‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 871 sur 1059 · TAFI · texte numérisé non relu

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rent une grande admiration. Le travail le plus remarquable en ce genre qu'ait faitTaffi est un Christ mort, que l'on voit encore dans une des chapelles de Florence.

TAFIA s. m. (ta-fia). Eau-de-vie fabriquée avec les écumes et le sirop du sucre de canne.

— Encycl. Presque toutes les encyclopédies confondent le tafia et le rhum. Ces deux liqueurs Sont cependant deux liqueurs distinctes. Le tafia est fabriqué avec les gros sirops de sucre brut, avec des débris de sucre, des écumes. Au mot rhum, nos lecteurs ont dû voir que cette liqueur se fabrique d'une manière différente et est bien supérieure au tafia. Pour produire le tafia, on met fermenter dans des auges de bois du sirop d'écume et des débris de sucre, étendus de deux tiers d'eau simple. La fermentation commence au bout de deux ou trois jours et chasse à la partie supérieure les parties les plus grossières. Lorsque la liqueur est jaune et arrivée au degré voulu d acidité, on enlève toutes les ordures qui surnagent et on passe le reste à l'alambic. Les Anglais de la Barbade ont la réputation de distiller le tafia avec le plus de soin. C'est avec leur tafia mêlé d'ingrédients convenables qu'ils composent une excellente liqueur, connue sous le nom d'Eau des Barbades. On a remarqué que le tafia est moins malfaisant que les autres boissons alcooliques. Il s'en fait une très-grande consommation dans toute l'Amérique, où Bon bon marché en fait la boisson ordinaire des indigènes de toute couleur. Les Anglais en importent aussi un grande quantité dans leur patrie. En France, l'usage des tafias est peu répandu; on leur préfère les rhums et surtout les cognacs. Les tafias n'entrent en France que depuis 1789. Avant cette époque, par un édit de 1713, l'entrée était interdite k ces liqueurs, Sans doute pour les empêcher de faire concurrence aux eaux-de-vie du pays.

Voici la copie d'un compte rendu de l'Exposition universelle de 1867 au sujet des tafias : € Les tafias et les rhums sont des produits connus et très-recherchés par la consommation. Nos colonies ont dignement soutenu leur vieille réputation. Les échantillons fournis ont présenté un ensemble très-satisfaisant; nous devons cependant dire que, pour les tafias et pour les rhums, la Martinique l'a emporté sur ses rivales. Quelques échantilons de la Guadeloupe et de la Guyane française ont été jugés comme inférieurs et accusaient une absence complète de soins dans la distillation. L'ensemble de la production de nos colonies en tafias et rhums, dans la période de 1855 à 1866, a varié entre 30,000 et 35,000 hectolitres d'alcool, soit, au degré potable (50°), 60,000 k 70,000 hectolitres qui, défalcation faite de la consommation locale, sont presque exclusivement importés en France.

» Il n'y a aucun progrès k signaler dans la fabrication de ce produit. Comme pour les cognacs, les procédés les plus simples sont ceux qui lui conservent davantage l'arôme constituant son caractère distinctir.

» La différence entre les tafias et les rhums est assez facile à saisir; les premiers sont le résultat de la distillation des mélasses; dans les seconds, les écumes de sucre entrent dans une certaine proportion ; mais les soins apportés à la fabrication des deux produits font leur principal mérite. »

Le tafia est très-connu dans les pays où l'on fabrique du sucre, et nos colonies nous en envoyaient autrefois de grandes quantités. Nos industriels français imitent le tafia des colonies avec les résidus sirupeux produits par le travail de la betterave, résidus auxquels on ajoute dés pruneaux, des râpures de cuir tanné, des clous de girofle, du caramel et du goudron.

Le bon tafia des colonies est l'une des moins pernicieuses de nos liqueurs. Nos soldats et les nègres en abusent souvent, sans qu'elle produise les funestes effets des eaux-de-vie frelatées venues d'Europe. V. rhum.

TAF1LET ou TAFILLET, c'est-à-dire pays des Filêli, ville du Maroc, ch.-l. de la province de son nom, sur le Ziz, à 550 kilom. E.-S.-E. de Maroc, par 30° 42' de latit. N. et 6° 15' de longit. O.; 3,000 hab. Cette ville est à bien dire un groupe de petites oasis sur les bords du Ziz, avec plusieurs villages et citadelles, un nouveau château appartenant au souverain du Maroc. Fabrication d'étoffes de soie, de tapis, de couvertures de laine, de maroquins renommés, etc. La province de Tafilet, comprise entre celles de ftlaroc, de Pez et de Drahna, a 500 kilom. sur 450 kilom. et 700,000 hab. Sa surface, excepté au N. et au N.-O., où s'élève l'Atlas, n est qu'une vaste plaine que fertilisent les eaux du Ghir, le Ziz, et quelques autres rivières qui descendent des montagnes. Ses parties cultivées produisent du blé, du tabac, des légumes, des fruits, de la luzerne et une quantité considérable de dattes. On y élève des chevaux, des mulets, des ânes, des moutons et beaucoup de volailles. L'industrie des habitants consiste dans le tannage d'une grande quantité de cuirs et dans la fabrication de beaux maroquins, de jolies couvertures de laine, de nattes, de plats en bois, etc. On y fait un grand commerce avec le Soudan, auquel on envoie surtout beaucoup de tabac en feuilles et dont on reçoit de l'or, de

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l'ivoire, de la gomme, des plumes d'autruche et des effets confectionnes. La population est maure; elle se divise en plusieurs catégories, et les rangs sociaux y sont distincts. Les hommes qui travaillent k la journée ou au mois, pour la culture des terres ou pour tout autre ouvrage, sont de la dernière classe et traités comme des êtres très-inférieurs par ceux d'une classe plus relevée. Le reste de la population se compose de juifs et de nègres. La province de Tafilet a formé longtemps un royaume distinct, qui avait ses souverains particuliers. La dynastie qui gouverne aujourd'hui le Maroc tire son origine des anciens rois de Tafilet; ce qui a valu à cette province le nom de pays des chérifs.

TAFNA ou SIGA, rivière de l'Algérie (Oran). Elle prend naissance dans les montagnes de Beni-Snouse et se jette dans la Méditerranée, au golfe de Raschgoun, après un cours de 50 kilom. Elle est célèbre par un traité conclu sur ses bords entre le général Bugeaud et l'émir Abd-el-Kader. (V. l'article suivant.)

Tnrmi (traité de la), conclu le 1er juin 1837 entre le général Bugeaud et l'émir Abdel-Kader. Au mois de février 1837, le comte Damrémont avait succédé au maréchal Clause! dans le gouvernement général de l'Algérie, tandis que, de son côté, le lieutenant général Bugeaud était investi d'une autorité presque indépendante dans la province d'Oran. Il avait la mission de conclure la paix avec Abd-el-Kader ou de le poursuivre sans relâche. En effet, il ne tarda pas à entrer en relation avec l'émir, qui saisit habilement l'occasion de semer la mésintelligence entre nos généraux. Après avoir accueilli les ouvertures du commandant de la province d'Oran, il s'adressa tout à coup au gouverneur général, qui informa le ministre de la guerre de sa démarche. Le général Bugeaud éclata alors en reproches amers, répétant partout qu'on voulait lui ravir la gloire de pacifier Oran. Toutefois, cet incident, né du vague des instructions données k nos généraux, fut promptement apaisé, et le comte Damrémont répondit à l'émir que c'était avec le général Bugeaud qu'il devait traiter. Abdel-Kader ayant émis des prétentions par trop exorbitantes, Bugeaud marcha contre lui k la tête de 9,000 hommes; mais bientôt le bruit se répandit parmi nos soldats que la paix était conclue, et, en effet, le général apprit aux troupes* par un ordre du jour qu'il allait partir pour une entrevue avec l'émir. Le 1er juin, dès que le jour commença à paraître, il se porta en avant avec 4,000 hommes et arriva k neuf heures du matin au lieu du rendez-vous, vallon du plus riant aspect, baigné par les eaux de la Tafna. Abd-el-Kader ne paraissait pas encore, on ne signalait même pas un cavalier arabe. Habile a s'entourer de prestige, l'émir, par ce dédain affecté à l'égard du chef des infidèles, voulait sans doute agir sur l'esprit des Arabes en leur montrant une apparente supériorité.

Heureusement le général n'était pas homme à souffrir tranquillement ces procédés hautains. L'émir, dont on avait enfin signalé l'approche, s'étant arrêté à une lieue de notre avant-garde et ayant mandé par message au général Bugeaud qu'il serait peut-être opportun de remettre l'entrevue au lendemain, le général, à bout de patience, s'élança en avant avec son état-major et arriva presque au milieu des avant-postes ennemis. Il vit alors venir à lui un chef de tribu, qui lui montra un coteau où se trouvait l'émir. ■ Je trouve indécent de la part de ton chef, lui dit le général Bugeaud, de me faire attendre si longtemps et venir de si loin. » Et il continua de se porter en avant. Bientôt il rencon tra l'escorte de l'émir, composée en grande partie de jeunes chefs arabes, couverts de riches costumes et montés sur des chevaux magnifiques. En ce moment, un cavalier sortit de leurs rangs, de petite taille, le visage sérieux et pâle, les traits délicats et l'œil ardent. Rien, sous le rapport du costume, ne le distinguait du dernier des cavaliers ennemis; mais des Arabes marchaient autour de lui, tenant les étriers et la bride de sou cheval noir, qu'il enlevait avec l'aisance la plus élégante ; c'était Abd-el-Kader. 11 serra à. deux reprises la main que lui tendait le général fiançais, sauta lestement k terre, et, tous deux s'étant assis, l'entretien commença. Lorsque les conditions de la paix eurent été fixées, la conversation continua sur un ton plus familier. L'émir s'exprimait avec douceur, mais en laissant percer une apparence de dédain ; il parla avec une mensongère indifférence de la cessation des hostilités, ec comme le général français s'étendait sur le3 avantages qu'allaient retirer les Arabes de la trêve conclue en attendant la ratification du traité, puisque ainsi on ne toucherait pas à leurs moissons : < Tu peux dès k présent les détruire, répondit l'émir, et je t'en donnerai par écrit, Si tu veux, l'autorisation. Les Arabes ne manquent pas de grain. »

• L'entretien fini, le général Bugeaud s'était levé et l'émir restait assis. Blessé au vif, le général français le prit alors par la main et l'attirant à lui d'un mouvement brusque : < Mais relevez-vous donc 1 • Les Français furent charmé3 de cette inspiration d'una âme impérieuse et intrépide, et les Arabes laissèrent percer leur étonnement. Quant à l'émir, saisi d'un trouble involontaire, il ss

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retourna sans proférer une parole, sauta sur son cheval et regagna les siens. En même temps, oh entendit une puissante clameur, que .es échos prolongèrent de colline en colline. « Vive la sulcan ■ criaient avec enthousiasme tes tribus. Un violent coup de tonnerre vint ajouter à l'effet de cette étrange scène, et, se glissant d;ins les gorges des montagnes, les Arabes disparurent. » (Louis Blanc, Histoire de dix ans.)

Donnons maintenant le texte même du traité :

» Article 1er. L'émir Abd-el-Kader reconnaît la souveraineté de la France en Afrique.

» Art. 2. La France se réserve :

■ Dans la province d'Oran : Mostaganem, Mazagran et leurs territoires; Oran, Arzew, plus un territoire ainsi délimité : à l'est, par la rivière da la Macta et le marais d'où elle Sort; au sud, par une ligne parlant du marais ci-dessus mentionné, passant parle bord sud du lacSebca et se prolongeant jusqu'à l'ouéd Malah (rio Salado) , dans la direction de Sidi-Saïd, et de cette rivière jusqu'à la mer, de manière que tout le terrain compris dans ce périmètre soit territoire français.

« Dans la province d'Alger: Alger, le Sahel, la plaine de la Miiidja, bornée à l'est jusqu'à l'oued Kaddara, et au delà (le texte est ainsi), au sud, par la première crête de la première chaîne du petit Atlas jusqu'à la Chiffa, en y comprenant Bélida et son territoire; à l'ouest, parla Chiffa jusqu'au coude du Mazafran, et de là par une ligne droite jusqu'à la mer, renfermant Coléah et son territoire , de manière que tout le terrain compris dans ce périmètre soit territoire français.

• Art. 3. L'émir administrera la province d'Oran, celle de Tittery et la partie de celle d'Alger qui n'est pas comprise à l'ouest dans la limite indiquée par l'article 2. 11 ne pourra pénétrer dans aucune autre partie de la régence.

» Art. 4. L'émir n'aura aucune autorité sur les musulmans qui voudront habiter sur le territoire réservé à la France ; mais ceux-ci resteront libres d'aller vivre sur le territoire dont l'émir a l'administration, comme les habitants du territoire de l'émir pourront s'établir sur le territoire français.

• Art. 5. Les Arabes résidant Sur le territoire français exerceront librement leur religion ; ils pourront y bâtir des mosquées et suivre en tout point leur discipline religieuse, sous l'autorité de leurs cliefs spirituels.

» Art. 6. L'émir donnera àl'armée française:

30,000 fanègues d'Oran de froment.

30,000 fanègues d'Oran d'orge.

5,000 boeufs.

i La livraison de ces denrées se fera à Oran par tiers. La première aura lieu du l<sr au 15 septembre 1837 , et les deux autres de deux mois en deux mois.

» Art. 7. L'émir achètera en Krance la poudre, le soufre et les armes dont il aura besoin.

» Art. g. Les koulouglis qui voudront résider à Tlemcen, ou ailleurs, y posséderont librement leurs propriétés et y seront traités comme les Hadars. C'6ux qui voudraient se retirer sur le territoire français pourront vendre ou affermer librement leurs propriétés.

■ Art. 9. La Fiance cède à l'émir : Rachgoun, Tlemcen, le Mèehouar et les canons qui étaient antérieurement dans cette citadelle. L'emir s'oblige à faire transporter à Oran tous les effets, ainsi que les munitions de guerre et de bouche de la garnison de Tlemcen.

■ Art. 10. Le commerce sera libre entre les Arabes et les Français, qui pourront s'établir réciproquement sur l'un ou l'autre territoire.

• Art. 11. Les Français seront respectés chez les Arabes, comme les Arabes chez les Français. Les fermes et les propriétés que les Français auront acquises ou acquerront sur le territoire arabe leur seront garanties ; ils en jouiront librement, et l'émir s'oblige à rembourser les dommages que les Arabes leur feraient éprouver.

» Art. 12. Les criminels des deux territoires seront réciproquement rendus,

• Art. 13. L'émir s'engage à ne concéder aucun point du littoral aune puissance quelconque sans l'autorisation de la France.

» Art. 14. Le commerce de la régence ne pourra se faire que dans les ports occupés par la France.

• Art. 15. La France pourra entretenir des agents auprès de l'émir et dans les villes soumises à son administration, pour servir d'intermédiaires près de lui aux sujets français pour les contestations commerciales ou autres qu'ils pourraient avoir avec les Arabes. L'émir jouira de la même faculté dans le3 villes et ports français. »

Tel fut ce fameux traité de la Tafna, où, il faut bien le reconnaître, le général Bugeaud se montra fort mauvais diplomate et qui souleva contre lui les plus ameres récriminations.

> Quoi ! s'écrie éloquemment M. Louis Blanc, après tant de sacrifices en hommes et en argent, après tant d'années employées à combattre, on faisait cadeau à notre plus

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cruel ennemi de la régence presque tout entière I Quoi! l'on condamnait la France à camper misérablement sur le littoral, pressée, resserrée, étouffée entre l'ennemi et la mer! Quel revers nous avait donc condamnés à un tel excès d'humilité dans notre ambition ? Le traité qui nous dépouillait était-il le résultat forcé de quelque terrible défaite, de quelque irréparable desastre? Etions-nous en Afrique sans ressources, sans armée? Non, car 15,000 hommes avaient été réunis à Oran ; des dépenses considérables avaient déjà été faites pour une campagne; une guerre à mort était annoncée ; le soldat était sûr de vaincre. Et c'était du sein des plus formidables préparatifs qu'on faisait sortir une paix semblable 1 Et, avant même de s'être mesuré avec l'émir, on lui cédait la province de Tittery, Cherchell, la citadelle de Tlemcen, une portion de la Mitidja, des territoires enfin sur lesquels jusqu'alors il n'avait affiché luimême aucune prétention ! Dans la province d'Oran nous conservions Mazagran et Mostaganem; mais, séparées d'Oran et d'AizeW, ces deux villes ne seraient-elles pas en état de blocus? Abd-el-Kader reconnaissait notre souveraineté ; concession dérisoire qui lui assurait la réalité d'une puissance dont il ce nous laissait k nous que le fantôme. •

Telles étaient les plaintes qu'exhalait de toutes parts l'opinion, et, certes, elle n'avait pas tort. Le traité de la Tafna, véritable duperie pour la France, devint un véritable piédestal pour Abd-el-Kader, qui ne se rit même pas faute d'y être infidèle toutes les fois qu il y trouva son avantage, et cela sans que nous pussions avec apparence de droit le rappeler au respect de sa parole, car toutes les conditions du traité n'avaient pas même été écrites, dernière faute qui recouvrait une stipulation aussi peu honorable pour le gouvernement français que pour son négociateur.

TAFON s. m. (ta-fon). Moll. Nom vulgaire d'une coquille du genre volute.

TAFOUILLEUX S. m. (ta-fou-Ueu ; II mil. — de tas, et de fouiller). Pop. Homme qui a pour industrie de ramasser les objets charriés par la Seine.

TAFT, ville de la Perse (Farsistan), dans une plaine arrosée par la Débala, à 31 kîloin. S.-O. d'Yezd; 6,000 hab. Les maisons sont entourées i.e beaux jardins. Renommée par ses fabriques de tapis. Il y a dans le voisinage une mine de plomb.

TAFTAZAN1 (Saad-Eddyn Mas'oud al), jurisconsulte et écrivain arabe, mort à Marasch en 1389 de notre ère. Il jouit d'une grande réputation en Orient et composa plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : des traités de théologie, une Grammaire arabe., un Traité de logique, un Traité de Dieu et de son essence, un Commentaire sur la métaphysique d'Avicenne , Epitome de droit canonique, Traité du droit civil, Essai et recueil de droit, etc. On trouve des manuscrits de ces ouvrages aux bibliothèques de l'Escurial, de Paris, de Leyde, etc.

TAFURI (Matteo), également appelé M««ihtci» Soient»!!», philosophe italien, né à Soleto (Terri: d'utrunte) en 1492, mort vers 1585. Après avoir étudié la médecine à Naples, il parcourut, pour compléter son instruction, l'Italie, l'Allemagne, la France, se fit recevoir docteur à Paris, puis visita l'Espagne, le nord de l'Afrique, l'Asie Mineure et la Perse. De retour dans sa ville natale, Tafuri se livra à l'enseignement de la médecine, des sciences physiques et mathématiques et des langues. Son vaste savoir le fit rechercher des grands et redouter du peuple, qui l'accusait de magie. Il laissa de nombreux écrits sur diverses matières. Le plus remarquable est intitulé : De etliica, physicn, œconomia, ptantis, somnis, artificio insoinuiandi, mysieriis naiurs, libri VIII.

TAFURI (Jean-Bernardin), biographe italien, descendant du précédent, né à Nardo (Terre d'Otrante) eu 1695, mort dans la même ville en 1760. Sa fortune lui permit de se livrer à son goût pour les lettres. Il lit de fréquents voyages à Naples et entra en relation avec les principaux savants de l'Italie. Tafuri se signala par sa générosité, par son éloquence et fit preuve d'un grand dévouement à l'humanité lors du tremblement de terre qui ruina de fond en comble sa ville natale en 1743. Nous citerons parmi ses ouvrages : Raggionamento istorico degli antichi studj ed accademie di Nardo, publiés dans la Cronica de' minori osseroanli ; Belle scienze e délie arti nel regno di Napoli (Naples, 1738, in-12) ; Istoria degli scritiori nati nel regno di Napoli (Naples, 1744-1770, 9 vol. in-12), recueil estimé.

TAGADEMPT, ville ruinée de l'Algérie, province d'Oran, sur la rive gauche du Chélif. Antiquités romaines.

TAUAÏ ou SOUVAROW, groupe de petites lies, dans ^archipel des Mulgraves (Polynésie), par 11° 50' de latit. N. et 167° 30f de longit. E. Ces îles, qui paraissent fertiles, surtout en cocotiers, sont cependant peu peuplées. Ce groupe fut découvert en 1816 par Otto de Kotzebue.

TAGAL, ALEadj.(ta-gal,a-le). Géogr. Qui a rapport à la contrée de Tagala, en Nigritie, ou aux Tagals, dans les Philippines.

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— s. m. Moll. Coquille du genre solen, qu'on trouve 'dans les mers du Sénégal.

TAGAL, ville de Java, sur la côte N. de cette île, au pied du volcan du même nom, sur une petite rivière, à 280 kilom. de Batavin, par 60 44r de latit. S. et 1060 53' de longit. E.; ch.-l. d'une province du même nom. On en exporte des quantités considérables de riz à Batavia et dans les îles voisines, La province produit cette denrée en très-grande abondance; elle est aussi riche en teck, mais et café ; le sol en est presque entièrement volcanique. Ce pays est compris dans les possessions hollandaises.

TAGAL ou DJEDE, GEDE, volcan de l'île de Java. Il à une hauteur de 2,309 mètres.

TAGALA, contrée montagneuse de l'Afrique orientale (Nigrkie), à 250 kilom. S. de El- Obéid, dans le Kordofan. L& chaîne des montagnes de Tagala comprend un très -large espace de terrain et renferme une population fort nombreuse. LedefterdarMohammed- Bey est le premier parmi les Turcs qui ait osé pénétrer jusqu'à Tagala. I! parvint dans les montagnes sans éprouver de résistance et fit avec le mek (chef ou roi) un traité d'alliance, traité par lequel le souverain du pays s'engageait à reconnaître la souveraineté des Turcs et à leur payer un léger impôt. Après le départ de Mohammed-Bey, les souverains de Tiigala ne tardèrent pas à rompre l'alliance qu'ils avaient faite avec les Turcs. Mohammed-el-Alariout, l'avant- dernier mek, ayant refusé de payer la contribution qu'il avait promise au gouvernement lors de son avènement au trône, attira dans ses montagnes l'urinée des Turcs et perdit a lu fois et sa couronne et la vie. 11 fut tué au moment où il prenait la fuite, et les Turcs élurent à su place un des membres de sa famille. Le nouveau souverain acheta par 4,000 esclaves la dignité à laquelle il fut élevé et s'engagea à payer chaque année le même tribut au gouvernement. Mais il ne tint pas sa promesse. A peine les Turcs avaient-ils quitté Tagala que le nouveau mek se soulevait contre eux. Aujourd'hui encore, il est indépendant au milieu de ses montagnes, et il est parvenu jusqu'à présent à se soustraire aux poursuites que les Turcs ont dirigées contre lui. Cette population de Tagala se compose en partie d'Arabes et en partie de nègres. Ces derniers sont encore livrés à l'idolâtrie, et l'islamisme a fait chez eux peu de progrès. Les Arabes de Tagala représentent une famille plus mélangée encore que toutes les familles d'Arabes de la province. Leur mélange avec les nègres, les unions fréquentes qu'ils ont contractées avec les femmes des montagnes ont fait d'eux une classe qui, aujourd'hui, se rapproche davantage de l'espèce noire que de la blanche. Malgré leur physionomie d'ébène, les Arabes de Tagala se vantent cependant de leur noblesse et de leur origine; ils ont établi leur généalogie d'après la succession des mâles , sans tenir compte de la part qu'y ont eue les femmes. Ils ont conservé dans leurs montagnes l'usage des anciennes armes de leurs ancêtres. Leur arme, qui, du reste, est encore aujourd'hui celle de tous les Arabes de Beled- Soudan, consiste dans un sabre droit, espèce de latte à deux tranchants, à poignée en forme de croix. Ce sabre se suspend au bras gauche du piéton ou s'attache uu pommeau de la selle du cavalier. Il est de ces sabres qui sont en grande estime parmi les gens du pays. La valeur dont ils jouissent tient nonseuleinent au degré de finesse et de trempe de la laine, qui le plus souvent est très-ordinaire, mais surtout à 1'ancienuoté de l'arme et k l'existence de certains signes, de certaines lettres dont elle est revêtue. Les gens qui en font le trafic les apportent du Caire en Nubie, où souvent, pour leur donner plus de valeur, pour prêter à leur physionomie un air do vétusté, ils les enterrent jusqu'à ce que leur fer ait perdu son poli et soit chargé de rouille. Les nègres de Tagala, comme tous ceux des montagnes du Kordofan, ne connaissent d'autres armes que la lance. Cette lance, à laquelle ils donnent différentes foi mes, offre souvent sur ses arêtes des aspérités anguleuses, longues a'un pouce environ, dont la direction est en sens inverse de celle de la pointe de la lance. Tassim, la capitale des meks de Tagala, n'est habitée que par le souverain, les grands de l'Etat et les soldats qui composent la garde du prince. C'est une véritable résidence royale, dont les bourgeois et le peuple sont éliminés et où l'on ne rencontre que les gens qui approchent de la personne du prince. Parmi ces derniers, il faut comprendre les femmes, qui sont en innjorité et qui, pour lu plupart, font partie du harem du roi. Les montagnes de Tagala produisent une grande quantité de myrrhe. On y trouve aussi des figuiers qui atteignent de grandes dimensions et dont le fruit, de la grosseur d'une pomme ordinaire, est rouge ponceau k l'intérieur et brun à sa partie externe. La saveur de ce fruit participe à la fois de celle de notre figue et ce notre fraise. On a écrit plusieurs ouvrages sur la langue lagala, notamment : Arte de la lengua lagala, par S. de Totanes (1745, in-4°), et Vocabolario de la lengua tagala, par J. de Noceda (1754, in-fo).).

TAGALAUiSE ou TAGALOUM, lie des Aléou-

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tiennes, une des Andrianovs-Kié,par 53«30' de iatit, N. et 183" 6' de longit. E. Elle a 50 kilom. de circuit et est entourée de rochers d'un abord difficile et dangereux.

TAGALS ou TAGALES, tribu indigène de l'Ile de Lnçon, dans l'archipel des Philippines. Les Tagals, d'après certains auteurs, seraient originaires de l'Amérique. Une opinion plus plausible les fait venir de la Malaisia. Quoi qu'il en soit, cette race est une des plus intéressantes et des plus caractérisées du monde asiatique. Il y a entre le Tagal et le Malais un air de famille ; le type du visage et le teint sont à peu près semblables et un assez grand nombre de mots se retrouvent dans les deux dialectes. Le Tagal n'a rien de l'intelligence et de l'âpreté laborieuse qui distinguent le Chinois, ni de l'orgueilleuse et brutale cruauté qui arme k toute heure le bras du Malais. C'est une race indolente et tranquille, fuyant le travail, inaccessible aux soucis et en même temps aimant le luxe, ardente aux fêtes et nu jeu, musicienne, presque artiste. Toutes les contradictions se heurtent dans cette étrange nature , où domine pourtant un sentiment inné de soumission aux forces et aux volontés extérieures. Le Tagal n'a pas eu un moment la pensée de défendre son pays contre les Européens ni ses dieux contre les moines; il a, dès les premiers jours, tout accepté, de nouveaux maîtres et une religion nouvelle. Il n'est point de sujet plus docile ni de catholique plus fervent. Pour le Tagal, l'île de Luçon est la terre promise. Du riz et quelques poissons péchés au bord de la rivière suffisent à sa nourriture. 11 dépense à peine 100 francs pour élever le toit de nipa sous lequel il repose ; quatre piliers de palmier sauvage soutiennent ce modeste édifice. Des lattes de bambou, supportées par quelques traverses à 5 ou 6 pieds de terre , lui font un parquet élastique et luisant. Un mortier et deux pilons destines à dépouiller le riz de son enveloppe, une natte étendue dans un coin, deux ou trois jarres de terre, des tronçons de bambou, quelquefois une toile et deux ou trois chaises grossièrement travaillées, tel est l'ameublement de la plupart des habitations tagales.

TAGAft'A, point culminant du Maroc, dans le voisin! ge de la capitale de l'empire.

TAGANROG ou TAGANUOK, ville forte de la Russie d'Europe, gouvernement et à 406 kilom. S.-E. d'Ièkatérinoslav, port de commerce, le second de la Russie méridionale, au fond de la mer d'Azov, près de l'embouchure du Don, par 47» 12' 21" de latit. N. et 36» 36' i8" ae j0Hgit, E.; 35,000 hab. Bibliothèque, musée, gymnase commercial; douane, banque, bourse. Elle est régulièrement bâtie, entourée d'ouvrages défensifs et jouit d'un climat sain et tempéré. La pèche et le commerce constituent les principales ressources de la population. Les exportations consistent en fer, cuivre, chanvre, blé, cuirs, graines oléagineuses, potas-e, salpêtre, suif, pelleteries, laines, etc., et les importations en vins communs de l'Archipel, de l'Italie et de l'Espagne, fruits secs, étoffes de soie et de coton, citrons, oranges, rhum, etc. Ce qui nuit à l'extension du commerce de cette ville, c'est surtout le peu de profondeur du port, qui n'e^t accessible qu'aux navires de moyenne grandeur; ce port reçoit pourtant 800 navires par an, sans compter plus de 300 caboteurs. L'industrie manufacturière, peu importante, se compose de quelques corderies, de fabriques de macaroni, de briqueteries et de fonderies de suif, he commerce est exercé généralement par des étrangers, Grecs ou Indiens pour la plupart. Les chantiers de Taganrog ne construisent guère que des bateaux de cabotage. Deux foires périodiques se tiennent à Taganrog le 9 mai et le 15 août. On évalue à 700,000 roubles le montant des affaires traitées à la première et à 3 millions à la dernière de ces foires.

Sur la fin du xviib siècle, il n'y avait encore, à l'endroit qu'occupe Taganrog", qu'une tour en pierre , entourée d'un rempart en terre, et sous la protection de laquelle s'était formé un petit village de pêcheurs tartares; en 1706, Pierre le Grand y fonda une forteresse régulière, qui fut, en 1711, rasée en vertu de la convention du Pruth et relevée en 1769 par Catherine IL Le village s'accrut alors si rapidement, qu'il fut bientôt érigé en ville, et elle a toujours depuis continué à s'augmenter, k mesure que le commerce s'y est porté.

En 1814, un tremblement de terre fit naître devant le port une petite Ile qui a disparu depuis. Alexandre I" aimait beaucoup le séjour de Taganrog ; il y mourut* en 1825, et un monument eu bronze a été élevé à sa mémoire. Des navires anglais et français l'ont bombardée en 1855. Les environs, qui autrefois ne formaient qu'un immense steppe couvert d'innombrables troupeaux de buffles, sont maintenant en grande partie cultivés et entrecoupés de champs, de villages, de fermes, de vergers, etc.

TAGANROG (baie de) ou golfe du DON, dans la mer d'Azov et sur la côte de la Russie d'Europe. Cette vaste baie, qui a 70 kilom. de longueur sur 21 kilom. de largeur, reçoit les eaux du Don, du Miouss et duKalmiouss. Sur ses bords s'élèvent les villes de Taganrog, d'Azov et de Marioupol. A l'en-

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