TAKHT-ROUSTAN OU TAKHT-KHOSKOU
montagne de la Perse (Kourdistaii), k VU. de Kermauchah. Il y existe un grand nombre de bas-reliefs et de grottes, que l'on croit être la sépulture d'anciens rois et de héros persans.
TAK1L-BOOROCN, cap de la Russie d'Europe, dans le gouvernement de la Tuuride, sur la côte orientale de la Crimée, par 450 4' de latit. N. et 34° 7' de longit. E.
TAKIMA, royaume de la Guinée supérieure , k la côte d'Or, entre ceux des Achantis au S., dont il est tributaire, de Soko au N. etde Cdranza au S.-E.; capitale, Takima, k 160 kilom. N. de Couinassie.
TAKINOS, lac de la Turquie d'Europe (Salonique), k 12 kilom. S.-E. de Serès. U forme un ovale assez irrégulier, a 30 kilom. du N. au S. dans sa plus grande largeur et reçoit beaucoup de cours d'eau, entre autres le Carason (Strymon), qui y entre par l'extrémité N.-O. et en sort au S.-E. pour se jeter bientôt dans la mer. Excepté au N. et au N.-E., où s'étend une vaste plaine marécageuse, les rives du lac sont partout bordées de montagnes, Sur la rive occidentale s/élève le petit village de Takinos, entièrement habité par des Grecs.
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TAKROUR, nom donné au Soudan par les indigènes africains.
TAKROUIilE, ville de la Nubie, dans l'Afrique orientale, à environ 25 kilom. de la rive gauche du Tacazzé.
TAKTAZAN1 , jurisconsulte et écrivain arabe. V. Taïtazani.
TAKTIKOS s. m. (ta-kti-koss — mot gr.
dérivé de tassa, j'arrange). Sorte de coiffure des femmes grecques modernes : Cela vaut mille fois mieux que le chapeau et rappelle un peu la grâce du taktikoS de Smyrne et des tles grecques. (Th. Gaut.)
Takt-Tuou ou Trûue oui P.ion», le fameux trône des Mongols, qui figurait dans la salle d'audience ou le Diwun-Kkass du palais impérial, à Delhi. Ce trône tirait son nom de deux paons en or massif, avec queues éployées, qui en formaient le fond : les perles, les saphirs, les rubiSj les émerauJes et autres pierres appropriées imitaient avec autant do richesse que d'exactitude les brillantes couleurs de la nature. Le siège, long de 2 mètres, était supporté par six | ieds en or massif, inerusté de rubis, d'émeraudeset de diamants; il était surmonté d'un dais d'or, à franges de perles, soutenu pur douze colonnettes émaillées de pierres précieuses-, entre les deux paons, on voyait une perruche de grandeur naturelle, taillée, dit-on, dans une seule émeraude. Cette merveille de luxe et d'art a été jadis diversement estimée, depuis 25 millions de francs jusqu'à 150 m'.lliuiis. ISorriier, dans son temps, lui donnait une valeur de 40 millions de roupies, soit 100 millions de francs. Inutile de dire que ce fameux trône, enlevé par Nadir-Scliah lors de son invasion, n'existe plus aujourd'hui et que tous ses éléments précieux et inaltérables sont dispersés dans le monde entier. Le trône des Puons avait été remplacé par un trône de cristal, lequel, depuis la révolte de 1857, est conservé connue un objet de haute curiosité dans le Diwun- Khass, transformé lui-même en musée ; à côté du trône des Mongols, on voit divers objets, anciens et modernes, d'art, de science, de commerce, recueillis dans l'Inde et surtout dans la province de Delhi.
TAKY-EDDYN-OlilAn (Melik - el -Modhaffer), premier roi du llainah, mort en 1191 de notre ère. Il suivit en Egypte son oncle, le fameux Saladin, l'accompagna dans ses guerres, l'aida à consolider sa puissance et obtint de lui, à titre de fief, la souyeraiiieté de Hamah (1178). Après avoir battu le sultan d'Iconium, qui avait envahi la Syrie (1180), Tnky-Eddyu-Omar alla gouverner l'Egypte (1183). H prit ensuite une part brillante k la bataille de Tibéri.ade, où il lit prisonnier le roi de Jérusalem, foriitia Laodicee et Hamah, commanda l'aile droite de Saladin lors du siège de Saint-Jean-d'Acre (1189) et envahit le Diurbekir. Saladin ajouta a la principauté de Hamah plusieurs autres villes, dont la possession inspira k Taky-EdJyn le désir des conquêtes. Il enleva quelques places au roi d'Arménie Khelath, puis assiégea Malazkerd. Pendant qu'il investissait cette place, il mourut d'une maladie subite. C'était un prince actif et vaillant, qui contribua beaucoup k fonder la puissance de Saladin. Il aimait et cultivait avec succès la poésie et les lettres. Son lils, Melik-el-Mansour, lui succéda.
TALA s. f. (ta-la). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, dont l'espèce type croît aux îles Philippines.
TALAB s. m. (ta-labb). Grand bassin servant aux ablutions des ludous.
— Encycl. Les talabs sont de grands bassins creuses de main d'homme, que l'on rencontre fréquemment dans la campagne, d'une extrémité ue la péninsule à l'autre. Ces bassins sont carrés et profonds de um, 70 k 1 mètre ; ils sont entourés d'une haute et épaisse muraille de terre, le déblai de leur excavation, sur les talus de laquelle sont plantes des borassus el des tamarins. Deux échancrures sont faites dans cette haute chaussée, opposées l'une à l'autre, par où l'on arrive aux degrés qui descendent dans l'eau. Ces talabs sont presque toujours des fondations pieuSes. Sous le motif des ablutions religieuses .Indous et musulmans vont s'y baigner tous les matins; leur eau est la seule qu'ils boivent ; elle est assez mauvaise, mais cependant potable. D'ailleurs, presque tous les talabs que l'on rencontre sont faits et plantés exactement de la même façon, et qui en a vu un ou a vu mille ; les arbres qui les ombragent, nourris dans un sol de rapport, croissent toujours avec une vigueur extraordinaire. Serrés les uns contre les autres, les borassus élancent leurs tiges dans toutes sortes de directions pour chercher l'ait- et la lumière; courbées k leur base et rétrècies jusqu'à une certaine hauteur pour se redresser ensuite et se rentier dans le milieu, quelques-unes de ces tiges ressemblent k de gigantesques serpents.
TALABOR, en ruthénique Terebla, rivière de Hongrie (Marmaros). Elle se forme par la réunion de la Radium et de l'Ûzorna-Reka, qui descendent du versant méridional des Karpathes, coule d'abord à l'O.-S.-O., puis au S.-E. et enfin généralement au S.-S.-O. et se divise en deux branches, le Kis-ïalabor à gauche et le Nagy-Talabor a droite, pour se joindre à la droite de la ïheiss, près et à l'y. de Tecso. Cours, 80 kilom.
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TALABOT (Paulin-François), ingénieur et homme politique français, né à Limoges en 179D. A vingt ans, il fut admis. k l'Ecole polytechnique, d'où il passa, en 1821, k l'Ecole des ponts et chaussées. Devenu ingénieur, il resta au service de l'Etat jusque vers 1834. A partir de cette époque, il a coopéré activement à la création de nos grandes lignes de chemins de fer, notamment à celle du réseau du sud-est «le la France, et il a été également attaché à l'exploitation des mines de houille du département du Gard. M. Tulabot était ingénieur en chef des ponts et chaussées et directeur général de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et k la Méditerranée lorsqu'il fut élu en 1863, avec l'appui du gouvernement impérial, député au Corps législatif dans la lrc circonscription du Gard. L'année suivante, il reçut la croix de commandeur de la Légion d'honneur. M. Talabot joua un rôle effacé à la Chambre, où il se borna à voter avec la majorité, et fut réëlu, mais seulement au second tour de scrutin, lurs des élections générales de 18G9. La révolution du 4 septembre 1870 l'a rendu à la vie privée, et il s'est borné depuis lors a remplir ses fonctions de directeur général de la compagnie des chemins de fer du Midi, à. laquelle il a rendu de réels services.
TALACHON (Marie - Vincent), chirurgien français. V. TalOcHON.
talaire adj. (ta-lè-re — lat; talaris; de talus, talon). Antiq. rom. Qui descend jusqu'aux pieds : Toge talaire.
— s. f. Syn. de talonnière.
TALAMASQUE s. f. (ta-la-ma-ske). Sorte
de masque hideux, dont on se servait au moyen âge, dans certaines fêtes religieuses ou civiles.
— Adj. Lettres ialamasques, Lettres secrètes, caractères mystérieux dont on se servait pour les sortilèges ou pour écrire en chiffres.
TALANCHE s. f. (ta-lan-cbe). Comm. Sorte d'étoile de filet de laine, fabriquée en Bourgogne.
TALANE s. m. (ta-la-ne — du gr. talanizâ, je me lamente). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéroinéres, de la tribu des bélopieus, dont l'espèce type habite l'Ile de Cuba.
TALANT, village de la Côte-d'Or, cant., arrond. et à 3 kilom. de Dijon ; 724 hab. Les ducs de Bourgogne y possédaient un trèsbeau château, détruie par Henri IV. Son territoire possède un vignoble estimé. Les vins recueillis dans les meilleurs quartiers sont des vins ordinaires excellents et de bonne garde.
Talania (la), comédie en cinq actes, en prose, de Pierre Arétin. Comme toutes les pièces de cet homme d'un talent si singulier, où le mauvais goût et l'indécence côtoient toujours l'excellent et déparent les meilleures inventions, la Talanta offre une sério de scènes décousues, mais pleines de variété et d'esprit; la verve de l'auteur apparaît dans ces dialogues pressés, rapides, naturels, parfois bouffons, parfois d'une rare finesse. L'héroïne, une de Ces courtisanes du xv<= siècle, si fertiles en expédients, si rusées et que les poètes ont mises sur la scène, est peinte de main de maître. On la voit pendant toute la pièce manœuvrer avec un rare aplomb entre un noble jeune homme, qui l'aime beaucoup et se ruine pour elle, un capitaine qui veut se payer quelques jours de bon temps et un marchand vénitien, qui voudrait bien faire comme le capitaine. 11 y a place pour tout le monde. Le capitaine lui fait présent d'une jeune esclave, le Vénitien lui envoie en cadeau un Sarrasin ; k eux les plus aimables sourires et les promesses les plus douces -, le jeune amant est évincé, niais si adroitement qu'en le congédiant pour trois jours, la Talanta trouve moyen de se faire donner une chaîne d'or et un brillant. Le plaisant de l'affaire, c'est que le capitaine, qui n'est qu'un capitan de comédie, a donné une fausse esclave et que le Vénitien, marchand avant tout, a barbouillé de cirage un pauvre diablo qu'il donne à la belle fille comme un Sarrasin pur sang. La courtisane est dupée; cette paire d'esclaves qu'elle comptait si bien revendre a pris la clef des champs dès que le capitaine et le Vénitien ont eu accès chez elle ; mais, à la fin, ils font assaut de générosité et remboursent la valeur des fugitifs. L'action est doublée d'une autre intrigue amusante entre la fausse esclave et un jeune noble, le Sarrasin mal barbouillé et la jeun» iille de son maître, le Vénitien, sans compter une foule de personnages épisodiques et de scènes imprévues comme l'Arétin excelle k en esquisser d'une plume rapide. Par le choix du sujet, il semble s'être placé dans les mœurs latines ; Plaute a deux ou trois comédies dont le fond est à peu près le même; mais comme étude, comme particularités, c'est Rome au xvi<* siècle, ia corruption de la ville papale, qu'il a voulu peindre. Paul Lacroix (bibliophile Jacob) a traduit la Talanta dans ses comédies choisies de l'Arétin. Cette "traduction est vive, spirituelle et suit l'original d'aussi près qu'il est possible. Le savant bibliophile l'a enrichie de notes fort curieuses, sans lesquelles la comédie originale, pleine d'allusions, de locutions proverbiales, de difficultés de toutes sortes, perdrait de sa saveur. On trouve, entre autres curiosités, dans ces notes, il propos de la rapacité de l'héroïne, quipienu de toutes mains, un catalogue dresse
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d'après des livres rnres, dos courtisanes las plus connues de Rome au temps de l'Arétin, et, chose plus bizarre encore, leur tarif, que des écrivains ont pris soin de conserver à la postérité. Un de ces tarifs anonymes est écrit on vers.
TALANTA, petite ville de Grèce, dans l'Ile de Nogrepont, au pied de montagnes d'où le pays s'étend en plaine jusqu'à la mer.
TAI.ANT1 (canal de) [Etinpe], bras de mer formé par l'Archipel, en Grèce, sur la côte N. de la Livadie, qu'il sépare de la partie N. de l'Ile de Négrepunt. Il communique au N.-O. au golfe de Zeitoun et au S.-E. au canal de Négrepont par le faible détroit d'Egribos, a 72 kilom. de longueur sur une largeur qui varie de 25 kilom. à moins de 2 kilom. et forme plusieurs enfoncements dont le plus remarquable est le golfe de Talanti. Les rives en sont bordées de montagnes assez élevées qui lui envoient de nombreux torrents.
TAI.APAN, ville de la Malaisie, à l'extréniiie N.-E. de l'Ile de Bornéo, ch.-l. d'un district. On y trouve un excellent port.
TALAPIOT s. m. (ta-la-pio). Ornith. Nom vulgaire d'un oiseau du genre pinnule, qui habite l'Amérique du Sud.
— Encycl. Cet oiseau a pour caractères génériques ; un bec parfaitement droit jusqu'à la moitié de sa longueur, s'inclinant ensuite un peu en dessus; les deux mandibules sont à pointes parfaitement droites, trèscomprimées et très-pointues; narines ovuhilrcs , basales latérales; ailrs subobtuses; queue assez longue, très-rigide; tarses et piuds robustes. On en admet deux espèces : lo le talapiot pic (dendroplex picus), connu sous le nom de talapiot de Cayenne. D'après la forme vigoureuse des pattes et du bec et la rigidité de la queue, les espèces de ce genre doivent avoir une grande aptitude k la station verticale, tandis qu'au moyen de leur langue, extensible, vermiforme, très-allongéo, elles peuvent aller chercher au fond de leurs trous les larves de tous les insectes qui rongent le bois. Le plumage de ces oiseaux est d'un roux olivâtre, avec le dessus de la tète un peu plus obscur. 2° le talapiot piscirostre (dendroplex piscirostris). Malgré une grande analogie entre cette espèce et la précédente, la coloration de cette dernière est cependant p'.us vigoureuse, mais en restant dans les mêmes tons. Cet oiseau habitesurlaoôte ouest de l'Amérique du Sud.
TALAPOIN s. m. (ta-!a-poin). Hist. relig. Membre d'un ordre religieux bouddhiste : Les talapoins de Siam font raser la tête et les sourcils aux enfants dont on leur confie l'éducation. (Buff.)
— Maimn. Espèce de singe de la Guyane.
— Encycl. Hist. relig. Les talapoins forment le grand ordre religieux bouddhiste et constituent le trait saillant du syst me qui pèse sur toutes les populations de l'Asie orientale. Cet ordre a son centre dans la Birmanie. Les talapoins adoptent un costume particulier, vivent en communauté, instruisent la jeunesse et suivent sévèrement la règle établie par leur fondateur.
L'ordre est composé de la manière suivante : les talupoins appartenant au dernier degré de la hiérarchie sont tous de jeunes élevés qui portent l'habit jaune ou canonique. Ils restent pendant deux ou trois ans dans le monastère, et le plus souvent ils en sortent pour entrer dans la vie séculière. Viennent ensuite ceux qui, se sentant une vocation plus décidée, veulent faire partie de la société, et qui, à l'âge de vingt ans et sur leur demande, sont admis dans la profession.
Cette introduction est précodée d uue cérémonie que préside un ancien talapoin, assisté do huit ou dix de ses confrères. Le novice est questionne sur les empêchements qui sont de nature à mettre obstacle à la récep* lion d'un individu dans la société religieuse; s'il est reconnu qu'aucun de ces empêchements n'existe pour lui, on l'instruit des principaux devoirs qu'il aura k remplir. Lorsqu'il a promis d'être fidèle aux obligations de son état, il devient un membre profès sous le nom de sotzin. Chaque bonzerie est gouvernée par un chef, à qui tous les autres membres doivent le respect et l'obéissance. Dans chaque province se trouve une sorte de latapoin provincial, dont la juridiction s'étend sur toutes les autres bonzeries de cette province. Dans la capitale de la Birmanie réside un grand chef talapoin, appelé sasana-pain, lequel a pouvoir et autorité sur tous les talapoins du royaume.
Le talapoin a pour vêtement une pièce d'étoffe de coton qui s'ajuste aux reins au moyen d'une ceinture de cuir et retombe sur les pieds, puis une sorte de manteau qui recouvre le haut du corps et descend jusqu'à mi-jainbes. La couleur de cet habit est jaune, parce que cette couleur était autrefois un signe de deuil, k peu près comme le noir l'est chez nous. Le talapoin a toujours la tête et les cheveux rases; il ne doit rien posséder en propre : une infraction k ce punit si indispensable k la pratique de la pauvreté le dégraderait de sou état par le fait même. Il doit observer strictement la loi du célibat. D'ailleurs, les vœux et les obligations du talapoin ne l'obligent qu'aussi longtemps qu'il veut rester dans sa profession : il est libre de rentrer quand il veut dans la vie se-
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entière; personne no lui fait un crime de ce renoncement à la vie religieuse. On se contente de dire : « Il ne pouvait plus observer la règle; c'est pour cela qu'il a quitté la bonzerie. «Presque tous les hommes, en Birmanie, endossent l'habit jaune dans leur jeunesse et passent k la bonzerie un temps plus ou moins long. Le nombre de ceux qui persévèrent est très-restreint. Mais aussi ils sont extrêmement respectés pendant leur vie et, après li'ur mort, leur dépouille continue à ètro l'objet de la même vénération.
Le talapoin n'a et n'exerce aucune des fonctions attachées au sacerdoce; sa mission est d'instruire la jeunesse; on ne connaît pas d'Rutre instituteur en Birmanie. A l'entrée des villes, des bourgades, un peu k l'écart et k l'abri du bruit et du tumulte, on reinnrquo la demeure du talapoin, quelquefois splendide, toute dorée, ornée de riches sculptures. Dans les petits villages, la bonzerie est d'une apparence plus modeste; mais elle l'emporte encore sur les maisons des habitants. Chaque bonzerie k son enclos, où les jeunes garçons vont apprendre à lire, à écrire et se remplir la mémoire de faits et l'esprit de principes liés avec la religion.
Suivant la règle, le talapoin duit aller chaque matin, au point du jour, mendier sa nourriture de porto en porte; il la reçoit duns un vase en terre ou en fonte qu'il tient sous son bras gauche. C'est aussi la coutume de porter à la bonzerie des fruits et autres comestibles pour l'usage des talapoins et des nombreux enfants qui vivent avec eux et reçoivent leurs leçons.
Les Birmans, nous le répétons, professent le plus grand respect pour les talapoins, respect fondé sur la haute idée qu'ils ont de leur profession. On ne leur parle jamais qu'en employant des termes honorifiques réservés à eux seuls ; on ne les aborde qu'en su prosternant devant eux, les mains jomte3 et élevées jusqu'au front. Celui qui leur parle prend l'humble titre de disciple. Personne, p;is même le roi, n'oserait prendre la liberté de s'asseoir sur une place qui serait au même niveau qu'une autre occupée par le talapoin. Celui qui était hier talapoin, et qui est rentré aujourd'hui dans la vie séculière, n'hésitera pas un instant à témoigner à ses unciens compagnons le même respect qu'il recevait lui-même des laïques. Mais ce respect cesse dès que le talapoin quitte la bonzerie pour rentrer dans la vie ordinaire.
On peut dire que cet ordre religieux est l'âme du bouddhisme et qu'il lui communique la vigueur, l'énergie vitale qui anime depuis si longtemps cette religion.
— Mamra. Le talapoin appartient au genre guenon ou cercopithèque; il est de la taille u'un très-gros chat; il a le museau court, les oreilles grandes, la barbe et la queue fort longues. Son pelage est olivâtre ou d'un vert brunâtre en dessus, d'un blanc jaunâtre en dessous, avec la barbe et les sourcils blancs, la queue cendrée en dessous et les pieds noirs. Ce Binge, d'un aspect assez agréable, est originaire de l'Inde suivant les uns, de l'Afrique suivant les autres. Uu reste, il n'est guère connu que par la description qu'eu a donnée Bufîon, et Cuvier le regarde comme étant simplement la guenon malbrouok dans son jeune âge. D'après quelques auteurs, le talapoin a le pelage noir, la face rembrunie avec des poils noirs, point d'abajoues ni du callosités; il habile la Guyane, est facile k apprivoiser et devient tres-caressant. H y a probablement ici confusion, et cette espèce demande k être mieux étudiée.
TALARD ou TALABT s. m. (ta-lar). Endroit élevé, disposé en talus. |i Vieux mot.
— Teehn. Châssis sur lequel on étend les cordes à boyau pour les faire sécher.
TALARO s, m. (ta-la-ro). Métrol. Monnaie d'argentde Venise, qui avaitcoursen Afrique, et valant 5 fr. 28 : Un cuisinier européen vous coûtera un talako par jour. (Oér. de Nerval.) Il PI. TALA ai.
TALARODICTYON s. m. (ta-la-ro-di-kti-on — dugr. talaros, corbeille; aikluon, réseau). Bot. Genre d'algues, de la tribu des iiydrodictyées, dont l'espèce type habite les mers de Chine.
TALARD (Jean de), prélat français, mort en 1392. 11 devint évêque de Lyou en i:J7D, força en 1379 les juifs à abandonner la rue Dorée, qu'ils habitaient sur la rive droite do la Saône, et reçut en 1389 Charles VI, qui lit alors son entrée solennelle à Lyon. Peu après, sur la demande de ce prince, il reçut le chapeau de cardinal. Talaru se démit de son siège épiscopal quelques années avant sa mort.
TALARU (marquis dis), diplomate français, né en 1773, mort à Paris en 1850. Il appartenait à une ancienne famille qui comptait parmi ses membres un cardinal, plusieurs archevêques, et qui était alliée aux Montmorency, aux Luxembourg, aux Bethune, etc.
Maître d'une très-grande fortune, il passa sa jeunesse k voyager, devint pair de France ,en 1823 et fut nommé, cette même année, ambassadeur en Espagne, au moment ou le gouvernement français envoyait une armée expéditionnaire sous les ordres du dauphin pour rétablir dans l'intégrité du pouvoir royal Ferdinand VII, retenu prisonnier à Cadix. Dans ces circonstances difficiles, le mar-
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quis de Talnru remplit sa missic:. avec tact el habileté et joua le rôle de modérateur. Il Mgna avec le marquis d'Ofulia des conventions pour la restitution des prises de navires, pour la reconnaissance de la dette d'Espagne envers la France et pour l'occupation du territoire espagnol. En même temps, il ouvrit les possessions espagnoles d'Amérique au coiijitkm'cc de lu France, s'efforça d'obtenir une amnistie, de faire respecter les capitulations accordées par les généraux français aux troupes constitutionnelles ; mais, abreuvé de dégoûts et traversé sans cesse dans ses vues par le gouvernement espagnol, il finit par demander un congé illimité el retourna en France. Il reçut alors le titre de ministre d'Etat, celui de membre du conseil privé et vécut depuis lors à l'écart des affaires. Sous le gouvernement de' Louis-Philippe et pendant la seconde République, le marquis de Talaru voyagea dans le nord de l'Europe, en Laponie, en Russie, puis se rendit à Constantinople, à Vienne, en Italie, en Egypte et aux Etats-Unis. Il légua en mourant une grande partie de sa fortune à des établissements de bienfaisance.
TALASSIUS ou TALASIO, sorte de dieu du mariage dans le Latium. C'était un jeune homme d'autant de courage que de mérite, qui épousa une belle Sabine enlevée par les Romains. Comme son mariage fut très-heureux et qu'il eut beaucoup d'enfants, après sa mort, les Romains célébrèrent son nom dans leurs noces et en firent une sorte de dieu de l'innocence et des bonnes mœurs.
TALAUME S. m. (ta-Iô-me). Bot. Genre d'arbres, de la famille des magnoliaeées, tribu des magnoliées, formé aux dépens des magnoliers, et comprenant une douzaine d'espèces, qui croissent dans les régions tropicales de I Asie et de l'Amérique, Il On dit
aussi TALAUMA.
— Edcvcï. Les ialawnes ou tulaumas sont des arbres à feuilles alternes, coriaces, entières, persistantes, munies de stipules caduques ; les fleurs, grandes, d'un jaune pâte, très-odorantes, solitaires k l'extrémité des rameaux, accompagnées de bractées spathiformes et caduques, présentent un calice il trois sépales plus ou inoins colorés et pétaloîdes, caducs ; une corolle de six ou douze i pétales connivents, alternant sur deux on quatre rangs ; des étamines nombreuses, hypogynes, k filets très-courts; des ovaires nombreux, uniloculaires, biovulés, groupés sur un réceptacle saillant; le fruit se compose de nombreux carpelles groupés autour d'un axe alvéolé. Ce genre comprend une douzaine d'espèces, qui croissent dans les régions chaudes de l'Asie et de l'Amérique, et dont quelques-unes sont cultivées dans nos jardins. Les talaumes ont le port des magnoliers, auxquels ils ressemblent beaucoup par leurs caractères et leurs propriétés. Ils possèdent en général une odeur aromatique très-développée.
Le lalatime de Plumier est un arbre de 20 à 25 mètres, à grandes feuilles ovales arrondies. Il croit aux Antilles, dans les bois, et on le plante fréquemment dans les jardins. Ses fleurs sont employées, dans le pays, pour aromatiser les liqueurs. Sous nos climats, il exige la serre chaude et la terre de bruyère, qu on peut remplacer par un mélange de terre franche, de gravier et de sable. Les graines de cet arbre étant rares, on le multiplie de boutures, de marcottes ou par la greffe sur les magnoliers à feuilles persistantes ; mais sa culture demande beaucoup de soin et les mutilations lui sont funestes. Le talaume odorant est un arbrisseau de 3 à 4 mètres, à rameaux étalés, portant des feuilles lancéolées, longues de om,25. Originaire de Java, où il croit dans les bois et fleurit toute l'année, il cesse de porter des fruits quand on le cultive dans les jardins. C'est aussi, pour nos contrées, une plante de serre chaule; on le propage comme l'espèce précédente. Ses tleurs, d'abord blanches, puis jaunâtres, de courte durée, exhalent une odeur très- prononcée de tubéreuse. Le talaume iiatu est un petit arbi'isseau trèsruineux, originaire de la Chine. Sa culture est plus facile que celle des précédents; il se contente de la serre tempérée et se propage bien de boutures; ses fleurs exilaient, surtout vers le soir, une odeur d'ananas.
TALAYERA-LA-REAL, ville d'Espagne (Es- 'îamadure), province et à 13 kilom. K. de Badujoz, sur la rive gauche de la Guadiana; 2,600 hab. Fabriques de cordons de soie et de maroquin.
TALAVERA-DE-LA-RE1NA (Elbùra, lala-
briii), ville d'Espagne (Nouvelle-Castille), province et k 65 kilom. O. de Tolède, dans une belle et fertile vallée, surla rive droite du Tuge, que l'on y passe sur un pont; pop. de la cummune, 6,000 hab. Ecoles de laun, do philosophie et de théologie; fabriques de soieries, de chapeaux, de taïence, de papiers et de bougies. Cette ville est admirablement située. Le Tage est bordé de magnifiques jardins et fait mouvoir quelques usines. L'un de ces jardins, nommé la Alameda, forme un délicieux bosquet ; mais si les abords de la ville sont riants, l'intérieur est' triste. Les anciennes murailles sont en partie ruinées ; Les rues sont tortueuses, étroites, mal pavées, Sans édifices réellement dignes d'être cités. L'église collégiale (Santa-Maria-Ia-Mayor) est
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gothique et a trois nefs, mais sans grâce et Sans élégance. « On en compte plusieurs autres, dit M. Germond de Lavigne, appartenant aux anciens couventset qui méritent de fixer l'attention du voyageur : celle des Dominicains, avec trois mausolées, d'une belle exécution ; celle des Augustins déchaussés et celle des Hiéronymites. Il s'était établi à Tnlavera, sous le règne de Ferdinand VI, des fabriques de soie qui avaient promptement acquis une certaine importance; on en tirait de belles étoffes, des damas et des galons; cette industrie est considérablement déchue. On y fabrique aujourd'hui beaucoup de poterie commune, qui s'expédie dans l'Estramadure et dans les deux Castilles. »
Cette ville a été surnommée Talavera-la- Jieina parce que le roi Alphonse XI la donna comme douaire k sa femme, dona Maria, fille du roi de Portugal. Patrie du fameux jésuite Mariana, historien; du savant agronome don Alonso de Herrera ; de l'historien don Garcia I.oasia y Giron, aumônier de Philippe IL On ignore l'époque de la fondation de Talavera, quoique l'on sache qu'elle existait déjà lors rît; la conquête de l'Espagne par les Romains. Depuis, elle a subi le même sort que les autres villes du pays et a été prise et reprise plusieurs fuis par les Espagnols et les Maures. Les Français s'en emparèrent en 1808. Le 28 juiHet 1809, il s'y livra une sanglante bataille entre l'année anglo -espagnole, commandée par Wellington, et les Français, qui se retirèrent, bien que la victoire fût indécise. En 1S23, les Français, y défirent les constitutionnels espagnols.
TALAVERA- LA -V1EJA, bourg d'Espagne (Nouvelle-Castille), sur le Tage, à 75 kilom. N.-E. de Caceres et à 72 kilom. O.-S.-O. de Talavera-de-la-Reina. Riche en grains et en vins. Tanneries.
TALAVO, rivière de l'Ile de Corse. Elle prend sa source au mont Capella, coule au S.E. et se jette dans la Méditerranée, dans le golfe do Valinco, après un cours de 1 10 kilom.
TALBEUT (François-Xavier), littérateur et prédicateur français, né à Besançon en 1728, mort en 1803. Il entra de bonne heure dans les ordres, se livra à la culture des lettres et devint membre de l'Académie de Besançon. Ayant, dans des pamphlets anonymes en prose et en vers, attaqué le premier président de Boynes, qui avait fuit exiler trente membres du parlement de Besançon, il fut enfermé, en vertu d'une lettre de cachet, au séminaire de Viviers, puis au château de Pierre-Encise, où il passa trois ans. Rendu kla liberté, Talbert s'adonna avec beaucoup de succès à la prédication, brilla dans les premières chaires de Paris, concourut en même temps pour des éloges et remporta, de 1772 à 1778, sept prix k différentes Académies. Il devint successivement grand vicaire de l'évêque deLescar, chanoine du chapitre de Saint-Jean, à Grenoble, prieur du Mont-aux-Malades, dans le diocèse de Rouen, et se fixa à Paris, où il fut chargé k deux reprises de prononcer devant l'Académie le panégyrique de saint Louis. Au commencement de la Révolution, l'abbé Talbert émigra et alla mourir à Lemberg, en Galicie. Ses discours et ses éloges sont déparés par de fréquentes incorrections et, au dire de Laharpe, Talbert écrit plutôt en rhéteur qu'en homme de goût; toutefois, on trouve dans ses productions des beautés réelles. Nous citerons de lui : De l'origine de l'inégalité (1754, in-8°) , discours qui remporta le prix de l'Académie de Dijon, bien que l'abbé eût pour concurrent Jeun-Jacques Rousseau. Dès qu'il eut lu le discours de ce dernier, Talbert supprima le sien, et il n'aimait pas, dit-on, qu'on lui rappelât son prétendu triomphe sur .l'illustre Genevois. On lui doit encore : Panégyrique de saint Louis {1755. in-so); les Avantages de l'adversité, poème (17C9, in-8°); Eloye de Bayai d (1770, in-8°); Eloge de Bossuet (1772, in-8°) ; Etage de Massition (1773, in-8») ; Eloge de Montaigne (1775, iu-S°); Eloye de Louis A7V(1775, in-so) , discours estimé ; Eloge de L'Hospilal (1777); Eloge de Boileau (1779, in 8"), etc.
TALBOT s. m. (tal-bo). Morceau de bois que les paysans du Poitou attachent ù.u cou de leurs chiens , pour les gêner dans leur marche et les rendre ainsi moins vagabonds et moins dangereux.
TALBOT, comté des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, Etat de Maryland, limité par les comtés de Queen's Ann, Dorohester, Caroline et par l'embouchure du Choptank. Sa superficie est de 18 lieues carrées géographiques et Sa population d'environ 30,000 hab. Chef-lieu, Easton. Son territoire, assez fertile, produit beaucoup de céréales et nourrit de nombreux bestiaux. Le Choptank, le Tuckahoe et le Broadkrich sont les principaux cours d'eau qui l'arrosent.
TALBOT, lie des Etats-Unis d-'Amérique, dans l'Atlantique, sur la côte E. de la Floride, comté de Lmval, à 52 kilom. de Jacksonville et à 60 kilom. N. de Saint-Augustin, entre l'embouchure du Saint-John au S. et celle de Nassau au N., par 30" 30' de latit. N. et 83" 42' de lougit. O. Elle a 15 kilom. de longueur sur 2 kilom. de largeur et produit beaucoup de coton.
TALBOT(Jean), premier comte Dïï Shkb-wsboby, suruommé l'Achille anglai», né dans
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le Shropshire vers 1373, d'une famille originaire de la Normandie, mort en 1453. Dans la première année du règne de Henri V (1413), il fut quelque temps enfermé à la Tour, on ne sait pour quel motif. Rendu bientôt a la liberté, il fut nommé lord-lieutenant d'Irlande, battit Donaid Mac-Murghe et le fit prisonnier. Il fit ensuite partie de l'expédition que Henri V envoya contre la France, contribua à la prise du château de Domfront et k celle de Rouen. Après un court séjour en Angleterre, où il rétablit la tranquillité dans les comtés de Salop et d'Hereford, il revint en France, secourut Suffblk retiré dans la citadelle du Mans, fondit sur les Français et les chassa de la ville, prit Laval d'assaut et aida le comte de Warwickk s'emparer de Pontorson. En 1428, Talbot prit part au siège d'Orléans, qui dut être levé l'année suivante par suite des succès remportés par les Français, dont le courage avait été réveillé par l'exemple et par les exploits de Jeanne Darc. Talbot se rendit ensuite k Meung, qu'il fut contraint d'abandonner. Poursuivi par l'armée française, il se retira vers la Beauce. Une bataille fut livrée, dans laquelle se trouvaient La Hire, Xaintrailles et la Pucelle, du côté des Français; Talbot, John Falstuff et Rampton, du côté des Anglais. Tulbot soutint le premier choc avec autant de présence d'esprit que de valeur; mais bientôt, environné de tous côtés et blessé au cou, il se rendit à Xaintrailles, qui conduisit son prisonnier devant le roi et obtint la permission de lui rendre la liberté sans rançon. Selon les historiens anglais, les choses se seraient passées d'une manière bien différente : Talbot serait resté prisonnier pendant trois ans et demi et n'aurait recouvré sa liberté que lorsqu'on l'échangea contre Xaintrailles, fait prisonnier à son tour. En reprenant notre récit au point de vue de nos chroniqueurs français, Talbot aurait vaincu Xaintrailles en 1431, près de Goitrnay, l'aurait fait prisonnier et, voulant lutter de générosité avec lui, l'aurait mis en liberté saris rançon.
A partir de 1433, Talbot prit une part glorieuse-à la guerre des Anglais contre la France. Parmi ses nombreux faits d'armes, nous citerons la prise de Pontoise, qui eut lieu en 1437 par un singulier stratagème : les fossés et les murs de la ville étant couverts de neige, Talbot fit approcher pendant la nuit les plus braves de ses gens, revêtus de draps blancs, et ces hommes déterminés purent gagner le haut des fortifications sans être aperçus. En 1442, en récompense de ses brillants services, Talbot reçut le titre de comte de Shrewsbury. Deux ans après, il obtint une pension de 400 marcs et fut envoyé de nouveau eu Irlande comme lord-lieutenant. En 1449, on voit encore Talbot figurer parmi les généraux anglais qui défendaient la Normandie. Assiège dans Rouen, il donna de nouvelles preuves de son courage, mais fut enfin forcé de capituler. Il fut au nombre des otages que le régent dut livrer aux Français et devint même prisonnier de guerre par suite du refus que fit le commandant de Honfieur de remettre la place, d'après les termes de la capitulation de Rouen. L'année suivante, sa mise en liberté fut expressément stipulée par la capitulation de Falaise. Pendant quelque temps, il s'abstint de prendre part aux expéditions militaires; on croit qu'il avait fait le vœu d'un pèlerinage k Rome, et il paraît certain qu'il ne revint d'Italie qu'en 1451. La Guyenne avait été conquise par Charles VII, et Talbot fut mis k la tête d'une expédition chargée de reconquérir cette province pour les Anglais. Soutenu par la plupart des seigneurs , qui préféraient l'Angleterre à ia France, il remporta d'abord de grands avantages. Mais bientôt Charles VII marcha à sa rencontre k la tète d'une nombreuse armée et, après quelques succès de peu d'importance, mit le siège devant Castillon. Talbot voulut secourir la place, et une bataille acharnée s'engagea. Talbot, comme toujours, fit des prodiges de valeur, quoiqu'il eût alors plus de quatre-vingts ans. Monté sur une haqueuée, blessé au visage, couvert de sang, il courait de rang en rang pour essayer de ranimer le courage des siens; mais, sou cheval ayant été tué d'un coup de coulevrine, il tomba et ne put se relever ; un de ses fils fut tué kses côtés. Talbot respirait encore, lorsqu'un soldat français, qui ne le connaissait pas, légorgea pour le dépouiller. Les Anglais, qui n'eurent jamais k leur tête de guerrier plus brave et plus loyal en même temps, l'avaient surnommé depuis longtemps l'Achille de l'Angleterre. Il fut d'abord enterré en France avec son fils aîné; plus tard, ses restes furent transportés k Witchur, dans le Shropshire, où un monument lui fut élevé. Si ion en croit Camden, l'êpée de Talbot autait été trouvée, longtemps après sa mort, dans la Dordogne; elle portail cette inscription : Siim Talboti M, llii C. XL1II, pro vineere iaimico meo. Ce latin est si mauvais, qu'on est porto à révoquer le fait en doute.
TALBOT (John), comte de Shre-wsbury, homme de guerre anglais, fils du précédent, mort eu 1460. Il fut armé chevalier par Henri VI en 1426, devint chancelier d Irlande en 1446, combattit auprès de son illustre père pendant les guerres de France. Lors de la sanglante bataille qui fut livrée sous les murs de Castillon eu 1453, il fit des prodiges de valeur pour dégager son père,
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qui le pria de se retirer, de conserver ses jours pour une occasion plus utile k la patrie. • Je meurs en combattant pour elle, lui dit-il; vivez pour la sauver, o De retour en Angleterre, John Talbot devint grand trésorier du royaume. Il prit parti par la suite pour les Lancastre, lors des guerres intestines qui suivirent, et trouva la mort en combattant à Northampton. — Son arrière-petitfiis, Georges Talbot, mort en 1590. devint comte maréchal d'Angleterre. Elisabeth le chargea de la gard<î de Marie Stuart, prisonnière, et il traita cette princesse avec les plus grands égards.
TALBOT (Pierre), prélat catholique irlandais, de la famille des précédents, né dans le comté de Dublin en 1620, mort à Dublin en 1S80. Il fit ses études en Portugal, où dès l'âge de seize ans il entra chez les jésuites, puis se rendit k Rome, reçut l'ordre de la prêtrise et alla occuper ensuite une chaire de théologie morale à Anvers. Talbot remplit alors avec habileté diverses missions secrètes, retourna en Angleterre après la restauration des Stuarts , devint chapelain de 1» reine (1660) et dut quitter le royaume lors de la disgrâce de Buckingham. En 1669, le pape le nomma archevêque de Dublin. Il se fit remarquer dans ce poste par l'ardeur de son zèle catholique, fut arrêté comme ayant pris part au complot papiste de 1678 et passa le reste de sa vie emprisonné dans le château de Dublin. On lui doit plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : Traité de la nature de la foi et de l'hérésie (Anveis, 1657, in-S°); Traité de ta religion et du gouvernement (Gand, 1670, in-40); Réfutation des principes du protestantisme (Londres, 1673, in-4u); Histoire des iconoclastes (Paris, 1674, in-8°); histoire du manichéisme et du pélugianisme (Paris. 1674, in-8°) ; Primatus Dubliniensis (Lille, 1G74, in-12).
TA LBOT (Richard), duc dk Tyrconnel, frère du précédent, né en Irlande vers 1630, mort en 1691. C'était un spadassin et un débauché sans foi ni loi, qui parvint k gagner les bonnes grâces de Jacques II en lui rendant do honteux et secrets services. Outre de grosses sommes d'argent, Talbot obtint le titre de comte de Tyrconnel, le commandement militaire de l'Irlande (1685) et la vice-royauté de ce pays avec le titre de duc (1687). Sa mauvaise foi, sa brutalité, son arrogance, ses persécutions contre les protestants lui firent un très-grand nombre d'ennemis, qui essuyèrent, mais en vnin, de lui faire retirer ses charges. Lors de la révolution de 1CS8, il reçut Jacques II k Cork, le conduisit à Dublin, défendit courageusement la cause di-s Stuarts et du catholicisme contre Guillaume d'Orange, fit des efforts pour se maintenir en Irlande et mourut sans avoir pu assurer l'indépendance de ce pays.
TALBOT (Charles), comte, puis duc de Shrewsbvjry, homme d'Etat anglais, de la famille des précédents, né en 1660, mort en 1718. Son père avait trouvé la mort dans un duel avec le duc de Buckingham. Doué de la façon la plus heureuse, il joignait aux avantages extérieurs les plus séduisants une douceur de caractère, une générosité, un charme de manières qui lui avaient valu le surnom de Roi des cœur». Pendant sa jeunesse, il s'occupa beaucoup de religion, de controverses théologiques et devint un chaud partisan de l'Eglise anglicane. Bien qu'il se tînt k l'écart de la cour, il fut nommé par Jacques II chambellan et colonel ; mais il perdit bientôt ces deux emplois par suite de ses opinions religieuses et ne tarda pas k embrasser avec chaleur le parti du prince d'Orange. Ce fut lui qui, au nom de la noblesse, alla proposer k ce prince de renverser Jacques et de monter sur le trône d'Angleterre; aussi, à peine devenu roi, Guillaume 111 nomma Charles Talbot conseiller privé et conseiller d'Etat (14 février 1688), fonctions dont il se démit par suite de maladie l'année suivante. Il vécut alors pendant quelques années dans la retraite ; puis, malgré sa répugnance (car il sentait qu'il n'avait ni l'expérience ni les qualités d'un homme d'Etat), il céda aux instances du roi et fut de nouveau secrétaire d'Etat de 1694 k 1G99. En 1694, il avait reçu, en outre, le titre de duc de Shrewsbury. Après avoir passé plusieurs uunées k Rome, Talbot revint en Angleterre. La reine Anne le nomma grand chambellan (1710), ambassadeur en France (1712), vice-roi d'Irlande (1713), et grand chancelier de la couronne , fonctions qu'il continua k remplir sous le roi George 1er.
TALBOT (Charles), grand chancelier d'Angleterre, né en 1684, mort k Londres en 1737. Il était fils de William Talbot, mort en 1730, après avoir été successivement évèque d'Oxford, de Sarutn et de Durham (1722). Charles Talbot épousa la ^ille du célèbre juge Jenkins, suivit avec beaucoup de succès la carrière du barreau, devint en 1719 membre de la Chambre des communes, solicitor général en 1726, membre du conseil privé, loru grand chancelier du royaume (1733) et reçut, cette même année, le titre de baron. A beaucoup de science et d'éloquence, Talbot joignait toutes les qualités du magistrat intègre et de l'homme de bien.
TALBOT (Catherine), femme auteur anglaise, petite-fille d'un évêque de Durham et nièce du chancelier Charles Talbot, née en mai 1720, morte le 9 janvier 1770. Elle était
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au berceau lorsque mourut Edouard Talbot, son père, qui la laissait sans fortune. Benson, évèquo de Secker et depuis archevêque de Cantorbéry, la prit chez lui. Il était frère de la mère de Catherine Talbot; il reporta sur cette enfant son amour fraternel, se voua à son éducation et lui assura une rente de 400 livres. Catherine grandit a l'abri du besoin dans la demeure paisible de Benson, et ce fut dans la Bible qu elle commença à apprendre à lire; un peu plus tard, son grave précepteur la lui expliqua et lui donna les premières notions de théologie, lui enseigna en même temps les sciences physiques, l'astronomie et les mathématiques. Les qualités heureuses de Catherine se développèrent rapidement. Elle joignit bientôt à la connaissance approfondie des langues anciennes et modernes uu jugement solide et du talent pour la poésie. Elle montra de bonne heure une application si heureuse à l'étude, qu'à l'âge de quinze ans elle écrivit une lettre philosophique d'une portée déjà assez haute pour qu'on ait cru devoir l'imprimer, a sa mort, dans le Gentleman' 3 Magazine et dans beaucoup d'autres journaux, comme un modèle de finesse malicieuse, de logique et de bon sens. Sensible, timide et douce, Catherine parait avoir laissé dans ses écrits les traits de son propre caractère. Les malheurs de sa jeunesse aussi bien que le milieu ecclésiastique dans lequel elle vécut toujours portèrent son esprit vers l'étude des questions religieuses et en amortirent la vivacité, sans pourtant iui donner une allure froide ni rigide. Ses Essais, qu'elle n'écrivit que pour elle-même, ont été réunis et publiés par i>on amie intime, mistress Elisabeth Carter, légataire de tous ses manuscrits.
La dernière édition des oeuvres de Catherine Talbot est de 1812; elle a pour titre : Essais sur divers sujets, se compose de 2 volumes in-80 et est précédée d'une notice sur l'auteur par le révérend Montague Pennington. Ce recueil se compose de Lettres à un ami sur un état futur, de Dialogues, de Pastorales en prose, A' Imitations à Ossian, à'Allëyories et de Poésies. On a publié d'elle encore : lié flexions sur les jours de la semaine ; sa Correspondance avec mistress Carter ; enfin on lui attribue le trentième numéro du Rambler (30 juin 1750) et une part dans les Lettres athéniennes.
TALBOT (William-Henri-Fox), archéologue et physicien anglais, né en 1800. 11 fit ses études au collège de la Trinité à Cambridge et ?' remporta, en 1820, le prix de Porson pour a poésie grecque. Bien qu'il eût pris ses grades l'année suivante, il ne suivit aucune tarrière, et la seule fonction publique qu'il ait occupée fut celle de député du bourg de Chippenham, qu'il représenta à la Chambre des communes de 1832 à 1834. S'occupant à la fois d'études littéraires, archéologiques et scientifiques, il se trouva amené, par ses recherches, a une découverte qui a été l'un des premiers pas vers l'art photographique actuel. Il raconte, dans son ouvrage intitulé le Pinceau de la nature, que, essayant en octobre 1833 de dessiner, au moyen de la chambre obscure, le paysage des côtes du lac de Corne, il en vint, rebuté par les nombreuses imperfections de cet instrument, à réfléchir sur la possibilité de fixer, par un procédé chimique, les belles images que les lentilles de la chambre obscure reproduisaient sur le papier. Ce fut, dès lors, vers Ja réalisation de cette idée que se portèrent toutes ses recherches et toutes ses expériences, et il parvint graduellement à un résultat satisfaisant ; mais, désireux de ne faire connaître sa découverte que lorsqu'il l'aurait perfectionnée autant que possible, il attendit assez longtemps pour voir un autre publier une méthode analogue à la sienne. Cet autre fut Unguerre, qui fit connaître, en 1839, le procédé qu'il appelait la méthode Niepce perfectionnée et qui depuis prit le nom de daguerréotypie. M. Talbot communiqua immédiatement ;i la Société royale de Londres la méthode dont il était l'inventeur et qu'il appela d'abord dessin photogénique, puis calotype , mais pour laquelle sir David Brewster proposa, en l'honneurMe l'auteur, le nom de talbolypie, sous lequel elle fut généralement connue jusqu'au jour où elle prit le nom plus significatif de photo/jraphie. Dans le procédé de Daguoire, comme on le sait, l'image était produite suides plaques métalliques, tandis que, dans celui de Talbot, on l'obtenait sur du papier. Le i-emier fut d'abord le plus usité, parce que image était plus nette que dans le second ; mais ce fut celui-ci qui l'emporta lorsque M. Talbot eut découvert un fait capital qui a été la base de la photographie actuelle, à savoir que le papier, dans les premières secondes de son exposition à la lumière, reçoit une image invisible, parfaite sous tous les rapports et qui peut être* rendue visible en plongeant le papier dans un bain d'acide gallique ou d'un autre liquide astringent (v. photographie). En 1842, la Société royale décerna à M. Talbot sa grande médaille en J 'honneur de sa découverte. Il a publié, depuis cette époque, différents ouvrages relatifs à la photographie, notamment son Pinceau de la nature (1844), qui est un recueil de paysages, de portraits, de fac-similé de gravures et d'anciens ouvrages imprimés, etc.; un rapport surle résultat d'expériences faites pour •;ibtenir des images photographiques tout a