TAON
que les deux petites courroies pendantes de chaque côté et munies d'une balle viennent frapper tour à tour la peau du tao-hou.
TAO-KOUANG, empereur de la Chine, né en 1782, mort à Pékin en 1850. Avant de succéder, en 1820, à son père, Kia-king, il portait le nom de Mia-ning. Il comprima, en 1803, une rébellion qui venait d'éclater à Pékin et sauva la vie à son père. Parvenu au trône, il eut à combattre plusieurs soulèvements partiels, chassa, en 1828, les missionnaires catholiques de sa capitale, rattacha plus intimement le Thibet à l'empire, en forçant le chef séculier de ce pays a venir lui demander l'investiture, et comprima, de 1831 à 1833, une formidable révolte qui éclata dans les montagnes de l'ouest de l'empire. Tao-kouang soutint, de 1839 à 1842, une guerre avec l'Angleterre, qui voulait imposer de gré ou de force son commerce à la Chine. Le gouvernement chinois ayant interdit, sous les peines les plus sévères, l'introduction et la vente de l'opium, dont les effets sont désastreux (1839), et fait saisir à Canton plus de 20,000 caisses d'opium, se trouvant soit sur des vaisseaux, soit dans des magasins anglais, les hostilités commencèrent entre les deux puissances. A la suite d'une défaite éprouvée par une flotte chinoise, un édit de Tao-kouang interdit tout commerce avec l'Angleterre, et le général chinois Yih parvint à chasser de Macao (février 1840) le capitaine Elliot et les Anglais qui s'y trouvaient. Le gouvernement britannique envoya alors une flotte bloquer Canton et 1 embouchure du Tigre chinois. Forcé par divers échecs d'entamer des négociations, Taokouang les lit traîner en longueur, dans le but de réunir des forces considérables contre les étrangers; mais, après de nouveaux succès des Anglais (1841), il dut consentir à la conclusion d'un traité de paix qui rouvrait le commerce de la Chine à l'Angleterre et donnait une indemnité de 6 millions de dollars (20 janvier 1841). Presque aussitôt après ce traité, l'empereur recommença la guerre. De nouveau battu, il chargea un de ses ministres de reprendre les négociations, qui aboutirent au traité de paix de la même année ; mata il ne le respecta pas plus que le précédent. Comprenant la nécessité d'agir avec la plus grande vigueur, le commandant anglais, qui avait reçu des renforts considérables, prit successivement Macao, Amoy, Chusan, Tching-baï, Ning-po, Tcha-pou, Shang-Haï, et arriva devant Nankin le C août 1842. Impuissant à arrêter l'ennemi dans sa marche victorieuse, Tao-kouang résolut cette fois de faire une paix sérieuse et définitive. Il consentit, le 26 août, à céder à l'Angleterre l'Ile de Hong-Kong, à admettre le commerce de l'opium, à donner une indemnité de 21 millions de dollars et à ouvrir au commerce européen les villes de Canton, de Ning-po, d'Amoy, de Fou-thoufou, de Shang-Haï. Deux ans plus tard, il srgna des traités de commercé avec les États- Unis et la France (1844). Pendant les dernières années du règne de ce prince, plusieurs révoltes éclatèrent à Canton contre les Européens. «Vers 1847, parut dans le district de Pei-karing, dit Blondeau, un nommé Toung-suu-youang, chef de la secte des adorateurs du dieu unique, qui fut, après quelque temps, arrêté par les autorités. Ce fut alors que, le 20 mars 1848, Hong-sun-tchouem, qui devait devenir le grand chef des taïpings, se rendit à Pékin pour demander le relâchement de Toung-sun-youang. Ces deux chefs s'unirent ensuite et transportèrent le siège de leur autorité dans la province de Kiang-si. C'est là l'origine de cette fameuse révolte, qui n'éclata définitivement que sous le successeur de Tao-kouang. » Ce prince réorganisa les ministères de 1 empire, fit publier un annuaire impérial et ordonna l'impression de plusieurs grands ouvrages et encyclopédies. L'imprimerie à types mobiles s'est introduite en Chine sous son règne. Son fils "Yih-tchou lui succéda.
TAON s. m. (ton, d'après l'Académie; quelques-uns prononcent tan — latin tabanus, mot auquel correspond l'irlandais tabhul. On a cru pouvoir le rapprocher de la racine sanscrite tap, brûler, tourmenter, causer une douleur vive, d'où tapana, tourment, torture. Le p se serait affaibli en 6. Et de fait, en malais, où l'on trouve souvent des mots sanscrits, tabûan, tabuvan, désigne le frelon et la guêpe, en javanais taioon, en bail iabwan, l'abeille). Entom. Genre d'insectes diptères, type de la famille des tabaniens, comprenant une quarantaine d'espèces, répandues dans toutes les parties du monde : Les taons habitent, en général, les bois. (E. Desmarest.) 0)i est fort peu instruit des mœurs des larves des taons. (Bosc.) Les taons ordinaires ressemblent à de grosses mouches. (H. Lucas.) Le taon est non-seulement la terreur des bêtes à cornes, mais encore des chevaux et, dit-on, des serpents.' (V. de Bomare.) La fille d'inachus est continuellement poursuivie et piquée par un taon qui la perce sans cesse de son aiguillon. (Andrieux.) Il Nom vulgaire de la larve du hanneton.
— Fig. Ce qui pique, excite, anime, tourmente : Presque aussitôt il se sentit piqué aux tempes par le taon farouche qu'on appelle la jalousie. (Alex. Dum.)
— Quel taon vous pique? Qu'avez-vous
TAOR
qu'est-ce qui vous irrite T et aussi Qui vous pousse?
Quel taon vous point ? Attendez à tantôt. La Fontaine.
Il On dit plutôt : Quelle mouche vous pique?
— Ornith. Taon marin, Petit crustacé, qui vit en parasite sur les poissons.
— Encycl. Entom. Les taons présentent comme caractères essentiels : une trompe membraneuse, à peine plus longue que la tête, terminée par deux grandes lèvres; des palpes grandes, avancées, renflées à leurs extrémités chez les mâles, subulées chez les femelles ; les antennes à peu près de la longueur de la tête, à dernier article taillé en croissant, terminé en alêne et divisé en cinq anneaux. La tête est aussi large que le thorax, presque hémisphérique et presque entièrement couverte par les deux yeux d'un vert doré, avec des taches pourprées. Les ailes sont étendues horizontalement de chaque côté du corps; les cuillerons recouvrent presque entièrement les balanciers; l'abdomen est triangulaire et déprimé; les tarses ont trois pelotes. Ils subissent plusieurs métamorphoses. Le taon des bœufs commence à vivre dans la terre, où il ne possède pas de pattes, est cylindrique, blanc jaunâtre ; après y être resté un mois et être passé par l'état de nymphe, l'insecte parfait sort de son trou. C'est vers la fin du printemps que ces insectes commencent à paraître.
Les nombreuses espèces de ce genre son t répandues dans toutesles parties du globe. Elles vivent en général dans les bois. On en rencontre sur les fleurs et sur les troncs d'arbres ; on les voit voler dans les allées des forêts, y faisant en quelque sorte la navette. Ces insectes ont, en général, le port des mouches ; quelquesuns sont de très-'grande taille et se font remarquer par les bandes brillantes qui semblent traverser leurs yeux. Les taons vivent tous aux dépens du sang des animaux et les tourmentent souvent au point de les rendre furieux et de les faire maigrir beaucoup.
* On les voit principalement, dit Bosc, depuis le commencement de l'été jusqu'à la fin de l'automne. C'est dans les jours les plus chauds et lorsque le soleil brille le plus qu'ils se jettent avec fureur sur les bestiaux et les couvrent en peu d'instants de nombreuses plaies. On croit avoir remarqué que ce sont les femelles qui sont les plus avides de sang. Elles sont si abondantes dans certains cantons et dans certaines années, qu'on ne plut mener les bestiaux paître dans le voisinage des bois lorsqu'il ne pleut pas, ou qu'on est obligé de les frotter de bouse de vache, de les couvrir de toile, etc. Il n'y a pas d'autre moyen d'en diminuer le nombre que de les tuer un à un, et on sent combien ce moyen est insuffisant. Cependant un vacher jaloux de la santé de son troupeau se promène toujours, pendant la saison du taon, autour des bêtes qui le composent et tue, soit avec la main, soit avec un rameau de feuilles, etc., les taons qu'il trouve suçant leur sang, opération pendant laquelle ils fuient moins le danger. »
Quelques espèces de taons s'attaquent aussi à l'homme et lui font des piqûres douloureuses ; on ne doit les saisir qu'avec précaution. Quelques auteurs rapportent que ces insectes sont la terreur des serpents. On ajoute que les mâles ont des instincts moins cruels et se contentent le plus souvent de sucer, avec leur longue trompe, le nectar des fleurs. Les espèces qui habitent les pays chauds sont à la fois en plus grand nombre et plus dangereuses. Bosc les a vus, en Caroline, tellement multipliés, qu'il pouvait en tuer une demi-douzaine d'un seul coup de la paume de la main. C'est le taon qui force les Arabes à quitter, pendant l'automne, les gras pâtura-
fes pour s'enfuir dans le désert avec leurs estiaux. Ces insectes sont bien connus partout, bien qu'on les confonde quelquefois avec les asiles, les œstres et les hippobosques.
TAONIEN, IENNE adj. (to-ni-ain, i-è-ne — rad. taon). Entom. Syn. da tabanikn.
TAONNÉ ou TONNÉ, ÉE adj. (to-né — da faon). Néol. Piqué par les taons : Adolphe, taonné jusqu'à se voir tatoué de piqûres, finit par faire ce qui se fait en bonne police, en gouvernement, en stratégie. (Balz.)
— Techn. Se dit d'une peau criblée de trous provenant des piqûres des taons : De toutes les peaux, celles de cerfs sont le plus souvent taonnéks. (Legindre.)
TAOBM1NA, ancienne Tauromenium, ville d'Italie, dans la Sicile, dans une situation magnifique, à peu de distance de la mer Ionienne, province et à 50 kilom. de Messine, par 37" 4s' 15" de latit. N. et 12» 57' 25" de longit. E.; 4,100 hab. «On ne peut concevoir, dit un. écrivain, qu'une ville d'un abord aussi difficile ait été jadis célèbre et soit encore habitée. » Elle résista longtemps aux Sarrasins, après la conquête de la Sicile. Les tremblements de terre qui l'ont plusieurs fois dévastée sont la principale cause de sa décadence. La ville est d'aspect tout mauresque. Elle est entourée de fortifications à moitié détruites et possède des restes d'aqueducs, d'une piscine, d'une naumachie et quelques édifices du moyen âge, notamment la Badia- Vecchia, la Casa del Duca et l'ancien hôpital du coté de Messine. L'église de Saint-