V. Publius Syrus
SYS, préfixe employé pour syn devant un s.
SYSIRINCHIUM s. m. (si-zi-rain-ki-omm).
Bot. V. SISYR1NCHIUM.
SYSOMATIQOE adj. (si-so-ma- ti -ke — rad. sysomie). Tératol. Qui appartient à la sysomie. Il Ou dit aussi syssomatique. .
SYSOME s. m. {si-so-me — du gr. sun, avec ; sôma, corps). Tératol. Monstre qui a deux corps. Il On dit quelquefois sySsome et plus ordinairement sysomien.
SYSOMIE s. f. {si-so-mî — rad. sysome). Tératoi. Conformation des sysomiens. il On dit aussi SYSSOMIE.
SYSOMIEN, IENNE adj. (si-so-mi-ain, i-ène — du gr. sun, avec ; sôma, corps). Tératol. Se dit de certains monstres dont les deux corps sont réunis ou confondus, et le3 deux têtes distinctes : Monstre sysomibn. Il On dit aussi SYSSOMIEN.
— s. m. Monstre sysomien,
— Encycl. Les sysomiens sont, parmi les monstres simples intérieurement et doubles supérieurement, ce que sont les sycéphaliens parmi les monstres simples supérieurement et doubles inférieurement.
Les sysomiens comprennent trois genres, caractérisés par autant de degrés dans la duplicité du corps. Ces genres sont :
10 Les psodymes. Deux corps distincts supérieurement dès la région lombaire, deux thorax complets et séparés, deux membres pelviens, quelquefois les rudiments d'un troisième. A propos des psodymes, pins rares que les autres genres, nous citerons une observation consignée par Mac-Laurin dans les Transactions philosophiques et qui atteste au moins la possibilité que ia vie Se prolonge quelque temps, même chez les psodymes humains. Le sujet de l'observation, ne en Lorraine en 1722, jouissait, encore un mois après sa naissance, d'une très-bonne santé, et ce n'est que dans le cours du troisième mois qu'il succomba. Les deux individus composants dormaient, remuaient, tétaient indifféremment tantôt ensemble et tantôt séparément. On prétend aussi que les pouls n'étaient point isochrones chez l'un et chez l'autre. On a eu aussi l'exemple de deux veaux psodymes, mais qui sont morts en naissant. Enfin, Aldrovande, dans sa Afonstrorum kistoria, signale un squale dont le corps était double dans sa moitié antérieure tout entière ; il avait été pris dans le Nil et était de la taille d'un crocodile.
2» Les xypkodimes. Deux corps distincts supérieurement; deux thorax confondus inférieurement, séparés dans leur partie supé- , rieure ; deux membres pelviens, quelquefois le rudiment d'un troisième. Les xyphodimes nous offrent, chez l'homme, des exemples intéressants et assez nombreux. Saint Augustin fait mention dans ses ouvrages d'un homme double seulement dans la région susombilicale. Néanmoins ce fait et quelques autres également relatifs à l'espèce humaine, que l'on trouve signalés dans les ouvrages de Paré, de Licetus, d'Aldrovande, manquent entièrement d'authenticité, et l'on ne peut leur attribuer aucune valeur scientifique. Mais voici deux faits certains et du plus haut intérêt.
Vers le commencement du règne de Jacques IV naquit en Ecosse, au rapport du célèbre historien Buchanan, un enfant mâle dont le corps , unique inférieurement et double supérieurement, paraît avoir réalisé tous les caractères des xyphodimes. Elevé avec beaucoup de soin par les ordres du roi, ce monstre apprit plusieurs langues et devint habile musicien. Ses deux moitiés avaient souvent des volontés opposées et quelquefois même se querellaient entre elles. Cet être double mourut k vingt-huit ans. On prétend que l'un des corps survécut .plusieurs jours à l'autre.
Le second* fait est plus rapproché de nous. Il s'agit de l'être double né à Sassari, en Sardaigne, le 18 mars 1839, et qui, transporté en France dans l'automne de la même année, est mort k Paris le 23 novembre , k l'âge de huit mois et demi. Ce monstre était une double fille, connue sous le nom de Rita-Crislina, et qui fut lo sujet de nombreuses et importantes observations de la part de MM. Geof-
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froy Saint-Hilaire , Serres , Martin Saint- Ange et Caste).
On ignore si , à leur naissance , les deux composants étaient également forts et bien portants; mais il est certain que, dès l'âge de trois mois et demi , ils présentaient une différence sensible.
Le sujet gauche, Cristina, avait la tête plus ovale et surtout plus grosse que ïe sujet droit, Rita. La différence était plus marquée à six mois et surtout à huit. Cristina paraissait forte et bien portante ; elle était vive, gaie, avide de prendre le sein ; Rita était maigre ; sa peau, généralement jaune, offrait une teinte bleuâtre à la figure; ses cris étaient fréquents. Les phénomènes physiologiques constatés par l'observation sont du plus haut intérêt. L'une des deux têtes dormait et l'autre demandait et prenait avidement le sein, ou bien l'une poussait des cris de souffrance tandis que l'autre souriait a sa mère. Si l'on chatouillait un bras de l'une des deux soeurs, elle seule percevait la sensation. Agissait-on sur la jambe droite, Rita seule le sentait et non Cristina; sur la gauche, Cristina et non Rita. Il y avait donc là incontestablement double volonté et double sensation. L'étude des fonctions circulatoires et respiratoires a fourni aussi des résultats intéressants.
Appliqué sur la région cardiaque , le stéthoscope fît entendre des battements trèsconfus et, autant qu'on en put juger, simples. On trouva aussi les battements du pouls isochrones chez les deux soeurs. On en conclut la présence d'un cœur unique. Mais lorsque Rita devint gravement malade et fut prise d'une fièvre violente, l'existence de deux cœurs distincts, démontrée depuis par l'autopsie, devint dès lors évidente, Rita ayant environ vingt pulsations de plus que sa sœur. Le nombre des mouvements respiratoires présenta aussi quelques différences, mais elles étaient peu marquées.
Rita et Cristina éprouvaient séparément le sentiment de la faim, mais presque toujours ensemble le besoin d'expulser les matières fécales. La disposition de leur canal alimentaire, double jusqu'au commencement de l'ilium, explique très-bien cette différence. Tel était l'état de Rita-Cristina lorsque commencèrent les froids de l'hiver. Tenues dans une chambre presque toujours sans feu, découvertes plusieurs fois chaque jour pour être soumises à de nouvelles investigations Rita et Cristina ne pouvaient manquer de mourir promptement. En effet, Rita fut prise d'une bronchite intense dont il fut impossible d'arrêter les progrès. Ce fut trois jours seulement après l'invasion de la maladie que succombèrent les deux sœurs, Rita déjà privée de sentiment et vraiment à l'agonie depuis plusieurs heures,. Cristina jusqu'au dernier moment pleine de vie et de santé. Sa respiration était seulement un peu gênée, son pouls plus fréquent, et elle venait encore de prendre le sein quand tout à coup, sa sœur expirant, elle expira aussi.
30 Les dérodymes. Corps unique k une seule poitrine, dont le sternum est opposé k deux colonnes vertébrales; deux cous; membres thoraciques au nombre de deux, de même que les membres pelviens.
La dérodymie est une monstruosité dont on a constaté l'existence dans le plus grand nombre de groupes zoologiques. On en a rencontré chez l'homme, mais ces monstres mouraient presque aussitôt après la naissance. Is. Geoffroy Saint-Hilaire en a constaté chez le chat, chez le chien, mais surtout chez les ruminants. Chez les reptiles, la dérodymie est connue par plusieurs exemples. Redi, en 1684, trouva étendu au soleil, près de Pise,' un serpent k deux têtes parfaitement distinctes, qu'il conserva vivant pendant quinze jours. Lorsque la mort survint, l'une des deux têtes surs'écut à l'autre pendant sept heures. A l'examen anatomique du corps, on trouva deux trachées-artères, deux grands poumons, deux cœurs, deux œsophages, deux estomacs et deux foies. Telle était aussi la conformation d'un lézard qui fut présenté en 1831 k l'Académie des sciences par MM. Beltrami et Rigal. Cet animal, trouvé en octobre 1S29 dans le Roussillon par un pharmacien, M. Rigal, avait deux têtes bien conformées, portées sur deux cous réunis. Ce lézard fut conservé bien portant jusqu'au mois de février suivant, époque à laquelle il mourut accidentellement. On avait observé que , lorsque les deux têtes pouvaient librement saisir leur nourriture, elles mangeaient toutes deux à la fois, ou bien, si on la tenait k distance, elles se montraient également avides de l'obtenir. Donnait-on un insecte k l'une d'elles seulement, l'autre se tournait vivement vers elle et faisait tous ses efforts pour le lui arracher, du moins Uint que celle-ci n'était pas rassasiée. En effet, dès que l'une était suffisamment repue, l'autre cessait aussi d'avoir faim, disposition qui parait indiquer, selon l'opinion de M. Beltrami, l'existence d'un seul estomac servi par deux œsophages.
SYSPQNE s. m. (si-spo-ne). Bot. Genre d'urbrisaeaux, de la famille des légumineuses, tribu des lotées, formé aux dépens des genêts.
SYSPORÉ, ÉË adj. (si-spo-ré — du préf.
sy, et de spore). Bot. Qui a les spores réunies en groupes.
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— s. f. pi. Tribu d'algues, caractérisée par l'accouplement des filaments qui précède la formation des spores, et appelées aussi Syn-
SPORÉES, ZYQNÉMÉES, ZOOSPOBEES.
SYSRAN, ville de ia Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 148 kilom. S. de Simbirsk, sur le Volga, chef-lieu du cercle de son nom; 14,357 hab. On y remarque deux grandes et belles églises.
SYSSARCOSE s. f. (siss-sar-ko-ze — du préf. sys, et de sarcose). Anat. Union des os, au moyen des chairs ou des muscles.
SYSS AU RE s. m. (si-sô-re — du préf. sys, et du gr. sauras, lézard). Entom. Genre d'insectes lépidoptères.
SYSS1DÈRE s. m. (siss-si-dè-re — du préf. sys, et du gr. sidéras, fer). Miner. Météorite qui contient du fer.
SYSS1T1E s. f. (siss-si-tî — gr. sussitia; de sun, avec, et de sitos, aliment). Antiq. gr. Repas que les Spartiates prenaient en commun.
— Encycl. C'est principalement chez les Spartiates et les Cretois qu'exista la coutume des repas publics; mais on la trouve aussi chez d'autres peuples de -la Grèce, du moins dans les âges reculés. Elle existait k Mégare, k l'époque de Théognis, et k Corinthe du temps de Périandre, qui semble l'avoir abolie comme étant favorable k l'aristocratie. Cette coutume ne fut pas exclusivement une institution du monde hellénique; car, suivant Aristote, elle était en pratique chez les (Enotriens, dans le sud de l'Italie, et aussi k Carthage.qui, socialement et politiquement, présenta de si grandes ressemblances avec la Crète et Sparte. On ne peut fixer d'une manière positive l'origine des syssities; mais on peut raisonnablement supposer que ce fut un reste des habitudes patriarcales et de ces communautés antiques dont tous les membres vivaient fraternellement, comme appartenant k une même famille. Quoi qu'il en soit, cette coutume eut pour résultat naturel d'établir une étroite union entre les citoyens du même Etat. C'est l'éloge qa'en faisait Lycurgue. On ne sait si ce législateur l'introduisit k Sparte, ou bien s'il régla et établit d'une manière définitive un usage déjà ancien. Quant k l'opinion d'Aristote, d'après laquelle les syssities auraient été instituées en Crète par Minos, elle n'a pas de fondement historique et n'est que le résultat d'une tradition légendaire. Les Cretois appelaient les syssities des andréies (repas pour hommes). On en a tiré la conclusion que les femmes n'assistaient point k ces repas en commun, réservés aux hommes faits et aux jeunes gens ; cette conclusion est justifiée par tout ce que les auteurs de l'antiquité disent k ce sujet. Toutefois, il n'est pas improbable que dans quelques Etats doriens il y eût également des syssities pour les jeunes filles. En Crète, tous les citoyens adultes prenaient place aux repas publics. Dans chaque cité de cette Ile, on avait établi deux édifices remarquables par leur grandeur et destinés, l'un au logement de3 étrangers, l'autre aux andréies. Cetui-ci se nommait andréion. Les étrangers n'en étaient pas exclus, et il s'y trouvait doux tables pour eux, circonstance intéressante k noter comme une preuve du soin que les Cretois mettaient k favoriser les relations commerciales. Il y avait, en outre, à l'entrée de la salle, une table dédiée k Zeus hospitalier, et sur laquelle probablement se faisaient les offrandes et les libations k cette divinité. Les Cretois s'asseyaient au repas public par compagnies, qui portaient le nom d'hétairies et qui , sans doute, furent primitivement formées de personnes appartenant k la même famille ou liées par une étroite amitié ; plus tard, quand des vacances se produisirent dans les hétairies, les membres restants choisirent ceux qui seraient appelés k les combler. Le Zeus hospitalier présidaitaux tables des convives étrangers , et le Zeus hétaireos aux tables des hétairies. Les repas publics des Cretois se distinguaient par la simplicité et la tempérance. Dans tous les temps ils furent assis k table, même lorsque la coutume de manger couché se fut introduite à Sparte. Le repas commençait par des prières et des libations aux dieux. Chaque convive adulte recevait une égale portion, sauf le président des tables, qui était toujours un des premiers magistrats et qui en recevait quatre , l'une comme citoyen, l'autre corania président, la troisième pour la maison , la quatrième pour les provisions ; de ces dernières expressions , qui sont traduites textuellement des auteurs grecs, il semble résulter que le président était chargé de veiller au bon entretien de l'édifice où. se faisait le repas et k tout ce qui devait y être employé. Une femme de naissance libre avait la direction générale du service de toutes les tables; elle offrait les meilleurs morceaux k ceux des convives qui s'étaient le plus distingués dans le conseil ou dans la guerre. Trois ou quatre aides mâles étaient sous ses ordres; ceux-ci commandaient chacun k deux aides inférieurs. On servait les étrangers avant les citoyens, même avant le président des tables. La boisson était du vin mêlé d'eau; on en donnait une coupe k chaque convive. L'intempérance était sévèrement punie. Il y régnait parmi les convives une aimable gaieté, k laquelle les invitaient la musique et ie chant,
réludes du repas. Au chant succédait la con-
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versation, qui était dirigée sur les affaires
Eubliques, sur les faits de guerre et les morts éroïques. Les enfants et les jeunes gens jusqu'à leur dix-huitième année mangeaient k côté de leurs pères; il y avait pareillement une place p%îur les orphelins; tous recevaient une demi-portion.
Dans la plupart des cités Cretoises, les dépenses des syssities étaient payées par les revenus publics. On y employait plus spécialement une partie du tribut imposé aux périèques. Une autre partie de ce tribut était réservée à l'entretien des femmes dans l'intérieur de leurs maisons, et le reste servait à défrayer les prêtres et le Culte religieux. Dans quelques cités, surtout dans celles où les revenus publics ne pouvaient suffire aux dépense^ des syssities, chaque citoyen y contribuait pour un dixième de ses propres revenus; mais les citoyens pauvres étaient exemptés de cette contribution, et il ne paraît pas que nulle part on ait établi k table quelque différence entre les pauvres et les riches. Nous avons dit qu'il y avait dans chaque cité Cretoise un seul édifice affecté aux repas publics ; cette indication, que nous trouvons chez les auteurs anciens, paraît bien difficile à admettre pour des cités aussi considérables que Lyctos et Gortyne ; ou elle est erronée, ou le nombre des citoyens était très- petit relativement à la grandeur de ces villes.
Les syssities, k Sparte, furent d'abord appelées andréies, comme en Crète. Plus tard, on les appela phidities, mot qui viendrait de pheidomai, vivre avec frugalité, ou qui, selon d'autres, serait une corruption de philities, signifiant réunion d'amis et correspondant aux hétairies Cretoises. Il y avait une telle ressemblance entre les syssities Spartiates et celles de Crète, qu'on est amené k leur donner, sur cette ressemblance même, une origine commune; l'hypothèse devient plus probable encore lorsqu'on réfléchit que les citoyens des deux contrées appartenaient à la race dorienne. On constate, cependant, chez les Spartiates des particularités qu'il importe de noter. Les dépenses de la table n'étaient jamais fournies par les deniers publics. Chaque chef de famille devait y contribuer ~et donner, par mois, un boisseau de farine, huit mesures de vin, cinq livres de fromage, deux livres et demie de figues et quelques pièces de monnaie pour acheter de la viande. Ceux qui ne pouvaient fournir celte contribution étaient exclus des syssities. Les convives se divisaient en compagnies de quinze personnes. Toutes les fois qu'une vacance venait à se produire, on allait aux voix pour nommer le nouveau convive, et il fallait l'unanimité des suffrages. Personne, pas même les rois, ne pouvait se dispenser d'assister au repas public sans une raison valable; les raisons tes plus fréquemment admises étaient l'obligation do se trouver k un sacrifice et les fatigues de la chasse ; il fallait alors envoyer au repas une partie des animaux sacrifiés ou une partie du produit de la chassa. Le plat principal était le fameux brouet noir, qui était, suivant les uns, un mélange de sel, de vinaigre, de sang et de petits morceaux de viande; suivant d'autres, de la graisse de porc assaisonnée de vinaigre et de sel. Le dessert consistait en gâteaux et en fruits, si quelque convive en avait fait présent. Chacun avait une coupe de vin mêlé d'eau; quand il l'avait vidée, on la remplissait de nouveau, s'il le demandait, mais il n'était pas moins sévèrement défendu à Sparte qu'en Crète de boire avec excès. Du reste, le repas unissait k la simplicité une gaieté plus aimable que ne le ferait supposer l'idée de rudesse éveillée chez les modernes par le seul nom de Spartiate. La conversation roulait sur les matières publiques ; souvent on y joignait le plaisir du chant et des instruments de musique. Ces repas s'ordonnaient et se faisaient sous la direction des polémarques.
La coutume des syssities eut des résultats importants et qu'il serait facile de constater. Eu vivant de cette vie commune, les citoyens se trouvèrent naturellement portés k contracter des habitudes d intimité et d'union, qui en faisaient, pour ainsi dire, les membres d'une même famille, les enfants d'une même mère, la cité. Ils se trouvèrent ainsi plus fortement séparés des habitants autochthones qu'ils avaient assujettis, et ils conservèrent plus marquée leur physionomie nationale. A Sparte, en particulier, les syssities furent éminemment utiles au point de vue militaire; les soldats conservaient dans les camps les mêmes camarades de la table commune, et cette continuation d'une amitié contractée durant la paix développait chez eux le sentiment de la valeur militaire, bien mieux que ne l'aurait fait leur association fortuite pendant la guerre avec des camarades inconnus. Les syssities avaient aussi une certaine influence sur le développement moral de la jeunesse; les enfants et les jeunes gens y étaient conduits comme k une école, de sagesse et de tempérance. Quand ils s'y présentaient, ils- entendaient le plus âgé des convives élever la voix et leur dire, en montrant la porte : • Rien de ce qui se dit ici ne sort par 1k. •
Les syssities ne conservèrent pas toujours k Sparte le même caractère de simplicité et de tempérance. Elles le perdirent probablement peu k peu ; mais les rois Arèos et Acrotatos sont désignés comme y avant introduit l'intempérance et le luxe vers l'an 300 avant
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notre ère. Agis s'efforça en vain d'opérer une réforme et de ramener les anciens* usages. Sparte renfermait alors 4,500 familles, et il proposa de diviser tous les convives en quinze fractions ou en quinze syssities; on en a conclu que dans les premiers temps , lorsque Sparte contenait 9,000 familles, il y avait trente syssities. Il est probable, si cette supposition est juste, que chacune de ces divisions établies entre les citoyens pour les repas publics correspondait à une tribu; celles-ci étaieut effectivement au nombre de trente.
SYSSOMATIQOE, SYSSOME, SYSSOMIEN.