‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 965 sur 1059 · QUATRIÈME STROPHE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME STROPHE

A travers le flot pur De ses molles vapeurs d'azur, 0 tchibouk 1 ta fumée, Charmante et douce fée, Seule a [du paradis {ter)] Entr'ouvert les lambris.

TCHICAPOUR, ville de l'Indoustan anglais (Pendjab), à 12 kilora. de la rive guuche du Sind. Aujourd'hui déchue.

TCHICARRA ou TSCHICARRAs. ra. (tchika-ra). Mamm. Espèce d'antilope à quatre cornes, qui habite le Népuul. '

TCHIHATCHEF (Pierre de), savant naturaliste russe, né à Gatohiita, près de Saint- Pétersbourg, en 1812. 11 appariieiu à une famille noble, originaire de la Bohême, qui vint s'établir en Pologne au xive siècle. 11 fut, dans su jeunesse, destiné à la diplomatie, mais le goût des voyages scientifiques le détourna bientôt de cette carrière. Du ministère des relations extérieures, il fut envoyé h l'ambassade russe à Constautinople et y demeura, pour la première fois, de 1841 à 1844. Ce fut pendant son long Séjour en Turquie qu'il conçut l'idée de ses futures explorations en Orient. 11 quitta définitivement la carrière diplomatique pour étudier les sciences naturelles et principalement la géologie. Dans ce but, il alla suivre pendant deux ans les cours de l'Ecole des raines de Freiberg. Il retourna ensuite à Saint- l'étersbourg, et y reçut du gouvernement russe une mission scientifique dans l'Altaï, dont il publia le résultat dans un ouvrage intitulé : Voyage scientifique dans l'Altaï et dans les contrées adjacentes, avec atlas (Paris, 1846, in-4°). A peine revenu de ce voyage, M. de Tchihatchef se mit à chercher les moyens de préparer sa future exploration de l'Asie Mineure. Tout d'abord, il se démit de sa charge de gentilhomme ordinaire de l'empereur de Russie et vendit à son frère la plus grande partie des propriétés dont il avait hérité du chef de sa mère. Avec l'argent qui provint de celte vente, il partit pour l'Asie Mineure, accompagne seulement d'unTurtare et d'un domestique français. Six années durant, au milieu des dangers de toute sorte qui le menaçaient, il parcourut pédestreinent la Turquie d'Asie et publia, à son retour, la relation de ce voyage sou3 ce titre : l'Asie Mineure, description physique, statistique et ar-

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chéologique de cette contrée (Paris, 1853-1862, 4 vol. in-8°), dans une splendide édition comprenant quatre parties distinctes : géographie physique, climatologie et botanique, géologie, statistique et archéologie. M. de Tchihatchef, qui a définitivement fixé sa résidence a Paris, lorsqu'il n'est point occupé à parcourir l'Orient, est membre d'un grand nombre de sociétéssavantesqui ont tenu à honneur de le compter dans leur sein, entre antros, l'Académie des sciences de Paris, la Société de géographie de Londres, la Société minéralogique et des naturalistes de Moscou, l'Institut de Philadelphie , l'Académie des sciences de Prusse, etc. 11 est chevalier de la Légion d'honneur, commandeur des ordres de Sainte- Anne, de Saint-Stanislas et de Saint-Vladimir de Russie , grand officier de l'Aigle rouge de Prusse et grand cordon du Lion et du Soleil de Perse. Nous citerons encore, parmi les travaux de M. de Tchihatchef, outre les mémoires nombreux insérés dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, V Annuaire météorologique, le Journal asiatique, etc. : Lettres à A/. AfoAt sur les antiquités de l'Asie Mineure; Considérations historiques sur les phénomènes de congélation dans le Pont- Euxin et dans la mer d'Azaf; Sur la chèure d'Angora, et sa naturalisation en Europe; Végétation des hautes montagnes de i Asie M ineure (1853-1850); Nouvelle phase de ta question d'Orient ( 1860); la Turquie-Mires (185!) ; !e Itoyaume d'Italie étudié sur les lieux mérnes (1862) ; le Bosphore et Ctinstantinople, avec perspective des pays limitrophes (1864, in-8°, avec tig.), etc.

TCH1K1RA, rivière de la Russie d'Asie (province de l'Amour). Elle descend des monts Stanovoï, coule au S.-E., puis au S.-O., et se jette dans l'Amour après un cours d'environ 750 kilom.

TCHIK1IU ou DZ1NGHIRI , rivière de la Chine ( Mandchoune ), qui prend sa source dans les monts Stanovoï, prés de la frontière de la Sibérie. Elle se dirige vers le S.-E., se grossit du Silimendi et, après un cours de 650 kilom., se jette dans l'Amour, près de Sukhalian-Oula.

TCH1KOIE, rivière de Sibérie, gouvernement d'Irkoutsk. Elle descend des monts Stanovoï et va se perdre dans le Selenga, à 25 kilom. O. de Selingouinsk, après un cours d'environ 750 kilom.

TCHIKOTA.TCIUGODANE ou SPAISGBERG,

appelée aussi ile des Etals, la plus méridionale des lies Kouriles } au S. d'Ituuroup; 140 kilom. sur 50. Sa surface est montagneuse, bien boisée et bien arrosée. On y trouve des renards et des martres-zibelines. Le centre de l'Ile est occupé par un volcan, dont les pentes s'étendent jusqu'aux bords de la mer. Broughton, suivant M. Ennery, y trouva do l'eau douce, un grand nombre de baies, des arbres , des arbustes , beaucoup d'oiseaux , mais aucune trace d'habitants,

TC111-L1 ou TCI1É-L1, province de l'empire chinois, appelée autrefois Pé-tchi-li. Elle est limitée au N. par la Mandchourie et laMongolie, à l'E. par le golfe de Tchi-li ou de Pétchi-li, à l'O. par le Chan-si, et au S. par le Ho-nati. C'est une contrée plate, principalement du côté de la mer. Elle renferme quelques collines de peu d'élévation, qui la sillonnent vers le N. et l'O. On y trouve plusieurs lacs sans importance, dont le principal, le Pehou, situé uans lu partie méridionale de la province, communique avec le Peï-ho (fleuve Blanc), parut! de ses tributaires, le llu-ti. Le Peï-ho et ses affluents, qui coulent de l'O. à J'E., arrosent tout le Tchi-li. Ch.-l., Pékin. Villes principales ; Fao-ting-fou, Tien-tsin, Toung-schéou, etc. La province de Tchi-li renferme 29 millions d'habitants, d'après le recensement do 1812, 17 départements et 104 arrondissements.

Le sol, principalement dans la partie orientale de la province, où il contient beaucoup de nitrate, est on général assez pauvre. 11 produit du millet , de J'orge , beaucoup de plantes légumineuses, plusieurs variétés de fruits et un peu de riz. On y trouve do la houille, quo les habitants emploient pour leur chauffage en la mélangeant avec une sorte d'argile; du marbre, du granit, quelques pierres précieuses, de la terre propre à la fabrication de la brique et de la porcelaine. Les bassins houille» du Tchi-li paraissent tresriches, au dire de M. le marquis de Courcy, et s'étendent au N.-E. de iJekin, sur une longueur considérable. Leurs produits, dont je gouvernement se réserve l'exploitation, sont d'excellente nature.

TCIIILKA, lac de l'Indoustan, dans le district de Gangain (présidence de Madras). Il a 52 ki.om. de longueur sur 20 kilom. de largeur et est mis, par un canal, en communication avec le golfe du Bengale.

TCHINO s. m. (tchingh). Métrol. Mesure de capacité chinoise qui équivaut à 7 décilitres.

TCHING-TCHÉOU.villede Chine (Ho-nan), sur l'Youen-kiang, a 280 kilûin. de Tchancha. Chef-lieu de département.

TCH1NG-TCH1NG-KONG, amiral chinois et roi de b'ormose, désigné par les Européens sous le nom rie Kojinra, mort vers 1670. Son père, le puissant Tohing-tching-kong, était amiral de la flotte de Tsong-tching, dernier empereur de la dynastie des Ming. Mécontent de l'empereur, il quitta la cour, et, lors-

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que les Tartares Mandchous envahirent l'empire (1646), il écouta leurs propositions, mais fut trahi et emprisonné par eux. Indigné contre les Mandchoux du traitement qu'ils faisaient subir à son père,Tching - tching-kong leur jura une guerre implacable, prit le commandement de la flotte (le son père, remporta sur tes envahisseurs plusieurs victoires, et, après la mortdu dernier descendant des Ming, il songea à se faire un établissement pour lui-même. Dans ce but, il chassa les Hollandais des lies Formose et Pong-hou, prit le titre de roi, fit alliance avec les Anglais, qu'il admit dans ses Etats, et continua jusqu'il sa mort à faire la guerre aux Mandchoux. Son flls lui succéda vers 1670, mais fut renversé en 16S3.

TCH JNG-TÉ ou JÉ-HO.ville de Chine, cheflieu du département de son nom, province de Tchéli, à 160 kilom. N.-E. de Pékin. C'est dans te département de Tching -té que l'empereur chinois prend le divertissement de la chasse aux bêtes féroces. On y a établi dans différents li«ux des tribunaux, dont ies Chinois seuls dépendent. Ce pays était anciennement habité par les tribus des barbares Chang-young et Toung-hoU; sous la dynastie de Yuan, il appartenait aux princes de Sou. Après avoir passé successivement aux mains des Ouriangnaïet des Tchnkaï, les diverses tribus qui fhabitaient se soumirent, au commencement du règne de la dynastie actuelle, et furent divisées en bannières. En 1703, on bâtit un château impérial près des rives du Jetro. C'est en 1778 que ce département fut formé et mis sous la dépendance de la province de Tché-li; il a un arrondissement et cinq districts sous sa juridiction; 110,000 hab. Parmi les châteaux impériaux, au delà de la Grande Muraille, on distingue particulièrement celui de Jé-ho ou Jé-hocul ou Cou-pi-chaii-tchouang. Les plus remarquables des temples nombreux de ce dé-, partement sont le Pliou-tho-troung-chingmiao et le Siu-mi-fou-cheou-miao, au N. du château de la ville.

TCH1NG-T1NG, ville de la Chine, province de Tché-li, a 160 kilom. N.-N.-E. de Pékin, ch.-l. du département de son nom. Le département de Tching-ting comprend un arrondissement et treize districts.

TCI11NG-TOII-FOU, villa de Chine, ch.-l.

de la province de Szes-tchouon, à 1,400 kilom. S.-O. de Pékin, par latit. N. 30» 40' 41"; long, E. 101O 49' 30"; 800,000 hab. Elle est traversée par plusieurs canaux qui lui ouvrant des communications avec le Kin-chakiang, au S., et la He-tchain-ho, au N. Le commerce y est actif, et elle est bien peuplée. Ses temples et ses ponts, ainsi que les débris de ses palais, sont remarquables. C'était anciennement la résidence des empereurs, et l'Hue des plus belles et des plus grandes villes de la Chine; mais en 1646, durant les guerres civiles, elle fut en partie ruinée par les Tartares. «Cette ville, dit M. Hue, ancien missionnaire en Chine, est une des plus belles de l'empire chinois. Elle est située au milieu d'une plaine d'une admirable fécondité, arrosée par de belles eaux et bornée & l'horizon par des collines aux formes variées et gracieuses. Ses principales rues sont assez larges, pavées en entier avec de grandes dalles et d'une telle propreté, qu'on serait tente de se demander, en les parcourant, s'il est bien vrai qu'on est dans une ville chinoise. Les magasins, avec leurs longues et brillantes enseignes, l'ordre exquis qui règne dans l'arrangement des marchandises qu'on y étale, le grand nombre et la beauté des tribunaux, des pagodes et des établissements de la classe des lettrés, tout contribue à, faire de Tchingtou-fou une ville- en quelque sorte exceptionnelle : c'est du moins l'impression qui nous est restée, même après avoir visité, dans la suite, les cités les plus renommées des autres provinces. Les habitants de Tching-toufou sont parfaitement à la hauteur de la célébrité de leur ville. La classe supérieure, qui est très-nombreuse, se fait remarquer par une grande élégance dans les manières et dans les vêtements. La classe moyenne rivalise avec la première do politesse et de courtoisie, et paraît vivre dans l'aisance. Les pauvres sont, sans contredit, très-nombreux à Tching-tou-fou, comme en Chine, dans tous les grands centres de population ; mais on peut due que les habitants de cette ville paraissent, en général, jouir de plus de bienêtre que partout ailleurs. •

TCHINGUIZ«KHAN, célèbre conquérant mongol. V. Gengis-Khan.

TCHIN-HÀÏ-H1EN, ville de Chine, province de Tche-kiang, à 20 kilom. N.-E. de Ning-po, à l'embouchure du Tahtsié , au pied d un étroit promontoire. Sur la roche escarpée qui le termine s'élève une citadelle dont les batteries commandent l'entrée de la ville. Tchinhuï-bien, qu'une épaisse digue de granit protège contre les marées et les tempêtes, est entourée d'une muraille haute de 20 pieds ; elle a une lieue de tour. Ses faubourgs ordentla rive N. du fleuve sur une longues dVnviron 5 kilom. Tchin-haï-hien est -"gardé à bon droit comme le premier port de Ntng-po. Les troupes anglaises y remportèrent en 1841 une sanglante victoire sur les troupes impériales.

TCHIN-RlANG-FOCjViUe de la Chine, ch.-l.

du département de son nom, dans la province de Kiang-sou; par 32° 14' 23" de latit. N., et

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1170 4' 10" de longit. E., sur le Ynng-tsékiang, à 71 kilom. N.-E. de Nankin. Ce port est fréquenté par les milliers de jonques qui naviguent dans le Yang-tse-kiang; il est le siège d'un grand commerce, et a été ouvert au commerce étranger par !e traité de Tien- * tsin. Cette cité populeuse et florissante est située à l'embranrhement du grand canal et du Yang-tse-kiang, sur la rive méridionale de ce fleuve. Les campagnes environnâmes sont riches et fertiles. Cette ville est célèbre par la bataille qu'y livrèrent les Anglais en 1842 et par la vaillante résistance de sa garnison mandchoue ; assiégée et prise en 1853 par les rebelles, elle a été ravngée et détruite en partie. « Non loin de Tehin-kiang-fou, dit M. le marquis do Courcy, le cours du grand fleuve embrnsse deux îlots de forme conique, tout couverts de pagodes aux toits vernissés, aux gracieuses sculptures, de jolis jardins et de maisons d'été, de petits temples ombragés par de beaux arbres et soutenus sur des terrasses de granit où veillent les statues de pierre d'animaux fantastiques. Ce sont l'Ile d'Or et l'Ile d'Argent (Kin-chan et Sioungchan) qui étaient avant l'insurrection la résidence des moines bouddhistes. Rien ne paraissait plus riant que cette confusion bizarre lorsqu'on la contemplait, à quelque distance, en naviguant sur les eaux du fleuve; la rage iconoclaste des rebelles a fait de ces lies charmantes un monceau de ruines. •

TCH IN-NGAN, ville de Chine (Kouan-si), à 460 kilom. S.-O. de Kouéi-ling, 80 kilom. N.-E. de Tsoun-y. Ch.-l. de département.

TC1I1N SI ou BARKOUL, ville de Chine (Kan-sou), ch.-l. de département, un peu au S. du lue qui porte son nom. C'est une ville importante, dont les environs sont assez bien cultivés. Elle a une garnison de 1,000 Mandchoux et de 3,000 Chinois. Tchin-si est située sur la grande route qui relie Pékin it Kachgar et traverse ainsi toute l'Asie centrale.

TCHIN-YOUAN , ville de Chine ( Koueïtehéou), ch.-l.du département de son nom, par 2?o f' 12" de latit. N., et I05o 56r 50" de longit. E. Elle est irrégulière et mal bâtie. La crainte dans laquelle les habitants sont des incursions des peuples insoumis qui habitent une partie des montagnes de la province empêche l'érection d'aucun bâtiment de luxe. Le territoire abonde en oranges et en grenades.

TCHI-PERDRIX s. m. (tchi-pèr-dri). Oçnlth. Nom vulgaire du bruant proyer, eu Provence.

TCHIPHOVATZ, ville de la Turquie d'Europe, eyalet et à 90 kilom. S. de Widdin, au pied du mont Vidtrich, sur la Zibriz. Résidence d'un évéque grec qui prend le titre de patriarche de la Bulgarie.

TC1UR, rivière de la Russie d'Europe, qui prend sa source à 20 kilom. N.-E. de Makiatewka, se dirige veTs le S.-E. et, après un cours d'environ 250 kilom., se jette dans le Don, à 10 kilom. S.-O. de Thirskaïa.

TCHIRINlIiOUTANE ou TCH1RKOITR - KO UT ANE, une des lies Kouriles, par 490 go' de latit. N., et 153° 4' de longit. E., et à 40 kilom. S.-O. de Chiche-koutane ; 40 kilom. de circonférence. Un volcan, sur le rivage, jette continuellement de la fumée. La cote est montagneuse et hérissée de rochers. Elle sert de retraite à un grand nombre d'oiseaux sauvages. Elle est inhabitée.

TCH1RMEN, ville de la Turquie d'Europe, eyalet et k 35 kilom. N.-O. d'Andrinople, sur un monticule, près d'un petit affluent de gauche de la Maritza; ch.-l. de sangiai'.at.

TCHIRPOÏ, petite lie de l'archipel des Kouriles, dans le détroit de la Boussole, près et au N.-E. d'Ouroup, par 47" 8' de latit. N. ; elle a environ 40 kilom. de circonférence. Volcan ; lac salé ; source acidulée.

TCIIISTOPOL, ville delà Russie d'Europe, gouvernement et à 132 kilom. S.-E. de Kusan, au confluent de la Kama et de la Berniacheka; 13,030 hab. Ch.-l. d'un district qui compte 170,000 hab.

TCH1TCI1AGOFF (Paul-Vasiliôvitch), amiral russe, uè en 1767, mort à Paris en 1849. Son père, qui avait été amiral sous Catherine II, a laissé un ouvrage intitulé Voyage dans la mer Glaciale (1793). Le jeune Paul fut élevé en Angleterre, où il apprit de bonne heure à aimer les gouvernements libres. De retour en Russie, il entra dans la marine, se conduisit de la façon la plus brillante, en 1789, aux combats de Revel et d'CEland contre les Suédois, et obtint le grade de capitaine. Il commanda, en 1796, l'escudre anglo-russe chargée, sous le duc d'York, de taire évacuer la Hollande aux Français. En montant sur le trône, Alexandre 1er ie nomma amiral et l'appela au ministère de la marine (1802). Il rendit d'importants services dans ce poste, qu'il conserva jusqu'en 1812, puis fut chargé du gouvernement des provinces danubiennes. Lorsque Napoléon eut envahi la Russie, Tchitch^goff fut rappelé pour barrer le passage de la Bérézina aux Français qui battaient en retraite. Mais Napoléon parvint à déjouer ses mesures efà traverser la rivière devant Vesselow, pendant que l'ennemi l'attendait au-dessous de Borisow. Les ennemis de Tcltitchagotf essayèrent de faire tomber sur lui cet insuccès, dont ils le rendirent responsable devant l'empereur Alexun-

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dre. L'amiral se démit de son commandement a la fin de la Campagne et obtint peu après du czar un congé illimité. Il se rendit alors en France, puis en Italie. En 1834, un ukase de l'empereui^Nicolas ayant ordonné aux Russes qui voyageaient à l'étranger de rentrer dans leur pays, sous peine de confiscation de leurs biens, Tchitchagoff pensa qu'il n'était point atteint par cette mesure et resta en Italie. Ayant appris que ses biens venaient d'être confisqués, il rompit avec son gouvernement et se lit naturaliser Anglais pour appartenir à la nation qui jouissait de la plus grande somme de liberté. Néanmoins, il passa la plus grande partie de son temps en France, où il termina sa vie. C'était un officier de beaucoup de talent, un homme d'une grande rigidité de mœurs et d'un désintéressement extrême. De Maistre, quj le connaissait beaucoup, écrivait un jour en parlant de lui : • Il a été élevé en Angleterre, où il a appris surtout à mépriser son p;iys et tout ce qui s'y fait. Ses discours sont d'une hardiesse qui pourrait prendre un autre nom. Gomme il a beaucoup d'esprit et d'originalité, ses traits aigus et polis s'enfoncent profondément. Il passe pour être extrêmement Français, mais la chose est moins vraie qu'on ne le croit, car il est certain qu'il a contracté en Angleterre une admiration pour ce pays qui est très-visible. » On a de lui : Relation du passage de la lià-ësina (Paris, 1814), en français, et des Mémoires (Berlin, 1855), M. Emile Chasles a pub.ib de.N Documents sur l.u vie de l'amiral de rehitcliagnff (Paris, 1854, in-4°).

TCHITCHATTIA s. m. { tch'i-tchatt-ti-a).

Avoitemeut volontaire, dans l'Inde.

— Encycl. Le tchitc/tattia est un des plus granus crimes qui se puissent commettre suivant les livres iiidous, et l'un des cinq manquements énormes qui ne peuvent être expiés par aucun des moyens ordinaires, les pèlerinages, par exemple, aux temples fameux, les ablutions dans les eaux sacrées du Gange ou de l'Indus. Malgré cela, le crime désigné sous ce nom de tc/iitchattia est assez commun dans l'Inde. La seule chose que redoute la foule des veuves, à qui toute union légitime est désormais interdite dans la vigueur de l'âge, et qui ne sont que trop faciles à céder aux séductions auxquelles elles sont exposées, c'est la divulgation de leur incouduile; car la pudeur et la vertu ne sont pas un frein pour elles. Pour s,'atfranchir de cette crainte, l'avorteiiient est leur ressource habituelle; elles y recourent sans scrupule et sans remords ; il n'en est aucune qui ne connaisse les drogues propres à le provoquer. Cette action odieuse, qui révolte !a nature, est, aux yeux des Indous, quoi qu'en disent leurs livres sacrés, une chose sans conséquence ; la destruction d'un être qui n'a pas vu le jour est selon eux un moimlie mal que le déshonneur d'une femme. Néanmoins, et maigre l'élasticité de conscience de la masse des Iudous, le crime de ces mères dénaturées ne reste pas toujours impuni ; il en est quelques-unes qui, succombant à la violence des remèdes, perdent le jour en même temps que l'innocente victime à qui elles l'ont ravi. Cependant, si la potion abortive vient à manquer sou effet et s'il n'y a plus moyeu pour eil«s de cacher les suites de leur incontinence, elles annoncent dans le public qu'elles se proposent d'aller en pèlerinage a llassy ou Benarês, espèce de dévotion fort commune pour les brahmes des deux sexes. Après s'être choisi une coinpagne discrète qu'elles ont mise dans leur confidence, elles se mettent en route; mais le prétendu pèlerinage se termine à quelque lieu \ oisin, chez une parente ou une aime, qui leur facilite les moyens de vivre cachèesjusqu'à ce qu'elles soient débarrassées de leur fardeau. Ce fruit de leur dérèglement est remis à quelque personne qui veut bien s'en charger, et eJles retournent dans le sein de leurs familles. Mais revenons au ichiichattia. Ce sont les gourous, ou prêtres iudous, qui sont chargés de punir les coupables. Dès qu'un fait de cette nature est venu à leurs oreilles, ils sont tenus de faire comparaître la délinquante devant eux, d'ouvriren saprésetice une enquête sérieuse et, si sa culpabilité est démontrée, île lui infliger une punition exemplaire, qui se compose ordinairemeutd'un châtiment corporel et d'une amende très- forte. Mais, il faut le dire, les gourous depuis longtemps déjà se sont considérablement relâchés de leur sévérité sur ce point; ils ne sont pus toujuurs inaccessibles à la corruption, et dans bien des cas ils savent trouver des excuses pour qui connaît les moyens de se les rendre favorables.

TCU1TRAGOUPTA, secrétaire d'Yama, le dieu des morts, dans la mythologie indienne. C'est lui qui tient le registre où sont écrites toutes les actions des hommes. Quand un homme doit mourir, Tohitrugoupta efface son nom de sou livre.

TCH1TREG s. m. (tchi-trèk). Ornith. Genre do passereaux, de la famille des muscioapidces, voisin des gobe-mouches, et comprenant une douzaine d'espèces, qui habitent les rc^iuus tropicales de l'ancien continent et les lies voisines.

TCI11TTRA , ville de l'Indoustan anglais (Calcutta), dans l'ancien Béhar ; par 24° 10' do latit. N. et 82° 24' de longit. E. Siégé d'une cour de justice. Ch,-J. du district da Kumgor.

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TCHOL, rivière de Chine (Mongolie). Elle descend des monts Siolki et se jette dans le Nounin , par deux embouchures, après un cours d'environ 420 kilom.

TCHONSSOVAÏA, rivière de la Russie d'Europe, gouvernement de Perm. Elle prend sa source près d'Iékaterinenburg et se jette dans la Eiimii, près de Perm, après un cours d'environ 550 kilom. Ses principaux affluents sont la Koioa, la Lisova et la Silva. Ses rives sont bordées de montagnes calcaires. Elle nourrit une grande quantité de poissons. Les rochers qui obstruent le lit de cette rivière en rendent la navigation très-périlleuse. Elle sert surtout au transport du fer et du cuivra provenant des mines des monts Oucals.

TCHOOGING s. m. (tchou-jingh). Métrol.

Monnaie japonaise, d'argent et de cuivre, en forme de lingot, dont la valeur est de 4 fr. 80 environ, et qui, n'étant pas destinée à la circulation, est seulement donnée en cadeau.

TCHOROK, TCHOROKHI, DJOVOKH, rivière de la Turquie d'Asie (Erzerouin). Elle prend sa source au mont Kioohapoundagh et va se perdre dans la mer Noire, à 16 kilom. N.-E. de Gouniéh, après un cours d'environ 330 kilom.

TCHORV, île de l'archipel Nicobar, dans le golfe du Bengale, au N.-O. de Terressa, par latit. N. 8» 27', et longit. E. 90° 50'.

TCHOTCH, province de l'Afghanistan, sur la frontière de l'Indoustan, à l'E. de la province de Laghuran; ch.-l., Attock. Cette province, qu'arrose l'Indus, est fertile et bien cultivée.

TCHOUDE adj. (tchou-de). Se dit des peuples finnois ou ouraliens.

— Linguist, So dit d'un idiome flnno-ongrien.

— Encycl. V. finnois.

Tf.HOUDES , nom collectif des Krivines, des Lives ou Livoniens , des Esihoniens, des Karèles et des habitants de la Finlande. On les confond très-souvent, mais à tort, avec les peuplades de race finnoise qui comprennent les habitants de la Norvège septentrionale, les Lapons, lesTchérémisses, les Tchouvaches, lesMordoriens, lesYoûaks, les Vogoules, les Ostiaks et les Hongrois. La langue tchoude, un des grands rameaux de la tige finnoise, comprend les dialectes finnois des côtes de la Baltique. C'est du nom de Tchoudes que les Russes appelaient originairement les peuplades finnoises du nordouest de la Russie ; plus tard, il prit un sens plus général et devint presque synonyme de Scythe , pour désigner toutes les tribus du nord et du centre de l'Asie. Le rameau tchoude comprend le finlandais ou le finnois proprement dit, le karélien et le tuvastien, t'esthonienj le livonien et le lapon. V. FINNOIS.

TCIIOUDOJUIL, roi de Servie. V. Némania.

TCHOUDON, rivière de Sibérie (Iakoutsk).

Elle se jette dans l'océan Glacial arctique, par 70° de latit. N., près de l'embouchure de i'Iana, après un cours d'environ 380 kilom.

TCHOUET s. in. (tchou-è). Ornith. Nom vulgaire du friquet, en Guyenne.

TCRODFOUT-KALÉ, bourg de la Russie, dans les steppes de In mer Caspienne, sur le penchant d'une montagne qui depuis plusieurs siècles est la propriété exclusive de juifs connus sous le nom de Karaïmes ou Karaïtes. « En considérant, dit Mme Hommaire de Hell, la position presque inaccessible de la ville, son manque d'eau, la stéri.ité de son sol, l'isolement de ses habitants, on ne peut être que profondément frappé du besoin de liberté qui fit jadis choisir aux Karaïtes un pareil emplacement et de la constance des familles qui y vivent encore. Tchoufout-Kalé est bâti entièrement sur le roc nu. L'escarpement de lamontiigne est tel, dans l'endroit même où elle est accessible, que l'on a dû creuser des marches sur plusieurs centaines de pas de longueur. A mesure que l'on monte, de grandes masses de rochers, semblables à des forteresses ou à des murs gigantesques, s'avancent au-dessus de votre tête, semblant vous menacer d'une horrible destruction. C'est sous une pareille' impression que l'on entre dans cette ville ruinée, dont les rues pleines de décombres, le silence funèbre et 1 aspect désolé achèvent d'épouvanter l'esprit. Toute la partie inférieure de la montagne, ainsi qu'une vallée étroite et profonde qui s'étend à l'E., est couverte de tombeaux. En face de ta ville, karaïte est le célèbre couvent de l'Assomption, où l'on assure que dans le mois d'août plus de vingt mille pèlerins se trouvent réunis. Les cellules, enchâssées dans le rocher, font un effet très-bizarre et ressemblent à un assemblage de ruches. Quelques escaliers en bois conduisent extérieurement aux divers étages de cet étrange couvent, habité seulement par quelques moines. >

TCHOOG s. m. (tcbough). Ornith. Espèce de faucon, qui habite le Bengale.

TCHOUGATCHE-KONEGA S. m. (tchouga-tche-ko-né-ga). Linguist. Langue des Esquimaux. V. ce dernier mot.

TCJ10UGONIEV, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et à 36 kilom. de Kharkov, district de Smeïer, sur la rive droite de la Sévernoï-Donetz; 10,000 hab. Tannage de

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peaux de mouton, avec lesquelles on fabrique des pelisses, des selles et des sangles trèsrecherchées. Les environs produisent beaucoup de fruits. Cette ville fut fondée sous le règne d'Ivan Vassiliévitch, pour servir de barrière aux incursions des Tartares.

TCHOUÏ, rivière du pays des Kirghiz. Elle sort de l'extrémité O. du lac Touzcoul, en Doungarie. Elle coule au N.-E., reçoit un grand nombre de petites rivières, se dirige a l'O. , forme une chaîne de lacs et se jette dans celui de Kaban-Koulakou Khochikoul, après un cours d'environ 630 kilom.

TCHOUKTCHI s. m. (tchouk-tchi). Linguist. Langue des Esquimaux. V. ce dernier mot.

TCHOUKTCH1S, peuple de la Russie d'Asie, dans le N.-E. de la Sibérie, au N. de l'Anadyr. La tribu se divise en Tehouktchis nomades et Tehouktchis à demeure fixe. Les premiers se nomment eux-mêmes Tchaouktshous et les autres Namollos. Ils parlent des idiomes si différents qu'ils doivent pour se comprendre recourir a des interprètes. La langue des Namollos se rapproche beaucoup de celle des Esquimaux , ce qui a fait supposer à plusieurs ethnographes qu'ils ont la même origine que les populations venues de l'Amérique du Nord. Il est difficile de voir une misère plus profonde que celle des Tehouktchis a demeure fixe. En été , ils résident sous la tente; en hiver, ils s'enferment dans des huttes obscures, construites avec de la terre glaise, et dans lesquelles un Européen ne pénétrerait pas sans. danger d'asphyxie. Aussi malpropre, mais plus vif et plus alerte , le Tehouktchis nomade , autrement appelé Tehouktchis aux renne* , est d'une stature haute et forte. Il a la face aplatie, les joues proéminentes, les yeux petits et le front haut comme l'Allemand de pure race. Quant au Namollo, sa nature physique se rapproche étonnamment de celle du Mongol. Chez l'une ou l'autre de ces peuplades, la jeune fille n'est pas dénuée d'agréments ; mais la femme devient d'une laideur repoussante quand elle a donné le jour à deux ou trois enfants. Son visage se couvre de rides, ses yeux pleurent et ses mamelles lui tombent sur le ventre. C'est un spectacle affligeant et hideux. Le costume des deux peuplades est à peu près uniforme : pardessus eu laine ou en drap semblable à une robe da chambre, chemise de nankin de couleur bleue, pantalon qui affecte la coupe de celui des matelots. Les femmes aiment à se parer la tête , d'un mouchoir en coton, garni sur les ourlets de verroteries et de bandes de fourrure. Des cheveux partagés en deux tresses, tombant le long des tempes, sont la marque distinctive du beau sexe. Ces tresses et le surplus de la chevelure ont l'inconvénient d'être peuplés de vermine. L'homme se rase le sommet de la tête et laisse une touffe au milieu. C'est le nec plus ultra de la fashion. Ses armes consistent en carquois, flèches, lames et couteaux. Chaque lame est orm-e de lettres et de signes hiéroglyphiques. Elles sortent des hauts fourneaux de la Sibérie, où on les fabrique expressément pour cette peuplade. L'arme à feu lui est interdite. Les. Tehouktchis ont des bateaux k fond plat, appelés baïydares. Ces bâtiments, à proue aiguë, sont garnis de peau de morse; leur inarche est lourde, mais ils sont commodes pour l'abordage. Le Tehouktchis a. rennes est peu amateur de la pleine mer ; il ne s'y aventure qu'avec des outres gonflées, qu'il attache à bâbord et à tribord. Les Namollos habitent des cabanes d'une longueur de 3 mètres environ, plus larges par derrière que par devant, dont la maîtresse poutre repose sur quatre piquets, et dont le toit en peau de phoque retombe sur d'autres piquets fixés le long du mur. Cet espace étroit se divise en plusieurs compartiments habités par autant de couples qui y logent avec leur progéniture. Le compartiment du devant sert à la fois de magasin et de garde-meuble à tous les hôtes de la cabane. A l'un des angles intérieurs se trouve le foyer. On y brûle pour chauffage des os de phoques trempés dans l'huile de ces animaux. Comme nourriture d'extra, ces pauvres gens ont le veau marin, dont ils font sécher la chair. Du reste, comme les Chinois, ils mangent tout ce qui leur tombe sous la main : plantes marines, coquillages, reptiles, vers de terre, bêles fauves ne toutes sortes. Le renard puant lui-même ne les dégoûte pas. Une baleine échouée est l'occasion de festins somptueux, qui ne cessent qu'après l'absorption complète du monstre. On ne cuit pas la chair, on se contente de la rôtir à la surface. Les dents servent de couteau, les doigts de fourchette et le creux de la main de cuiller. Jamais le Namollo ne se lave, en sorte que le sang des bêtes qu'il dévore se coagule sur sa figure, sur ses mains et y forme une croûte épaisse. Nous disions que cette peuplade mangeait de tout. C'est une erreur; elle ce mange pas d'oiseaux. Il en résulte que la mouette et la bécasse vivent avec les Tehouktchis dans une grande intimité. On peut en dire autant du chien, seul animal élevé dans les yourtes, avec cette différence que l'intimité pour lui devient un esclavage. On l'accable de travail, et la femme partage avec lui lesgros ouvrages de la maison. Néanmoins, le Tehouktchis ne fait rien sans consulter sa femme; il la charge même de penser à sa place. Pour lui, son plus grand plai-

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sir est de voir danser devant sa cabane le beau sexe, qui exécute les passes les plus indécentes et se livre k toutes sortes de gestes lascifs. Le tabac est sa passion dominante. On s'offre mutuellement une pipe. La religion du pays est le charaanisme.

TCHOOLYM, rivière de Sibérie (lénisséisk et Tomsk). Elle est formée par la réunion de la Bélaie et de la Tchernaïa, coule au N., puis au N.-O., et se jette dans l'Obi par la droite, au village d'Oust-Tchoulimski , par 58° de latit. N., après un cours d'environ soo kilom. Ses principaux affluents sont la Knia et la Kétat,

TCHOUMAR s. m, (tchou-mar). Membre d'une caste indoue.

— Encycl. La caste des tehoumars comprend les corroyeurs, les savetiers et généralement tous les gens qui préparent ou emploient le cuir. Les tehoumars appartiennent a une classe des plus industrieuses; mais en même temps leur caste est une des plus abjectes et des plus méprisables aux yeux des iudous, pour qui le bœuf est un animal sacré, auquel il est interdit de toucher après sa mort. Aussi les tehoumars sont-ils repoussés par toutes les innombrables subdivisions de la caste des sudras ou artisans; ils vivent toujours en un endroit qui leur est réservé dans chaque village ou hameau et demeurent isolés des autres habitants. Du reste, s'ils sont eu horreur k la plupart des coreligionnaires, ils n'en sont pas moins dans une position relativement aisée, grâce k leur industrie et à leur travail ; ils élèvent des volailles qu'ils vendent, mangent du cochon et boivent un breuvage fait avec de la canne à sucre ou avec des fleurs particulières longtemps macérées et qu'ils distillent ensuite, ce qui, d'un autre côté, les rend aussi un objet d'horreur aux musulmans. Ces artisans laborieux et industrieux, par le faitdesuperstitions ridicules, sont à la fois méprisés et repoussés par le plus grand nombre des Indous et par tous les musulmans. Ajoutons que, quelque abjecte que soit leur condition aux yeux des autres Indous et k leurs propres yeux, ils n'en montrent pas moins le plus profond mépris pour les sous-castes plus méprisées qu'eux encore, pour les parias par exemple.

TCHOUMPANIR^ viile de l'Indoustan anglais, dans l'ancien Goudjérate, à 40 kilom. N.-E. de Baroda, Vastes ruines aux environs. Prise par les Anglais eu 1803.

TCHOUNG-K1NG, ville de la Chine, province de Szu-tchouan, k 290 kilom. E.-S.-E. de Tching-tou-fou, par 29° 42'o"de latit. N. et 104° 81' 0" de longit. E. ; oh.-l. de département. C'est une ville de premier ordre et, après Tching-tou-fou, la plus importante de la province. Elle est agréablement située sur la rive gauche du fleuve Bleu. Sur le bord opposé et en face de Tuhoung-king est une autre grande ville, qui pourrait n'en faire qu'une avec la première, si Je fleuve qui les sépare n'était pas d'une largeur aussi considérable.

Tchoung-youiig OU l'Invariabilité dans te

milieu, deuxième livre des Sse-chou ou livres classiques de la philosophie, de la morale et de la politique en Chine. Dans le premier de ces livres, le To-hio, la doctrine, expi-sée par le maître lui-même dans un premiei chapitre intitulé le King, le livre par excellence, est commentée çt développée par son disciple Tshing-tseu; le Lung-yu, le troisième de ces livres, contient sans ordre difFérentes opinions de Confucius, confiées à ses disciples dans des conversations ou entretiens. Le second livre signifie, selon les uns, la persévérance de la conduite dans une ligne droite également éloignée des deux extrêmes, et, selon les autres, il signifie qu'il faut tenir le milieu en se conformant aux temps et aux circonstances. Ce livre a été rédigé par Tseu-sse, qui était disciple et petit-fils de Confucius. Ce livre, où l'auteur semble avoir voulu montrer les rapports de la inorale de Confucius avec certaines idées métaphysiques, est celui des quatre livres classiques qui est le plus comparable a certaines œuvres que nous a laissées l'antiquité, telles que le manuel d'Epictète et le recueil de Mare-Aurèle. C'est aussi de ces trois livres le seul où l'on puisse apercevoir une composition réelle; ce n'est pas qu'il se présente avec ces développements logiques que nous demandons aux livres de cette nature ; mais, si les chapitres ne s'engendrent pas nécessairement les uns les autres, on y voit circuler du moins une idée principale qui est exposée en détail dans le premier chapitre. Par ses préoccupations métaphysiques, par son style poétique et inoins décharné que celui des autres livres, le livre de Tseu-sse occupe dans les quatre livres classiques la place qu'occupe l'Evangile de saint Jean dans les quatre Evangiles. Nous allons analyser rapidement le premier chapitre, qui contient toute la doctrine métaphysique de Confucius et de ses disciples, cette doctrine ayaul déjk été exposée au cours de cet ouvrage.

Et, d'abord, empruntons le commentaire de ce livre traduit par M. Pauthier et qui s'exprime ainsi : • La voie droite ou la règle de conduite tire sa racine fondamentale, sa source primitive, du ciel, et elle ne peut changer; sa substance véritable existe complètement en nous, et 'elle ne peut en être séparée. Notre devoir est de la conserver, de l'entre-

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tenir, de l'avoir sans cesse sous les yeux, et les saints hommes sont ceux qui approchent le plus de l'intelligence divine et l'ont portée par leurs bonnes œuvres à son dernier degré de perfection. Le danger est de dépasser ou de ne pas atteindre cette voie droite, car elle n'est pas évidente pour tout le monde. Ensuite Tseu-sse appuie l'opinion qu'il a émise dans le premier chapitre de quelques paroles du maître qu'il cite, et ces citations occupent dix. chapitres, dont le but est de démontrer que la prudence éclairée, l'humanité ou la charité pour les hommes, la force d'âme sont, selon les expressions de M. Pauthier, la porte par où l'on doit entrer dans la voie droite. > Au xne chapitre, Tseu-sse, qui s'est égaré dans une foule de citations faites sans ordre et sans méthode, reprend son premier chapitre; il nous explique ce qu'il entend par ces expressions ; voie droite ou règle de conduite morale; il reste toujours quelque chose d'inconnu, selon lui, qui dépasse les plus belles intelligences de la terre, et il prononce alors cette parole vraiment extraordinaire : que le ciel et la terre sont grands sans doute, mais que l'homme y trouve encore des imperfections; c'est pourquoi il ajoute que le sage, en parlant de ce que cette règle de conduite a de plus grand, dit que le monde ne peut la contenir et qu'il ne peut la diviser en ce qu'elle a de plus petit; cette règle a un principe dans le coeur du sage; mais delà, s'élevant à sa plus haute manifestation, elle illumine le ciel et la terre. Ceci dit, il quitte encore le développement de son idée et entasse au hasard, dans huit chapitres qui suivent, des citations du philosophe (Confucius). Nous signalons cependant le vingtième chapitre comme un des plus beaux qu'on puisse trouver, non-seulement»dans Confucius, mais dans tous les moralistes chinois. 11 y déduit ce qu'il entend par perfection, qui est d'employer tous ses efforts pour découvrir la loi céleste, le vrai principe du mandat divin; c'est sans nul secours étranger que l'homme parfait atteint cette loi ; il y parvient avec calme et tranquillité; mais il faut qu'il étudie beaucoup pour apprendre tout ce qui est bien; c'est ce ' que développe Tseu-sse dans les onze chapitres qui suiyent le vingtième.

Signalons dans ce livre une conception métaphysique qui existe aussi dans la mythologie indoue et même dans la philosophie alexandrine. On sait, en effet, que dans la première l'homme sage qui aura pratiqué toutes les austérités pourra détrôner Indra, le roi du Swarya, et régner à sa place. On sait égalemeot que la philosophie alexandrine avait divjsé les vertus en quatre espèces, dont les deux dernières, quelle nommait contemplatives et exemplaires, faisaient l'homme dieu; de même, dans la philosophie de Tseu-sse, le saint, le parfait, arrivé au dernier degré de sa puissance, s'égale aux puissances divines de la nature, s'assimile à elles et linaleiuent s'y absorbe. Tseu-sse dit à ce propos : • Pouvant connaître k fond la nature des autres hommes, la loi de leur être et.leur enseigner les devoirs qu'ils ont k observer pour accomplir le mandat du ciel, ils peuvent par cela mémo connaître à fond la nature des autres êtres vivants et végétants et leur faire accomplir leur loi de vitalité selon leur propre nature. Pouvant connaître à fond la nature des êtres vivants et végétants et leur faire accomplir leur loi de vitalité selon leur propre nature, ils peuvent par' cela même, au moyen de leurs facultés intelligentes supérieures, aider le ciel et la terre dans la transformation et l'entretien des êtres pour qu'ils prennent leur complet développement. Pouvant aider le ciel et la terre dans la transformation et l'entretien des êtres, ils peuvent par cela même constituer un troisième pouvoir avec le ciel et la terre. • Il serait curieux de montrer les rapports d'une semblable doctrine avec la philosophie indôue et, dironsnous encore, avec la philosophie de Hegel. Tout porte à croire qu.'avant Confucius la Chine avait possédé une religion dont sa doctrine a arrêté les développements et a détruit les monuments, et qui, malgré lui, s'est retrouvée vaguement, confusément dans le livre de son disciple. Apres les hommes absolument parfaits, Tseu-sse distinguait immédiatement au-dessous d'eux ceux qui font leurs efforts pour rectifier leurs penchants; les hommes parfaits seuls ont le pouvoir d'elfacer,eu opérant de nombreuses conversions, jusqu'aux dernières traces du vice, et leurs facultés sont si puissantes, qu'ils peuvent ; prévoir l'avenir dans la grande herbe nom- I niée chi et sur le dos de la tortue; et c'est : en quoi les hommes souverainement parfaits ressemblent aux intelligences supérieures. - On voit qu'au fond de cette doctrine, qu'on . prétend dépouillée de toute métaphysique, ' il y u la foi dans les sorts et une espèce de < thémgie. Selon Taeu-sse, le parfait est le commencement et la tin des choses; mais j l'homme parfait ne se contente point de se ; perfectionner soi-même, il s'attache aussi à ' perfectionner les autres. Voilà donc le grand principe de l'action morale chez le philosophe chinois. Cette conception de la perfection à la fois morale et métaphysique, de cette perfection suprême, dans laquelle s'identifient puur ainsi dire l'homme et le inonde, méritei ait bien d'être remarquée. La vertu de l'homme souverainement parlait, ajoute Tseu-sse, est Vaste et profonde ; c'est pour cela qu'il a en

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lui la faculté de contribuer à l'entretien et au développement des êtres; elle est haute et resplendissante; c'est pour cela qu'il a en lui la faculté de les éclairer de sa lumière; elle est grande et persévérante; c'est pour cela qu'il a en lui la faculté de contribuer à leur perfectionnement et de s'identifier par ses œuvres avec le ciel et la terre. Voilà de sublimes paroles, et c'est une bonne pensée que de donner pour base à l'univers la vertu de l'homme. Mais si nous allons plus loin, nous allons trouver le défaut de la doctrine ; elle nous parait magnifique dans ses généralités ; mais remarquons que jamais le philosophe chinois ne se donne la peine de définir ce que c'est que le parfait vers lequel l'homme doit tendre sans cesse par un perfectionnement successif; car ce n'est point donner une définition même de la perfection humaine que d'enliler à la suite les unes des autres, à l'aide de sorites interminables, des maximes très-snges, très-honnêtes, d'une vertu trèspratique, mais en somme très-banales et vulgaires; n'oublions point cependant qu'il est dit que c'est en imitant les anciens qu'on parvient à cette .perfection. Si vous demandez pourquoi c'est en imitant les anciens, le philosophe vous répondra que c'est parce que les anciens étaient parfaits, sans entrer jamais dans une exposition claire et vraiment philosophique, et cette pensée que la perfection consiste dans l'imitation des anciens est si évidente qu'elle ne peut être contestée ; mais comment se traduit en acte cette imitation? par des rites. Aussi, dit Tseu-sse, la loi du devoir de l'homme embrasse-l-elle trois cents rites du premier ordre et trois mille du second. En tout, il faut donc pratiquer trois mille trois cents rites pour être un homme parfait. Là, la doctrine tombe dans le ridicule ; c'est d'ailleurs un des malheurs de ce peuple puéril et vieillot , le peuple chinois, que ex plus belles choses qu'on trouve dans sa philosophie, dans son histoire, dans sa littérature sont défigurées toujours par des puérilités. Nous avons vu dans Tseu-sse que l'homme parfait s'identifiait par sa perfection même avec la ciel et la terre ; que la perfection chinoise consiste dans l'accomplissement de trois mille trois cents rites; le philosophe chinois ajoute i i 11 y a trois affaires qu'on doit regarder comme de la plus souveraine importance dan3 le gouvernement d'un empire; ce sont l'établissement des rites ou cérémonies, la fixation des lois soinptuaires et l'altération dans la forme des caractères de l'écriture; ceux qui s'y conforment commettent peu de fautes. ■ Voilà k'quoi aboutit cette doctrine de la perfection humaine dans l'esprit chinois Pour que les lois proposées par un sage puissent être appliquées à l'empire, il faut que ce sage soit revêtu de la dignité souveraine; autrement, quelque excellentes que fussent ses lois, elles n'auraient point d efficacité ; donc c'est au souverain seul que cette mission est réservée, à cette condition qu'il sache se guider selon l'inspiration des puissances supérieures. On trouvera peut-être que c'est là un principe de gouvernement »ssez vague; il est en accord avec le reste du système; mais .reconnaissons qu'il exige que celui qui donne des lois au peuple soit souverainement saint, sans quoi le prince, eu perdant l'affection du peuple, perdra l'empire. Pour l'explication de cette maxime, nous renvoyons le lecteur aux articles Confucius et Muncius, dans ce dictionnaire, où nous avons cherché à démontrer qu'il ne fallait point voir dans cette maxime un symptôme d'opinion? démocratiques très-avancées. On aura pu s'en rendre compte encore dans un article où nous avon3 exposé fidèlement, quoique brièvement, le plus beau livre des Sse-chou, sans dissimuler ce qui nous y semblait acceptable et ce que nous y trouvions de puéril et de trop chinois. V. CONFUCICS.

TCHOUNKODOUARA ou BATE, ville forte de l'indoustan anglais (Bombay), dans une lie du golfe de Kotche, a l'extrémité 0. de ia péninsule de Goudjérate, avec un bon port protégé par un fori ; 10,000 hab. On y voit un temple qui est toujours visité par un grand nombre de pèlerins. Il s'y fait un commerce assez actif.

Tchoatt-taléou OU Hiatofire d«« divers rojrau-

me«, livre sacré des Chinois, faisant partie des cinq Kùtgs.

TCHOUR s. m. (tchour). Voleur indien.

— Village agricole, chez les Arabes d'Afrique.

— Encycl. Les tcliours sont des voleurs remarquables par l'agilité vraiment extraordinaire avec laquelle ils se glissent dans les maisons les mieux gardées et se jouent de toute précaution. L'Inde est le pays classique des voleurs. Ces honnêtes industriels forment des castes entières qui vivent exclusivement et hautement des produits de leur travail. On connaît, grâce au caprice d« nos romanciers, les tJiugs, ces farouches étrangleurs qui enterrent leurs victimes aptes les avoir étranglées et dépouillées; les ducoïli, ces "chauffeurs de l'Inde, qui pénètrent en force dans les habitations isolées et torturent les malheureux habitants jusqu'à ce qu'ils aient déclaré où sont cachées leurs richesses, ou leurs misérables ressources plutôt; les dutureas,o\i empoisonneurs, qui empoisonnent avec le datura qu'ils savent mêler aux aliments les plus communs k la

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i farine dont on fait les galettes, nourriture ordinaire de l'Indou, et cela pour voler un objet de peu de valeur, une misérable couverture, un meuble, une provision de riz ou de farine. Les tchours procèdent autrement; ils n'étranglent pas comme les ihngs, ne torturent pas comme les dacoïti, n'empoisonnent pas comme les datureas; ce sont simplement des voleurs; ils imitent avec une telle perfection le cri du chacal et des bêtes fauves, qu'ils trompent souvent l'oreille de la sentinelle la mieux exercée ; ils s'introduisent, en détournant ainsi l'atten lion, dans les maisons, sous les tentes, et enlèvent tout ce qui tombe sous leur main ; ils ne portent d'ailleurs pas* d'armes avec eux et ne trempent jamais •leurs mains dans le'sang. Depuis que l'administration anglaise les poursuit énergiqueme'nt, leur nombre s'est considérablement réduit.

TCHOURLOCLr- ALI-PACHA, grand vizir ottoman, né à Tchourli, près de Constantinople, décapité en 1711. 11 était fils d'un barbier. On officier, frappé de son intelligence, le fit entrer dans le sérail, où il devint chambellan. En peu de temps, il gagna les bonnes grâces de Mustapha II, qui l'investit de diverses fonctions, devint après la déposition de ce- prince (1702) pacha de Tripoli et fut appelé par Achmet, en 1705, au poste de grand vizir. A cette époque, Charles XII vint demander un asile à la Turquie. Tehourlouli se montra d'abord favorable à ce prince, puis se tourna contre lui. L'irritable et impétueux monarque l'accusa alors auprès du sultan de s'être laissé corrompre par l'or du czar Pierre et le fit déposer (1710). Il était depuis un an relégué à Mytilene, lorsque Achmet donna l'ordre de lui trancher la tête. Tchourlouli avait autant d'éloquence que de jugement et il jouissait d'une grande réputation de sagesse et d'équité.

TCHOUROU, ville de l'indoustan, dans le pays des Radjépoutes, à 160 kilom. E.-N.-E. de Btcauère. Elle a plusieurs faubourgs; son enceinte est fortifiée par des ouvrages en terre glaise.

TCIIOUttOUM, ville de la" Turquie d'Asie (Sivus), ch.-l. de livah, & 160 kilom. N.-O. de Tokat, dans une vallée resserrée entre de hautes montagnes, sur un affluent du Kizil- Ermak. Quelques géographes pensent qu'elle occupe l'emplacement de ia Tavium de Ptolémée. r

TCHOUROUM (livah de), ancienne Galatie orientale. Il est borné au N. et k l'E. par celui d'Amasie, l'eyalet de Bozoq au S. et celui de Kasiamouni à l'O. C'est une contrée généralement montagneuse et couverte de bois. Les quelques plaines qu'on y rencontre, fertilisées par les eaux du K.izil-Ënnak et da ses affluents, produisent en abondance du blé, du vin et des fruits. Les montagnes fournissent du marbre, de l'albâtre et des ardoises.

TCHOU-SAN, nom donné k un archipel chinois, composé d'une centaine d'Iles qui font partie du département de Niug-po et forment plusieurs groupes, dont les principaux sont lesKiou-chanauS. et les Fausses-Selles auN. Ces tics sont divisées adininistrativement en vingt-quatre cantons et ne forment qu'un arrondissement, dont Ting-haï est la capitale. La plus grande lie de l'archipel, celle qui lui donne son nom , a 20 lieues de tour sur 8 de largeur. Elle renferme plusieurs chaînes de montagnes, dont la plus haute mesure 200 mètres. Les arbres y sont trèsrares, la culture des céréales et des végétaux y paraît très-développée. L'Ile entière contient 200,000 habitants. La population totale de l'archipel est évaluée k 300,000 habitants. Une autre des lies de cet archipel, celle de Pou-to, est indépendante et gouvernée despotiqueiiieLt par le supérieur des moines bouddhistes, lesquels, au nombre de 2,000, « constituent, dit M. le marquis de Courcy, son unique population. Oinito-fouh (ami de Bouddha!, dont le nom est inscrit sur tous les rochers da l'Ile et répété cent fois par jour pas ses habitants, est le principal objet de leur culte, bien qu ils honorent aussi la déesse de la Miséricorde. Leurs couvents et leurs temples, décorés d'ornements bizarres, couvrent littéralement l'Ile entière, dont ils embellissent encore les aspects riants et pittoresques. Les plus anciens furent fondes en 550 après J.-C. ; la plupart tombent maintenant en ruine. Aucune femme ne peut débarquer à Pou-to ; ces moines fainéants se recrutent en achetant de jeunes garçons. Le loyer des fermes qui dépendent de leurs monastères, les quêtes qu ils vont faire sur le continent, les aumônes des nombreux pèlerins qui visitent Pou-to, ainsi que les munificences impériales, composent toutes leurs ressources. On dit pourtant que depuis un demi-siècle ils s'adonnent à l'agriculture. <

TCHOUSSOVAÏA, rivière de la Russie d'Europe, qui pren ' sa source dans un petit lac, sur le versant occidental de l'Oural, k 85 kilom. S.-O. d'iékaterinenbufg. Elle se dirige au N.-O., puis à l'O. et, après un cours de 630 kilom,, pendant lequel elle reçoit la Lisova et la Silva à gauche, la Koïva et l'Ousva k droite, elle se jette daus la Kaina, à 15 kilom. N.-E. de Perm. Cette rivière sert k transporter les minerais de cuivre et de fer qu'on extrait des monts Ourals.

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