V, APTITUDE
— Encycl. Le talent suppose des qualités que la nature n'accorde point à tout le inonde et que le travail serait eu lui-même impuissant à créer; mais il est toujours inférieur au génie. Un homme de génie est un homme doué de ces facultés puissantes qu'on ne rencontre que chez quelques individus dans chaque siècle. L'intuition est son moyen d'agir ordinaire. L'homme de talent n'a pas le don de l'intuition ou ne l'a qu'à un moindre degré. Il y a certes, chez lui, une grande part à faire à la nature, mais il y en a une plus grande qu'il doit à. lui-même, à son activité,- à Son bonheur et souvent, il faut bien l'avouer, aux circonstances. La part qui revient à quelqu'un dans son Jalent se nomme art. Aussi dit-on talent acquis, talent laborieux. Le génie est l'invention jointe à une exécution grandiose. Le talent marche souvent sur les brisées d'autrui : il ne crée pas un genre; mais, le genre une fois créé , il sait l'exploiter , le continuer, trouver des ressources là où le vulgaire n'en aurait pas trouvé. Quant à l'exécution, on ne saurait dire où elle finit d'être l'oeuvre du génie et commence à devenir celle du talent; mais si la limite est obscure, lorsqu'on n'est pas sur ses confins il est aisé de distinguer. Le style de Bossuet est évidemment le style d'un homme de génie ; il est tout aussi évident que Bouhours, par exemple, n'a que du talent.
Une autre différence se tire de ceux qui estiment la valeur respective du génie et du talent. Pour apprécier le talent, il suffit d'avoir du goût et de l'éducation ; le talent est à la portée de la plupart des gens instruits et intelligents. Le génie n'est à la portée que des hommes supérieurs. Le vulgaire y est indifférent par ignorance, et les esprits moyens, incapables d'en mesurer la hauteur, l'admirent sur commande. En d'autres termes, le goût est l'esprit de ceux qui n'en ont pa£, et le talent est le génie de ceux qui n'en ont pas. Le goût chez tes amateurs et le talent chez ceux qui le possèdent sont relativement des choses d'emprunt , c'est-à-dire acquises. Il suffit qu'on veuille s'appliquer et qu'on ne soit pas trop mal doué, pour acquérir du goût ou du talent. C'est dans ce sens que Boileau a dit :
La nature, fertile en esprits excellents, Sait entre les auteurs partager les latents.
Pour employer une comparaison politique, le génie équivaut à la royauté dans le domaine de l'intelligence, et le talent forme, au-dessous de la royauté, une aristocratie nombreuse dans laquelle il y a des titres et des degrés divers. Ainsi, le génie, c'est Pascal ou Voltaire; le talent, c'est Laharpe ou Villemain. On rencontre des Villemain par vingtaines dans l'histoire d'une littérature, mais les Voltaire et les Pascal sont semés de loin en loin , comme des points lumineux dans l'histoire. Le talent, comme le goût, est sujet à des règles ; le génie n'en a point. Les cours de rhétorique et les écoles supérieures ont pour but de former des talents ; aucun enseignement huinain ne se propose de créer des génies; on laisse à la nature le soin d'en envoyer quaud il lui plaît. L'art de créer le goût s'appelle de nos jours ta critique, science littéraire à l'usage des gens de talent qui veulent initier leurs contemporains aux secrets de leur mérite. • Ces hommes élèvent, dit Villemain, la critique au niveau de leurs pensées; ils font disparaître toutes les différences qui séparent fart déjuger du talent de produire, ou plutôt, par la force involontaire de leur esprit, ils portent une espèce de création dans l'examen des beaux-arts, ils ont l'air d'inventer ce qu'ils observent. » Voilà précisément ce qui distingue le talent du génie. Celui-ci a de l'intuition, il crée; l'autre observe et met tant d'art à exposer ce qu'il a vu quelque part, qu'on lui attribue volontiers le don de l'avoir tiré de son fonds.
11 importe de ne pas confondre le talent avec l'esprit. L'esprit vient de la nature et ne s'acquiert point, tandis que le talent s'acquiert toujours. Tel peut avoir un talent rare dans une matière déterminée et, néanmoins
TALE
être un sot en toute uulre matière. Au contraire, un homme d'esprit peut n'avoir aucun talent acquis et pourtant tenir sa place au soleil, sans s 'aventurer, il est vrai, dans des régions qu'il n'a point explorées. Historiquement, le génie précède le talent. Dans les lettres, celui-ci n'arrive k naître que tard. Il lui faut de bons ouvrages qui l'instruisent et ie forment de longue main. Le moment vient où il n'est plus que de la critique, et ce moment semble venu pour notre pays; du moins, Ja critique tend chaque jour davantage a remplacer le talent qui produit.
— AllUS. littér. Ne forfons point noire lnlenl ; Nous ne forions rien avec grAce. Ces
vers, devenus proverbe, sont le début de la fable de La Fontaine intitulée : l'Ane et le Petit chien.
Ajoutons les deux autres vers ; le distique y gagnera en devenant quatrain :
Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse,
Ne saurait passer pour galant;
Les quatre derniers vers de la fable sont également cités, niais surtout la partie que nous mettons en italique .*
Ohl oh ! quem caresse ! et quelle mélodie ! Pit le maître aussitôt. Holà, Marlin-lldton! Martin-Bâton accourt : l'ane change de ton. Ainsi finit la cométlic.
Le premier vers de celle jolie fable est celui que les auteurs se plaisent le plus souvent a rappeler.
« Dans les grandes choses comme dans les petites, il faut se souvenir du précepte :
iVe forçons point notre talent.
Itien n'est plus froid et bien souvent rien n'est plus ridicule qu'un pathétique simulé. »
MaRSIO.VTKL.
« Que vous dirai-je enfin des J'rois têtes d'enfant de Greuze? Qu'il jena deux d'une beauté exquise, et que lu troisième est un pastiche de Rubens dont il fallait faire présent à un ami, et qu'il ne fallait pas montrer au public.
» Sans ce Septime-Sévère, sans ce malencontreux tableau d'histoire, Greuze aurait eu lieu d'être satisfait cette année ; mais ce maudit Septhne a tout gâté.
Are forçons point notre talent, Notis ?ie ferions rien avec grâce. »
Diderot.
• Lorsque les Anglais ont voulu imiter la régularité de nos drames, ils ont paru faibles et froids/Lorsque, à notre tour, nous avons voulu hasarder de les prendre pour guides, nous n'avons été qu'atroces , extravagants, sans énergie et sans originalité. Ne forçons point, dit le bon La Fontaine,
Ne forçons point notre talent.
Nous ne ferions rien avec grâce. »
GlîlJIM.
o Ton sermon me fuit grand plaisir. Tu me prêches sur la nécessité de plaire aux gens que l'on voit, et de faire des frais pour cela; et, comme s'il ne tenait qu'à moi, tu'm'y engages fort sérieusement et le plus joliment du monde ; tu ne peux rien dire qu'avec grâce. Mais je te répondrai, moi : Ne forçons point notre (aient, ai Dieu m'a créé bourru, bourru je dois vivre et mourir. »
(Lettre de P.-L. Courier à sa femme.)
— Soyes plmot mueon, si c est votre talent.
Allusion à un vers de Boileau. V. maçon.
TALENT, ville de l'Afrique septentrionale, chef-lieu de l'Etat de Sidi-Hescliam, dans le territoire de Sus, sur la rive droite de la Messa, à 110 kilom. S.-O. de Tarodant. On y fait un commerce actif,
TALÉPORE s. m. (ta-lé-po-re — du gr. talaiporos, misérable). Entoin. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicorues, tribu des lamiaires, comprenant deux espèces, qui vivent au Brésil.
TALÉPORIE s. f. (ta-lé-po-rî — du gr. talai/nifia, misère). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, formé aux dépens des teignes,
TALER s. m. (ta-lër). Autre forme du mot
TUAI.KR.
TALER v. a. ou tr, (ta-té). Fouler, meurtrir, surtout en parlant des fruits : On a craint d'abord que te voyage par chemin de fer ne talàt les fruits.
TALEVAS s. m. (ta-le-va). Sorte de grand bouclier en usage au moyen âge. Il V. taillkvas.
TALÈVE s. m. (ta-Iè-ve). Ornith. Genre d'oiseaux éohassiers, de la famille des rallidées, comprenant plusieurs espèces, répandues dans les cinq parties du inonde : Lesrxlkves, qu'on nomme aussi uulyairement parpltyrions, poules sultanes, ont des mœurs fort peu différentes de celles des poules d'eau. (Z. Gerbe.)
— Encycl. Ces oiseaux sont caractérisés par. un bec plus court que la tête, très-élevé, très-épais, très-comprimé, à pointe mousse. Narines nues, arrondies et diagonales au bec. Ailes courtes, subobtuses. Queue courte et
TALF
arrondie.Tarses robustes, allongés, scutellés; doigts longs, minces, légèrement bordés d'un petit repli membraneux. Les talèues ont des mœurs fort peu différentes de Celles des poules d'eau ; ce sont des oiseaux d'un naturel doux et timide, qui recherchent la solitude et les lieux écartés. Nés au milieu des joncs et des plantes aquatiques, ils n'en sortent que rarement et poussés par la nécessité. Ils vivent en général dans les eaux douces, les marais ou les étangs. Leur voix est forte et sonore. Leur démarche, lente et compassée d'habitude, devient vive et légère s'ils se sentent poursuivis. Quoique leurs pieds ne soient pas palmés, ils nagent et plongent très-facilement. Lorsque le talève est chassé, au lieu de prendre son vol pour fuir, il se tient caché le plus souvent dans les joncs. Ainsi dérobé à la vue du chasseur, cet oiseau se croit tellement en sûreté, qu'on peut quelquefois l'approcher jusqu'à le saisir avec la main. Lorsqu'ils volent , ce qui leur arrive rarement, les talêves laissent leurs jambes pendantes, comme s'ils les traînaient après eux, ce qui rend leur vol lourd et embarrassé. C'est probablement k cause de cette imperfection dans les organes du vol que les talèves ne font pas de grands voyages et restent sédentaires la, où ils sont nés. La nourriture de ces oiseaux, à l'état de liberté, consiste en racines, en herbes aquatiques et en céréales. En captivité, ils mangent à peu près tout ce qu'on leur donne. Cet oiseau a une singulière habitude : lorsqu'on lui présente un morceau trop gros pour être avalé d'un seul coup, il ie saisit avec un de ses pieds, le porte k son bec et le inange en mordillant, à la manière des perroquets. Les talèves Se montrent naturellement disposés à la domesticité. Cet oiseau s'apprivoise facilement et s'élève dans les basses-cours. On ne connaît qu'imparfaitement les faits relatifs à leur reproduction. Buffon rapporte qu'on a vu un mâle et une femelle travailler de «oncert k construire un nid, et que )a ponte fut de six œufs blancs exactement ronds et de la grosseur d'une bille de billard. M. Malherbe, d'un autre côté, dit que cet oiseau dépose ses ceufs, au nombre de deux à quatre, soit sur la terre, sans préparer de nid, soit sur des herbes à proximité des marais. Les jeunes naissent en avril, tout couverts d'un duvet d'un noir bleuâtre. A peine nés, ils courent, dit-on, autour du nid et cherchent leur nourriture sans le secours de la mère. C'est cet oiseau, dit Buffon, que les Grecs et les Romains faisaient venir de Libye, de Comagène et des lies Baléares, pour le laisser dans les palais et dans les temples, comme un hôte digne de ces lieux par la noblesse de son port, la douceur de son naturel et la beauté de son plumage. Le genre talève se trouve en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique. L'espèce européenne est le talève porphyrion. Il est commun en Sicile, sur le lac Lentini, dans les marais de (Jatane et près de Syracuse. On le rencontre aussi dans les lies Ioniennes et dans tout l'Archipel, à Alger, dans la province de Bône, eu Dalmatie, en Hongrie. Enfin, en France, on le trouve quelquefois dans la Provence et le Dauphinë. Les talèves étrangers diffèrent peu de notre espèce ; parmi eux, nous citerons ; le talève à manteau vert, originaire de Madagascar ; il a tout le dessus du corps d'un vert sombre, mais lustré, et tout le dessous du corps blanc ; on le trouve aussi aux Indes orientales; le talève favorite : ie dos est vert bleuâtre, et tout le devant du corps est d'un beau bleu violet, doux et moelleux. Cette espèce est propre à la Guyane ; elle est un peu plus grande que le râle d'eau. Parmi lesautres espèces, nous ne ferons que citer : le talève turoua, originaire de Cayenne et de la Martinique; le talève à manteau noir, de la Nouvelle- Hollande, et le talève émeraudin, que l'on trouve k Java et à Sumatra.
TALFOUni* (Tbornas-Noon), publiciste et littérateur anglais, né k Doxey en 1795, mort en 1854. Admis, en 1821, au barreau do Middle-Teinple, il exerça avec succès la profession d'avocat, et obtint en 1844, de l'université d'Oxford le diplôme de docteur en droit. 11 avait en outre fait partie, de 1835 à 1841, de la Chambre des communes, où il revint siéger de 1847 à 1849, époque a laquelle il fut nommé juge à la cour des Common playi. Ne possédant qu'une fortune médiocre, il avait tlû, au début de sa carrière, demander des ressources à la littérature, et il était devenu l'un des collaborateurs du London Magazine et du New Montldy Magazine. Plus tard , il fut chargé des comptes rendus judiciaires dans le Times et continua à écrire dans les principales revues anglaises. Il travaillait en même temps pour le théâtre, auquel il donna, en 1835, Ion, tragédie antique, imitée de celle d'Euripide, et qui obtint beaucoup de succès au Garden Théâtre et à Haymarket. Parmi ses autres œuvres dramatiques, nous citerons : la Captive athénienne (1838) ; Glencoe ou le Destin des Macdonald (1840) et le Castillan, tragédie historique ea cinq actes (1853). En 1837, il avait publié les Lettres de Charles Lamb, aveu une esquisse de sa vie. Onze ans plus tard, à la mort de la sœur de Lamb, il lit encore paraître : Derniers mémoires sur Charles Lamb (1848, 2 vol. in-8"), ouvrage où il racû'ite de la façon la plus touchante la douloureuse histoire de miss Lamb, qui, dans un accès ùe démence, avait tué sa mère. On a encore de Talfouid, entre autres ouvrages :
TALI
Excursions et réflexions de vacances ou Souvenirs de voyages faits sur le continent pendant les vacances de 1841, 1842 et 1843 (1844, 2 vol. in-8°) et Supplément aux excursions de vacances ou Souvenirs d'un voyage en France, en Italie et en Suisse pendant les vacances de 1846 (1854, in-8°).
TALGUénées. f. (tal-ghé-né). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des rhamnées, tribu des collétiées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les Andes du Chili.
TALHOUET (Auguste-Frédéric-Bon-Amour marquis »n), pair de France, né à Rennes en 17S8, mort à Paris en 1842. En 1803, il s'engagea dans l'armée , entra quelque temps après à l'Ecole militaire de Fontainebleau, d où il sortit sous-lieu tenant'de cavalerie, devint en 1807 officier d'ordonnance de Napoléon, chef d'escadron, et se fit remarquer au siège de Vienne. Pendant la campagne de Russie, il se distingua particulièrement k la bataille de la Moskowa, y reçut une blessure et fut alors promu colonel (1812). Biessé de nouveau pendant la retraite, on le laissa pour mort sur la neige, et, sans un soldat de son régiment qui le porta à l'ambulance, il eût certainement succombé. Après la chute de Napoléon, il se rallia aux Bourbons, devint colonel du 2e régiment de grenadiers â cheval de la garde royale, avec le grade de maréchal de camp, et fut créé pair de France en 1819. Le marquis de Talhotiet vola dans cette assemblée avec la majorité royaliste et néanmoins accueillit sans peine la monarchie de Juillet. Possesseur d'une des plus grandes fortunes territoriales de Franco, accrue encore par son mariage avec la fille du comte Roy, il se montra bienfaisant et généreux. Ce fut lui qui constitua, en 1819, la Société pour l'amélioration des prisons.
TALHOUET (Auguste - Elisabeth - Joseph- Bon-Amour, marquis de), homme politique, fils du précédent, né à Paris en 181B. Il est, par sa mère, petit-fils du comte Antoine Roy, ministre des finances sous la Restauration, qui, en mourant, laissa 20 millions k chacune de ses filles. Le marquis de Talhouet, un des plus grands propriétaires fonciers de France, étudia la droit, fut nommé auditeur au conseil d'Etat en 1842 et devint membre du conseil général de la Sarthe. Rentré dans la vie privée après la révolution de 1848, il reparut, l'année suivante, sur lascène politique comme représentant du département de ta Sarthe â l'Assemblée législative. 11 s'associa k la politique réactionnaire et monarchique de la majorité; mais ne joua qu'un rôle effacé. Lors du coup d'Etat du 2 décembre 1831, le marquis de Talhouet fit partie des députes qui se rerc dirent à la mairie du Xe arrondissement et protestèrent contre l'attentat commis par Louis Bonaparte. Arrêté et emprisonné à Vincennes, il fut relâché au bout de quelques jours, puis, changeant tout à coup d'attitude, il fit acte d'adhésion complète au régime qui s'imposait à la France, accepta le patronage officiel et fut élu député de la y» circonscription de la Sarthe en 1B52. Réélu en 1857 et en 1863, il vota au Corps législatif toutes les mesures compressives proposées par l'Empire. Lors du réveil de l'opinion qui réclama un retour vers la liberté, M. deTalhouet changea d'attitude, et ce fui comme candidat de l'opposition libérale qu'il posa sa candidature aux élections générales de 1869. De nouveau réélu, il devint un des membres influents du tiers parti, fut Un des promoteurs de l'interpellation des 116, qui poussa le gouvernement impérial à ressusciter en partie le régime parlementaire, et, lorsque le Corps législatif nomma pour la première fuis son bureau (décembre 1869), il en devint un des vice-présidents. Le 2 janvier 1870, le marquis de Talhouet reçut le portefeuille des travaux publics dans le ministère Ollivier. Dépourvu de talent oratoire, il prit rarement la parole et fit peu parler de lui. Lorsque l'idée du plébiscite, mise en avant par le chef de l'Etat, fut acceptée par la majorité du conseil, le marquis de Talhotiet donna sa démission ( 15 mai 1870 ) et fut remplacé par M. Plichon. Peu après, il fut nommé viceprésident du Corps législatif. Au début de Ja guerre avec la Prusse, à la suite de nos premiers revers, il devint membre du comité de défense des fortifications. Elu députe de la Sarthe à l'Assemblée nationale le 8 février 1871, M. de Talhouet est allé siéger au centre droit, dans le groupe des orléanistes. Il a voté pour la paix, pour l'abrogation des lois d'exil, pour la proposition Rivet, contre le retour de l'Assemblée à Paris, a contribué k la chute de M.Thiers(24mai 1873), a voté pour la constitution du septennal ^19 novembre 1873) et s'est constamment prononcé eu faveur de la politique de réaction suivie par le cabinet de Brogiie et les cabinets suivants. Il a fait partie des membres qui ont voté contre la constitution du 25 février 1875 , pour la loi sur renseignement supérieur (25 juin 1875), etc. Le marquis de Talhouet a fait k l'Assemblée plusieurs rapports, notamment en faveur du rétablissement de la commission d'examen des ouvrages dramatiques. Il est membre du conseil général de la Sarthe et du conseil d'administration ries mines d'Anzin. En somme, ce personnage n'a jamais joué qu'un rôie absolument secondaire.
TALIATA ou TANATIS, ancienne ville do Mésie, sur le Danube, aujourd'hui Tatalia.
TALI
TALIBONG, ville de l'Ile de Bohol, dans l'archipel des Philippines, sur le golfe du même nom, par 10°l0'de latit.N. et l2l°55'dalongit. E. ; 4,000 hab. environ. On s'y livre principalement au commerce des bceufs et de3 buffles, qu'on exporte k Cebu.
TAL1CHAH ou TAI.ICIMNSK, division administrative de la Russie d'Asie, dans ta Transcaucasie, gouvernement de, ChamaVi, à l'O. de la mer Caspienne et sur les contins de la Perse; 10,000 kilom. carrés; 30,000 hab. Ch.-l., Astarah. On y récolte de la soie, du cuton, du sésame, du riz, du tabac et du vin.
TALICTRON s. m. (ta-li-ktron — du lat.
t/ialictrum, pigamon). Bot. Nom vulgaire du sisymbre sagesse.
TALIDJ, chaîne de montagnes de l'Asie, qui sépare laprpvince russe de Chiroan de la province d'Adjerbaidjun, appartenant à la l'erse. Cette chaîne s'étend duN.-O.au S. -E., où elle se joint aux monts Elbours. Les individus qui habitent ses versants appartiennent à la tribu turque des Talidjs.
TAL1DJS, tribu nomade turque, répandue dans le Mazenderan et le Ghilan. Elle compte environ 15,000 individus.
TALIEN (Emile-Laurent), acteur français, né k Bourges '(Cher) le 28 juin 1830. Fils da parents négociants et privé de sa mère des le berceau, il ne put suivre le penchant qui l'entraînait vers la théâtre. Son oncle paternel, commerçant de Paris, le plaça simple commis dans les magasins du Coin de rue, où il ne resta que six mois. Il ne fit guère, en 1852, un plus long séjour dans une autre maison de nouveautés du quartier de la Madeleine, le Lingot d'or; puis, comme il fallait Tivre, il accompagna de ville en ville des marchands d'étoffes ambulants. Il revint k Paris en 1854 et se plaça successivement dans diverses maisons de commerce. 11 allait tous les soirs, après la fermeture des magasins, rue Saint-Jacques, chez une dame Cnzeneuve, qui avait fait construire un petit théâtre dans son salon. On y jouait tous les genres, même la iragédie, et un dimanche Taï.eti représenta Paolo de Françoise de Ilimini, devant une trentaine de spectateurs, parmi lesquels se trouvait Adolphe Jung, le frère du publiciste des Débats. 11 encouragea le tragédien plein de bonne volonté et le présenta k Ricourt, qui l'admit alors dans sa jeune troupe. C'est ainsi que Talien quitta et le commerce et la rue Saint-Jacques, où il devait revenir quelques années plus tard ; car, par une singulière coïncidence, les démolitions du boulevard Saint-Germain firent du salon de la dame Cozenave la scène du théâtre Cluny. 11 débuta k la Tour-d'Auvergne nar le rôle d'Oreste d'Andromaque. La soirée fut bonne, à ce qu'il paraît, puisque le lendemain Darthenay, le chroniqueur du Siècle, le signala dans son courrier. Après un an d'études, il entra au théâtre Saint-Marcel, que dirigeait alors Bocage, dont il fut l'élève et le secrétaire, et partit k Rouen en 1860, OÙ il devint pendant quelque temps le pensionnaire de M, Halanzier. Il débuta ensuite au théâtre Beaumarchais et, plus tard, k l'ancien Théâtre-Historique, où il créa Va^ério dans Gérald, d'Edouard Beaumais, et Paradis dans le Mauvais sujet, d'Eugène Nyon. M. Hausswiinn ayant exproprié le boulevard du Temple, Talien se trouva inopinément sans emploi, au milieu d'un hiver rigoureux, et se vit forcé de faire une longue excursion en province et k l'étranger. On l'avait k peu près oublié. k Pur. s, quand Larochelle le remarqua k la banlieue, dans Don César de Duzan, et lui fit jouer k Cluny, pour ses débuts, le 21 décembre 1867, le comte d'Apremout dans les Sceptiques, de Félicien Mallefille. Il fut vivement applaudi. Il interpréta en 1868 le duc de la Duchesse de La Vaubalière et le boyard Rowenkine des Mères repenties, dont il fit un type très-original. Il créa avec un succès encore pius grand le baron de Trôvières des Inutiles (26 septembre). Il remporta un véritable triomphe dans le Juif polonais, d'Erckmann-Chatriaii (juin 1869), a Quant k M. Talien qui joue le rôle de Mathis, c'est tout simplement, dit Paul Foucher, un des premiers comédiens de Paris, Si j'en excepte Frederick Lemaltre, je ne sais qui eût pu rendre mieux que lui le meurtrier du Juif polonais. » Il créa encore en 1869 le maestro de la Fausse monnaie, de Cadol; le duc du Démon de l'amour, de Paul Foucher, et, en 1876, Mauvilain de Père et mari, d'Emile Bergerat. Après la guerre, il fit une tournée en province avec Mûrie-Laurent, Berton père et fils, Desrieux, etc., et débuta enfin k l'Odéon, au mois de septembre 1S71, par le rôle de Joël de Jean-Marie, d'André Theuriet. Depuis, il a créé successivement: le chevalier Brécour dans Mademoiselle Aïssé, de Bouilhct; le marquis de Chaleine dans lu Salamandre, de Plouvier (1872) ; un vieillard dans les AYiun^e^deLeconte de Lisle, et plusieurs autres rôles importants. AI. Talien excelle dans l'art de se grimer et de se costumer selon la vérité historique. C'est un acteur dont la place est au Théâtre-Français. Il e!>t membre du comité de la Société des artistes dramatiques.
TALIÈRE s. m. (ta-liè-re). Bot. Syn. de corypha, genre de palmiers.
TALI- FOU, ville de Chine, province do Yun-uan, située sur le bord du lac de Sioul.