‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 905 sur 1059 · V. la note sur autant et sur pire · texte numérisé non relu

V. la note sur autant et sur pire

— Ail US. littér. Tant do flcl enlro-t-il dan* l'dnic des dévot»? Vers de Boileuu. V. tant^B

NliANIMIS...

TANT^E MOUS ERAT ROMANAM CON- DEBE GENTEM! {Tant il était difficile de fonder l'empire romain!). Troie est renversée, la colère de Junon est satisfaite; mais la déesse apprend qu'une race de guerriers, sortie du sang troyen, fondera un jour une ville puissante, que ce peuple sera le suprême arbitre du monde; sa haine endormie se réveille, « elle repoussait loin du Latiura les Troyens, jouets des flots, tristes restes de la fureur des Grecs et de l'impitoyable Achille. Depuis sept ans, poursuivis par le destin, ils erraient sur toutes les mers : tant il était difficile de fonder l'empire romain I >

Tantm molis crat romanam condere gentem !

Ce vers, d'une harmonie et d'une noblesse imposante, termine admirablement le magnilique tableau de la. haine de Junon.

Delille l'a traduit ainsi :

TANT

L'inflexible Destin, secondant son orgueil, De rivage en rivage et d'écueil en éoueil Prolongeait leur exil. Tant dut coMer de peine Ce long enfantement de la grandeur romaine!

Delille.

On ne cite généralement que les trois premiers mots.

t Lorsque toute l'Europe fut chrétienne, lorsque la théologie eut pris place à la tête de l'enseignement et que les autres facultés se furent rangées autour d'elle, comme des dames autour de leur souveraine, 'le genre humain étant ainsi préparé, les sciences naturelles lui furent données : Tant» molis erat romanam condere gentem! »

Joseph de Maistre.

a Gardons -nous de nous plaindre ni de plaindre Milton de ces délais inspirateurs, de ces distractions fécondes et de cette création tardive , qui furent imposés à son génie : Tantss molis erat! »

VlLLEMAIN.

« A ce spectacle bien compris, il n'aurait donc pas été surprenant qu'Auguste eût voulu abdiquer l'empire, et que personne, après lui, n'eût voulu s'en charger : Tanlx molis erat! Il le garda pourtant, et les successeurs ne lui manquèrent pas. »

Gatien Aknoult.

TÀNT.œ NE ANIMIS CCELESTIBUS 1R.EI

{T'ant de ressentiment peut-il entrer dans l'âme des. dieux! Virgile, Enéide, liv, Ier, v. il). Homère et Virgile nous ont montré les dieux de l'Olympe soumis aux passions qui agitent les simples mortels. Des dieux impassibles ne sont pas épiques; ils peuvent être imposants, mais non intéressants. Au début de son poëme, Virgile ne pouvait manquer de nous montrer Junon gardant toujours contre les Troyens le même ressentiment. Elle n'avait pas oublié le jugement de Paris.

Boileau a imité Virgile dans ce vers du Lutrin :

Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des dévots I

L'hémistiche de Virgile et le vers de Boileau se citent également bien; mais dans la forme française le dernier mot varie presque toujours.

« M. de Lesdiguières eut une querelle pour un lièvre avec l'évèque de Gap, son voisin. Quelques amis entreprirent de les raccommomoder; mais dans l'entrevue qui se fit au château de Lair, l'évèque altier et colère ayant fait beaucoup de bravades, M. de Lesdiguières le jeta par la fenêtre. Comme elle n'était pas haute, le prélat en fut quitte pour quelques contusions. Le pape et tout le clergé poursuivirent M. de Lesdiguières , qui fut obligé de quitter la France et fut dépouillé de tous ses biens. Il ne revint que longtemps après; mais ses biens ne lui furent jamais rendus.

Tanlx ne animit cœlestitrus irst •

Elzéar Blaze.

« Le Journal de Paris a été suspendu pour avoir un peu critiqué l'oraison funèbre de l'impératrice-reine a l'église Notre-Dame par l'évèque de Blois. Ce discours, qui est trèsmédiocre, y a cependant été traité avec beaucoup de ménagement. Il parait que les évoques sont encore plus délicats que les poètes; la malheur, c'est qu'ils sont plus puissants.

Tants ne animis coslestibw irie ? •

Hatin.

« Philosophes, économistes, antiéconomistes, jansénistes, raolinistes, il n'y a presque aucun parti dont M. Dorât ne se soit attiré la haine, et cette étoile est rare sans doute pour un faiseur de madrigaux.

Tant de fiel entre-t-il dans une Ame si douce f •

Grimm.

« Pendant que Forioso étonnait la capitale par des tours de force et d'agilité, deux autres danseurs, les frères Ravel, lui portent un défi. Forioso accepte, des paris Sont engagés; c'est dans la salle Montausier que la lutte a lieu le jour annoncé; mais, le dirai-jeî Forioso l'Italien est vaincu ! Forioso demande une revanche. Forioso succombe une seconde fois. Peu s'en fallut qu'un duel n'eût lieu.

Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des danseurs ? •

Braziek.

s Tant de fiel entre-t-il dans le cœur d'un vrai sage? diraient les pauvres jésuites, s'ils apprenaient comment vous vous exprimez à leur sujet. »

Frédéric.

TANTAU ou TENTAH, ville de la basse Egypte, k 90 kilom. N.-N.-O. du Caire, à 36 kilom. N. de Menouf, sur une hauteur, au confluent de deux petites rivières, ch.-I. du la province du mémo nom ; 55,000 hab. C'est une des villes les plus belles et les plus peuplées de la basse Egypte. On y remarque uno

TANT

élégante mosquée dont on vante le dôme et la hauteur des minarets. Cette mosquéi! renferme le tombeau de Seyd-Ahmed-el-Bedaouy, visité chaque année par un immense concours de pèlerins, ce qui donne lieu à des foires très-considérables. Tantah est une station du chemin de fer d'Alexandrie au Caire et à Suez. Très-commerçante, cette ville possède une foire et un marehé célèbres.

TANTALÀM OU TANTALEM, île du golfe de Siam, sur la côte N.-E. de la presqu'île de Malacca et des royaumes de Patani et de Ligor. Elle a environ 100 kilom. de longueur sur à peu près autant dans sa plus grande largeur.

TANTALATE s. m. (tan-ta-Ia-te). Chim.

Sel produit par la combinaison de l'acide tantalique avec une base.

— Encyol. Les tantalates, ou sels dérivés de l'acide tantalique par la substitution d'un métal à l'hydrogène, sont presque tous des minéraux naturels. Les uns répondent à la formule générale M'TaO» ou M'^TaSO*, qui en fait des analogues des métaphosphates ou des dimétaphospliates ; les autres sont des hexatantalates répondant à la formule générale (TaO)6OS(OM')8. Les tantalates normaux ou orthotantalates TaOfOM')3 sont inconnus jusqu'à ce jour, comme les orthoantiinoniates et les orthoazotates. La première de ces deux formules générales répond aux tantalates natifs, c'est-à-dire au groupe le plus important ; la seconde répond à quelques tantalates alcalins cristallisés.

Les tantalates alcalins sont solubles dans l'eau et peuvent être obtenus par la fusion de l'anhydride tantalique avec les alcalis caustiques. L'oxyde tantalique fondu avec de l'hydrate de potassium, dans un creuset d'argent, forme une masse transparente de tantalate potassique complètement soluble dans l'eau après refroidissement. Avec l'hydrate de sodium, il se forme une masse opaque qui finit par déposer un sédiment qu'on ne parvient pas a fondre en ajoutant un excès d'alcali. L'eau jetée sur la masse refroidie dissout l'excès de soude, mais ne dissout pas la moindre trace d'acide tantalique. Le résidu traité par une nouvelle quantité d'eau fraîche se dissout et forme une solution opaline de tantalate sodique. Ce sel est entièrement insoluble dans une solution concentrée de soude caustique et se précipite conséquemment lorsqu'on mélange la liqueur opaline avec la liqueur alcaline provenant du pre- ■ mier lavage. Lorsqu'on fond l'oxyde de tantale avec du carbonate de potassium ou de sodium, la masse obtenue est incomplètement soluble dans l'eau. Les tantalates des métaux lourds et ceux des métaux terreux Sont insolubles et peuvent être préparés par voie de double décomposition.

— Tantalate ferreux Ta*06,Fe". Ce sel se rencontre dans la nature à l'état natif. Il forme les minéraux que l'on a désignés sous les noms de tantalite et de tapiolite. Rarement il est tout à fait pur; généralement le fer y est plus ou moins complètement remplacé par le manganèse, et le tantale y est en partie remplacé par le niobium, l'étain et le zirconium. La colombite ou laniobile sont des minéraux de constitution analogue, qui renferment à ta fois du tantale et du niobium avec prédominance de ce dernier. Quelques colombites du Groenland renferment du niobium et sont complètement exemptes de tantale ; mais elles sont très-rares. On rencontre la tantalite dans plusieurs localités de Finlande, à Broddbo et a Finbo, près de Fahlun, en Suède, et à Chanteloup, près de Limoges, en France. Elle cristallise en cristaux trimétriques dont le rapport des axes

On rencontre souvent aussi ce minéral en masses irrégulières. Sa dureté égale 6 à 6,5; sa densité varie entre 7 et 8,0, Il est opaque, présente un éclat métallique imparfait et une couleur noir de fer quand il est en masse ou brun cannelle lorsqu'il est en poudre. Sa cassure est inégale.

Nordenskjôld distingue sous le nom d'ixiolitbe une variété stannifère etmanganésifère de tantalite que l'on rencontre avec les variétés précédentes à Skogbôle, en Finlande.

L'ixiolithe forme aussi des cristaux trimétriques et prismatiques. Sa dureté varie entre 6 et 6,5: sa densité entre 7 et 7,1. Son éclat est faiblement métallique. Sa couleur gris noir ou gris d'acier, quand le minéral est en masse, devient brune lorsqu'il est en poudre. Sa cassure est conchoïdale et présente quelquefois de petites inégalités.

Les diverses variétés de tantalite stannif^res, riches en étain, ont été désignées par Hausmann sous les noms de cassitévotanlalite, les variétés plus pauvres ont reçu le nom de sidérotantalite. Les premières sont quelquefois désignées d'après les localités d'où elles proviennent; on les appelle tantalite de Finbo ou de Broddbo ; les secondes, suivant la même méthode , sont désignées sous le nom de tantalite de Kimito ou de Taminela.

La tapiolite que l'on trouve à Sukkulo, dans le gouvernement de Taminela (Finlande), présente la composition de la tuntalite, mais cristallise en cristaux dimétviques dont les angles et le rapport sont les mêmes que dans le rutile. On doit en conclure que le utanale de fer est dimorphe.

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Toutes les tantalites, la tapiolite y comprise, sont infnsibles et inaltérables au chalumeau. Elles se dissolvent facilement dans la perle do borax ou de sel microcosmique en donnant les réactions du fer et du manganèse. Les variétés stannifères les plus riches en étain donnent de nombreuses paillettes d'étain lorsqu'on les chauffe sur le charbon avec du carbonate sodique. Les acides ne les attaquent pas. La tantalite et la colombite

fieuvent l'une et l'autre être représentées par a formule générale (Fe,Mn)0(TaS,Nb2)05.

La tantalite pure, comme celle de Kimito, renferme de 83 à 85,8 pour 100 d'oxyde de tantale, et la colombite pure on niobite du Groenland renferme de 76 à 78 pour 100 d'oxyde niobique. Les autres variétés fournissent nécessairement des nombres intermédiaires entre ceux-là.

— Tantalate d'yttrium ou yttrotsntalite. On rencontre ce minéral à Vtterby, en Suède, dans le feldspath rouge, ainsi çju'à Finbo et & Broddbo, près de Fahlun, ou il est incrusté dans le quartz et dans l'albite. On en connaît plusieurs variétés. La variété noire offre des traces d'une cristallisation peu distincte en prismes ou en plaques à six cô tés ; sa dureté égale 5,5 ; sa densité égale 5,395 suivant Berzélius, 5,67 suivant Rose, et 6,40 après calcination. L'éclat se rapproche de 1 éclat métallique. La poussière est grise et opaque. Il existe aussi une variété jaune non cristalline, que l'on rencontre en lamelles dans les fissures du feldspath ; sa densité égale 5,882; sa dureté égale 5, L'éclat do sa surface est résineux et l'éclat de sa cassure est vitreux- sa couleur varie du brun jaunâtre au verdatre; sa poussière est blanche et opaque. Une variété brune se rencontre fréquemment avec la jaune en plaques minces ou rarement en grains qui ne présentent aucune trace de cristallisation. La dureté de ces grains égale 4,5 à 5; leur éclat est vitreux, inclinant au résineux ; la couleur est noire, avec une légère teinte de brun. Dans les plaques minces éclairées par transmission, elle est d'un jaune tendre, La poussière est tout à fait blanche. Lorsqu'on les chauffe, les diverses variétés d'yttrotantulite donnent de 3,9 à 5,54 pour 100 d'eau, sont infusibles au chalumeau quand on ne s'aide pas d'un fondant, mais décrépitent et prennent une couleur plus claire. La variété noire se boursoufle et fond avec le carbonate de sodium. Toutes les variétés sont solubles dans le borax en fusion ; aucune n'est attaquée par les acides. Les diverses analyses qui ont été fuites de l'yttrotantalite conduisent approximativement à la formule 5YOTa20&. Toutefois, comme le minéral contient une assez forte proportion de tungstène, proportion plus considérable dans les variétés foncées que dans celles de couleur claire, il est irapossible de considérer la formule de l'yttrotantalite comme définitivement établie.

TANTALE s. m. (tan-ta-le — nom mythol.). Homme qui désire ce qu'il ne peut avoir :

Tantales obstinés, nous ne portons les yeux Que eux ce qui nous est interdit par les dieux.

Il Homme qui vit au milieu de richesses abondantes sans en user : Parmi eux, il y a peu de Tantales. (Montesq.)

— Supplice de Tantale, Etat d'une personne réduite à se passer de ce qui est en quelque sorte sous sa main, ou à former des désirs qui, toujours prêts à Se réaliser, sont toujours trompés.

— Physiq. Vase de Tantale, Vase qui, à l'aide d'un siphon caché, se vide rapidement loasqu'il est près d'être plein.

— Chim. Métal particulier, qu'on avait confondu avec le colombium.

— Ornith. Genre d'oiseaux échassiers, do la famille des ardéidées, ou type de la famille des tantalidées et de la tribu des tantalinées, comprenant quatre espèces, qui habitent les contrées chaudes du globe : Les tantalks se plaisent, comme les ibis, avec lesquels on les a longtemps confondus, dans les plaines humides, inondées. (Z. Gerbe.)

— Encvcl. Ornith. Ce genre a pour caractères : un bec très-long, droit, un peu comprimé latéralement , à bords tranchants , courbé vers le haut et obtus à son extrémité, à mandibule supérieure voûtée; des narines longitudinales situées près du front ; une partie de la tête et quelquefois du cou dénuée de plumes et couverte d'une peau rude et verruqueuse ; des tarses très-longs, nus, réticulés ; des doigts antérieurs réunis à leur base par une membrane.

Les tantales se plaisent, de même que les ibis, avec lesquels on les a longtemps confondus, dans les plaines humides et inondées, dans les lieux marécageux, sur les bords fangeux des grands fleuves. Ce sont des oiseaux paisibles, indolents, que le voisinage de l'homme inquiète peu. Leur nourriture consiste en vers, en poissons et en reptiles de toutes sortes. La destruction qu'ils font de ces derniers peut être considérée comme un bienfait pour les lieux où ils habitent. Lorsqu'ils sont bien repus, ils ont l'habitude de se retirer sur les arbres les plus élevés et d'y demeurer des heures entières dans l'immobilité la plus complète et le bec appuyé sur la. poitrine. C'est aussi à la cime des grands arbres qu'ils établissent leur aire, qui, comme

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celle des hérons, est larpe et composée de bûchettes et de joncs. Leur ponto est de deux ou trois œufs. Les jeunes sont fort longtemps nourris dans le nid, qu'ils n'abandonnent qu'alors qu'ils ont acquis toute leur puissance de vol. Les migrations des tantales sont régulières comme celles de tous les grands éehassiers et se font par bandes. Leur mue est simple. On trouve des tantales dans toutes les contrées chaudes et marécageuses des deux continents.

Le tantale d'Afrique, k face et pieds rouges, à bec jaune, à rémiges noires, tout le reste du plumage étant blanc, a été considéré pendant longtemps comme l'oiseau que les Egyptiens vénéraient sous le nom d'ibis. Les recherches de Cuvier, faites sur les momies tirées des puits de Sacara, sont venues détruire cette erreur. On trouve cet oiseau en Egypte et au Sénégal. Trois autres espèces appartiennent encore à ce genre ; ce sont : le tantale de Ceylan, qui est connu sur les bords du Gange, où il est très-commun, sous le nom de jann/iill ; le tantale lacté, du Java, et le tantale d'Amérique, que l'on trouve depuis !a Caroline jusqu'au Brésil et a la Nouvelle-Hollande.

— Chim. Le tantale est un métal pentatomique, découvert en 1802 par Ekebcrg dans deux minerais de Suéde, la tantalite et l'yurotantulite. L'année précédente Hatchett avait découvert un inétal très-semblable, le colombium, dans la colombite du Massachusets. En 1807,'Wollaston, en com-

Earant les dérivés du tantale et du colomium, affirma que ces deux métaux étaient identiques, et cette opinion eut cours dnns la science pendant plusieurs années. Henry Rose, toutefois, par une .série d'expériences commencées en 1846, démontra que les deux métaux sont distincts et donna h. celui de source américaine (colombium) le nom de niobium, par lequel il est universellement désigné aujourd'hui. Plus récemment, Murignac a démontré que presque toutes les tantalites et presque toutes les colombites renferment à la fois du tantale et du niobium. Il a trouvé cependant quelques tantalites de Kimito, en Finlande , qui sont tout a fait exemptes de niobium, et quelques colombites du Groenland qui renferment du niobium exempt de tantale. Dans tous ces minéraux, le ïanfateexiste à l'étatde tantalate de fer ou de manganèse. L'ytirotantalite est essentiellement composée par un tantalate d'yttrimn, renfermant aussi de l'uranium, du calcium,du fer et d'autres métaux. Le tantale se rencontre encore dans quelques variétés de wolfram (minerai de tungstène).

On obtient le tantale métallique en chauffant le fluotantalate de potassium ou de sodium avec du sodium métallique, dans des creusets de fer bien couverts, et on lave le produit avec l'eau pour en extraire le fluorure de potassium et le fluorure de sodium solubles. Le métal réduit, ainsi préparé, n'est pas tout k fait pur ; il est plus ou moins souillé par du tantalate acide de sodium, dont on peut toutefois diminuer la proportion, en protégeant la masse fondue contre le contact de l'air, pendant l'opération, par une couche de chlorure de potassium en fusion.

Le tantale est une poudre noire qui, suivant Rose, conduit bien l'électricité et présente une densité de 10,78 après calcination dans un courant d'hydrogène. Chauffékl'air, il brûle avec une flamme brillante et se convertit, quoique avec quelque difficulté, en acide tantalique. L'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique, l'acide azotique et même l'eau légale sont sans action sur lui. L'acide fluorhydrique aqueux le dissout lentement avec i'uide d'une douce chaleur, en dégageant de l'hydrogène. Un mélange d'acide tluorhydrique et u'acide azotique le dissout très-rapidement.

Dans ses principaux composés, le tantale est pentatomique; la formule du chlorure tantalique est TaCl5, celle du fluorure tantalique estTaFl8, et celle de l'oxyde qui donne les tantaïates est Ta*06. Il existe cependant aussi un oxyde TuO2 et un sulfure TuS^. 11 serait rationnel, d'après la pentatomicilé du tantale et d'après les propriétés acides de son peroxyde, de classer ce corps parmi les métalloïdes à cOlé du phosphore, bien plutôt que parmi les métaux. Son poids atomique est 182.

— Bromure de tantale TaBr&(?) On prépare ce corps en chaurfant doucement le tantale dans un courant de brome en vapeur. On peut remplacer le taiitale métallique par un mélange d'oxyde tantalique et de charbon poreux ; il faut alors élever beaucoup plus la température. Un excès de brome colore généralement ce corps en jaune et il est difficile de le priver de cette impureté.

— Chlorure de tantale ou chlorure tantalioueTaCl5. Le chlore n'attaque pas le tantale a la température ordinaire ; mais lorsqu'on chauffe doucement le métal dans un courant de ce gaz, il se convertit intégralement en

.chlorure tantalique qui distille. Un peut aussi, dans cette opération , remplacer le métal par un mélange d'oxyde tantalique et de charbon. On mélange alors l'oxyde tantalique avec du sucre ou de l'amidon et l'on calcine le tout dans un creuset couvert, afin de charbonner la substance organique. On introduit ensuite la substance dans un tube de verre, par petits morceaux, et l'on chauffe le

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tube au charbon de bois en même temps qu'on le fait traverser par un courant d'anhydride carbonique. Dès que toute l'humidité est expulsée, on laisse refroidir le tube, tout en maintenant le courant d'anhj'dride carbonique pur. Quand l'appareil est complètement refroidi, on remplace l'appareil générateur d'anhydride carbonique par un appareil générateur de chlore, et dès que le chlore a complètement chassé le gaz carbonique on chauffe le tube de nouveau. Le chlorure de tantale se forme dans ces conditions et vient se sublimer dans les parties froides du tuba sous la forme d'une masse jaune pur. Dans le cas où l'on s'est servi d'oxyde tantalique mêlé d'oxyde tungstique, la couleur du sublimé est rouge et, s'il y a dans le mélange de l'oxyde titanique ou stannique, il se produit en même temps des gouttes d'un chlorure rouge liquide (Henri Rose et Weber, j! (indien der chemie und pharmacie, t. LXXXV1II, p. 246).

Le chlore tantalique commence à se volatiliser à 144» et fond k 221» en un liquide jaune. Sa densité de vapeur est de 12,42 k 350°. Cette densité s'accorde presque avec la densité théorique qu'exige la formule TaCl5, densité théorique qui est égale à

Le chlorure de tantale est décomposé par l'eau k la manière des chlorures d arsenic, d'antimoine et de phosphore , avec production d'acide tantalique et d'acide chlorhydrique; mais la décomposition n'est jamais complète, même à la température de l'ébullition. L'eau chargée d'un peu d'ammoniaque décompose au contraire complètement ce chlorure, même à la température ordinaire. La potasse le décompose aussi, mais non point complètement. Le carbonate de potassium est sans action sur lui même à chaud. L'acide chlorhydrique dissout le chlorure de tantale k la température ordinaire en formant un liquide trouble qui, au bout d'un certain temps, se prend en gelée; la gelée n'abandonne à l'eau froide que des traces d'acide tantalique. L'acide chlorhydrique bouillant dissout incomplètement le chlorure tantalique, en formant une liqueur qui ne se prend pas en gelée. L'acide sulfurique concentré dissout le chlorure de tantale à la température ordinaire ou à des températures peu élevées, avec dégagement d'acide chlorhydrique. Il se produit un liquide opalin, qui devient trèstrouble lorsqu'on le fait bouillir et qui se solidifie par le refroidissement en une gelée transparente. Le gaz ammoniac convertit, à la chaleur rouge, le chlorure de tantale en azoture de tantale, suivant Henri Rose.

— Fluorure de tantale TaFl&. L'oxyde de tantale calciné ne se dissout pas dans l'acide fluorliydrique aqueux; mais l'acide tantalique hydraté se dissout dans cet acide en formant une solution limpide qui, lorsqu'on J'évapore, donne du fluorure de tantale en même temps qu'un résidu d'oxyfluorure. La solution du fluorure tantalique mélangée avec des fluorures alcalins forme des sels doubles cristallisables, dont quelques-uns ont été étudiés par Berzéliuset par Rose, mais dont l'étude complète est due à Marignac. 11 ne paraît pas exister de fluoxytantalates correspondant aux fluoxyniobates, à moins que l'on ne considère comme tels les composés insolubles qui prennent naissance lorsqu'on dissout les fluotantalates dans l'eau ; mais, suivant Marignac, ces derniers composés ne sont pas susceptibles de cristalliser et n'ont pas une composition constante. Le fluotantalate d'ammonium

(AzH10*raF17=TaF15,2AzH4Fl

est un corps anhydre très-soluble dans l'eau ; il cristallise en plaques minces dont les arêtes sont taillées en biseau. Le sel potassique TaK*Flï = TaFls,2KFl cristallise en prismes monocliniques; il est isomorphe avec le fluoniobate. L'eau le dissout mieux k chaud qu'à froid ; par une ébullition prolongée avec 1 eau, il se transforme en un sel insoluble, dont la composition est à peu près représentée par la formule Ta*OS2KSTaFf'. La production de ce composé insoluble fournit le moyen de déceler les plus faibles traces de fluotantalate dans une solution de fluoxyniobate de potassium. Le sel de sodium

Na*TaFlTH20 forme des prismes inoiiocliniques qui perdent leur eau de cristallisation k 100°. Le sel cui-

vrique Cu"Ta2Kn,4HSC = Cu"F12,TaF|5,4HS!0 se prépare en ajoutant de l'oxyde de cuivre à une solution d'acide tantalique dans l'acide fluurhydrique. 11 forme de beaux prismes rhomboïdaux, bleus, transparents, terminés par des pyramides à quatre faces. Il est déliquescent et très-soluble dans l'eau. Le sel de zinc

Zn"TaFH = ZnFlï,TaFlB,4H20.-:

On le prépare comme le sel de cuivre correspondant, il est trop déliquescent pour qu'on puisse le purifier complètement. Aussi, sa formule n'est-elle que probable.

— Azoture de tantale. On obtient ce corps en faisant agir le gaz ammoniac sec sur du chlorure de tantale, à une température graduellement croissante jusqu'au rouge vif. On l'obtient encore, mais moins pur, en remplaçant, dans cette opération; le chlorure de

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tantale par l'oxyde tantalique. C'est une poudre noire, microcristalline, qui acquiert un éclat métallique par le poli et qui est conductrice de l'électricité ; fondu avec l'hydrate de potassium, l'azoture de tantale fournit du gaz ammoniac. Il n'est attaqué ni par l'acide azotique, ni par un mélange de cet acide avec l'acide chlorhydrique ou fluorhydrique.

— Sulfure de tantale TaS« (?). On obtient ce composé en calcinant de l'oxyde tantalique dans un courant de sulfure de carbone en vapeurs, ou en exposant le chlorure tantalique à l'action du gaz hydrogène sulfuré. Le produit n'est jamais bien dénm.quel que soit celui de ces deux modes de préparation que l'on ait employé. Le premier procédé donne un produit qui renferme 28,50 pour 100 de soufre, tandis que la formule TaSs n'en exige que 26,01. Le sulfure de tantale est une substance noire qui acquiert une couleur cuivrée lorsqu'on la tritura dans un mortier d'agate ; chauffé dans une atmosphère de chlore, le sulfure de tantale se convertit en un mélange de chlorure tantalique et de chlorure de soufre. V. soufre.

— Oxydes de tantale. Le tantale forme deux oxydes, un dioxyde TuO2 et un pentoxyde TaW. Ce dernier est un anhydride acide qui correspond à un hydrate acide et à des sels dont la formule TaO^M' ou TaSOW correspond à celle des azotates neutres, dont, ne l'oublions pas, les tantaïates sont les congénères.

— Dioxyde de tantale ou oxyde iantateux TaO*. Cet oxyde prend naissance lorsqu'on expose l'oxyde tantalique dans un creuset brasqué à la plus haute température d'un fourneau à vent. Une fine couche de métal réduit entoure le produit ainsi formé. Celui-ci est une masse gris foncé, qui raye le verre et qui acquiert l'éclat métallique sous le brunissoir. Chauffé au rouge, au contact de l'air, cet oxyde absorbe 4 pour 100 d'oxygène et se convertit en oxyde tantalique. D'après le calcul, la formule TaO2 exige 3,74 pour 100 d'oxygène pour passer k TaSO6.

— Pentoxyde de tantale, oxyde tantalique, anhydride tantalique Ta^O1*. Cet oxyde se forme lorsqu'on fait brûler à l'air le tantale ou lorsqu'on fait agir l'eau sur le chlorure tantalique. On peut aussi le préparer en chauffant son hydrate (acide tantalique), qui se précipite lorsqu'on traite les tantaïates par un acide minéral soluble. Généralement, c'est au moyen de la tantalite qu'on le prépare. La tantalite est un tantalate de fer et de manganèse, qui renferme une petite quantité d'acide stannique et d'acide tungstique et des proportions très-diverses, mais souvent considérables, d'acide niobique. On fond ce minéral avec deux fois son poids d'hydrate potassique, après l'avoir pulvérisé, l'avoir lavé et l'avoir soumis- k une levigation. On peut remplacer la potasse par du sulfite acide de potassium, dont il faut employer six k huit parties, suivant Berzélius, et trois parties seulement suivant Marignac; lorsqu'on emploie le bisulfite de potassium, on a l'avantage de pouvoir opérer la calcination dans un creuset de platine, ce qui est tout k fait impossible lorsqu'on fait usage de la potasse.

Après la calcination, on laisse refroidir la masse, on la réduit en poudre et on la fait successivement bouillir avec de petites quantités d'eau qu'on renouvelle de temps kautre, jusqu'à ce que les dernières liqueurs ne renferment plus ni potassium, ni fer, ni manganèse k l'état de sulfate. Le résidu est un mélange d'acide tantalique', de sesquioxyde de fer, d'acide stannique, d acide tungstique et d'acide nUbique. On le fait digérer avec du sulfure d'ammonium, renfermant un excès de soufre, pour dissoudre l'etuiu et le tungstène k l'état de sulfure et pour convertir l'oxyde ferrique en sulfure de fer insoluble. On sépare le liquide par filtration, on lave l'acide tantalique avec de l'eau chargée de sulfure ammonique, on le fait bouillir avec de l'acide chlorhydrique pour dissoudre le sulfate de fer forme et on lave enfin le résidu k l'eau bouillante. Le produit ainsi obtenu peut toutefois contenir comme impureté de l'acide silicique et de l'acide niobique ; pour le débarrasser de la silice, on le dissout dans l'acide fluorliydrique chaud, on mélange avec de l'acide sulfurique la liqueur filtrée, on l'évaporé à siccité et on calcine le résidu jusqu'à ce, qu'il ne diminue plus de poids; reste à éliminer le niobium. Pour atteindre ce but on redissout, l'acide tantalique dans l'acide fluorliydrique aqueux et 1 on ajoute du fluorure de potassium. Dans ces conditions, le tantale se convertit en fluotantalate potassique, soluble k la température ordinaire dans 151 à 157 parties d'acidefluorhydrique étendu, tandis que le niobium passe k l'état de fluoxyniobate soluble à froid dans 12,4 k 13 parties d'eau. Il en résulte que, si la solution est assez étendue, tout le niobium reste en dissolution et que la presque totalité du tantale se précipite k l'état de fluotantalate de potassium absolument pur. On décompose ce dernier sel en le chauffant avec de l'acide sulfurique; on traite le résidu de cette action par l'eau bouillante pour dissoudre le sulfate poiassiqiie forme et l'on calcine fortement le sulfate tanta iqiw inso-

TANT

lubie qui reste après ce lavage, de manière à chasser l'acide sulfurique qu'il renferme. On peut, en suivant ce procédé qui est dû k M. Marignac, obtenir de grandes quantités d'anhydride tantalique pur en partant de colombites riches en niobium. L'oxyde ou at:hydride"tantalique obtenu par la calcination de l'hydrate ou du sulfate est une poudre blanche , qui conserve sa blancheur lorsqu'on la chauffe, ou qui prend tout au plus une légère teinte jaune. Sa densité varie entre 7,022 et 8,264; elle est d'autant plus grande que l'oxyde a subi l'action d'une température plus élevée. D'après Marignac, cette densité varierait entre 7,60et7,64. Nordenskjôl et Chydenius, en fondant l'anhydride tantalique avec le phosphate aromonico-sodique et en traitant le produit fondu par l'acide chlorhydrique, ont obtenu, en même temps que l'oxyde amorphe, une petite quantité de cristaux pesants, en forme d'aiguilles, qui appartiennent au système rhomboédrique. L oxyde tantalique ne fond ni ne se volatilise quand on le chauffe; il ne possède ni odeur ni saveur. Dans le circuit d'une batterie électrique puissante, il se réduit a l'état métallique; le même effet se produit lorsqu'on le calcine fortement- avec du charbon. Chauffé dans un courant de gaz ammoniac, il fournit de l'azoture de tantale ; dans un courant de gaz cyanogène, il se convertit partie en azolure, partie en cyanure de tantale. Dans la vapeur du sulfure de carbone, il donne du sulfure de tantale. Aucun acide ne le dissout, et l'on ne parvient k la rendre soluble qu'en lui faisant subir une fusion avec l'hydrate ou le carbonate potassique.

L'hydrate tantalique ou acide tantalique se précipite lorsqu'on ajoute de l'acide chlorhydrique à une solution aqueuse de tantalate de potassium ou lorsqu'on décompose le chlorure tantalique par l'eau légèrement chargée d'ammoniaque. C'est une poudre volumineuse, d'un blanc de neige, qui se dissout dans les acides chlorhydrique etttuorhydrique et qui, k l'état humide, rougit la teinture do tournesol. Fortement chauffé, il perd de l'eau en subissant le phénomène de l'incandescence et se convertit en acide tantalique anhydre. L'hydrate que l'on prépare en fondant la tantalite avec du sulfate acide de potassium, comme nous l'avons indiqué plus haut, est plus dense et présente un uspect plus cristallin. Il est insoluble dans tous les acides k l'exception de l'acide fluoi hydrique et de l'acide sulfurique concentré. Quand on le chauffe, il devient anhydre comme le précédent, mais sans présenter le phénomène de l'incandescence. La formule de l'acide tantalique doit être

TaHO* ou Ta3H208 = TaSOlWO.

Cette formulo correspond, en effet, aux tantaïates, 11 existe des tantaïates répondant à la formule M'TaO» ou M"Ta206 et d'autres tantaïates condensés répondant k la formule

(M'SO)*3Ta305.

Cette dernière formule correspond au sel neutre d'un acide hexutantalique

(TaO)6o5(OH)8,

analogue à l'acide hexaphosphorique inconnu d'où dérive l'acide hexainétnphosphoriqne. La formule, au contraire, M'TaO3 ost celle des monotantalates. Cette formule correspond k celle des azotates et des métaphosphates. Les orthotantalates TaO(0'M)3 sont inconnus. Nous avons étudié en détail lus divers tantaïates qui sont bien connus, au mot TANTALATE.

— Recherche qualitative ht dosage du tantale. 1° Réactions au chalumeau. 1, 'oxyde tantalique, fondu avec du borax, soit dans la flamme intérieure, soit dans la flamme extérieure du chalumeau, forme un verre transparent qui toutefois peut devenir opaque, quand la quantité de tantale est trop forte, si on le soumet au chalumeau et qu on l'en retire plusieurs fois alternativement; mais qui recouvre sa transparence par l'action longtemps continuée du chalumeau sans interruption. Si la proportion d'oxyde tantalique est excessive, le verre obtenu reste toujours opaque. Avec le s"ul microcosmique, il se forme dans les deux flammes un verre incolore qui ne rougit pas par l'addition d'un sel ferreux. Avec le carbonate de soilimn, l'oxyde tantalique produit une effervescence; mais il ne fond pas et il ne se réduit pas.

2° liéactions par voie humide. Les tantaïates alcalins sont solubles dans l'eau ; l'acide chlorhydrique, ajouté en excès k ces solutions, en précipite d'abord l'acide tantalique, puis redissout ce dernier en formant une liqueur légèrement opalescente. L'acide sulfurique précipite aussi de l'acide tantalique dans la dissolution des tantaïates; mais il ne redissout pas le précipité lorsqu'on l'emploie en excès. L'anhydride carbonique dirigé k travers la dissolution aqueuse d'un tantalate alcalin en précipite Ja totalité de l'acide tantalique à l'état de bitantalate alcalin. Le chiorureetlesulfate d'ammonium précipitent également le tantale de ces solutions à l'état d'acide tantalique renfermant de petites quantités d'ammoniaque et d'alcali fixe. La présence du carbonate de potassium et de sodium empêche la formation de ce précipité k la température ordinaire; mais celui-ci se forme ou bout de quelques instants d'ébulli-

TANT

tion. Le sulfure d'ammonium ne fait naître aucun précipité. Le chlorure de calcium ou de baryum détermine, dans la solution des tantalates alcalins, un précipité de tantalate calcique ou barytique insoluble dans l'eau et dans les sels ammoniacaux. L'azotate d'argent fait naître, dans la solution des tantalates alcalins neutres, un précipité blanc, qui brunit par une petite quantité d'ammoniaque et qui se dissoutdans une plus grande quantité du même réactif. Une solution de sous-azotate mercureux donne un précipité blanc jaunâtre qui noircit lorsqu'on le chauffe. Le ferrocyanure potassique ajouté à la solution légèrement acidulée d'un tantalate alcalin y forme un précipité jaune; le ferricyanure donne, dans les mêmes conditions, un précipité blanc. L'infusion de noix de galle donne, avec la solution d'un tantalate alcalin addi-. tionnée d'acide chlorhydrique ou sulfurique, un précipité jaune tendre, soluhle dans les alcalis. Le zinc plongé dans la solution d'un tantalate alcalin acidulé par l'acide chlorhydrique ne produit aucune teinte bleue. Cette teinte ne se manifeste pas non plus ou se manifeste très:faiblement lorsque, dans cette expérience, on ajoute de l'acide sulfurique au liquide. Mais, si l'on dissout du chlorure de tantale dans l'acide sulfurique concentré et que l'on ajoute de l'eau et du zinc à cette liqueur, il se produit une couleur bleue trèsfugace, qui toutefois ne vire pas au brun avant de disparaître. La couleur bleue se manifeste encore lorsqu'on plonge du zinc dans une solution chlorhydrique de chlorure tantaiique étendue d'un peu d eau. Beaucoup d'eau empêche cette coloration de se produire.

Les caractères que nous venons de décrire suffisent pour qu'on puisse distinguer le tantale de tous les autres métaux. Pour le distinguer du niobium, auquel il ressemble beaucoup, on utilise sa réaction au chalumeau avec le sel microcosmique (sel composé d'acide phosphorique, de soude et d'ammoniaque) et les réactions àês tantalates solubles avec l'acide chlorhydrique, le sel ammoniac, le ferrocyanure et le ferricyanure de potassium et l'infusion de noix de galle. On le distingue du titane par ses réactions au chalumeau, par l'insolubilité complète de l'oxyde tantaiique calciné dans l'acide sulfurique concentré et par ce fait que l'acide tantaiique reste à l'état de combinaison sulfurique insoluble lorsqu'on traite par l'eau froide la masse obtenue par la fusion de l'oxyde de tantale avec du bisulfate de potassium, tandis que l'acide titanique, par une fusion prolongée avec du bisulfate potassique, fournit une masse entièrement soluble dans une grande quantité d'eau. De la silice, l'acide tantaiique se distingue facilement par ses réactions au chalumeau. La silice est insoluble dans le sel raicrocosinique et fond en une perle transparente lorsqu'on la chauffe sur le charbon avec une petite quantité de carbonate de sodium. La manière dont les tantalates se comportent avec le zinc, avec la teinture de noix de galle et avec l'acide fluorhydrique distingue aussi très-nettement le titane du silicium.

— Dosage et séparation. On dose le tantale à l'état d'anhydride tantaiique Ta^OB renfermant 81,98 pour 100 de métal. L'oxyde ou l'anhydride tantaiique peut être séparé des bases auxquelles on le rencontre combiné dans la nature, particulièrement la chaux, la magnésie, l'yttna, la zircone et les oxydes de fer, de manganèse et d'uranium, par une fusion avec l'hydrate ou mieux avec le sulfate acide de potassium; on opère comme nous l'avons indiqué plus haut. Quelques tantalates peuvent être décomposes par l'acide sulfurique , l'acide tantaiique se séparant alors à l'état insoluble, pendant que toutes les bases entrent en dissolution à l'état de sulfates; cette méthode convient à la décomposition-du tantalate de zirconium. Traité par l'acide sulfurique concentré, ce sel donne une masse qui abandonne du sulfate de zirconium à l'eau froide lorsqu'on la laisse digérer pendant longtemps avec ce liquide, tandis que l'oxyde de tantale reste combiné avec l'acide sulfurique dont on peut le débarrasser par des traitements réitérés à l'eau bouillante.

L'acide sulfurique permet aussi de séparer complètement le tantale des alcalis, quand le tantalate alcalin est soluble dans l'eau. Dans le cas contraire, il faut d'abord le foudre avec du carbonate ou de l'hydrate potassique. Si cependant on devait doser aussi l'alcali, il serait préférable de rendre le composé soluble en Je fondant avec du sulfate d'ammonium.

Pour séparer le tantale du titane avec lequel il se trouve souvent uni dans la nature, on fond le minéral avec du bisulfate de potassium et l'on traite la masse fondue par une grande quantité d'eau. L'acide titanique se dissout alors, surtout si l'eau est légèrement acidulée par l'acide chlorhydrique, tandis que le sulfate de titane reste à 1 état insoluble. On précipite l'acide titanique à son tour en faisant bouillir ia liqueur où il est dissous. Cette séparation n'est toutefois jamais complète. Dans quelques cas, on peut faire avantageusement usage de l'acide sulfurique.

La séparation du tantale et du niobium s'effectue au moyen du fluorure potassique. Ce sel convertit le tantale en un fluotauta-

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late de potassium, soluble dans seulement 151 à 157 parties d'eau acidulée par l'acide fluorhydrique, à la température ordinaire. Le niobium passe, au contraire, à l'état de tîuoxyniobate NbOF13,îKKl,l|20, soluble dans 12,4 à 13 parties il'eau froide. Après avoir décomposé le minéral (tantalite ou colombite) en le fondant avec trois fois son poids de sulfate acide de potassium, on détermine le poids du mélange d'oxyde tantaiique et d'oxyde niobique. On fond ensuite de nouveau les oxydes avec du bisulfate potassique et l'on traite la masse fondue par l'eau pour dissoudre le sulfate. Le résidu est ensuite dissous dans l'acide fluorhydrique et l'on ajoute à la liqueur ainsi obtenue une solution bouillante de fluorure de potassium, introduite par petites portions successives. Le liquide donne alors, à un certain degré de concentration, un dépôt de fluotantalate potassique qu'on lave à l'eau sur un filtre pesé jusqu'à ce que les eaux de lavage ne précipitent plus l'infusion de noix de galle en rouge orangé.

— Poids atomique du tantale. Les anciennes expériences qui avaient été entreprises en vue de déterminer la constitution des composés dû tantale ont donné des résultats défectueux par la raison que l'on avait opéré sur du tantale impur, renfermant du niobium. Berzélius attribuait à l'acide tantaiique la formule Ta208; Henri Rose lui attribuait la formule TaO2 et écrivait le chlorure tantaiique TaCl4. Mais les observations de M. Marignac relatives à l'isomorphisine des fluotantalates et des fluoniobates et la densité de vapeur du chlorure de tantale, s'accordent pour démontrer que le tantale est pentatomique et forme des composés de la formule générale 1VR/'5 ou TuR'5.

Marignae a déterminé le poids atomique du tantale en partant surtout de la composition des fluotantalates de potassium et d'ammonium, qui sont anhydres et inaltérables à 100°. Il a traité le sel potassique par l'acide, sulfurique pur et concentré, puis il a évaporé peu à peu l'excès de cet acide et u fini par porter la température jusqu'à 400°. Le résidu, bouilli avec de l'eau, a abandonné du bisulfate de potassium à ce liquide et a laissé de petits cristaux grenus de sulfate tantaiique insolubles. Enfin, le sel calciné à une température très-élevée s'est converti en anhydride tantaiique pur. Le sulfate acide de potassium dissous dans l'eau a été évaporé à siceité, transformé en sulfate neutre par une calcination, puis pesé. Quatre analyses parfaitement concordantes ont donné une moyenne de 46,6 parties d'acide tantaiique anhydre et de 45,4 parties de sulfate neutre de potassium, ce qui, en admettant pour l'oxyde tantaiique la formule Ta^OS, donne pour le poids atomique du tantale le nombre 182,3.

• Si l'on calcule seulement en partant du sulfate neutre de potassium comparé k celui du fluotantalate original, on trouve que le poids atomique du fluotantalate est égal à 393,8, d'où Ta égale 181,8, nombre très-voisin du précédent.

Le fluotantalate d'ammonium, pour se convertir en oxyde tantaiique, perd 36,75 pour 100 de son poids, perte correspondante au remplacement de

2AzH* + 7F1 = 169 par - O = 40,

ce qui laisse une différence de 129. On tira de ces chiffres la proportion ;

d'où m = 351 pour le poids moléculaire du fluotantalate ammonique, poids moléculaire d'où l'on déduit, pour le tantalate, le poids atomique 182. Ce dernier nombre est celui qui est adopté par M. Marignae. Il s'accorde parfaitement avec la densité de vapeur du chlorure de tantale.

TANTALE, roi de Lydie. Il était, d'aprèsles mythologues grecs, fils de Jupiter et de la nymphe Plota, et il fut le père de Pélops et de Niobé. D'après Pindare, admis à la table des dieux, il en déroba le nectar et l'ambroisie pour les faire goûter aux mortels. Pour se venger deTros, il enleva Ganymède; puis, voulant éprouver la prescience divine, il égorgea son propre fils Pélops et le servit aux dieux dans un festin. D'après Lucien, il vola un chien tjue Jupiter lui avait confié pour garder son temple dans l'île de Crète et répondit au dieu qu'il ignorait ce que le chien était devenu. Enfin, selon d'autres, il révéla les mystères du culte des dieux, dont il était grand prêtre. Jupiter le punit, après sa mort, par un supplice horrible. Précipité dans le Tartare, Tantale fut attaché par les Furies à un arbre chargé de fruits et au milieu d'un lac limpide; brûlé par une soif ardente et tourmenté par la faim, il voit sans cesse l'eau échapper h sa lèvre avide et les branches couvertes de fruits se relever'quand sa main veut les saisir. Pindare représente Tantale au-dessous d'un rocher dont la chute menace à chaque instant sa tête.

On t'ait de fréquentes allusions a ce mythe de la Fable.

« Il revient à la lucarne; il regarde;- la table supporte une éclanche flanquée de carottes et de pommes de terre. Personne dans le chenil ; mais la croisée, la maudite croi-

TANT

sée est toujours ouverte. Cet excellentissime râpas est k quatre pieds de lui, at il n'y saurait toucher; il n'en petit pas même respirer l'odeur. Mon oncle Thomas fait justement le second tome de Tantale. »

Pigault-Lebrus.

« Le sort qui attend l'aigle est de mourir de faim sur un monceau de cadavres, dans toutes les horreurs du supplice de Tantale. Un jour arrive, en effet, que la mandibule supérieure du bec de l'aigle, qui tend à se recourber de plus en plus , emprisonne la mandibule inférieure et, ne lui permettant plus de jouer, intercepte le passage des aliments solides »

Totjssenel.

« Dans notro monde chrétien, il est des êtres relégués au dernier rang de la société, comme les parias enfantés par les pieds de Brahma; des êtres qui, dès leur naissance, semblent frappés d'une sorte d'invincible fatalité ; qui sans cesse seront opprimés dans leur faiblesse, outragés dans leur innocence, contemplant, comme Tantale, les sources vivifiantes et ne pouvant y tremper leurs lèvres, y rafraîchir leur cœur, »

Xavier Marmier.

• Supposez le blé au plus bas prix où il ait jamais été ; si vous n'avez pas d'argent, ce bas prix est pour vous la cherté. Le pain est cher a un sou la livre si vous n'avez pas ce sou. En face de cette abondance; vous êtes Tantale mourant de soif au milieu des eaux. »

A. Karr.

« Qu'il soit déraisonnable de servir au public, miettes par miettes, pendant des mois et des années, un inépuisable festin; d'aiguiser la faim, d'irriter la soif pour les tromper sans cesse; d'exciter au plus haut point l'attente et la curiosité du lecteur pour y répondre par l'éternel refrain : ■ La suite au pro- » chain numéro, » la critique n'a rien à y voir; c'est l'affaire du public de s'arranger de ces procédés de lecture à la Tantale, et il s'en arrange. •

E. Vapereao.

« Les utopistes et les sectaires revendiqueront une révolution sociale qui donne à tous la satisfaction de leurs besoins et le libre essor de leurs passions, et feront retentir la redoutable clameur du prolétaire, ce Tantale des sociétés civilisées, qui étend ses mains vides sur les fruits de la civilisation. »

A. Nettement.

i Tous les matins je vais à ce bureau de poste, confluent des secrets de Paris. Ordinairement, la salle d'attente est pleine de malheureux, espèce de Tantales épistolaires qui, les yeux fixés sur la grille de bois, sollicitent une déception timbrée. Cela est triste à observer. Il doit y avoir au purgatoire un bureau de poste restante, où les âmes vont s'enquérir si leur délivrance a été signée au ciel. •

MÉRT.

«Monsieur, je plains Marie- Antoinette, archiduchesse et reine, mais je plains aussi cette pauvre femme huguenote qui, en 1685, sous Louis le Grand, monsieur, allaitant son enfant, fut liée, nue jusqu'à la ceinture, à un poteau, l'enfant tenu à distance; le sein sa gonflait de lait et le cœur d'angoisse ; le petit, affamé et pâle, voyait ce sein, agonisait et criait; et le bourreau disait a la femme, mère et nourrice : a Abjure 1 » lui donnant à choisir entre la mort de son enfant et la mort de sa conscience. Que dites-vous de ce supplice de Tantale accommodé à une mère? »

Victor Hugo.

L'artiste ne peut guère, avec son luth divin,

Réaliser assez de rentes.

Ainsi que la marmotte, il se sent mal au doigt

A force de porter ea chaîne.

Toujours il a mangé le matin ce qu'il doit

Toucher la semaine prochaine, A moins qu'il soit chasseur de dots et fait an tour,

Dieu sait quelle intrigue il étale Pour ne pas déjeuner plus Bouvent qu'à son tour

Au restaurant de feu Tantale!

Th. de Banville.

TANTALE, chef des Lusitaniens, qui vivait au u' siècle avant notre ère. Il fut élevé au souverain pouvoir après la mort de Viriathe et chargé de continuer la guerre contre les Romains. Ayant entrepris le siège de Segontia, il se vit enveloppé par l'armée de Servilius Cépion et contraint de déposer les armes avec toutes ses troupes (1*1 av. J.-C); il ne le lit néanmoins qu après avoir obtenu des Romains des terres pour ses soldats, afin qu'ils pussent subsister sans être forcés de se livrer au brigandage,

TANTALEOX, EUSE adj. (tan-ta-leu, eu-ze — rad. tantale). Chun. Se dit d'un oxyde de ' tantale ; Oxyde tantalbux.

TANT

— Enpycl. Oxyde iantaleux. V. tantale

et TANTALATE.

TANTALICO, préfixe qui, placé devant un adjectif désignant un sel, sert à indiquer une combinaison de ce sel avec un sel tantaiique : TANTALico-ammoniyue. Tantalico - calcique. TAXTAi.ico-magné!ique.TA.KTALico-potas$iQue.

TANTAi.ico-sodigw.

TANTALIDE s. m. (tan-ta-li-de — de tantale, et du gr. eidos, aspect). Ornith. Syn. da falcinelle, genre d'oiseaux, formé aux dépens des tantales.

— a. m. pi. Miner. Classe de minéraux, comprenant le tantale et ses composés.

TANTALIDE, ÉE adj. (tnn-ta-li-dé — de tantale, et du gr. eidos, aspect). Ornilh. Qui ressemble ou qui se rapporte au tantale.

— s, m, pi. Famille d'oiseaux échassiers, ayant pour, type le genre tantale, et réunio aujourd'hui aux ardéidées.

TANTALINB, ÉE adj. (tnn-fa-!i-né — rad.

tantale). Ornith. Qui ressemble ou se rapporte au tantale.

— s. f. pi. Tribu d'oiseaux échassiers, de la famille des ardéidées ou des tantalidées, ayant pour type le genre tantale.

TANTALIQUE adj. (tan-ta-li-ke — rad. tantale). Chim. Qui appartient au tantale : Chlorure TANTALIQUE. Sels TANTALIQUES. Il Adde tantaiique, Peroxyde de tantale.

— Encvcl. Acide tantaiique. V. tantale et

TANTALATE.

— Chlorure tantaiique. V, tantale et tantalate.

TANTALISER v. a. ou tr. (tan-ta-li-zé — . de Tantale, nom mythoJ.). Tourmenter par un supplice analogue k celui de Tantale; inspirer des désira, des espérances pour ne point les satisfaire : Cette femme était une énigme qui ta.ntalisait son esprit. (B. d'Aurevilly.) Les dieux ne m'accordent plus de tels jours ; ils savent me punir et me tantaliser, (Ste- Beuve.) Il est illogique et cruel de tantali- SER tes gens. (Toussenel.)

TANTALITE s. f. (tan-ta-li-te — rad. tantale). Miner. Tantalate ferreux.

— Encycl. V. tantalate,

Tnniaiion, château ruiné d'Ecosse, à S milles 1/2 du bourg de North-Berwick. C'était jadis la principale forteresse de la famille Douglas. Elle fut détruite par les covenantairesen 1699. DanslechantVde Marmion, \Valter Scott décrit ainsi le château deTant-illon: < Tantallon était un château vaste, large, massif, élevé, qui s'étendait au loin et qui passait pour imprenable. Il couronnait un rocher en saillie , dont trois côtés étaient battus par l'Océan et dont le quatrième était entouré de murs crénelés, d'un double retranchement et d'un double fossé. Pour parvenir à la cour principale, il leur fallut passer par un pont levis étroit, des ouvrages avancés très-bien fortifiés, des portes solidement ferrées et une longue galerie...»

TANTAMOU s. m. (tan-ta-mou — mot madécasse). Bot. Sorte de nénufar, qui croit à Madagascar.

TANTAN s. m. (tan-tan). Bot. Nom indien du ricin.

TAN-TAO-TSI, général et homme d'Etat chinois, mort en 436 de notre ère. On-ty, fondateur de la dynastie des Soung, ayant apprécié son mérite, le nomma ministre de la guerre, poste qu'il remplit de façon à s'attirer l'approbation universelle. A la mort de ce prince, Tan-tao-tsi fut chargé, avec trois autres ministres, de la régence pendant la minorité du jeune empereur Chao-ty. Mais bientôt les régents, ayant trouvé ce prince indigna du trône à cause de ses vices, le déposèrent lui substituèrent son frère, Ouea-ty, puis) craignant que Chao-ty ne tentât de reprendre le pouvoir, le firent assassiner. Tan-taotsi, qui n'avait pas participé à ce meurtre, conserva la confiance du nouvel empereur qui bannit les meurtriers de son frère; néanmoins, au bout de quelque temps, malgré ses importants services à l'armée et au conseil, des envieux parvinrent à le perdre dans l'esprit de l'empereur, qui le fit mettre à mort.

TANTARIIS'I (Moineddin-Achraed), poëte arabe qui vivait au xie siècle de notre ère. I! fut attaché comme professeur au collé"» Nizamia, à Bagdad, et acquit une grande réputation comme poëte. On cite comme son chef-d'eeuvre son poème en l'honneur du prince Nizam-Almoulk, mort en 1091. Dans sa Chrestomat/tie, de Sacy a publié une traduction de cette production ingénieuse, trèsvantée en Orient. On doit aussi à Tantarini une traduction en vers du Vasit, traité de jurisprudence du célèbre Gazali.

TANTE s. f. (tante. — La forme ancienne de ce mot est ante, qui est devenue tante par l'adjonction d'un t. « Il est probable, dit Chevallet, que nous devons le t initial de tante à ce que l'on entendait souvent sonner devant anfe un t final appartenant au mot précédent car cette lettre est une de celles qui terminent le plus grand nombre de mots français. L'expression fort usuelle grand ante, que l'on écrivait et que l'on prononçait grant ante, se trouve précisément dans le cas dont je viens de parler. On aura pris le t final du mot qui

TANT

précédait ante pour la première lettre de ce substantif, parce que cette consonne servait de liaison entre les deux motsgrant-ante, Nos pères ont fait pour le mot tante ce que faisait certain enfant de ma connaissance, qui, entendant ses parents lui parler continuellement d'un peli-t-oiseau, d'un peti-t- agneau, d'un peti-t-œu,f en concluait naturellement qu'on devait dire un toiseau, un tagneau, un tceuf, et ne s'exprimait jamais autrement. • Soheler donne une explication un peu différente: «L'adjonction dur, dit-il, est purement euphonique ; à l'époque où l'on ne disait plus m'ante, reculant devant la forme mon ante, — a Valenciennes on dit cependant m'nante, et Jean Lemaire des Belges a ton ante, on a dit ma-t-ante, comme on dit encore a-t-il, voilà-t-il. » L'ancien français ante vient du latin amita, tante, qui appartient à la même famille que l'ancien allemand amma, Dourrice, et le sanscrit ambâ, mère, diminutif ambikâ, d'une forme am, variante de ma, qui a servi dans le monde entier a former le nom de la mère). Sœur du père ou de la mère : Tante paternelle. Tante maternelle. Je n'ai garde de remporter d'ici mon cœur, puisqu'il n'échapperait point à la tajstk si la mère pouvait le manquer. (Le

Vous cajoliez la tante, •

Et moi je pourchassais Finette la servante.

Reohard.

Vous aurez la bonté de m'appeler madame ; Entendez-vous, Clarisse î — Oui, ma «taie, j'entends.

Vsarovcass.

Il Femme de l'oncle.

— Argot. Ami : Oh! j'y suis, il a un plan! il veut revoir sa tante qu'on doit exécuter bientôt. (Balz.) Il Giton : Le directeur, après avoir montré toute la prison, désigna du doigt tin local, en faisant un geste de dégoût. 'Je ne m^ne pas Id Votre Seigneurie , dit - il, car c'est le quartier des tantes. — Qu'estce? fit l'Anglais.— C'est le troisième sexe, milord. • (Balz.) Il Ma tante. Le montde-piété ou un prêteur sur gages : J'ai porté chez ma tante tout ce qui avait de la valeur. (Balz.) Tous les jeunes gens en âge de raison saoeut qu'aller mettre quelque chose au montde-piété, ça se dit aller chez ma tante. (E. Sue.)

— Tante à la mode de Bretagne, Cousine germaine du père ou de la mère. Se dit quelquefois pour désigner une parenté équivoque ou très-éloigûée.

— Superst. La tante Arie, Sorte de génie bienfaisant.

— Moll.Un des noms vulgaires du calmar.

— Encycl, Superst. La tante Arie. Ce nom s'est conservé en Bourgogne et en Franche- Comté. La tante Arie est une charmante fée qui descend de temps à autre de l'empyrée pour visiter les cabanes hospitalières et les bonnes maisons où il y a quelque bien à faire. Elle y dispense des présents à la jeunesse docile et studieuse. Ennemie de la paresse, elle mêle malignement la filasse qui reste encore suspendue a la quenouille d'une jeune fille lorsque le carnaval est arrivé ; car il faut savoir que la tante Arie, filant comme toutes les fées, donne l'exemple du travail en mémo temps qu'elle en dicte le précepte. C'est un être éminemment moral, qui exerce une heureuse influence sur la première éducation.

Les enfants la fêtent et ils en sont fêtés à Noôl. Une table chargée de joujoux et de mets délicats est préparée dans un appartement. Tout "à coup on entend le bruit d'une sonnette : c'est la sonnette de l'âne de la tante Arie. A ce signal, les portes s'ouvrent. La tante a déjà disparu ; mais elle a laissé de précieuses marques de sa munificence, et les joyeux croyants se précipitent dans la chambre enchantée, pour y recevoir leur part des bontés de l'invisible protectrice.

M. Désiré Monnier (Traditions populaires comparées) fait observer que, dans notre langue populaire, le nom d'Arte est prononcé Airie, ce qui le ramène à son point de départ ; car il dérive assurément d'aeria, l'Aérienne. C'était le surnom de l'épouse de Jupiter, présidant a, l'air comme lui. Ainsi, ,ious aurions fait de la reine des dieux une simple fée ; ou bien le génie tutélaire des enfants, chez les Gaulois, aurait été assimilé à Junon, que les Romains plaçaient au rang de leurs déesses mères.

Tante Aurore (ma), opéra-comique. V. MA (t. X, p. 842).

TANTET s. m. (tan-tè — dimin. de tant). Petite quantité : Un tantet de pain. Versezmoi un tantet de vin.

— Loc. adv. Un tantet, Un peu, quelque peu : // est DN tantet niais. C'est bien dommage qu'il soit trop modeste pour avoir brevet de savant dans les universités, un tantet trop petit pour être général. (Ch. Nod.) // est peu de femmes qui ne doivent, dans leurs prières, se réclamer un tantet de la Madeleine. (Guichard.)

Cette maîtresse, tin tantet bise, Prit à mes yeux ....

La Fontaine.

TANTIÈME "adj.' (tan-tiè-me — rad. tant). Qui répond a tant, qui est représenté par un nombre de tant : Soit à trouver la tantième partie des bénéfices qui revient à un associé.

— s. m. Nombre de tant sur un tout dater-

TANU

miné : Le tantième de chaque associé dans les bénéfices est proportionnel à sa mise de fonds,

TANTINET s. m. (tan-ti-né — dimin. de tantet). Très-petite quantité : Mettez un tantinet d'eau dans mon vin.

— Loc. adv. Un tantinet, Un petit peu: Vous êtes un tantinet ladre de votre naturel. (Dancourt.) Soyez un tantinet vagabond ou volçur, vous recevrez là une éducation que le plus grand nombre des enfants du peuple ne reçoivent jamais, (E. Sue.) Laisses-moi faire, cordieu! et tenez seulement un -tantinet la barre à ma place. (X. Saintine.) Oh trouve un tantinet obscur le langage métaphorique dont je m'enveloppe à dessein, (Toussenel.)

Il est, quand il s'y boute, un tantinet ivrogne ; Mais, tenez, pour le reste, il va droit en besogne.

Boursault.

TANTÔT adv. (tan-tô — de/o»f, et de tôt). Tout à l'heure, dans peu de temps : Il va revenir tantôt. Si tantôt il fait un moment de soleil, M. de Marseitle me mènera béer. («Mme de Sév.) .... Que tantôt, aux yeux du chapitre assemblé. Il soit, soua trente mains, en plein jour accablé,

Boileau.

— Presque, près de : Voilà tantôt trois mille années que le genre humain tourne autour du poème d'Homère. (J. Janin.)

Voub n'avez tantôt plus que la peau sur les os.

Racine.

Voilà tantôt mille ans que l'on ne vous a vue.

La Fontaine.

Depuis tantet six mois que la cause est pendante.

Nous voici comme aux premiers jours.

La Fontaine.

— Tout à l'heure, il y a peu de temps : Je lui ai parlé tantôt.

Ce langage à comprendre est assez difficile, Madame, et vous parliez tantôt d'un autre style.

MOLIÈRB.

— A tantôt, A revoir bientôt : A tantôt, aux Tuileries. Je ne vous dis pas adieu,, mais A. tantôt.

— Tantôt..., tantôt. Une fois.,., une antre fois : A lonze faisait tomber son bâton tantôt sur l'un et tantôt sur l'autre. (Le Sage.) Tantôt l'homme veut couper i/;i chêne avec un canif, et tantôt il lance une bombe pour briser un roseau. (J. de Maistre.) La calomnie est un serpent ailé qui tantôt rampe et tantôt vole. (E. de Gir.) Il y a des critiques qui disent tantôt blanc, tantôt not>, rien que pour contrarier. (P. Leroux.) Le génie luimême doit ses plus beaux traits tantôt à une profonde méditation et tantôt à une inspiration soudaine. (Ste-Beuve.) Le visage de dame Fortune n'est pas toujours le même ; tantôt elle sourit, tantôt elle [ait l'a moue. (Th. Gaut.)

Tantôt on les eût vus côte a, côte nager, Tantôt courir sur l'onde, et tantôt se plonger. La Fontaine.

Tantôt, les yeux en feu, c'est un lion supeibe; Tantôt, humble serpent, il se glisse sous l'herbe.

Boileau.

. , Son amour combattu

Croit tantôt Bes remords et tantôt sa vertu.

Racine.

Je puis, sous un pareil bosquet, Plaire encore à g-erite fillette, Tnnfdî cueilli comme bouquet, Tantôt croqué comme noisette.

PUILIFON de La Madelaine.

— s. m. Temps très-prochain, dans l'avenir ou dans le passé : Incessamment agité de remords intérieurs, il disait, pour tes calmer en quelque manière : tantôt, tantôt, mais ce tantôt ne venait pas. (Bourdal.)

— Sur le tantôt. Dans l'après-midi, vers le soir: J'irai le voir sur us tantôt.

TANTO01LLÉ S, m. (tan-tou-llé ; //mil.— du vieux français tantouitter, souiller). Nom donné, dans la Saintonge, à des résidus de sang de porc, dont on fait des tartines pour les enfants.

TANTOUR s. m. (tan-tour). Sorte de coiffure que portent les femmes dans les environs de Beyrouth, et qui consiste en une espèce de corne d'argent dorée, à laquelle est attaché un voile : L'une de ces femmes portait le tantour, ce qui indiquait sa condition d'épouse ou de veuve. (G. de Nerval.)

TANTSANHOOT-DINNKH, nom d'une tribu indienne de l'Amérique du Nord. V. Ché-

PÉWYANS.

TANUCCI (Bernard, marquis de), jurisconsulte et homme d'Etat italien, né à Stia (Toscane), en 1698, mort à Naples en 1783. 11 se distingua d'abord comme professeur de droit à l'université de Pise(1725) et soutint contre Grandi les prétentions des Pisans à la découverte des Pandectes. Don Carlos, sur sa haute réputation de jurisconsulte, se l'attacha lorsqu'il fit la conquête du royaume do Naples (1734) et le nomma conseiller d'Etat, surintendant général des postes et son premier ministre. Tanucci entreprit hardiment de guérir les plaies de ce malheureux pays. Il attaqua les prérogatives de la cour de Rome et les privilèges des nobles, diminua le pouvoir despotique des barons sur leurs vassaux, restreignit les taxes imposées par la chancellerie romaine, interdit au clergé les nouvelles acquisitions des biens de mainmorte, borna la juridiction des évêques, en-

TANY

leva au nonce du pape le droit qu'il s'était arrogé de prononcer des arrêts et de les ftiire exécuter dans le royaume de Naples, déploya une grande fermeté contre l'établissement de l'inquisition et fit promulguer le Codice carolino, qui, imprimé à un petit nombre d'exemplaires, est resté presque inconnu aux Napolitains. Lorsque, en 1759, don Carlos fut appelé à régner en Espagne, sous le nom de Charles III, et que Ferdinand IV, alors âgé d'environ neuf ans, lui succéda sur le trône de Naples, Tanucci devint président du conseil de régence. Pour conserver tout entier le pouvoir, il entoura le jeune roi d'hommes médiocres, et confia son éducation à un homme incapable, le prince de San- Nicandro, puis l'entoura de plaisirs afin de le détourner du soin des affaires. Pendant la minorité de ce prince, Tanucci entreprit de soustraire le royaume à toute dépendance du suint-siége. Il bannit les jésuites (1767), répondit a l'excommunication lancée par Clément XIII en faisant occuper Ponte-Corvo et Bénévent (1769), supprima plusieurs couvents, diminua le nombre des évêchés, restreignit les pouvoirs des nonces, réclama les duchés de Ronciglione et de Castro, menaça le pape de supprimer l'hommage de la haquenée blanche, établi par Charles d'Anjou, et le contraignit, pour éviter un schisme, à donner & l'évêque de Cosenza l'institution canonique. Tanucci était tout- puissant, lorsque Ferdinand IV épousa Caroline d'Autriche (1768). Cette princesse ambitieuse et emportée, qui voulait à tout prix s'occuper des affaires de l'Etat, battit aussitôt en brèche l'influence du ministre. Après avoir lutté contre l'ascendant croissant de la reine, qui avait été admise à siéger au conseil avec voix délibérative en 1774, Tanucci fut renvoyé du ministère (1776) et il rentra alors dans la vie privée. On a reproché a. Tanucci de s'être surtout attaché à trouver 4es ressources dans les douanes, dont il hérftsa le royaume aux dépens de l'industrie et de l'agriculture. Mais si son administration peut être en plusieurs points justement critiquée, on ne saurait méconnaître qu'il s'attacha à opérer des réformes utiles, a guérir des plaies profondes et à combattre l'influence cléricale, dont les effets sont si désastreux pour les peuples. Le gouvernement honteux ut tyrannique qui succéda au sien ne contribua pas peu à le faire regretter. On lui doit un certain nombre d'ouvrages relatifs a la découverte des Pandectes : Epistota in qua uonnulla refutantur ex epistola Cuidonis Grandi, de Pandectis (Lucques, 1728,, in-S°) ; IHfesa secundo dell' uso antico délie Pandette (Florence, 1729, in-4°); Epistola de Pandectis pisanis (Florence, 1731, 2 vol. in-4<>) , etc.

TANY, préfixe qui veut dire étendu, et qui est tiré du grec tannô, ieiné, j'étends.

TANYCHILE s. m. (ta-ni-ki-le — du préf. tany, et du grec cheilos, lèvre). Entom." Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des mélasomes, tribu des téuebrionites, dont l'espèce type habite l'Australie.

TANYCHLAMYS s. m. (ta-ni-kla-miss — du préf. tany, et du gr. chlamus, manteau). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pulnionés, du groupe des héliee3.

TANYGLOSSE s. m. (ta-ni-glo-se — du préf. tany, et du gr. glôssa, langue). Entom. ;syn. de pangonie, genre d'insectes diptères, de la famille des tabaniens.

TANYGNATHE s. m. (ta-ni-ghna-te — du préf. tany, et du gr. gnathos, mâchoire). Ornith. Genre d'oiseaux préhenseurs, formé aux dépens des perroquets,

— Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des brachèlytres, tribu des tachyporiniens.

TANYMÈQUE s. m. (ta-nUmè-ke — du prêt, tany, et du gr. mêkos, longueur). Entoin, Genre d'insectes coléoptères tétrainères, de la famille des charançons, tribu des brachydérides, comprenant plus de quarante espèces, répandues dans les deux continents.

TANYPE s. m. (ta-ni-pe — du préf. tany, et du gr. pous, pied). Ornith. Syn. de gral- Line.

— Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des tipulaires, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Europe.

TANYPÈZE s. m. (ta-ni-pè-ze — du préf.

tany, et du gr. peza, pied). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, dont l'espèce type habite l'Europe centrale.

TANYPROCTE s. m. (ta-ni-pro-kte — du préf. tany, et du gr. prôklos, anus). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées phyllophages, dont l'espèce type habite la Perse.

TANYPTÈRE s. m. (ta-ni-ptè-re — du préf. tany, et du gr. pteron, aile). Entom. Genre d'insectes diptères némocères, de la famille des tipulaires, voisin des tipules.

TANYRHYNCHIDE adj. (ta-ni-rain-ki-de — de tanyrhynque, et du gr. eidos, aspect). Entoin. Qui ressemble à un tanyrhynque.

— s. m. pi. Groupe de charançons, de lit tribu des érirhinides, ayant pour type le genre tanyrhynque.

TA on

TANYRHYNQUE s. m. (ta-ni-rain-ke — du préf. tany, et du gr. rhugehos, bec). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des érirhinides, comprenant une vingtaine d'espèces, qui toutes habitent l'Afrique australe.

TANYSIPTÈRE s. m. (ta-ni-zi-ptè-re —du gr. tanusos, étendu ; pteron, aile). Ornith, Genre d'oiseaux, formé aux dépens des inartins-pècheurs.

TANYSPHYRE s. m. (ta-ni-sfi-re — du préf. tany, et du gr. sphuron, malléole). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des motides, dont l'espèce type est répandue dans toute l'Europe.

TANYSTOME adj. (ta-ni-sto-me — du préf.

tany, et du gr. stoma, bouche). Entom. Qui a la bouche allongée.

— s. m. pi. Famille d'insectes diptères, caractérisée surtout par une bouche allongée en trompe : La forme du corps et les divers organes des tanystomks présentent un grand nombre de modifications. (E. Desmarest.)

— Encycl. Les tanystomes sont caractérisés par une trompe coriace, ordinairement menue, allongée ; des lèvres terminales, en général peu distinctes ; le troisième article des antennes simple; le style terminal, quelquefois nul ; deux cellules sous-marginales aux ailes (du moins dans la plupart des cas), cinq ou quatre postérieures; l'anale ordinairement grande. La forme du corps et les divers organes se modifient beaucoup dans las genres qui composent cette famille. L«s mœurs ne présentent pas moins de variété. Les uns ont des instincts carnassiers, sanguinaires même; les autres vivent au sein des fleurs. Quelques espèces se réunissent dans l'air en troupes nombreuses. Les larves sont peu connues ; les seules espèces observées ont la tête écailleuse et vivent dans la terre. Cette famille comprend les huit tribus suivantes : mydasiens, asitiques, hybotides, ernpides, vésiculeux, némestrinides, bombyliens et anthraciens.

TANZIO (Enrico-Antonio de), peintre italien, né à Allagna, près du mont Rose, en 1574, mort en 1644.11 alla étudier la peinture a Rome, puis retourna en Lombardie, où il acquit la réputation d'un des meilleurs peintres de son temps. On cite parmi ses œuvres les peintures qu'il exécuta dans l'église du SaiiH-Graudence, a Novare (notamment la Bataille de Sennachérib) ; dans le sanctuaire de Vurallo, dans les églises de la Paix et de Suint-Antoine, à Milan. Enfin, on trouve des chefs-d'œuvre de cet artiste dans les galeries de Venise, de Milan, de Naples, de Vienne.

TAO s. m. (ta-o). Raison suprême, dans la doctrine de Lao-tseu. - „ .

— Linguist. Dialecte péruvien.

— Encycl. Hist. relig. V. Chine, t. IV, p. 137.

— Linguist. Le tao est un dialecte du chiquitos, langue delà région péruvienne (Amérique méridionale). Les tribus qui le parlent sont nommées par les Espagnols : Tao, Horo, Tabiica, Tagnepica, Xuhereca, Zamanuca, Bazoroca, Punaxica, Quibicuica, Pequica, Bocca, Tubacica, Aruporeca, et une partie des Piococa. Une grande partie de ces tribus ont embrassé le christianisme, et elles sont soumises aux Espagnols.

TAO-FOO s. m. (ta-o-fou). Préparation chinoise faite avec des fécules, et qui ressemble à nos fromages.

— Encycl. Le tao-foo est certainement le plus singulier de tous les fromages, car ilji'y entre pas une goutte de lait. Voici, suivant M. Ittier, comment on l'obtient : on fait tremper dans de l'eau froide des haricots jaunes ou des pois; au bout de douze iiquitiz.j jours d'immersion, on broie ces légumes sous une meule verticale en granit; on les mélange avec de l'eau de façon à former une bouillie, quy l'on place sur une toile. Dans la liqueur, on jette une dissolution de plâtre, qui précipite le easéum. C'est ainsi qu on obtient le tao-foo frais, qui ressemble à notre fromage dit à la pie. Le tao-foo frais peut être soumis à la dessiccation par une pression lente ; on le sale alors et on l'arrose avec du vin sucré ; c'est un mets très-recherché chez les Chinois.

TAO-HOU s. m. (ta-o-ou). Sorte de tambour de basque chinois.

— Encycl. Le tao-hou est un petit tambour de basque traversé dans son diamètre par un bâton qui sert à tenir l'instrument dans la main. De chaque côté du tao-hou on a fixé deux petites courroies, au bout desquelles sont attachées deux petites bulles de peau. Il y a deux espèces de tao-hou, le grand et le petit. Le grand tao-hou est destiné à donner le signal de l'exécution. Le petit tao-hou sert à indiquer la tin d'une stance ou d'une partie quelconque de la composition en cours d'exécution, il est cependant certaines cérémonies dans lesquelles le petit taohou sert d'instrument de parade-, on placo alors le manche sous le bras gauche et l'on frappe la peau avec la main droite. Ou bien l'exécutant tient le manche avec la main droite et fait mouvoir le tao-hou de gauche à drpite et de droite à gauche, de manière

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