‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 945 sur 1059 · TATE · texte numérisé non relu

TATE

du Falémê, dans la Sénégambie. Il est habité surtout par des diavandous , caste particulière de la nation des Foullahs, analogue à celle des griots, mais mohi3 estimée que celle-ci, quoique plus redoutée. Les diavandous, en donnant à leurs louanges ou à leurs injures une forme plus grave, produisent plus d'effet. Comme les griots , ils ne s'unissent qu'à (les femmes de leur caste. Dans le Bondou, une femme griote rougirait d'être recherchée parun diavandou. A Tata-Guiemby, les diavandous sont agriculteurs et pêcheurs.

TATAJIBA b. m. (ta-ta-ji-ba). Bot. Syn. de

TATAUDA.

TATAN s. f. (ta-tan). JUot enfantin qui signifie TANTE.

TATANE-ARRIVOU ou TANANAIUVE, ville de l'île de Madagascar. V. Tanawarivb.

TATAR, ARE s. (ta-tar, a-re). V. tartark.

TATARÉ s. m. (ta-ta-ré). Ornith. Genre de passereaux, de la famille des certhidées, formé aux dépens des sittelles, et dont l'espèce type habile Olaïli. Il On dit aussi tatarkt.

TATAUBA s. m. (ta-tô-ba — mot brésilien). Bot. Arlne du Brésil, à fruit comestible : Le bois du tatauba est fort dur. (V. de Bomare.)

TATAYOUBA s. m. (ta-ta-iou-ba). Nom sous lequel les Garipous désignent le earyocar cotonneux , arbre qui croit dans la Guyane.

TATE (Nantira), poète anglais, né à Dublin en 1052, mort en 1715. Il rit ses études au collège de la Trinité, dans sa ville natale, et se rendit ensuite à Londres, où, à la mort de Shadwell en 1690, il obtint le titre de poète lauréat, qu'il conserva jusqu'à sa mort ; mais l'irrégularité de sa conduite et son intempérance ne lui permirent pas de s'enrichir, et il passa les dernières années de sa vie sans franchir l'enceinte de la Monnaie de Southwai'k, dans l'intérieur de laquelle, en vertu d'un ancien privilège aboli depuis, les créanciers n'avaient pas le droit de faire arrêter leurs débiteurs. On a de lui : Mémoires pour les savants, recueillis des auteurs êminents de l'histoire (1686, in-8») ; Caractères de la vertu et du vice, décrits en vers d'après un traité de Joseph Hait, évêque d'Exon (1691); MisceUunea sacra ou Poèmes sur des sujets de reiitjiun et de morale (1698, in-8u) ; Panacea, poème sur le thé (1700). Il avait, en outre, écrit, avec Nicolas Brudy, une traduction en vers des Psaumes (1695-1698, 2 vol. in 8°), complétée par un Supplément des hymnes de l'Eglise (1700, in-8°), ainsi qu'une dizaine environ de pièces dramatiques, tragédies, comédies et opéras. Auteur médiocre et dépourvu d'imagination, mais d'un orgueil démesuré, il demanda et obtint de compléter le liai Lear de Shakspeare , dont plusieurs passages avaient été égarés. Il modifia l'action et lu dénouaient, introduisit des scènes nouvelles et eut la naïve outrecuidance de croire qu'il avait apporté d'importantes améliorations dans l'œuvre du grand dramaturge. Ce qui n'est pas moins singulier que l'entreprise elle-même, c'est que cette rapsodie resta pendant plusieurs années au répertoire.

TÂTÉ, ÉB (ta- té) part, passé du v. Tâter. Palpe, manie doucement.

— B.-arts. Tâtonné, fait avec hésitation : Un dessin tâté.

TATE-AU-POT s. m. Homme qui se mêle des affaires de ménage, ordinairement réservées aux femmes. U PI. tâte-au-pot.

TÂTE-MINETTE s. mT Homme méticuleux, qui s'occupe de choses habituellement réservées aux femmes. Il PI. tate-minette.

TÂTE-POULE s. m. Syn. de tÂïe-mnette.

Il PL tâte-poule.

TÂTER v. a. ou tr. (lâ-té. — Ce verbe, qui correspond à l'italien tastare, provençal tastar, allemand taslen, anglais to taste, représente un type tastare, qui représente luimême le fréquentatif du latin taxare, qui a signifié toucher eu pressant. Tastare est uonc une forme contractée de tuxitare. Chevalier fait venir tâter de l'ancien allemand tatsch, main, d'où tatscheln, manier; allemand taize, patte d'un animal; mais c'est plutôt totscii qui est venu de tatscheln). Toucher avec une douce pression, palper, pour essayer, pour ju^er : Tâter du drap. Tâter du pain. TÂtez ses mains, il gèle. D'abord qu'il eut le sac en sa puissance, il se mit à le tâter. (Le Sage.)

Je taie votre habit; l'étoffe en est moelleuse.

Molière.

Tartufe, ce penseur aux lèvres de rubis, <3ue noua trouvons partout et sous tous les habits, Qui tdte des deux mains, en profond philosophe, Le désir sons les mots, la chair avec l'étoffe*

Ta. de Banvillb.

— Fig. Sonder, essayer : TÂtkr quelqu'un. Tâter te terrain. Je leur fis quelques questions pour tâter leur esprit. (Le S;ige). Tu rccewas un coup d'épée, mais il en recevra un plus fort, parce que, à sa première attaque, pour te tâter, il ne tirera pus a fond. (A. Karr.) Le duc de Bourgogne vint tâter Paris, qui n'aurait pas mieux demandé que d'être quitte du connétable. (Michelet.) Raynouurd

TATH

vint à Paris vers 178-4 ; il ne fit que tâter le terrain et n'y resta pas. (Ste-Beuve.)

— Absol. Toucher avec la main :

Monsieur, idtez plutôt :

Le soufflet sur ma joue est encore tout chaud.

Racine.

Il Tâtonner, chercher avec la main ou à l'aide d'un instrument : Tâter avec la main dans l'obscurité. Tâter avec un bâton. Il Goûter : Ce vin est -il bon? — Tâtez, monsieur, et vous verrez.

— Tâter le pavé, Marcher avec hésitation, en appuyant légèrement sur le sol : Ce cheval TÂTE LE PAVÉ.

— Tâter te pouls, Presser légèrement l'artère du poignet, pour juger, par ses battements, de l'état d une personne : Je lui pris le bras pour lui tâter le pouls, et j'aperçus ma bague à son doigt. (Le Sage.) Il Éig. Tâter te pouls à quelqu'un, Le sonder, chercher à le pressentir : Il est venu pour me tâter le pouls, mais il est reparti sans rien savoir. Le charlatan me fit tâter le pouls, me fit offrir de l'argent pour me gagner. (Gui Patin.)

— Peint. Exécuter avec hésitation, d'une manière lâche et sans vigueur,

— Art milit. Tâter l'ennemi, Le pousser, en le provoquant, à se démasquer, à faire connaître ses dispositions.

— Mar. Tâter le vent, Essayer de lofer, pour connaître au juste la force du vent et la quantité de voile qu'on peut lui donner.

— v. n. ou intr. Tâter de ou à, Goûter : Tâter d'uii mets, À un mets, TÂtez de cela; voilà qui est le meilleur du monde. (Mol.) Tâtez de ce poulet et de ces poissons. (Alex. Dum.)

Je veux tâter du vin dont nous ferons, ce soir, Une ample effusion. ; . .

Reonard.

il User, jouir de, essayer de : Après avoir tâté un peu de tout, j'ai cru que la vie de patriarche était la meilleure. (Volt.) Il faut savoir jouir et savoir se passer : j'ai tâté de l'un et de l'autre. (Volt.) Journaliste, c'est un rôle que de loin on n'estime guère, mais de près, je ne sais pourquoi, chacun veut es tâter. (Laboulaye.)

Lorsque de tout on a tdté,

Tout fait, ou du moins tout tenté,

11 est bien doux de ne rien faire.

Voltaire.

Il Essuyer, subir : Il a tâté de la misère. Faites- lui tâter du bâton.

— Tâter de la chair. Goûter aux plaisirs charnels : Force autres religieuses ont fait de tels tours, soit en mariage ou autrement, pour tâter de la chair en leur âge très-mûr. (Brantôme.)

— En tâter, Subir, être réduit à supporter : Cette perspective lui déplaît, mais il en Tâtera. Il Se battie :

Et comme on nous fit lors une paix telle quelle. Nous sûmes l'un a l'autre en secret protester Qu'a la première vue U en faudrait tâter.

Corneille.

— Loc. fam. N'en tâter que d'une dent, Obtenir peu ou rien de ce qu on désire.

Se tâter v. pr. Se toucher, se palper soimême :

Pourtant, quand je me tdte et que je rae rappelle, 11 me semble que je suis moi.

Molière.

— Se sonder, s'étudier ; examiner ses propres forces, ses propres ressources : Je veux me tâter avant dlentrepreitdre cela. Il faut Sk tâter, se manier, se sonder, pour savoir qu'on est vain. (Malebranche.) il Ou dit aussi

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