‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 895 sur 1059 · TA ME · texte numérisé non relu

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empire, ses guerres et ses expéditions lointaines. La scène change souvent dans le même acte, de la Perje à la Scythie, k la Géorgie, au Maroc et à la Babylonie : mais les spectateurs ne se plaignaient pas de la rapidité de ces voyages; loin de la, ils en étaient charmés. Lorsqu'il en était besoin, le nom de la contrée apparaissait sur un éeriteau. Aucune conception, quelque gigantesque qu'elle soit, ne coûte à cette imagination puissante et comme enivrée des premières fumées de l'invention. Elle a donné au sujet d'immenses contours et au caractère principal une attitude plus qu'humaine.

Tnmerlan OU la Mort do Bajazet, tragédie en cinq actes, parPradon. Ce double titre semble indiquer quelque incertitude sur le véritable héros de la pièce : en fait, le caractère de Bajazet prime de beaucoup tous les autres, et celui de Tamerlan en particulier. Tamerlan, avec ses passions communes et ses mesquines colères, manque de la farouche grandeur qu'on se plaît à imaginer dans un semblable héros ; Andronic, indécis et faible, n'a qu'un éclair de noble fierté. Bajuzet seul et sa fille Astérie sont vraiment grands et dignes d'une scène tragique. Malgré tout le mal gue l'on pense et que l'on dit, trop souvent ajuste titre, de l'infortuné Pradon, on est forcé de reconnaître que la conception de son Bajazet lui fait honneur : bien développé, bien soutenu, cet indomptable caractère force l'intérêt en dépit des préventions.

Malheureusement ni le style, malgré quelques beaux vers, ni l'intrigue, malgré l'enchevêtrement de sa contexture, ne sont à la hauteur des personnages. On s'en peut convaincre par une courte analyse de l'ouvrage.

Andronic, prince grec, réfugié à la cour de Tamerlan, aime Astérie, fille de Bajazet, son ancien ennemi, maintenant prisonnier de l'empereur. Par les bons ofriees qu'il rend au vaincu, il s'est attiré sa confiance au point d'en recevoir la confidence d'un projet de complot contre Tamerlan, et il se flatte de pouvoir un jour entrer assez avant dans ses Bonnes grâces pour obtenir la main d'Astérie. Mais Tamerlan, quoique sur le point d'épouser la princesse Araxide, dont on attend l'arrivée, s'est épris d'Astérie, et charge Andronic lui-même de fléchir en sa faveur le père et la fille. Tous lesdeux repoussent avec hauteur les avances de leur vainqueur; mais le complot de Bajuzet est découvert, et désormais la main de la fille doit être le prix de sa grâce. Andronic et Astérie sont' dès lors dans l'obligation de sacrifier leur mutuel amour pour sauver la vie de Bajazet; ils le conjureront de consentir aux projets de Tamerlan pour sauver un sang si précieux ; dans cet effort, leur passion éclate avec une ardeur qui se décèle aux yeux de Tamerlan et dont la conséquence est l'arrestation d'Andronic. Cependant Araxide arrive ; elle est aux portes de la ville. Bajazet dénoue, par un acte héroïque, ce lien compliqué, et il se présente devant Tamerlan, qui se flatte de le trouver docile ; mais le héros ne paraît que pour lancer une dernière et lière bravade à son ennemi: il va être libre, dit-il, mais de la suprême liberté que donne la mort ; il s'est empoisonné pour échapper au joug du vainqueur. A cette nouvelle, Astérie, éperdue, veut suivre son père dans la tombe; touché de son désespoir, Tamerlan cède, et, pour donner an monde un grand exemple de force d'âme, il abandonne Astérie U Andronic, tandis qu'il va lui-même recevoir Araxide.

Les invraisemblances, les inexpériences ressortent de celte rapide analyse, bien qu'on ait tâché de lier les scènes autant que possible. I! faut l'avouer, l'oubli dans lequel est tombé Pradon n'est point immérité. On regrette néanmoins de voir noyés au milieu de piteuses platitudes des vers fiers et nerveux, comme cette réponse d'Andronic à Tamerlan, qui lui peut faire sentir qu'il est le maître :

Seigneur, vous pouvez faite obéir vos sujets ; Je suis indépendant et ne. connais personne Qui puisse aie parler par je veux ou j'ordonne. Je m'expose peut-ôtre aux plus cruels destins, Mais je n'en suis pas moins du sangdesConstantins, Et tous ceur que le Ciel dans mon rang a fait naître N'obéissent jamais quand on leur parle en maître !

Tamerlan, tragédie de Rowe, représentée a Londres en 1702. L'auteur de ce drame a fait les parts inégales entre ses héros: Tamerlan, qui figure, dit-on, Guillaume III, est un caractère plein de noblesse, de générosité, d'humanité; Bajazet, qui représente Louis XIV, est un type d'orgueil, d'égoïsme et d'emportement, furieux jusqu'à l'impiété. L'action imaginée par le poète se déroule clairement en péripéties rapides. Maître de Byzance, le fier Bajazet a rencontré un compétiteur, venu, de la haute Asie, pour lui disputer le sceptre du monde. Le camp de Tamerlan est dressé dans une plaine de la Ga- ]atie. A la veille de la bataille qui doit décider de l'empire entre les deux potentats musulmans, le général italien Axalla a enlevé quelques tentes du camp de Bajazet : dans cette escarmouche, il a f.-tit prisonnière Selima, fille du sultan turc. Jadis ambassadeur auprès de Bajazet, Axalla est parvenu, au péril de sa vie, à se faire aimer de la jeune princesse. La bataille décisive s'engage ; Ba-

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jazet, vaincu, tombe au pouvoir de son adversaire. L'infortune ne le corrige pas: il accueille les généreuses paroles du magnanime Tamerlan par des défis, des bravades, des paroles injurieuses, qui marquent plus la cruauté d'un despote barbare que le juste ressentiment d'un homme humilié par l'adversité. Bajazet aime avec une fureur jalouse Arpasie, princesse grecque qu'il a retenue de force à sa cour, et qu'il a épousée malgré elle. Cette princesse retrouve dans le campde Tamerlan son ancien fiancé, le prince Moneset, désespéré de ne pouvoir reprendre son bien légitime. Bien qu'Arpasie déteste Bajazet, elle.se considère comme son épouse. Tamerlan, si bienveillant qu'il soit pour tous ses protégés, ne se reconnaît pas le droit de donner Arpasie au prince grec, ni Selima au général italien, à qui il doit la victoire. Axalla demande à Bajazet lui-même la main de sa fille, le seul être qui puisse obtenir de lui une grâce. Se sentant outragé par l'audace de ce vil esclave chrétien, Te sultan s'abandonne à toute son indignation ; puis, réflexion faite, il accepte la demande, mais en exigeant la tête de Tamerlan pour prix de la main de sa tille. Jamais Axalla ne sera l'assassin d'un prince qu'il admire et qu'il aime. L'empereur'des Tartares médite précisément le projet téméraire de restituer le trône et la liberté au sultan turc, et de conquérir son amitié par une honorable alliance. Un derviche vient, au nom du Prophète et de l'Islam, sommer Tamerlan Je rendre l'empire au successeur des califes, et de reconnaître sa loi; en même temps, il tente de poignarder le prince qui l'écoute. Kdilié sur la bonne foi de'son prisonnier, Tamerlan use de clémence : il retuse même à son lieutenant Omar, général des Tartares, et amoureux de Selima, de lui donner cette captive. Par un dernier appel aux sentiments d'humanité, il essaye de ramener Bajazet a une conciliation fraternelle: le sultan, plus courroucé que jamais, éclate en insultes et en imprécations ; Tamerlan le condamne à mort, comme une bête féroce. Néanmoins, à la prière d' Arpasie, il révoque sa sentence. Absous, Bajazet met encore en œuvre le ressentiment d'Omar, à qui il promet sa rille pour prix de sa trahison, et l'ait retenir sous sa tente Axalla, obligé d'opter entre son devoir et son amour. D'autre part, il ordonne à la sultane d'avoir a, se préparer pour une fuite prochaine. Arpasie hésite a se séparer sans r«tour de l'amant qui passe pour son frère. La jalousie a éclairé l'esprit troublé du sultan ; les muets du sérail viennent étrangler le prince Moneset, en présence d'Arpasie, qui s'empoisonne pour mourir avec son amant. Cependant, la cavalerie parthe, commandée par deux généraux fidèles, a enveloppé les tentes de Bajuzet et les troupes d'Omar. Axalla conjure Selima de suivre le seul protecteur qui lui reste; mais la jeune princesse veut obtenir l'aveu de son père. Au comble du malheur, Bajazet ne s'attendait pas k voir sa tille si fortement attachée à la fortune d'un traître. C'en est trop 1 Une lutte terrible s'engage entre le père menaçant et la fille suppliante. Axalla survient à 'temps pour détourner le coup fatal. Tamerlan ordonne sur l'heure la mort de Bajazet, dont l'insolence croît avec les revers, et celle d'Omar, le général félon. Ce drame renferme trop d'amours romanesques; le caractère de Bajazet, peint en noir, est systématiquement sacrifié à celui de Tamerlan. A part ce double tort, la tragédie de Rowe forme un ensemble animé, intéressant, riche en situations pathétiques, bien amenées. Le personnage de Tamerlan est une conception puissante, une graude figure. Au relief des caractères la pièce joint le mérite d'un style harmonieux.

Tamerlan, opéra en quatre actes, paroles de Morel , musique de Winter ; représenté à l'Opéra en 1802. Cet ouvrage eut peu de succès, malgré la réputation que Winter s'était justement acquise en Allemagne. Tamerlan n'eut que douze représentations. Les chœurs sont d'une richesse d'harmonie remarquable.

TAMEHMA KEUIMA, ville de l'Algérie,province et à 385 kilom. de Constuntine. Elle s'élève sur un mamelon, k l'E. d'une vaste plaine marécageuse, et présente quelques ruines assez considérables qui témoignent de sa grandeur déchue; elle est entourée de dattiers et de belles cultures.

TAMIA s. m. (ta-mi-a). Martini. Genre de mammifères rongeurs, de la famille des sciuriens, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Asie et l'Amérique du Nord : Les tamias sont des écureuils à abajoues, et qui passent leur vie dans des trous souterrains. (G. Bibron.) il Tamia palmiste, .Un des noms de l'écureuil palmiste.

— Encycl. Les iamias sont caractérisés par la forme de leur tête osseuse, qui présente, vue de profil, une ligne courbe, uniforme à sa partie supérieure, et offre, vue en dessous, toutes ses parties antérieures très -effilées; la boite cérébrale peu étendue, et ne s'avançant pas jusqu'à la moitié de la tète ; deux incisives à chaque mâchoire ; cinq molaires de chaque côté à la supérieure, et quatre seulement à l'inférieure. Ces rongeurs, confondus autrefois avec les écureuils, s'en distinguent aisément par leur tête plus

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longue, leurs molaires à couronne munie de tubercules plus saillants, leurs oreilles plus grandes et dépourvues de pinceaux, leur queue en général moins longue et moins fournie. On ne remarque pas non plus chez eux la disproportion notable dans la longueur de leurs membres antérieurs et postérieurs. Ils sont pourvus de vastes abajoues, qui leur servent k transporter leur nourriture. Ce sont des animaux terrestres et fouisseurs. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent les régions septentrionales de l'ancien continent.

Le tamia suisse, vulgairement nommé écureuil suisse, écureuil de terre, écureuil de Caroline, etc., n'a guère que 0™, 15 de longueur, non compris la queue, qui est moitié moins longue que le corps ; son pelage, en dessus, est d'un brun fauve, avec sept raies longitudinales, dont cinq brunes et deux blanches ; c'est cette disposition de couleurs, comparée à celle que présentait l'ancien pourpoint des soldats suisses, qui lui a valu son nom vulgaire de suisse ; la croupe est rousse; le dessous du corps est blanchâtre; la queue, noirâtre en dessus, est rouge et bordée de noir en dessous. Cet animal habite le nord de l'Europe, de l'Asie et surtout de l'Amérique. Il se creuse, au pied des arbres, des terriers impénétrables à l'eau, munis de deux ouvertures et présentant des galeries latérales; là se trouve son grenier renfermant ses provisions d'hiver, qui consistent en graines de différents végétaux, notamment d'arbres résineux. Comme les écureuils, il renverse sa queue sur son corps ; mais par l'ensemble de ses habitudes il se rapproche plutôt des rats. Il est assez indocile et méchant, et mord sans ménagement, à moins qu'il ne soit tout à fait apprivoisé. Il s'engourdit, comme les marmottes pendant l'hiver.

Le tamia de la baie d'Budson s. le pelage d'un brun roux en dessus et d'un cendré bleuâtre en dessous, avec une raie noire sur chaque liane; il habite les parties les plus froides de l'Amérique du Nord. Le tamia à quatre bandes habite les Etats-Unis; il vit dans les trous des rochers et ne grimpé jamais sur les arbres. Quelques auteurs rapportent encore k ce genre deux ou trois autres espèces, notamment le palmiste. V. ce mot.

TAMIER s. m, (ta»mié — lat. tamnus, même ■ sens). Bot. Genre de plantes grimpantes, de la famille des dioscorées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tempérées de 1 Europe et de l'Asie : On trouve communément dans les haies, les taillis et les buissons, le tamier commun. (P. Duchartie.) Les fleurs du tamier s'épanouissent à la fin de mai. (Th. de Berneaud.) || On dit

aussi TAMH et TAMINIER.

— Encycl. Les tamiers , appelés aussi tames, uuniniers, tamnes, etc., sont des plantes vivaces, k rhizome épais et charnu, a tiges volubiles, portant des feuilles alternes, longuement pétiolées et- cordiformes; les fleurs, petites, dioïques, verdâtres, disposées en grappes axillaires, présentent un [lérianthe pétaloïde, à six divisions soudées k la base ; les mâles ont un périanthe campanule, à tube court, et six étamines ; les femelles ont un périanthe k tube oblong, adhérent, et un ovaire infère, à trois loges biovulêes, surmonté de trois styles soudés à la base; le fruit est une baie charnue et colorée. Ce genre, par suite des démembrements qu'il a subis, se réduit k une seule espèce.

Le tamier commun, vulgairement nommé vigne noire, sceau de la Vierge, herbe aux femmes battues, etc., est une plante vivace, à rhizome épais, charnu, tubéieux, gris noirâtre au dehors, blanchâtre à l'intérieur et muni de radicelles très-longues et minces; les' tiges, cylindriques, grêles, glabres, rameuses, sarmenteuses et volubiles, atteignent la hauteur de 4 à 5 mètres et portent de grandes feuilles molles, luisantes et d'un beau vert; les fleurs sont verdâtres ou jaunâtres, et les fruits sont des baies succulentes, d'un rouge vif et du volume d'une petite cerise. Cette plante est assez abondamment répandue dans toute l'Europe ; -elle croit de préférence dans les bois et les haies, les lieux frais et ombragés, au bord des eaux, etc.

Le tamier commun n'est guère cultivé que dans les jardins d'agrément. Il demande une exposition demi-ombragée, une terre légère et fraîche. On le propage de graines semées en pépinière, en planche, depuis avril jusqu'en juillet; on repique les jeunes plants en pépinière. On peut aussi le multiplier au printemps par fragments de rhizomes munis chacun d'un bourgeon. C'est aussi de préférence au printemps qu'il faut planter k demeure les jeunes sujets. Les longues tiges fiexibles.de cette plante, ornées d'un beau feuillage et de fruits d'un rouge brillant, s'enroulent autour du tronc des arbres, courent d'une branche à l'autre et produisent des guirlandes d'un charmant effut^ on en tire un bon parti pour faire des colonnes de verdure, pour décorer les berceaux et les treillages situés k l'ombre. On a proposé aussi de cultiver en grand cette plante, ce qui serait très-facile et permettrait d'utiliser beaucoup de terrains humides et improductifs.

Les rhizomes de cette plafite, vulgairement désignés sous le nom impropre de racines, ont une odeur faible, une saveur acre et anière, qu'ils doivent k la présence d'un

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suc visqueux, trèsâcre et nauséeux. On les débarrasse de ce principe par le lavage, et, comme ils sont très-riches en fécule, ils deviennent alors alimentaires. On les récolte àfautomne, et, si on veut les conserver pour l'usage médical, on les fait sécher, après les avoir préalablement coupés par tronçons.

On regarde ce rhizome comme apéritif, diurétique et purgatif. On lui a attribué des propriétés ermnéiiagogufis, et l'on a même prétendu qu'il facilitait l'expulsion des graviers. Chez les herboristes, on ne le trouve guère que frais; on l'emploie k cet état dans les campagnes, après l'avoir ratissé et râpé, sous forme de cataplasmes, contre les coups et les contusions; on l'a vanté aussi contre les poux et les autres insectes parasites.

Dans beaucoup de pays, on mange les jeunes pousses du tamier commun, crues ou cuites, en salade ou en guise d'asperges; dans nos campagnes, elles constituent sous cette dernière forme un remède populaire contre les fièvres intermittentes. Quelques oiseaux, notamment les grives et les merles, recherchent beaucoup ses fruits, qu'on pourrait utiliser, dans les endroits ou la plante est abondante, pour la nourriture des oiseaux de biisse-cour.

Le tamier pied d'éléphant forme aujourd'hui le type du genre testudinaire, V. ce mot.

TAMIJE adj. (ta-mi-je). V. tamoul.

TAmi le adj. (ta-ini-le). V. tamoul.

TÀM1M ou TEMYN, prince de la dynastie des Sanhadjides d'Afrique, né en 1029 de notre ère, mort en 1108. 11 succéda à son père Moezz eu 1061, soumit Safacas et Sous, fit ensuite la guerre aveu Naser, qui était devenu maître de Tunis et de Kairowan, parvint k s'emparer de ces villes (1066), envoya en Sicile, pour n'opposer aux progrès des Normands, une flotte et des troupes qui durent revenir en Afrique sans avoir obtenu le résultat désiré (loC8),et fut attaqué k son tour par une flotte montée par des Grecs et par des chrétiens de Sicile, k qui il dut acheter la paix au poids de l'or (1088). Tumitn reprit aux Siciliens les lies de Djerb et do Kerkeni en 1098, et, après avoir comprimé plusieurs révoltes, passa tranquillement les dernières années de sa vie. C'était un prince courageux, généreux, clément et juste, qui cultivait et aimait les lettres. Il laissa soixante filles et quarante fils, dont l'un, Yahin, lui succéda.

TAMINIER s. m. (ta-mi-nié). Bot. Syn. de tamieb : Le taminier commun a la racine vivace. (Bosc.J

TAMIS s. m.' (ta-mi. — Ce mot correspond au provençal tamis, italien tamigio, vénitien tamiso, espagnol tamis, mais l'origine de toutes ces formes est controversée. Diefenbdch les faisait provenir du celtique tamma, déchirer, mettre en pièces; dutis ce cas, la terminaison is devrait répondre à un suffixe latin Uium; mais Diez fait observer que le bas latin dit tamisium et qu'un type tamitium aurait nécessairement fait en provençal tamizi ou tamitz et non pas tamis. Aussi préfere-til rapporter tamis au néerlandais teems,tems, même sens, qui, cependant, pourrait n'être qu'un emprunt fait au bas latin lamissum ou tamisium. Il pourrait aussi appartenir à la même famille que le vieux haut allemand zemisa, son). Instrument formé d'un cercle plat, un peu large, avec un fond garni d'un tissu cbiir et résistant,' dont on se sert pour passer les matières pulvérulentes et les liquides : Tamis de crin, de soie, de toile métallique. Passer de la farine au tamis. Passer un coulis au tamis.

— Loc. fam. Pussrrpar le tamis, Etre examiné sévèrement et avec soin.

— Mus. Morceau de bois percé d'un grund nombre de trous dans lesquels on fait passer les tuyaux d'un orgue pour les assujettir.

— Pêche. Engin consistant eu un tambour de bois portant un filet et assujetti à l'extrémité d'une perche.

— Encycl. Les tamis se font en crin, en fils de soie ou avec des tôles perforées; dans la plupart des cas, ce sont de petits cylindres ayant peu de hauteur, dont le fond est formé par une des matières précédentes; on les manœuvre alors à la main, en les secouant dans tous les sens et en leur imprimant un mouvement circulairealternatif. Dans les usines, tels que les moulins, les féculeries, etc., les tamis sont de grands appareils cylindriques verticaux, horizontaux ou inclinés, que 1 on fait mouvoir automatiquement en les mettant en communication directe avec le moteur ou l'arbre de la tranmisssion. Il en est qui ont des longueurs considérables; ainsi, dans les féculeries, ils ont 15 k 20 mètres de longueur et sont composés de deux rangées de châssis de toile métallique. Les maçons se servent de tamis de crin pour passer le plâtre qui doit être employé k faire les enduits et les moulures, et de tamis de soie, qu'ils utilisent pour avoir du plâtre propre à faire les beaux enduits et les moulures qui doivent recevoir de la peinture.

TAMISAGE s. m. (ta-mi-za-je — rad. tamiser). Action ou manière de tonwser.

TAMISA1LLE s. f. (ta-mi-za-lle ; H mil.). Mar. Pièce de bois en arc de cercle, clouée sur les baux du deuxième pont, et qui soutient l'extrémité de la barre du gouvernail.

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TAMISE s. f. (ta-mi-ze). Comm. Etoffe de laine pure ou de laine et de soie, qui appartient à la famille des étamines, et dont la fabrication est d'origine anglaise : La Tamise a joui d'une grande vogue jusque vers 1820; depuis cette époque, elle a été presque complètement délaissée pour la mousseline-laine, qui s'en rapproche beaucoup. (W. Maigne.) On fabrique encore des TAMISES à Amiens, mais on les fait en qualité plus fine et en plus grande largeur que tes anciennes. (Bezon.)

TAMISE, anciennement Tamesis, en anglais Thames, fleuve d'Angleterre. 11 se forme de plusieurs ruisseaux qui se réunissent à Lechlade (Berks), où il reçoit la Lech et la Coin et prend le nomd'Isis, sépare les comtés d'Oxford, Buckingham, Middlesex et Essex de ceux de Berks, Surrey et Kent, reçoit à Oxford la Charwell, à DorchesterlaThum.es, dont il prend le nom, passe à Readiirg, Marlow, Windsor, Staines, Kingston, Biendfort, Richmond, Londres, Greenwich, Woolwich, Sherness, Margate, et se jette dans la mer du Nord par une large embouchure, que l'on peut regarder connue déterminée au S. par 1 extrémité N.-E. de l'Ile de Thanet et du comté de Kent, et au N. par l'extrémité N.-E. de l'île de Foulness. A Sherness, la Tamise prend le nom de Nore; plus loin, jusqu'à ce qu'elle prenne les dimensions d'un golfe, celui de Swen. Des phares de Nore à la source, la distance en ligne droite est de 189 kilomètres; mais, en tenant compte des détours, la longueur totale du fleuve est de 400 kilomètres, dont 294 kilomètres sont navigables. A Sherness, la largeur de la Tamisé est d'un peu plus de 7 kilomètres; elle traverse Londres sur une étendue de 12 kilomètres ; depuis le dernier de ses ponts, le Londonbridge, jusqu'aux West-India-Docks, elle est appelée parles marins Poo£;salargeur varie entre 720 et 1,250 pieds anglais. Mais au-dessus de Londres elle devient très-étroite. A la marée haute, le3 bâtiments de 700 a 800 tonneaux remontent jusqu'au Londonbridge; les bâtiments plus grands, du port de 1,000 tonneaux et au-dessus , doivent jeter l'ancre a Deptford et à Blnckwall. Les rives de la Ta-. mise sont fort belles. Un canal de la Tamise et de la Severn unit ces deux cours d'eau par sa jonction avec le canal de Stroud. Les Anglais appellent la Tamise le roi des fleuves; elle l'est effectivement sous le rapport de l'importance commerciale, car Londres doit à ce fleuve et à la marée qui le remonte un commerce tel que n'en offrent aucun autre fleuve, aucune autre ville de la terre; mais considérée simplement sous le rapport physique, la Tamise n'est qu'un fleuve de quatrième grandeur. Sur les rives de la Tamise, on a construit tout récemment de nouveaux forts garnis de canons de divers calibres. Les deux principaux sont le fort Cliff et le fort Coalhouse-Point, dont l'armement était terminé eu 1875. D'autres postes ires-importants ont été établis notamment au-dessus de Gravesend et de Tilbury, et rendent impossible l'arrivée à Londres d'une flotte ennemie qui entreprendrait de- remonter la Tamise jusqu'à la capitale de i'Angleterre.

Tamiie (VUE DES BORDS DE La), chef-d'CBU.-

vre de Turner; collection de M. Samuel Ahston, à Londres. Ce n'est pas la vue du fleuve, mais de l'un de ses quais (Barnes Terrace), qui nous est offerte par ce tableau; disons

Îilus, le quai lui-même, peint en travers de a toile avec une rangée d'arbres grêles et un parapet de pierre, disparaît presque dans les flots d'or que le soleil verse à travers l'atmosphère brumeuse. « Ce qu'on voit des arbres et des pierres, dit W. Bùrger, est enveloppé et dévoré par la lumière ; tout semble être la lumière même et jeter aussi des rayons et des étincelles. Claude, le suprême illuminateur, n'a jamais rien fait d'aussi prodigieux. A première rencontre, ce tableau l'ait ouvrir de grands yeux et même de grands bras. On ne sait trop que penser de ce phénomène. Un observateur léger et superficiel pourrait s'en aller en riant, mais en emportant toutefois sous ses paupières un tourment, un cauchemar qui se moquera de lui la nuit prochaine. Puis, quand on regarde avec la naïveté vraiment artiste, quand on se rappelle les effets analogues qu'on a saisis parfois dans lê3 moments où la nature se joue des sens de l'homme, quand on pénètre dans cette magie fugitive que le peintre a eu le don de fixer en une image permanente, on est gagné d'admiration pour le génie de Turner. Pour moi, j'ai vu aussi sur les bords de la Tamise ces effets singuliers de la lutte du soleil contre le brouillard et la poussière, et je tiens ce paysage de Turner, Barnes Terrace, pour un chef-d'œuvre. » Ce tableau a figuré à l'Exposition rétrospective de Manchester en 1867.

Un tableau de Bonington, représentant des JVavires sur la Tamise, le matin, a paru à la vente W. Brown en 1837. Deux aquarelles d'Eugène Delacroix, très-brillantes et à la " fois très-fines, intitulées Bords de la Tamise, ont été payées 400 francs à la vente posthume des œuvres du maître en 1864. Un beau tableau de M. P.-J. Clays, la Tamise aux environs de Londres, a été exposé au Salon de 1875; la couleur en est riche et puissante. On voyait autrefois dans la galerie des Augustins, à Paris, deux Vues de la Tamise peintes par Jan Griffier, surnommé le (jcntilhomme a'Ulrecht. Une Vue des bords

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de la Taniise a été gravée k l'eau-forte, au xvme siècle, par Francis Jukes. Deux aquafortistes contemporains, M. James Whistler et M. Seymour-Haden, ont exposé aux Salons de Paris des Vues de la Tamise, gravées d'une pointe vive et spirituelle.

TAMISE, ville de Belgique (Flandre orientale), Sur la riye gauche de l'Escaut, près de son confluent avec la Durme, à 20 kilom. N.-E. de Termonde ; 8,000 h»b. Filatures de coton; fabriques de mouchoirs, de toiles à voiles; raffineries de sel, savonneries, brasseries, tanneries; pêche active.

TAMISER v. a. ou tr. (ta-mi-zé — rad.

tamis). Passer au tamis : Tamiser de la farine.

— Laisser.passer à travers soi : Des vitraux tamisent un jour doux et mystérieux qui porte à l'extase religieuse. {Th. Gaut.) Elle suivit la tonnelle, dont les pampres, tamisant le soleil, bigarraient d'ombre et de clair sa charmante figure. (Th. Gaut.)

— Fig. Epurer : Le xvme siècle filtra et tamisa la langue une troisième fois. (V. Hugo.)

Il Passer au tamis, examiner en détail avec une intention de critique : Cinq ou six vieilles filles passaient toutes leurs journées à tamiser les paroles, à scruter les démarches de leurs voisins. (Balz.)

— v. n. ou intr. Passer par !e tamis : Les poudres gluantes tamisent difficilement.

— Mar. Laisser passer le vent, en parlant des voiles dont le'iissu est trop lâche.

TAM1SERIE s. f. (ta-mi-ze-ri — rad. tamis). Fabrique de tamis.

TAMISEUR s. m. (ta-mi-zeur — rad. tamiser). Ouvrier qui tamise certaines matières.

— Sorte de boite en tôle, munie d'un anneau à la partie supérieure et percée de trous sur son pourtour, dont on se sert pour tamiser les cendres, afin d'en retirer les escarbilles et les braisettes.

TAMISIER s. m. (ta-mi-zié — rad. tamis). Celui qui fait ou vend des tamis.

TAMISIER ( Pierre )î poète et traducteur français, néaTournus (Saône-et-Loire),mort en 1591. Son père était tailleur. Il fut procureur au parlement de Paris, puis président k l'élection du Maçonnais. Tamisier consacra ses loisirs à cultiver les lettres. Il joignait une érudition solide à beaucoup d'esprit. Nous citerons de lui : Prières chresiiennes et catholiques (Lyon, 1586, in-16), en vers; Méditations de saint Augustin (Lyon, 1587, in- 12), traduites en vers; Anthologie ou Recueil des plus beaux épigrammes grecs, mis en vers français (Lyon, 1589), recueilrecherché, contenant sept cent soixante-huit-épigrammes, traduites d'après soixante-deux auteurs latins; Cantiques tirés de l'Ecriture sainte (1590); la Sacrée poésie et histoire éoangélique de /«vencus, mise du latin en vers françois (Lyon, 1591, in-8°). On lui doit encore des odes, des sonnets, des vers rapportés, etc.

TAMISIER (François-Laurent-Alphonse), homme politique français, né à Lons-le-Saunier en 1809. Son père, maire de Lons-le- Saunier pendant les Cent-Jours et après la révolution de Juillet, lui inculqua de bonne heure des idées républicaines. Admis à. l'Ecole polytechnique, M. Alphonse Tamisier entra dans l'artillerie, devint capitaine en 1838, et il était regardé comme un des officiers les plus distingués de son arme lorsque éclata la révolution de 1848. Peu après, il était élu, dans le Jura, représentant du peuple à l'Assemblée constituante, où il siégea à gauche et vota avec les républicains. Réélu à l'Assemblée législative, M. Tamisier suivit la même ligne et fit la plus vive opposition k la politique déplorable suivie par la majorité monarchique et par le président de la république. Lors du coup d Etat du 2 décembre, il se joignit aux représentants qui se réunirent à la mairie du Xfi arrondissement, pour prononcer la déchéance de Louis Bonaparte, et fut adjoint par eux au général Oudinot pour organiser la résistance à l'attentat dirigé contre l'Assemblée nationale. Expulsé de France par le décret de janvier 1852, il se rendit en Belgique, revint dans son pays après l'amnistie de 1859, exerça la profession d'ingénieur et se tint à l'écart des luttes politiques jusqu'à la révolution du 4 septembre 1870. Le 5 septembre, le gouvernement de la Défense nationale le nomma commandant en chef de la garde nationale de la Seine à la place du général de La Motterouge. » Resté fidèle à la cause de la démocratie républicaine, mais ne me sentant au cœur aucune haine pour ceux qui n'ont pas compris que là était l'avenir de la France, disait-il dans son premier ordre du jour, puissê-je ajder parmi vous, gardes nationaux, à l'union, maintenant si nécessaire contre l'étranger. » Le lendemain de l'insurrection du 31 octobre 1870, le gouvernement de la Défense lui adjoignit comme adjudant général Clément Thomas, chargé de donner une impulsion plus vigoureuse à l'organisation de la garde nationale. M. Tamisier donna alors sa démission de ses fonctions. « Je n'ai pas hésité à les quitter, disait-il dans son ordre du jour du 3 novembre, le jour où j'ai vu le gouvernement placer à côté de moi avec le titre d'adjudant général le citoyen que je regarde comme le plus capable de les bien remplir. » Jusqu'à la

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fin du siège, M. Tamisier servit dans l'artillerie. Le 8 février 1871, les électeurs du Jura l'envoyèrent siéger à l'Assemblée nationale. Membre de la gauche républicaine, M. Tamisier vota pour les préliminaires de paix, la proposition Rivet, le maintien de la garde nationale, le retour de l'Assemblée à Paris. Le 24 mai 1873, il soutint la politique de M. Thiers, puis il fit par ses votes une opposition constante à la politique ultra-réactionnaire qui suivit le triomphe de la coalition monarchique, se prononça contre le septennat (19 novembre), appuya les propositions Périer et de Maleville, demandant l'organisation des pouvoirs publics et la dissolution de l'Assemblée (juillet 1874). Depuis lors, il a contribué à 1 affermissement de la république en votant la constitution du 25 février 1875 et en continuant d'appuyer la politique pleine de sagesse des représentants du parti républicain à l'Assemblée.

TAMM (Franz-Werner), peintre allemand, né à Hambourg en 1658, mort à Vienne en 1724. Il fit ses études sous Th. van Sosten et sous Jean Pfeiffer et se rendit à Rome, où il peignit surtout des tableaux de fleurs et de fruits, puis à Vienne, où il devint peintre de la cour. La galerie du Belvédère, dans cette ville, possède sept tableaux de ce peintre; un autre tableau, représentant des fruits, se trouve à Nuremberg.

TAMMEAMA, roi des îles Sandwich. V. Ka- MEHAMiiHA au Supplément.

TAMMERFORS, ville de la Russie d'Europe (Finlande), sur la rivière de son nom, au confluent du Nactéjarvi supérieur ; 2,000 hab. 11 s'y tient tous les ans un marché très-important qui attire un grand nombre de négociants de toutes les parties de la Finlande.

TAMNE s. m. (ta-mne). Bot. Syn. de ta-

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