‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 88 sur 1059 · V. Cat · texte numérisé non relu

V. Cat

SAN-SALVADOR, ville du Brésil. V. Bahia.

SAN-SALVADOR, rivière de l'Amérique du Sud. V. Jujuy.

SAN-SALVADOR-DE-BAYAMO, ville de l'Ile de Cuba. V. Bayamo.

SAN-SALVADOR-DOS-CAMPOS, ville du Brésil, province et h 244 kilom. N.-E. de Rio-Janeiro, sur la rive droite du Parahiba; 5,000 hab. Culture et commerce de café et de coton.

SAN-SALVATORE-MONFERRATO, ville du royaume d'Iialie , province , district et à 10 kilom. N.-O. d'Alexandrie, ch,-l. de mandement; 6,573 hab.

SAN-SALVATORE-TELESINO, bourg du royaume d'Italie, province de Bônévent, district de Correto-Sanuita, mandement de Guardia-San-Frainondi ; 2,616 hab.

SÀJVSAN, village et commune de France (Gers),cant.,arrond. et à 14 kilom. S. d'Auch, sur la rive droite du Gers; 165 hab. Ce village est célèbre par les richesses paleontologiques d'une colline voisine dont le gouvernement a fait l'acquisition. On y rencontre des débris fossiles provenant d'environ cent espèces, au nombre desquels figurent 36 genres différents de mammifères, il genres de reptiles et une foule d'oiseaux et de reptiles non déterminés. En 1836 , on y a trouvé des ossements fossiles de singe, fait opposé aux vues de Ûuvier, qui croyait le singe contemporain de l'espèce humaine et ses débris fossiles tous postérieurs au déluge biblique.

SANSAND1NG, ville d'Afrique, dans la partie de la Nigritie appelée Bumbara, à 40 kilom. N.-E. de Ségo, sur la rive gauche du Kouara; 11,000 hab. Commerce considérable de poudre d'or, toiles de coton et sel.

SANSAS (Pierre), avocat et homme politique français, né à Bordeaux en 1804. Lorsqu'il eut t'ait ses études de droit, il exerça la profession d'avocat dans sa ville natale, où, connu pour ses opinions républicaines, il fut élu membre du conseil municipal sous Louis- Philippe et nommé, en 1848, adjoint au maire. M. Sansas défendit avec ardeur la république de 1848 dans le journal la Tribune Je la Gi-

SANS

ronde, dont il était copropriétaire et rédacteur. La vigueur de ses convictions démocratiques lui valut d'être exilé de France h près l'attentat du 2 décembre 1851. 11 passa en Espagne, où il vécut quatre ans. M. Sansas était revenu depuis quelque temps à Bordeaux, lorsqu'il fut englobé dans la nouvelle proscription dont l'attentat Orsini fournit le prétexte (1858). Transporté en Algérie, il revint en France après l'amnistie de 1859. 11 reprît alors sa profession d'avocat, devint membre du conseil municipal de Bordeaux, écrivit dans divers journaux et revues des articles juridiques, administratifs, politiques, historiques, archéologiques, etc., publia divers mémoires, etc. Après la chute de l'Empire, le gouvernement de la I)éfense nationale le nomma avocat général prés la cour de Bordeaux (5 nov. 1670). Révoqué le 2 mai 1871, il posa sa candidature dans la Gironde lors de l'élection partielle du 2 juillet suivant, et, vigoureusement soutenu par les républicains, il fut élu député à l'Assemblée nationale par 75,3-45 voix. Membre de la gauche républicaine, il vota avec le parti républicain avancé, soutint la politique de M. Thiers lorsque cet homme d'Etat lut renversé le 24 mai 1873, pour, avoir demandé l'organisation de la république, puis fit une opposition constante à la politique de réaction à outrance inaugurée par le due de Broglie. M. Sansas vota contre le septennat, contribua à renverser le cabinet de Broglie, appuya la demande de dissolution faite par M. de Maleville (juillet 1874), etc. En 1875, il a voté la constitution du 25 février et contre la loi de l'enseignement supérieur (12 juillet 1875). M. Sansas n'a pris part qu'assez rarement aux discussions de ta Chambre.

SANS-CAMELOTE s. m. Argot. Marchand qui, au moyen d'une ruse quelconque, vend, dans les maisons ou sur la voie publique, des marchandises beaucoup au-dessifs de leur valeur réelle.

SANS-CHAGRIN s. m. Argot. Syn'. de BAT- TliUR DU t>IG DIQ. V. BATTEUR.

SAISSCHOUAN , la Sancian des jésuites, nommée Suint-John par les Anglais, petite lie de la Chine, dans la mer de Chine, sur la côte de lu province de Kouang-Toug, au S.-O. de Macao. Tombeau de saint François- Xavier.

SANS-CŒUR s. m. Fam. Personne lâche, qui n'a aucun sentiment d'honneur, aucune sensibilité. Il PI. sans-cœur.

SANSCRIT OU SANSKRIT, ITE adj. (sanskrit — du sanscrit sanskrita, parfait; formé de sam, avec , et de krita , fait). Linguist. Se dit de la langue sacrée parlée autrefois par les brahmanes, et des livres écrits dans cette langue: La langue sanscrite. Un ■poème sanscrit. La langue sanscrite, que l'on pourrait appeler l'indien par excellence , représente et résume les idiomes de l'Europe à travers le temps et l'espace. (Ëichhoff.) La grammaire sanscrite est certainement l'une des plus complexes qui se puissent rencontrer. (A. Maury.)

— s. m. Langue sacrée de l'Inde : Le sanscrit est la langue sacrée du brahmanisme. (A. Réville.)

— Encycl. Cette langue, dont l'existence était à peine soupçonnée en Europe vers le milieu du siècle dernier, est aujourd'hui généralement reconnue pour la mère, ou plutôt 1b sœur aînée de tous les idiomes de la fyinille indo-européenne. Elle prit vraisemblablement naissance dans la contrée qui s'étend entre la mer Caspienne et l'Indou-Koh, et, à une époque antéhistorique, elle fut importée dans l'Indoustan par les Aryas, qui soumirent une partie des habitants de ce pays, refoulant les autres du côté du sud. Après avoir été parlée durant des siècles depuis le golfe de Bengale jusqu'à la mer d'Arabie et depuis l'extrémité méridionale de l'Indoustan jusqu'aux montagnes Himalaya au Dord, la langue sanscrite est restée l'idiome de la religion et de la science brahmaniques. Perfectionnée par une longue culture littéraire chez un peuple à l'esprit philosophique et gènéralisateur, cet idiome est devenu le type le plus accompli des langues à flexion; aussi les Indous lui donnent-ils le nom de sanscrita, c'est-à-dire ■ ce qui est achevé en soi-même. » Sa sonorité, sa richesse de formes, sa souplesse euphonique, le syiithétisme de sa construction l'ont aussi fait désigner par ceujc qui 1 écrivent par le nom de surabâui, « langage des dieux, » de même que son alphabet est appelé déonnûgari, « écriture des dieux. »

Les premiers monuments de la langue sanscrite remontent a plus de trente-trois siècles : ce sont les Védas ou hymnes sacrés des brahmanes, dont l'antiquité et l'authenticité ne sont plus contestées aujourd'hui. Les lois de Manou et les Purànas leur sont postérieurs. L'existence de la langue et de la littérature sanscrites a été connue des Grecs, et la plus ancienne nation, après eux, qui s'y soit intéressée fut le peuple chinois. On trouve des missionnaires bouddhistes venus de l'Inde en Chine dès le me siècle avant notre ère. Le nom du Bouddha, changé en chinoW en Fo-t'o ou Fo, est du sanscrit pur. Les pèlerins chinois allèrent dans l'Inde étudier le sanscrit, afin d'avoir la clef de la littérature sacrée du bouddhisme. L'empereur Ming-ti, de la dynastie des Han, envoya Tsaï-in et plusieurs autres hauts fonctionnaires dans l'iude pour

SANS

s'y instruire de la doctrine du Bouddha. Ils traduisirent en chinois quelques-nns des ouvrages les plus importants de cette doctrine, avec l'assistance de deux savants bouddhistes, Jlatànga et Tchou-fa-lan, et la religion du Bouddha fut publiquement reconnue par Ming-ti. Dès lors, ies relations intellectuelles devinrent plus fréquentes et plus intimes entre la péninsule indienne et les habitants du Céleste-Empire, qui s'y rendaient en pèlerinage. Parmi les récits de ces pèlerins, le plus ancien qui nous sot parvenu est le voyage de Fa-hian, qui visita l'Inde vers la fin du ive siècle de notre ère. Puis viennent les voyages do Hoe'i-seng et de Song-yun, envoyés dans l'Inde en 518 pour y recueillir des reliques et des livres sacrés; ceux de Hiouen-thsang, de 629 à 645; l' Itinéraire des cinquante-six moines, publié en 730, et les voyages de Khi-nie, qui visita l'Inde en 964, accompagné de trois cents pèlerins.

Après la conquête mahométane de l'Inde, la littérature sanscrite fut explorée sous un autre point de vue, et des ouvrages des savants indous furent traduits en persan et en arabe. Dès le règne du second calife abbasside Al-Manzor, un Indien versé dans l'astronomie ayant apporté à la cour des tables des équations des planètes et des observations sur les éclipses de soleil et rie lune, ainsi que sur le lever des signes du zodiaque, le calife s'informa d'où il tenait ces connaissances. Lorsqu'il sut qu'il les avait tirées des tables astronomiques d'un prince indien, il ordonna qu'on les traduisît, afin qu'elles servissent de guide aux Arabes dans leur étude des astres. Cette traduction, due à Mohammed-ben-lbrahim-Alfazari, est connu») des astronomes sous le titre de grand Sind-hind ou Uind-sind, et le traducteur donne le nom de Phigliar à l'auteur indien. Manka, médecin indien de Haroun-alRasehid (786-S09), traduisit du sanscrit en persan lo traité classique tle médecine intitulé Susruta et un traité des poisons, attribué à Chànakya. Dans les siècles suivants, un grand nombre d'autres ouvrages scien tiriques et philosophiques, ainsi que les grandes épopées du Muhâùharata, du Jidmâyana, de VÀmarukns/ta et d'autres classiques de la littérature sanscrite, furent traduits en arabe.

Le premier Européen qui ait possédé à fond la langue sanscrite fut le jésuite Roberto de Nobili. Envoyé dans l'Inde en 160B, afin de pouvoir pénétrer parmi les castes supérieures, il s'enferma pendant des années, se livrant à une étude approfondie du tamoul, du teluga et du sanscrit, et, lorsqu'il se sentit maître de la langue et de la littérature des brahmanes, pour les combattre il n'hésita pas à se montrer comme un des leurs, et jamais parmi eux sa science ne fut trouvée en défaut. Accusé d'idolâtrie par d'autres missionnaires, les mémoires qu'il envoya à Rome pour sa défense n'attirèrent point l'attention des savants sur la civilisation indienne. Le fère Pons, missionnaire français, fut plus heureux. Il écrivit au Père Duhalde une lettre datée de Karikal, sur ta côte de Tandjaour, le 23 novembre 1740, dans laquelle on lit le passage suivant :

■ La grammaire des brahmanes peut être mise au rang des plus balles sciences ; jamais l'analyse et la synthèse ne furent plus heureusement employées que dans leurs ouvrages grammaticaux de la langue samslcrète. ou samskroutan... Il est étonnant que l'esprit humait! ait pu atteindre à la perfection de l'art qui éclate dans ces grammaires; les auteurs y ont réduit par l'analyse la plus riche langue du monde il un petit nombre d'éléments primitifs qu'on peut regarder comme le caput mortuum de la langue. Ces éléments ne sont par eux-mêmes d'aucun usage, ils ne signifient proprement rien, ils ont seulement rapport à une idée; par exemple kru, à l'idée d'action. Les éléments secondaires, qui affectent le primitif, sont les terminaisons qui lo fixent à être nom ou verbe, celles selon lesquelles il doit se décliner ou conjuguer, un certain nombre de syllabes à placer entre l'élément primitif et les terminaisons, quelques prépositions, etc. A l'approche des éléments secondaires, le primitif change souvent de figure ; kru, par exemple, devient, selon ce qui lui est ajouté, kitr, lera, kri, kir, etc. La synthèse reunit et combine tous ces éléments et en forme une variété infinie de tenues d'usage. Ce sont les règles de cette union et de cette combinaison des éléments que la grammaire enseigne; de sorte qu'un simple écolier qui ne saurait rien que la grammaire peut, en opérant selon les règles sur une racine ou élément primitif, en tirer plusieurs milliers de mots vraiment samskrets. •

Le Père Pons continue par une description intéressante et très-exacte des diverses branches de la littérature sanscrite, des quatre Védas, des traités grammaticaux, des six systèmes de philosophie et d'astronomie ues Indous. Mais l'intérêt qu'il inspira en Europe devait rester stérile en l'absence de grammaires, de dictionnaires et de textes qui permissent d'étudier le sanscrit comme on étudie l'hébreu, le grec et le latin. C'est à Johann Philip Wesdiu, carmélite allemand, plus cou nu sous le nom de Paulinus a Santo-Bartholomseo, que l'on doit la première grammaire sanscrite publiée en Europe. Elle fut imprimée à Rome en 1790, et elle est intitulée : Sidharubam seu grammalica samserdamica.

SANS

Mais jusqu'alors on ne s'était occupé que do l'étude pratique du sanscrit et on ne soupçonnait pas la parenté qui existe entre cette langue, le grec, le latin et d'autres langues occidentales, il fallait que les Anglais se rendissent maîtres de l'Inde pour que la philologie sanscrite fût cultivée avec fruit en Europe. En 1784, la Société asiatique de Calcutta fut fondée et les travaux de Wilkins, de William Jones, do Colebrooke, de Carey, de Forster et d'autres membres de cette illustre compagnie jetèrent un jour nouveau sur les études philologiques. On fut tout d'abord frappé de la ressemblance extraordinaire et parfois de l'identité parfaite entre les formes grammaticales en sanscrit, en grec et en latin. Ces rapports n'avaient pas échappé à Ilalhed qui les signala, dès 1778, dans la préface de sa Grammaire du bengali : « J'ai été bien étonné, dit-il, de rencontrer cette similitude entre des mots sanscrits et des mots persans et arabes, et même latins et grecs; et cela, non dans des termes techniques ou métaphoriques dont on pourrait expliquer la présence par des emprunts faits aux arts ou aux sciences d'autres pays, mais dans le fond même de la langue, dans des monosyllabes, dans les noms de nombre et dans les noms de ces choses qui ont dû recevoir une appellation distincte à l'aurore de la civilisation, a Sir William Jones, le premier traducteur européen de la Sakuntala, déclara, après un coup d'oeil donné au sanscrit, que, quelle que fut son antiquité, cette langue avait un mécanisme merveilleux ; qu'elle était plus parfaite que le grec, plus abondante que le latin, plus polie et plus délicate que ces deux langues avec lesquelles, pourtant, elle avait une grande affinité. « Aucun philologue, dit-il, ne saurait examiner le sanscrit, le grec et le latin sans penser qu'ils sont issus d une source commune, laquelle, peut-être, n'existe plus. Il y a une raison du même genre, quoique moins évidente, pour supposer que le gothique et le celtique ont eu la même origine que le sanscrit. Nous pouvons ausji comprendre l'ancien persan dans cette famille. »

Afin d'expliquer l'affinité pressentie entre le sanscrit et les langues classiques, on coinpara les mots qui ont dû être des mots primitifs dans toutes les langues; tels sont les noms de nombre, ceux des parties du corps humain, de parenté, comme père, mère, frère. Pour les noms de nombre, l'affinité est évidente entre ces mots en sanscrit et les mots latins et grecs qui y correspondent. Quant aux autres mots, on rapprocha le sanscrit pada, pied, du grec pous, podos; le sanscrit nàsa, nez, du latin nasus; le sanscrit deua, dieu, du grec theos et du latin deus ; le sanscrit ap, eau, du latin aqua; le sanscrit vidliavd, veuve, du latin vidua, etc. On signala le fait extraordinaire de l'emploi de l'a privatif en sanscrit de même qu'en grec et on déclara incontestable la communauté d'origine des formes sanscrites asmi, je suis, asi, tu es, asti, il est, sanli, ils sont, et des formes correspondantes eimi, eis, esti, en grec, et sunt en latin.

Cette découverte jeta la perturbation dans l'esprit de ceux qui, jusqu'alors, avaient considéré le grec et le latin comme des langues ineres, et l'hébreu comme la langue primitive. On nia l'existence de la langue sanscrite; on e.'sS iya de prouver que cette langue avait été composée, sur le modèle du grec et du latin,

SANS

par d'astucieux brahmanes, et que toute la littérature sanscrite était une fourberie insigne. Mais les faits parlaient plus haut que les clameurs des philologues systématiques et rétrogrades, et le poète allemand Frédéric Schlegel en tira de nouvelles conséquences duns le livre qu'il publia en 1803, Sur ta langue et la sagesse des Indiens. Cet ouvrage devint la base de la linguistique et il fit regarder Schlegel comme le créateur de cette science nouvelle. En effet, c'était une création de génie que d'embrasser d'un seul coup d'oeil les langues de l'Inde, de la Perse, de là Grèce, de l'Italie et de l'Allemagne, et de les comprendre toutes sous la simple dénomination d indo-germaniques, dénomination abandonnée aujourd'hui et remplacée par celle à'indo-eurapéennfs. Maisc'estàFrançois Bopp que l'on doit la première comparaison détaillée et vraiment scientifique qui ait été établie entre la grammaire du sanscrit et celle du zend, du grec, du latin, du lithuanien, du slavon , du gothique et de l'allemand (v, grammaire). Les philologues les plus éminents, les Lassen, les Rosen, les Humboldt, les Burnouf, les Pott, les Benfey, les Ëichhoff, devinrent les émules de Bopp. Les uns ont étudié les rapports du sanscrit avec les idiomes de la famille indo-européenne en général, les autres ses rapports avec le pâli, un autre encore ses rapports avec le javanais et le malais;. Adelung et Dorn, de Saint- Pétersbourg, ses afliuités avec le slavon et le russe.

Le sanscrit, dont la forme classique con- ■ nue de nous se distingue du dialecte védique qui est le plus ancien, cessa d'être parlé au moins trois cents ans av. J.-C. Il fut remplacé par le pâli et différents dialectes locaux qui devinrent l'origine du prâcrit et de ses dialectes. Ceux-ci se transformèrent plus tard au contact d'éléments étrangers et devinrent l'hindoni ou l'hindi, qui a donné naissance aux dialectes modernes do l'Indoustan.

Quoique le sanscrit soit d'une richesse prodigieuse, ses principes se trouvent rassembles complètement dans une grammaire et un vocabulaire peu volumineux, et toutes ses racines et ses primitifs dans un traité d'un petit nombre de pages. Dans les dérivations et les inflexions, sa marche est si uniforme qu'on découvre avec la plus grande facilité et nu premier coup d'oeil l'étyinologie de chaque mot. La grande difficulté, c'est la prononciation ; elle est si rapide et si forcée que, même dans l'âge où l'organe est le plus flexiblo, il faut un long et pénible travail pour parvenir à prononcer correctement. Mais quand une fois on est parvenu à ce point, 1 oreille est charmée par l'étonnante har- "diesse et l'harmonie de cette langue.

Si le sanscrit possède le système grammatical le plus vaste qui ait jamais été observé dans aucune langue , il possède en même temps un système d'écriture des plus complets et que nos caractères ne peuvent transcrire qu imparfaitement. Il est composé de quarante-sept lettres, sans compter le la védique, c'est-à-dire de trente-trois consonnes, dix voyelles simples et quatre diphthongues. Ces lettres ont été rangées par les grammairiens indous sous cinq classes organiques, dont chacune compte des sourdes et des sonores, faibles et aspirées, et une nasale, ainsi qu'on peut le voir dans le tableau suivant :

Gutturales, Palatales , Cérébrales Dentales. .

Labiales . ,

Page 1