T.\BL
à» taàet ai d'exagéré ; U fallait du grand talent pour l'offrir avec succès. Le chapitre qui a pour titre la Veuve est aussi du plus grand intérêt : c'est un jeune ministre qui adopte pour sa mère une femme âgée, veuve de son prédécesseur; elle lui raconte ses malheurs avec une simplicité touchante ; elle a perdu cinq enfants dans la chambre où Us s'entretiennent, elle est isolée sur la terre. Le jeune pasteur tombe à ses pieds : « Non, lui dit-il, vous n'êtes pas seule au monde; de ce moment vous avez un fils. • Il faut lire ce chapitre dans l'ouvrage, l'analyse le déflore. On remarque aussi un chapitre intitulé le Jeune prédicateur. On ne peut trop louer l'auteur d'avoir su peindre la pauvreté, nonseulement avec intérêt, mais avec charme; ses tableaux la font aimer; le meilleur traité de morale ne produira jamais autant d'impression. Il résulte du tableau des infortunes de ce jeune ministre que les disputes, les haines, les persécutions théologiques ne sont pas plus étrangères aux temples luthériens qu'aux Eglises catholiques, ce qui n'est consolant pour personne, mais instructif pour tout le monde, car rien ne fait mieux sentir l'impossibilité de niveler les opinions et la nécessité de recourir a la tolérance universelle, rien n'inspirb de plus généreux sentiments de philanthropie. 11 est fâcheux que Je style soit inégal dans ce livre, si charmant d'ailleurs.
Tableaux d'anatomle, par Ch. Robin (1850, in-4°). Ces tableaux, au non-hre de dix, fout époque dans la science comme les tableaux d auatomie de Chaussier , publiés au commencement du siècle, et comme les tableaux de physiologie de Blaiuville, publiés quelques années après. Primitivement destinés à être placardés sur les murs d'un laboratoire que dirigeait le célèbre professeur, ces tableaux sont en quelque sorte un substantiel résumé de la biologie tout entière. On y voit le nombre, la musse, la structure, le rôle et l'importance de toutes les parties qui concourent à la constitution des animaux, depuis les plus simples et les plus rudimeutaires jusquaux plus considérables et aux plus compliqués. Les parties diverses de l'organisme y sont ainsi disposées dans un ordre méthodique et rigoureux, admirablement approprié aux besoins de l'étude et donnant la meilleure idée de la réalité. Les principes immédiats occupent les premiers tableaux. Les éléments anatomiques occupent les suivants. Viennent ensuite les humeurs, puis les tissus, puis Jes systèmes, puis les organes, puis les appareils, puis enfin l'organisme tout entier. On aperçoit dans une vaste, précise et lumineuse synthèse l'ensemble tout entier des existences individuelles dont la liaison et la connexion dans l'organisme déterminent l'existence totale. La physiologie n'a de rigueur qu'autant qu'on a ■ amené les actes compliqués et emmêlés da l'organisme à leurs facteurs simples et irréductibles. Or, ces facteurs sont les éléments nnatomiques. L'organisme est une fédération d'éléments anatoiiiiques vivant chacun d'une vie distincte. Mais ils ne sont pas mélangés au hasard dans l'organisme, ils y sont combinés par groupes de différente nature et de différente importance, de plus en plus complexe. Ce sont justement ces groupes que nous avons énuinérés plus haut et que Robin a disposés hiérarchiquement dans sc3 tableaux en montrant d'une façon générale leurs rapports. L'étude des Tableaux de Robin est la meilleure introduction aux éludes biologiques et médicales, en même temps qu'elle est aussi la meilleure clôture de ces études. Op y passe en revue, on y coordonne toutes les connaissances antérieures, on y voit d'un coup d'oeil la somme si considérable des notions éparses et dispersées.
Une introduction remarquable se trouve en tête de ces tableaux. L'auteur y examine précisément toutes ces questions de philosophie scientifique et y détermine ce qu'il faut entendre pur organisation, par propriétés vitales, par méthode scientifique, etc. Son esprit philosophique y est visible, et on est heureux de se rappeler que cet esprit est l'origine de ses plus beaux travaux.
Tableau dea inattentions et des mosurs de l'Eglise au moyen Age, par 1 1 lirter.V. ÉGUSK