‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 87 sur 1059 · SEE · texte numérisé non relu

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Le vin et l'i - vres * se!

DEUXIÈME STROPHE

De sa gloire le guerrier

Bien peu se soucie; H préfère à son laurier

Du vin, une amie.

Si la vie est une croix

Quand la soif accable, Nous sommes autant de rois

Autour de la table !

San«-Pr«iention (théâtre), ancien petit théâtre du boulevard du Temple, fondé en 1795. Il occupait la salle du théâtre de Salle, qui s'appela successivement théâtre des Associés et théâtre Patriotique avant de prendre le nom de théâtre Sans-Prétention. C'est un bonhomme nommé Prévost qui ouvrit ce théâtre, où il était, selon le besoin, et souvent tout à la fois, directeur, auteur, acteur, régisseur, peintre et machiniste; le second rôle était dévolu à sa femme. L'entreprise n'était pas orgueilleuse, mais la marchandise, il faut l'avouer, était loin de constituer une consommation de premier choix. Pour payer moins de droits d'auteur, Prévost faisait la plus grande partie des pièces représentées à son théâtre, et Dieu sait ce qu'étaient ces œuvres de son cerveau fêlé. La plupart ont été imprimées par ses soins, et les amateurs peuvent se rendre compte de leur valeur. Un annaliste, en l'an X, écrivait ce qui suit sur le théâtre Sans-Prétention : « Ce théâtre a été cette année beaucoup inférieur a. lui-même, quoique les débuts et les pièces nouvelles s'y noient succédé sans relâche. Plusieurs des artistes qui faisaient sa gloire l'ont abandonné, et la troupe est en ce moment incomplète. Cependant le public n'y perd rien : on joue toujours la tragédie et la comédie, même la comédie anglaise et jusqu'au vaudeville. • Prévost, en effet, ne se refusant rien, jouait jusqu'à des pièces « dans le genre de Shakspeare. » Son théâtre fut fermé par suite du décret de 1807.

SAN SAC (Louis Prévost de), officier français, né à Cognac en i486, mort dans la même ville vers 1566. Après avoir été page du connétable Anne de Montmorency, il servit en Italie sous l'amiral Bonnivet et se trouva, en 1525, à la bataille de Pavie, où il fut fait prisonnier; mais il eut l'adresse de s'échapper et revint en France, d'où il fut plusieurs fois envoyé vers François Ier par la reine mère. Comme il était excellent écuyer, il fut choisi parle roi pour enseigner l'équitation aux princes, ses enfants. Sansac accompagna le maréchal Sirozzi en Italie et fut chargé en 1554 de défendre La Mirandole contre les Espagnols et les troupes du pape. Il se couvrit de gloire en soutenant un siège de huit mois, que les ennemis furent contraints de lever, A son retour, il fut nommé gouverneur des enfants de France. Ce brave officier se trouva à onze batailles rangées, et la fortune lui fut si favorable, qu'il ne fut jamais blessé qu'à celle de Dreux, où il était maréchal de camp sous le duc de Guise. Sur la tin de ses jours, il quitta la cour et mourut à l'âge de quatre-vingts ans, avec le titre de maréchal de France, non, dit Brantôme, qu'il en ait jamais été pourvu, mais il en avait l'état, les gages et la pension.

SANSAL s. m. (san-sal — corruption de sensal). Agent de banque ou de change -.Les banquiers et les négociants qui remettent des lettres 'de change aux sansaux pour les négocier les signent en blanc. (P. Giraudeau.)

— Nom donné, dans le Midi, aux courtiers qui servent d'intermédiaires entre les producteurs et les marchands de vin.

SAN-SALVADOR, république de l'Amérique centrale. Cet état est borné au S. par l'océan Pacifique, à l'O. par le Guatemala, au N. par le Honduras et à l'E. par le Honduras et le Nicaragua. Il a 222 kilom. de longueur de l'E.-N.-U. à l'E.-S.-E et U0 kilom. de largeur; sa superficie est de 319 myriumètres carrés. Son littoral, étroit et plat, forme la baie de ConcJiagua et plusieurs bonnes rades. Sur sa iimue septentrionale s'étend la grande Cordillère , dont des ramifications forment une chaîne très-majestueuse et trèsgittoresque, présentant plusieurs volcans, parmi lesquels nous citerons le San-Miguel, le San-Salvador, le San-Vicente , le Conchagua, qui domine la ville Union, l'I.-alco, le Pancoa. Les principaux cours d'eau sont : la Lempta, navigable pendant environ 160 kilom. ; la Sonsonate, la Sacatecoluca, la Guameca, l'Acajutla, le Siruno, qui arrosent le pays et déversent leurs eaux dans l'Océan. Un trouve plusieurs lacs, notamment ceux de Guixar, de Xilopungo et de Texacuongos. Le climat est chaud, mais salubie. Le sol est riche en mines d'argent, de plomb, de fer et d'or. Les plantes tropicales y croissent en abondance. Les forêts fournissent des bois d'acajou, d'èbène, de palissandre, des gommes, des résines, du caoutchouc et un baume tiès-estimè qui a fait donner à la côte occi-

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dentale , entre les deux ports de Libertad et d'Acjautla, le nom de Costa-del-Balsamo (côte balsamique). L'indigo, qu'on récolte en glande abondance, est fort estimé et l'objet d'une exportation considérable. Depuis un certain nombre d'années, on a fait dans le San-Salvador de .grandes plantations de café, et cette culture se propage de jour en jour. Il est d'une qualité supérieure et très-recherché sur tous les marchés. Les animaux domestiques, qui viennent d'Europe, y sont très-dégénérés. Quant à l'élève du bétail, elle a peu d'importance.

Bien qu'il soit le moins étendu des cinq Etats de l'Amérique centrale, San-Salvador est le plus peuplé et le plus florissant sous le rapport de l'industrie et du commerce. La population, qui dépasse 850,000 habitants, se compose de blancs, d'Indiens et de métis. Les indigènes, appelés Cuscattans, parlent généralement l'espagnol et sont plus civilisés que les Indiens des quatre autres Etats. Ils s'adonnent principalement à la culture de l'indigo, du café, de la canne à sucre et du coton, à l'exploitation des produits des forêts. Le commerce d'exportation, qui prend chaque jour un développement plus considérable, consiste en indigo, sucre, café, baumes, térébenthine, cacao, épices, cochenille, salsepareille. Le chiffre des exportations est d'environ 20 millions, et celui des importations, ayant pour objet des vins, des liqueurs, draps, mousseline's, bijouterie, produits manufacturés, etc., est de 15 millions. Les principaux établissements industriels consistent en indigoteries, en raffineries de sucre et en forges et usines importantes.

San-Salvador est une république démocratique, ayant à sa tête un président élu pour quatre ans, un sénat composé de 12 membres, une chambre des députés comprenant 24 membres, et une cour suprême de justice. Ses revenus s'élèvent annuellement à près de i millions de francs. Sa dette intérieure et extérieure est nulle. Son gouvernement a éteint, grâce k un excédant des revenus sur les dépenses, la dette de 2,500,000 francs qui avait été contractée pour étendre son commerce et son industrie. Depuis quelques années, principalement sous l'administration du président Duenas, l'instruction publique a pris un grand développement dans la république de San-Salvador. De nouvelles voies de communication ont été ouvertes; on a construit des môles k Libertad et à Acajutla, de nouveaux entrepôts dans la première de ces villes; des lignes télégrapiques ont été établies notamment entre San-Salvador et Libertad , etc.

L'Etat de San-Salvador est divisé en six départements : San - Salvador, Cuscatlan, Sonsonate, San-Miguel, la Paz et San-Vicente. 11 a pour capitale San-Salvador, qui lui adonné son nom (v. plus bas). Ses ports principaux sont La Union, Acajutla et La Libertad. Parmi ses autres villes, nous mentionnerons Cojotepec, Sonsonate, Ysalco, San-Miguel, Santa-Anna, Sau-Vicente, Apastepec, Llobasco, Chalateuango et Sen- Buentepec.

San-Salvador s'appelait Cuscatlan, c'est-àdire pays des richesses dans l'idiome des Indiens, lorsque, en 1525, Pedro Alvaredo en fit la conquête et lui donna le nom qu'il porte encore. Ce pays subit le joug des Espagnols jusqu'en 1821, époque où il se déclara indépendant et se constitua en république. Le 7 octobre 1842, la république de San-Salvador fit, par un traite, une alliance fédérale avec les républiques de Guatemala, de Honduras et de Nicaragua, Mais, trois ans plus tard, la guerre éclata entre San-Salvador et le Honduras, et, en 1847, le général Carrera, président du Guatemala, décida cet Etat à se séparer de l'union fédérale. En 1851, San- Salvador, le Honduras et le Nicaragua envoyèrent des délégués à Chinandega pour constituer sur de nouvelles bases une union entre les cinq Etats de l'Amérique centrale. Le Guatemala et Costa- Rica ayant refusé d'entrer dans l'union, les trois Etats confédérés résolurent de les y contraindre par la force. Le président de San-Salvador, Vasconcelos, à la tête des troupes confédérées, envahit le Guatemala; mais le général Carrera le battit complètement (2 février 1851). A la même époque, l'Angle terre, n'ayant pu obtenir du gouvernement de San-Salvador des sommes réclamées par ses nationaux, envoya une escadre qui bloqua le port d'Aoajutla. Le docteur Francisco Duenos, qui succéda à Vasconcelos en 1852, s'attacha à développer le commerce et l'industrie de San-Salvador et à réparer les ruines causées dans la capitale par le terrible tremblement de terre de 1854. Cette même année, la guerre ayant éclaté entre le Guatemala et le Honduras, l'Etat de San-Salvador, craignant que l'absorption du Honduras ne fût fatale à sa propre indépendance, réussit à arrêter la lutte en imposant son intervention. Son successeur, Raphaël Campo (1856), suivit la même ligne de conduite. En 1860, le général Barrios, ayant enlevé le pouvoir au président en exercice , fit introduire par la législature des modifications très-importantes dans les institutions politiques de l'Etat. Le nouveau président se fit accorder le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour la défense et l'indépendance du pays, de disposer de toutes ses ressources , de contracter des emprunts, etc. Mais la dictature de

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cet ambitieux ne flt que susciter des troubles et des dissensions. Le docteur Duenos, appelé de nouveau à la présidence de la république en 1865, après la fin tragique de Barrios , et réélu en 1868, a puissamment contribué , par sa sage administration, au développement matériel et intellectuel du pays. Sous sa présidence, un nouveau pacte d'union fut signé le 17 février 1872 entre les Etats de San-Salvador, de Guatemala, de Honduras et de Costa-Rica. A la fin de cette même année, le docteur Duenos fut remplacé, comme président, par le général Gonzalès, élu pour quatre ans. Les faits les plus marquants de son administration son't, outre une guerre avec le Honduras, l'établissement d'un chemin de fer et l'ouverture du port de La Concordia au commerce extérieur.

SAN-SALVADOR, en langue indigène Cuscatlan, ville de l'Amérique centrale, capitale de la république du même nom, sur le Juquilisco, à 230 kilom. S.-E. de Guatemala, par 14» de latit. S. et 91» 48' de longit. O.; 40,000 hab. Siège du gouvernement, évêché; université, école de médecine et de chirurgie, école des beaux-arts; muséum, collèges. Agents consulaires étrangers. Commerce actif; entrepôt central de l'indigo récolté dans l'Etat. Culture très-importante d'indigo et de tabac dans les environs. Située dans une admirable Vallée qu'entourent les monts Chontaies, au pied du volcan San-Salvador, qui fume constamment, elle est régulièrement bâtie, mais n'offre rien d'intéressant au point de vue architectural. Construite en 1528 sur l'emplacement de l'ancien Cuscatlan , elle prospéra rapidement et reçut de Charles- Quint, en 1545, le titre de cité, A huit reprises depuis un siècle et demi, elle a eu beaucoup à souffrir des éruptions de son volcan et surtout des tremblements de terre. Détruite en partie en 1854, elle fut reconstruite comme par enchantement. Un autre tremblement de terre l'a détruite presque complètement le 19 mars 1873. Cathédrale, caserne, hôpital, prison, collèges, magasins et habitations privées ne formèrent bientôt plus qu'un monceau de ruines. U ne resta debout que le palais du gouvernement, l'hôtel du Parc et le collège religieux Tridentino. Toutefois, dans cet épouvantable désastre, on compta peu de victimes, et un décret du 21 mars suivant ordonna de rebâtir immédiatement la ville sur le même emplacement. Depuis lors, San-Salvador a été presque entièrement reconstruite et est redevenue ce qu'elle était auparavant, une ville de luxe et de plaisir.

6AN-SALVADOR, la Banza des indigènes, ville de la Guinée méridionale, capitale du Congo, sur une montagne, près du Lelande, affluent du Zaïre, à 508 kilom. N.-E. de Loanda, par 5» 2r de latit. S. et 13° 30' de longit. É.; 25,000 hab. Cette ville, dont on vantait autrefois la beauté, n'offre, en réalité, de remarquable que le palais du roi, qui s'élève au milieu de huttes de forme circulaire. Siège d'un évèché portugais.

SAN-SALVADOR, île de l'océan Atlantique.

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