V. Hugo
Le son qu'un coup de fouet produit Vient beaucoup moins de l'air froissé Que de quelque sylphe fessé.
J.-B. Rousseau.
— Encycl. Le sylphe affectionnait l'Irlande et l'Angleterre centrale. « Les habitants de l'île de Man, chez qui les sylphes résident encore, les appellent « les bonnes gans » et disent qu'ils vivent dans les déserts, dans les forêts et sur les montagnes et évitent les grandes villes à cause des méfaits qui s'y commettent. t(Waldrom's isleofMan,p. 126.) Ces lignes d'un historien anglais, en nous
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faisant connaître combien est persistante, dans certains pays, la croyance aux sylphes, nous renseignent sur le vrai caractère de ces êtres fabuleux. Amoureux de la nature, ils fuyaient l'homme parce qu'ils trouvaient l'homme méihant. Le printemps les ravissait; ils en avaient pris la livrée et s'habillaient tout de vert. Un ministre d'Ecosse, le révérend Graham d'Aberfoyle, dans ses Esquisses du comte' de Perth, affirme que le vert est une couleur funeste, quia causé de grands désastres dans sa famille même, et il n hésite pas dans sa naïveté à attribuer ces désastres à l'influence d'un sylphe irrité. Shakspeare nous parle des occupations ordinaires du sylphe. C'était de suivre, de son pas sans empreinte, les ondulations de la marée; c'était de tracer sur le gazon ces cercles amers où la brebis ne mord pas; c'était d'écouter le solennel couvre-feu; c'était d'ouvrir à minuit les champignons et de se mettre sous ces parasols à 1 ombre de la lune. • Les sylphes, selon les livres cabalistiques du xvie sièole, étaient divisés en trois légions commandées par trois capitaines, Damalech, Taynor et Sayanon, lesquels obéissaient eux-mêmes à un prince qui était l'esprit de la terre, le vassal du roi des fées, et s'appelait Ariel. » Ariel avait eu des aventures. La hideuse sorcière Syoorax, bannie d'Alger pour ses méfaits, animée de la plus implacable rage, enferma Ariel dans le creux d un pin ; dans ce trou, le prisonnier passa douloureusement douze années. Ses gémissements faisaient hurler ies loups et perçaient le cœur des ours. De ,cette étroite prison, l'art d'un magicien sut enfin le tirer à la treizième année. Le sylphe joue un rôle important dans les féeries de Shakspeare. Dans la Tempête, il représente la pensée domptée et maîtrisée par la science et la volonté personnifiées en Prospero. Pour apprécier le rôle du sylphe dans ses rapports avec la hiérarchie du inonde fantastique et invisible, v. le mot
FÉKRIB.
SyipUe (lu), conte de Crébillon fils (1730, in-32). Il est souvent réimprimé à la suite des Egarements du cœur et de l'esprit. « L'illusion, écrit une belle comtesse à une de ses amies, est pour nous un bonheur réel et dont le flatteur souvenir contribue plus à notre félicité que ces plaisirs d'habitude qui reviennent sans cesse. « Cette comtesse désirait depuis longtemps voir un de ces esprits connus parmi les humains sous le nom de sylphe. Un jour que, retirée dans sa chambre, elle cherchait à se désennuyer en lisant un livre de morale, elle entend prononcer distinctement, quoique tout bas et avec un soupir, ces mots flatteurs : "O Dieu I que d'appas (» h'rappée de stupeur, elle regarde partout et, n'apercevant personne, se croit jouet d'une illusion. Elle commençait à se rassurer, lorsque la même voix frappe de nouveau son oreille : « O mortels, ètes-vous faits pour la posséder ? » Effrayée sérieusement cette fois, elle se réfugie dans son lit et cache sa tête sous la couverture. « Ab I cruelle, reprend la voix, pourquoi vous dérober k ma vue ? que craignez-vous de quelqu'un qui vous adore ? » La comtesse piête l'oreille à un langage aussi doux et peu k peu, charmée pur les procédés pleins de retenue du syiphe (car c'en était un), elle se laisse aller a une conversation dangereuse où le sylphe joue au naturel son rôle de don Juan.
« Une chose, dit-il, qui me déplaît, c'est la tristesse et la mauvaise humeur qui régnent Sur le visage d'une femme vertueuse, d'une prude, de ces personnes qui se sont fait de la venu par orgueil, pour avoir le plaisir d'insulter aux faiblesses de leur sexe. Et cependant il n'y a point de femme qui n'aie quelque faible, et ce faible, quelque bien déguisé qu'il soit, n'échappe jamais à la recherche opiniâtre de l'amant. La voluptueuse se rend au plaisir des sens; la déboute au charme de sentir hou cœur occupé; la curieuse au désir de s'instruire. 11 en coûterait trop k l'iiidoiente de refuser. La vaine perdrait trop si ses appas étaient Ignorés; elle veut lire dans la fureur des désirs d'un amant l'impression qu'elle peut faire sur les hommes. L'avara cède au vil amour des présents; l'ambitieuse aux conquêtes éclatantes et la coquette à l'habitude de se rendre. » La conversation pusse insensiblement des hauteurs de la théorie à une pente plus pratique. Peu a peu, le cœur de la comtesse s'éuhautfe, et le sylphe cruit que l'heure du berger va sonner pour lui. La comtesse s'écrie : « Point de commerce avec vous, monsieur le Démon I » Enfin, après diverses péripéties, elle se met a soupirer : « Que vous êtes charmant I niais que je serais malheureuse si vous n'étiez qu'une illusion I Est-il bien vrai que, . . ? Ah I . . . Vous êtes palpable I»
« J'en étais là, madame, avec mon sylphe, dit-elle en terminant sa lettre, et je ne sais pas ce qui serait arrivé de mon égarement et de ses transports, si ma femme du chambre,
?ui entra dans ce moment, ne l'eût pas efrayél... Il s'envola. ,, Mais n'est-il pas dommage que ce ne soit qu'un songe! ■ L'arrivéo de la femme de chambre eit fâcheuse ; elle nous prive de bien jolies choses.
Syipbo (le), poésies de Charles Dovalle, précédées d'une notice par M. Louvet et d'une préface par Victor llugo (1830, in-8u). C'est sous ce titre qu'ont été publiées les poésies de Charles Dovalle, après la lin tra-
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gique du jeune auteur. L'œuvre se compose de trente-sept pièces de vers, dont les meilleures sont intitulées : Premier chagrin, Premier désir, Vous, Tesyeux, Un soir de mai, etc. C'est la note tendre, un peu lamartinienno et légèrement efféminée qui domine : l'auteur avait vingt ans. A côté des pièces intimes, les plus nombreuses du volume , se lisent quelques ballades inspirées par celles de Victor Hugo ; la Chasse invisible et l'Aveu de Loyse ont une bonne saveur légendaire et moyen âge. Dans la préface dont Victor Hugo a fait précéder le Sylphe, préface qui est un véritable manifeste littéraire, le grand poète caractérise le livre en ces termes < « Rien de sombre, rien d'amer, rien de fatal. Bien au contraire, une poésie toute jeune, enfantine parfois; tantôt les désirs de Chérubin , tantôt une sorte de nonchalance créole; un vers à gracieuse allure, trop peu métrique, trop peu rhythmique, il est vrai, mais toujours plein d une harmonie plutôt naturelle que musicale; la joie, la volupté, l'amour; la femme surtout, la femme divinisée, la femme faite muse ; et puis partout des fleurs, des fêtes, le printemps, le matin, la jeunesse, voilà, ce qu'on trouve dans ce portefeuille d'élégies déchirées par une balle de pistolet.» Victor Hugo, dans ces lignes, .a très-bien caractérisé ces poésies douces et mélancoliques où un jeune homme de vingt ans épanchait ses premiers rêves :
Une femme ! Jamais une bouche de femme "N'ft soufflé sur mon front, ne m'a b&isé d'amour 1 Jamais je n'ai senti sous deux lèvres de flamme Mes deux yeux se fermer et s'ouvrir tour h tour...
Oh! qui pourra me dire...
Si jamais une femme aimable et prévenante, Amie aux mauvais jours, aux jours heureux aman La, Si cet ange da ciel un jour me sourira 7
L'avant-dernier vers est fort beau.
Je rêve de douces chimères Que l'avenir ne verra pas,
dit le poète ailleurs.
Somme toute, le Sylphe était une promcs» .-, et peut être aurions-nous eu en Dovaile un poète tendre et gracieux, qui eût dignement tenu sa place entre le Lamartine des Méditations et le Hugo des Feuilles d'automne. « Son œuvre, a dit M. Charles Asselineau dans une excellente étude, est une aurore pâle comme toutes les aurores, mais qui eût pu avoir son midi coloré. »
Sylphe (le), opéra-comique en deux actes, paroles 'de M. de Saint-Georges, musique de Clapisson ; représenté à l'Opera-Comique te 27 novembre 1856. Angèle de Senneterre a toujours cru que le monde était peuplé de gnomes et de sylphes. Elle vient d'épouser le marquis de Valbreuse, un marin qui n'est ni crédule ni sentimental. Un certain chevalier de Sainte-Laure veut profiter de cette différence d'humeur entre les époux. Angèle est sur le point d'écouter les protestations du chevalier; mais la voix du sylphe se tait entendre et à plusieurs reprises donne de si bons conseils, qu'Angèle comprend qu'elle fera bien de les suivre. Elle demande a voir les traits de ce mystérieux ami. Le sylphe y consent et se révèle eniiu sous la figure du marquis de Valbreuse. C'est lui qui a tenté avec succès de guérir sa femme de ses superstitieuses hallucinations. Chaque fois que le sylphe va témoigner de sa présence, une phrase caractéristique, suave et vaporeuse se fait entendre. L'instrumentation affecte dans cet ouvrage des coquetteries raffinées. L'emploi de la harpe, des (lûtes et des violons con sordini est d'un heureux effet. Nous rappellerons la chanson du veneur, le petit duo d'Angele et du chevalier, la romance du marquis et un air chargé de vocalises brillantes. Les rôles ont été créés par Faure, Pooehard, Mme Vandenheuvel-Duprez.
SYLPHIDE s. f. (sil-ii-de — fém. de sylphe). Sylphe femelle.
— Fig, Femme gracieuse et légère :
Sylphide légère, J'aime k voltiger.
Scribe.
SYLPHIRIE s. f. (sil-fl-rt — rad. sylphe). Pays des sylphes.
— Fait). Logement placé SOUS les combles d'une maison très-élevée :
Des régions de sylphirie De ce séjour aérien
GB.BBBÏÎ.
SYLT, petite Ile de Prusse, dans la mer du Nord, près de la côte occidentale du Slesvig, vis-à-vis de Tondern, par 54° 55' de latit. N. et 6° de longit. E., à il kilom. du continent. Cette Ile, qui s'étend du N. au S. le long de la côte, mesure 36 kilom. de longueur sur 4 kilom. de largeur moyenne. Superficie, 964 hectares; 3,000 hab., dissémines dans cinq villages et quelques fermes. Sol sablonneux et peu fertile.
SYLVA {Béatrix de), religieuse portugaise, fondatrice de l'ordre de la Conception de la Vierge, née en 1430, morte en 1490. Sœur il'Ainédée de Sylva et de Jacques de Sylva, premier comte de Portalègre, elle fut élevée auprès de l'infante Elisabeth, petiteiiile de Jean loi, roi de Portugal. Lorsque cette princesse fut mariée, en 1447, à Jean II, roi de Caslillu, elle garda près d'elle son amie d'enfance. Béatrix avait alors dix-sept ans. Plusieurs seigneurs castillans, dit Hilarion
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de Coste, quoique naturellement ennemis de la nation portugaise, furent tellement charmés de sa bonne grâce, qu'ils quittèrent et déposèrent leur ancienne haine et aversion et se laissèrent transporter à l'aimer, si bien que leurs âmes étaient plus en ce visage illégitimement aimé que dans les corps qu'elles animaient. Plusieurs inconsidérés attaquèrent ce rocher comme les flots et les vagues les écueils, mais ils n'en rapportèrent que de la confusion et de la honte; car ayant lame encore plus belle que le corps, elle eût mieux aimé endurer mille et mille morts que d'offenser Dieu. La plupart de ces inconsidérés, non contents d'avoir reçu plusieurs refus de cette très -chaste demoiselle, tâchèrent, sous prétexte de mariage, de la mugueter, de la cajoler, même de la séduire... » Béatrix de Sylva ferma l'oreille aux propos galants et résolut de se consacrer à Dieu. Les dames de la cour lui en fournirent le prétexte en répandant le bruit qu'elle n'était point.aussi prude qu'elle voulait bien le faire paraître et que son air d'innocence cachait de honteux dévergondages. Elle fut arrêtée, jetée dans un cachot et même, suivant quelques auteurs, dans une cage de bois, et condamnée à y vivre de pain et d'eau. Elle souffrit avec fermeté cette punition de crimes que, il faut le croire, elle n'avait point commis) et les pensées religieuses qui s'étaient emparées d'elle dès son enfance s'exaltèrent. Le jeûne aidant, elle eut des extases, des visions, des révélations. Elle s'imagina, une nuit, que la Vierge lui apparaissait, revêtue d'une robe blanche, d'un manteau bleu et portant au cou le scapulaire. On la remit en. liberté et aussitôt elle alla s'enfermer dans le monastère de Saint-Dominique de Tolède.
• Béatrix, dit Hilarion, allant demeurer à cette sainte maison reçut une consolation ; ayant ouï une voix qui l'appelait en langue portugaise par son nom, la dévote demoiselle, s'étant retournée, vit deux religieux de l'ordre de Saint-François qui l'encouragèrent à poursuivre son saint dessein et lui prédirent qu'elle serait un jour la mère de plusieurs tilles et vierges.» En 1484 ou 1489, après avoir passé plus de trente-cinq ans dans le monastère de Tolède, Béatrix fonda l'ordre de la Conception de la Vierge, en cloîtrant avec elle douze filles qui embrassèrent son institut. Son ancienne amie, Elisabeth de Castille, l'aida dans ses projets en obtenant la confirmation de sa règle et l'union du nouvel ordre à celui de Cîteaux.
Béatrix de Sylva mourut la veille du jour où elle devait faire le vœu solennel de profession, le 16 ou 17 août 1490. Une étoile d'or, d'un éclat admirable, parut sur son front dès qu'elle eut rendu à Dieu son âme. Corneille Tielmans, cordelier, k la fin du second volume des Vies des saints et saintes de l'ordre de Saint- François, a écrit vingt-huit distiques latins en son honneur. Voici l'un d'eux, traduit en vers français par Hilarion de Coste :
Béatrix, trop belle princesse.
Du renard craignant la finesse, Eetire2-vous de la forêt.
Et la mère de Dieu, cette brillante étoile;
Vous donnera la voile Qui vous peut empêcher de tomber dans ses rets.
SVLVA (Eloi), chanteur français , né en Belgique vers 1842. Se destinant de bonne heure au théâtre, il ne négligea rien pour son instruction musicale et étudia avec Duprez les grands rôles du répertoire de ce chanteur, dont il convoitait déjà l'héritage. Mais comme il n'était pas élève du Conservatoire, il dut, avant de songer à l'Opéra, parcourir d'abord la province, il eut partout des ovations, ce qui décida M. Halanzier à venir l'entendre au Grand-Théâtre de Lille. 11 en fut si satisfait qu'il l'engagea immédiatement. M. Sylva débuta à l'Académie nationale de musique en mai 1872. « Il est difficile, dit M. de Théinines, de trouver un bon ténor, plus difficile encore de trouver un ténor qui puisse chanter le répertoire de l'Opéra; la difficulté devient extrême quand il s'agit d'en trouver un qui chante Robert le Diable. M. Sylva n'a pas craint de se mesurer avec ce rôle dès ses débuts dans la carrière. A-t-il réussi? Oui et non. Oui comme ténor, non comme Robert le Diable. Cependant M. Sylva, bien que la nature l'ait taillé en ténorino et paraisse l'avoir destiné à chanter les Lindor et les Edgar, possède un magnifique organe, plein, ample, vigoureux, retentissant, véritable voix d'opéra, où le cri rhythmé est préféré au chant suave et délicat. • Le jeune chanteur continua ses débuts dans Raoul de Nungis des Huguenots et Jean de Leyde du Prophète. Ce fut sous les traits de ce personnage populaire qu'il déploya de plus grandes qualités seéniques. M. Sylva resta deux ans à, l'Opéra, où il créa le 15 juillet 1874 l'Esclave, opéra en quatre actes de Membiée, puis il ri^ourua jouer en province. 11 interpréta;! Toulouse, au théâtre duCapitole.iioierj le Diable, \a. Juive, le Trouvère, la Favorite, etc. Depuis lors, il a donné des représentations pendant un mois à Vichy et à Lille. Engagé au commencement d'octobre 1875 au théâtre royal de la Monnaie, à Bruxe-les, il y obtint le plus grand succès. 11 n'a pus encore été remplacé k l'Opéra. M. Sylva est un ténor dont le timbre de voix est sonore et vibrant; il a beaucoup de puissance dans les registres élevés. Il ne lui manque, pour arriver au premier rang, qu'un peu
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plus de délicatesse dans le chant et un peu plus d'art comme comédien.
SYLVAIN, AINE adj. (sil-vain, è-ne — lat. sylvanus; de sylva, bois, forêt, qu'on a rapproché, de même que le grec ulé, forêt, d'un dérivé sanscrit sûlava, qui a des arbres, de sala, arbre, bien que le changement de la voyelle offre quelque difficulté. Quant au sanscrit sala, arbre, il est conservé par le persan sâl, arbre, et il semble avoir passé au saule dans plusieurs langues européennes). Qui croît dans les forêts.
— Substantiv. Habitant des bois : Je ne quittais plus mes deux sylvainks : l'une était flère et l'autre triste. (Chateaub.) Il Inus.
— s. m. Mythol. rom. Dieu des forêts : Les faunes et les sylvains. Ces arbres, aux pos~ tures superbes, rêveurs comme de vieux sylvains, remontent peut-être au temps de Pompée. {M'»e L. Colet.)
Ne reverrons-nous plus paraître dans nos bois Les faunes, les sylvains, les nympbes, les dryades. Les silènes tardifs, les humides naïades?
J.-B. Kousskau.
— Entom. Genre d'insectes coléoptères têtramères, de la famille des xylophages, tribu des trogossites, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Europe -.Les sylvains vivent dans les maisons, les herbiers, les magasins de grains sous les écorces (H. Lucas.) Il Nom vulgaire de quelques papillons des genres nymphale et satyre ; Le Sylvain cénobite est très-rare. (V. de Bomare.)
■ — s. m. pi. Ornith. Groupe d'oiseaux, plus ou moins étendu, suivant les divers auteurs, et comprenant les genres qui présentent comme caractère principal de vivre dans les bois.
— Encycl. Ornith. Ce terme a été appliqué d'abord d'une manière générale à tous les oiseaux qui, à cause de leur organisation et de leur régime, font dans les bois leur séjour principal, ou même exclusif, par opposition a ceux qui vivent uniquement ou surtout dans les champs ou au bord des eaux ; il désigne par conséquent des oiseaux de groupes très-divers. Quelques auteurs, prenant ce terme dons une acception un peu différente, plus large k certains égards, plus restreinte sous d'autres points de vue, s'en sont servis pour qualifier un ordre ou un grand groupe assez naturel, qui comprendrait les passereaux, les grimpeurs et les colombins. D'autres enfin pensent que, si l'oit conserve l'ordre des sylvains, on. doit le restreindre encore davantage. On voit donc que les auteurs sont loin d'être d'accord sur la valeur de ce terme.
— Entom. Les sylvainsont le corps allongé, étroit, presque linéaire, très-déprimé ; la tête avancée; les antennes assez longues, terminées en une massue presque pert'oliée; le labre petit, avancé, membraneux ; les mandibules déprimées, presque trigones, à pointe bifide ; les palpes très-courtes, presque filiformes ; le corselet aussi large que la tête et l'abdomen, qui est déprimé et linéaire; les élytres recouvrant l'abdomen et les ailes; les pattes assez courtes, avec, les cuisses en massue, les jambes minces et les tarses filiformes. Les sylvains sont généralement de très-petits insectes de couleur brun marron ; ils vivent dans les maisons, les herbiers, les magasins de grains, sous les écorces, etc. On ne connaît ni leurs larves ni leurs métamorphoses. Le Sylvain unidenté est long d'un tiers de centimètre, couleur rouille, ponctué, glabre; on le trouve Sous les écorces, aux environs de Paris.
Sylvain, comédie en un acte, en vers, mêlée d'ariettes, paroles de Marmoutel, musique de Grétry, représentée pour la première lois aux Italiens le 19 février 1770. Sylvain, fils d'un gentilhomme, a épousé par inclination une femme de basse extraction, mais vertueuse. 11 en a eu deux tilles, dont l'une est promise au fils d'un riche laboureur. Sylvain, quoique depuis longtemps exilé de la maison paternelle par suite de sa mésalliance, va chasser sur la terre du gentilhomme ; il est arrêté par des gardes-chasse. Sa femme et ses filles vont se jeter aux pieds du seigneur pour demander sa grâce ; ce qui amène une scène de réconciliation et de pardon. Sur ce livret, d'une assez pauvre conception, Grétry a écrit une de ses meilleures partitions. L'ouverture en ut, avec un assez joli motif en fa, n'est pas inférieure à celle de l'Epreuve villageoise. Nous citerons l'air d'Hélène en sol : Nos cœurs cessent de s'entendre, suivi du monologue de Sylvain, qui ne manque pas d'originalité : Je puis braver les coups du sort; le chœur des gardes-chasse ; le duo d'Hélène et deSylvain : Dans le sein d'un père, qui est le morceau le mieux traité de l'ouvrage. Grétry en a fixé les accents principaux d'après les avis- et la déclamation de la célèbre Mlle Clairon. Le trio entre Lucette, Pauline et Dolmon : Venez, venez vivre avec nous, est écrit trop haut pour le soprano. Le baryton Cailleau chanta avec succès le rôle de Sylvain. Cet opéra eut autant de succès que Lucile, du même compositeur.
SYLVAIN, dieu des forêts {sylva) et des champs chez les Latins. D'après les uns, il était fils de Saturne; selon d'autres, de Faunus. 11 présidait aux plantations, protégeait les limites qui bornent les champs, les animaux qui peuplent les bois et favorisait
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leur fécondité. Certains écrivains l'ont identifié tuntôt avec Faune, tantôt avec Egipan ou Pan -Chèvre, tantôt avec le Pan des Grecs. D'après les philosophes, Sylvain était le dieu de la matière. On représente le dieu Sylvain tantôt sous la forme d'un vieillard à la figure joviale, tantôt avec des pieds et des oreilles de bouc et avec des cornes, tantôt sous la forme de Terme, c'est-à-dire n'ayant que la tête et la moitié supérieure du corps, 1 autre moitié se terminant en gaine. Ses attributs sont la serpe, une couronne de feuilles et de pommes de pin ; on le représente souvent tenant une branche de pin, son arbre favori, ou bien encore une branche de cyprès, à cause de son affection pour Cyparisse, qui fut métamorphosée en cyprès, d'où son surnom de Dendrophore(qui porte un arbre). Le dieu protecteur des troupeaux était la terreur des femmes en couche, parce qu'il était regardé comme incube. Il était également un objet d'épouvante pour les enfants. En Italie, où l'on prétendait qu'il avait pris naissance et particulièrement à Rome, Sylvain avait plusieurs temples, notamment sur le mont Aventin et dans la vallée du mont Viminal. Les hommes seuls pouvaient lui offrir des sacrifices, qui consistaient en raisins, épis de blé, lait, viande, vin et porcs.
SYLVAINS, démons ou génies des bois chez les anciens. Ils sont pris fréquemment pour les satyres (v. ce mot). Le mot Sylvain étant latin et venant de sylva, forêt, on ne devrait considérer les sylvains que comme la forme latine des satyres ou silènes grecs. Ils sont également identiques aux faunes (v. ce mot); mais dans la confusion qui fut établie à leur égard entre les traditions grecques et les idées latines, ils se séparent de leur père italique, le dieu Sylvain, dont il vient d'être question dans l'article précédent. Les sylvains sont fréquemment invoqués par les postes de Rome sous leur physionomie hellénique. Il est arrivé pour eux, comme pour la plupart des mythes italiques, que leur mélange avec les mythes helléniques leur a fait perdre leur caractère propre, du moins dans les oeuvres littéraires.
SYLVAIN (Alexandre vander BusseHE,dit LE), poSte belge, né en Flandre vers 1535, mort vers 1585. Les particularités de sa jeunesse sont inconnues, et il n'apparaît dans l'histoire littéraire que lors de son entrée à la cour de France, où il obtint un emploi. Tombé en disgrâce sous Charles IX, il rentra en faveur sous Henri III, qui le prit à son service. Le Sylvain était un homme de moeurs austères et qui conserva une attitude pleine de dignité dans un monde de i-ourtisaus. Ses principaux écrits sont : Arithmétique militaire (Paris, 1572, in-4°); le Premier livre des procès tragiqtif.s (1575, iu-16); Description du dernier jour ^1575, petit in-8"); Dialogue de l'amour honnête (1575, in-16) ; Recueil des daines illustres en vertu (1576, in-16). Le style de ces ouvrages a une certaine élégance et une clarté qui fait fréquemment défaut aux écrivains de son temps.
SYLVAIN SAINT-ÉTIENNE (Joseph), littérateur français, ne à Aix (Kouches-du- Khône) en 1807. De bonne heure il montra d'heureuses dispositions pour la musique et se lia d'amitié, dans sa ville natale , avec Félicien David, alors enfant de chœur à la métropole. Cependant il s'adonna tout d'abord au journalisme, fonda le Mémorial d'Aix et collabora au Messager du Midi. En 1844, il quitta Marseille pour se rendre à faris, cm Félicien David venait de faire jouer avec un grand succès sa symphonie le Désert. Ce dernier le décida a l'accompagner dans une tournée artistique en Europe et le chargea spécialement de la direction de ses concerts. Ils parcoururent ensemble l'Allemagne, la Hongrie et l'Italie. Fendant cette excursion, qui dura un an, M. Sylvain Saint- Etienne écrivit pour l'auteur du Désert le Hbretto de Moïse au Sinaï, qui fut représenté à l'Opéra le 21 mars 1846 et, plus tard, au Conservatoire. A cette époque, il était rédacteur de la Gazette musicale, qui publia sous son nom une série d'articles sur l'art de la musique en province, que Georges Kustner a signalés dans son grand ouvrage, le Cycle choral. L'écrivain parlait ex prof'esso pour la partie chorale, ayaut fondé bien avant la création des orphéons une société composée d'artistes et d'amateurs qui avaient exécuté un répertoire très-varié des plus grands maîtres. M. Sylvain Saint-Etieune a écrit Christophe Colomb, ode-symphonie en quatre parties, musique de Felicieu David, avec Méry et Charles Chaubet (Conservatoire de musique, 7 mai 1847); la Perle du Brésil, opéra-comique en trois actes, musique de Félicien David, avec Gabriel (Théâtre -Lyrique, 22 novembre 1852). Il a fait paraîtra également un grand nombre de scènes, de romances et de chœurs pour divers compositeurs. Il a traduit de l'anglais : Acis et Lialatée, Sainte Cécile, Salomon, Israël en Egypte, cantates et oratorios de Hsendel édités par E. Gérard de 1861 à 1869. Il est aussi l'auteur des paroles intercalées dans VEcole de l'art du chant, de M""' Pauline Viardot, ouvrage malheureusement inachevé. On lui doit encore une traduction de chœurs composés par Mendelssohn (1873). En 1874, M, Sylvain Saint- Etienue a transformé en d rame lyrique le poème primitif de la Perle du Brésil et y a adapté, au lieu du dialogue
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parlé, des récitatifs dont Félicien David a écrit la musique, ce qui en fait une œuvre beaucoup p]u« importante pour la scène. Il a fondé, avec Charles Vincent et Coligny, la Cknnson française. On a inséré de lui, dans le Livre d'or des femmes (1870) et dans la ModedeParis (1872), plusieurs notices surdes cantatrices célèbres, notamment MroeB Malibran, Cruvelli et Miolau-Carvalho. M. Sylvain Saint-Etienne a, en outre, collaboré à l'ancien Corsaire, à V Union, à la Vérité, au Messager de Paris, etc. Comme critique musical, il a signé ses articles tantôt sous le pseudonyme de Sexiua Durand, tantôt sous celui de A. de Bovy,
SjWano, opéra allemand, muisque de Weber ; représenté à Stuttgard vers 1807. Le compositeur adapta à ce nouveau poème la musique de son opéra Das Waldmâdchen (la Fille des èois), qui avait été représenté aveu succès à Munich sept ans auparavant. Weber n'avait alors que quatorze ans. Sylvana resta au répertoire allemand. On fit une reprise brillante de pet ouvrage à Berlin, dans la salle Kroll, eii novembre 185S.
Sylrana, drame lyrique en quatre actes, paroles de Mestepès et Wilder, musique de Carl-.Maria de "Weber; représenté au Théâtre- Lyrique (Athénée) en avril 1872. Cette œuvre de la jeunesse de Weber a subi plusieurs transformations. Celle-ci est la plus complète et se compose plutôt d'une pièce dans laquelle on a introduit des morceaux de musique du maître que d'un ouvrage dramatique sorti de son imagination. Le sujet a toute la simplicité d'une légende. Le duc Mathias, soupçonnant son fils Rodolphe d'être le fruit d'un adultère, l'a chassé de ses domaines ; il veut faire épouser sa nièce Hélène au comte Albert; Rodolphe revient à ce moment et réclame ses droits; en outre, il aime Hélène; le duc le chasse de nouveau; mais Sylvana, la muette des bois, fait parler le bohémien Melchior, qui dissipe les doutes de Mathias; Rodolphe, réconcilié avec son père, va épouser Hélène; quant à Sylvana, elle ausBi aime Rodolphe, et plutôt que d'accorder sa main au bohémien qui la réclame, elle se précipite dans un abîme. Le premier acte est le plus remarquable : l'air de Rodolphe, la romance du comte Albert sont dignes de l'auteur du Freisch&ls; les autres actes manquent d'unité. On comprend qu'il y a eu là des interpolations, des additions, des arrangements arbitraires. Le grand finale du troisième acte n'a pas produit l'effet désirable. Le chœur des bûcherons au quatrième acte i'St original et a été entendu avec plaisir. Chanté par Duwast.Cailloi, Neveu, M'ies Ban,i et Duuau. Les rôles de Sylvana et de Melchior mit été joués par M'te Pallier et Clément- Just.
Sylvauriire, roman, par Alexandre Dumas (1844). L'auteur a laissé l'histoire de côté pour cette fois, et îe lecteur s'en félicite. Syt- «andire est le récit des aventures intéressanles du chevalier Roger d'Auguilnem, un vrai héros de roman. 11 débute dans la vie en enlevant du Sacré-Cœur Mlle Constance de Beuzerie, après s'être échappé du collège .>ous les habits de l'abbé son précepteur. Ses parents, arrivés à temps pour empêcher ce joinan de s'achever, l'expédient à Paris pour y suivre les phases d'un procès dont dépend leur fortune. Le jour même de son arrivée, il tue un homme en duel, en blesse un autre, perd sa bourse au jeu et se voit faire une singulière proposition. On lui assure le gain de son procès s'il consent a épouser Mlle Sylvandire, la fille d'un de Ses juges. Epouser, comme on dit vulgairement, chat en poche etdélaisser Constance ne lui sourit guère, mais il croit de son devoir de sacrifier son bonheur à celui de ses parents. Ses regrets diminuent d'ailleurs rapidement; Sylvandire joint un esprit remarquable à une beauté éblouissante. Le mariage s'accomplit, Roger n'éprouve aucun mécompte et la lune de miel semble devoir être éternelle, car notre chevalier ne peut parvenir tout d'abord à trouver des imperfections a sa femme. Mais le défaut de la cuirasse se présente bientôt sous ht figure du marquis de Royancourt, ami de M5" de IWaiatenon et du Père LeTellier, un de ces jésuites de cour si communs sur la lin du règne de Louis XLV, observant vigiles et jeûnes en public et s'en consolant secrètement dans les plaisirs coupables de l'adultère, Roger, qui a la tête fort susceptible, veut arrêter le mal dans sa racine et emmène sa femme dans ses terres eu ne la prévenant que deux heures avant le départ. Sylvandire obéit à la force, mais en route elle s échappe. Roger rebrousse chemin pour la poursuivre et, en rentrant à Paris, la trouve faisant les honneurs de leur hôtel comme si rien ne s'était passé. Congédier les importuns et chercher à l'entraîner de nouveau est vite fait; mais vouloir et pouvoir font deux, et Roger repart seul dans la crainte de frapper sa femme. Après trois mois de séjour en Angleterre, averti par un ami, le marquis de Cretté, de la disparition de Sylvandire, il accourt pour se faire arrêter aux portes de la capitale comme coupable d'avoir chansonné M"1» de Maiutenon. Sa femme avait remis à la police certain noël contre la favorite copié de sa main. Roger tente trois évasions qui n'aboutissent qu'à le faire traiter plus sévèrement ; il semble alors se résigner, mais il couve sa vengeance. 11 s'essaye à l'hypocrisie, prend
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le masque de Tartufe et devient de force en dissimulation à rendre des points à un jésuite. Aussi, lorsque le marquis de Roy ancourt vient le délivrer de sa prison, il feint de croire à toutes ses protestations de tendresse, le serre dans ses bras, accepte comme argent comptant les caresses perfides de Sylvandire et semble le plus heureux des hommes entre sa femme et son ami. Son jeu paraît si nature!, que ies deux hypocrites s'y laissent prendre et lui permettent d'assurer sa vengeance. Sous prétexte de refaire sa santé dérangée par la prison, Roger emmène sa femme en Provence et, au milieu d'une promenade en mer, la livre à des pirates barbaresques pour aller figurer dans le harem de quelque noir sultan. Rentrer au port en criant de douleur, en s'arrachant les cheveux, de l'air d'un époux désespéré dont la femme vient de se noyer, ne fut qu'un jeu pour le chevalier. Nul soupçon ne s'éleva, et chacun plaignit le baron d'Anguilhem lorsqu'il partit pour aller ensevelir ses chagrins dans le château de ses pères. Qu'y rencontra-t-il? Constance de Beuzerie, toujours fidèle, qui l'attendait et avait refusé de croire a son mariage, Constance, qui le croit libre et n'aspire qu'à renouer leur roman jadis interrompu. Après bien des hésitations, Roger, ne pouvant plus décemment reculer, prend son parti en brave ; il deviendra bigame. Il y a si peu de probabilité pour que Sylvandire vienne réclamer Ses droits I Mais c'est souvent l'improbable qui arrive, et le jour même de ses noces il reçoit la visite de sa première femme, qui lui déclare que, si dans trois heures elle n a pas touché 600,000 livres, elle se fera annoncer au château sous le nom de la baronne d'Anguilhem. Elle quitte son mari sur ces mots en lui laissant l'adresse de Son Exe. Méhémet-Riza-Bey, ambassadeur de Perse, son seigneur et maître. Roger ne voit qu'une issue, se brûler la cervelle. Mais il a été trop malheureux jusqu'alors; le hasard lui devait une compensation et la lui donne généreusement. Son ami Cretté, chargé de négocier le départ de Sylvandire, s'aperçoit que l'ambassadeur n'est qu'un Indien de sa connaissance, qui a joué le roi, la favorite, la cour et tout Paris. Le reste se devine aisément. Le faux Persan, qui ne se sent nulle sympathie pour la Bastille, s'estime heureux d'aller jouir en sûreté dans son pays de l'aigent qu'il a extorqué à la vanité de Louis XIV. Sylvandire l'accompagne après avoir remis au marquis de Cretté une lettre constatant que c'est elle qui a quitté son mari en feignant de se noyer et qu'elle est devenue l'épous'e de l'ambassadeur improvisé. Roger d'Anguilhem, désormais débarrassé de sa première épouse, achève enfla le roman jadis ébauché aveu Constance.
Qu'on se figure cette histoire singulière racontée, ou plutôt représentée avec la vivacité de style entraînante du Dumas des bons jours, son esprit naturel et passablement gascon, et l'on pourra se faire une idée du charme continu qu'on goûte à la lecture des volumes que forme Sylvandire.
SYLVANE s. m. (sil-va-ne — du lut. sylvanus, forestier). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des xylophages, tribu des mycétophagites, comprenant plus de vingt espèces, répandues dans les trois continents.
— Miner. Syn. de sylvanite.
SYLVANGE s. f. (sil-vau-je). Arboric. Variété de poire.
SYLVANITE s. f. (sil-va-ni-te). Miner.
Nom donné en minéralogie à un tellurture natif d'argent et d'or, appelé aussi sylvane
et OR GRAPHIQUE.
— EnCVCl. V. TELLURE.
SYLVATICUS (Mathœus), savant médecin italien du mue et du xiv« siècle. 11 fut un des professeurs de l'école de Salerne et publia un livre intitulé : Opus pandeccarum medidicins (Naples, 1474, in-fol.). Cet ouvrage est un dictionnaire comprenant, sous un même alphabet, un vocabulaire de tous les termes de médecine et un dictionnaire assez développé de matières médicales. C'est un des ouvrages les plus importants qui nous restent pour l'histoire de la médecine au moyen âge et aux premiers temps de la Renaissance.
SYLVATIQUE adj. (sil-va-ti-ke — lat. sylvaticus ; de sybia, forêt). Bot. Se dit des végétaux qui croissent sous les arbres, dans les forêts.
SYLVE s. f. (syUve — du lat. sylva, forêt). Hist. anc. Espèce de chasse qui faisait souvent partie des divertissements publics des Romains.
— s, f. pi. Littér. lat. Autre orthographe du mot siLVKS.
SyUc» àti Stace. V. Silvës.
SYLVÉOCYQUE s. m. (sil-vé-o-si-ke). Ornith. Genre d'oiseaux, formé aux dépens des grèbes.
SYLVESTRE adj. (sil-vè-stre — lat. syl- I vesiris, de syloa, foréi). Bot. Qui croît dans les bois : Urobe sylvkstrb, Angélique sylvestre. Pin SYLVESTRE.
— Zool. Qui vit dans les bois : Animal sylvestre.
| SYLVESTRE 1er (saint), élu pape le 2L janvier 314, mort à Rome le 31 décembre 335. Il
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était né h Rome et succéda à saint Miltiade; c'est à peu près tout ce que l'on sait de sa vie. 11 jouit cependant d'une certaine notoriété, grâce aux fausses décrétâtes, d'après lesquelles on a crû longtemps qu'il avait conféré le baptême à Constantin et reçu en échange la concession du pouvoir temporel des papes ; c'est ce qu'on a appelé la donation de Constantin. Du vm« au xit« siècle, l'authenticité des décrétales ne semble pas avoir fait l'ombre d'un doute; le pape Adrien, en 775, l'empereur Frédéric, saint Bernard et bien d'autres en acceptèrent l'autorité; les papes n'y renoncèrent qu'avec une mauvaise grâce manifeste et lorsqu'il fut prouvé qu'elles étaient l'œuvre de faussaires plus audacieux qu'adroits. Aucun des historiens de Constantin n'avait parlé de ce baptême conféré par le pape Sylvestre, et il est dit expressément, au contraire, que l'empereur fut baptisé a Nicomédie par Eusèbe, évêque de cette ville, eu 337.
Sous le pontificat de Sylvestre eurent lieu deux faits mémorables : la convocation du concile de Nicée en 3?5 et la translntion du siège de l'empire à Byzance en 328. L'iîglise fête saint Sylvestre le jour anniversaire de sa mort, le 31 décembre.
Sjr<Tesiro (ordre de Soi m-) [Etats romains]. Cet ordre, qui a été fondé sous le nom d'ordre de l'Eperon d'or, a é(é réorganisé par le pape Grégoire XVI le 31 octobre 1841. L'Eperon d'or servait à récompenser les employés du gouvernement pontifical, les artistes, les savants. Créé vers 1559 par le pape Pie IV, l'ordre tomba bientôt en discrédit à force d'être prodigué. Des dignitaires de l'Etat, des nonces, des prélats s'arrogèrent même le droit de nommer des chevaliers de l'Eperon d'or. Sous les papes Paul III, Jules III, Grégoire Xlli, Sixte-Quint et BenottXIV,les membres de l'ordre s'appelaient chevaliers de la Milice dorée, puis comtes palatins du sacré palais de Latran. Le papa Grégoire XVI, voulant mettre un terme à ces abus, réorganisa l'ordre et le rétablit par des lettres apostoliques sous le nom d'ordre de Saint-Sylvestre. Les membres sont divisés en deux classes : les commandeurs, au nombre de 150, et les chevaliers, qui ne peuvent être plus -de 300. Dans ce chiffre ne sont pas compris les étrangers que le pape croit devoir décorer de cet ordre. Les insignes de l'ordre consistent en une croix d'or a quatre branches et huit pointes , les côtés supérieurs des branches taisant un angle rentrant. Le médaillon du milieu représente, sur un champ d'émail blanc, l'effigie du pape saint Sylvestre, et un cercle émaillé de bleu qui l'entoure porte cet exergue : Sanc. Syluester. P. M. Au revers, sur un cercle d'émail bleu, on lit ces mots : Gregorius XV 1 reatituit ; au centre, sur un champ d'émail , blanc, se trouve le millésime MDCCCXLI.
A la branche inférieure est ajouté un petit éperon d'or, avec molette tournante. Le ruban est partagé en cinq bandes d'égale dimension, dont trois rouges et deux noires. Pour distinguer les commandeurs des chevaliers, les premiers portent cette croix grand modèle au cou, avec le ruban décrit. Les chevaliers ont une croix petit modèle sur la gauche de la poitrine, avec un ruban nuancé de même. Pour les cérémonies, les membres ont un costume spécial. Cet ordre est bien tombé depuis la chute du pouvoir temporel du pape.
SYLVESTHE II, pape de 999à 1003. Il porta d'abord le nom de Gerbertet naquit en Aquitaine à une époque, indéterminée du X» siècle. Sa famille était très-pauvre ; il perdit ses parents de bonne heure et fut élevé par charité dans l'école du monastère de Saint-Gérauld, à Aurillac.. On lui avait donné l'habit monastique au sortir de l'enfance , mais il n'était pas doué d'une piété fort vive. Par contre, son intelligence précoce , jointe à l'indocilité de son caractère et à son mépris pour l'ignorance de ses confrères, le leur faisait considérer comme un être dangereux dont ils auraient bien voulu se débarrasser. Sur ces entrefaites, Borel, comte de Barcelone, étant venu faire une visite au monastère, l'abbé lui demanda si on cultivait les sciences en Espagne. Sur la réponse affirmative du comte, il le pria de vouloir bien se charger d'un jeune moine avide de s'instruire et dont l'esprit caustique faisait le désespoir de la maison. Le comte Borel emmena Gerbert à Barcelone. On ignore si ce fut dans cette ville ou à Séville et à Cordoue qu'il trouva des maîtres. On présume que ce fut surtout dans ces deux dernières villes et que ces maîtres étaient arabes. La civilisation arabe était alors dans son plein épanouissement, tandis que l'univers catholique, tout à la prière et à l'ascétisme, ne cultivait plus d'autre science que la théologie. Gerbert est le premier d'entre les chrétiens d'Occident qui se soit fait le disciple des Arabes. Les contemporains, étonnés de son savoir, en avaient une certaine peur et croyaient volontiers qu'il avait des accointances avec le diable. Quoi qu'il en soit, Dieu, dit la légende de Gerbert, ému de pitié pour l'ignorance de son Eglise, inspira au comte Borel de Barcelone l'idée d'un voyage à Rome, dans lequel il se lit accompagner de Gerbert. Le pape Jean XIII, à qui le moine fut présenté, fut émerveillé de l'entendre et eu écrivit | aussitôt à l'empereur Othon, en insistant sur .
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ce point que Gerbert savait les mathématiques, ce qui était une merveille pour le temps. L'empereur ne voulut pas qu'on 1& laissât retourner en Espagne et lui offrit l'abbaye de Bobbio. Gerbert y ouvrit Une école où l'on afflua aussitôt des diverses contrées de l'Europe. Mais, comme on devait s'y ' attendre, so» savoir souleva des scrupules de divers côtés à la fois, scrupules qui se traduisirent parle pillage de ses biens et des dénonciations contre ses mœurs faites à l'empereur et au pape. Ce savant fut contraint d'abandonner Bobbio et de se retirer provisoirement en Allemagne.
A la cour d'Oihon, Gerbert rencontra un ambassadeur du roi de France, Loth'ire, dignitaire de l'Eglise de Reims, qui avait étudié la logique. Il demanda l'autorisation d'emmener avec lui l'abbé de Bobbio, qu'il présenta, lors de son retour, a l'archevêque de Reims Adalbéron. Ce prélat, qui avait du goût pour les lettres et les sciences, en lit son secrétaire et son umi. Depuis Hiocmar, l'archevêque de Reims était une puissance politique en Europe. Il est probable qu'il ne fut pas insensible non plus aux renseignements que Gerbert lui donna sur le1, affaires de l'empire et les conseillers de l'empereur. Où a de cette période de la vie de Gerbert un assez grand nombre de lettres dans lesquelles il traite des affaires générales du temps et maltraite fort les princes féodaux, qu'il considère comme les perturbateurs de la paix du monde. II poursuivait en même temps ses travaux scientifiques; il avait ouvert une nouvelle école à Reims; elle devint immédiatement célèbre et peut être regardée comme la souche des écoles scolastiques qui pullulèrent en France au siècle suivant. Parmi ses disciples, Gerbert avait Robert, fils du roi de France. Le chroniqueur Richer nous apprend que Gerbert avait un grand nombre de livres, qu'il cultivait à la lois la géométrie, l'astronomie, la physique, la logique, l'histoire et même la poésie. Il composait, en outre, des instruments de mathématiques; on cite, entre autres, trois sphères de son invention à l'aide desquelles il décrivait le mouvement des planètes. On lui attribue aussi la construction de la première horloge mue par des poids. Sa méthode philosophique est curieuse a constater. 11 débutait par enseigner à ses disciples VIsagoge de Porphyre, non sur l'original, car il ne connaissait point la langue grecque, mais sur la traduction de Victorinus à laquelle était joint le commentaire de Boëce.
Il faisait succéder à cet ouvrage les Catégories et Y Interprétation d'Aristote, les Topiques de Cicéron et ceux de Boéoe, les Syllogismes catégoriques du même auteur, ainsi que ses Syllogismes hypothétiques et ses traités De la définition et Be la division.
Il enseignait les lettres aussi bien que les sciences. C'étaient les lettres latines, naturellement, et il ne mettait que des poètes entre les mains de ses élèves. Le choix était bon pour le temps; on remarque, eu effet, parmi d'autres, Virgile, Horace, Juvénal et Lucain. Gerbert conçut l'idée d'une classification des sciences, dont il exposa publiquement les principes à Ravenne en 970, en présence de l'empereur Othon. Le caractère peu scrupuleux de Gerbert et son ambition se manifestèrent dans une circonstance so-< lennelle. L'archevêque de Reims, Adalbéron, était mort en 988 et avait eu pour successeur Arnould, fils naturel du roi Lothaire. Arnould était, par conséquent, le neveu du prince Charles, héritier légitime de la couronne de France après la mort de Louis V et dépossédé par Hugues Capet, qui était un usurpateur, comme la plupart da ceux qui fondent une dynastie. Gerbert poussa son maître Ar uould à défendre le souverain légitime, qui était d'ailleurs son oncie. Charles fut vaincu, et il est probable que Gerbert avait prévu le fait. Quoi qu'il en soit, il sépara solennellement Sa cause de celle d'Arnould dans une lettre restée fameuse et datée de 990. A son instigation, Hugues Capet écrivit au pape, afin qu'il déposât l'archevêque Arnould, Le pape Jean XV ayant fait la sourde oreille, un concile national se réunit à Saint-Basle, près de Reims, sous l'influence directe de Gerbert. Arnould fut déposé et l'habile Gerbert fut élu à sa place. La fortune du moine était faite, mais elle allait lui coûter un grand déploiement d'énergie ; la déposition d'Arnould avait été accompagnée de déclarations peu sympathiques pour la cour de Rome. Elle cassa les actes du concile de Saint-Basle, e'est-a-dire la déposition d'Arnould et l'élévation de Gerbert. Celui-ci écrivit à tous les évèques des Gaules que le pape n'était ni infaillible ni impeccable, que l'épiscopat n'était pas soumis à sa juridiction absolue, qu'on pouvait même lecondainer comme infidèle et publicain. Un concile tenu à Mouzonen 995 laissa l'affaire de Reims sans solution. Le pape tenait pour Arnould, le roi pour Gerbert; les évëques n'osaient prendre un parti.
Cependant, l'année suivante, le pape et le roi moururent, et le successeur de Jean XV demanda justice de Gerbert au roi Robert. Celui-ci hésita; niais ayant besoin d'uiit) dispense pour épouser sa cousine Berthe, il allait céder. Gerbert comprend la situation, s'iimnilie, demande à être jugé et Huit par être déposé (996).
Il retourne en Allemagne à la cour de l'emuerfur Othon ÏII, ipii ne tarde pas k lu uro-
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poser au pape Grégoire V pour le siège archiépiscopal de Ravenne (997J. Son autorité personnelle se fit si bien accepter en Italie parmi les princes féodaux comme dans l'Eglise, que le pape prit l'habitude de le consulter dans toutes les affaires importantes, et qu'en 999, lors de sa mort, Gerbert fut élu à sa place.
Cependant l'intervention active de l'empereur Othon III, qui proclamait Gerbert le plus grand philosophe de son temps, ne fut pas étrangère k cette élection.
Gerbert fut intronisé le 2 avril 999, sous le nom de Sylvestre II. Les affaires de l'Eglise, aux prises avec l'empire, étaient fort embrouillées. Le nouveau pape se hâta de conclure avec l'empereur une sorte de concordat, puis il confirma la possession du siège de Reims à Artiould, qui n'était plus son compétiteur. La guerre était partout, en Allemagne, en France, en Italie, à Rome même; l'habileté et l'énergie de Sylvestre II s'imposèrent en quelques années à toutes les ambitions, et, quand il mourut (1003), il était également craint et respecté par l'Eglise et par la féodalité.
Des rumeurs comme il pouvait s'en répandre au xi* siècle circulèrent longtemps* en Europe à l'occasion de .sa mort. On se disait à l'oreille que, pour devenirpape, il avait vendu son âme au diable et que, le jour de sa mort, te diable l'avait emporté. '
Il a laissé un grand nombre d'écrits, parmi lesquels un précieux recueil de Lettres sur diverses matières, politiques, littéraires tt ecclésiastiques. Ce sont ces lettres qui peuvent le mieux le faire juger. On y voit à chaque ligne un homme actif, habile, d'une énergie à toute épreuve, avec des passions violentes, une souplesse d'esprit incroyable; il savait joindre l'adresse du renard à l'avidité du loup. L'édition princeps des Lettres de Gerbert est de Paris (1621, 1 vol. in-4«),avec d'autres lettres de Jean de Salisbury et d'Etienne de Tournai. Elles ont été rééditées dans le recueil de dom Bouquet.
Gerbert est l'auieur de quelques vers assez dépourvus de mérite, puis de séquences ou proses perdues, d'un Traité de la rhétorique, également perdu. Un seul de ses écrits philosophiques est arrivé jusqu'à nous; il a pour titre : De rationali et ratione uti, publié dans le tome Ier du Thésaurus novissimus de Bernard Pez.
Ses ouvrages théologiques sont : Synodus Hcclesix gaUicaux habita Durocortori Remorum , dans le recueil des Centuriateurs de Maydebourg (t. X; Francfort, 1600,1 vol. in- 12) ; Oiatio Gerberti in concilia Mosomensi (Mouzon), dans le tome IX du recueil des Actes des conciles de Labbe ; c'est un chefd'œuvre d'habileté oratoire, surtout si on se reporte à l'époque ou ce discours fut prononcé ; De iuformatione epiteoporum ou De dignitate saccrdotali, ou encore De vita et ordinatione episcoporum, dans le tome II des Analecta de Mabillon : cet opuscule a été longtemps attribué à saint Ambroise ; 0e corpore et sanguine Christi, dans le Corpus anecdotorum de Bernard Pez.
Parmi les travaux mathématiques de Gerbert, on cite : le Liber subtilissimus de arithmeiïca, encore inédit, qui existerait k Ratisbonne, dans la bibliothèque de l'abbaye de Saint- Emmerand; l'Aùacus ou Traité de l'abaque, aussi manuscrit, à Ratisbonne. Il existe aux manuscrits de la Bibliothèque nationale (7189, A) un ouvrage de Gerbert appelé ; Raliones numerorum ubaci, qui n'en paraît pas différer. 11 a été publié dans les œuvres de Bède, comme lui appartenant, et de nouveau par M. Chasles, qui le restitue à Gerbert sous ce titre : Explication des traités de l'abacus et particulièrement du traité de Gerbert.
La bibliothèque de Leyde possède, dit-on, un opuscule manuscrit attribué à Gerbert et donné par Scaliger, intitulé : Libellus multiplicaliouum; un autre opuscule, appelé De numerorum divisione, paraissant, sous un titre différent, être le même que le Aatianes numerorum abaei; le Rhythmimaehia, également attribué à Gerbert.
Ces divers travaux de Gerbert ont une assez grande importance pour l'histoire des sciences en Occident, mais sont loin de justifier la haute opinion de ses contemporains, si du moins on les compare aux œuvres du même temps des Arabes de Séville et de Cordoue. « Ou y reconnaît piutôt, dit M.. Chasles, une imitation et un commentaire des ouvrages .de Boece qu'un reflet du savoir et des méthodes arabes, dont ne trouve les premiers germes en France qu'au xne siècle. ■
Gerbert se montre assez instruit des règles de calcul des nombres entiers et fractionnaires; mais il est à remarquer que, contrairement à l'opinion généralement répandue, les chiffres arabes n'y sont jamais employés. Le système de numération qu'enseigne Gerbert n'est plus, il est vrai, le système latin, mais ce n'est pas encore notre système actuel, quoiqu'il s'en rapproche un peu. Malheureusement, il serait aujourd'hui très-difficile de le définir exactement, les copistes qui nous ont transmis les écrits' de Gerbert ayant adopté successivement les signes et les caractères plus modernes à mesure que l'usage s'en était répandu.
SYLVESTRE 111, antipape, né à Rome, élu en 1044. Benoît IX ayant été chassé par les Romains, ceux-ci portèrent au trône pontifical Jean, évèque de Sabine, sous le nom
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de Sylvestre III. Benoît rentra par la force des armes et chassa Sylvestre ; mais entendant gronder autour de lui la colère de ses sujets, il céda la tiare à Jean Gratien, qui prit le nom de Grégoire VI. Rome et le monde chrétien se trouvèrent ainsi partagés entre trois pontifes. Pour mettre fin à ce scandale, le concile de Sutri, présidé par l'empereur Henri III, déposa les trois compétiteurs et nomma un quatrième pap.e, Clément II.
SYLVESTRE GOZZOLINl (saint), fondateur des sylvestrins en Italie, né à Osimo en 1177, mort le 26 novembre 1267. Il étudia le droit canon et la théologie à Bologne et à Padoue et fut nommé chanoine d'Osimo. A l'âge de quarante ans, il se retira dans un lieu désert. Il eut bientôt quelques compagnons et bâtit, en 1231, le monastère de Monte-Pano. Il adopta la règle de saint Benoît pour lui et pour son monastère. Le pape Innocent IV approuva en 1248 le nouvel institut. L'ordre des sylvestrins prit un rapide développement, et à la mort de son fondateur il comptait déjà vingt-cinq maisons. Fabrint, quatrième général de cet ordre, a écrit une vie de saint Sylvestre, qu'on trouve dans le Brève chron, délia congreg. dei monachi Sylvestrini.
SyKeatre ( monsikïïr), roman de G. Sand. V. Monsieur Sylvestre.
SYLVESTRIN s. m, ( sil-vè-strain ). Hist. relig. Religieux d'un ordre fondé au xme siècle par saint Sylvestre Goxzolini.
SYLVIA s. f. (sil-vi-a). Astron. Planète télescopique découverte en 1860.
SYLVIA (Zunetta-Rose BKNOZZI, connue au théâtre sous le nom de), actrice française, née à Toulouse en 1697, de parents italiens, morte à Paris en 1759. Elle suivit son père, qui retournait dans sa patrie, et s'essaya, très-jeune encore, sur diverses scènes secondaires. Sylvia vint à Paris avec la troupe italienne qui y fut appelée par le duc d'Orléans, régent de France, et débuta sur le théâtre du Palais-Royal en 1716, dans l'Inganno foriunato. La jeune actrice ne tarda pas à éclipser ses rivales. En 1720, Sylvia épousa, par amour^son camarade Joseph Baletti, dit Mario. Marivaux , qui débutait à cette époque dans la carrière d'auteur dramatique, comprit vite le parti qu'il pouvait tirer du talent de Sylvia et écrivit pour elle : la Surprise de l'amour, le Jeu de l'amour et du hasard, les Fausses confidences, les Sincères, etc. Le 15 mars 1725, elle remplie, avec une supériorité qui étonna même ses plus ardents admirateurs, le rôle d'Andromaque. « Sylvia joua pendant quarante-deux ans les rôles d'amoureuse avec la même vivacité, la même finesse et la même illusion, » dit un biographe. Elle excellait surtout dans les pièces de Marivaux, qui eut parfois le bon goût et la modestie de mettre à profit les conseils de son interprète. Rien n'égalait, dit-on, le charme et l'organe de Sylvia, dont les manières distinguées faisaient envie à plus d'une grande dame.
SYLVIADÉ, ÉE adj. (sil-vi-a-dé — rad.
sylvie). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à la Sylvie.
— s. f. pi. Famille de passereaux, ayant pour type le genre sylvie.
SYLVIAXIS S. m. (sil-vi-a-ksiss — du lat. lylvia, sylvie; axis, axe). Ornith. Syn. de lsjptonyx ou scytalofë, genre de passereaux, formé aux dépens des sylvies, et dont l'espèce type habite les terres australes de l'Amérique.
SYLVICOLE adj. ( sil-vi-ko-le — du lat.
sylva, forêt; colo, je cultive, j'habite). Qui a rapport à la sylviculture : Industrie sylvi-