêque et à une autre ville.

XXXVI. La définition d'un concile national n'admet pas d'autre discussion, et l'administration civile peut traiter toute affaire dans ces limites.

XXXVII. On peut instituer des Eglises nationales soustraites k l'autorité du pontife romain et pleinement séparées de lui.

XXXVIII. Trop d'actes arbitraires de la part des pontifes romains ont poussé à la division de l'Eglise en orientale et en occidentale.

§6. Erreurs relatives à la société civile,

considérée soit en elle-même, soit dans

ses rapports avec l'Eglise.

XXXIX. L'Etat, comme étant l'origine et la source de tous les droits, jouit d'un droit qui n'est circonscrit par aucune limite.

XL. La doctrine de l'Eglise catholique est opposée au bien et aux intérêts de la société humaine.

XLI. La puissance civile, même quand elle est exercée par un prince infidèle, possède un pouvoir indirect négatif sur les choses .sacrées. Elle a, par conséquent, non-seulement le droit qu'on appelle h'exequatur, mais encore le droit qu'on nomme d'appel comme d'abus.

XLII. Au cas d'un conflit de lois entre les deux pouvoirs, le droit civil prévaut.

XI. 111. La puissance laïque a le droit de Casser, de déclarer et de rendre nulles les conventions solennelles (vulgairement concordats) conclues uvec le siège apostolique, relativement à l'usage des droits qui appartiennent à l'immunité ecclésiastique, sans le consentement de ce siège, et même malgré ses réclamations.

XL1V. L'autorité civile peut s'immiscer dans les choses qui regardent la religion, les mœurs et le régime spirituel , d'où il suit qu'elle peut juger des instructions que les pasteurs de l'Eglise publient, d'après leur charge, pour le règlement des consciences ; elle peut même décider sur l'administration dus sacrements et les dispositions nécessaires pour les recevoir.

XLV. Toute la direction des écoles publiques dans lesquelles la jeunesse d'un Etat chrétien est élevée, si l'on en excepte, dans une certaine mesure, les séminaires épiseopaux, peut et doit être attribuée à l'autorité civile, et cela de telle manière qu'il ne soit reconnu k aucune autre autorité le droit de s'immiscer dans lu discipline des écoles, dans le régime des études, dans la collation des grades, dans le choix ou l'approbation des maîtres.

XLVI. Bien plus, même dans les séminaires des clercs, la méthode k suivre dans les études est soumise à l'autorité civile.

XLVII. La bonne constitution delà société civile demande que les écoles populaires qui sont ouvertes à tous les enfants de chaque classe du peuple et, en général, que toutes les institutions publiques destinées aux lettres, à une instruction supérieure et k soigner l'éducatioD de la jeunesse soient affranchies de toute autorité de l'Eglise, de toute influence modératrice et de toute ingérence de sa part, et qu'elles soient pleinement soumises à la volonté de l'autorité civile et politique, suivant le bon plaisir des gouvernements et le niveau des opinions générales de l'époque.

XLVIII. Des catholiques peuvent approuver un système d'éducation en dehors de la foi catholique et de l'autorité de l'Eglise, et qui n'ait pour but, ou du moins pour but premier, que la connaissance des choses purement naturelles et la vie sociale terrestre.

XLIX. L'autorité civile peut empêcher les évêques et les fidèles de communiquer librement entre eux et avec le pontife romain.

L. L'autorité laïque a, par elle-même, le droit de présenter les évêques et peut exiger d'eux qu'ils prennent en main l'administration des diocèses avant qu'ils aient reçu du saint-siège l'institution canonique et les lettres apostoliques.

Ll. Dieu plus, le gouvernement séculier a le droit df! déposer les évêques de l'exercice du ministère pastoral, et il n'est pas tenu d'obéir au pontife romain en ce qui concerne l'institution des évèchés et des évêques.

LU, Le gouvernement peut, de son propre droit, changer l'âge prescrit pour la proiespion religieuse, tant des femmes que des hommes, et enjoindre aux communautés religieuses de n'admetire personne aux vœux solennels sans son autorisation.

LUI. On doit abroger les lois qui ont pour but de protéger l'état des^ familles religieuses, leurs droits et leurs fonctions; bien plus, U

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puissance civile peut donner son appui a tous ceux qui voudraient quitter l'état religieux qu'ils avaient embrassé, ou enfreindre leurs vœux solennels; elle peut aussi supprimer complètement ces mêmes communautés religieuses, aussi bien que les églises collégiales et les bénéfices simples, même le droit de patronage, attribuer et soumettre leurs biens et revenus k l'administration et k la volonté de l'autorité civile.

LIV. Les rois et les princes non-seulement sont exempts de la juridiction de l'Eglise, mais même ils sont supérieurs à l'Eglise quand ils'agit de trancher les questions de juridiction.

LV. L'Eglise doit être séparée de l'Etat, et l'Etat de l'Eglise.

g 7. Erreurs concernant la morale religieuse et chrétienne.

LVI. Les lois de la morale n'ont pas besoin de la sanction divine, et il n'est pas du tout nécessaire que lois humaines se conforment au droit naturel ou reçoivent de Dieu le pouvoir d'obliger.

LVII. La science des choses philosophiques et morales, de même que celle des lois civiles, peut et doit être soustraite k l'autorité divine et ecclésiastique.

LVIU. Il ne faut reconnaître d'autres forces que celles qui résident dans la matière, et tout système de morale, toute honnêteté doit consister k accumuler et augmenter ses richesses et k se livrer aux plaisirs.

LIX. Le droit consiste dans le fait matériel; tous les devoirs des hommes sont un mot vide de sens, et tous les faits humains ont force de droit.

I.X. L'autorité n'est autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles.

LXI. Une injustice de fait, couronnée de succès, ne préjudicie nullement k la sainteté du droit.

LXI1. On doit proclamer et observerle principe qu'on appelle de non-intervention.

LXIII. Il est permis de refuser l'obéissance aux princes légitimes et même des© révolter contre eux.

LX1V. La violation d'un serment, quelque saint qu'il Soit, et toute action criminelle et honteuse opposée k la loi éternelle, non-seulement ne doit pas être blâmée, mais est tout k fait licite et digne des plus grands éloges, quand elle est inspirée par l'amour de ta patrie.

§ 8. Erreurs concernant le mariage chrétien.

LXV. On ne peut établir par aucune raison que le Christ a élevé le mariage k la dignité de sacrement.

LXVI. Le sacrement de mariage n'est qu'un accessoire du contrat et peut en être séparé; et le sacrement lui-même ne consiste que dans la seule bénédiction nuptiale.

LXVII. De droit naturel, le lien du mariage n'est pas indissoluble, et, dans certains cas, le divorce proprement dit peut être sanctionné par l'autorité civile.

LXVIII. L'Eglise n'a pas le pouvoir d'apporter des empêchements dirimants au mariage; mais ce pouvoir appartient k l'autorité séculière, par laquelle les empêchements existants peuvent (ou doivent) être levés.

LXIX. L'Eglise, dans le cours des sièclesj a commencé k introduire les empêchements dirimants, non par son droit propre, mais en usant du droit qu'elle avuit emprunté au pouvoir civii.

LXX. Les canons du concile de Trente qui prononcent l'anathème contre ceux qui osent refuser k l'Eglise le pouvoir d'opposer des empêchements dirimants ne sont pas dogmatiques ou doivent s'entendre de ce pouvoir emprunté.

LXXI. La forme prescrite par le concile de Trente n'oblige pas sous peine do nullité, quand la loi civile établit une autre forme k suivre et veut qu'au moyen de cette nouvelle forme le mariage soit valide.

LXXil. Bouil'ace \ 111 a le premier déclaré

2ue le vœu de chasteté prononcé dans formation rend le mariage nul.

LXXIII. Par la force du contrat purement civil , un vrai mariage peut exister entre chrétiens; et il est faux ou que le contrat de mariage entre chrétiens soit toujours un sacrement ou qu'il n'y ait aucun contrat si le sacrement est exclu.

LXXIV. Les causes matrimoniales et les fiançailles, par leur nature propre, appartiennent k la juridiction civile.

JV. B. Ici peuvent se placer deux autres erreurs : l'abolition du célibat ecclésiastique et la préférence qui serait due k l'étal do mariage sur l'état de virginité.

§ 9. Erreurs sur le principal civil du pontife romain.

LXXV. Les fils de l'Eglise chrétienne et Catholique peuvent disputer entre eux sur la compatibilité de la royauté temporelle avec le pouvoir spirituel.

LXXVI. L'abrogation de la souveraineté civile dont le saint-siége est en possession servirait, même beaucoup, k la liberté et au bonheur de l'Eglise.

N. B. Outre ces erreurs explicitement notées, plusieurs autres erreurs sont implicitement condamnées par la doctrine qui a été exposée et soutenue sur le priucipat civil du

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pontife romain, que tous les catholiques doivent fermement professer.

§ 10. Erreurs gui se rapportent au libéralisme moderne.

LXXVII. Dans notre époque, il n'est plus expédient que la religion catholique soit considérée comme l'unique religion de l'Etat, à l'exclusion de tous les autres cultes.

LXXVIII, Aussi, c'est avec raison que, dans quelques pays catholiques, la loi a pourvu à ce que les hommes qui y émigrent y puissent jouir de l'exercice public de leurs cultes particuliers.

LXXIX. Il est faux, en effet, que la liberté civile de tous les cultes et le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l'esprit et propagent la peste de Vindifférentisme.

LXXX. Le pontife romain peut- et doit se réconcilier et composer avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne.

Nous n'avons pas besoin de faire ressortir tout ce que renferme de révoltant pour la conscience et la raison humaine une p.irtie des articles qui composent ce Syllabus, Tout progrès, toute civilisation y sont condamnés; la dernière proposition, repoussée avec horreur par le pape, comme les soixante-dixneuf autres, met hors de l'orthodoxie et même hors de la catholicité tous les chrétiens qui auraient fait jusqu'à ce jour leur unique -jouei de l'union de la société moderne et du catholicisme, non-seulement les Bûchez, les Lamennais, mais encore les Lacordaire, les Hyacinthe, les Montalembert et jusqu'aux Grairy et aux Dupanïoup, défenseurs zélés cependant du pouvoir temporel du pape.

Un abîme infranchissable est désormais creusé entre la papauté et la monde moderne. Tant pis pour la papauté. Le monde ne reculera pas à sa voix. Le temps n'est plus où Josué arrêtait le soleil.

Si le Syllabus est sans ménagement pour la raison, la pensée, la démocratie, il n'en a pas davantage pour les autorités civiles, même monarchiques , même catholiques.

Aussi les gouvernements s'en indignèrentils, et, à leur tête, le gouvernement impérial français. Par une circulaire du 1er janvier 1865, M. Baroche, minisire de la justice et des cultes, faisant application de la loi du 18 germinal an X, proscrivit la promulgation officielle de l'Encyclique et du Syllabus.

Aussitôt, le clergé catholique cria à la persécution. Un grand nombie d'évêques fulminèrent brochures et mandements contre le geuvernement. Tous même protestèrent contre l'ingérence du civil dans le religieux, sans cependant renoncer aux émoluments qu'ils recevaient de l'Etat. M. Dupanloup lui-même, qui dut, au fond, être plus peiné qui» personne d'une telle publication de la part de la cour de Roms, et qui, depuis l'ouverture du concile, fut, traité d'hérétique par la roijorité de l'épiscopat, essaya de démontrer que le Syllabus ne renfermait rien de contraire au progrès, à la tolérance religieuse ni aux droits de la société civile.

L'inanité des arguments, ouplutot des arguties, qu'il employa pour exécuter sou tour de force a été révélée avec évidence par i'abbé Pelage dans un travail intitulé : le Concile œcuménique et la civilisation moderne, ouvrage dans lequel ce théologien philosophe adresse, non sans des regrets touchants, ses adieux au catholicisme. Ce même tour de force fut tenté, avec moins de talent, par quelques autres évêques. La presse oléiieale soutint la même thèse ou poussa l':iudace jusqu'à prendre la défense du Syllabi s bans en nier les conséquences antisociales. Deux condamnations comme d'abus furent prononcées par le conseil d'Etat contre l'archevêque de Besançon et l'évéque de Moulins, qui avaient promulgué Y Un cyclique malgré la défense du gouvernement. La Gazette du Midi, de Marseille, reçut un avertissement, et l'Union de l'Ouest, d'Angers, fut suspendue pour deux mois. L'empereur fit plus; il appela à la vice-présidence du conseil privé le prince Napoléon, son cousin, qui, à cette occasion, s'était signalé au Sénat par de fougueuses attaques contre la papauté et le clergé; if avait appelé le trône pontifical un vieux verre i'êlè, et ie territoire de l'Eglise une tache d'encre sur la carte.

Toute la presse, sauf la partie cléricale, flétrit le Syllabus, et cependant M. Emile de Ciirardin cria à ses collègues : « Vous prétendez défendre la liberté, et ce que vous acclamez, c'est l'arbitraire et la censure. » 11 n'avait pas tort au point de vue de l'ingérence du pouvoir civil dans les affaires religieuses, mais il semblait oublier que le pape s'ingérait lui-même, tout le premier, dans les affaires civiles, et que le clergé français, avant de se plaindre, aurait dû renoncer à être salarié par l'Etat.

Tout le inonde civilisé s'indigna comme la France ; l'indignation en Italie, pays plus intéressé que le nôtre à ces questions, alla jusqu'à la fureur. A Naples, par exemple, la bulle et le Syllabus furent lacérés par la foule et brûlés sur la place publique. On peut voir la conduite que tinrent les autres gouvernements dans 1 ouvrage de l'abbé Pelage déjà cité : la Bulle Quauta cura et la civilisulion moderne.

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En ce qui concerne le clergé, le jour où sera faite la séparation complète de 1 Eglise et de l'Etat, et où il ne recevra plus de ce dernier des émoluments, il pourra fulminer les anuthèmes sans même éveiller l'attention ni la curiosité au sein de l'indifférence universelle.

SYLLECTE , ville de l'Afrique ancienne, sur la côte septentrionale de la Petite-Syïte. Les géographes ue sont pas d'accord sur sa position exacte.

SYLLEPSE s. f. {sil-lè-pse — grec sullépsis, proprement action de lier ensemble, du verbe sullcimbano, sullabd, je prends ensemble. V. syll/sbïï). Gramm. figure dans laquelle les mots sont régis plutôt par la pensée de celui qui parle que par les règles grammaticales : La plupart des kommes sont bien fous, est une syllepse. (Acad.) La syllepse substitue l'accord logique à l'accord grammatical. (A. Didier.) || Syllepse de nombre, Celle où les mots sont en désaccord de nombre , comme dans ces vers de Voltaire :

Tout le peuple au-devant court en foule avec joie;

Ils bénissent le chef que Madrid leur envoie.

W.Syllepse de genre. Celle où les mots sont en désaccord de genre, comme: Les pkr- SONNES d'esprit ont en eux les semences de tous les sentiments. (La Bruy.) Il Syllepse de la personne, Celle où les mots correspondants ne sont pas à la même personne, comme dans cet exemple : Soyo>ts prudente, mon enfant.

— Rhétor. Figure par laquelle un mot est employé à la fois au propre et au figuré ; Galatée est pour Çorydon plus douce que le miel du mont Eybla. (Acad.)

— Philos, Connaissance spontanée qui précède ia connaissance réfléchie.

— Encycl. Gramm. Il est d'usage de compter la -syllepse parmi les ligures de grammaire; il serait peut-être plus exact de l'appeler une licence grammaticale, car partout où il y a syllepse ou peut dire qu'une règle de syntaxe ordinaire est violée. Quand Racine dit :

Entre le pauvre et vous,vous prendrez Dieu pour juge, Vous souvenant, mon fils, que, caché sous ce lin, Comme eux vous fûtes pau vre et comme eux orphelin, il met au pluriel le pronom eux, quoique le seul mot exprimé auquel on puisse le faire rapporter soit pauvre au singulier; il viole une règle bien connue de concordance. Mais il est entraîné par une idée qu'il n'a pas exprimée formellement, celle du grand nombre des pauvres, et, oubliant ce quil a dit, il ne s'attache qu'à cette idée. Cette violation d'une règle en quelque sorte matérielle et prosaïque, loin de paraître choquante, rend plu3 sensible la beauté des sentiments exprimés, parce que ces sentiments nous apparaissent comme élevant l'âme du poète au-dessus des petites considérations de détail qui préoccupent l'écrivain dans les circonstances ordinaires. L'emploi du pluriel eux après le singulier pauvre n'est pas une licence poétique, quoiqu'elle se rencontre ici dans un vers; car il est aisé de comprendre qu'un orateur, entraîné par la force du sentiment qui ie domine, peut comme le poëte violer la même règle de concordance sans que ses auditeurs se sentent choqués. Mais si le grammairien est obligé de reconnaître que certaines violations de règles sont autorisées par la syllepse, il doit en même temps insister sur le caractère très-exceptionnel de cette licence, qui n'est permise qu'au génie, pour ainsi dire, et que les élèves doivent toujours s'interdire, excepté flans certains cas qui sont l'objet de règles particulières. Ainsi quand, après un collectif partitif, le verbe et les qualificatifs suivants s'accordent, non avec ce collectif, mais avec le complément pluriel dont il est suivi, cet accord peut être considéré comme une véritable syllepse ; mais c'est une syllepse obligée, ce n'est plus une licence, parce qu'elle est commandée par la règle spéciale sur les collectifs. Au lieu de dire la plupart des kommes manque de lumières, il faut dire manquent au pluriel, quoique le sujet la plupart soit au singulier, et cet écart de la règle ordinaire est commandé ici par une règle spéciale.

On appelle encore syllepse une figure qui consiste à prendre un mot tout à la fois dans le sens propre et dans le sens figuré, comme dans la phrase citée plus haut : Galatée est pour Corydon plus douce que le miel du, mont Eybla. La douceur de Galatée est toute morale, toute de sentiment; celle du miel, au contraire, est physique et en quelque sorte matérielle. L'emploi de cette ligure deviendrait choquant s'il était trop fréquent; renfermé dans certaines limites et réglé par le bon goût, il produit quelquefois un effet agréable.

— Philos. Il faut, pour qu'il y ait connaissance, la présence de l'objet et l'action du moi qui s'en empare. Cet action est l'attention. L'objet a beau être présent et visible ; si notre attention, prise par quelque autre spectacle, en est distraite, nous ne le voyons pas. Si notre attention est libre, elle se pose d'elle-même sur l'objet qui la sollicite; nous le voyons d'une seule vue ; nous voyons ainsi tout ce qui est présentement dans le rayon de notre vue, un ensemble confus, vague, mais complet ; telle est ia connaissance spontanée, qui, sans distinguer rien, embrasse tout (<r'j"AXaiieiv«v, prendre ensemble, uiiJAriiViç, syllepse). &\, au contraire, on s'arrête expressé-

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ment sur un point, on se détourne par là même des autres points, et, tandis qu'on regarde l'un, on cesse de voir les autres; force est donc de les regarder tour à tour et de décomposer l'objet pour le recomposer à mesure. Telle est la connaissance réfléchie, qui distingue, mais par une attention successive. Elle traverse les détails, pour parvenir, par un lent effort, à l'ensemble de l'objet; elle arrive enfin a, une synthèse qui implique une analyse, comme 1 analyse implique la synthèse primitivement donnée et qui n'est pas à construire, mais à reconstruire. Il y a donc une synthèse première, qui précède l'analyse et lui donne son objet, et une synthèse dernière ou définitive, qui est la môme, mais après l'analyse. Cette synthèse définitive est la synthèse; la synthèse première est la syllepse. Ce mot est, d'ailleurs, peu usité.

SYLLEPTIQUE adj. (sil-lè-pti-ke — rad.

syllepse). Grainm. Qui a rapport, qui appartient à la syllepse : Forme sylleptiquk.

SYLLEXIE s. f. (sil-lè-ksl — du gr. syllêxis, réunion, recueil). Gramm. Collection, famille da mots qui se rapportent à la même idée, ou à la même racine.

SYLHEN, IENNE adj. (sil-li-ain, i-è-ne — rad. syllis). Annél. Qui ressemble à une syllis.

— s. f. pi. Section de la famille des néréides ayant pour type le genre syllis.

SYLLIS s. f. (sil-liss). Annél. Genre d'annélides, de la famille des néréides, comprenant deux espèces, qui habitent les mers d'Europe et la mer Rouge : Les syllis se distinguent par leurs longues antennes. (E. Baudement.) Les syllis sont des annélides trèsagiles, qui se déplacent en serpentant. (H. Lucas.)

— Encycl, Les syllis ont un corps linéaire, à segments très-nombreux; la tête arrondie, saillante et libre en avant; le front échancré ; les antennes extérieures et impaires moniliformes ; les yeux apparents et disposés sur une ligne courbe; la trompe de moyenne longueur; le pieds dissemblables, les deux premiers convertis en cirres tentaculaires ; point de branchies. Ce sont des annélides très-agiles, qui se déplacent en serpentant. On rencontre souvent dans ce genre deux individus agrégés , formés aux dépens d'un seul, dont le corps se divise au milieu par un étranglement. Le postérieur se sépare après qu'une tête s'est formée chez lui ; il parait ne se nourrir que des matières préexistantes dans son corps et servir uniquement à la propagation de l'espèce, car il renferme tous les organes générateurs. Le premier continue à vivre et se bouture de nouveau.

SYLLISIE s. f. (sil-li-zl). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des myrtacées, tribu des myrtées, dont l'espèce type croît en Chine.

SYLLOCHISME s. m. (sil-lo-ki-sme — du gr. syllochismos , réunion en cohorte). Antiq. milit. Manœuvre de la phalange macédonienne, dans laquelle on réunissait rapidement et successivement deux des fractions de la phalange en un seul corps, de façon à produire en peu de temps la concentration de toute la phalange.

— Encyd. Parmi les manœuvres qu'exécutait la phalange grecque, l'une des plus importantes était celle qu'on désignait sous le nom de syllochisme. Elle consistait à réunir rapidement deux loohos en une dilochie , quatre lochos en une triérarehie, huit lochos en une taxis, ou seize loohos en une syntagme, c'est-a-dire a faire, suivantles besoins, une réunion de trente-deux hommes, ou de soixante-quatre, ou de cent vingt-huit, ou de deux cent cinquante-six. Le syllochisme opéré de manière à avoir uno syntagme, on obtenait facilement le corps de la phalange par la réunion de seize syutagities. La manœuvre du syllochisme était donc la base de la concentration en phalange.

SYLLOGE s. ni. (sil-lo-je — gr. sullogeus; de sullegd, je rassemble). Antiq. gr. Magistrat athénien dont les attributions sont mal connues.

— Encycl. Il paraît résulter de divers documents que les sylloges étaient des commissaires spécialement chargés de dresser l'état des propriétés appartenant aux oligarques, avant leur confiscation. L'époque où ils existèrent ne fut probablement pas antérieure è. la domination des trente tyrans. Quelques érudits croient, d'après une inscription, qu'ils avaient ù accomplir certains rites dans le culte d'Athéné et dans celui de Zeus Olympien. La même inscription a porté d'autres érudits à conjecturer que les sylloges réunissaient les citoyens pour les conduire aux autels où l'on accomplissait certains rites religieux,et qu'ils devaient leur nom à cette circonstance. Dans cette hypothèse, les propriétés des oligarques, dont ils avaient dressé l'état en vue de la confiscation, servaient à payer en ces jours de fête des banquets publics.

SYLLOG1SER v. n. ou intr. (sil-lo-ji-zé — rad. syllogisme). Argumenter; compter, faire un calcul ; Le fermier syllogisait sur ses doigts : il y a pour gagner tant pour cent. (Contes dEutrapel.) Il Employer le syllogisme : Vous vous montrez bon logicien, parce que vous ne sylvogisez plus. (Proudh.) il Vieux mot.

SYLLOGISME s. m. (sil-lo-ji-sme — du gr. sun, avec; logizomai, je raisonne). Logiq.

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Argument composé de trois propositions, dont la troisième est déduite de la première par l'intermédiaire de la seconde : La conséquence du syllogisme doit être renfermée dans les prémisses. (Acad.) Le syllogisme simple, auquel se résout presque tout l'art du dialecticien, n'est composé que de trois termes et de trois propositions. (Marmontel.) La logique fournit des syllogismes insolubles pour et contre toutes les propositions. ( B. Const. ) Le syllogisme se compose de trois propositions dont la troisième est une déduction des deux premières. (A. Didier.) Leibniz s'était fatigué à réduire en SYLLOGISMES achevés les vérités de conscience et de réflexion découvertes par Descartes. (V. Cousin.) Le vice radical de tout SYLLOftiSMR est que la majeure est une hypothèse qui, loin de donner la certitude à la conséquence, la reçoit d elle au contraire. (Proudh.) L'induction est l'inverse ou la négation du. syllogisme. (Proudh.) Syllogisme, réunion de jugements, assemblage et enchaînement de propositions. (B. Saint-Hilaire.) Lorsque les propositions dont un raisonnement se compose sont exprimées à la suite l'une de Vautre, elles forment un syllogisme. (J. Simon.) Le syllogisme est un instrument inutile pour trouver le vrai dans les sciences morales. (Renan.)

On dirait, quand il veut pousser un syllogisme. Qu'il appelle en duel tout le christianisme.

■Voltaire.

— Encycl. Ce qui rend le raisonnement nécessaire, c'est que bien souvent l'intelligence ne saisit pas directement le rapport des deux termes qu'elle voudrait comparer. Le raisonnement consiste essentiellement dans l'introduction d'idées moyennes qui permettent de comparer indirectement ces deux termes, comme à l'aide d'une unité commune on apprécie la relation de deux longueurs qu'on ne peut comparer directement. Il y a donc syllogisme complet et parfait dès qu'on a, avec deux idéesa comparer, une idée moyenne contenant l'une des deux premières et contenue dans l'autre, de sorte qu'il soit évident, en vertu du principe de contradiction, que le secondextrême contenu dans le moyeu est par cela même contenu dans le premier extrême. Tel est le syllogisme de l'affirmation universelle, le syllogisme par excellence, celui dont on a fait à peu près exclusivement usage dans les sciences, où l'on a presque toujours en vue la démonstration de quelque vérité générale. Voici sa formule abstraite : Tout B est C ; tout A est B; donc tout A est C. A, B, C sont dits les termes du syllogisme, qui comparés deux h deux forment trois propositions.

Ces trois propositions s'appellent :

La première, majeure (a majore termino), parce qu'elle contient le grand terme, ou attribut de la conséquence ;

Le seconde, mineure (a minore termino), parce qu'elle contient le petit terme, ou sujet de la conséquence ;

Et la troisième conséquence , si on la considère dans son rapport avec les précédentes, et conséquent si on la prend isolément.

On donne le nom générique de prémisses à la majeure et à la mineure. L'ordre des prémisses peut être interverti , ce qui donne lieu à cette règle, qui peut servir aussi dans la définition du syllogisme : a La conclusion doit être contenue dans l'une des prémisses et l'autre doit énoncer qu'il en est ainsi. »

Le moyen terme est une idée intermédiaire entré le grand et le petit terme et qui sert à découvrir le rapport de l'un à l'autre.

Pour savoir si l'ambit.eux est misérable et éclairer le rapport des deux termes ambitieux et misérable, je prends pour intermédiaire l'idée d'insatiable, dout le rapport avec le malheur est manifeste; puis, rapprochant ces deux idées ambitieux et insatiable, je trouve que la première est comprise dans la seconde; or, si d'une part tout homme insatiable est misérable, et, de l'autrfl, si l'ambitieux est insatiable, le rapport de l'ambition avec le. malheur cesse d'être obscur et permet de dire : donc l'ambitieux est misérable. Voici le syiiogisme en forme avec ses trois termes et ses trois propositions : L'homme insatiable est misérable ; or, l'ambitieux e=t insatiable ; doue l'ambitieux est misérable.

Autre exemple. Je suppose qu'on ne voie pas directement que l'homme est perfectible; pour éclairer le rapport de ces deux termes, nomme et perfectible, je prends pour intermédiaire l'idée d'intelligence dont le rapport avec la perfectibilité est manifeste; puis, rapprochant ces deux idées, homme et intelligence, je trouve que la première est comprise dans la seconde, de sorte que voyant clairement, d'une part, que toute intelligence est perfectible, et, de l'autre, que l'homme est une intelligence, je saisis nettement le rapport entre l'homme et la perfectibilité. Pour établir ce lien, il faut que l'idée moyenne contienne l'un des deux termes dans sou étendue, et l'autre dans sa compréhension. Dans l'exemple ci-dessus, homme fait partie de l'étendue d'intelligence, et. perfectible de sa compréhension : Toute intelligence est perfectible ; or, l'homme est une intelligence; donc l'homme est perfectible.

Les propositions du syllogisme peuvent être de quatre sortes : universelles affirmatives, universelles négatives, particulières affirmatives, particulières négatives.

On distingue deux espèces de syllogisme:

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le syllogisme simple et le syllogisme conjonctif.

Les syllogismes simples sont ceux dont la majeure et la mineure ne comparent le moyen terme qu'à l'un des deux autres ; ils se divisent en complexes et incomplexes.

Les incomplexes sont ceux où chaque terme est joint tout entier avec le moyen, comme dans : Tout animal est morte! j or l'homme est un animal; donc l'homme est mortel.

Les complexes, où une partie seulement du sujet ou de l'attribut est unie au moyen dans 1 une des prémisses, admettent des termes formés de plusieurs mots. En voici un exemple : Le soleil est une chose insensible ; les Perses adoraient le soleil; donc les Perses adoraient une chose insensible.

On appelle syllogismes conjonctifs ceux où le moyen est uni dans la majeure aux deux termes de la conclusion, comme dans l'exemple suivant : Si l'homme est un animal, il est mortel; or l'homme est un animal; donc l'homme est mortel.

On distingue quelquefois des syllogismes conditionnels, disjonotifs et copulatifs.

— figures du syllogisme. Les diverses dispositions des trois termes du syllogisme prennent le nom de figures. La place du moyen dans chaque prémisse détermine la figure qui comprend plusieurs modes. Le mode est déterminé par la quulité et la quantité des trois propositions. Lu qualité d'une proposition est d'être affirmative ou négative; sa quantité est d'être universelle, particulière ou individuelle.

La proposition universelle affirmative est désignée, dans l'école, par la lettre A, l'universelle négative par E, la particulière affirmative par I , la particulière négative par O; d'où les vers suivants :

Asseril A, negat E, verum generaliler ambo; Asaerit 1, neyat O, sed parliculariter ambo. Ces propositions sont opposées les unes aux autres de la manière suivante : A et O, E et I sont contradictoires l'une de l'autre; A et I, E et O, subalternes; A et E, contraires; I et O, subcontraires.

Les contradictoires ne sont jamais ni vraies ni fausses ensemble. Les contraires ne peuvent jamais être vraies ensemble, mais elles peuvent être toutes deux fausses. Les subcojitraires peuvent être vraies ensemble ; mais elles ne peuvent être toutes deux fausses. Dans les subalternes, la vérité d'A et d'E emporte celle d'I et d'O; mais la vérité d'I et d'O n'emporte pas celle d'A et d'E; tandis que la fausseté d'I et d'O emporte celle d'A et d'E, et que la fausseté d A et d'K n'emporte pas celle d'I et d'O.

Le moyen terme pouvant occuper quatre places, il s'ensuit qu il y a quatre ligures.

La première figure, dans laquelle le moyen est Sujet dans la majeure et attribut dans la mineure, a quatre modes : AAA, EAE, AU, EIO; ce qui revient à dire qu'un syllogisme du troisième mode, par exemple, doit avoir une majeure universelle affirmative, A; une mineuïe particulière afdrmative, 1 , et une condusion'pareillement particulière uflirma- •ïve, 1. Les règles des modes de la première figure sont ; 1° la mineure doit être afdrmative; î» la majeure doit être universelle.

La deuxième ligure, dans laquelle le moyen est attribut dans la majeure et la mineuïe, compte également quatre modes: EAE, AEE, ElO, AOO, dont les règles particulières sont : 1° il faut qu'il y ait deux propositions négatives, parmi lesquelles la conclusion ; 2° il faut que la majeure soit universelle.

La troisième ligure, dans laquelle le moyen est sujet dans la majeure et la mineure, a six modes : AAl, EAO, 1AI, Ali, OAO, EIO, dont les règles sont que : 1" la mineure doit être affirmative; 2» la conclusion doit être particulière.

La quatrième ligure, dans laquelle le moyen est attribut dans la majeure et sujet dans la mineure, ne s'emploie que fort rarement, parce qu'elle se présente sous une forme peu naturelle et qu'il est toujours possible, en modifiant convenablement les propositions, de la ramener à quelqu'une des trois premières.

Quand on opère sur des propositions affirmatives universelles et que c'est une proposition affirmative universelle qu'on veut prouver, le moyen, il est vrai, ne peut pas être mis aillours qu'à sa place naturelle, entre le grand terme et le petit terme, sujet du premier dans la majeure, attribut du second dans la mineure. Mais d'autres démonstrations s'accommodent d'une autre disposition. B restant le moyen entre A et C, on prouvera la conclusion : Nul A n'est C, par les prémisses. Nul C n'est B ; tout A est B, c'est-à-dire avec le moyen employé deux fois comme attribut. On prouvera que quelque A est C par les prémisses. Tout B est C, tout B est A, avec le moyen pris deux fois comme sujet. Lorsque le moyen est sujet du grand terme et attribut du petit, les syllogismes sont dits de la première figure ; ils sont de la seconde quand le moyeu est deux fois attribut; de la troisième quand il est deux fois sujet.

On a encore inventé , pour retenir la composition de ces modes, certains procédés mnémotechniques d'un emploi assez commode. On appelle A les propositions affirmatives universelles; Ë, les négatives universelles; I, les affirmatives particulières; O, les uuga,iives particulières, et l'on fait

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entrer ces lettres dans certains mots, forgés pour la plupart et groupés avec une sorte de rhythme, où l'ensemble et la suite des syllabes représente ainsi la nature et l'ordre des propositions :

Barbara, Celarent, Darii, Ferio. Baralipton, Calentes, Dabitis, Fapesmo. Fresisomorum, Cesare, Camestres, Feslino, Baroco, Darapti, Felapton, Disamis, Datisi, Bocardo, Fresison ou Ferison.

Barbara est un syllogisme dont toutes les propositions sont universelles et affirmatives. Festino, un syllogisme dont'la majeure est négative universelle, la mineure affirmative particulière, la conclusion négative particulière, et ainsi des autres. Ces inventions, en apparence assez bizarres, n'intéressent en rien le fond de la théorie. Ce ne sont que des procédés factices, assez ingénieux, pour en retenir certaines parties.

Voici maintenant 1 opinion de M. Géruzez : * Sans doute, il est inutile de savoir si un argument est en barbara ou en celarent ; mais il ne l'est pas de savoir que deux propositions universelles affirmatives donneront légitimement une conclusion de même nature, et qu'une majeure particulière affirmative, suivie d'une mineure universelle affirmative, ne peut engendrer qu'une affirmation particulière. Après tout, ces dénominations bizarres, qu'il ne s'agit pas de remettre en hon-neur, n'étaient qu'une algèbre logique dont les scolastiques ne donnaient pas les formules pour des modèles d'élégance ou de poésie, et qu'ils n'employaient que pour le soulagement de la mémoire. »

La logique de Port-Koyal dit très-judicieusement a ce propos : «On n'a pas cru devoir s'arrêter au dégoût de quelques personnes, qui ont en horreur certains termes artificiels qu'on a formés pour retenir plus facilement les diverses manières de raisonner , comme si c'étaient des mots de magie... La vraie raison et le bon sens ne permettent pas qu'on traite de ridicule ce qui ne Test point. Or, il n'y a rien de ridicule dans ces termes, pourvu qu'on n'en fasse pas un trop grand mystère , et que, comme ils n'ont été faits qua pour soulager ta mémoire, on ne veuille pas les faire passer dans l'usage ordinaire et dire, par exemple, qu'on va faire un argument en bocardo ou en felapton, ce qui serait, en effet, très-ridicule. •

— Règles du syllogisme. Les règles du syllogisme sont contenues dans les huit vers suivants :

Terminus estû triplex, médius, majorque, minorque. Latius hune {termimtm) quam pr&missje conclusio

[non vull.

Nunquam continent médium conclusio fas est. Aut semel aut iterum médius neneraliter esta. Otraque si presmissa negel, ni/iil inde. sequetur. Ambae affirmantes nequeunt yenerare neyantem. Pejorem sequitur semper conclusio partem. Hil sequitur geminis ex particulariôus unquam.

De ces vers latins il ressort que :

c Tout syllogisme doit être composé de trois termes, le petit, le grand et le moyen.

• Les termes de la conclusion ne peuvent être pris plus universellement dans la conclusion que dans les prémisses.

i La conclusion ne doit jamais contenir le moyen terme.

» Le moyen terme ne peut être pris deux fois particulièrement; mais il doit être pris au moins une fois universellement.

■ On ne peut rien conclure de deux propositions négatives.

• On peut tirer une conclusion négative de deux propositions affirmatives.

» La conclusion suit toujours la partie la plus faible.

» On ne peut rien conclure de deux propositions particulières. »

Les anciennes logiques n'avaient que six règles générales qui régissaient le syllogisme pour qu'il fût concluait. Les voici avec les raisons qui les justifient :

10 Le moyen terme ne peut être pris deux fois particulièrement. En effet, pour conclure légitimement que l'attribut de la conclusion convient au sujet, il faut, de toute nécessité, que cet attribut s'applique à toute l'étendue du moyen; or, le moyen uni particulièrement au sujet de la conclusion affirme seulement la convenance de ce sujet avec une partie quelconque de son étendue; uni particulièrement à l'attribut, il affirme seulement la convenance de cet attribut avec une partie quelconque do son étendue, mais n'établit pas que la partie qui convient au sujet soit celle qui convient a l'attribut; par conséquent, il ne saurait constater le rapport de ces deux termes, c'est-àdire résoudre la question proposée. Ainsi, on dira bien : < Tout homme est pécheur; or Paul est homme, donc Paul est pécheur;» mais si l'on disait : « Quelque homme est pécheur ; or Paul est homme, donc Paul est pécheur, » l'argument ne vaudrait rien; la dernière proposition , quoique vraie ou pouvant l'être, ne serait pas contenue dans les prémisses.

20 On no peut rien conclure de deux propositions particulières. Cette règle rentre dans la précédente.

3<> Les termes de la conclusion ne peuvent point être pris plus généralement que dans les prémisses. La raison de cette règle est dans ce principe qu'on ne peut rien conclure du particulier au général, parce que le plus n'est pas contenu dans le moins.

SYLP

40 On ne peut rien conclure de deux propositions négatives. En effet, dans les deux prémisses négatives, le moyen serait séparé du sujet et de l'attribut de la conclusion. Or, de ce qu'une idée ne convient ni a l'une ni h. l'autre des deux idées, il ne suit pas que ces deux idées se conviennent ou ne se conviennent pas.

5° On ne peut prouver une conclusion négative par deux propositions affirmatives; car, de ce que les deux termes de la conclusion sont unis avec un troisième, on ne peut pas prouver qu'ils soient désunis entre eux. 6» La conclusion suit toujours la plus faible partie ; c'est-à-dire si l'une des prémisses est négative, la conclusion sera négative ; si l'une des prémisses est particulière, la conclusion sera particulière. En effet, dans la première hypothèse, le moyen sera nié du sujet ou de 1 attribut de la conclusion et affirmé de l'un ou de l'autre; il y aura donc opposition entre le sujet et l'attribut ; or, cette opposition se résout par une négation. Dans la seconde hypothèse, une des prémisses étant universelle et l'autre particulière, il s'ensuit que le moyen terme embrasse dans l'une toute l'étendue soit du sujet, Soit de l'attribut de la conclusion, et dans l'autre une partie seulement de l'étendue de l'un des deux termes ; par conséquent, ces deux termes ne peuvent pas être pris dans toute leur étendue; donc, la conclusion sera particulière , car toute proposition est particulière lorsque l'étendue de l'un de ses termes est restreinte.

Toutefois, la législation du syllogisme a été

fort simplifiée parles modernes, qui ont émis

les deux règles suivantes : îole moyen terme

doit conserver dans chaque prémisse une si-

j gnification identique; 2° la conclusion ne

1 doit jamais être plus étendue que les pré-

j misses.

I Terminons cet article en disant que la sco- [ lastique a abusé du syllogisme. Elle le rej gardait comme la seule forme de raisonnement véritablement scientilique, comme le I seul remède contre l'erreur et le seul moyen i de découvrir la vérité. Auxviio siècle, Bacon, par excès contraire, décria et voulut proscrire le syllogisme. C'était proscrire en même temps la déduction, sans laquelle on ne peut descendre du principe à la conséquence, do la loi à son application, de la théorie à ia pratique, c'est-à-dire de la science à l'art.

N'est-ce pas l'argumentation qui a formé ces dialecticiens puissants, ces logiciens vigoureux qua l'on nomme J?asc;d, Mulebranehe, Bossuet, Bourdaloue, dont les écrits fortement tissus nous fiappent en même temps par la clarté et l'énergie. Lorsqu'on n'a pas été soumis à cette discipline sévère, on laisse volontiers flotter ses idées dans le vague; on ne ies enchaîne pas, on ne voit pas d'où elles viennent ni où elles conduisent. L'art syllogistique, a dit V. Cousin, est tout au moins une escrime puissante , qui donne a l'esprit l'habitude de la précision et de la rigueur. C'est à cette mâle école que se sont formés nos pères; il n'y a que de l'avantage à y retenir quelque temps la jeunesse actuelle.

SYLLOGISTIQUE adj. (sil-lo-ji-sti-ke — gr. sullogistikos ; de sultogismos, calcul, raisonnement, qui est le type de notre mot syllogisme). Logiq. Qui appartient au syllogisme : Forme syllogistique. En tant que ta politique est censée résulter d'une construction syllogistique . elle ne peut rester en deçà ni aller au delà. (Proudh.) Il Chaîne syllogistique, Nom donné quelquefois au sorite.

SYLLOGIST1QUER v. n. ou intr. (sil-lo-jisti-ké — rad. syllogistique). Argumenter par syllogismes. Il Vieux mot.

SYLLYTHRIE s. f. (sil-li-trî — du gr. suit, ensemble ; luthroô, je souille). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, tribu des pyralides.

SYLOCHÉLIDON s. m. (si-lo-ké-li-don — du gr. sulê, rapine; chelidân, hirondelle). Ornith. Genre d'oiseaux, formé aux dépens des sternes ou hirondelles de mer.

SYLPHE s. m. (sil-fe). Etre surnaturel mâle, qui, selon les croyances des races celtes et germaines, occupait, dans le monde invisible , un rang intermédiaire entre lo lutin et la fée : Les sylphes ont des sympathies moins aériennes, des communications moins invisibles. (Chateaub.)

. . . , Leg sylphçs vaporeux Ont caressé de leur souffle amoureux La vie rue pure, et font jouer dans t'ombre De leurs miroirs les facettes sans nombre.

MllAEVOÏE.

Je suis enfant de l'air, un sylphe, moins qu'un rûvc. Diaphane habitant de l'invisible éther.

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