V. Sarrelouis
SAARSF1ELD, général espagnol, né vers 1780, mort à Pampelune en 1837. 11 appartenait à lu famille des Lucan et lit ses premières armes contre Napoléon dans le corps espagnol adjoint k l'armée anglaise. Wellington le remarqua, et il parvint rapidement au grade de général. Lorsque Ferdinand VII eut été rétabli sur le trône, il fut, k deux reprises, nommé commandant en chef de l'armée d'observation sur le3 frontières du I Portugal et, à la mort du roi, malgré ses ' opinions carlistes, il prit parti pour la re ne Christine, comprima militairement deux insurrections qui avaient éclaté à B.lbao et à j Vittoria, puis tomba en disgrâce. 11 était re- 1 tiré k Pampelune, complètement éloigné des affaires, lorsqu'il périt au milieu des troubles ! de 1837, de la façon la plus obscure^
' SAAR-CNION, ancienne ville de France (Bas-Rhin), arrond. et k 40 kilom. N.-O. de Saverne, sur la Sarre, cédée k l'Allemagne par le traité de Francfort (10 mai 1871); pop. aggl., 3,455 hab. — pop. tôt., 3,498 hab. Tanneries, tuileries, teintureries, huileries; manufactures de chapeaux, tresses de paille, futaines, huile et savon. Commerce de bestiaux, fer, planches, chanvre et lin.
SAAS (Jean), bibliographe et érurtit français, né k Saint-Pierre-de-Franqueville, près ue Rouen, en 1703, mort en 1774. Elevé chez les jésuites, il se rit ordonner prêtre en 1728, fut u'abor I employé au secrétariat de l'ar-
SAÂV
chevêche de Rouen et devint successivement curé de Saint- Jaequps, près de Dametal, en 1751, chanoine de Rouen (1751) et bibliothécaire du chapitre. Ses principaux ouvrages sont : Nouveau Pouiilé des bénéfices du diu~ cène de Rouen (Rouon, 1738, in-40); Lettres à l'auteur du Supplément au Dictionnaire de Moréri (17 42, in- 12); Premier Supplément à la Défense des titres et droits de l'abbaye de Saint-Ouen contre le mémoire de M. Tirim (1743, in-«o); Notice sur les manuscrits de ta \ bibliothèque de l'église métropolitaine de Rouen (Rouen. 1746 in-12); Réfutation de , l'écrit du R. P. dom Tassin , bénédictin de Saint-Ouen, sur la Notice des manuscrits de l'église métropolitaine de Rouen (1747, in-12); Abrégé de cosmographie ou Almanneh pour les années 1753 à 1761 (Rouen, in-24); Elagia in obitum D. de Fontenelle ler.ta in consessu Academis Rotltomagensis (1757, in-8°); Lettres d'un professeur de Douai à un professeur de Louvain sur le Dictionnaire historique de l'abbé Ladvocat et sur l'Encyclopédie (1762, | in-12); L^ttres sur l'Encyclopédie, pour servir de supplément au VIIe volume de ce diction- I noire (1764, in-80). Suas avait, donné des notes k Fevret de Fontette pour lo grand ou- 1 vrage de la Ribliolhèque de la France, et on lui doit, en grande partie, le projet de publi- , cation des Affiches et annonces de la Norman- ! die, où il a inséré des vers et maints articles. !
SAATZ, en bohème Zalecz, ville de l'empire d'Autriche, dans la Bohème, chef-lieu du cercle de son nom, sur l'Eger, k 80 kilom. ' N.-O. de Prague; 6,000 hab. Tribunal criminel; gymnase. Clouterie; culture de houblon renommé. Bel hôtel de ville, pont suspendu sur l'Eger.
SAATZ (cercle de), cercle de l'empire d'Autriche, dans la Bohême, au S. de la Saxe. Ce cercle est limité par celui de Leitmeritz k l'E., par ceux de Prague et de l'ilsen au S. et celui de l'Eger k l'O. ; il mesure 3,132 kilom. carrés de superficie et renferme une population de 240,000 âmes. |
SAATZIG (cercle de), cercle du royaume I de l'russe, dans la Poméranie, régence de ! Stettin. Chef-lieu, Stargard. Il a 1,26! kilom, j carrés et 54,046 hab. I
SAAVEDRA (Alvaro de), navigateur espa- : gnol, qui vivait au commencement du xvie siècle. Il était parent de Fernand Cortez et il l'accompagna au Mexique. Fernand Cortez l'envoya, en 1526, explorer les mers du Sud et il périt dans cette expédition. Il passe pour j avoir découvert une terre australe, que l'on I croit être la Nouvelle-Guinée ou peut-être la •. Nouvelle- Galles. Il était arrivé aux îles Mo- | luques et faisait voile pour le Mexique, lorsqu il périt avec son vaisseau dans une tempête.
SAAVEDRA-FAJARDO (don Diego), homme d'Etat et écrivain espagnol, le plus grand politique du règne de Philippe IV, né k A Igeza- i rès (Murcie) en 1584, mort k Madrid en 1648. Après avoir pris ses degrés k Salamanque, il entra, jeune encore, dans les ordres et prit l'habit de jacobin. En 1606, le cardinal Borja, nommé ambassadeur d'Espagne à Rome, l'emmena avec lui en qualité de secrétaire. Il le fît son conclaviste en 1622, lors de l'élection du papa Grégoire XIII et, plus tard, lors de celle d'Urbain VIII. Le roi le nomma chanoine de Suint- Jacques et, k partir de cette époque, ayant distingué ses rares aptitudes, lui confia diverses fonctions diplomatiques; il fut chargé des affaires d'Espagne k Rome, puis fut nommé plénipotentiaire au . congres de Ratisbomie, lors de l'élection de l'empereur Ferdinand III, k lu diète helvéti- 1 que, et enfin au congrès de Munster (1645), ' où s'entamèrent les négociations qui servi- 1 rent de base au traité de Westphalie. Saa- ■ vedra-Fajardo n'assista pas k la conclusion de ce traité, auquel il avait collaboré si acti- j vement. Revenu à Madrid avant d'avoir vu aboutir les négociations, il fut nommé introducteur des ambassadeurs (1646) et mourut deux ans après dans le couvent des récollets de Madrid, qu'il avait choisi pour retraite.
On doit ii Saavedra-Fajardo divers ouvra- : ges historiques et politiques d'une certaine importance, écrits avec soin, mais dont les Espagnols ont exagéré la valeur. Ces ouvra- . ges sont : Las empresns politicas, 0 idea de un principe polilico christinno (Munster, 1640, r in-4°), vague traité de politique peu applicable, mais d'une remarquable érudition, que ; Rou a traduit en français (1669, 2 vol. in-12); la République littéraire (Alcala, 1670, in -8°), petit pamphlet dans le genre d'Erasme, plein ' d'attieisme et de fine raillerie, également traduit en français (1770, in-12); la Couronne , gothique (Munster, 1640, in-40), histoire un peu trop poétique de la domination des Gotlis , en Espagne, qu'il écrivit pendant les longs loisirs du congrès de Munster (1645), et un autre ouvrage historique, Casleltana y Austriaca, qu'il n'eut pas le temps d'achever et qui a été terminé maladroitement par Nunez de Castro. Avec leur emphase ordinaire , les Espagnols ont appelé Saavedra leur Tacite. Capmany résume ainsi son jugement sur cet écrivain : « Grand par le jugement, grand par l'érudition, grand et presque inimitable par le style. » Ces éloges sont outrés. Un écrivain français, M. de Puibusque, ne lui est pas moins favorable : ■ Instruit, sagaee et délicat, Saavedra, dit-il, associa , les grâces de l'esprit à la gravité du juge- I
SABA
ment. Ses compositions politiques, morales el littéraires sont telles que le génie athénien aurait pu les concevoir; on comprend seulement qu'elles ne pouvaient recevoir que d'un Hlspagnol la couleur qui les anime. » Real, au contraire, a jugé très-sévèrement le publi- .ciste espagnol et a trouvé spécialement ses compositions historiques dénuées de toute critique; on les lit peu, du reste; à peine pourrait-on les consulter, et cet écrivain, si renommé il y a deux siècles, ne vit plus absolument que sur son ancienne réputation. Il a été fait une édition complète de ses Œuvres k Madrid (1789-1790, 11 vol. in-8°).
SAAVEDRA (don Francisco), homme politi-
?ue espsignol, ne vers 1740, mort en 1799. Il ut nommé ministre des finances sous l'administration de Godoï, prince de la Paix, dont il était très-loin de partager la manière de voir et avec qui il engagea une série de luttes politiques. Après avoir réussi k renverser un moment le favori, il succomba k son tour (1798) et mourut l'année suivante, empoisonné, k ce qu'on suppose. — Un ntembre de la même famille, don Miguel de Saavedra était capitaine général de la province de Valence lors de l'invasion française en 1808. Réfiigiéd'abordkMadrid, puis a Requena, après s'être inutilement opposé k un soulèvement populaire, il fut enlevé de son refuge par les insurgés, ramené k Valence et égorgé devant l'hôtel du comte de Carbellon que les insurgés s'étaient donné comme chef,
SAAVEDRA (Miguel Cervantes), célèbre littérateur espagnol. V. Cervantes.
SAAVEDRA, duc de Rivas, poète et homme politique espagnol. V. Rivas.
SABA (tic), lie de l'Amérique centrale, dans le groupe des petites Antilles hollandaises, à 24 kilom. N.-O. de l'île Saint-Eustache, par 1*041' de Iatir. N. et 65033' de longit. O. Supeiîieie, 50 kilom. carrés. Les côtes sont élevées et d'un accès difficile; le sol est fertile, surtout en indigo et en coton. Prise parles Anglais en 1781 et 1801.
SABA ou SABOEA, ville de l'Arabie ancienne, dans la contrée appelée de nos jours Yémen, près de la côte occidentale, par 15° 40' de latit. N. et 46" de longit. E. Elle fut la capitale d'un Etat de même nom et était appelée par les Grecs Marinba. Le village moderne de Mahrib s'élève près de l'ancienne ville, et les nombreuses ruines ornées d'inscriptions qu'on y rencontre témoignent de la grandeur et des magnificences passées de cette cité. Les Sabéens étaient une riche nation commerçante, comme on peut le voir d'après la Bible et les historiens Diodore et Strabon. C'est une reine da cet Etat qui alla visiter Saiomon et qui offrit à ce monarque de l'or, des pierres précieuses et des épices. Les Sabéens, k cause de leur commerce étendu, avaient formé de nombreux établissements sur les côtes de l'Arabie et de l'Afrique, et c'est sans doute pour cela que le nom de Saba se trouve attaché a diverses localités du monde ancien.
SABA (la reine de). Son nom, d'après Josèphe, viendrait de la ville dont elle faisait le lieu de sa résiience , ville qui depuis fut, par Cambyse, appelée Méroé , du nom de la sœur de ce prince. Attirée par la réputation de sagesse 'lu roi des Juifs, elle vint en Israël k peu pi es vers l'époque où Saiomon vevait d'achever sou fantastique palais, c'està-dire k l'époque de sa plus grande gloire. Elle lui prop.isa diverses questions auxquelles il répondit sans difficulté. Les interprètes rapportent maintes anecdotes ingénieuses au sujet de ces questiuns, questions captieuses s'il faut les croire, mais la Bible n'en parle pas; elle dit seulement : • Elle lui fil connaître tout ce qui était dans son cœur; et Saiomon lui expliqua tout ce qu'elle lui avait proposé, et il n'y eut rien qu'il ne lui éclaircît. » — • Je ne voulais pas croire, lui dit-elle encore d'après la Bible, tout ce qu'on m'avait rapporté de votre sagesse, mais ce que je vois ici surpasse encore la renommée. > Apres s'être fait de mutuels et somptueux présents, la reine reiourna dans ses Etats. S'il faut en croire quelques auteurs, elle y retourna itiènie portant en son sein un gage de l'amour de Saiomon, un fils qui régna dans l'Abyssiuie ainsi que sa postérité.
Telle est, fort abrégée, l'histoire de la reine de Sab:i, telle qu'on peut la reconstruire d'après la tradition, la légende et d après la Bible. Mais il ne faudrait rien moins qu'un Saiomon pour resou ire tous les problèmes qui se .présentent k l'esprit quand on songe k cette fantastique reine. Moréri lui-même, l'historien catholique, perd la tète devant toutes les opinions contradictoires qui s'offrent k lui quand il prend la plume pour rédiger l'article qui la concerne dans le Dictionnaire historique. «Josêphe appelle cette reine Nicolis, d autres la nomment Makéda. Les Ethiopiens soutiennent encore aujourd'hui que cette princesse était de leur pays, et que ses descendants y ont régné pendant un temps considérable. Ils en conservent les noms et la liste. Ces peuples la nomment, conformément k l'Ecriture, Neghesta-Azeb, la reine du Midi. Ils veulent, aussi bien que les Arabes, qu'elle ait été femme de Saiomon ; ils disent qu'elle retourna enceinte dans son pays, qu'elle y'accoucha d'un fils qu'elle éleva jusqu'k ce qu'il fût en état d'avoir des maîtres et de profiter des leçous de
SABA
Salomon; qu'elle l'envoya alors à Jérusalem, pour y être élevé auprès de lui; qu'il y passa plusieurs années; qu ii fut oint et sacré dans le temple; qu'en mémoire de son aïeul, il prit le nom de David; qu'étant de retour et parvenu k lu couronne, il introduisit la religion ' des Juifs dans ses Etats, et que c'est de là que sont venues tantde cérémonies juives qui se conservent encore parmi les Abyssins ou Ethiopiens. Mais presque tous les plus habites interprètes veulent que cette reine ait demeuré particulièrement dans cette partie de l'Arabie Heureuse connue sous le nom d'Yémen. Saint Justin, saint Cyprien , saint Cyrille d'Alexandrie , enfin le plus grand nombre des Pères et des interprètes décident qu'elle était véritablement Arabe. Philostorge en parle de même, et le géographe de Nubie place en Arabie la ville de Saba et dit que Balkis, femme de Salomon, était de ce lieu Ik. Ces sentiments, en apparence si opposés, sont aisés a concilier dès que l'on conviendra que ces peuples ont été unis et n'ont eu qu'un même maître ; ils ont porté le même nom, ils ont eu la même origine, puisque les Abyssins sont sortis de la terre de Chain et du pays des Sabéens. C'est ce que, de l'avis de Moréri, l'abbé Le Grand prouve un peu plus au long dans la Dissertation sur ta reine de Saba, qui est la septième des dissertations qu'il a jointes à la Relation historique d'Abyssinie par le Père Jérôme Lobo , jésuite, pages 266 et suivantes.
Pour terminer, une simple réflexion de Voltaire. Il cite d'abord le passage de la Bible (ch. x, v. I). « La reine de Saba ayant entendu parler de Salomon vint le tenter par des énigmes. » — ■ La reine de Saba donna au roi Salomon six vingts talents d'or, une quantité très-grande d'aromates et de pierres précieuses. On n'a jamais apporté depuis ce temps tant de parfums k Jérusalem... » Et le commentateur ajoute : « La reine de Saba, qui vient proposer des énigmes à Salomon et qui lui fait un petit présent dé la, 800,000 livres de France, ou de 4,200,000 écus d'Allemagne, est une bien autre dame que l'impératrice de Russie. Salomon, qui était fort galant, dut lui faire des présents qui valaient au moins le double. La dîme de tout cet argent appartient aux prêtres. Un cherche ce royaume de Saba; il était sans doute dans le pays d'Utopie. >
Suim (la reine de), opéra en quatre actes, paroles de MAI. Michel Carré et Jules Barbier, musique de M, Charles Gounod; représenté a l'Opéra le 28 février 1862. C'est Gérard de Nerval qui a fourni aux auteurs lu donnée de ce poème assez bizarre. La reine de Saba, appelée Balkis, vient visiter Soliman au milieu des travaux d'art gigantesques qu'il fait exécuter. L'ouvrier ctiurgè de leur direction s'appelle Adoniram. Enivré d'orgueil, il brave le roi lui-même et inspire k Balkis un uinour passionné.
A cent mille ouvriers, dont la voix le proclame,
Adoniram dicte sa loi; Jaillisse une étincelle, et Sioii est en flamme. Qui de vous osera porter la main sur moiï
Soliman a beau presser son hymen avec Balkis, celle-ci conspire sa perte avec Adoniram et s'enfuit avec cet artisan. La uernière scène se passe dans le ravin de Clédron. Adoniram est assassine- par trois de ses ouvriers dont il a repoussé tes réclamations de salaire, et Balkis attribue ce meurtre k la vengeance de Soliman. Quelle a pu êire l'intention des auteurs en produisant sur la scène une fable aussi absurde? Si leurs personnages sont des mythes co.i.medans le Wilhelm Meister de Gœihe, ils n'ont pas su en accuser assez fortement les rôles. Soliman (Salomon) a été transformé par eux en une espèce de Cassundre aussi niais que crédule. La reine de Saba n'est plus cette ligure mystérieuse que nous trouvons dans la Bible ; c'est une créature qui ne se dislingue que par sa bassesse et par sa fourberie. Un tel sujet répugne k notre première scène lyrique. La partition de M. Gounod renferme assurément des beautés; mais le système y prédomine et trop souvent y tient lieu d'inspiration. On n'a guère applaudi qu'un chœur dialogué entre des Juives et des Sabéeimes, encadre dans un magnifique décor représentant un bois de cèdres- L'ouvrage a été chanté par Gueyinard, Belval et Mme Gueymard.
Sab* (LA REINE DE) visitant Salomon, tableau de Paul Vèronèse; au musée de Turin. La reine de Saba, richement parée, est agenouillée au pied du troue du puissant monarque des Juifs, entre deux suivantes dont rune, déjà vieille, semble lui parler, tandis que l'autre, jeune et gracieuse, portant sous le bras un vase d'or, s'occupe a retrousser sa robe de brocart blanc à fleurs d'or et regarde un nain qui conduit uu chien et une petite négrillonne qui apporte deux perruches sur uu plateau d'or, présents destinés à Salomon. Deux esclaves tlemi-nus, l'un debout, l'autre k genoux, portant chacun un coffret, précèdent la reine. Derrière celle-ci se presse une nombreuse escorte au-dessus de laquelle émergent la tête d'un cheval et la tête d'un chameau. Le jeune roi Salomon est placé à gauche sur un trône élevé, au milieu de ses conseillers; toute cette partie du tableau est dans l'ombre et n'offre guère d'intérêt. La plus belle architecture grecque forme le fond du tableau ; une arcade s'ouvre entre de superbes colonnes , sur un parc
SABA
où l'on aperçoit un attelage de chameaux. Paul Vèronèse a traité ce même sujft dans un tableau qui se voit au palais Bragadino, a Asolo; il y a quelques différences dans le nombre et la position des personnages, mais le talent du peintre reste le même.
Une peinture de Raphaël, dans les Loges du Vatican, représente la Heine de Saba rendant hommage au plus sage des rois et lui apportant des présents. Salomon, entouré de ses ministres et de ses officiers, se lève de son trône pour aller au-devant de la visiteuse. Cette composition a été gravée par S. Badalocchio , O. Borgiani, Franceseo Villamena, Nie. Chaperon, Fantetti, Volpato , Montagnani, C. Lasinio, de Meuiemeester (gravure coloriée, Salon de 1835), C.-L. Benoist, P.-P. Tardieu, etc.
Des tableaux sur le même sujet ont été peints par P. Marescalco, dit le Spada (musée de Dresde), Léonard Brauwer (musée de Dresde), Louis de Boullongne (autrefois au château de Meudon) , Schopin (gravé par L.-A. Gautier, Salon rie 18G1), J.-J. Meynier (Salon de 1S64) , le Tintoret (vente Pereire, 1872), P. de Troy (gravé par Cl. Gallimard), W. Crabeth (vitrail de la grande église de Gouda) ; etc. Des gravures ont été exécutées parW. Hollar (d'après Paul Vèronèse et d'à-" près H. Holbein), par Gérard de Lniresse, par Ch. Barbant (d'après Gustave Doré), etc. Un tableau de Claude Lorrain, qui est à la National Gallery de Londres, représente Vl'hnbarquement de la reine de Saba. V. embarquement (t. VII, p. 409).
SARACTHANI, corruption de l'hébreu azabtani, vous m'avez abandonné ; c'est le cri du Christ mourant sur la croix :Eli, Eli, tamma sabaclkani? Mua Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné?
SABADELL, ville d'Espagne, province etk 20 kilom, N. de Barcelone , sur la rive droite du Ripollet; 4,800 hab. Fabrication da draps, lainages, tissus de coton, papier, huile.
SABADILLE s. f. (sa-ba-di-lle; Il mil.). Nom ofrioiiial de la cévadille. V. ce mot.
SABADILLINB s. f. (sa-ba-di-li-ne). Chim. Alcaloïde que l'on retire des graines de cévadille.
— Ençycl. La sabadilliue est un alcaloïde que l'on rencontre dans les graines de cevutlille. Pour l'extraite, on débarrasse ces graines de leurs capsules et on les fait bou.llir avec de l'acide sulfurique très-étondu. On ajoute ensuite à la liqueur trois fois son volume d'alcool pour précipiter des substances mucilagineuses. Aptes l'évaporation de l'alcool, on précipite la solution bouillante par l'ammoniaque et l'on obtient ainsi une masse résineuse qui renferme de la vératrine; on puritie cette dernière en la dissolvant dans l'éther, évaporant, redissolvant le résidu dans l'alcool et reprécipitant la liqueur par l'eau.
La liqueur ammoniacale, séparée par filtration de la masse résineuse qui renferme la vératrine, est agitée avec de l'alcool rfmylique ; la solution ainsi obtenue est évaporée et le résidu repris par l'alcool ordinaire et précipité par l'eau; après quoi on le redisssot.it dans un acide et ou le décolore par le charbon animal. Finalement, on précipite par l'ammoniaque le sel concentré. Le précipité épuisé par l'éther abandonne à ce liquide une substance rouge et brillante, la sabatrine