‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 964 sur 1059 · TAYA · texte numérisé non relu

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côte N.-E. de Vile de Sumatra, et dont tous les habitants se livrent à la piraterie, par 30 38' de latit. N. et 102° W de longit. E. On recueille dans les petites îles environnantes beaucoup d'opium.

TAYABAS, province de l'île de Luçon, une des Philippines, au S. de l'île de Batangas. Excepté les côtes , qui sont formées de plaines où s'est concentrée toute la population, le reste du pays est couvert de montagnes sur lesquelles s'élèvent de vastes forêts, qui offrent des bois de construction ; chef-lieu, Tayabas, k 115 kilom. S.-S.-E. de Manille; 13,000 hab.

F TAYABO, ville sur la côte orientale de l'île Célèbes et sur la baie de Gounong-Tellou, par l« 10' de latit. S. et 119° 10' de longit. E.

TAYAC, commune de laDordogne, cant. de Saint -Cyprien, arrondissement de Sarlat, traversée par le chemin de fer de Paris à Agen; 1,429 hab. De cette commune dépend le village des Eyzies, pittoresquement situé au confluent de la Beune et de la Vézère, sur !e flanc de rochers magnifiques que couronne un donjon carré. L'église paroissiale est une curieuse et bizarre construction du xieetduxiie siècle. «Toute la falaise qui ceint le village, dit M. Célestin Port, sur la riva droite de la Vézère et la rive gauche de la Beune, est creusée profondément de grottes antiques, dont une des plus remarquables, la grotte de Font-de-Gomme, a plus de 300 mètres d'étendue. Mais c'est dans l'intérieur même de l'arc formé par les rivières et sur une saillie en plate-forme de la côte crayeuse dont la crête envoûtée semble prête à s'ef-, fondrer sur le village, que se cache la caverne où, pour la première fois, des traces étranges et la rencontre inattendue d'objets d'une provenance inconnue attirèrent l'attention et motivèrent des fouilles. La grotte s'ouvre à 35 mètre3 au-dessus du niveau du cours de la Beune, à quelques centaines de mètres de son confluent dans la Vézère et près des bâtiments de la forge, aujourd'hui en chômage. Elle occupe une superficie de 13 mètres de profondeur sur 16 de largeur, dans le roc creusé en voûte à une hauteur actuellement de 6 mètres depuis le déblayement du sol. C'est là. qu'a logé et séjourné pendant plusieurs siècles peut-être une race d'hommes contemporains d'une nature si bien renouvelée, que l'âge même n'en peut être approximativement déterminé. Les traces de constructions qui apparaissent à l'extérieur sur le prolongement de la plate-forme sont d'une époque relativement récente et semblent être d'anciennes écuries disposées pour quatorze chevaux, dont on croit reconnaître les crèches ou mangeoires ; mais, a gauche et percé dans un pan de la falaise, une sorte d'anneau de pierre servait d'attache, sans doute, à quelque bac ou passerelle, pour la communication des premiers habitants avec les cavernes des platûs-foiines voisines, La découverte de silex taiilés, signalés eu 1S62 à MM. Lartet et (Jhristy, amena dans le pays ces deux savants, voues depuis plusieurs années à des études spéciales sur l'antiquité de la race humaine. Des fouilles furent entreprises simultanément à la gorge d'Enfer, a Laugerie-1-Iaute, àLaugerie-Basse et aux Eyzies. Le sol de la grotte offrit à lui seul, sur toute sa superficie, près d un mètre en hauteur de concrétions ossifères, restes de festins antiques. C'était, connue dans un plancher continu, un amalgame compacte d'os fragmentés, de cendres, de débris de charbon, d'éclats et de laines en silex et en bois de renne travaillés. Sauf un coin de la grotte, laissé k dessein intact comme spécimen, toute cette couche solide, divisée par plaques et découpée avec soin, a été dépouillée et passée au crible. Parmi les innombrables objets ainsi recueillis à pleines mains abondaient les silex taillés de toutes formes, en manière d'armes ou d'outils, des flèches aussi et des harpons en bois de renne, une espèce de sifflet et, fait unique et plus surprenant, jusqu'à des images et des représentations d'animaux, gravés sur des fragments d'une roche schistoïde assez dure avec une pointe, sans doute de silex ou de cristal de roche. Ce sont, en tout cas, bien assurément les premiers exemples connus de la gravure sur pierre, dont un dessin paraît figurer un élan. Parmi les ossements d'animaux, on a reconnu ceux du cheval, du bœuf, du bouquetin, sju chamois, du cerf, du renne surtout, des débris d'oiseaux et de poissons, un fragment de défense d'éléphant, quelques vertèbres do lièvre ou d'écureuil et par uno rencontre exceptionnelle, un méturarpien du petit doigt d'un jeune felis de très-grande taille. Eu même temps que ces recherches se poursuivaient sur place, des brèches du sol , portant témoignage de la sincérité du travail et de la libéralité intelligente des savants étaient adressées en don aux principaux musées de l'Europe et conservées dans ces collections. Le fragment reçu au British Muséum contenait, entre autres débris, une aiguille en bois de renne, et celui de Vienne" une incisive humaine. »

TAYAUl ou TAYAUT! interj. (ta-iô). Véuer. Cri qu'on pousse pour appeler les chiens et les lancer après la bête : Il y a des équipages où l'on crie tayau! lorsque Von voit le lièvre par corps. (E. Çhapus.)

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TAYE s. m. (ta-ie). Ichthyol. Nom vulgaire des poissons du genre holocentre.

TAYEF ou TAAIF, ville murée d'Arabie (Hedjaz), sur une hauteur, dans la charmante vallée de Mohram, couverte d'arbres fruitiers, qui ont fait donner à Tayef le nom de paradis de l'Arabie; à 110 kilom. S.-E. de La Mecque. Elle est défendue par plusieurs petits forts. On y remarque une grande mosquée, où l'on voit le tombeau d'Abdallah-ibn- Abar, secrétaire de Mahomet, Il s'y fait un commerce important, avec Djeddah et La Mecque , d'amandes, de raisins, etc. Cette ville est regardée par les mahométans comme presque aussi sainte que La Mecque.

TAYGÈTE s. m. (té-jè-te). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, delà tribu des pyralides.

TAYGÈTE, ancien Taygetus, montagne du Péloponèse, dans la Laconie, qu'elle parcourt du nord au midi. Elle se termine bien avant dans la mer par le cap Ténare. Le fleuve Eurotas coule au pied du mont Taygète. Ce mont est plein de cavités. Sous la rè^ne d'Archidaraiis (470 ans avant J.-C), un affreux tremblement de terre ravagea la Laconie. Le Taygèto fut ébranlé jusque dans ses fondements; un de ses sommets, se détachant, tomba sur la ville de Sparte, en renversa presque toutes les maisons et fit périr 20,000 Lacédémoniens.

TAYLEB (John-James), théologien anglais unitarien,né à Londres en 1797, mort en 1869. Son père, qui était ministre à Nottingham, commença son éducation littéraire avec un grand soin, puis l'envoya au collège d'York (1814) et au collège de Glascow (1316). Ses humanités à peine finies, il fut chargé de suppléer un de ses auciens.maltres au collège d'York, et, consacré en 1820, il fut mis comme pasteur au service d'une congrégation qui se réunissait alors à Manchester, à Mosley street. En prêtant son serment d'ordination, il ajouta une phrase qui pouvait faire présager ses futures tendances : 1 Je déclare croire, disait-il, pour autant que j'ai étudié jusqu'à présent, etc. > Cette addition parut suspecte à quelques-uns, mais n'empêcha pas le jeune homme de commencer sous les plus heureux auspices son ministère à Manchester. Il resta trente-trois ans en fonction. Pendant ce temps, il se fit remarquer par sonzèle à instruire la jeunesse dans des principes à la fois très-chrétiens et trèslibéraux. De grandes douleurs domestiques, la mort de ses enfants et de sa femme, assombrirent les années de sa maturité. Après divers voyages consacrés pour la plupart à son instruction, notamment un important voyage en Allemagne, il joignit à ses fonctions pastorales la charge de professeur et bientôt de directeur de Manchester New Collège , le grand établissement d'instruction supérieure des unitaires anglais. Ce collège, d'abord situé à Manchester, fut transféré à Londres en 1S53, et Tayler en conserva la direction jusqu'à sa mort. Pendant le quart de siècle qu'il passa à la tête de ce grand établissement, Tayler eut sur le mouvement théologique et religieux de l'unitarisme anglais la plus grande influence. Esprit calme, rassis, fortifié par l'étude, par l'expérience de la vie, par de graves et profondes douleurs, Tayler prit de bonne heure et garda tome sa vie un véritable ascendant sur tout ce qui l'entourait. Les unitaires- l'appelaient leur Sehleiermaeher. Le mot ne manque pas de justesse. Comme Schleiermacher, il était constamment préoccupé de chercher et de suivre « la vie divine dans l'humanité. • Ses divers écrits, qui se composent essentiellement de brochures ; Christian aspects of faith andduty; un volume sur le Quatrième Koangile; le remarquable morceau : A catlwlic Christian Church, ihe want 0/ ' our time (Une grande Eglise chrétienne universelle, besoin de notre temps); divers opuscules de circonstance, etc., donnent le ton et la forme de son enseignement. C'est de la meilleure éloquence mise au service d'une piété sans exagération. Tayler fut lié avec les hommes les plus inarquants de notre époque dans le inonde ecclésiastique protestant, surtout en Angleterre et en Allemagne.

TAYLEB (Frédéric), peintre anglais, né dans les environs d'Elstree, comté d'Hertford, eu 1804, 11 se lit de bonne heure connaître, dans les cercles artistiques de la capitale de l'Angleterre par ses esquisses et ses dessins d'animaux, et fut élu en 1835 membre de l'antique Society of pointers in mater colours (Société des peintres à l'aquarelle). Il acquit dès lors rapidement une brillante réputation et, depuis plus d'un quart de siècle, il occupe un rang éininent parmi les meilleurs artistes de l'Angleterre. Il avait commencé par exécuter un grand nombre de tableaux en collaboration avec George Barrett, dans les paysages duquel il peignait les figures, comme Sydney Cooper avait souvent peint celles des paysages de Lee, et Andsell celles des paysages de Creswiek. Deguis la mort de Barrett, M. Tayler a toujours travaillé seul. Le sujet de ses tnbleaux est en général emprunté aux Highlands d'Ecosse, dont il excelle à reproduire les sites, les habitants et les animaux. Il est encore un autre genre de sujets qu'il traite aussi supérieurement : ce sont des parties de chasse k courre et au faucon, dont les personnages portent des

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costumes de la lin du siècle dernier et du commencement de celui-ci. Tous ses tableaux dans ce genre ont été reproduits par la gravure et sont devenus excessivement populaires. Parmi ses toiles les plus importantes, on cite : le Garde-manger de l'Highlander ; le Pesage du cerf, gravé à la manière noire par C. Lewis; la Fête du perroquet; la Matinée du 12 août; la Famille du vicaire de W'ikefield se rendant à l'église, etc. Lors de l'Exposition universelle de 1855, M. Tayler a envoyé à Paris de remarquables aquarelles, qui lui ont valu une médaille de 2e classe : la Chasse au faucon, la Chasse au cerf, les Chevaux au vert, le Tir au lièvre de montagne, le Tir au papegai. Il a fait figurer à l'Exposition universelle de 1867 : la Chasse en Ecosse, la Grande »eneuse,le Héron abattu dans le village , Rassemblement du troupeau, etc.

TAYLOB (Rowland), théologien anglais, brûlé vif à Hadleigh, comté de Suffolk, le 8 février 1555. On a peu de détails sur les commencements de sa vie; on sait seulement qu'il était chapelain de l'archevêque Cranmer lorsqu'il fut nommé k la cure d'Hadleigh. En 1553, il fut cité à Londres devant Gardiner, évêque de Winchester, pour s'y justifior de s être opposé à la célébration de la messe dans son église d'Hadleigh. Après avoir eu avec l'évêque une longue conférence, dans laquelle il fit preuve d'une rare fermeté, il fut envoyé à la prison du Banc de la reine, ou il resta jusqu'au 22 janvier 1555. Il en fut tiré a cette époque et comparut de nouveau, avec d'autres prisonniers, devant Gardiner, qu'assistaient les évoques de Londres , de Norwieh, de Salisbury et de Durham. On lui reprocha, cette fois, de s'être marié ; mais il défendit avec tant d'éloquence le droit que les prêtres avaient de se marier, qu'on ne prononça pas contre lui une sentence de divorce ; il est vrai que, quelques jours plus tard, lui et les autres prisonniers turent condamnés à mort. Il subit son supplice avec une résignation et un courage remarquables. On voyait encore, il y a quelques années, près d'Hadleigh, une pierre portant cette inscription :

1SSS. Dr. Taylor in defending that xoas gode At t/tis yla$ left M» Mode.

« La docteur Taylor, en défendant ce qui était bien, laissa son sang à cette place. »

L'évêque Heber, dans sa Vie de l'évêque Jérémie Taytor, dit que ce dernier était un descendant de Rowland Taylor.

TAYLOR (John), poète anglais, né à Glocester en 1580, mort k Londres en 1654. Sa famille était si pauvre, que, pour vivre, il dut se mettre au service d'un batelier de Londres, d'où il reçut plus tard le surnom de Water poet (Poète d'eau). Son éducation, on le 'comprend facilement, avait été des plus négligées; néanmoins, comme il avait de l'imagination, il employa les loisirs que lui laissait sa profession à composer des vers et obtint un petit emploi k la Tour de Londres. Ayant fait quelques économies, il quitta Londres en 1641 et se rendit k Oxford, où il ouvrit une taverne qui devint le rendez-vous des étudiants. Après l'exécution de Charles Ier, Taylor, qui était royaliste, prit pour enseigne la Couronne en deuil, que, sur l'ordre de la police, il remplaça par son portrait. Taylor aimait k attirer sur lui l'attention publique. Il essaya un jour de naviguer de Londres à Roehester dans un canot de papier ; muis l'eau envahit bientôt la frêle embarcation et ce ne fut pas sans peine qu'il parvint k se sauver. En 1041, il entreprit de franchir en bateau un espace de 1,200 milles; mais il se vit obligé de faire par terre une partie do son excursion. Taylor écrivait avec facilité en vers et en prose. Il était spirituel, gai, amusant et réussissait surtout dans le genre burlesque. Ses productions, assez nombreuses, ont été réunies sous le titre de Works of John Taylor (Londres, 1630, in-fol.). On lui doit une sorte d'intermède, le Triomphe de l'honneur et de la renommée (Londres, 1634, in-4»), qui fut représenté sur le théâtre, et le récit d'une de ses excursions, intitulé : le Pèlerinage d'un pauvre diable (1618).

TAYLOR (Jérémie), théologien anglais, né à Cambridge en 1013, mort en 1667. Sou père était un pauvre barbier. Jérémie reçut une instruction gratuite dans sa ville natale, entra dans les ordres, puis se rendit à Londres, où le talent dont il fit preuve comme prédicateur attira l'attention de l'archevêque Laud. Noiiiuié répétiteur à l'université d'Oxford en 1636, il devint deux ans plus tard pasteur d'Uppingham, puis fut chapelain et prédicateur ordinaire de Charles 1er, qu'il accompagna pendant la guerre civile. A cette époque, il fut à plusieurs reprises emprisonné comme royaliste, passa dans le pays de Galles eri 1645, sous le protectorat de Cromwell, et y ouvrit pour vivre une école. En 1658, lord Conway l'emmena en Irlande et lui donna la cure de Partmore, dont les revenus pouvaient 'k peine suffire k sa subsistance. La restauration des StuartS sur le trône vint changer complètement sa position. En 1660, Charles II le nomma évêque de Down ec Coniior, puis administrateur du diocèse de Droniore, et il devint, en 1661, vice-chancelier de l'université de Dublin et membre du conseil privé d'Irlande. Il avait épousé eu secondes noces une fiUe naturelle de Char-

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les 1er. C'était un des théologiens les plus savants de l'Eglise anglicane. 11 a laissé une trentaine d'ouvrages de controverse et de théologie et un grand nombre de sermons fort remarquables par la chaleur et l'imagination, mais auxquels on a reproché une trop grande abondance de métaphores. Les Anglais l'appellent le Slialtapeare des théologiens. Parmi ses nombreux écrits, nous nous bornerons à citer : Episcopacy asserted (Oxford, 1642); An apoloyy for authorised and set forms of liturgy against the pretence of the spirit (Londres, 1644); Liberty of provhecying (Londres, 1647): Holy living and holy dying (Londres, 1651); The great exemplair of suncLity or the life of Christ (Londres, 1653, 3 vol. in-fol.); The golden grove (Londres, 1C54); Unum necessarium or the doctrine or practice of repentance (Londres, 1055, in-S0), sur le péché originel; A collection of polemical and inoral discourses ( Londres, 1657, in-fol.); À collection of offices and forms ofprayer (Londres, 1658, in-8"); Ductov dubiiantium, or rnle of conscience (Londres, 1660, in-fol.); A dissuasive frum popery (Londres, 1664), contre les jésuites, etc. Ses oeuvres ont été plusieurs fois réunies et publiées, notamment à Londres (1620-1632, 15 vol.

in-So).

TAYLOR (Brook), mathématicien anglais, né à Edinonton (Middlesex) en 1685, more en 1731. La musique, la peinture, l'étude des lois, la philosophie, la physique, la géométrie, la perspective l'occupèrent tour à tour, et il acquit une instruction aussi brillante que solide. En 1701, il fut admis au collège de Saint-John, à Cambridge, où il se lia avec les principaux disciples de Newton. Il s'adonna, à partir de ce moment, avec une grande ardeur à l'étude des hautes mathématiques et se fit connaître par de savants mémoires. Successivement bachelier es lois (1709), membre de la Société royale de Londres (1712), docteur es lois (1714), il s'occupa principalement, dans les dernières années de sa vie, de spéculations philosopbiiiues et religieuses. Son ouvrage le plus important est intitulé : Metkodus incrementorum directa et inversa (Londres, 1715-1717, in-4°). Ce traité, un des plus indigestes qui existent, est cependant remarquable a deux titres : parce qu'il forme le point de départ du calcul des différences Unies et qu'il se résume dans la fameuse formule qui porte le nom de l'auteur. Les incréments dont il y est question sont les différences finies des variables. Tuylor calcule les incréments de quelques fonctions algébriques simples, les développe eu les ordonnant par rapport aux puissances croissantes de l'incrément de» la variable et remarque que les coefficients de ces puissances sont, aux dénominateurs numériques près, 1, 1.2, 1.2.3, etc., qui ne différent pas de ceux qu'on renconire dans le binôme; il en conclut, sans autre démonstration sérieuse, la formule générale du développement d'une fonction quelconque en série, mais il ne la donne que comme résuhat d'une simple induction. La première démonstration qu'on ait eue de la série de Taylor est celle de Mac-Laurin. Le principal but, au reste, que s'était proposé Taylor était la sommation de quelques séries numériques, et il y avait adroitement réussi. Ses autres ouvrages sont : New principles of lineal perspective (1715) et un grand nombre de mémoires insérés dans les Transactions philosophiques.

Taylor était, depuis 1714, secrétaire de la Société royale de Londres. Il eut avec Jean Bernouilli et son fils Nicolas, à propos du problème des ■ trajectoires orthogonales, • un démêlé fort vif où l'avantage ne fut pas de son côté. Newton, par qui les Anglais juraient même sans examen, avait, précipitamment donné du problème une solution incomplète, que les Bernouilli attaquèrent. Taylor, se jelant au milieu du débat, osa imprimer que, si les adversaires de Newton ne voyaient pas comment la courte réponse qu'il avait donnée pouvait suffire, illorum imperitis tribuendum esset. Cette incartade fut vertement relevée. Jean Bernouilli dévoila alors sa méthode de différentiation, De curva in curvam, et Taylor fut réduit au moins à se taire s'il ne voulait pas applaudir.

TAYLOR (Jean), philologue anglais, né à Shrewsbury en 1703, mort à Londres en 1756. 11 acquit de bonne heure la réputation d'un des meilleurs hellénistes de son époque. Agrégé en 1730 au collège Saint-John, à Cambridge, il devint bibliothécaire (1732), puis greffier (1734) de l'université- de cette ville, se fit ensuite recevoir docteur eu droit, remplit les fonctions de chancelier de Lincoln en 1744 et entra quelques années après dans les ordres, sans renoncer cependant à l'étude des lois et de la philologie. Il devint successivement alors archidiacre deBuckingham , recteur de Lawford et chanoine de Suint-Paul. Sa première œuvre importante avait été une édition des Lysias oraiiones et fragmenta grtece et latine (Londres, 1739, in-4"). L'étude des orateurs athéniens le conduisit à celle de la jurisprudence athénienne, que nul, de sou temps, ne connaissait peutêtre aussi bien que lui. On a de cet érudit : Commentarius ad legem decenwiralem de itwpe debitore in partes dissecando ( Cambridge, 1742, in-4°); Marmor saudvicence, cum commenûrio (Cambridge, 1743, iu-8"), dissertation sur la célèbre inscription que lord Saud-

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wich avait apportée d'Athènes k Londres, en 1733; Eléments de loi civile (Londres 1755, in-1"); Demosthenis , JEschinis , Dinarchi et Demadis oraiiones (Cambridge, 1748-1757, 2 vol.). On lui doit encore quelques poésies insérées dans divers recueils.

TAYLOB (le chevalier Jean), médecin oculiste anglais, mort en 1767. Il étudia la médecine sous Boerhaave et se livra ensuite plus spécialement à l'étude des maladies des yeux. Sa dextérité et ses premiers succès lui acquirent un grand renom. Il parcourut toutes les parties de l'Angleterre et successivement toutes les contrées de l'Europe, obtenant des succès nombreux, et qu'il savait habilement faire multiplier par la renommée. Après trente années de voyages, il se fixa pour toujours a Paris, où il mourut. Voici la liste de ses ouvrages : Description du mécanisme du globe de Vœil (Londres, 1730, in-8°); Traité sur l'organe immédiat de la vue (Londres, 1735, in-8"); Nouveau traité sur les affections de l'œil, notaniment sur la cataracte ou glaucoma (Londres, 1736, in-S»); Recherches impartiales sur le siéye de l'organe immédiat de la vue (Londres, 1743, in-80); Description exacte de 243 affections différentes, auxquelles sont exposés l'œil et son enveloppe (Edimbourg, 1759, in-8°); Histoire des voyages et des aventures du chevalier Jean Taylor, oculiste pontifical, impérial et royal, etc., écrite par lui-même (Londres , 1762 , 3 vol. in-8°).

TAYLOR (sir Robert), sculpteur et architecte anglais, né à Londres en 1714, mort en 1788. Il fit, pour compléter ses études, le voyage d'Italie, fut chargé, à son retour à Londres , d'exécuter des bas - reliefs pour l'hôtel de ville, une statue représentant la Grande- Bretagn* pour la Banque d'Angleterre, etc., puis il abandonna la sculpture et devint architecte. Indépendamment d'un grand nombre de maisons particulières, dont les plus remarquables sont les résidences de sir Asgill, à Riehinond, et de lord Grimstone, à Gorhanbury, il a construit plusieurs édifices publics et reconstruit le vieux pont de Londres. Cet artiste, beaucoup trop vanté par ses contemporains, n'a laissé aucune oeuvre capitale. Il devint shérif de Londres, reçut le titre de baronnet (1783) et laissa une grande fortune à son fils, qui devint membre du Parlement.

TAYLOR (James), mécanicien- anglais, né à Cumnoch en 1757, mort dans la même ville en 1825. Il s'occupait depuis longtemps de l'application de la vapeur à la navigation, loisqu'en 1788 il fit marcher, conjointement avec Miller, un bateau à vapeur sur le lac Dulswinton. L'année suivante, il renouvela seul son essai de navigation sur le canal de Forth avec un bateau pourvu d'une machine plus puissante et obtint une vitesse de 7 milles a l'heure. Mais le manque d'argent et de protecteur ne lui permit pas de donner tout le développement désirable à son invention, et Kulton et Bell, plus heureux, en recueillirent tout l'honneur.

TAYLOR (Thomas), helléniste et érudit anglais, né à Londres en 1758, mort kWalworth en 1S35. Il se livra avec ardeur à l'étude des mathématiques, de la chimie, de la littérature classique, entra pour vivre comme commis dans une maison de banque et consacra ses loisirs à la lecture de Platon et d'Aristote. Les tentatives qu'il lit pour résoudre le problème d'une lampe perpétuelle commencèrent à le faire connaître. Il trouva des protecteurs qui lui procurèrent des élèves et la place de secrétaire adjoint de la Société pour l'encouragement des arts industriels. Taylor quitta alors la banque, ouvrit un cours de philosophie platonicienne et résolut de traduire en anglais les principaux philosophes grecs. Un de ses protecteurs, M. Meredith, lui fit une pension de 100 livres sterling (2,500 francs) et contribua de sa bourse à la publication dune partie des travaux de Taylor. Cet érudit poussait jusqu'au fanatisme son admiration pour les anciens, surtout pour Platon et pour Aristote, et il en était arrivé à épouser les rancunes des alexandrins contre le christianisme. C'était un infatigable travailleur, mais son érudition manque souvent de critique solide. Il était doué d'une mémoire surprenante ; il avait beaucoup lu et il mêlait à une conversation spirituelle et animée une foule d'anecdotes bien choisies. Parmi ses œuvres originales, nous citerons : Eléments d'une nouvelle méthode de raisonner en géométrie (1780); Dissertation sur les mystères d'Eleusis et de JJacchus (1788, in-8") ; les Droits de la brute (1792), parodie de l'ouvrage de Ch. Payne, intitulé les Droits de l'homme; Mélanges eu prose et en vers (1805) ; Collectunea (1806); Arithmétique théorétique (1S16, in-80), etc. Parmi ses nombreuses traductions, nous mentionnerons : Hymnes d'Orphée (Londres, 1787); Commentaires de Proclus surEuclide (1792, 2 vol. in-4°) ; Description de la Grèce, de Pausanias (n$4, 3 vol. in-40); Dissertations de Maxime de Tyr (1804, 2 vol. in-12) ; Œuvres -de Platon (Londres. 1804, S vol. in-4°) ; le duc de Norfolk, qui avait fait les frais de cette traduction, se lit remettre tous les exemplaires et les garda sous clef, da sorte qu'ils ne furent livrés au public qu'après sa mort ; les Arguments de Julien, d'après Cyrille (1809, in-S°) ; Œuvres d'Aristote (Londres, 1812, 9 vol. iu-i"), tirée» seulement a.

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cinquante exemplaires, aux frais de M. Meredith ; Œuvres choisies de Plotin (1817 ,in-8°) ; Vie de Pythagore par Jamblique (1818) ; Commentaire de Proclus sur le Timée de Platon (l 820, 2 vol. in-4°); Métamorphoses et œuvres philosophiques d Apulée (1822, in-8°) ; Œuvres choisies de Porphyre (1823, in-8°); Du suicide par Plotin (1834, hi-8°), etc.

TAYLOR (Isaac), littérateur anglais, mort en 1829. Il exerçait, au début, la profession de graveur k Londres, mais il quitta cette ville en 1786 pour se retirer k Lavenham, dans le comté de SuffoJk, où il s'occupa surtout de l'éducation de ses enfants. Homme d'une piété profonde, il prit une part active aux débats religieux de la confession à laquelle il appartenait et montra à ce sujet des talents qui lui firent offrir, en 1796, les fonctions de ministre de la congrégation indépendante de Colchester. Il quitta cette ville en 1810 pour devenir ministre de la congrégation d'Ougar. On a de lui un grand nombre de petits ouvrages et traités qui jouirent d'une grande popularité en Angleterre. — Anne Taylor, sa femme, morte en 1830, s'est fait également connaître Comme l'auteur d'ouvrages du même genre, ainsi que ses deux filles, Annk et JeakiM. Les Hymnes pour les esprits des enfants et les Poèmes originaux, que les deux sœurs écrivirent ensemble, obtinrent un succès que rencontrent rarement des publications de cette nature. La trente-cinquième édition des Hymnes parut en 1844, et depuis cette époque il en a encore été publié d'autres. Jeanne Taylor, qui était née en 1783 et mourut en i824, écrivit encore : Y Explication, conte ; Essais en vers et Contributions de Q. Q., ouvrages qui sont encore très-répandus k notre époque. Anne avait épousé le docteur Joseph Gilbert de Nottingham, qui mourut en 1852 et qui avait publié un Traité sur l'expiation et quelques autres ouvrages thêologiques.

TAYLOR (Isaac), écrivain anglais, fiis du précédent, né à Lavenham, comté d'Essex, en 1787, mort k Londres en 1861. 11 fit ses études sous la direction de so* père, qui, désirant lui faire suivre la carrière ecclésiastique, lui apprit la théologie. Mais le jeune homme abandonna bientôt ce genre d'étudo pour celle du droit, puis alla habiter la campagne, où il se mit à cultiver la littérature et la philosophie. Taylor s'occupa beaucoup des sources du christianisme, et il en arriva k reconnaître l'inanité de toutes les sectes religieuses, de toutes les communions exclusives. Ou lui doit plusieurs ouvrages qui ont fondé sa réputation. Nous citerons : Histoire naturelle de t'enthousiasme, qui parut vers 1825 sous le voile de l'anonyme et qui causa dans le monde religieux une vive sensation; le Christianisme primitif, dans lequel il prouve par des citations et de savantes déductions que les Pères de l'Eglise sont eu contradiction ou eu désaccord avec le fondateur de leur religion ; Eléments de psychologie, catéchisme philosophique à l'usage des étudiants en théologie; le Fanatisme ; la Démonstration physique d'une autre vie, dans laquelle Taylor cherche à percer les voiles de l'inconnu et expose la condition de l'homme et des êtres créés après la mort; Du despotisme religieux; Westey et le méthodisme; Loyola et les jésuites; les Soirées du samedi; l'Education domestique, etc.

TAYLOR (Williams), littérateur anglais, né k Norwich en 1763, mort en 1834. 11 était fils d'un riche négociant, qui l'envoya voyager sur le continent. Pendant un assez long séjour en Allemagne, il étudia la langue et la littérature de ce pays et, de retour en Angleterre, il se mit à écrire des articles dans les journaux, k traduire des morceaux d'auteurs allemands. Une traduction de la Ballade de Lénore par Burger obtint surtout beaucoup de succès. A l'époque de la Révolution française, il adopta avec ardeur les idées nouvelles, devint secrétaire d'un club démocratique, se lia k cette époque avec Southey et créa en 1802 Viris de Norwich, journal qui n'eut que deux ans d'existence. Taylor continua k écrire dans des journaux littéraires jusqu'à la fin de sa vie. Ses articles étaient lus avec plaisir, bien qu'on reprochât à sou style d'être affecté et ambitieux. Nous citerons de lui : la traduction de Nathan le Sage de Lessing (1806); Essai sur les synonymes anglais (1813) et Examen historique de la poésie allemande (1828-1830, 3 vol, in-â<>), ouvrage estimé.

TAVLOtl (Richard), imprimeur et littérateur anglais, né k Norwich en 1781, mort k Riehinond en 1858. Il fonda en 1803, de concert avec son père, une imprimerie et édita des ouvrages d'histoire naturelle et des ouvrages classiques. En 1807, il devint membre de la Société liunéeune et, en 1810, sous-secrétaire Ue cette société. Il exerça cette dernière fonction pendant près d'un demi-siècle. DcpU4S 1822 jusqu'à sa mort, il publia la revue intitulée Philosophical Magazine. En 183S , il fonda les Annals of natural history. Il a publie, en outre, une édition annotée des Diversions of Purleyda Kooke (Londres, 1829 et 1840), une édition de Y History of Eugtish poetry de Warton (1840), et un ouvrage original, intitulé Scientific memoirs,

TAYLOR (Zacharie), général et président des Etats-Unis, né dans le comté d'Orange (Virginie) le 24 septembre 17K4, mort à Wash-

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ington le 9 juillet 1850. Il était fils du colonel Richard Taylor, qui vint s'établir dans le Kentucky \;ers 1785. A l'âge (le vingt-quatre ans, Zacharie, qui était entré dans l'armée, obtint un brevet de lieutenant daus le 7^ régiment d'infanterie. Il se maria en 1810, et, deux ans après, lorsque la guerre eut éclaté entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, il obtint le grade de capitaine et fut désigné pour commander le fort Harrison, sur la rivière Wabash. L'énergie 'et l'intelligence avec lesquelles il défendit ce poste contre les Indiens'et les Anglais lui valurent le grade de major. En 1816, lors de la paix, il fut nommé commandant du fort Green-Bay, sur le lac Michigan. Trois ans plus tard, il était lieutenant-colonel. Il n'obtint le grade de colonel qu'en 1834 et fut envoyé contre les Peaux- Rouges, dont il devint la terreur. Nommé commandant du fort Crawford, il occupa ce poste jusqu'en 1836, époque où il alla faire la guerre dans les Florides contre les Seminoles. C'est principalement k lui que fut dû le succès de la journée d'Ockechobee (25 décembre 1837). Il fut pour ce fait d'armes nommé brigadier général et, l'année suivante, mis k la tête du corps d'année des Florides, où il resta deux années. 11 tut nommé en 1840 commandant en chef des forces du Sud- Ouest, et lorsque, en 1845, le Texas lit partie des Etats-Unis, il fut envoyé pour défendre les nouvelles frontières contre le Mexique qui voulait s'en emparer. Il massa son armée à Corps-du-Chrif-t, y resta en position jusqu'au 12 mars 1846, où il se résolut a prendre l'offensive. 11 n'avait alors que 4,000 hommes k sa disposition. Le 20 du même mois, il franchit le rio Colorado sans être inquiété, et le 29 il atteignit le rio Grande, en face de Matamoros. Le 8 mai, il eut avec les Mexicains un premier engagement dans lequel il les battit. Quelques jours après, il les battait encore à Resaco, près de La Palme. Le 2 1 septembre, il attaqua Montercy, ville fortifiée et que protégeaient en outre des force bien supérieures h celles de l'Union. Malgré la plus vive résistance, cette place fut emportée en deux jours. Le 23 février, k la tète d'un faible corps de 6,000 hommes, Taylor battit complètement, en leur faisant subir des pertes énormes, 20,000 Mexicains commandés par le préaident Sama-Anua lui-même. Cette victoire termina la guerre.

En effet, les Mexicains, regardant ce succès comme définitif, cessèrent une lutte sans espoir. Des négociations furent ouvertes et aboutirent au traité de paix dont les ratifications furent échangées au mois de février 1848. Sur ces entrefaites, le comité whig do Pensylvanie proposa Zachari« Taylor comme candidat k la présidence. Celui-ci vivait alors éloigné des affaires, tant par goût qu'à cause de son âge déjà avancé, lorsqu'il fut élu sans opposition sérieuse k la présidence des Etats-Unis (7 novembre 1848). Il entra en fonction le 4 mars suivant, mais il ne put linir ses quatre années de présidence. Il mourut avant d'avoir pu accomplir aucun acte sérieux et fut remplacé par le vice-président Milliard Fillmore.

TAYLOR (Isidore-Justiu-Séverin, baron), auteur et artiste franc ùs, né à Bruxelles en 1789. Il est le fils d'un Anglais qui se fit naturaliser Français, et sa mère descendait de l'ancienne maison irlandaise de Walwein, fixée en Flandre depuis bien des siècles. Quoique son père se trouvât sans fortune par le fait des circonstances politiques, cependant il lui litdonner unesolide instruction. M. Taylor fit ses études k Paris; adonné à l'art du dessin et élève de Suvée, il put bientôt se procurer des moyens d'existence en travaillant pour la librairie. En 1811, il commença ses voyages artistiques et visita successivement la Belgique, la Flandre française, l'Allemagne, l'Italie. Enrégimenté dans les gardes mobiles en 1813, il fut nommé sous-lieutenant, parce qu'il était le neveu du général Taylor. Sous la Restauration, il fit partie de la garde royale et fut nommé, au concours, lieutenant d'artillerie. Le métier militaire ne l'empêcha pas de cultiver les arts, qu'il a toujours aimés avec une véritable passion. En 1821, il donna au théâtre, en collaboration avec Nodier, une traduction de la célèbre pièce dramatique de Maturiu, Bertram, et l'œuvre eut 200 représentations. De cette époque datent le Délateur, Ismaxi et Marie et Amour et étourderie, pièces qui eurent peu de succès. Après plusieurs voyages, il devint aide de camp du général d'Orsay et le suivit en Espagne (1S23). M. Taylor se distingua en maintes occasions, fut mis k l'ordre du jour et se relira avec le grade de chef d'escadron. Déjà estimé comme artiste et littérateur et nommé commissaire royal près du Théâtre-Français (1824) , il se fit remarquer par une grande largeur d'idées et une impartialité bien rare au milieu des querelles littéraires, en ouvrant notre première scène à l'école romantique. M. Taylor n'était point routinier; familiarisé avec la littérature anglaise et ses hardiesses, il ne pouvait que bien accueillir des hommes tels que Victor Hugo et Alexandre Dumas. Il tic représenter Heruani et remit le Mariage de Figaro au répertoire. Pendant ses voyages, il s'était pris d'un goût très-vif pour l'archéologie. Aussi ne put-il voir sans indignation la bande noire s'emparer pour les démolir d'une foule de monuments .curieux, et il adressa aux Chambras plusieurs pctiiious pour (i.:-

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mander qu'on procédât à la restauration des monuments historiques qui menaçaient ruine. Il demanda et obtint la mission de se rendre en Egypte, pour y acheter des obélisques de Loucqsor et divers objets destinés à notre musée égyptien. Dans un premier voyage, il constata la possibilité d'acquérir des obélisques, revint en France, repartit pour l'Egypte (mars 1830) et parvint, non sans peine, à acheter les monolithes dont le gouvernement anglais voulnit faire l'acquisition. Dans cette mission, il fit preuve de beaucoup ■l'habileté et parvint, à très-peu de frais, à doter la France d'un curieux spécimen d'architecture égyptienne , qui orne la place de la Concorde, a Paris, depuis 1834. Il fut chargé ensuite par le gouvernement de se rendre en Espagne (1835) pour y acheter des tableaux, puis en Angleterre pour y recueillir le musée Standish. En 1838, M. Taylor fut investi des fonctions d'inspecteur général des beaux-arts. Dans des voyages faits avant ou depuis cette époque, il visita la Syrie, la Palestine, ia Judée, l'Asie Mineure, les côtes d'Afrique, l'Italie, la Sicile, la Suisse, la Grèce, l'Angleterre, l'Allemagn« , etc., et rapporta de ces excursions un grand nombre d'objets artistiques dont se sont enrichis nos musées et nos collections publiques. Mais quelques services que le baron Taylor ait rendus à ce point de vue, c'est surtout à ses fondations utiles et philanthropiques qu'il doit la grande et juste notoriété dont d jouit. C'est à lui que revient l'honneur d'avoir fondé, malgré les obstacles de tout genre, les sociétés de secours mutuels pour les gens de lettres et les artistes. Pour faire les premiers fonds, il organisa avec un zèle infatigable des concerts, des fêtes et des loteries. M. Taylor fonda successivement ainsi l'Association des artistes dramatiques, celle des musiciens, celle des peintres, sculpteurs, etc., celle des inventeurs industriels et celle des membres de l'enseignement. Le baron préside ces diverses sociétés, et il est président honoraire de lu Société des gens de lettres, à laquelle il prêta, dans un jour d'embarras pécuniaire, le secours de la caisse commune des sociétés qu'il avait fondées.

C'est encore lui qui, plus tard, fit voter par la Société des gens de lettres la création d'une caisse des retraites. Les diverses sociétés fondées par le baron Taylor ont rendu de grands services et sont eu pleine voie de prospérité. Pour s'en faire une idée, il suffit de rappeler qu'en. 1875 la Société des artistes dramatiques possédait £4,000 francs de rente ; celle des artistes musiciens, 52,165 francs; celle des peintres, sculpteurs, architectes, etc., 4l,so9 francs; la Société des gens de lettres, 16,'SC fiancs; celle des inventeurs-et artistes industriels, 9,000 francs; celle des auteurs et compositeurs dramatiques, 11,150 francs; enfin la Société des membres de l'enseignement, 3,805 francs, soit un capital total de 5,568,243 francs. M. Taylor a été le promoteur de la grande réunion orphéonique pour l'Exposition de 1867. Nommé commandeur de la Légion d'honneur en 1837, membre libre de l'Académie des beaux-arts en 1847, il fut appelé, en mai 1S69, à faire partie du Sénat, où il siégea jusqu'à la révolution du 4 septembre 1870. A tous égards,. il mérite le titre d'honnête homme, d homme de bien et d'excellent citoyen. Outre les pièces de théâtre dont nous avons cité plus haut les titres, on lui doit les ouvrages suivants : Voyages pittoresques et romantiques de l'ancienne France (Paris, 1820- 1803, 24 vol. grand in-fol., avec planches lithographiées). Cet ouvrage, principale publication du baron Taylor, n'est pas terminé. Il donne les légendes, les traditions, les antiquités, etc., des provinces d'Auvergne, Bourgogne, Bretagne, Champagne, Dauphjné, Franche-Comté, Languedoc, Normandie, Picardie, yuercy et Roussillon. Ce n'est pas tout ; mais le travail est considérable, comme on peut le voir, et embrasse déjà une grande partie de notre territoire. Les illustrations sont d'Isabey , Géricault, Ingres, Horace Yurnet, Fragonard , VioHet-le-Duc , Cicéri , Dauzats et de M. Taylor, qui manie également la plume et le crayon. Pour la rédaction du texte, le baron s'est adjoint Ch. Nodier et M. A. de Cailleux; Voyage pittoresque en Espagne, en Portugal et sur la côte d'Afrique, de Tanger à l'êtouan (Paris, 1826-1832, 3 vol. gr. in-8«, avec 110 pi.); la Syrie, t' Egypte, la Palestine et la Judée (Paris, 18:15-1839, 3 vol. gr. in-4<>, avec 150 pi.), avec Louis Reybaud ; Pèlerinage à Jérusalem (Paris, 1841); Voyage en Suisse, en Italie, en Grèce, en Angleterre, en Allemagne, etc. (Paris, 1843) ; les Pyrénées (Paris, 1843, in-S°). Le baron Taylor est une de ces natures vigoureuses et actives pour qui le travail est un besoin, un bonheur. On le verra s'occuper de littérature et d'art jusqu'à sou dernier jour.

TAYLOR (William-Cooke), historien irlandais, né à Youghal en 1800, mort à Dublin en 1849. Après avoir terminé ses études à l'université de Dublin, il écrivit dans des revues et se rendit, en 1828, à Londres, où il s'occupa jusqu'à sa mort de travaux littéraires;. En 1846, Taylor fut envoyé par la gouvernement anglais sur le continent européen pour étudier les systèmes d'éducation. Au moment de sa mort, il était sur le foint d'être chargé de la haute direction de instruction publique en Irlande. Ses princi-

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paux ouvrages sont : Bistorical miscellany (1829); Hislory of France and Normand!) (1830J ; Natural history of mohammedanismi ; History ç>f British indio ; Life and limes of sir Robert Peel (3 vol.); History of popery, etc.

TAYLOR (Henri), poète anglais, né dans' les premières années de ce siècle. La plus grande partie de sa vie s'est passée dans les bureaux du ministère des colonies, où il occupe l'un des cinq senior clerkships. Consacrant tousses loisirs aux travaux littéraires, il s'est fait connaître comme l'auteur de dif-, férents ouvrages estimes, parmi lesquels nous citerons : Isaac Comnène , tragédie en cinq actes et en vers (1827); Philippe d'Arteveld (1834), roman dramatique en deux parties, qui a obtenu sept éditions successives; Y Homme d'Etat (1838), ouvrage d'un genre plus grave, dans lequel l'auteur a consigné les fruits de son expérience des affaires administratives; Eduiin le Beau (1842), drame historique en cinq actes et en vers ; la Veille de la conquête et autres poèmes (1847); Notes extraites de la vie, ensix essais (1847) ; Notes extraites des livres, en quatre essais (1849); la Vierge veuve ( 1850), pièce en cinq actes, en prose et en vers, etc. Il a, en outre, publié plusieurs recueils de poésies. M. Taylor est l'un des rares écrivains anglais qui ont produit des œuvres dramatiques de quelque valeur, en restant fidèle à la forme qui a iji longtemps dominé dans la littérature anglaise.

TAYLOR (Alfred-Swaine), chimiste anglais, né vers le commencement de ce siècle. Il étudia la médecine à Londres, fut reçu en 1828 licencié de la Société des apothicaires et, deux ans plus tard, membre du collège royal des chirurgiens ; il devint dans la suite professeur de chimie et de jurisprudence médicale à l'école de médecine de 1 hôpital de Guy, à Londres. Sa réputation comme chimiste repose sur deux ouvrages, qui sont devenus classiques dans toutes les universités anglaises. Le premier a pour titre : Manuel de jurisprudence médicale, et embrasse toutes les questions qui peuvent se présenter dans les différents cas d'empoisonnement-, dans le second, intitulé : Des poisons par rapport à la jurisprudence médicale et à la médecine (1848), 1 auteur fait une étude approfondie de toutes les espèces de poison. Lors du procès, resté célèbre en Angleterre, de William Palmer, accusé d'empoisonnement sur la personne de John PursonsCook, M. Taylor fut chargé de faire l'autopsie du corps de la victime, et, bien qu'il ne pût arriver à découvrir aucune trace de strychnine dans les intestins de celle-ci, il prouva d'une façon irréfutable que les symptômes présentés par Cook n'avaient pu être produits par aucun autre agent que la strychnine, et que celle-ci avait pu détruire la vie sans rester après la mort dans le corps en quantité suffisante pour que sa présence pût être rendue évidente au moyen de réactifs. Cette déclaration du docteur Taylor donna lieu à une polémique des plus vives entre lui et les principaux chimistes de l'époque, et ce fut a cette occasion qu'il publia son ouvrage intitulé : De l'empoisonnement par la strychnine , avec des commentaires sur l'évidence médicale dans le procès de William Palmer, etc. (Londres, 1856). M. Taylor a été pendant plusieurs années l'éditeur de la Gazette médicale de Londres, à laquelle il a fourni de nombreux articles, ainsi qu'a plusieurs autres revues et recueils scientifiques. 11 est depuis 1845 membre de la Société royale et depuis 1853 membre du Collège royal des médecins.

TAYLOR (Tom), littérateur anglais, né a Suuderland, comté de Durham, en 1817. Après avoir fait de brillantes études aux universités de Glascow et de Cambridge, où il fut reçu maître es arts, il suivit la carrière de l'enseignement, alla professer la langue et la littérature anglaise à Londres, au Collège de l'université, puis se mit à étudier le droit et fut reçu avocat en 1845. Il a été secrétaire adjoint , puis secrétaire général du comité de santé. M. Tom Taylor a fait jouer à Londres plusieurs pièces écrites soit par lui seul, soit eu collaboration avec M. Charles Reade, et est devenu un des plus spirituels rédacteurs du Punch. Il s'est fait l'éditeur de la curieuse Autobiographie du peintre B.-R.

Baydon (1853, 3 vol. in-8°). On lui doit encore deux ouvrages du même genre : Mémoires autobiographiques de feu Charles-Robert Leslie (1860, 3 vol. in-8°) et la Vie et l'époque de sir Joshua Reynolds (1865, 2 vol. in-8°).

TAYLOR (Bayard), écrivain et voyageur américain, né en Pensylvanie en 1825. Il se lit remarquer de bonne heure par son goût pour la littérature, dans laquelle il débuta par un poème épique dont le sujet est emprunté aux chroniques chevaleresques de l'Espagne. Il parcourut, en 1844, l'Angleterre, la Suisse, l'Allemagne, l'Italie et la France et publia le récit de son voyage sous ce titre : Panoramas vus à pied (1846). Cette même année, il vint habiter New-York et fut un des collaborateurs actifs de la Tribune, journal démocratique, dans lequel il publia, en 1848 et 1849, une correspondance de Californie. M. Taylor, voyageur infatigable, avait déjà fait le tour de la Méditerranée en 1851 ; il partit, en 1853, sur un navire de l'expédition du cominodore Ferry,

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pour visiter l'Inde, la Chine, lo Japon et une partie de l'Océanie. De retour l'année suivante, il parcourut la Syrie, l'Arabie et la haute Egypte et pénétra dans l'Afrique centrale jusqu'au lac des Gazelles. Les récits de ces voyages, publiés pour la première fois dans la Tribune de New-York, ont été réimprimés sous ce titre : Y Eldorado (New-York, 1850); Vues et paysages d'Egypte, Tableaux de Palestine , Voyage au centre de l'Afrique (New- York, 1834) ; Y Inde, la Chine et le Japon (New-York, 1S56). En 1856, M. Taylor repartit pour l'Europe, passa à Dresde une partie de l'hiver de 1857, visita successivement la Laponie, la Norvège, la Grèce, la Crète, la Pologne et la Russie et revint en Amérique dans l'automne de 1858. Il publia à cette époque : Voyages dans le Nord (Londres et New- York, 1857); la Grèce et la Russie (1859); Chez soi et à l'étranger (1860; seconda série, 1861), et fut nommé par le président Lincoln secrétaire d'ambassade à Saint - Pétersbourg , où il résidu jusqu'en 1863. Il revint alors se fixer dans une de ses propriétés en Pensylvanie et y écrivit plusieurs romans, entre autres : Hannah T/ntrston (New-York, 1863); Aventures de John Godfrey (New- York, 1865) et YHistoire de Kennett (New-York, 1866). Dans l'ouvrage intitulé : Colorado (New-York, 1867), il a rendu compte d'une excursion exécutée pendant l'été dans les montagnes Rocheuses.

M. Taylor a, en outre, composé un grand nombre de poésies, qui ont été publiées en différents recueils, telles que : Rimes de voyages (New-York, 1849); Poèmes d'Orient (Boston, 1854); Poèmes du foyer domestique et du voyage (Boston, 1855) ; le Journal du poêle (Boston, 1862) et la Description de Saint- John (Boston,' 1866). Il est revenu en Europe depuis 1866, principalement dans le but d'y préparer une traduction anglaise du Faust de Goethe. Il s'est marié en 1857 à Gotha avec Marie Hansen, fille de l'astronome de ce nom, laquelle a traduit en allemand la plupart de ses écrits en prose.

TAYLORIE s. f. (té-lo-rl — de Taylor, savant angl.j. Bot, Genre de mousses, de la tribu des splachnées, comprenant six espèces, qui croissent dans les régions montagneuses des deux continents.

Taymonth (château de), ancienne et célèbre résidence seigneuriale de la Grande- Bretagne (Ecossej, propriété et domaine de ia maison des marquis de Breadalbane, située sur la rive droite du Tay, au fond d'une vallée étroite, dominée par des collines abruptes, à 25 milles environ de Lochearnead.

Le château de Taymouth, construit en 1580 par sir Colin Cambpell, fondateur de la maison de Breadalbane actuelle, se compose d'un vaste bâtiment carré, haut de quatre étages, flanqué de quatre tours rondes et surmonté au centre d'une cinquième tour carrée, laquelle est elle-même flanquée de tours plus petites et forme en quelque sorte une forteresse enclavée dans un château fort. Les murs, tours et tourelles de l'édifiée sont crénelés. A l'est et à l'ouest du château, des constructions plus récentes contiennent les écuries et autres bâtiments destinés aux services usuels. A l'intérieur de l'édifice, on remarque surtout le grand escalier qui s'ouvre au pied de la grosse tour carrée cen traie et donc le vaisseau est si vaste qu'il semble une église. Le péristyle, décoré d'armes de prix et de cornes d'animaux, présente de chaque coté les bustes de Biùcher et de Wellington , ces deux héros de -Waterloo, si chers au cœur de tout bon Anglais; des niches pratiquées à la hauteur du premier étage contiennent, en outre, les bustes moins importants, mais plus sympathiques, de la plupart des grands écrivains anglais. Mais la pièce la plus remarquable peut-être du château est la grande salle. Elle ne mesure pas moins de 18 mètres de longueur sur 9 mètres de largeur et le même chiffre en hauteur. Deux immenses fenêtres gothiques, à vitraux anciens, placées vis-àvis l'une de l'autre et aux extrémités de la salle, v laissent pénétrer le jour. Le plafond, de chêne sculpté et doré, se divise en quatrevingt-dix compartiments, ornés chacun d'un blason. Adossée à la muraille, à peu près au centre de la pièce, s'élève une magnifique cheminée en pierre sculptée. Désarmes, des drapeaux, des trophées divers décorent les parois des murs. Cette salle n'est pourtant qu'une création purement contemporaine; elle n'a, en effet, été construite et décorée ainsi qu'à l'occasion de la visite royale dont nous parlerons ci-après et sur les dessins et les plans de sir James Gillespee Graham. Contiguës à la grande salle se trouvent la galerie et la bibliothèque, toutes deux décorées de ehêne sculpté, ouvrage de M. Trotter, d'Edimbourg. Citons encore le salon, dont le plafond est également en chêne sculpté et que décore le célèbre tableau de Rubens : la Tête de saint Jean-Baptiste apportée à Hérodiade; enfin la salle à manger, pouvant réunir autour de sa gigantesque table cent vingt-cinq convives environ ; les salles chinoises, la chambre à coucher de la reine, etc. C'est la reine Victoria, encore vivante aujourd'hui, qui, en effet, lors de son voyage en Ecosse en 1842, s'arrêta à Taymouth-Castle. La réception que le marquis de Breadalbane lit à sa souveraine laisse bien loin en arrière les magnificences auxquelles

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on est accoutumé en France : < Les fêtes données en l'honneur de la reine, dit M. Alphonse Esqtiiros, bals, chasses, danses et revues des highlanders durèrent trois jours. A son arrivée, Sa Majesté avait été reçue avec une telle pompe qu'elle s'écria : « Que tout cela est grand I (Ziroto grand this il!) Lo soir, le parc tout entier fut illuminé ; le fort seul était entouré de plus de 40,000 verres de couleur, et de grands feux brillaient sur les sommets de toutes les montagnes voisines. •

Le domaine de Taymouth est un des plus considérables de la Grande-Bretagne; il s'étend, en effet, d'Aberfeldy, à l'e,st, jusqu'à l'océan Atlantique à l'ouest, sur une longueur d'environ 100 milles. On raconte qu'au xvia siècle, quelqu'un ayant manifesté a sir Thomas Campbell, tige des Breadalbane, un certain étonnement de ce qu'il avait fait bâtir son château à l'extrémité de son domaine d'alors, le fondateur répondit : < Il sera quelque jour au centre. > L'avenir lui a donné raison.

Le poëte Robert Burns a décrit Taymouth et son magnifique paysage environnant, visité par lui en 1787.

f TAYO s. m. (ta-io). Bot. Nom indigène de la colocasie comestible. Il On dit aussi

TARHO.

TAYOBA s. m. (ta-io-ba). Bot. V. tayove.

TAYON s, m. (té-ion). Sylvie. Nom donné, dans quelques localités, aux baliveaux de trois âges ou de trois révolutions.

TAYOTE s. m. (ta-io-te). Bot. Genre d'arbustes, rapporté avec doute à la famille des apoeynées, et dont l'espèce type croît à Manille.

TAYOVE s. m. (ta-io-ve). Bot. Un des noms du chou caraïbe.

TAYPU, pointe de l'Amérique du Sud (Brésil), à l'entrée du port de Santon, pai 240 i' u" de latit. S. et 48<> 50' 35" de longit. O.

TAZANA, lac du Puy-de-Dôme, dominé par le puy Chalard et occupant un cratère d'ex-

filosion qui marque, au N., la limite des souèvements des monts Dôme. C'est un lac circulaire de 750 mètres de diamètre et de 10 à 13 mètres de profondeur.

TAZARD s. m. (ta-zar). Ichthyol. Syn. de

TASSART.

TAXE, rivière de Sibérie (Tomsk). Elle sort des laos Kou et Din et se jette dans l'océan Glacial arctique, par les golfes de Tazovskaïa-Gauba et d'Obskala, après un cours d'environ 500 kilom. Les Ostia&s habitent sur ses bords.

TAZI, Dans la mythologie mexicaine, Mère commune, déesse de la te^re.

TAZIA s. f. (ta-zi-a). Fête des musulmans de -l'Inde, célébrée en l'honneur et en mémoire de Houssein, le martyr vénéré de ITslam. Il Représentation de la tombe de Houssein, que l'on porte dans la tazia et qui a donné son nom à cette fête.

— Encycl. La tazia est plus proprement la cérémonie importante qui termine les dix jours du mohurrim. Elle est censée représenter les funérailles et l'enterrement d'Houssein. Ce jour-là, une multitude de processions particulières sillonnent la ville, chaque procession, d'ailleurs, s'avançant dans le même ordre. Ce sont d'abord les bannières consacrées, attachées sur de longues perches et portées par des hommes hissés sur le howdah d'un éléphant. Vient ensuite une troupe de musiciens exécutant des marches funèbres sur leurs instruments,! d'après l'usage prescrit par le rit. Partout, sur le passage de ces processions, la foule se presse, bruyante et tumultueuse. A la suite des musiciens vient un homme tenant deux épées aux lames brillantes suspendues en l'air s'.:» un bâton noir, et soutenu par deux individus porteurs de longues banderoles. Puis vient le cheval sacré, suivi d'un grand nombre de serviteurs et richement harnaché; viennent ensuite des porteurs d'encens qui lancent en l'air leurs vases d'or et d'argent suspendus par des chaînes du même métal, absolument comme cela se fait dans le rit catholique. Puis s'avance le lecteur du service funèbre" et derrière lui la tombe modèle ou tazia qui donne son nom à la fête. La tazia est portée sous un dais de drap ou de velours vert brodé d'or ou d'argent. Dans les plus magnifiques processions, elle est placée sous un dais élevé sur des perches et portée par plusieurs hommes marchant sur les côtés. Viennent ensuite le modèle de la tombe de Kossim, la voiture couverte de sa femme, la fille favorite d'Houssein, les plateaux chargés des présents de noce et les autres accessoires de la procession du mariage qui suivent en ordre, et enfin les chameaux et les éléphants portant la tente et les équipages guerriers d'Housseio. quand il partit de Médine pour se rendre il Kerbala. Tels sont les insignes nécessaires pour la procession de la tazia; mais il faut encore y ajouter ce que la charité orientale réclame toujours, c'est-à-dire une suite d'éléphants, aux howdahs remplis de domestiques de confiance qui distribuent du pain et de l'argent aux pauvres. Les dames musulmanes croient que le pain distribué de cette manièro possède certaines vertus particulières quo n'a pas le pain destiné à la nourriture orcli-

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naire. Elles donnent toujours ordre à leurs domestiques de leur en procurer un morcenu, quoiqu'elles puissent en distribuer elles-mêmes ou en faire distribuer une grande quantité. Ce pain passe pour être suint, bénit et privilégié lorsqu'il est distribué à l'époque solennelle où l'on célèbre la tazia. Tout le long du chemin, à mesure que les différentes processions s'avancent a la suite les unes des autres, la foule décharge des fusils, des pistolets, des carabines et des pierriers, tout en poussant par intervalles le cri lamentable de Houssein ! Houssein 1 sur toutes les notes d'une gamme ascendante. La cérémonie ordinaire de l'enterrement est achevée lorsque la procession arrive à l'endroit indiqué, c'est-à-dire sur le terrain fac simile de la campagne de Kerbala. La tazia, ou tombe modèle, avec ses divers accessoires de plateaux de présents de noce, de fruits, de fleurs et d'encens, tout est confié à la terre et placé dans une tombe qui a été préparée à l'avance dans ce but. C'est à ce moment de la cérémonie que l'animosité longtemps comprimée entre les sheahs et les soounies éclate ordinairement, et ce simulacre d'enterrement devient souvent le prétexte de massacres et de coups mortels entre les factions rivales. C'est à Lueknow.ou plutôt encore à Delhi, cette Jérusalem des musulmans de l'Inde, que la tazia est célébrée avec le plus de pompe.

TAZILLY, village de la Nièvre, cant. de Luzy, arrond. et à 43 kilom. de Château-Chinon, à 74 kilom. de Nevers; 728 hab. Papeterie. Eglise romane du Xiie siècle ; jolis châteaux.

TAZOVSKAÏA-GOUBA, vaste golfe de l'océan Glacial arctique, formé par celui d'Obskaïii. Dans sa partie E., il a environ 400 kilom. de longueur sur 110 kilom, de largeur moyenne.

TAZZI-BIANCANI (Jacques), antiquaire italien, né a Bologne en 1720, mort en 1789. Il se livra à l'élude des langues, des sciences, de l'agronomie, puis devint garde du cabinet des antiques de l'institut de Bologne et lecteur des antiques. La plupart des Académies de l'Italie l'admirent au nombre de leurs membres. La sûreté de son érudition lui valut d'être consulté par les plus savants antiquaires de l'Europe. Outre diverses dissertations relatives à l'agriculture, un recueil de mille inscriptions bolonaises et un traité trèscomplet des patères antiques, on lui doit : De diis Fuiginatium (1761, in-4«) ; De aniiquitaiis studio (1781) ; De guibusdam animalium exuviis tapidefactis , dans les mémoires de l'institut de Bologne; Jter per montana qxtsdam ayri Bononiensis loea, dans le même recueil.

TCHA s. m. (tcha). Ornith. Dénomination commune à plusieurs oiseaux du genre ou de la famille des pies-grièches, qui habitent l'Ile de Madagascar.

— Encycl. Les tchas forment, dans le grand genre des pies-grièches, un petit groupe caractérisé surtout par la longueur relative des ailes, qui, lorsqu'elles sont pliées, atteignent l'extrémité de la queue. Le tcha-chert est de la taille du moineau ; la couleur générale de son plumage est d'un vert sombre, excepté a la gorge et sur le devant du corps , où le blanc domine; il a le bec plombé, les pieds et les ongles noirs. Le tcha-chert-bé diffère du précédent surtout par la couleur noire de son plumage; sa taille est aussi plus grande et égale presque celle du merle. Ces deux espèces habitent Madagascar. Le tcha-gra ressemble beaucoup à noire pie-grièche grise ; mais il a la tète noire et la queue plus allongée ; il vit au Sénégal. Tous ces oiseaux ont des mœurs analogues à celles des pies-grièches.

TCHABEKAN ou DJABKAN, rivière de Chine, dans la Mongolie, pays des Kalkhas. Elle prend sa source dans les monts Tarbagataï, coule au S.-0.,puis à l'O.-N.-O. etse jette dans le lac Ike-Aval-noor, après un cours d'environ 100 kilom. L'Outiassoutal est son principal affluent.

TCllABLER-SAGIlI, cap da la Turquie d'Europe, sur la nier Noire, dans le saiigiac de Silistrie, à 31 kilom. S. de Mangali, par 43° 32' 10" de latit. N. et 20° 15' de longit. E.

TCHA-CHERT s. m. (tcha-chèr — motmadécasse). Ornith. Espèce de pie-grièche de Madagascar : Le TcHA-CHKRT est de la grosseur d'un moineau franc. (V. de Bomare.)

TCHA-CHERT-BÉ s. m. (tcha-chèr-bô — mot madécasse). Ornith. Espèce de pie-giièche de Madagascar.

TCHACRAVARTY s. m. (tcha-kra-var-ti).

Nom donné à douze personnages de la mythologie indoue.

— Encycl. Les tchacravartys sont au nombre de douze ; ils forment la seconde des cinq classes des salaka-pourouchas, nom générique sous lequel on désigne les soixantetrois personnages saints révérés par les Djeiiias. Les douze tchacravartys, ou empereurs, furent contemporains des vingt-quatre tirlarous (la première classe de salaka-pourouchas), c'est-à-dire qu'ils vécurent dans la période tchatourta-ka/tla. Ils se partagèrent le gouvernement temporel du Djamboudy. Ils vinrent en droite ligne du Souarga, et vécurent sur la terre dans la noble tribu des

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kchatrias; quelques-uns furent initiés dans la caste des brahmes par la cérémonie du di/cc/ia, et finirent leur vie dans la condition de pénitent uirvahny, et, après leur mort, obtinrent le moulcty ou mokcha, c'est-à-dire la suprême félicité. D'autres retournèrent au Souarga. Mais trois d'entre eux, ayant mené une vie tout à fait criminelle sur la terre, furent condamnés aux peines du naraka (ou enfer). Les douze tchacravartys furent sou-vent en guerre les uns contre les autres; mais ils eurent surtout à lutter contre les neuf vassa-devattas, les neuf bala-vassa-devas et les neuf bala-ramas (les trois dernières classes des salaka-pourouchas), qui tous exercèrent la puissance souveraine dans diverses provinces de l'Inde.

TCHAD ou OUANGARA, lac de l'Afrique, dans la Nigritie centrale ou Soudan, entre le Bournou à l'O. et au S. et le Kanem au N. et à l'E., par 12<>30'-14° 25'de latit. N. et 15°65'-190 îo'delongit.O.j 380 kilom. sur 225, el à 252 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. Ce lac n'a pas d'écoulement apparent. Les principaux cours d'eau qui y débouchent sont le Chary au S. et le Yeou à l'O. Il renferme plusieurs îles, dont les habitants, renommés par leur férocité, portent le nom de Bidoumahs. Presque partout les rives de ce grand lac présentent, dans la saison sèche, de vasles espaces couverts d'herbages touffus et de broussailles épaisses qui servent do pâtura et d'abri à des animaux sauvages, notamment à des éléphants. Mais la saison des pluies, en couvrant les-bords du lue de marécages, en chasse ces animaux, qui cherchent un refuge dans les champs cultivés des pays voisins, où ils commettent de grands ravages. Le Tchad nourrit une grande variété île poissons. Ce lac l'ut visité pour la première fois, en 1823, par Denham et Clapperton. Suivant le rapport fait par un chef des Doggauahs au major Denhain, a le Tchad s'écoulait autrefois à l'E., dans le Bahr-el-Ghaznl, par une rivière dont le lit séihé se voit encore, couvert de pâturages, o;abrugé de grands arbres et habité par les Manembous. Sidi-Barca, saint personnage, fut tué par les Bidoumalis à la sortie de cette rivière ; dès ce moment, les eaux du Bahr-el-Ghazal commencèrent à diminuer, puis la rivière cessa de couler. ■ Selon une tradition des Arabes Chouàas, il sort du mont Tama, au S.-E. du Ouady, une rivière qui passe près de Darfour et forme le Bahrel-Abiad; cette eau est celle du lac Tchad, que des remous et des tourbillons poussent du centre du lac dans des parages souterrains. Après avoir ainsi coulé sous terre pendant plusieurs lieues, son cours étant arrêté par des rochers de granit, la rivière sort d'entre deux montagnes et continue à couler vers l'E.

« L'eau du lac Tchad, dit le docteur Barth (Tour du monde), est aussi douce que possible, et l'on a commis une erreur en disant que le lue devait avoir une issue ou bien être salé. J'affirme le contraire ; il est sans écoulement, et je ne vois pas d où ses eaux tireraient leur salaison, dans un district où le sel manque tout à fait, où l'herbe en est tellement dépourvue, que le lait des brebis et des vaches qui la puissent est insipide et malsain. Dans les cavités qui entourent le rivage, où le sol est fortement imprégné de natrun, il est certain que l'eau doit avoir un goût saumâtre; mais à l'époque de l'année où celle-ci est noyée par le débordement du lac, il est probable que son âcreté n'est plus sensible. »

TCHADANY s. m. (tcha-da-ni). Sectateur de Vichnou.

— Encycl. Les ichadanys ne se séparent pas des autres vichnouvistes sur les points fondamentaux de doctrine ; cependant ils ont leurs systèmes particuliers, leurs mystères, leurs sacrifices, quelques rites et quelques croyances propres. Les chefs des tchadanys n'aiment pas ceux des autres subdivisions de la secte et les fuient; souvent même ils sont en dispute sur des points importants ; mais lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts de la secte en général, dans les disputes qui s'élèvent entre les vichnouvistes et les sivaristes, on les voit oublier ou suspendre leurs débats et faire cause commune. Les tchadanys se reconnaissent aisément, d'abord au nahman, qui est le signe caractéristique de touie la secte, et qui se compose de trois lignes en forme de trident tracées sur le front. Us se reconnaissent aussi au bizarre costume qu'ils affectent de porter et qui se compose de toiles teintes d'un jaune très-foncé, tirant sur le rouge, d'une espèce de couverture piquée, faite de morceaux de toutes couleurs qui se porte sur l'épaule en guise de manteau, d'un turban offrant aussi trois ou quatre couleurs entremêlées, et souvent aussi d'une peau de tigre qu'ils se mettent sur les épaules et qui descend jusqu'à terre. La plupart, en outre, ont le cou entortillé d'un long chapelet de grains noirs de la grosseur d'une noix. Enfin ils portent toujours avec eux, lorsqu'ils voyagent et demandent l'aumône, une plaque rondo de bronze et un gros coquillage appelée saugou, qui leur servent 1 une et l'autre à faire du bruit pour annoncer leur approche. Demander l'aumône est un droit ou un devoir inhérent k cette secte, comme à tous les religieux. Les tchadanys ont, de plus, l'habitude de demander l'aumône avec

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audace et insolence, et bien souvent avec des menaces qu'ils ne font aucune difficulté de mettre à exécution si on ne les satisfait pas. Comme tous les vichnouvistes, ils se livrent sans retenue à leur intempérance, mangent ostensiblement de toute espèce de viande, boivent l'arak, le jus de palmier, appelé calou, et toutes les autres drogues et liqueurs enivrantes du pays. Les animaux qu'ils ont le plus en vénération sont principalement le singe, l'oiseau <le proie appelé garoudnh, et ie serpent eobra-capello. C'est particulièrement dans les provinces du sud de l'Inde qu'on les rencontre en plus grand nombre.

TCHAD1K-DAGH, c'est-à-dire montagne de la Tente, anciennement Trapesos, montagne de la Russie d'Europe (Tauride), dans la partie S. de la Crimée, près de la mer Noire, a 2flkilom. de Simphéropol,par 44» 44' 40" de latit. N. et 3 1 o 53' de longit. O.; 1 ,580,'mètrcs de hauteur. Le Tehadir-Dagh, qui sert de point de reconnaissance aux navigateurs, présente l'aspect d'une énorme masse de rochers. Du sommet, qui domine une ligne de nuages recouvrant la partie inférieure, on découvre, par un temps clair, presque toute la péninsule. C'est un des panoramas les plus grandioses que l'on puisse rêver. La base est en générai couverte de magnifiques forêts de hêtres. Les flancs en sont escarpés, surtout à l'E. et à l'O.- A l'exception de la base, la montagne est presque partout aride et composée de pierres calcaires. On trouve à chaque pas des rochers, des précipices, des grottes et, sur certains points inaccessibles aux rayons du soleil, des glaces éternelles. Les principaux cours d'eau de la Crimée descendent du Tchadir-Dagh; les uns se rendent à la mer Noire, les autres sont tributaires de la mer d'Azov.

TCHADOBETZ, rivière de Sibérie (Iénisséiskj. Elle prend sa source dans les montagnes et se jette dans l'Angara, au village <le Tchadobsko, par 60° de latit. N., après un cours d'environ 540 kilom.

TCHAGAING.ville de l'empire Birman (A vu), au pied et sur le penchant d'une colline escarpée et sur la rive droite de l'Iraouaddy, en face d'Umerapoura. Elle renferme une infinité de temples, la plupart ornés de flèches et de dômes dorés, qui offrent, de loin, un superbe coup d'œil ; mais l'intérieur ne répond pas à cet aspect imposant ; les maisons y sont bâties en bois et couvertes en tuile. Le fort, construit en pierre, Hait autrefois un des points les plus importants pour la défense de cette partie de l'empire: il est maintenant en ruine. On y fabrique une grande quantité d'idoles d'albâtre, provenant d'une carrière des environs, et dont il se fait des envois dans toute la contrée. Cette ville est, en outre, le principal entrepôtdu coton récolté dans les provinces environnantes, et d'où on le transporte à Kourang-Tong, pour de là être exporté en Chine. C'est un lieu da pèlerinage très- fréquenté, par suite du grand nombre de temples élevés dans les environs. Depuis 1760 jusqu'à la mort du roi Namdodjy- Pra (1764), cette ville fut la capitale de l'empire birman.

TCHAGATÉEN s. m. (tcha-ga-té-ain).

Linguist. Idiome turc.

— Encycl. V. TURC.

TCHAGHOURI, bourg du royaume de Hé-

rat, province de Bamiam, sur lu montagne de même nom. Château fortifié, qui sert de résidence à un kan des Hazarehs.

TCHAGRA s. m. (tcha-gra). Ornith. Syn.

de LANiitR ou lanairk, genre d'oiseaux de la famille des pies-grièches, qui vit au Sénégal.

TCHAGRA, rivière de la Russie d'Europe (Surntov). Elle prend sa source à 70 kilom. S.-S.-O. de Sunara, coule généralement à l'O.-S.-O., forme des sinuosités à l'infini et se jette dans le Volga, |rar la gauche, après un cours de 235 kilom.

TCHAÏDAM, rivière de l'Empire chinois, dans le pays des Khoukhou-noors, sur le plateau central. Elle sort du lac Toson, coule au N.-O., puis à l'O.-S.-O. et se perd dans les sabies, par 36° de latit. N., après un cours de 500 kilom.

TCHAÏKI s. m. (tcha-t-ki). Ornith. Nom du cormoran, au Kamtchatka.

TCH AKAKOTE, ville du Thibet, sur le Gunduk, dans une belle vallée. Elle renferme près de 12,000 maisons et fait un commerce assez important, surtout avec le Népaul.

TCHAKARAM s. m. (icha-ka-ramin). Disque affile dont on se servait dans l'Inde comme d'une arme de jet.

— Encycl. Le tchakaram était une arme usitée dans l'Inde à une époque très-reculée, mais qui n'est plus guère employée que dans quelques cantons. Elle consiste en une plaque de fer circulaire de 9 à 10 pouces de diamètre, dont les bords sont bien affilés ; au milieu est un trou où l'on passe un bâton avec lequel on communique un mouvement de rotation rapide au disque, qui, s'échappe et va trancher ce qu'il rencontre. Le tchakaram était l'arme favorite de Vichnou, et plusieurs de ses dévots s'en font imprimer la figure sur les épaules avec un fer rouge. On peut encore aujourd'hui se représenter parfaitement la forme et l'usage des trente-deux

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espèces d'armes anciennement en usage dans l'Inde, et dont chacune avait un nom et une forme qui lui étaient propres. En effet, des modèles de toutes ces armes se voient encore dans les mains des principales idoles ; chaque divinité est toujours munie de celle qui lui est affectée ; le tchakaram est l'arme de Vichnou, La plupart de ces armes n'ont p»3 d'analogues parmi celles qui sont communes en Europe; elles ont même disparu de l'Inde, à mesure que les Européens sont venus enseigner aux populations l'art d'exterminer plus méthodiquement, plus savamment l'espèce humaine.

TCHAKILYs. m. (tcha-ki-li). Membre d'une caste indoue.

— Encycl. Les tchakilys forment l'une des plus nombreuses et des plus abjectes castes de l'Inde. Réunie à celle des parias, elle constitue environ le quart de la population de la presqu'île. Dans toutes ou presque tontes les provinces, elle est réputée inférieure à celle même des parias. Les tchakilys sont, en effet, au-dessous de ceux-ci par leur ignorance et leur brutalité, et ils sont bien plus qu'eux encore livrés à l'intempérance. C est principalement vers-le soir que les tchakilys s'enivrent, et leurs villages retentissent bien avant G?.!is la nuit des cris et des querelles qui sont la suite de leur ivresse. Rien ne saurait les contraindre à travailler tant qu'ils ont de quoi boire; ils ne se remettent à l'ouvrage que lorsqu'il ne leur reste plus aucune ressource pour satisfaire leur passion dominante; et ils passent ainsi successivement du travail à l'ivresse, et de l'ivresse au travail. Les femmes de cette vile tribu ne se laissent surpasser par leurs maris dans aucun genre dé vices, et les égalent surtout en ivrognerie. Les parias refusent de communiquer avec les tchakilys et ne les admettent jamais k leurs repus. A quelque degré d'abjection que soient tombés ces misérables, on peut dire que l'abandon dans lequel on les a de tout temps laissés n'a pus peu contribué à les plonger dans le vice, et rien ne saurait justifier, pour un Européen, la répulsion que tous les Indous, même des plus basses castes, leur témoignent. Les tchakilys sont traités comme dos animaux immondes: les frapper même est une souillure; les tuer n'est pas un crime; leur vue suffit pour imprimer une tache dont un Indou ne peut se laver que par des purifications.

TCHAKON-TOUN, groupe d'Iles delà Chini^ dans le golfe de l'Amour, ou N.-E. de la Mandchourie. Ces lies sont au nombre de huit.

TCI1AKTARS ou TSAKHAR, tribu mongole de l'empire chinois (.Mongolie), divisée en huit bannières. Le pays qu'elle habite touche, à l'E., à la frontière des Kechikten ; à. l'O., à celle des Toumet de Koukou-Khoton ; au S., à la province de Chan-si, et au N. aux Sounit et aux Donrban-Kéouket; son étendue est de 550 kilom. Cette contrée, généralement montagneuse, est arrosée par plusieurs sources et de nombreux cours d'eau ; on y trouve beaucoup de gras pâturages. Elle portait le nom de Tsagan ou Tchagan sous la dynastie des Mings. Le fondateur de la famille des kans de ces Mongols était Siao-vang-isee, c'est-à-dire le petit roi, descendant de la dynastie de Yuan. En 153.0, Boutchi vint habiter ce pays, et sa tribu reçut alors le nom de Tchaktar, parce qu'elle était voisine de la Chine (Tchaktar signifie pays limitrophe); piua tard, ce kan se transporta avec les siens sur les frontières de Liao-loung. A la quatrième génération, Ryndan Khan inquiéta toutes les tribus mongoles. • Ce fut en 1632 que Ven-ti, empereur des Mandchous, se mit en marche contre lui : Ryndan- Khan prit la fuite et mourut. Khongarodja, son fils, se soumit. En 1675, Bourni s'ètant révolté avec ses frères, ils furent tous jugés, et on assigna à leurs sujets de nouvelles habitations dans les cantons au delà de la grande muraille, qui avoisinent les districts de Ta-Thoung el de Siuun-Houa, Les Tchaktars ayant, clans la suito, rendu des services à 1 empereur, on leur adjoignit plusieurs tribus kluilkas et éleuthes. »

TCIlALATDÉRB ou SALATDÉRÉ, rivière de la T.nquie d'Asie. Elle prend sa source au Cazdagli ; partie du mont Ida, dans l'Anutolie, elle va se jeter dans la mer de Marmara, après un cours de 69 kilom. au N. E. C'est près de cette rivière, appelée dans l'antiquité le Granique, qu'Alexandre remporta une célèbre victoire sur les Perses.

TCHALBAK, rivière de la Russie d'Europe (Caucase). Elle prend sa source à 80 kilom. N.-O. de Stavropol, se dirige à l'O. et, après un cours de 250 kilom., se jette dans la mer d'Azov.

TCHAMACHIR s. m. (tcha-ma-ohir). Costume porte à l'intérieur des habitations par

les Egyptiens.

TCHAMOKMODI, bourg de la Russie d'Asie, dans la Gourie ou Guuriel. On y voyait autrefois un monastère fortifié qui a été démantelé par les Russes. Il n'est resté au centre du fort démoli que l'antique église épiseopaledeTchainokmodi, à laquelle toute la Gourie ressortissait. Ce monument remarquable se compose de deux nefs accolées l'une contre l'autre. La plus petite, en mémo temps la

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pins ancienne, éclairée par un dôme oefogniK- était murée dans l'intérieur, en briques et, à l'extérieur, en gros cubes de porphyre grùnstein bleu. -Rongées par le temps, ces pierres donnent au bâtiment un air trrsan tique. Des figures en cuivre doré, travaillées en bosse, avec des inscriptions géorgiennes, et de nombreux petits tableaux en émail, de travail b>zantin, couvrent l'iconostase. « Celte église, dit un voyageur, était le Saint-Denis des rois de Gourie. Leurs tombeaux ne sont que des caisses ou saroo-

Ê nages en dalles rapportées. Tou3 ces tomeaux ont été ouverts et violés par les Turcs. La plus grande église, qui est la plus nouvelle, est construite en pierre de taille à l'intérieur et a l'extérieur. Le pavé, plus riche, est formé d'un assemblage grossier de inarbre blaue rubané de bleu, dans le genre de celui des anciennes églises grecques de la Crimée. Les ornements abondent sur la porte. Les peintures de l'intérieur sont grossières, »

TCHAMOULARI, montagne d'Asie, un des points culminants de l'Himalaya, sur les frontières du Boutan. Quelques géographes lui supposent une hauteur rie 8,5S0 mètres. Si ce chiffre était exact, le Tchamoulari ser rait la montagne la plus élevée du globe.

TCIIÀMOUKDÂ, nom de la déesse Dourgâ, femme du dieu Siva, dans la mythologie indoue, ou plutôt une émanation de cette déesse, sortie de son front pour aller combattre les Asouras Tchanda et Mounda, envoyés pour l'arrêter par leursouverain Soumbha. Voici ce que la anthologie indoue dit de cette aventure : • Du front d'Ambikà (nom de Dourgâ), que la colère contracte et couvre de rides, s'élança rapidement iu\e déesse noire et d'un formidable aspect, urinée d'une lourde massue, d'un cimeterre de nœuds menaçants et purée d'une guirlande de ci ânes, couverte d'une peau d'éléphant sèche et flétrie, ia bouche béante, la langue pendante, les yeux rouges de sang et remplissant l'air de ses cris. ■ Après avoir tué les Asouras, elle porta leur tête à la déesse sa mère, qui lui dit qu'ayant donné la mort à Tchanda et à Mounda, elle serait désonnais connue sur la terre sous le nom de Tchâmoundâ. Kilo est aussi nommée Kàli, à cause de sa couleur noire, et Karàla ou Kalàrabadanâ, à cause de son apparence hideuse. On la représente avec deux têtes dans ses mains et assise sur des cadavres.

TCIIAMOl'RDGIAN ou TCHAMOURJI - OGH LOI! (Juin), surnommé Dndvêii (honorable), écrivain et érudit arménien, né à Brousse (Turquie) vers 1797. Il était depuis longtemps professeur à Adapazar, en Arménie, lursque le patriarche l'appela, en 1830, a Constaiiiinople, et lui donna une chaire d'arménien à Kcutari. Quelque temps après, il fut attaché comme traducteur au séraskiérat, d'où il passa, en 1S37, comme professeur à la haute école arménienne de Senta ri, laquelle fut fermée en 1842. Après 1848, cette école ayant été rétablie, Tehamourdgian en reçut la direction; mais les tendances catholiques qu'il manifesta provoquèrent des troubles à la suite desquels l'école fut encore une fois supprimée (1852). A partir de ce moment, il vécut dans la retraite. En 1846, il avait fondé, ,à Constantinople, le Haïasdan, la première revue arménienne publiée dans cette ville. Elle cessa de paraître en 1852 ; mais, deux ans plus tard, Tchamourdgian la remplaça par le Zohal, revue théologique paraissant deux fois par mois. Cet érudit jouit d'une grande réputation eu Orient. Indépendamment de traductions de la Logique de Condillac, des Pensées de Pascal, de Y Essai sur l'indifférence do Lamennais, des Principes de la politesse de Gioja, etc., on lui doit de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous citerons: Grammaire arménienne ; Abrégé d'histoire ancienne; Jtéftiiation du protestantisme ; le Chemin du bonheur; Histoire de l'Eglise, etc.

TCHAMTCHIAN (Michel), historien arménien, né à Ccnslantinople en 1738, mort en ls23. A vingt-trois ans, il entra dans les ordres, se lit admettre dans la congrégation des înéchitaristes de Venise et fut chargé de l'enseignement de l'arménien littéral. S étant séparé de sa congrégation à la suite de démêlés, il retourna a Oonstantinople (1798), où il passa le reste de sa vie. Indépendamment de divers livres et opuscules sur la théologie et autres matières ecclésiastiques, on lui doit : Grammaire arménienne (Venise, 1779, in-4°), dépourvue d'ordre et de méthode; Histoire d'Arménie (Venise, 1784-1786, 3 vol. in-4"), écrite en arménien, dans un style simple et correct et dépourvue souvent de critique ; Commentaire sur les Psaumes (10 vol. in-8°).

TCHANAK-KALESS1, ville de la Turqub d'Asie, que les Européens appellent Dardanelles, à 35 kilom. S.-O. de Gallipoli, sur les Dardanelles; 4.0U0 hab., dont ungrand nombre de juifs. Fabriques de toiles à voiles, d'étotfes de soie et de coton, et de poterie ; commerce de laine, de coton filé, d'huile et de lin. Les minarets, les maisons rouges, jaunes, vertes et brunes, les habitations des divers consuls pavoisées de drapeaux, donnent à cette ville un aspect particulier.

TCHÂNAKYA, nom patronymique du fameux brahmane Vicimougouptu. Outragé par les princes de la dynastie nanda ou mahâi-admn, qui l'avaient chassé avec violence de

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la salle du festin, ce brahmane vindicatif conçut le projet de les renverser, et d'élever sur le trône le jeune Tchandragoupta, lils. ou petit-fils de Nourâ, épouse soûdra du roi Mahànandi. Déliant sa chevelure, il jura rie ne la renouer que lorsqu'il aurait été vengé. Il alla soulever contre eux un prince voisin, en lui promettant la moitié de sa conquête, et les entoura de pièges domestiques où ils périrent. En vain son protégé Toiiandragoupta fut attaqué, toutes les tentatives furent, par la prudence de Tehânakya, ou déjouées ou tournées même en safaveur. Ainsi, une conspiration, tramée contre son pupille, le délivra du prince étranger avec lequel il aurait partagé le royaume. La destruction d'une race royale composée de neuf princes et l'établissement d'une dynastie nouvelle dans la personne de Tchandragoupta, en qui l'on croit reconnaître le Sandracottus des auteurs classiques, tel fut l'ouvrage du brahmane irrité. Cet événement avait lieu 300 ans avant notre ère. Tehânakya éprouva cependant des remords et se retira sur les bords de la mer, près de Narmada, pour s'y purifier par la pénitence. Il voulut savoir si ses péchés étaient effacés, et fit ce qu'on appelle l'épreuve du bateau. S'embarquant ^ur une petite barque aux voiles blanches, il devait voir que ses fautes étaient expiées si ces voiles devenaient noires: c'est ce qui arriva en effet. Alors, quittant la barque, il la laissa aller seule à la mer, avec ses péchés. D'autres disent qu'il se purifia par le carchdgni, qui consiste à se couvrir tout le corps de bouse de vache et à y mettre le feu.

TCHANAHGAR , ville de l'Indoustan anglais (Calcutta), au confluent du Gange et d'une petite rivière, a. 32 kilom. S. de Bénarès ; 15,000 hab. Forteresse importante.

TCHANDALA, s. m. (tehan-da-la). Nom qui s'applique spécialement, dans l'Inde, au soudra né d'un père soudra et d'une femme brahmane. En général, le mot tcliundala désigne un homme impur, un excommunié, un paria. Il est une classe de souriras, nés d'un kchatriya et d'une soudra, et qu'on nomme tmijra. Le fils d'un kchatriya et d'une ougra est assimilé aux tchandalas. 11 leur est ordonné de vivre hors de la ville, de prendre leur nourriture dans des vases brisés, île porter les habits des morts, de n'avoir d'autre propriété que des ânes et des chiens. Us sont exclus de tout rapport avec les autres classes. Us ne peuvent être employés que comme exécuteurs publics, ou emportent les cadavres de ceux qui ineurent sans parents.

TCIIANDE1R1 ou TCHANDARI, ville de l'Indoustan (Syndhyah), dans la Malwah, à 100 kilom. N.-E. de Seroudje, sur la rive droite de la Betwa ; 70,000 hab. Nombreuses fabriques de toiles de coton.

TCIIANDERKOUNAII, ville de l'Indoustan anglais, présidence et à 110 kilom. O. de Calcutta ; 18,000 hab. Fabriques de soie et de coton.

TCIIANDERLI ou SANDARLI, anciennement Pytane, bourg de la Turquie d'Asie (eyalet d'Aïdin), sur le golfe de son nom (ancien golfe de Smyrne), à 65 kilom. N.-O.

de Smyrne.

TCHANDERi\'AGORE,villedel'Inde.V.CHAN-

DliRNÀOOR.

TCHANDRAGO.UPTA, en latin SundrncoM.i»,

roi indien, qui vivait à la fin du ive siècle avant notre ère. D'après les traditions indoues, il était fils de Nanda, roi puissant, mais avare et cruel. Ce prince s'étant attiré la haine des brahmanes, ceux-ci excitèrent Tchandragoupta à se révolter contre son père. Il s'ensuivit une guerre où périrent Nanda et huit fils qu'il avait eus d'une première femme. Dans cette guerre, Tchandragoupta avait eu pour allié un prince à qui il avait promis de lui céder des provinces pour agrandir ses Etats. Mais, après avoir triomphé de son père, il refusa de tenir ses promesses et fit mettre à mort son ancien allié. Le lils de ce dernier, Malayecaton, rér solut de venger sa mort et envahit, avec un corps de troupes grecques pour auxiliaires, le royaume de Tchandragoupta, mais il fut complètement battu. Tchandragoupta mourut uprès vingt-quatre ans de vegne et laissa le trône à son fils Varisara. Wilson a publié dans les Select spécimens la traduction d'un dratne indou intitulé : Mudra Makshasa, dont le sujet est tiré de l'histoire de Tchandragoupta. Ce roi est évidemment le même que Sandracottus ou Sandracouptos, dont il est question dans les écrivains grecs et, qui régnait, de 312 à 288 av. J.-C, au bord du Gange. Il était fils ou, selon d'autres, officier de Xandrames, qui régnait sur les Gangarides du temps d'Alexandre. Sandracottus fut envoyé en ambassade près du conquérant macédonien, qui était arrivé jusqu'à l'Hyphase ; mais il l'offensa par la hardiesse de son langage, et dut chercher son salut dans la fuite, feu après, il détrôna Xandraines et profita de la mort d'Alexandre pour enlever aux Grecs une partie du nord de l'Inde. Seleueus Nicutor essaya vainement de le renverser, et finit par le reconnaître roi des contrées situées entre le Paropaniisus et la rive droite de l'Indus, en échange de 500 éléphants. Sandracottus avait établi sa cour à Palibothra, où l'historien grec Mégasthèue passa plusieurs années.

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TCITANG, lac de Sibérie, dans le gotivernmnent de T.unsk, ptvs et au S. du lac Soumy, avec lequel il communique. Sa plus grande longueur, du N.-E. au S.-O., est de 130 kilom. Ce lac nourrit une grande variété de poissons.

TCHANG-KIA-KEOU ou KALGAN, ville de Chine, un des postes fortifiés de la grande muraille. On estime le chiffre de sa population a 200,000 âmes environ, sans compter les nombreux étrangers que le commerce y attire. Située au fond d'une vallée qui va rejoindre celle de> Suan-hoa-fou, au pied des montagnes qui l'entourent de tous côtés, cette ville est arrosée par une petite rivière, affluent du Wen-ho, et ceinte d'une grande muraille crénelée assez bien entretenue. Elle est entourée de faubourgs populeux et bâtie d'une façon très-irrégulière.- a C'est, dit Mme de Bourboulon, dans un ouvrage édité par M. Poussielgue, une agglomération de maisons laides et mal distribuées; on y remarque peu de monuments et un très-petit nombre de jardins et de grands arbres-, mais c'est le centre d'un grand commerce, parce qu'elle est a-isise à l'embranchement des routes de Sibérie, du Kan-sou et du Thian-Chaii-Nnn-Lou.

» Les Mongols et les Mandchous, qui alimentent l'importation et l'exportation, y apportent des pelleteries, des champignons, du sel, du ginseng, des draps et autres marchandises russes; ils y amènent aussi d'immenses trpupeaux de bœufs et de moutons. Ils emportent, en échange, du thé en briques, du tabac, des cotonnades, des selles et des harnais, des farines d'orge et de millet et des ustensiles de cuisine. Les marchands chinois, qui connaissent la passion des nomades pour tout ce qui est supposé venir de Pékin, ont bien soin de faire peindre en grusses lettres sur leurs ballots : Marchandises de Pékin. 11 en est de cela comme des modes de Paris; les dames mongoles ne seraient pas satisfaites des cadeaux que leurs maris leurs rapportent de leurs longs voyages, si elles ne les croyaient pas fabriqués dans la capitale de l'empire.

»Tchang-kia-keou n'est pas aussi bien bâtie que les villes impériales : c'est un vrai centre de commerce où abondent les bazars et les étalages en plein vent ; les rues y sont étroites, sales, boueuses et très-puantes ; l'encombrement causé par la foule y est extrême. Pendant que les piétons marchent le long des maisons et à la file les mis des autres sur quelques dalles de pierre exhaussées, les chaussées sont encombrées de chariots, de chameaux.de mulets et de chevaux; quelquefois une voiture verse, et il en résulte un désordre excessif : les animaux se débattent dans la boue au milieu des ballots renversés, et les filous accourent en foule pour augmenter la confusion dont ils profilent. J'y ai été frappé de l'extrême variété de cosKumes et de types, résultant de la présence des nombreux marchands étrangers, qui s'y donnent rendez-vous, et qui appartiennent aux diverses races de l'extrême Orient. On y voit, comme dans tontes les villes chinoises, des industries et des industriels de toutes sortes : des porte faix chargés de thé en briques, enveloppé dans des nattes et retenu sur leur dos par des lanières en cuir, défilent à la suite les uns des autres en B'appuyant sur de gros bâtons ferrés ; des restaurateurs ambulants, avec leurs fourneaux toujours allumés, y campent sous leurs auvents formés de deux perches recouvertes d'un tapis de feutre ; des bonzes mendiants sont assis derrière une table, sur laquelle est un petit Bouddha en cuivre et une sébille, et frappent sur un tam-tam pour implorer la charité ; devant tes étalages des boutiques se tiennent les revendeurs chinois, prônunt à haute voix leurs marchandises et attendant la pratique, qu'ils attirent par de belles paroles et qu'ils dépouilleront s'ils le peuvent; des Tartares aux jambes nues, aux costumes déguenillés, y poussent devant eux, sans s'occuper des passants, des troupeaux de bœufs , de chevaux et de moutons ; des Thibétains s'y font reconnaître à leurs habits somptueux, à leurs longs cheveux flottant sur leurs épaules, dans lesquels sont fixés des joyaux en or et en corail; des chameliers Uu Turkestan, coiffés du turban, au nez aquilin et à la longue barbe noire, conduisent, avec des cris étranges, leurs chameaux chargés de sel ; enfin, les lamas mongols, aux habits jaunes et rouges, avec la tête complètement rasée, passent au grand galop dans les ruelles étroites, cherchant h fuire admirer leur adresse à diriger leurs chevaux indomptés.

» De temps en temps j'aperçois un marchand sibérien, avec sa polonaise doublée en fourrures sur une redingote de drap noir, ses grandes bottes à l'écuyère et le lar.^e chapeau de feutre. On voit beaucoup de Mongols à Tchang-kia-keou ;. cas enfants du désert, totalement étrangers aux mœurs et aux habitudes de la Chine, y campent dans les auberges, comme s'ils étaient dans les steppes ; au lieu de placer leurs animaux dans les écuries et d'accepter les chambres qu'on leur offre, ils dressent leurs tentes au milieu de la cour et attachent leurs chevaux à des pieux qu'ils enfoncent autour de leur domicile improvisé; ils y font la cuisine avec les bouses séchées qu'ils ont apportées du désert dans de grands sacs, se couchent sur leurs

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convertîmes de feutre, et rien ne pourrait les décider ni à prendre place sur les kangs, ni înèine à se servir du feu des cuisines pour faire bouillir leurs aliments. Les aubergistes ne leur en font pas moins payer cette hospitalité forcée, tout en les traitant de Monkouti-gen, gens de Mongolie.

o Me voici arrivée à la rue des marchands d'habits : c'est à eux que j'ai affaire. Il y a beaucoup plus de fripiers que de magasins de eostumes neufs. Ici on n'a pas la moindre répugnance à s'habiller avec la dépouille d'utitrui, à laquelle le revendeur ne songe même pas à redonner un peu de lustre, bien heureux même s'il daigne la faire nettoyer. Tous ces amas de vêtements proviennent des monts-de-piété, qui les ont revendus une fois que le délai fixé pour le remboursement a été dépassé; il y a beaucoup de robes et de bonnets de pauvres Mongols, dépouillés sans doute par le fisc chinois. Enfin voilà un magasin fashionable. Le maître est un petit vieillard propret, le nez armé de lunettes formidables, qui ne cachent pas tout à fait ses yeux malins ; trois jeunes commis se succèdent devant la boutique, apportant l'un après l'autre, tantôt des vestes ouatées, des pelisses en soie doublées en peaux de mouton et même des robes d'apparat; ils les drapent autour d'eux, et les font admirer aux passants en criant d'une voix de fausset leurs qualités et leurs prix. Tout le fond du magasin y passera successivement, c'est l'usage, et cela est encore plus ingénieux et plus de nature à capter les chalands que les vitrines artistement arrangées de nos expositions européennes.»

TCHANG-KIA-OUAN, bourg de Chine, aux environs de Pékin". Le 18 septembre 1860, l'armée chinoise y fut en partie détruite par les troupes anglo-françaises qui s'avancèrent sur la capitale de la Chine.

TCHANG-KOUE-PIN, femme poète chinoise, qui vivait, à ce qu'on croit, vers la fin du xno siècle de notre ère. Elle s'est placée au premier rang des poètes dramatiques de sa nation, en composant trois drames dont l'un, Ho-han-chan a été traduit par Bazin aîné, sous le titre de la Tunique confrontée (1838, in-8°). Cette pièce offre la peinture de3 désordres que peut amener dans une famille un étranger imprudemment admis. Dans ce drame intime, on trouve un ministre comme on en voit peu; deux vieillards mourants de faim viennent demander des aliments à l'économe de l'homme d'Etat; la distribution des aliments est faite; il ne reste plus que la portion du ministre, et le ministre la fait donner aux pauvres gens. On cite souvent de la Tunique confrontée, ce proverbe : « Comme on a ensemencé son champ, il faut s'attendre à la récolte. ■

TCHANG P1NG-TCHEOU, ville de Chine, à 33 kilom. N.-N.-O. de f'ékin, au milieu d'un pays excessivement plat, non loin des rives d'un affluent du Pei-ho, sur lequel est jeté un beau pont en pierre; 40,000 hab. La grande place, où viennent aboutir les quatre principales rues, est ornée d'un très-bel arc de triomphe en pierre, couvert de sculptures étranges, qui a été élevé par uu empereur de la dynastie mandchoue à la mémoire d'un grand mandarin né à Tchang-pingtcheou. En Europe, on dresse des statues aux grands hommes ; en Chine, on leur élève des arcs de triomphe.

Aux environs de Tchang-ping-tcheou se trouve la célèbre sépulture des Mings, une des merveilles de la Chine. La description suivante, due a la plume de Mme de Bourboulon, qui visita la sépulture des Mings en 1861, est extraiied'un excellent livre, publié en 1866 par M. Poussielgue à la librairie Hachette.

« Sur une hauteur, devant nous, nous apercevons une réunion de constructions gigantesques, en pierre de taille et d'une architecture bizarre. Six pierres brutes d'un seul morceau en forment les colonnes ; elles sont supportées par des piédestaux cariés, couverts de sculptures mythologiques et décorés de figures de lions de grandeur naturelle. Ces six colonnes sont couronnées de douze pierres de la même dimension, posées d'aplomb et cimentées, ou supportées par des socles en pierre, de manière a former cinq ouvertures carrées, dont les plus basses sont celles des deux extrémités, et la plus haute celle du milieu. Au-dessus de chaque ouverture sont cinq toits à la chinoise, recouverts de tuiles vernissées et dorées, et autres petits toits en miniature , construits sur le même modèle. Ce monument a peu d'épaisseur; les pierres en sont immenses, mais plates ; cela fait l'impression d'un décor en bois, comme ceux de nos fêtes publiques.

» C'est l'entrée de la sépulture des Mings et le point de départ d'une large chaussas pierrée, qui s'étend à perte de vue au milieu d'une plaine nue et aride. Cependant, dès que nous avons gravi l'escarpement, on voit se dessiner, noyé dans une brume lointaine, un grand amphithéâtre de collines boisées. Les Chinois sont de grands maîtres en décors; ils ont établi ces simples monolithes pour attirer l'attention, et non pour faire deviner les magnificences qui attendent les visiteurs; ils ont su graduer l'admiration dans tout cet admirable ensemble de constructions, La colline s'abaisse & dater du monument que nous venons de voir, et la chaussée s'ô»

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lève graduellement uu-d.-.ssus dos plaines environnantes. Sur notre côté, en contrebas, la vallée paraît couverte de monolithes funéraires de toutes formes et de toutes dimensions; devant nous, un arc de triomphe en marbre blanc percé de trois portes monumentales, celle du milieu laissant entrevoir une véritable armée de monstres gigantesques, rangés sur les bords de la chaussée, dont ils paraissent défendre l'enirée; plus loin, au bout de cette chaussée qui s élève à. une grande hauteur au-dessus du sol, d'autres arcs de triomphe ; puis, sur une colline qui parait à pic de la distance où nous sommes, au milieu d'un magique amphithéâtre de forêts de pins séculaires, une réunion grandiose de temples, de kiosques, de pagodes, s'étendant à perte de vue; enfin, pour couronner ce magnifique panorama, les clochetons et les coupoles d'un vaste édifice en maibre blanc qui domine tout le paysage; les tuiles dorées de tous ces monuments scintillent au soleil, en opposition avec la sombre verdure des arbres. On ne peut rien voir de plus saisissant que ces lions, ces tigres, ces éléphants, ces rhinocéros, ces buffles, cinq ou six fois plus grands que nature, couchés ou debout sur de larges piédestaux, ouvrant leurs gueules menaçantes, peintes en couleur de sang, et qui semblent rouler dans leurs orbites de pierre l'émail blanc de leurs yeux. Vus un a un, ils sont plutôt grotesques, comme toutes les sculptures chinoises, mais l'ensemble en est effrayant. A mesure que nous descendons dans le tond de la vallée, aux bêtes féroces succèdent les animaux domestiques, les fidèles serviteurs de l'homme, dont ils annoncent la présence ; les chevaux, ,les chameaux, les bœufs, puis enfin, a quelques pas de l'arc de triomphe qui termine cette avenue magique, les statues des sages, des grands mandarins et des empereurs de la dynastie des Mings, dont les rentes sont inhumés dans les caveaux des temples funéraires que nous apercevons surv la colline devant nous. Ce dernier arc de triomphe rappelle , comme proportion et comme forme, l'arc de triomphe de l'Etoile, à Paris ; il est percé sur ses quatre faces de portes monumentales et cintrées; la voûte en est couverte de sculptures mythologiques. Au milieu, on remarque sur le socle de pierre une tortue gigantesque, portant sur son dos un obélisque de marbre couvert d'inscriptions, c'est un monument élevé k la mémoire d'un des ministres les plus dévoués d'un empereur Ming. La tortue est l'emblème funéraire des mandurins de première classe. De ce point, nous commençons à gravir, pendant 500 mètres environ, une chaussée bordée d'une épaisse forêt d'arbres séculaires, où s'élèvent de distance en distance de petites pagodes, et dont les pierres sépulcrales, débris de quelques tombes détruites par le temps ou par la main des hommes, encombrent l'approche. Enfin, nous nous arrêtons devant une enceinte de murs élevés en pierre blanche, qui défend l'entrée de la sépulture des Mings. Bientôt, on nous en ouvre les portes. Dès que nous sommes entrés dans l'enceinte sacrée, nous montons quelques marches et nous nous trouvons dans une immense cour carrée; les avenues en sont dallées en marbre blanc veiné de gi is, devenu jaunâtre par la vétusté; au milieu et autour, nous contournons des pelouses vertes avec des rangées de cyprès et d'ifs taillés à façon; cette cour rappelle à s'y méprendre celle de Versailles, mais sans son admirable population de statues; aux quatre coins sont placés des temples consacrés aux divinités du ciel et de 1 enfer. Un superbe escalier en marbre de trente marches nous mène à un nouveau carré planté dans le même style, aussi large, mais moins profond; une épaisse forêt de cèdres gigantesques l'encadre à droite et à gauche. Huit temples à coupoles rondes et superposées, suivant le mode de construction adopté en Chine, mais plus ornés et plus grands que ceux de la première cour, s'élèvent sous l'abri mystérieux de ces grands cèdres; nous y voyons une rangée de dieux grimaçants en bois doré et peint, et au fond, dans le sanctuaire, la trinité chinoise avec ses trois têtes et ses six bras ; tous ces temples sont peuplés de ces monstrueuses idoles, inventions bizarres du paganisme chinois. L'ensemble de cette cour est funèbre; ily règne une liumidilé pénétrante comme dansune caveou dans un tombeau. Un nouvel escalier, semblable au précédent, nous conduit à une plate-forme ronde tout en marbre et sculptée à jour. Au milieu s'élève le grand mausolée, que nous avons aperçu du tond de la vallée. Nous en faisons le tour, et du côté opposé nous trouvons un mur à pic, adossé à la montagne qui est couverte d'une végétation inextricable. De ce côté aussi est une grande porte en bronze magnifiquement sculptée, qui nous conduit dans l'intérieur du monument entièrement construit en marbre. Nous passons d abord sur une voûte où sont des caveaux, que nous supposons renfermer les ossements des empereurs Mings, mais qui sont hermétiquement fermés, puis nous montons un escalier tournant d'un très-beau style aveu des rampes sculptées. Cet escalier, construit k la manière de ceux des temples de Pékin, est divisé en deux parties par un mmbre en pente douce, réglé d'après l'inclinaison des marches, et sur lequel sont graves dos dragons et des animaux chimériques.

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11 vous conduit sur une nouvelle plateforme, qui est la répétition de celle de la base du monument, mais qui est moins vaste et où nous sommes à peu près à 20 mètres au-dessus du sol. De là, on jouit d'une vue magique : devant nous, la vallée que nous venons de parcourir; de chaque coté, tout un monde de mausolées, de pagodes, de temples, de kiosques que nous n'avions pu voir, cachés qu'ils sont par les grands arbres. L'enceinte s'étend k perte de vue sur les fl:mcs de la montagne; il faudrait plusieurs jours pour visiter cet ensemble grandiose de monuments. Au-dessus de la plate-forme où nous sommes, le mausolée se continue en coupole immense, se terminant en pyramide pointue, couverte d'écaillés comme un serpent et de bas-reliefs mythologiques. Autour de nous, chaque morceau de marbre est sculpté, c'est une profusion inouïe de détails, de dessins en ronde bosse et en creux ; plus notre œil s'élève, plus l'ensemble du monument est orné. Enfin, la pyramide est couronnée par une boule dorée de grande dimension, reflétant comme un foyer de lumière les rayons du soleil , qui baisse à l'horizon entre deux nuages sombres. •

« Ces sépultures des Mings, ajoute M. Poussielgue, sont plus vastes encore que Mm" de Bourboulon ne se l'était imaginé. Dans une nouvelle visite qu'y a faite tout récemment M. Bruce, ministre d'Angleterre en Chine, et dont il a remjp compte, il constate qu'il y a treize monuments funéraires dans le style indou, semblables k celui dont M™« de Bourboulon vient de donner la description. Ce mausolée est celui de l'empereur Hioung-ho ; c'est le plus beau. Les treize autres soûl disséminés dans la montagne. »

TCH ANG-TCHA, ville de Chine, chef-lieu de la province de Hounan (pays au S. des lacs), sur le Siang-kiang, ville importante, très-peu connue des Européens. Des canaux ta mettent en communication avec les autres villes considérables de la province.

TCHANG-TCHÉOD s. m. (tchangh-tchéou). Liuguist. Dialecte chinois parié dans la province du Fô-kien. V. Chine.

TCHANG-TCHÉOUU-FOU, ville de Chine, chef-lieu du département de ce nom, dans la province de Eo-hien, par 24° 31' 12" de latit. N. et 1150 3î' 20" de longit. E., sur la rive gauche du Loung-keang, à 80 kilom. d'Araoy; certains auteurs évaluent sa population à. 700,000 hah. Fabriques de vetours, et de soieries, de vermillon, de papier, de sucre, de tabletterie, de lanternes, d'huile, d instruments demusiquede cuivre, de poteriesetde tuiles ; distilleries et ateliers de teinture et d'impression de tissus. Cette ville est située au centre d'un bassin de 12 lieues de longueur sur g de largeur, qu'environne de tous côtés uu amphithéâtre de montagnes stériles aux sommets hardis et dénudés ; elle est bien bâtie et bien pavée, entourée de spiendides cultures, de beaux arbres et d'innombrables villages. On remarque un pont de 800 pieds sur le fleuve Loung-kiang. C'est une des villes les plus importantes de la Chine.

TCHANG-TË, nom de deux chefs-lieux de département en Chine; l'un dans la province de ilo-nan,sur le Hen-ho, à 155 kilom. N. de Khaï-foung; l'autre dans la province Je Hounan , à 170 kilom. N.-O. de Tchang-cha.

TCHA-OUAH s. m. (tcha-ou-a). Bot. Nom donné par les Chinois au camellia sasangua, arbrisseau qui croit en Chine et au Japon, où il est cultivé comme plante oléagineuse.

TCHAOUSCH OU TCHAVOUSCH-PÀCHÀ,

grand vizir ottoman, qui vivait au xvnt; siècle. 11 avait rempli diverses fonctions lorsque, en 1648, lors de la mort du sultan Ibrahim et de l'avènement de Mohammed IV, il fut chargé du sceau de l'empire. Il s'unit à la sultane Perkhan , mère du nouveau sultan, contre la mère d'Ibrahim, la sultane Kiosem, k laquelle il devait sa fortune, comprima la révolte fomentée par cette dernière et lui fit trancher "la lète, ainsi qu'aux principaux conjurés. Cet homme d'Etat gouverna avec justice et fermeté. Selon les uns, il fut assassiné en 1649; selon d'autres, il fut grand vizir de 1650 à la tin de 1651, puis de 1666 jusqu'à sa mort, arrivée k la tin de la' même année et occasionnée par une fièvre chaude.

TCHAPÂT1 s. m. (tcha-pâ-ti). Gâteau de maîs qu'on prépare dans l'Inde.

— Encycl. Les tchapdtis, enduits de ghi ou beurra rance, forment, avec les lentilles cuites dans l'eau mêlée de beaucoup d'épices, la nourriture la plus commune des cipayes et, en général, de tous les peuples de l'indoustan. Ces tchapâlis sont de forme ronde et ont à peu pies 2 pouces de diamètre. Les Indous le font eux-mêmes, au fur et k mesure de leurs besoins, et ils le modèlent simplement dans leurs mains, en appliquant tour à tour la pâte d'une main sur l'autre, opération qu'ils exécutent aveu une vitesse extraordinaire.

On sait le rôle que jouèrent les tchapdtis à l'origine ou plutôt avant l'explosion de la révolte des cipayes en 1S57. A lu fin de février de cette année, un agent de police du district de Sangor se présenta devant le chef d'un village, lui apporta six tchapdtis et lui dit : ■ Vous allez en faire six autres, que vous ferez passer au chef du prochain vil-

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lageenlui disant d'en faire autant. » Le chef accepta les gâteaux et se conforma aux instructions de l'agent de police. D'où venaient ces gâteaux et que signifiaient-ils? Voilà ce que personne n'eût pu dire. Toujours est-il que, dans un espace "de temps, incroyablement court, les mystérieux tchapdtis avaient parcouru toutes les provinces du nord-ouest. Les autorités reçurent l'assurance que ce fait n'avait aucune portée et lés journaux en plaisantèrent; mais les événements ne devaient pas tarder à expliquer le mystère.

TCHAPLACHE S. m. (tcha-pla-che). Bot.

Nom que porte, au Bengale, une espèce d'artocarpe, arbre qui croit dans les contrées orientales de ce pays.

TCHA-POU, ville de Chine, dans le département de Kia-hing-fou et la province de Tché-kiang, à 75 kilom. S.-O. de Shang-Haï, 05 kilom. N.-E. de Hang-tchéou-fou, à 60 kilom. N. de Ning-po et à 15 kilom. E. de Can-pou; par 30° 37' de latit. N. et 123° 30' de longit. E. Le port est assez fréquenté; on peut mouiller par 7 brasses k un demi-mille de la haute terre, au N. ; les rapides de la baie en rendent la navigation périlleuse. Ce port a été occupé par les Anglais en 1842. On y fait un grand commerce de bois qui viennent pour la plupart de Fo-kien. Tcha-pou est un des centres les plus importants du commerce de la Chine avec le Japon ; c'est 1k qu'on peut se procurer à prix modique de belles soieries japonaises, des crêpes imprimés, des taffetas rayés, etc.

« Tcha-pou, dit M. le marquis de Courcy, s'élève au fond d'une anse étroite, environnée de campagnes fertiles et munie de bons travaux de défense. Ses faubourgs sont étendus et populeux. Une route bien entretenue la relie a Hang-tchéou, dont elle est le véritable port. On croit que sa population égale au moins celle de Shang-Haï, bien quelle n'occupe même pas le rang d'une sous-préfecture. Elle sert d'entrepôt k tout le commerce du Japon avec la Chine. L'importance de Tcha-pou est relativement de date assez récente. Au ix« siècle, lorsque les voyageurs arabes visitèrent la Chine, et au xm° siècle, lorsque Marco Polo administrait le Kiangnnn, la vieille cité de Can-fou, que les Chinois appellent Can-pou, était le port de Hangtchéou et la ville la plus florissante de la côte. Ruinée pendant une de ces insurrections qui dévastent périodiquement l'empire, elle n'est plus aujourd'hui qu'un villago situé un peu à l'O. de Tcha-pou. On peut supposer que, par le nom de « portes de la Chine, ■ dont il est fait plusieurs fois mention dans le récit, les Arabes ont voulu désigner la passe étroite comprise entre la pointe Kitto et l'île aux Buffles, qui ferme l'entrée de la rade de Can-pou. »

TCHAPRAH ou TCHOPRAH, ville de l'Indoustan anglais (Calcutta), dans l'ancien Behar, ch.-l. du district de Saran ; par 15o 40' de latit. N. et 82° 20' de longit. E.; 50,000 hab. Occupée par les Anglais en 1757.

TCHAPSKA s. m. (tchapp-ska). V. CZAPSKA.

TCIIARCHENBEII, ville de la Turquie d'Asie (eyalet de Si\ as), sur l'Iéehil-Ermak, près de la mer Noire, à 44 kilom. S.-E. de Samsoun; 3,000 hab. Près de cette ville, sur la mer Noire, se trouve le cap de Tcharchenbeh.

TCHARN1KOW ou CZARN1KAU, ville des Etats prussiens (Posen), sur le Netze, ch.-l. de cercle, dans la régence de Bromberg; 3,500 hab.

TCHARYCH, rivière de la Russie d'Asie.

Elle prend sa source dans le Petit Altaï, se dirige au N.-O., puis au N.-E., et, api es un cours de 360 kilom., se jette dans l'Obi, à peu de distance de Biisk.

TCHA-TAO, ville de Chine, sur la route de Pékin k Saint-Pétersbourg, k peu de distance du défilé de son nom; 5,000 hab. environ. Elle est d'un aspect peu animé et bien moins peuplée, en raison de sa grandeur, que ne le sont généralement les villes de l'empire chinois. Ses remparts, ses tours crénelées ainsi que ses courtines lui donnent l'aspect remarquable d'une ville fortifiée. • Cette ancienne enceinte de Tcha-tuo, dit M. Achille Poussielgue, qui est bâtie en pierres de la montagne, comme ses maisons, est en partie détruite par l'action du temps et des hommes ; les fortifications antérieures k l'établissement de la dynastie mandchoue sont complètement abandonnées. Les nomades, en conquérant la Chine, ont été conquis k leur tour par la civilisation chinoise, et les souverains actuels, suzerains de la Mandchourie et de la Mongolie, n'ont plus rien k craindre des barbares du Nord. » Les montagnes de Tcha-tao mériteraient plutôt le nom de collines ; mais les effets du feu volcanique qui les a soulevées y sont si visibles, qu'elles sont restées dans la mémoire des voyageurs comme le type d'un des bouleversements les plus formidables de la nature.

TCHATOUR-ANGAM s. m, (tcha-tou-rangamm). Jeu d'échecs indou.

— Encycl. Le tchatour-angam ne diffère que fort peu de notre jeu d'échecs. Voici à quelle occasion, suivant les écrivains orientaux, il fut inventé. Au commencement du ve siècle de l'ère chrétienne régnait dans les Indes un jeune monarque très-puissant, d'un

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excellent caractère, qui s'était laissé corrompre par ses flatteurs. Ce prince oublia bientôt que l'amour de ses sujets est le seul appui solide du trône. Les brahmanes et les rajahs lui tirent de sages, mais inutiles représentations; enivré de sa grandeur, qu'il croyait inébranlable, il méprisa leurs remontrances. Un brahme nommé Sissa entreprit alors, par une voie détournée, d'ouvrir les yeux du jeune rajah. A cet effet, il inventa le tchatour-angam, <SÙ le roi, la plus importante de toutes les pièces, ne peut néanmoins ni attaquer ni se défendre sans le secours de ses sujets. Ce jeu ne tarda pas k devenir célèbre. Le roi des Indes voulut le connaître. Sissa, en lui en expliquant les règles, lui fit goûter des vérités importantes qu'il avait repoussées jusque-là. Nous avons adopté, k quelques légères différences près, la manière de jouer des Indous; mais il faut convenir que les innovations que nous avons introduites dans la forme et les dénominations des pièces de ce jeu ne sont rien moins qu'heureuses. Qu'est-ce, en effet, que des tours qui se promènent çk et lk, qu'une reine qui court et Se bat pêle-mêle avec les gens du roi, que des fous qui occupent un rang distingué? Comme chez nous, la première pièce de l'échiquier des Indous est le roi. La seconde pièce, que nous nommons la reine, ils l'appellent mantry, mot qui désigne un ministre d'Etat chargé aussi de commander en chef les armées. Des chars remplacent nos fous. Ils ont comme nous des cavaliers. Au lieu de nos tours crénelées, ils ont des éléphants. Les pions ou fantassins sont, comme chez nous, les simples soldats dont l'armée est composée. La table de l'échiquier porte le nom de por-stalam (champ de bataille).

TCHATTERPOCR, ville de l'Indoustan anglais (Pendjab), dans l'ancienne province et k 225 kilom. d'Allahabad, au pied d'une montagne, par 24» 57' de latit. N. et 77" 33' de longit. E. Elle est grande et bien bâtie en pierre. Quoique encore considérable, elle est aujourd'hui bien déchue. Elle a été fondée par le rajah Tchattersal, qui en fit sa résidence et une des villes les plus importantes et les plus commerçantes du Bendelkend. Les Mahrattes l'ont cédée aux Anglais. On y trouve des fabriques de coton et de papier.

TCHATTOUBAM s. m. ( toha-tou-ramm ).

Nom qu'on donne, dans l'Inde, k des hôtelleries situées sur les grandes routes, et où les individus appartenant k la caste brahme ont seuls le droit de loger et d'y être traités gratuitement.

— Encycl. Les revenus fonciers des tchaltourams et les aumônes abondantes qu'ils reçoivent dédommagent amplement les individus qui en ont lu direction, et qui sont brahmes aussi, des frais qu'occasionnent ceux de leurs confrères qu'ils y hébergent. Ces établissements permettent ainsi aux brahmes de voyager sans dépense, et comme, en outre, en leur qualité même de brahmes, ils ont la faculté de passer et de s'introduire partout sans être arrêtés, cette classe d'individus est très-propre k remplir l'office de messagers k pied. C'est pour cette raison que, dans certaines provinces gouvernées par les princes du pays, plusieurs gros marchands en ont k leurs gages, qu'ils payent bien, pour faire le métier de cooly ou de portefaix, parce que les douaniers ont ordre de laisser passer librement tout ce qu'ils portent. Cette dernière profession, quoique une des plus pénibles de celles auxquelles se livrent les brahmes, n'en est pas la moins lucrative. La facilité qu'ont les brahmes de passer et de s'introduire partout, sous diverses dénominations, sans exciter nulle part le moindre soupçon, et l'adresse avec laquelle ils savent jouer toute sorte de rôles et se tirer d'affaire dans les situations les plus épineuses en font de très-bons espions en temps de guerre, quand on peut toutefois s'assurer qu'ils ne serviront pas les deux partis, ce qui arrive souvent sans qu'on s'en aperçoive. En effet, il est une chose qu'on ne saurait se dissimuler, c'est que les brahmes, quelque dehors respectable qu'ils affichent, n'ont guère d'autre mobile en tout que leur intérêt; eux-mêmes en conviennent volontiers, et leur dicton favori est celui-ci : « Pour son ventre on joue bien des rôles. •

TCHÉ s. m. (tché). Métrol. Mesure de capacité chinoise, qui équivaut k 70 litres.

TCHEDOKSARV, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et k 137 kilom. N.-O. de Kazan, près du Volga et de son confluent avec les ruisseaux de Sigouchekaet de Tchéboksarka; 4,000 hab. Elle possède quelques fabriques et il s'y fait uu commerce assez considérable en blé, cire, miel, etc. Fondée en 1556 par Ivan Vasilievitch, elle fut entièrement consumée par un incendie en 1699.

TCHECHMÉH, ville de la Turquie d'Asie (Anatode), dans le sangiac de Saghala, à 65 kilom. O. de Sinyrne, en face de l'Ile de Chio; 6,500 hab. Cette ville, dont le port est vaste, est protégée par une citadelle, dont la construction es-t due aux Génois. On trouve dans les environs des sources salines et thermales. Tohechméh est construite sur l'emplacement de l'ancienne Cyssos, devant laquelle une flotte romaine battit l'armée navale d'Antiochus. En 1770, les Russes remportèrent une victoire sur une flotte turque dans le porc de Tchechméh.

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TCHEDODA, TCHEDUBA ou MANAONG, lie

au golfe fie Bengale, sur la côte de l'Aracan, dans l'Indo-Chine britannique, à 16 kilora. S.-O. de l'île de Ramsée; par 18" 45' de lalit. N. et 91° de longit. E. ; sa superficie est de 1,010 kilom. carrés. Au centre s'élève une montagne volcanique. Le sol y est très-fertile et on y recueille de la canne à sucre, du tabac, du riz, du colon et du chanvre. On croit que c'est la Bazucata de Ptolémée.

TCHÉ-FOU ou YEN-TAI, ville de Chine, province de Chan-toung, à 30 milles à l'E. de Tiing-tchéou-fou, La yirie de Tché-fou est dessinée en cercle. Elle est bornée à l'E. par lo groupe des Iles de Kung-kung-tan, que les Français ont nommées iles des Serpents; à l'O. et au S., elle découpe une courbe régulière dans les terres du Chan-toung; une pointe qui se détache du continent l'abrite des vents de S.-E. ; mais elle est ouverte aux vents qui soufflent du N.-O. au N.-E. Pendant l'hiver, les grandes brises sont habituelles et les coups de vent atteignent parfois une grande violence. Cependant les typhons, qui désolent le S. de la Chine, ne pénètrent pas dans le golfe du Pé-tché-li. La rade de Tché-fou est spacieuse et sure en tous points pendant l'été. ■ La disposition des abris et la profondeur des eaux séparent alors d'une manière naturelle les mouillages en deux principaux : celui des petits navires, entre le N. et le N.-E. du mamelon de Yentai; le mouillage des grands navires, en face de la passe du N. Mais, en hiver, il n'y a dans la rade de Tché-fou qu'un mouillage sûr, celui qu'on peut prendre dans le S. des îles. » La mer n y compromet pas la sûreté des navires comme elle compromit celle du Duperré, en face de la rade, dans un coup de vent en 1860. En un mot, la rade de Tchéfou est la plus sûre du Pé-tché-li. Les hautes terres du Chan-toung, le pic de 1,000 pieds qui domine la presqu'île de Tché-fou en rendant l'atterrissage facile. Les environs de Tché-fou sont montagneux et bien cultivés, ainsi que toute la province du Chan-touug. L'eau coule partout en abondance; mais les tombeaux, que l'on rencontre a. chaque pas, la chargent de sels ammoniacaux. Il y a dans l'E. et dans l'O. de Tché-fou, à une quinzaine de lieues, des eaux salines et des eaux sulfureuses qui ont dans le pays une certaine réputation. Le climat de cette partie de la Chine est excessif : l'hiver est rigoureux et l'été très-chaud. Le port est fréquontô par les jonques et une partie de la flotte anglo-française y a hiverné en 1860-1861. Si un commerce de quelque importance s'établit dans le Chan-toung, c'est certainement a Tché-fou que les navires étrangers viendront mouiller, bien que ce port ne soit pus ouvert par les traités.

TclTébttl-Soutoun (PALAIS DE), Un des plus

riches édifices d'Ispahau (Pei^e). Ce magnifique parais, un des plus anciens de la Perse, est doublement intéressant, comme offrant les exemples les plus frappants de l'appropriation du goût chinois à l'ornementation persane et contenant les peintures les plus remarquables qu'un puisse voir en Perse. « Sur le premier point, dit le Tour du monde, il y a beaucoup d'intérêt pour l'histoire de l'art à observer comment les artistes des Sefévys s'y sont pris pour associer des motifs 0 architecture et un certain style d'arabesques empruntés au palais de Nankin avec ce que la haute antiquité leur avait traditionnellement livré de sujets assyriens et perses. L'elfet est extrêmement riche et heureux, c'est la qu'on peut s'assurer plus pleinement qu'ailleurs de cette grande vérité, qu'eu fait dart les Persans d'aucun temps n'ont jamais rien inventé, mais qu'ils out su tout prendre, tout garder, ne rien oublier et fondre leurs acquisitions dans un ensemble si heureusement lié, qu'il a l'air de leur appartenir et qu'on eu jurerait, si l'analyse ne venait démontrer le contraire. La Perse est comme un foyer où les idées et les inventions des puys les plus lointains sont venues se confondre. A lui seul, le Tchéhèl-Soutoun me paraît fournir bien des révélations. Pour ce qui est de la peinture, les grandes fresques qu'on y remarque, et qui représentent surtout des batailles, sont u'uue beauté incontestable comme couleur, four le dessin et l'agencement des ligures, c'est à peu près le style de nos plus anciennes tapisseries, ou, pour mieux dire, nos plus anciennes tapisseries sont faites d'après ce style-là. Tel les qu'elles sont, les peintures du Tchéhèl- Soutoun sont digues d attention... »

TCHÉK.I s. m. (tché-ki). Métrol. Unité de poids, usitée en Turquie, valant, pour le bois seulement, 226 kilogrammes, et qui prend diverses valeurs pour les diverses marchandises.

1CHE-K1ANG, province maritime de l'empire chinois (Chine prupre), entre celles de Ngan-hoéi et de liiang-sou au N., de Kiansi à l'O., de Eou-kian au S. et la nier Jaune à l'E., et entre 27» 12' et 31° 10' de latii. N. et U5Q 45' et 120*> 8' de longit. E.; 430 kiloiu. sur 320 ; 26,250,000 hab. Ch.-l., Hang-lchéou. La province de Tche-kiung est une des plus considérables de la Ulime par sa situation maritime, son étendue, ses richesses et sa population. L'air y est pur et sain. Ses campagnes sont arrosées par un, grand nombre de rivières et de cauaux très-bien entretenus ;

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les sources d'eau vive et les lacs qui s'y trouvent contribuent encore beaucoup à sa fertilité, On élève dans cette province une quantité prodigieuse de vers k soie ; on y voit des plaines entières couvertes de plantations de mûriers nains qu'on empêche de croître : on les plante et on les taille à peu près comme les vignes. Les étoffes de soie constituent donc la principale branche de commerce de cette province.

Cette province est divisée en onze départements : Hang-tchéou, Hou-tchéou, Kiuhing, Chao-hing, Ning-po, Yen-tchéou, Kiahoa, Kiou-tchéou, Tehou->tchéou, Taï-tchéou et Ouen-tchéou. Elle est ainsi appelée du nom de la rivière Tehé (rivière tortueuse), qui arrose ses départements méridionaux.

Les Sia-kia-ling, prolongation des monts Nan-ling, la séparent du Fo-kien et la couvrent de leurs ramifications. Ces montagnes y donnent naissance à quatorze rivières, presque toutes très-rapides, et dont la plus considérable est le Tsien-tang.

TCHELBASIB, rivière de la Russie d'Europe. Elle prend sa source dans le gouvernement du Caucase, arrose le gouvernement de Tauride et se jette dans le lac Sladkoie, après un cours d'environ 275 kitom.

TCHELEBI-EFFENDI (Rechid Mustapha, plus connu sous le nom de), homme d'Etat et écrivain turc, qui vivait au commencement du xixe siècle. Après avoir'rempli les fonctions de defterdar (contrôleur général), il devint, en 1802, ministre des affaires étrangères, puis ministre de la guerre, et prit part a la réforme que Sélim III essaya vainement d'introduire dans l'armée turque. Tchelebi- Effendi a publié sur cette mesure, aussi difficile à mettre en pratique que nécessaire, un écrit apologétique qui a été traduit en français et publié dans le Tableau historique, géor/rapAigue et politique de la Moldavie et de la Valachie (Paris, 1824).

TCHELEB1 (Katib), historien turc. V. Hadji- Khalka.

TCHÉ-L1 ou PÉ-TCHÉ-LI, appelé par les Chinois Po-hai, golfe situé dans la partie O. de la mer Jaune, à l'E. de la Chine, sur les côtes de la province qui lui donne son nom.

TCHEMBOUL, rivière de l'Indoustan. Elle prend sa source dans l'ancienne province de Malwa, à 30 kilom. O. de l'Indore, coule d'abord au N. jusqu'à son entrée dans l'Adjemir, où elle se dirige au N.-E. en passant par Kota, entre ensuite dans l'ancienne province d'Agra et poursuit toujours son cours vers le N.-E, jusqu'à la forteresse de Pinnahot, sous les murs de laquelle elle coule brusquement au S.-E. pour aller se jeter dans le Djoumnak, à 40 kilom. d'Etarweth, après un cours de près de 800 kilom. Elle reçoit de nombreux cours d'eau, parmi lesquels nous signalerons lo Sypra, le Cally-Sind, le Parbotty, le Sind, affluents de la rive droite, et la Banass, qui y débouche par la rive gauche.

TCHENAB, ancienne Acesines, rivière de l'Indoustan, dans le Pendjab. Elle prend sa source aux monts Himalaya, province de Lahore, à 30 kilom. N.-E. de Kichieouar, baigne la ville de ce nom, passe près de Vizir- Abad et de Djeng, entre ensuite daus l'Afghanistan et va, après avoirarrosé les plaines du Moultan, se jeter dans le Sutledje, après un cours d environ 1,000 kilom. Ses principaux affluents sont le Djelein et le Ravi. Cette rivière jaunâtre coule rapidement entre deux rives couvertes d'une végétation maigre et uniforme. De misérables cahutes en terre forment de rares villages au milieu d'immenses jungles.

TCHEOU-KOPiG, homme d'Etat et philosophe chinois, mort à Kong en 1106 avant notre ère. Il contribua à renverser la dynastie des Chang et à faire monter sur le trône son frère, Won-Wang. Il devint alors premierministre, reçut la principauté de King^seou et fut nommé par son frère mourant régent de l'empire pendant la minorité de Telmig- Wang (1116). Toheou-Koug s'attacha à former le cœur de son neveu à la vertu, composa un recueil des plus belles actions des empereurs et, le lit apprendre au jeune souverain. Ses ennemis, jaloux de son pouvoir, essayèrent de le perdre en prétendant qu'il voulait parvenir au pouvoir suprême, 'i'oheou- Kong, pour faire tomber cette calomnie, s'exila volontairement ; mais le jeune empereur se hâta de le rappeler et lui conféra de nouveaux honneurs qu'il mérita par de nouveaux services. Il mourut dans u» âge trèsavancé. C'était un des hommes les plus instruits de son temps et il contribua beaucoup à civiliser la nation chinoise. Il passe pour un des principaux auteurs du livre Li-Ki ou des rites, daus lequel on trouve de curieux détails sur les mœurs, les usages et les antiquités des Chinois. Tcheou-Kong a laissé, eu outre, des explications des koua du livre Y-Kiiuj ; mais elles sont difficiles à comprendre.

TCREPTZA, rivière de la Russie d'Europe. Elle prend sa source dans le gouvernement de Viatka, coule au N., puis au N.-O., pusse à Gluzov et, après un cours d'environ 450 kilom., se jette dans la Viaika, à une vingtaine de kilom. de la ville de ce nom.

TCHÈQUE s. (tchè-ke). Habitant du pays anciennement nommé pays das Tchèques (Bohême).

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— Iiinguist. Dialecte slave parlé en Bohême.

— Encycl. V. Bohême. •

TCHERBATOFF (le prince Michel), historien russe. V. Chtcherbatov.

TCHERDYN, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et à 300 kilom. N. de Perm, sur la rive droite de la Kalwa; 5,000 hab. C'était jadis une ville riche et florissante, dont le commerce s'étendait de la mer Caspienne à la mer Glaciale. Nombreuses tanneries; commerce de blé et de fourrures.

TCHÉRÉM1SSES, peuple finnois de la Russie d'Europe , dans les gouvernements de Viatka, Kazan , Simbirs-k, Orenbourg et Perm. Ils s'appellent eux-mêmes Maris, c'està-dire hommes ; le nom de Tchérémisses (Orientaux) leur a été donné par les Morduans, parce qu'ils vivaient à l'E. de ces derniers. C'était autrefois un peuple pasteur; mais, étant resserré dans ses possessions, il est devenu agricole. Les Tchérémisses récoltent beaucoup de grains. Après la moisson, ils empilent les gerbes en meules en forme de cône, soutenues par quatre pieux ou poteaux avec des traverses et couvertes de morceaux d'écorce d'arbres, ce qui les met à l'abri des souris et de la pourriture. Ils ont beaucoup de chevaux et de bêtes à cornes et s'entendent parfaitement à l'éducation des abeilles. Ils sont fort ignorants. N'ayant pas de lettres alphabétiques, ils n'ont pu conserver aucuue notion de leur ancien culte, de leurs lois ni de leur histoire ; ce qu'ils en savent encore n'est que par tradition, et celle-là s'efface tous les jours de leur mémoire, surtout depuis qu'une grande partie de ce peuple s'est converti au christianisme. Leur langage, mélange de finnois, de tartiire et de russe, sonne désagréablement à l'oreille. Les gutturales abondent autant que les sifflantes et ôtent à la voix toute espèce de charme musical. Ce peuple se compose encore de 200,000 individus; il est sous la dépendance de la Russie depuis 1469, époque à laquelle Ivan III, surnommé le Terrible, réduisit le kan Ibrahim de Kazan à se reconnaître tributaire de l'empire.

Les Tchérémisses sont plus propres dans leurs habitations que les Votiaks, les Morduans et les Finnois et se rapprochent beaucoup en cela des Tchouvaches. Chez cette horde, fort peu galante, la femme est l'objet d'un traric honteux : on la vend, on la troque comme une marchandise, et, si elle apporte eu dut quelques chemises de toile grossière, son prix de vente atteint le chiffre de 400 francs et plus. Une fois mariée, la femme icbéiéinisse ne montre plus ni ses jambes ni sa chevelure. La tille seule a le droit de faire admirer ses deux, longues tresses tombant sur les épaules et ses jambes; mais toutes les dfiix aiment à se parer de breloques , de colliers et d'une infinité de bagues. Leur chaussure est hideuse; ce sont de sales tordions de toile enroulés autour de la jambe et du pied et introduits dans de gros souliers ferrés. Ce qui contribue à les faire paraître encore plus difformes, ce sont les vêtements dont elles se couvrent, un caleçon, une chemise et un cafetan blanc en laine orné d'un galon noir, tous objets mal taillés, mal cousus et accusant louie absence de goût; de plus, le type tchéréinisse est affreux.

Le travail en commun forme la base de la vie sociale. Tous les villages d'une commune labourent, ensemencent et moissonnent ensemble. Les produits de la terre se partagent ensuite en parts égales, suivant le uombre de personnes dont la famille se compose. On calcule ce qui est nécessaire pour l'entretien jusqu'à la moisson suivante; le surplus se vend par l'intermédiaire du kachtan ou chef de la commune, qui retient une part déterminée pour sa peine et défalque un dixième pour les impôts dus à l'Etat. Le reste est réparti entre tous les membres de la communauté. Le vol est regardé avec horreur et puni par l'exclusion du coupable de la commune. Le criminel tombe alors dans la misère et n'ayaut plus aucune ressource, finit le plus souvent par se tuer.

TCHEREPASOF (Nicéphore), historien russe, né à Viatka en 1762, mort à Moscou en 1823. Il professa l'histoire et la géographie a l'université de Moscou et fut chargé de diverses missions scientifiques. On doit à Tcherepanof : Description des peuples du monde les plus célèbres par leur origine, leur propagation et leur langue (Moscou , 1798, iu-8°J ; Allas de géographie ancienne, traduit du français ; Histoire universelle, à l'usage de l'institut de Sainte-Catherine, traduite du français (1812); Histoire universelle ancienne et moderne, trad. de l'allemand de Schraek.

TCHÉR1KOV, lie de l'océan Pacifique, sur la côte de l'ancienne Amérique russe , par 55» 50' de latit. N. e't 157» o' de longit. O. ; 50 kilom. de circuit. Sa surface est, en général, inontueuse et stérile. Découverte par Behring, elle a reçu le nom d'un des marins qui l'accompagnaient.

TCHERKASK (NOVOÏ-) ou KOUVEAU- TCiltl.li.ASE, ville ne la Russie d'Europe, ch.-l. du territoire des Cosaques du Don, sur une colline, à la droite de l'Aksaï, qui y reçoit le Touzlov , à 75 kilom. N.-E. d'Azov; par 47° 24' de latit. N. et 37» 31' de longit. E. ; 20,000 hab. Evéché. Cette ville,

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située à l'extrémité d'un plateau, sur le bord d'une large et profonde vallée, embrasse dans son enceinte gigantesque plusieurs collines dont les vastes pentes descendent jusqu'au fond du vallon. < Toutes les villes que nous avions vues jusqu'alors, dit Mme Hommaire de Hell, qui nous avaient tant choqués par la largeur extravagante de leurs rues et leur pénurie de maisons, n'étaient rien en comparaison de l'apparition actuelle. Vue du point où nous étions placés, la ville entière ressemblait à un immense damier, avec ses lignes formées par des avenues plus large» que la place du Carrousel. Bordées de loin en loin de chétives habitations, ces lignes se trouvaient séparées les unes des autres par de vastes terrains, où des régiments entiers pourraient manœuvrer fort à l'aise; quelques églises et un are de triomphe élevé, en 1815, en l'honneur d'Alexandre sont les seuls points saillants de ce désert qu'on appelle une capitale et dont la superficie est, sans exagération, aussi vaste que celle de Paris. "

Novoï-Tcherkask a été fondée en 1806 par le comte Platoff; sa position à plus de 12 kilom. du Don, sur une hauteur entourée de tous côtés par deux petites rivières, et le manque absolu de bonne eau enlèvent à cette ville toute chance de prospérité pour l'avenir. Sur la place principale s'élèvent deux immenses bazars couverts en bois, où l'on trouve toute sorte de marchandises. On y remarque aussi un vaste arsenal. Les autres constructions, dont quelques géographes ont donné de pompeuses descriptions, ne méritent pas l'honneur d'être signalées.

< Arrivés un dimanche dans la capitale des Cosaques, dit Mme Hommaire de Hell, nous pûmes des fenêtres de notre appartement, donnant précisément sur la seule promenade fréquentée de la ville, passer en revue la plus grande partie de la population et satisfaire une curiosité vivement excitée. Ici, tout trahit l'humeur nomade et guerrière des Cosaques; plus de reflets de l'Europe, plus de costumes francs, plus de population mélangée; tout est cosaque, excepté quelques figures kalmoukes annonçant déjà les bords du Volga et le désert. Les familles de ce pays oue nous avions vues à Taganrok nous avaient donné une assez piètre opinion de la beauté . des femmes cosaques; aussi fûmes-nous agréablement surpris à la vue des jolies filles qui passaient et repassaient sous nos fenêtres. Le costume même, que nous avions trouvé assez disgracieux , nous parut tout autre et nullement dépourvu d'originalité et d'une certaine coquetterie. Les jeunes tilles laissent flotter leurs cheveux nattés sur les épaules, y attachant d'ordinaire des rubans de couleur éclatante qui leur descendent jusqu'aux tâtons. Quelques-unes renferment ces tresses dans un mouchoir de soie, de manière à former une longue bourse. Cette coiffure n'est pas sans agrément et sied assez bien à leur physionomie piquante. C'était vraiment un gracieux spectacle que celui de cette foule nombreuse d'élégants officiers et de jeunes femmes en costume de fête, sa pressant sur le trottoir, tout en échangeant des regards, des sourires, voire de douces paroles, tout comme s'ils eussent été dans un salon. Les hommes sont beaux, d'une taille élevée et portent admirablement l'uniforme. La bravoure et un noble orgueil se lisent sur leurs traits et dans leurs yeux, comme s'ils étaient encore ces tiers enfants des steppes qui, avant Catherine II, ne reconnaissaient d'autre pouvoir que celui de leur hetuiun, librement élu par eux. Aujourd'hui, de înèiue qu'il y a cent ans, leur seule occupation est la carrière des armes. Quelle fausse idée ne se fait-on pas en France de ces bons Cosaques, si inolïensifs et si hospitaliers l Les événements politiques de 1814 et 1815 ont laissé dans tous les esprits un profond éloigueinent pour eux, et, du reste, il serait difficile qu'il en fût autrement; mais, tels que nous les avons vus dans leur patrie, ils méritent peu le sentiment de répulsion qu'inspire leur souvenir. Nulle part, en Russie, on ne voyage avec plus de sécurité que chez eux, et nulle part le voyageur n'est accueilli avec plus d'einpresstrmeul et plus de bienveillance que dans leurs bourgs; le titre de Français surtout y est une excellente recommandation. Le portrait de Napoléon se trouve dans presque toutes les maisons, et, fort souvent, il est placé au-dessus du grand saint Nicolas lui-même; aussi les vieux soldats qui ont survécu aux grandes luttes de l'Empire professeul-il3 pour l'empereur la plus grande vénération, sentiments qui sont complètement partagés par la génération actuelle. >

TCUEKKASK(STAKOi-)ouVlEUX-TCHER.

KASK, vilie de la Russie d'Europe (Cosaques du Don), dans une île formée par le Don, l'Aksaï et uu de ses bras appelé Vasilvevka, à 22 kiloin. S.-S.-O. de Novoï-Tcherkask; 18,000 hab. Elle est divisée en onze bourgs. Toutes les maisons sont bâties en bois et sur pilotis, pour les mettre à l'abri des fréquentes inondations du Dou, qui en rendent 1 air malsain. Le seul édifice remarquable qui y existe est la principale église, fondée par Pierre le Grand , et qui renferme de grandes richesses en diamants, or et argent. Le commerce est assez actif ainsi que la pêche. On y trouve une assez grande quantité de boutiques, la plupart tenues par

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des Grecs, et bien fournies de draps, châles, tabac, perles, fruits, etc. On en exporte du poisson, du fer, du caviar et du vin. Les rues de cette ville, parcourues continuellement par une foule d'individus <le nations, de langages et de costumes divers, offrent un aspect curieux et animé. On attribue la fondation de Tcherkask à une colonie de Grecs. Elle devint, sous les Russes, le chef-lieu du gouvernement des Cosaques, dont on a ensuite transféré le siège à Novoï- Tcherkask. La fondation de cette dernière ville parut d'abord Jui porter un coup funeste ; mais son heureuse situation sur un fleuve qui lui ouvre des communications faciles avec la mer d'Azov et l'intérieur de l'empire lui a conservé son influence commerciale, malgré l'insalubrité de l'air qu'on y respire. La forteresse qui protégeait cette ville est ruinée et son port fortement ensablé.

TC11EBKASSJE Ou TCHERKASY, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et à 30G kilom. S.-E. de Kiev, sur le Dnieper; 14, 000 hab.; eh.-l. de district. Elle a été fondée à la fin du xme siècle par les Cosaques.

TCHEHKESSE s. ( tchèr-kè-se ). Géogr.

Membre d'un peuple vulgairement appelé Circassiun : Les mœurs des Tchurkusses.

— adj. Qui appartient aux Tcherkesses : Les mœurs tchkrkessbs.

— Langue. V. CircaSSIen.

TCHERKESSES, peuple nomade de la Russie d'Europe, dans la Circassie, où il habite principalement la Grande et la Petite Kaburda, situées entre la droite du Térek et le Caucase, et les contrées situées entre cette même chaîne de montagnes et le Kouban, jusque près d'Anapa. « Les Tcherkesses , écrit, M. DuUnrier (Itevue des Deux-Mondes du 15 avril isai), comme les autres enfants du Caucase, dépourvus de toute culture intellectuelle, ignorent l'art de fixer la pensée par des f-ignrs conventionnels; par conséquent, ils n'ont point de monuments écrits, et ne se sont jamais inquiétés de préserverde l'oubli la mémoire du passé. Ce n'est que do loin en loin que se rencontrent quelques lambeaux de leur histoire dans'des annales étrangères. Ces témoignages, quoique rares, nous ' apprennent que les Tcherkesses ont été asservis ou inquiétés par tous les peuples qui ont dicté des lois a la péninsule Taurique, Romains, Grecs-Byzantins, Huns, Khazares, Russes et Mongols, ainsi que par les Géorgiens; mais que rien n'a pu affaiblir leur indomptable amour de l'indépendance et qu'ils ont secoué le joug dès qu'ils l'ont pu. Co qui frappe dans les institutions et les coutumes des montagnards caucasiens en généra!, c'est la persistance avec laqullee ils les ont maintenues, et qui a triomphé do l'action du temps. Les descriptions écrites à des intervalles très-éloignés, celles de Strabon d'Interiano,etla relation de M.Stanislas Bell, qui est la plus récente (1838-1839), semblent avoir été calquées sur un même modèle. La vie du brigandage et de piraterie, la venta des esclaves ainsi que des prisonniers enlevés dans des razzias sans trêve ni tin ; Je culte de l'hospitalité, le régime aristocratique et féodal que piête Strabon aux Akhêens, aux Zykhes et aux Héiiiokhes, reparaissent sans le moindre changement chez lus Tcherkesses. Strabon raconte qu'ils étaient gouvernés par dos skeptonkltes (porte- sceptre), qui avaient eux-mèinos au-dessus d'eux des rois ou tyrans. Ils en comptaient quatre ù leur tête, lor que Mithridate s'enfuit des bords du l'haie vers le Bosphore Cimmérien. Redoutant de s'engager sur le territoire des Héniokhes à cause de leur férocité et de l'aspérité des lieux, il passa par mer chez les Akhéens, qui lui accordèrent asile. On voit que le géographe d'Amasie a connu les deux degrés supérieurs de la société tcherkesse : les rois, qui oorrespondeniaux pchés actuels, et les skeptonkhes, qui sont les nobles du plus haut rang, work. En descendant sur cette échelle hiérarchique, on trouve les affranchis, les serfs attachés à la glèbe, enfin les esclaves. Quoique les Tcherkesses soient dépourvus de jous écrites, ils ont cependant un ensemble de coutumes (odat) qui les régissent depuis un temps immémorial. Elles sont basées sur trois principes: l'exercice do l'hospitalité, le respect pour les vieillards et lo droit de la vengeance. Aucun tribunal permanent ne règle le cours de la justice, nulle autorité n'est investie de la mission de poursuivre les coupables ou de faire exécuter l'odat, et cependant M. Bell affirme qu'il se commet moins de crimes dans la Circassie que dans lès pays civilisés, où la justice est protégea par un formidable appareil de répression. Toute affaire litigieuse ou communale est remise à la décision d'une réunion populaire tenue en plein vent et composée des princes, des nobles et même des serfs. Le rang ou l'âge détermina la préséance. Dans ces tribunaux improvisés, le nombre des juges est proportionné à l'importance de l'affaire : il y en a quinze pour un cas de meurtre. Les mollahsturks , envoyés k différentes reprises chez les Tcherkesses comme apôtres ou comme émissaires politiques, et entre autres le célèbre cheikh Munsour, dont il est question pour la première fois dans les annales caucasiennes eu l"So, se sont eiforcés de faire prévaloir le schariat, la loi fondée sur lu Corau. Le zèle de ces missionnaires

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tendait à proscrire Yodat, ou la loi coutumière, comme contraire aux prescriptions de Dieu ; mais il n'a pu abolir la loi du sang ou du talion. Schamyl seul, avec sa volonté de fer, a réussi à la faire disparaître dans le Caucase oriental ; mais ce n'est qu'après s'être fait accepter comme pontife, chef militaire et législateur par des populations entièrement musulmanes, animées d'une ferveur inconnue aux Tcherkesses. Pour ceuxci, la vendetta est un droit sacré, imprescriptible. Le sang versé exige l'effusion du sang. Le fils en naissant hérite de ce droit. Le parent doit venger le parent, l'hôte son hôte. Le point d'honneur l'y oblige et lui permet d'employer tous les moyens pour y parvenir, la force ouverte ou la ruse, sous peine, s'il y manque, d'être chassé comme un lâche. Ces «endette, qui se transmettent de génération en génération, deviennent quelquefois le lot d'une famille, de toute une hétairie {tleûseh). Si le coupable vient à mourir, la dette n'est pas éteinte, elle incombe à celui qui représente le défunt jusqu'à ce -qu'enfin elle soit acquittée, ou que le sang ait été racheté au moyen d'une somme fixée par des arbitres, ou effacé par un mariage ; mais les princes et les nobles sont inflexibles dans l'exercice de ces représailles, et n'acceptent jamais de composition. La coutume de la vendetta est Sans doute une monstruosité; cependant elle est un correctif nécessaire dans un état da liberté illimitée, le frein le plus puissant contre les attentats à la vie humaine. Les Tcherkesses ne sont point une émanation de ces races inférieures , à coloration rouge ou jaune qui, par une sorte de loi fatale, se sont dispersées et comme évanouies au souffle meurtrier de la race blanche, sur une foule de points du globe; ils appartiennent a. cette même race blanche comme un de ses types les plus beaux ; ils ont en germe toutes ses qualités morales, ils sont doués au plus haut degré d'énergie et d'activité. Ces qualités, ils les ont déployées partout où le sort les a jetés , dans l'ancien empire des califes, en Egypte et en Turquie. Nous inclinerions plus volontiers à croire qu'au moment où sonnera l'heure suprême de leur asservissement, ils feront ce qu'une partie d'entre eux a fait déjà : ils courberont la tête avec l'espérance sans doute illusoire, de jours meilleurs, ou bien ils iront chercher une nouvelle patrie sur la terre étrangère. Ce ne sont pas seulement les dissensions intestines qui leur ont été funestes; leur ruine est due aussi à un concours de circonstances fatales, indépendantes de leur volonté, la substitution des Russes, comme voisins immédiats en Crinn'e, aux Tartares , adversaires qu'ils pouvaient contrebalancer, l'affaiblissement graduel de la Turquie, leur auxiliaire naturel, et le blocus rigoureux de leurs côtes par les croisières russes, qui les a laissés eu proie au dénûment et à la famine. »

« On se représente ordinairement les Tcherkesses, dit Frédéric Dubois de Montpéreux, comme un ramassis de brigands et d'hommes sauvages, sans foi ni loi; on se trompe. L'état actuel de la Circassie nous donne une idée de la civilisation de la Germanie et de la France sous leurs premiers rois. C'est un modèle do l'aristocratie féodale et chevaleresque du moyen âge ; c'est l'aristocratie de la Grèce antique. La constitution est purement féodale; l'esprit des castes est aussi sévère que naguère en France, en Allemagne. Les princes, les anciens nobles, les affranchis, les serfs, les esclaves, forment cinq classes bien tranchées.

» Le titre de prince, pcheh, pchi, en tcherkesse, no s'acquiert plus que par la naissance. Aussi les princes sont-ils très-sévères dans leurs alliances pour se conserver une généalogie sans tache. Ils ne se marient qu'entre eux, et tiennent h grand déshonneur une mésalliance. Leur puissance dépend du nombre de vassaux, de parents et d'alliés qu'ils peuvent mettre sous les armes. Leurs filles, à défaut de fils, transmettent quelquefois la principauté à ceux qu'elles épousent, mais elle est inférieure à celle acquise par les exploits militaires.

» La seconde classe est celle des nobles, work, dont quelques-uns deviennent trèspuissants en s'alliant à des familles nombreuses. Ils sont les éctij'ers des princes, les servent à table. La classe des affranchis comprenait les serfs qui avaient obtenu la liberté pour quelques services rendus, ou qui, ayant été vendus comme esclaves, revenaient dans leur patrie avec une petite fortune, avec laquelle ils faisaient l'acquisition d'un domaine. La liberté passait U leur descendance, et ils jouissaient dus mêmes droits que les nobles.

» La quatrième classe, celle des vassaux ou serfs, semblables à ceux qui existaient en Europe lors de la féodalité, vivent, de père en fils, sous la dépendance d'un prince ou d'un noble dont ils labourent les champs en temps de paix, et qu'ils défendent en temps de guerre. Chacuu d'eux possède un terrain et des bestiaux sur lesquels le seigneur n'a aucun droit; il n'en a point non plus sur le vassal lui-même, ni sur sa famille qui, pour des motifs de mécontentement, est libre d'aller s'établir ailleurs. Ce n'est qu'à titre de punition et après un jugement qu'un seigneur peut les vendre, et, dans ce cas, l'affaire doit être jugée par une ussemblée. Ces quatre classes différent peu antre elles pour

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l'habillement et la vie domestique; la plus parfaite égalité même règne parmi elles, tant l'influence du prince et des nobles sur les vassaux est peu sensible ; c'est une influence de confiance, de persuasion patriarcale , toute l'autorité est réglée par les anciens usages. La cinquième classe est celle des esclaves, Icho'filiolt; tout étranger qui s'aventure dans ces pays-là, et qui ne peut nommer son conak ou son hôte, peut compter d'être fait esclave ; les princes et les nobles en augmentent journellement le nombre dans leurs courses sur le territoire russe et c'est un objet de richesse pour le propriétaire, qui les vend aux Turcs, ou qui les garde pour augmenter le nombre de ses vassaux, et les marie. Tous les princes sont égaux entre eux, de même que les nobles. Dans toute cette vaste population opposée à la Russie, et qui, comme je viens de le dire, peut mettre près de 100,000 hommes sous les armes, aucune tête influente ne peut régulariser une coalition, un plan général d'attaque et de défense; chaque prince, chaque noble, même chaque affranchi -est son maître et n'obéit qu'à luimême. Des milliers d'intérêts divisent donc ce peuple en une multitude de tribus, de familles indépendantes, jalouses les unes des autres, jalouses de leur liberté, et souvent séparées pour toujours par la terrible loi du Sang, la loi de la vengeance qui perpétue pendant des siècles la haine entre les tribus et les familles.

• Les femmes tcherkesses rivalisent en beauté avec les Géorgiennes, sans qu'on puisse se décider pour les unes ou pour les autres. Taitbout, qui a mieux vu que moi les premières, dit que leur tète est allongée, et que leurs traits sont communément grands et réguliers; leurs yeux, la plupart noirs, sont brillants et bien fendus, et elles les regnrdent comme une de leurs plus puissantes armes. Les sourcils sont bien marqués; elles ont lo teint olivâtre. Les jeunes filles portent de très-bonne heure, «lès l'âge de dix à douze ans, un corset, ou. large ceinture en cuir, cousu sur la peau; les filles nobles l'attachent avec des agrafes d'argent. Ces corsets leur serrent tellement la taille qu'il n'y a pas de femmes qui l'aient plus mince; il comprime aussi le buste de façon à en empêcher tout le développement. Les jeunes Tcherkesses non mariées ont toutes la poitrine (gorge) plate et frappent sous ce rappor t. Ce n'est que le jour de leur mariage que leur époux a le droit de découdre leur corset avec la pointe de son poignard. Pour conserver cette taille svelte qui est un apanage de la beauté chez les Tcherkesses , on nourrit très-mal les jeunes filles; on ne leur donne que du lait, des gâteaux, de la pâte de millet. Si les femmes doivent avoir la taille mince au-dessus des hanches, il faut que le bas du corps soit gros, le ventre saillant, ce qui nous paraîtrait une difformité.

» Elles laissent pendre, comme les Tartares, leurs cheveux liés en tresses; leur costume consiste en une chemise qu'elles nouent avec un cordon, et en larges pantalons, que ne masque pas la robe de dessus agrafée par une ceinture. Les jeunes filles ne prennent le costume des femmes mariées qu'après leurs premières couches ; elles commencent alors à se couvrir la tête d'un linge blanc qui, serré sanj plis sur le front, s'attache sous le menton. M. Taitbout de Marigny ne fait pas l'éloge de leur démarche, qui lui a paru lente et nonchalante; mais ici je crois que nous ne jugerions que par des exceptions. Il leur a trouvé de 1 esprit; leur imagination est vive, susceptible de grandes passions; aimant la gloire et s enorgueillissant de celle que leurs maris acquièrent dans les combats.

■ Les jeunes tilles apprennent chez leurs atalilts à broder, a tisser des galons, à coudre des robes, à tresser des corbeilles, des nattes de paille et autres ouvrages agréables de leur sexe. Elles ne sont point séquestrées comme dans l'Orient; elles participent au contraire iuix mêmes divertissements que les jeunes garçons; elles ne sont ni gênées ni timides; eues servent les étrangers qui arrivent chez leurs parents.

» Leurs danses ne diffèrent guère de celles de toutes les peuplades caucasiennes; les danseurs s'étudient à faire toutes sortes do pas et d'entrechats, comme les Cosaques qui tiennent peut-être leur danse favorite des Tcherkesses. Leur musique est un violon à trois cordes, un flageolet et un tambour de basque, comme chez les Tartares Nogaïs ; ce qui ne forme pas une harmonie des plus agréables. »

TCHERNAÏA, rivière de la Russie d'Europe (Crimée). Elle prend sa source près de Baïdar et se jette au fond de la baie de Sébastopol. Les Russes y furent défaits, près du pont de Traktir, par les Français et les Sardes, le 16 avril 1855.

Tci.criiaï« (bataille db là). Les progrès de plus en plus ineuaçants de nos attaques devant Sébastopol, le prolongement formidable de nos parallèles, que quelques mètres seulement séparaient du corps de la place, déterminèrent les Russes, avant la lutte suprême à laquelle ils s'attendaient chaque jour, à tenter un dernier effort sur notre armée d'observation, qui couvrait et protégeait les travaux du siège. Une victoire de leur part privait les assiégeants de leur point d'appui, jetait une confusion irréparable

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dans leurs opérations et rendait inutiles , en quelques heures , tous les efforts faits depuis près d'un an. Vers la fin de la journée du 15 août 1855, le général Herbillon, qui commandait le corps d'armée placé sur la Tchernaïa, reçut du général d'Allonville une dépêche télégraphique qui lui annonçait que les Russes avuient été en mouvement toute la journée, et que de fortes masses menaçaient son flanc gauche. De semblables avertissements s'étaient déjà plusieurs fois renouvelés sans amener après eux d'événements, sérieux; mais ce dernier était fondé, car les Russes avuient projeté une attaque pour le lendemain (16 août) à la pointe du jour. Pendant la nuit, six divisions d'infanterie russe, descendant des hauteurs de Mackensie et du haut Schouliou, vinrent prendre position sur la Tchernaïa, appuyées par 160 pièces de canon et trois divisions de cavalerie. Cette armée était commandée par le général Read. Ce furent les avant-postes piémontais qui essuyèrent le premier feu de l'ennemi. Au bruit du canon, les trois divisions françaises prirent les armes et occupèrent les positions qui leur avaient été assignées à 1 avance. Toutefois, un brouillard irès-épais qui ré-

fnait sur la Tchernaïa, et auquel se joignait épaisse fumée de l'artillerie russe, empêchait de distinguer le point d'attaque choisi par l'ennemi et rendait facile à ce dernier le passage de la rivière, qu'il opérait déjà, malgré le feu soutenu de quelques bataillons accourus au secours des avant-postes. A l'extrême gauche, une de ces divisions, après avoir franchi le canal qui traverse laTcheruaïa sur un pont-aqueduc, s'avance audacieusement avec la confiance d'un succès assuré, et se heurte contre la division Camou. Alors nos régiments abordent les Russes à la baïonnette et les forcent à repasser le canal en désordre. Mais c'est sur le centre, c'est au pont de Traktir que le corps commandé par le général Read en personne dirige sa principale i attaque. Les colonnes ennemies se ruent sur le pont, dont la garde a* été confiée au i général de Failly ; protégées par le feu de l leur artillerie et per l'épaisseur du brouillard, elles traversent la Tchernaïa a. l'aide do passages improvisés, avec des échelles, des ponts volants et des madriers, et refoulent nos soldats assaillis sur tous les points par un ennemi supérieur. En ce moment, le 73a arrive au pas de course vers le général de Failly; le général Clor débouche avec trois bataillons sur le mamelon à droite de la gorge de Traktir, taudis que deux bataillons du 2L' zouaves et quelques compagnies du 19a chasseurs, soutiennent la droite du général Faucheux. Alors, des deux côtés à la fois, change tout à coup la face du combat. Le général de Failly reprend vigoureusement l'offensive, A la voix de leurs chefs, les soldats, électrisés, se précipitent sur l'ennemi. Les Kusses, étonnés, s'arrêtent et essayent vainement de résister à ce choc impétueux ; ils sont contraints de reculer, et ils se hâtent de repasser le pont et d'abandonner lo terraiu qu'ils venaient de conquérir.

Cependant, une nouvel, e division russe est descendue en toute bute des hauteurs du Schouliou au secours de celles que nos régiments ont refoulées. Elles se reforment ensemble, se divisent en trois colonnes et su disposent à attaquer de nouveau les gorges en arrière de Traktir. Le brouillard s'est dissipé, et l'on peut suivre du regard sur les pentes opposées les mouvements de l'en nemi . Sur le front de notre ligne, le colonel Forgeot a disposé un ensemble de sept batteries, qui tonnent h la fois contre les masses assaillantes. D'un autre côté arrivaient, avec le général en chef Canrobert, la division Levaillunt, du l»r corps, la division Dulac, du Z*, et la garde, solides réserves destinées à appuyer l'inébranlable résistance de nos soldats. La lutte recommence plus acharnée, ■plus sanglante ; car la prince Gortschakoff a pris lui-même le commandement de l'aito droite, remplaçant le général Read, mortellement frappé Ces ledébut de la bataille. Les Russes reviennent à la charge, plus audacieux, plus résolus, plus entreprenants, et tentent de nouveau l'attaque du pont. Le colonel Danner se lance alors en avant avec le 950, taudis qu'au centre de la ligne lo général de Failly- soutient énergiqueinont 1 attaque et arrête l'ennemi. A droite, c'est le 2e zouaves et les bataillons du général Cler qui repoussent l'ennemi au delà de la Tchernaïa. Mais les Russes ne renoncent point encore à l'espoir de vaincre. A l'extrême droite française, ils tentent d'opiniâtres efforts pour forcer le passage qui s'ouvre sur la petite plaine de Balaclava, point auquel s'appuyait l'armée piémotitaise. Aussitôt le général La Marinera envoie la 2a division, commandée par le général Trotti, prendre position sur lo canal, en descendant rapidement les pentes qui l'en séparent. Les troupes sardes étaient avides de combattre; pour la première fois elles se trouvaient eu face des Eusses, et, sur le champ de bataille de Crimée, elles espéraient donner de nouvelles preuves de leur intrépidité. Le combat s'en gage sur toute la ligne. Les Sardes luttent \ igotireusement, et le général Woiiteveochjo tombe grièvement blessé. Mais l'ennemi, pris à la fois de front et sur les flancs, décimé par une vive fusillade et par les boulets des batteries françaises et pièmontaises, lutte en vain pour exécuter son mouvement. 11 veut enliu

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gravir le contre-fort, afln d'occuper le plateau a l'extrémité duquel nous avons placé une batterie d artillerie. Le général Cler est là ; il le laisse monter sans l'inquiéter et place, en arrière des pièces, deux bataillons. Bientôt les Russes atteignent le plateau ; les canons les accueillent par une dernière salve; le général fait battre la charge et lance ses deux bataillons, dont le choc irrésistible jette le carnage et le désordre dans les rangs enr.emis. Le régiment d'Odessa, qui marchait en avant, perdit son colonel et presque tous ses officiers.

Sur tous les autres points, l'attaque n'avait point eu plus de succès, et comme à l'Aima, comme à Inkermann, les Russes, dont l'imlétueuse valeur de nos soldats avait lassé 'opiniâtreté, s'éloignèrent enfin en laissant le champ de bataille jonché de morts. Cette lutte sanglante, qui avait duré cinq heures 'consécutives, avait prouvé une fois de plus aux Russes l'impossibilité de forcer nos positions. Les abords de la Tchernaïa étaient littéralement couverts de cadavres ; ces traces humaines se prolongeaient sur le flanc des collines et dans la gorge des ravins, partout où l'ennemi avait tenté d'enfoncer nos lignes. Il fallut une suspension d'armes de deux jours pour enterrer les morts.

TCHERN1CHEF ou TCHERNYCHEF, nom

d'une ancienne famille russe, qui se partage en deux lignes, ligne princiëre et ligne cominle, et qui descend de Jean Czemeeki (Tchenielzki), lequel émigra, en 1493, de Pologne en Russie et fut nommé par le czar Ivan Vasiliévitch Ier doumnui dvorianine. C'est à la ligne cadette qu'appartenait Grégoire Tchbrnichkf, né en 1672, mort en 1745, connu dans l'histoire comme l'un des meilleurs généraux de Pierre le Grand. Il fut d'abord slolnik (éohanson) des czars Ivan et Pierre, mais renonça à cet emploi pour embrasser l'état militaire. Entré au service comme simple soldat en 1699, il assista, en 1701, à la prise de Kokenhausen et de Dunamund, en 1702 à celle de Schlusselbourg et en 1703 à celle do Kanetz. Promu major en 1704, il ne tarda pas à se signaler à l'attaque de Narva. Quoique blessé au fort de l'action, il y pénètre par une brèche, occupe ensuite Visehgorod, où il fait prisonnier le général Karn, commandant de la place de Narva, et enlève quelques jours après le château d'Ivangorod. Pierre ltf le nomma lieutenant-colonel en récompense de ses exploits. En 1708, lors de la trahison de Mazeppa, il empêcha les Suédois de prendre les villes de Novgorod-Seversk et d'Akiyrka, bien que la première eût été assiégée pendant trois mois par Charles XII en personne. Sa valeur à la bataille de Pultava lui valut le grade de brigadier; quelques mois plus tard (mars 1710), il marcha contre Viborg, s'empara des faubourgs de cette ville et, lorsqu'elle eut été prise, en fut nommé commandant. Bientôt après, il se rendit avec une escadre a Helsingfors, lit sauter les batteries de l'ennemi, traça le plan de l'attaque de Cette ville et la dirigea lui-même. 11 fut alors promu major général. Dans la suite, il battit encore les Suédois en plusieurs rencontres. En 1714, malgré la vigoureuse résistance qu'ils opposèrent au passage des Russes par le lac Pelkine, il remporta sur eux une victoire complète. En 1725, Catherine Ire Je créa commissaire général des guerres et lieutenant général et le nomma, l'année suivante, gouverneur de la Livonie. Sous l'impératrice Anne, il devint, en 1730, sénateur et général en chef et reçut, en 1742, d'Elisabeth le titre de comte de l'empire russe. — Il laissa quatre fils : le comte Pierrk, qui fut plusieurs fois envoyé extraordinaire en Danemark, en Prusse et en Angleterre, ensuite ambassadeur en France, et enfin membre du sénat; le comte Grégoire, qui mourut brigadier en 1750 ; le comte ZacHarik, qui fut président du collège de guerre, gouverneur général de Moscou et mourut en 1784; enfin, le comte Ivan, mort en 1797, après avoir été successivement général en chef, vice-président du collège de l'amirauté et sénateur. Un petitfils de- ce dernier, le comte Zaeharie Tchkr- KicHiiF, ayant été déporté en Sibérie, comme impliqué dans la conspiration de 1825, et étant, par suite, mort civilement, l'empereur confèia son titre et son nom à son beaufrère, Ivan Krugiikof, qui prit alors le nom de Teherniehef-Kriiglikof.

TCHERMCHEF ou encore TCHERNYCHEF

(Alexandre Ivanovitch, prince), diplomate et général russe, né en 1779, mort en 1857. il était colonel des Cosaques de la garde lorsqu'il fut envoyé, en 1811, en mission auprès de Napoléon. Touten ayant l'air de s'occuper moins de diplomatie que de fêtes et d'intrigues galantes, il réussit à corrompre un employé des bureaux du ministère de la guerre, qui lui communiqua tous les documents relatifs au plan de l'expédition de Russie. La trahison de l'employé fut découverte, mais déjàTcherniehef avait franchi la frontière. Pendant la campagne de 1812, il dirigea une expédition audacieuse sur les derrières de l'armée française et réussit à délivrer le général Wintzingerode, qui avait été fait prisonnier. En mars 1813, il chassa le générai Augereau de Berlin, battit à Halberstadt le général vfesvphalien Ochs, prit Casse! par surprise ït occupa Soissons en 1814. Promu lieutenant général, il suivit l'empereur Alexan-

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dre aux congrès de Vienne, d'Aix-la-Chapelle et de Vérone, fut plus tard employé à diverses missions diplomatiques et fut créé comte par l'empereur Nicolas, en récompense du dévouement qu'il avait montré pour ce prince lors de la conjuration de 1825, a la répression de laquelle il eut la plus gran-ie part. Nommé, en 1828, ministre de la guerre et chef de l'état-major général de l'empereur, il fit preuve dans ces hautes fonctions des talents les plus remarquables. Sous son administration, l'armée fut complètement réorganisée, l'effectif en fut presque doublé et la plupart des abus furent réprimés. Nicolas ï«ï, qui l'avait élevé, en 1814, au rang de prince, l'appela, en 1848, à la présidence du conseil de l'empire et du conseil des ministres. Son grand âge le força à résigner ces fonctions en 1852, et il mourut cinq ans plus tard àCastellamare, dans l'Italie méridionale.

TCHERMGOV ou CZERMGOV, ville de la Russie d'Europe (Petite-Russie), chef-lieu du gouvernement de son nom, sur. la droite de la Desna, qui y reçoit la Strizka, à 1,104 kilom. de Saint-Pétersbourg, par 51<> 29' 25" de latit. N. et 28° 59' 33" de longit. E.; 17,100 hab. Archevêché; fabriques de draps, de toiles, de cuirs, de savon ; commerce considérable. Elle est ceinte d'un rempart de terre et défendue par une citadelle entourée d'un fossé et de palissades. On y remarque : la cathédrale, qui date du xi» siècle ; la maison impériale d'orphelins, l'école impériale d'arts et métiers, le gymnase et le séminaire. Ancienne ville polono-ruthénienne, elle était jadis la capitale du duché-palatinat. Le premier palatin polonais était, en 1635, Martin Palino-wski, et le dernier, en 1784, Louis Wilga. La fondation de cette ville date du xe siècle ; elle passa dans les mains des Rurikovitsch, princes de Scandinavie. En 1321, elle fut reprise sur eux et sur les Tartares 'par Gedymin, grand-duc de Lithuanie. En 1479, elle fut conquise par le czar Yvan Vassilévitsch, reprise par les Polonais en 1579. Réoccupée par les Moscovites, elle fut restituée à la Pologne en 1634 et reprise de nouveau en 1669, par les Moscovites.

TCHERN1GOV ou CZERN1GOV(gouvkrne-

ment de), entre 27» 58' -32» 28' de longit. E. et 50° 22'-53° 17' de latit. N. ; borné au N.-O. par Mohilev, au N. par Smolensk, au N.-E. par Orel, à l'E. par Koursk, au S.-E. par Pultava, au S.-O. par Kiev, ii l'O. par Minsk; 52,472 kilom. carrés; 1,670,000 hab. Sa surface est plate et arrosée par la Desna, le Dnieper, la Snov, l'ipout, 1 Oster, la Sùni, la Soudost, etc. Le sol y est généralement fertile et on y recueille du blé en abondance, du chanvre, du tabac, du houblon, des fruits, des légumes, etc. On y élève beaucoup de gros bétail et d'abeilles, des chevaux et des porcs. On y comptait, en 1371, 396,000 chevaux, 408,000 bêtes à cornes, 753,000 moutons, 355,000 porcs. 11 y existe des mines de fer, d'alun, de vitriol, de salpêtre, des carrières de pierre à chaux, des tourbières, etc. L'industrie manufacturière y a pour objet la fabrication de draps communs, de toiles et de savon ; des verreries, des tanneries, des brasseries, des usines à fer, la construction des barques, etc. II s'y l'ait un assez grand commerce de bétail, de chevaux, de peaux, de suif, de laine, de porcs, de soies de porc, de draps, de miel, de cire, de chanvre, de lin, de tuiles, de graine et d'huile de lin, de chènevis et d'huile de chènevis, de tabac en feuilles, de bois de construction et à brûler, de graines, d'eau-de-vie, de fruits frais et secs, de potasse, de salpêtre, etc. Ce gouvernement est divisé en quatorze districts. Chef-lieu, Tchernigov ; villes principales : Nechin, Novgorod-Sverski, Gloukov, Starodoub, Mglin, Batourin et Oster.

TCHERNOBOG, idole des Sarmates.V. Czbr-

NOBOG.

TCHERNOBOH (des deux mots slaves tcherny ou csemy, noir, et boh, dieu ), l'un des trois grands dieux sortis de la triple tête de TrygUvw, et qui, d'après la mythologie slave, ont présidé à l'organisation du monde après sa création. Tehernoboh était le roi des dieux noirs ou malfaisants et, comme tel, l'adversaire de Bielboh, le dieu de la lumière. Ainsi que Bielboh avait créé la vie, Tehernoboh créa la mort, qui depuis est en lutte avec la vie, dont elle finit par triompher ; mais ce triomphe n'est qu'apparent et sert de transition à un vie nouvelle. On voit que le dogme de l'immortalité de l'âme était répandu chez les Slaves à l'époque la plus reculée. Il est vraisemblable qu'ils l'avaient emprunté aux Indous, car le mythe slave de Tryglaw ( v. ce mot ) n'est que le mythe légèrement modifie de la trinitè indoue. Il existe encore aujourd'hui à Bamberg, qui était jadis une ville slave, une statue en pierre de Tehernoboh, avec une inscription runique en langue polonaise.

TCHERNOIARSR, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et à 295 kilom. N.-O. d'Astrakhan, sur la rive droite du Volga; 4,000 hab. Elle est entourée de remparts et de bastions réguliers et bien entretenus. Hospice, écoles, casernes; pêche très-productive; éducation des bestiaux ; commerce assez actif avec les Tartares. Elle fut fondée au commencement du xviie siècle.

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TCHEROOAHRAY, chaîne de montagnes de l'Indoustan, dans la province de Madras. Elle forme trois branches, le Mostou, le Mahon et le Salem, qui piésentent un développement d'environ 65 kilom. j

fCHESKAÏA; golfe de l'océan Glacial arctique, sur la côte N. de la Russie (Arkhangel), k l'O. de l'embouchure de la Pêtchora.

TCHESMÉ ou TCHECHEMÉH, ville forte de la Turquie d'Asie, sur le penchant d'une colline et sur l'Archipel, vis-à-vis de l'Ile de Chio, par 38<> 24' de latit. N. et 27" 17' de longit, E., à 84 kilom. O.-S.-O. de Smyrne-, 6,000 hab. Sources thermales et sulfureuses aux environs. Le port de l'ancienne Cyssos, dont la ville actuelle occupe l'emplacement, est célèbre par la bataille que la flotte romaine y remporta sur celle d'Antiochus l'an 193 av. J.-C. Les Russes y détruisirent une escadre turque en 1770.

TCHETALI, lie de la Turquie d'Europe, dans le Danube. Elle a 30 kilom. de longueur sur 13 de largeur et fut cédée à la Turquie par le. gouvernement russe lors du traité de Paris (1856).

TCHÊTANYA, chef de Secte indoue, né à Nadlya. Il vivait au xv« siècle, fonda une secte de vèchnavas et passa pour une incarnation de Vichnou. On représente ce chef de secte en jaune, sous la forme d'un mendiant presque nu. Ii a déjà paru quatre fois sur la terre. Dans le Satya-Youga, il a été Anantâ, sous la couleur blanche ; dans le Trétâ, il a é^té Kapila-Dévo, sous la couleur rouge ; dans là Dwapara, il a été Chrichna, sous la couleur noire ; dans le Kalt, il a été Tchétanya, sous la couleur jaune. Cette secte a beaucoup de partisans parce qu'elle n'admet pas la distinction des castes. En reconnaissant les autres dieux , elle honore particulièrement Hari.

TCHErCHESSES, peuple du Caucase, la plus puissante des tribus de race kisle. ■ Ces tribus, qui formaient un ensemble de 198,000 individus, écrit M. Duluurier (Revue des Deux- Mondes du 15 avril 1861), sont disséminées dans les vallées boisées qui servent de lit aux deux principaux affluents de la rive droite du Terek, la Soundja et l'Argoun, immenses et profonds ravins qui, s'ouvrant à partir du massif central du Daghestan, vont aboutir, en s'élargissant et en s'eifaçant peu a peu, jusque sur les bords de ce fleuve. C'est dans ces lieux, dont l'aspect devient de plus, en plus sauvage à mesure que l'on s'y enronce davantage, que les Tchetchenses ont pu braver si longtemps les armes de la Russie et rester les derniers comme les plus intrépides et les plus ardents auxiliaires de Schamyl. C'est chez eux que l'iman possédait ses retraites les plus sûres, ses places d'armes les plus fortes. Dans leurs traditions, ils racontent qu'ils sont descendus, il y a bien des siècles, des hautes montagnes, et que l'insuffisance et la Stérilité du sol les conduisirent dans les vallées. Ce fut d'abord une population clair-semée dans les forêts. De proche en proche, elle gagna les contrées entre le Terek et la Soundja, entre le bas Argoun et la chaîne de Khan-Kalyk, ensuite les premiers contre-forts des montagnes entre l'Ak-Saï et l'Ak-Tasch Les Tchetchenses étaient alors divisés en tokhoums (familles) vivant séparées et indépendantes l'une de l'uutre. Ces familles, en se rapprochant, formèrent des villages qui avaient chacun son autonomie sous la juridiction, des anciens. Comme le pays était sans maître, chaque tokhoum s'attribua la propriété de la clairière qu'elle avait pratiquée dans les forêts. Les Tchetchenses qui avaient franchi la Soundja et qui s'étaient établis dans les pâturages appartenant aux chefs de la Kabarda durent leur payer, comme redevance, une mesure de froment par maison et se soumettre au régime aristocratique en vigueur parmi les Kabardiens, tandis que les plus voisins du pays des Koumouks reconnaissaient l'autorité des princes qui gouvernaient ce pays. Mais la masse de la nation resta fidèlement attachée à ses institutions démocratiques. Cette séparation des. familles ou tokhoums produisit et entretint parmi les Tchetchenses un état de faiblesse qui les laissait impuissants contre les attaques des Kabardiens et des Tartares Koumouks. Résolus à y mettre un terme, ils envoyèrent, il y a quelques siècles, une députation dans le Goumbet, au nord du Lezghistan, pour inviter une puissante famille de ce district, les Tourlo, à venir les gouverner. Ceux-ci arrivèrent avec une suite de guerriers, réun<rent les tokhoums dispersées et organisèrent un système de défense. Les Tourlo ne changèrent rien au régime communal de leurs nouveaux sujets; ils se bornèrent à leur imposer l'obéissance à une autorité supérieure en cas de danger général. Les Tchetchenses, qui n'avaient été jusqu'alors, que des paysans sauvages et misérables, devinrent de bons soldats , toujours prêts à prendre les armes. Cavaliers moins brillants que les Tcherkesses, ils excellent, suivant 1 opinion d'un militaire qui les a vus de près, le général Ievdokimof, dans les combats de partisans, au milieu des forêts. Aguerris par les Tourlo et rendus redoutables k leurs anciens voisins, les Tchetchenses se lassèrent des maîtres qu'ils s'étaient donnés et les chassèrent. Ils reprirent leur primitive indépen-

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dance et s'y sont maintenus jusqu'à Schamyl. C'est cet iman qui leur apporta la doctrine du muridisme; auparavant, ils professaient l'is lamisme suivant le rit sunnite nu orthodoxe professé par les Turcs Ottomans. Les dogmes de cet islamisme orthodoxe leur avaient été communiqués par les Kabardiens et les Koumouks au commencement du xvm« siccle; mais le principe religieux avait fait peu de progrès parmi eux ; leurs mollahs étaient en petit nombre et ils allaient puiser leur instruction dans les écoles des mosquées du Daghestan. Domptés un instant par le général Yennotof et dociles en apparence, ils commencèrent à se soulever en apprenant les premiers succès de Schamyl. Enfin, en 1840, ils l'appelèrent ouvertement. L'iman, arrivé sur la rivière Ourous-Martan, affluent de la rive droite de la Soundja, reçut leur serment et leurs otages. Pendant un an, il prêcha le muridisme avec tant d'ardeur et de succès, qu'il parvint à soulever toute la contrée et à créer une alliance avec les Lezghis. Secondé par les chefs influents de laTohetchenia,Taschav- Hadji, Akhverdi-Mahoma et Schwaîb-Molla, il organisa la milice des murides en y engageant les hommes des meilleures familles. Aux grossières et imparfaites prescriptions de l'Adat, qui laissaient à chacun le pouvoir et le soin de se faire justice, il substitua la loi du Coran ; à l'anarchie, un gouvernement régulier dont il se réserva tous les pouvoirs. L'humeur farouche et indomptable des TchHchenses, comprimée par Schamyl à son profit, se tourna, dirigée par sa parole entraînante, en un énergique élan; elle devint, entre ses mains, une amte dont les Russes apprirent bientôt à connaître les effets terribles. L'intervention, des Tchetchenses en faveur de l'iman fut sensible dès le début de la guerre. Pendant dix ans (de 1840 à 1850), ils furent décimés, mais jamais abattus. Entraînés en 1859 dans le désastre de Schamyl, ils ont été forcés, comme lui, de subir la loi du vainqueur. Néanmoins, le vieux levain fermentait encore et, dans le courant de l'été de 1860, une insurrection a éclaté dans les gorges boisées de l'Itehkery, en se développant sur toute la contrée riveraine du Scbaro-Ariïouu et de l'Ourous-Martan et le plateau tle Koumonk. Deux chefs, Ouma-Doniev et le kadi Atabnï, S6 sont mis à la tète de bandes armées et ont fait éprouver aux Russes des pertes assez considérables. Le contraste qui existe dans le caractère du Tchetchense et du Tcherkesse se trahit surtout dans la manière dont ils exercent le brigandage. Le premier entreprend ses razzias en plein jour, à visage découvert, en vrai détrousseur de grand chemin. Le Tcherkesse, au contraire, va à la maraude furtivement et durant la nuit. Son audace n'est pas moins grande et rien ne le fait reculer; mais il fait consister surtout le point d'honneur à dérober avec adresse. Le reproche le plus insultant d'une jeune fille à un jeune homme est de lui dire : ■ Tu n'es pas » même capable d'enlever un mouton. » Les Kabardiens et les Koumouks, voisins des TchetcheHses, ont maintes fois acquis à leurs dépens la preuve de ce que savent faire ces intrépides bandits. •

TCHBTVERIK S. m. (tchè-tvé-rik). Métrol.

Mesure de capacité usitée en Russie, et qui vant 26»I',227.

TCHETVERT s. m. (tchè-tvèr), Métrol.

Mesure de capacité usitée en Russie, et qui vaut 209!it,817.

TCHIBOUK s. m. (chi-bouk). Sorte de pipe turque à très-long tuyau : II lâchait de grosses bouffées, comme un musulman près du tuyau de son tchibouk. (Durantin.) Il On écrit aussi

CH1BOUK et CHIBOUQUE S. f.

— Pain, Pipe quelconque.

Tchibouk (le), poésie de Louis Jourdan, musique «le Félicien David. Quelques amis de Félicien David l'ont déterminé, en 1867, à publier un recueil de ses premières mélodies. Quelques-unes, œuvres de jeunesse, ne méritaient pas de voir le jour el firent, par cela même, assez de tort à la publication. Mais, parmi ces cinquante mélodies, il s'en trouve quelques-unes de premier ordre; de ce nombre est le Tchibouk. Nous trouvons là, comme en toutee qu'écrit M. David, une individualité des plus accusées. Sa musique n'est celle de personne. C'est un novateur; les procédés usuels ne sont pas les siens; sa coupe est à lui. Point de première phrase suivie d une réponse; point, ensuite, de développement broché sur le début pour finir par une reprise du motif principal et enfin par une coda. Son morceau à lui n'a qu'une phrase; quand elle est finie, le morceau est terminé. La pensée est toute développée d'elle-même, sans le délayage classique; elle se présente compote; quelquefois, M. David n'a pas réussi ; mais, tort souvent aussi, par ce procédé qui lui est propre, il a doté le domaine musical de chefsd'œuvre. Le Tchibouk est une des mélodies les mieux réussies et les mieux caractérisées de son recueil. On y retrouve en germe et comme condensées en quelques mesures une foule d'originalités développées dans le Désert. La conclusion surtout, A mes yeux éblouis est d'une inconcevable finesse; cette forme appartient bien a M. David, et ce petit morceau du Tchibouk eût facilement trouvé place dans le Désert. Quant à M. Louis Jourdan l'auteur des paroles, serait-ce, par hasard'

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M. Jourdan du Siècle? Si oui, que cette poé- Eie lui soit légère t

1« sTROPna. Allegretto, f

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DEUXIÈME STROPHE

Du tchibouk échappés, Flocons, nuages embaumés,

Quel sylphe aux blanches ailes, Sur vos spirales frêles, Montre [le p.iradis {te*1)] Ames yeux éblouis?

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