‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 885 sur 1059 · TALC · texte numérisé non relu

TALC

irlandais dailim, kymrique tylla, latin dolo, grec derô, persan daridan, savoir la racine sanscrite dar, dal, couper, fendre, aurait produit le substantif talc, désignant proprement une sorte de pierre qui se fend, se divise pur feuilles assez minces. D'autres étymologistes tirent le français talc et les formes correspondantes du persan talq, qui, selon eux, aurait le même sens). Silico-aluminate de magnésie, contenant quelques traces de potasse, de fer et d'eau et qui se présente souvent en lames minces et transparentes : Le talc se présente sous forme schistoïde au Saint-Gothard, en Bretagne sous une forme compacte et dure. (A. Maury.) 11 Talc graphique, Stéatite. Il Talc de Montmartre, Gypse laminaire.

— Encycl. Le talc est une substance analogue par ses caractères physiques aux matières micacées dont elle diffère par sa composition chimique. Le talc est formé de silice d'alumine, d'oxygène et présente quelques traces de potasse et de fer: on y trouve quelquefois une petite quantité de fluor. On le rencontre souvent plus ou moins cristallisé, mais toujours incomplètement ; ce sont des lames ou des masses lamelleuses, avec un clivage facile. Le talc est infusible au chalumeau ; mais il se gonfle et se fritte quelquefois sur les bords; il donne avec l'azotate de cobalt .a coloration rose caractéristique de la magnésie. Le talc est excessivement tendre et se raye sous l'ongle; au toucher, il est onctueux et savonneux, surtout en poussière; il est, en général, d'un vert clair, parfois plus foncé â cause de la présence d'un peu de chlorite; il possède un éclat argentin, n'est pas élastique , mais flexible. Le talc se présente souvent aussi en fibres lamelleuses, tapissant les parois des roches et placées perpendiculairement à ces parois, et en masses lamelleuses ou schisteuses qui sont moins pures. On connaît du talc à l'état terreux et compacte, sous te nom de stéatite ou craie de Briançon; sa cassure est terreuse ut il ne happe pas à la langue. Ces talcs sont susceptibles de remplacer par pseudomorphose un certain nombre de substances minérales; on a trouvé des cristaux de quartz complètement transformés en talc, qui semble être le produit intime de leur décomposition. On appelle schistes talqueux des matières assez variables d'aspect et de composition chimique, dans lesquelles le talc se trouve cristallisé par bancs ; certaines d'entre elles résistent très-bien au feu sans se fondre, et on les emploie, sous le nom de pierre ollaire, notamment dans la Valteline et les Grisons, pour la fabrication d'une espèce de poterie particulière.

TALCA ou SAINT-AUGUSTIN, ville du Chili, chef-lieu de la province de son nom, à 200 kilom. S. de Santiago, par 35» 15r de latit. S. et 73o 20' de long. O. ; 1,500 hab. Il existe dans les montagnes environnantes des mines d'or, et, à une petite distance au N.-E., deux collines, l'une formée entièrement d'améthystes et l'autre d'où l'on tire une espèce de ciment, appelé sable de Talca. Cette ville, qui était, au commencement de ce siècle, une des plus peuplées de la province, a été presque totalement détruite, en 1835, par un tremblement de terre.

TALCAHUANO ou TALCAGUANO, ville et port du Chili, à 12 kilom. N.-O. de La Conception, sur la côte S.-O. de la baie de ce nom, par 30" 42' 28" de latit. S. et 75° 30' 4 1" de longit O. ; 5,000 hab. Le port est un des meilleurs de la république. C'est par Tulcahuano principalement que s'exportent les produits agricoles des provinces de Conception, Nube et Aranco ; blé, farine, viande salée, vin, bois de construction, etc. C'est aussi par le même port que sont introduites la plupart des marchandises européennes dont la province de Conception a Desoin. Presque tout son commerce se fait par l'intermédiaire de Valparaiso, qui expédie par des caboteurs les marchandises européennes et y envoie charger les navires destinés à exporter les produits du pays. Talcahuano souffrit beaucoup pendant la guerre de l'indépendance, et fut submergée par la mer dans le grand tremblement de terre de 1835.

TALCAIRE adj. (tal-kè-re — rad. talc).

Miner. Qui a rapport au talc, qui est de ia nature du talc.

TALCH1CUATLI s. m. (tal-chi-koua-tli).

Ornith. Oiseau de proie nocturne, qui paraît être un petit duc et qui habite le Mexique.

TALCIQUE adj. (tal-si-ke — rad. talc). Qui est composé de talc : Roche talcique.

TALCITE s. m. (tal-si-te — rad. talc). Miner. Talc nacré, qui est un mica altéré par las feux volcaniques.

TALC1TOÏDE adj. (tal-si-to-î-de — de laïc, et du gr. eidos, aspect). Miner. Qui ressemble au talc : Talcschiste talcitûidb.

TALCO-MICACÉ, ÉE adj. (tal-ko-mi-ka-sé — de talc, et de micacé). Miner. Qui contient du talc et du mica.

TALCO-QUARTZEUX, EUSE adj. (tal-kokouar-tzeu, eu-ze — de talc, et de quartzeux). Miner. Qui contient du talc et du quartz.

TALCOT ou MONTEVIDEO, montagne des Etats-Unisd'Amérique (Conneoticut), à 16 kilom. O. de Hartford, et du sommet de laquelle on jouit d'une des vues les plus étendues de

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l'Union; elle ombrasse un rayon de plus de 152 kilom.

TALCSCHISTEs. m. (talk-ehi-ste — à&lalc, et de schiste). Miner. Substance formée de talc, de quartz et de feldspath.

— Encycl. Les taksehistes sont des roches métamorphiques qui appartiennent au groupe des schistes cristallins. Les taksehistes sont composés de talc ou stéatite et de quartz retenant accidentellement du feldspath. Les variétés sont : talcschiste commun, quartz et talc uniformément distribués; talcschiste quartzeux, dans lequel le quartz et le talc donnent par leur alternance une structure rubaneuse; talcschiste feldspathique, renfermant de l'orthose lamellaire ou grenue en petits lits alternants ; talcschiste grenatifère, contenant des grenats disséminés dans la masse ; talcschiste maclijère, variété maclée ; talcschiste lalcitoïde, variété ayant l'apparence du talcschiste, sans que la substance talqueuse possède la composition du talc ; talcschiste stéatiteux, variété composée presque exclusivement de lamelles de stéatite onctueuse; talcschiste calcarifère, mélangé avec du quartz ; talcschiste micacifère, avec paillettes de mica mêlées dans la masse; talcschiste aryitoschistien , dans lequel le schiste argileux satiné se mêle aux éléments de la roche et joue le même rôle que le mica. Les talcschistes sont associés aux micaschistes et aux autres schistes cristallins, et se rencontrent abondamment dans les Alpes et les Pyrénées. Le talcschiste fournit d'excellents moellons et est exploité a Ronisa, en Toscane, comme pierre de taille. Il donne, en même temps, une très-bonne pierre rôfractaire, qui sert de chemise intérieure pour les hauts fourneaux.

TALCY, village du dép. de Loir-et-Cher, cant. et à 28 kilom. de Marchenoir, arrond. et à S kilom. deBlois; 600 hab. Ce village, situé sur la rive droite de la Luire, possède un très-beau château, remarquable par son architecture et par les souvenirs historiques oui s'y rattachent. Ce bel édifice se compose d'un pavillon quadrangulaire ou donjon flanqué au midi, du côté de la rue, par deux tourelles de forme hexagonale, et au nord, du côté de la cour, par une tour de même forme, mais beaucoup plus haute, qui contient ! l'escalier principal, avec une aile unique pari tant de celle - ci et faisant retour au levant. L'aile opposée a été incendiée, ainsi que la tour en pendant à celle de l'escalier, a une époque indécise. La fondation du château de Talcy remonte incontestablement aux temps lointains du moyen âge, mais il est évident t)u'aucune de ses parties ne s'est maintenue jusqu'à nous dans son état primitif; toutes, au contraire, ont subi des restaurations et modifications successives en harmonie avec le style des époques que le manoir a traversées. Le massif donjon est peut-être celui qui a le mieux conservé son caractère féodal, sauf les grandes fenêtres qui y remplacèrent au xvtn8 siècle les croisées a meneaux et à vitrages plombés originaires. Quant aux tours d'angle et aux mâchicoulis qui couronnent le château, ils y furent ajoutés seulement en 1521, afln de rendre sans doute, en ces temps de troubles, la défense plus facile. La belle galerie à quatre arcades surbaissées, qui règne au rez-oe-chaussée le long de la façade septentrionale intérieure de l'aile en retour, est de construction plus récente et il est aisé d'en fixer la date à la fin du xve siècle, par les nombreux traits de ressemblance qu'elle présente avec la galerie de Louis XII au château de Blois. Les pignons pyramidaux qui la surmontent ont d'ailleurs été visiblement rattachés après coup au surplus des toitures du château. Talcy faisait jadis partie du domaine des seigneurs de l'ancienne maison de Chartres, dont les tombeaux se voyaient encore au dernier siècle dans l'église abbatiale de Beaugency. Après avoir passé par différentes mains, il fut vendu, en 1517, par Marie Simon, sœur et héritière de Jeun Simon, ôvéqiie de Paris, à Bernard Salviati, membre d'une famille florentine, venue en France à Ja suite do Catherine de Médicis et qui donnu à l'Eglise deux cardinaux. Salviati était quelque peu parent des Médicis ; de là, les visites fréquentes que firent au château de Talcy l'épouse de Henri II, puis ses trois fils, François II, Charles IX et Henri 111. On y montre encore deux chambres historiques : l'une, qui a gardé le nom de chambre de Médicis, renferme le lit où couchait la reine mère pendant ses séjours ; c'était dans cette chambre et tout k coté du lit que s'ouvrait la tribune vitrée d'où, suivant la chronique, « la royno avec ses damoiselles oyoient 1 office; • l'autre chambre possédait naguère encore le baldaquin fleurdelisé et les rideaux à bandes alternatives de velours et de tapisserie du lit de Charles IX. Ce fut ce château que la reine mère choisit, en 1562, pour s'y aboucher avec les principaux chefs protestants duns la conférence du 28 juin, conférence dite de Talcy dans l'histoire, et qui n'eut pas plus de résultat que celle de Tours. Le prince de Condé assistait à la conférence de Talcy et se retira brusquement sans rien conclure, à la nouvelle officieuse et secrète, dit-on, qu'il devait être arrêté à l'issue de la conférence.

TALEB s. m. (ta-lèb). Nom donné par les Maures, k un scribe public ou notaire.

TALEO s. m. (ta-lèd). Voile dont les juifs

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se couvrent la tête, à la synagogue, lorsqu'ils • récitent leurs prières.

TALÉGALLE s, m. (ta-Ié-ga-le — contr. de lalève, et du lat. gailus, coq). Ornith. Genre d'oiseaux gallinacés, de la famille des mésrapodidèes, comprenant deux espèces, qui habitent la Nouvelle-Guinée et l'Australie : La forme générale du talégalle rappelle un peu celle des talèves. (Z. Gerbe.)

— Encycl. Le genre lalégalle a pour caractères : un bec robuste, épais, comprimé en dessus, à mandibule supérieure convexe, l'inférieure moins haute et moins large ; des narines basâtes, latérales, oblongues, percées dans une large membrane; les joues nues; les ailes arrondies, médiocres; les tarses assez robustes, de longueur moyenne : les doigts assez longs, surtout le médian; les ongles convexes, aplatis en dessous, celui du pouce très-robuste. Ce genre, qui a de3 affinités, comme l'indique son nom, avec les talèves et les coqs, ne comprend qu'une espèce, le lalégalle de Cuvier. Cet oiseau, de la taille d'une petite poule, a le plumage tout noir; il habite les forêts de la Nouvelle-Guinée; mais il y est assez rare.

TALEMEL1ER s. m. (ta-le-me-lié). V. tal-

MELIER.

TALEMELUER s. m. (ta-le-mè-Iié). V.tal-

MELIER.

TALENAD1NG, groupede trois petites îles de l'archipel desMoluques, près de lacôteN.-O. de l'île de Gilolo, par 20 18' de latit. N. et

1250 10' de longit. E.

TALEiNCE, village et commune de France (Gironde), canton, arrond. et à 4 kilom. de Bordeaux; 2,415 hab. Cette localité, qu'arrose la Mullerette, est dans une situation charmante et possède de belles maisons de campagne. Son territoire fournit les meilleurs vins de Graves rouges, après Haut-Brion et quelques autres crus privilégiés. Ceux de la partie nommée le Haut-Talence sont les plus lins; ils égalent les médocs de 3e classe.

TALENT s. m. (ta-lan — latin talentum, mot qui représente le grec! talanton, proprement balance et ensuite l'objet pesé. Un des noms sanscrits de la balance et de son fléau, ainsi que du poids, tulâ, tdulâ, de la racine tul, soulever, peser, offre une affinité évidente avec le grec talanton, de la racine tal, qui est dons tlémi, soutenir, soulever. Le kymrique lolo, pesant et poids d'une livre, répond au sanscrit lulâ, poids, tôtana, pesage). Métrol. anc. Poids usité chez les Grecs. Il Monnaie de compte usitée chez les Grecs et représentant la valeur d'une somme d'or ou d'argent pesant un talent : Talent d'or. Talent d'argent. Un bon cuisinier se vendait, à Home, quatre talents, somme avec laquelle on eût acheté une douzaine de grammairiens et de philosophes. {Lu Mothe Le Vayer.) L'âme qui s'apprécie un talent est aussi vénale que celle qui se donne pour une obole. (Marin.) Veuillez, au lieu (Vécus, de livres et de francs, Nous exprimer la dot en mines et talents.

Molière.

— Fig. Don naturel dont on peut tirer avantage, comme on tire tin profit d'un talent placé ii usure : Si votre corps est un talent précieux qui doive profiter entre les mai?is de Dieu, mettez-le de. bonne heure dans le commerce. (Boss.) Il SeDS emprunté à l'Evangile. V. la loc. suivante,

— Loc. prov. Enfouir son talent, Ne pas faire valoir les dons naturels que l'on possède. Se dit par allusion à une parabole de l'Evangile.

— Encycl. Métrol. anc. La question de savoir quelles étaient les valeurs des mesures en usage chez les anciens et leurs rapports avec les mesures modernes a fait le sujet de travaux importants depuis un siècle environ. Lorsque la Renaissance eut fait cultiver de nouveau les ouvrages grecs et romains, de nombreuses recherches furent faites sur la métrologie ancienne et, depuis, on s'est efforcé de rassembler tous les résultats de ces recherches dans des ouvrages spéciaux. On ne saurait affirmer pourtant que toutes les difficultés aient été résolues, surtout pour ce qui concerne les poids-monnaies des Grecs.

Le talent était un de ces poids-monnaies. L'incertitude où l'on a été pendant longtemps tient a ce que les auteurs du xvmc siècle avaient admis en principe que les systèmes métriques des anciens reposaient sur une mesure très-précise de la terre. C'est, au contraire, dans la nature humaine que l'unité de longueur a été prise, et c'est de l'unité de longueur que dépendaient toutes les mesures et, en particulier, les poids-monnaies.

Les Egyptiens appelaient talent et les Hébreux kiccar le poids d'eau contenu dans un bath, mesure de capacité équivalente à un cube construit sur une demi-coudée royale; cette dernière longueur était de 14 doigts. On a pu mesurer en millimètres les longueurs des coudées royales par suite de raisonnements assez délicats sur l'architecture égyptienne et les monuments qui nous en restent, et on a pu conclure que le poids du talent était, par suite, égal à 18 kilogrammes environ.

11 ne reste aucune monnaie authentique des

Hébreux ou des Egyptiens, fabriquée anté-

\ rienrement à la conquête de leur pays par les

Babyloniens et les Perses ; mais il est permis

de supposer, ainsi que l'a fait Saigey dans sa

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Métrologie ancienne, que, « comme les plus anciennes pièces de monnaie grecques, réputées sans alliage, en offrent environ un vingtquatrième, la même proportion était gardée dans l'or et l'argent des Egyptiens et des Hébreux. »

On arrive ainsi à admettre une valeur probable de 3,800 francs pour le talent employé par ces peuples.

Le talent grec fut ensuite, comme l'était celui des Egyptiens, le poids de l'eau contenue dans une mesure correspondant au bath, l'amphore. D'ailleurs, le système égyptien se conserva longtemps en Thessalie et en Macédoine, ainsi que dans les colonies grecques d'Asie et d'Italie. Le poids du talent grec était donc environ de 19 kilogr. 500.

£3 Si l'on admet un alliage au titre de —, on

aura, pour valeur du talent d'argent, environ 4,150 francs.

Pour les talents d'or, en Egypte et en Grèce, on peut admettre que l'or avait, avant Solon, environ douze fois et demie la valeur de la monnaie d'argent.

Solon fit adopter de grandes réformes dans les poids et les monnaies chez les Athéniens, 11 voulut que le pied cube d'eau tout entier représentât le poids d'un nouveau talent que l'on a désigné sous le nom de grand talent ailigne, et qui pesait 27 kilogrammes. Darcet a fait plusieurs analyses sur la monnaie athénienne et il y a trouvé un vingt-quatrième de métal d'alliage : le prix d'un talent attique s'élevait, dans l'hypothèse d'une pareille monnaie, à 5,700 francs.

Piutarque rapporte que Solon fit accroître le poids clu talent grec de 0,73 à 1. De nos jours, on admet en général que le poids fut accru de 0,75 à l. Cela tient à ce qu'après la réforme de Solon, les Etats grecs qui conservèrent l'ancien talent en augmentèrent le poids dans le rapport de 75 à 72, afin qu'il fût exactement les trois quarts du grand talent attique ; telle est sans doute l'origine du petit talent attique.

Composé de 60 petites mines , comme le grand était composé de 60 grandes mines, le petit talent attique était, en poids, de 20 kilogr. S50, et, en argent, dune valeur de 4,300 francs.

Les habitants d'Egine avaient porté leur talent à 100 grandes mines attiques; mais ils le divisaient en 60 mines. On aurait alors 45' kilogrammes pour poids de ce talent.

A Rhegium et dans une partie des colonies italiennes, on avait formé un talent pesant 32 kilogr. 500, qui se nommait une myriade, parce qu'elle valait 10,000 drachmes, et les Romains lui donnèrent le nom de centumpondium, parce qu'elle valait 100 mines grecques ou îoo livres romaines.

Le système égyptien, légèrement modifié, devint le système asiatique employé par les Chaldéens et les Phéniciens, qui lont transmis aux Perses et aux Carthaginois. C'était même en Phénicie que se fabriquaient les coudées égyptiennes, faites en une sorte d'ivoire et exportées par les Phéniciens chez les autres peuples. La coudée royale de Babylone est célèbre dans l'histoire : elle a servi à mesurer les grands monuments de Babylone. Si l'on tient compte des mesures employées par les Hébreux après la captivité de Babylone et des mesures asiatiques citées par les auteurs sacrés, on voit que le poids du talent asiatique était le même que le poids du talent hébraïque, c'est-à-dire environ 18 kilogrammes. Il se composait de 50 mines asiatiques.

Le talent babylonien se composait, d'après les auteurs grecs, de 60 mines asiatiques ; il valait donc 22 kilogrammes. Le talent euboïque était à peu près l'équivalent du talent babylonien.

Les Ptolémées établirent en Egypte un nouveau système de poids et mesures dans lequel Je talent était le poids d'un petit artaba d'euu, le petit artaba étant les trois quarts du métrétès, cube du pied philétérien. Le pied philétérien avait environ 0m,36, d'après ce que rapporte Héron sur ce sujet.

Le talent d'Alexandrie pesait donc 35 kilogrammes. On en vérifie le poids théorique par le poids de ses subdivisions, dont on a quelques exemplaires au musée égyptien du Louvre.

Dans le système des Ptolémées, ou système philétérien, on se servait encore du grand talent, égal au poids de l'eau contenue dans le grand artaba. Ce poids était environ de 47 kilogrammes.

A l'époque de l'ère vulgaire, on trouve en Judée un talent dont il est parlé dans le Nouveau Testament et qui devait peu différer du talent d'Alexandrie. La valeur monétaire de ce talent était donc très-voisine de 10,000 francs.

Le grand talent d'Alexandrie fut aussi divisé en 100 mines ptolémaïques. «Tel est sans doute, fait remarquer Saigey, l'origine du talent d'Egine et de la myriade de Rhegium. >

Sous les rois de Rome et dans les premiers temps de la république, les poids et les monnaies en usage n'eurent aucun rapport direct avec les poids et monnaies de la Grèce. Priscien dit que le grand talent attique vidait 83 livres 4 onces romaines. Sous les empereurs, les monnaies asiatiques se répandirent beaucoup à Rome; mais le talent ne fut plus employé, et l'on se contenta de remettre en usage les drachmes et les mines attiques.

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Parmi les ouvrages qui offrent un certain intérêt dans la recherche des valeurs des poids-monnaies anciens, nous citerons principalement : Métrologie ou Traité des mesures, poids et monnaies des peuples anciens et modernes, par Paucton (1780) ; Métrologie ou Tables pour servir à l'intelligence des poids et mesures des anciens, par Rome de l'Isle (1789) ; Précis d'une dissertation sur les mesures des anciens, par David Leroy, de l'Institut (an IX); Dictionnaire spécial et classique des monnaies, poids et mesures chez les Grecs, les Romains, les Juifs, etc., par Girod (1827) ; Traité de métrologie ancienne et moderne, suivi d'un précis de chronologie, etc., par Saigey (1834).

TALENT s. m. (ta-lan — Ce mot signifiait autrefois inclination de l'esprit, propension, disposition, goût, fantaisie, envie, désir, volonté, et ce sens se rencontre encore dans quelques dialectes. Plus tard, talent se prit, dans une acception dérivée, pour disposition naturelle de l'esprit à réussir dans certaines choses, aptitude, habileté. Guillaume Budé, et plusieurs autres auteurs après lui, ont dérivé talent du grec ethelein, vouloir, désirer. Du Cange désapprouve cette étymologie, n'admettant pas, et avec raison, qu'un mot français puisse être dérivé directement du grec. S^heler rapporte le bas latin lalentum au celtique : écossais toit, propension, penchant, inclination naturelle, disposition, goût, fantaisie, désir, volonté; irlandais toil, même sens, toiteas, volonté; armoricain tevr, désir, volonté, toutes formes qui signifient proprement ce qui est fixé, établi, de la racine sanscrite tal, fixer, établir, expliquée par pratishthà, pratishthiti, accomplissement. Comparez le grec ttletè , accomplissement et cérémonie religieuse. De là aussi tala, surface plane, fond, base, tatita, fixé, établi, talima, sol, plan cher, couche, \it,ialaka,lalla, étang, etc., leiines qui se retrouvent, avec ces diverses acceptions , dans plusieurs langues européennes). Don naturel, disposition, aptitude a certaines choses : Un grand, vn remarquable talent. Le talent des affaires. Le talent de ta parole. Une femme doit apprendre de bonne heure à être vieille, et ce n'est pas un médiocre talent. (Mme de Sév.) Nos plus sûrs protecteurs sont nos talents. (Vauven.) Je voudrais bien que les talents fussent comme l'amitié, qu'ils augmentassent avec les années. (Volt.) La paresse fait avorter plus de talents que l'activité n'en fait éclore. { Mlle de Lespinasse, ) La ruse est un talent naturel au sexe. (J.-J. Rouss.) Le talent, c'est un art mêlé d'enthousiasme. (Rivarol.) Il n'y a point, pour les talents, d'ennemis plus dangereux que les preneurs. (Condorcet.) Le bon goût ne peut tenir lieu du talent en littérature. (Mme de Staël.) Le talent d'écrire peut devenir une puissance dans un Etat libre. (Mme de Sta&l.) Tout ce gui est sans talent recherche l'abri de la censure. (Cnateaub.) Les talents sont un présent funeste quand ils s'allient aux passions, (ûhateaub.) La suffisance n'exclut pas le talent, mais elle le compromet. (De Bonald.) La nécessité d'écrire tous les jours nie parait l'écueil du talent. (B. Const.) Il n'y a de vrais connaisseurs dans les arts, que ceux qui eux-mêmes ont les talents de l'artiste. (Azuïs.) Il n'y a de mortel au talent que la servitude. (Villem.) Il n'y a de grand dans. le talent que l'émotion; gloire aux larmes! (Lainart.) Il n'existe pas de grand talent sans une grande volonté. (Balz.) Le talent est une création de la société, bien plus qu'un don de la nature; c'est un capital accumulé dont celui qui le reçoit n'est que le dépositaire. (Proudh.) Le qénie crée, le talent reproduit. (Bougeard.) Un gouvernement civilisé est celui qui a besoin d'esprit, de talemt, de caractère. (Prévost-Paradol.) Le talent est un diamant qui n'est jamais perdu; il peut rester longtemps enfoui sous le sable, mais, tôt ou tard, il est ramassé par quelqu'un gui le recueille précieusement. (H. ftlurger. ) Le talent de la parole est un instrument de puissance. (Ste-Beuve.) La société ne manquera jamais de défenseurs, pour peu qu'elle sache distinguer le talent et honorer te courage. (E. de Gir.) Le génie et le talent diffèrent si bien, que le premier semble diminuer à mesure que le second augmente. (E. Sehever.) Ce qu'on accorde de talent à un auteur ne vaut jamais pour lui ce qu'on lui en refuse. (Petit-Senn.)

Ici-bas, maint talent n'est que pure grimace.

La Fontaine.

Que les talents sont beaux quand la vertu les pare ! Destouciies.

Ne forçons point notre talent.

Nous ne ferions rien avec grâce.

La Fontaine.

Les talents de nos biens sont la source féconde; Ils forment les trésors et les plaisirs du monde.

J. Delille.

Le premier des talents Est le talent de former l'homme.

Fa. de Neufceateau.

Quoi! tour à tour dieux et victimes, Le sort fait marcher les talents Entre l'Olympe et les abîmes.

Entre la satire et l'encens!

Ledrun.

— Personne qui possède un talent, des talents : Un des crimes de la tyrannie, c'est de forcer le talent à se dégrader. (B. Const.) Heureux le talent gui ne s'ouvre, comme lit fleur, aux regards du public qu'après avoir ra-

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massé au fond de son calice tous ses sucs, tons ses parfums, toutes ses beautés. (Lamart.)

Dans le siècle où nous sommes,

Le talent rampe et meurt, s'il n'a des ailes d'or.

Gilbert.

Ah! malheur au talfnt plein de vie et d'amour Qui veut se faire place et paraître au grand jour.

A- Barbier.

— Avoir le talent de, Etre propre à, avoir tout ce qu'il faut pour : Avoir le talent de se faire aimer. Il a eu le talent de déplaire à tout le monde. Je vous avoue, madame, que je n'Ai point le talent de dissimuler et que je porte un cœur sincère. (Mol.)

— De talent, Qui a du talent, un grand talent : S'il est une vie qui doive faire désespérer du bonheur pour les hommes de talent, 'c'est celle du Tasse. (Chateaub.) il A talents, Instruit et habile en diverses choses : Les meilleurs livres sont ceux que le vulgaire décrie, et dont les gens À talents profitent sans en parler. ( J.-J. Rouss. ) L'ironie du monde est plus funeste aux gens X talents qu'à tous les antres. (Mm« de Staël.) On peut diviser les animaux en personnes d'esprit et en personnes A talents. (Rivarol.) Le rossignol et le ver à soie sont des gens À. talents. (Rivarol.)

— Syn. Talent, aptitude, capacité, etc.

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