TCHU
TCHOU-TCHÉOTJ, ville de Chine (Tchekîansr), à 230 kilom. S. de Hang-tchéou, au confluent de deux rivières, par 28° 25' de latit. N. et 137» 13' de longit. E.; ch.-l. de département.
TCHOCVACHES, peuple finnois ou tartare de laRussie d'Europe, répandu entre laSoura et le Volga, dnns les gouvernements de Nijni- Novgorod , Kazan et Orenbourg. On en compte environ 500,000 individus. Longtemps on classa la langue parlée par ce peuple parmi les idiomes finnois; mais il est aujourd'hui démontré qu'elle appartient k la famille tartare. Le génitif des noms se termine en ning ou ing, analogue au ung et ning des dialectes turcs. Le pluriel se forme au moyen du suffixe zam ou zem. La conjugaison des verbes tehouvaches est beaucoup plus simple que celle des verbes turcs, mais elle repose sur les mêmes principes. Le tchouvache a tendance k remplacer par la sifflante s la lettre i, commençant un mot turc. Ainsi, en turc, lï, vent, en tchouvache sil; en turc lier, terre, en tchouvache ser, etc.
Le Tchouvache est petit, maigre et brun de visage. Il est peureux, défiant et cache k l'étranger ses habitudes nationales. On ne trouverait dans l'humanité tout entière ni un cerveau plus obtus ni une tête plus dure. Habillé comme le Russe, il persiste k se chausser d'une manière différente et conserve obstinément ses sandales d'écorce. Il y a plus d'un siècle que les Tehouvaches se font baptiser par re3 prêtres msses, et cela ne les empêche point de conserver l'islamisme, qu'ils ont emprunté aux Tartares, et ( le paganisme, qui est leur religion primitive; ils ont avec tous les cultes des accommodements singuliers. Quelques-uns, néanmoins, n'acceptent pas le mélange et sont ou exclusivement chrétiens ou exclusivement païens. Les premiers sont monogames et les seconds polygames. Ceux-ci ont la tête rasée; ils choisissent le vendredi pour 1s jour du repos, mangent du cheval et du porc avec délices. Pour ce qui est de leur théologie païenne, la voici dans toute sa pureté. Comme les Mordnans, iis ont l'être du bien,Tork, et l'être du mal, Kévémet; le Tchouvache a une peur extrême de la méchanceté de ce dernier. Le ciel est gouverné par Suldi-Torh, qui est marié et auquel on donne un fils. Viennent ensuite Aslaadi-Torà, le grand-père , puis Kébé-Torà, le juge ; Pigainbar, dieu des bestiaux; Péréghète, dieu des richesses; Chewelbura, le dieu-soleil; Oich-Torà, le dieulune; Sit-Tork, le dieu-vent; Sel-Tork, le dieu des voyageurs; Kil-Tork, le dieu de la maison ; Kardi-Tora, le dieu de la basse-cour ; Vurman-Torà, le dieu des chasseurs, entiu le Sirdi-Patscha, qui n'est autre que le ozar luimême. Les Tehouvaches sacrifient k ces divinités des poules, des oies, des génisses, des bœufs et des chevaux. Ils ont un devin attitré, un aruspioe qui décide le genre de victime qu'on doit offiir, soit au bon, aoit au mauvais dieu, soit niêiiie au saiut Nicolas des orthodoxes. En général, celui-ci doit se contenter de peu de chose : un cierge de 4 centimes , deux ou trois signes de croix et, dans les grandes occasions, une miche de pain blanc; voilk tout ce qu'il peut attendre. C'est bien assez, dit le Tchouvache, pour une divinité comme le Nicolas-Torà. Mais lorsqu'il s'agit des vrais Torà, des dieux sérieux, le village ou la famille qui se prépare k sacrifier invite solennellement les amis et connaissances. On brasse la bière, et, au jour convenu, tout le monde arrive pare de ses habits de fête. La victime est attachée k un arbre; on récite une prière, puis on l'égorgé, on la dépouille et l'on fait cuire la châirdans un chaudron colossal, après avoir enveloppé la tête et les intestins dans la peau. Dès que la chair est cuite, on procède à une seconde prière, on mange et l'on brûle ensuite le paquet contenant les résidus, auto-da-fé nauséabond qu'on assure être purfaitemetit agréable au Torà. La cendre est jetée au veut; puis viennent les libations de bière, d'eaude-vie, les danses et tout le reste. Cela dure un ou plusieurs jours, selon la grosseur de la victime et le nombre des invités. Les Tehouvaches ont une peur eitrême des morts.
Quand un des leurs est mis en terre, ils s'empressent de jeter ou de brûler tous les objets qui lui ont appartenu de sou vivant. Une seule chose les épouvante encore plus que le souvenir des morts, c'est la justice russe et les conséquences qu'elle a pour eux. Le jour où un Tchouvache veut se venger d'un ennemi et se venger d'une façon terrible, il se dévoue à Kévémet, prend une corde, entre chez celui qu'il veut perdre, attache sa corde k un clou, soit au grenier, soit k la cave, et se pend. De cette manière, il est sûr que son ennemi n'en réchappera pas et que la vengeance sera complète. En effet, dès qu'un suicide est dénoncé dans uu village tchouvache, arrive la commission ordinaire du bailliage, composée de l'ispravjnk, notable élu pour cette fonction, et du procureur du district. La principale affaire est alors de paperasser le plus possible, et l'enquête se termine par une rafle universelle de l'argent et des biens, non-seuleinent du maître du logis où s'est pendu le Tchouvache, mais souvent encore de tout le village, saigné k blanc par la même occasion.
TCHUNG 3. m. (tchung). Métrol. Mesure de capacité chinoise, qui équivaut k 23S litres.
TEAT
TCHYAVANA, saint personnage 'de la mythologie indienne, petit-fils de Brahma et fils de Bnrigou et Je Poulomâ. Un rnkehasa ayant voulu enlever Poulomâ, qui en était enceinte, l'enfant naquit avant terme; de là son nom de Tebyou, qui veut dire tomber. A sa naissance, il brilla d'un tel feu que le ravisseur de sa mère fut réduit en cendres. Plus tard, il adopta la vie ascétique et il était si profondément plongé dans ses méditations qu il était tout à fait couvert de fourmis blanches. Soueanya, fille du roi Taryàti, se promenant dans la forêt, remarqua, au milieu de ce monticule formé par les fourmis, deux endroits lumineux ; elle y plongea deux tiges de causa, qui, lorsqu'elle les retira, furent suivies de gouttes de sang. La princesse, alarmée, rapporta à son père ce qui lui était arrivé. Le roi, soupçonnant la vérité, se rendit immédiatement sur les lieux pour fléchir la colère du richi et t'apaisa en lui donnant sa fille en mariage. Quelque temps après, les Atteint Coumâras, passant par la demeure de Tchyavana, lui conférèrent !e don de la jeunesse et de la beauté, en reconnaissance de la part qu'il leur avait donnée du jus de soma offert aux dieux dans les sacrifices. Les dieux, avec Indra à leur tète, s'opposèrent à cette faveur,et Indra leva son bras pour frapper Tchyvana à mort avec son tonnerre; le saint paralysa son bras. Pour effrayer les dieux, il créa un mauvais esprit, nommé Mada, qui est l'ivresse personnifiée. Epouvantés à la vue de ce monstre et frappés de la puissance du saint, les dieux consentirent à ce que les Aswini Coumâras participassent aux honneurs divins. Indra recouvra l'usage de son bras. Mada fut divisé et partagé entre le jeu. les femmes et les liqueurs. Eu effet, on peut devenir ivre de ces trois objets.
TE pron. pars, de la deuxième personne. V. TU.
TE s. m. (te). Nom nouveau de la lettre T.
TÉ, TÉE, son anal dans les noms féminins. Se rend par té dans plus de cinq cents mots. Exemples : agilité, austérité, habileté, parenté, etc. Il faut excepter : 1° dictée, Jetée, montée, portée; 2° abattée (mar.), assiettée, battée, bractée, brouettée, buttée, charretée, aentée, évitée (mar.), fourehetée, frottée, futée, liotlee, jatlée, jaiittée, titée, marmitée, nuitée, pâtée, pelletée, platée, potée.
TÉ s. ni. (té). Nom ancien de la lettre T,
— En té, En forme de T : Un tuyau terminé EN T.S.
— Mus. Syllabe qui, dans le système Galin-Paris-CJhevé, représente l'ut dièse.
— Ariill. Ensemble de plusieurs fourneaux affectant la forme de la lettre T.
— Fortif. Ensemble de deux tranchées creusées a 30 mètres environ de la palissade du chemin couvert, et embrassant le saillant.
— Techn. Pièce quelconque ayant la forme d'un T. Il Equerre double dont la forme est celle d'un T, particulièrement employée dans le dessin linéaire. Il Traverse assemblée dans le bas de deux pieds d'un meuble, il Nom donné, à cause de sa forme primitive, au support vertical de l'arbre de couche du métier Jacquard et des mécaniques-armures. H Tuyau de poêle ayant la forme du T. il Vis par laquelle *une lame de couteau tient au inanche.
— Chir. Bandage en té, Bandage ayant la forme de la lettre T.
TEACH, surnommé Black- Beurd (barbe noire), pirate anglais, né vers îa ha du. xvn<= siècle. Apres avoir fait la course contre la France pour des armateurs de la Jamaïque, il résolut de se faire pirate (1716). Il prit particulièrement les deux Caftmues pour théâtre de ses exploits et de ses brigandages et devint bientôt un objet de terreur par su cruauté et par son intrépidité farouche. Sur la demande des habitan ls de la Caroline, le gouverneur de la Virginie leur envoya, avec quelques chaloupes bien armées, le lieutenant de vaisseau Robert Maynard, qui attaqua le fameux corsaire. Teach périt peu après dans une lutte corps à corps avec cet officier.
TÉALL1ER, médecin français, né dans le Puy - de- Dôme en 1791, mort à Paris en 1855. Il fut reçu docteur à Paris en 1817, après avoir été interne des hôpitaux et s'être distingué en celte qualité à 1 hôpital Saint- Louis pendant l'épidémie du typhus de 1314. il alla se fixer à lssoire,prés île son pays natal, mais il ne resta que deux ans dans cette ville et reiura à Paris, où il se fixa définitivement en 1820. Dans le cours de sa carrière, Téallier publia les écrits suivants : Observations de névralgie pneumo- gastrique (1826) ; Mémoire sur des tumeurs et des abcès iliagues (1829); Le tartre siibié et son emploi dans tes maladies (Paris, 1832, in-80); Du cancer de la matrice, de ses causes, de son diagnostic et de son traitement (Paris,' 1836,
TEàNO, ancien Toanurn Sidicinum, bourg du royaume d'Italie, dans l'ex-royaume de Naples (Terre de Labour), au S.-E. de la montagne Rocca-Monrina, entre la Savone et une autre petite rivière, à 22 kilom. N.-N.-O. de Capoue; 5,000 hab. Evêché; ruines d'un amphithéâtre ; vaste château féodal. Aux environs, eeux minérales renommées.
TEATH ou TE1TH, rivière d'Ecosse. Elle pi -*nd sa source à Callander (comté de Penh),
TEAT
se dirige au S.-E. et se jette dans le Forth, j près de Sterling, après un cours de 36 kilom.
TEA-TOTALISME s. m.(tt-to-ta-li-sme — angl. teatotalism; de tea, thé, et de total, total). Tempérance systématique, excluant toute boisson autre que l'eau et le thé.
— Encycj. On nomme ainsi en Angleterre et en Amérique le système de tempérance
Forte à sa plus haute expression, c'est-à-dire abstinence complète de toute boisson spiritueuse. Les tea-totalistes déclarent que toute espèce de boisson fermentée, tout liquide contenant le moindre mélange d'alcool doit être proscrit sous peine d'excommunication. Ils n'admettent pas de transaction ; selon eux, la modération dans l'usage des boissons fermentées est chose impossible : boire raisonnablement est une expression aussi contradictoire que mentir raisonnablement ou voler raisonnablement. Tout ou rien ; les buveurs modérés deviendront tôt ou tard des ivrognes; ils sont d'ailleurs presque aussi coupables par Je mauvais exemple qu'ils donnent que les débitants de liqueurs enivrantes, ces « pourvoyeurs de l'enfer, i ces ■ associés de la mort et du démon, » sur la tète desquels éclatent tous les anathèmes des teatotalistes. On va jusqu'à chercher dans la Bible des arguments contre la fabrication des boissons fermentées.
Parmi les chefs de la secte, on connaît, en Angleterre comme en Amérique, des hommes très-capables, raisonnant de sang-froid, exposant leurs opinions avec calme et les soutenant avec talent. Ces opinions se résument en deux propositions : la première , qu'il y aurait avantage pour le monde en général à ne plus faire usage de boissons fermentées; la seconde , qu'il est du devoir de chacun de s'abstenir de ces stimulants.
A l'appui de l'opinion des tea-totalistes, deux mille médecins, au nombre desquels on compte quelques-unes des sommités de la science, ont rendu une consultation dans laque.le il est déclaré que • l'abstinence totale de boissons enivrantes contribuerait puissamment à la santé, à la prospérité, à la moralité et au bonheur de l'espèce humaine. » Les teatotalistes soutiennent que l'homme travaille mieux lorsqu'il s'abstient complètement de boisions fermentées. Ils appuient également cette assertion sur des observations de fait dans les ateliers et sous les climats les plus différents; l'alcool n'est pas même, disent-ils, un moyen efficace de combattre le froid ; le stimulant augmente, il est vrai, pour le moment, la chaleur du corps; mais cette augmentation momentanée de chaleur est suivie d'une réaction, de sorte qu'elle est sans effet lorsqu'il s'agit de supporter un froid continu. La vraie méthode à suivre en pareil cas est un régime oléagineux, accompagné de boissons chaudes, telles que thé et café.
Le second article delà doctrine du tea-lotalisme est l'obligation pour chaque individu de s'abstenir d'une manière absolue de toute boisson fermentée.
Après avoir pendant longtemps prêché et répandu ces maximes, après avoir fondé de nombreuses sociétés de tempérance, soit modérées, soit teatotalistes, en Angleterre aussi bien qu'en Amérique, les chefs de ce mouvement adoptèrent dans ce dernier pays une nouvelle tactique qui eut un succès étonnant. Ils voulurent taire passer leur doctrine dans la loi, et, chose étrange, ils réussirent dans beaucoup d'Etats. La première législation qui sanctionna leurs dispositions fut celle du Maine, en 1851 ; en voici les principaux articles ; 1* la fabrication, la vente et la fourniture des liqueurs enivrantes sont prohibées, à moins que ce ne soit pour une destination particulière, religieuse, médicinale ou scientifique; 2» les liqueurs alcooliques requises pour 1 une de ces destinations spéciales ne peuvent être vendues que par un seul agent dans chaque ville, lequel ne doit pas tenir une maison d'amusement public; cet agent, qui recevra un salaire fixe, doit être nommé par l'autorité municipale, et les bénéfices de la vente seront versés par lui à la caisse municipale; 3° toute vente illégale de boissons enivrantes est punie d'une amende avec emprisonnement pour récidive ; 40 les liqueurs destinées à être vendues peuvent être saisies et détruites ; 5° l'autorité peut opérer des perquisitions dans les lieux où elle soupçonne qu'il existe des dépôts de ces liqueurs; 6° tes individus en état d'ivresse doivent être arrêtés et détenus jusqu'à ce qu'ils aient fait connaîtra l'endroit où ils se sont proeurn à boire. Ainsi, la seule manière légale dont un habitant du Maine puisse se procurer des liqueurs est de les importer en gros ou de les fabriquer lui-même ; l'usage des liqueurs de fabrication domestique n'est pas interdit. Depuis lors, des lois à peu près identiques ont été rendues par les Etats de Veruioiit, de Rhode-Islaud, de Massachusetts, de Miehigan, parle territoire de Minnesota; elles tendent à passer dans les législations de tous les Etats de l'Union et de la Nouvelle-Angleterre. La cour suprême des Etats-Unis a déclaré ces lois parfaitement constitutionnelles.
En Angleterre, les tea-totalistes font une agitation incessante pour arriver au même résultat, la suppression des cabarets et la prohibition du commerce des liqueurs.
TEA-TOTALISTE s. m. ( ti-to-ta-li-ste).
Partisan du teatotalisme.
TEBE
TEBA, ville d'Espagne (Sêville), à 60 kilom. N.-O. de Malaga, dans une vallée, sur un affluent du Guadalorze, avec un ancien chameau; 4,50û hab. Titre de duché. On y remarque une belle église et une source saline employée en bains. Les campagnes environnantes produisent un vin semblable à celui de Xérès.
TEBALOEO (Antoine), poète italien. V.
Thebaldeo.
Tebaido et laoïina, opéra-séria en deux actes, musique de Morlacchi ; représenté à Dresde en 1820 et au Théâtre royal Italien de Paris en 1827. Le poème a une grande analogie avec celui de Roméo et Juliette. La musique offre des chants d'une charmante élé- ■ gance. Le duo du premier acte et l'air chanté par Mm« Pisaroniont eu du succès. La grande réputation de Morlacchi avait précédé à Paris l'audition de cet ouvrage. Son buste avait été placé au théâtre de Parme avec cette inscription : Orphea mutescit lyra, Morlacchique ÇamœnB suscipiunt genium. En 1805, il avait été chargé de composer la cantate pour le couronnement de Napoléon comme roi d'Italie. Malgré tous ses titres, auxquels est venu s'ajouier celai de maître de chapelle de Saint-Pierre, à Rome, la gloire de Morlacchi s'est éclipsée. On ne chante plus que quelques airs de son Raoul de Créqui, encore populaire à Dresde, où il a été joué pour la première fois en 18 il.
TEBELEN ou TÉPEL1NI, ville de la Turquie d'Europe, eyalet et a 150 kilom. N.-O. de Janina, dans une vallée, au milieu de monts stériles, et sur laVoïoussa, avec un château fort. Patrie du fameux Ali, pacha de Janina.
TÉBENNOPHORE s. m. (té-bènn-no-fo-re — du gr. téùeimopnoros, qui porte la toge ; de téàeana, toge, et de phoros, qui porte). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pulinonés, formé aux dépens des limaces, et dont l'espèce type habite la Caroline.
TEBESSA ou THEDSA, ancienne Thevesta, ville d'Algérie, province et à 188 kilom. S.-E. de Constantine, près dé la frontière de la régence de Tunis, au pied des derniers mamelons N. du Djebel-Ozmour, par 35" 25' de latit. N. et 50 45' de longit. E.; 1,500 hab., dont 200 Européens. Ch.-l. d'un cercle militaire. Casernes, hôpital militaire; chapelle catholique. Sources nombreuses et jardins d'une admirable fertilité; marchés importants ; commerce de bétail, de laine et de tissus indigènes. Le climat est tempéré. Les environs sont fertiles. Les montagnes environnantes sont couvertes de forêts. Tebessa est appelée à devenir un centre européen très-important.
Tebessa est la Thevesta des Romains, civitas T/ievestinorum, d'après une inscription découverte il y a quelques années. « Remarquant, dit M. Letrone, que ni Strabou ni Pline n'eu ont fait mention et qu'on voit paraître pour la première fois son nom dans la géographie de Ptoléinée, puis avec le titre de Colonia dans l'itinéraire d'Antonin, j'ai cru pouvoir en conclure que, si l'établissement romain existait déjà lorsque Pline rédigeait son livre, il devait être peu considérable et qu'il ne prit d'accroissement qu'après Vespasien et Titus. Ce sont là sans doute de simples inductions historiques, qui ont besoin d'être confirmées par les inscriptions qu'on pourra découvrir plus tard à la suite d'une exploration complète de Theveste. ■ Les explorations qui ont eu lieu depuis confirment pleinement les conjectures île M. Letrone. Mais laissons la parole à M. Piesse, qui connaît parfaitement l'Algérie et l'a si bien décrite dans son excellent Guide : • M.. le capitaine du génie Moll, auteur d'un memoire historique et archéologique sur Theveste, publié dans l'annuaire de Constantine, année 1858-1859, croit pouvoir faire remonter la fondation de cette ville à l'an 71 ou 72 après J.-C. Theveste, selon lui, aurait commencé par être un camp, passager d'abord, permanent dans la suite, transformé en cité p;ir un décret de Vespasien et élevé par un des premiers Antonins au rang de colonie romaine. Au commencement du nie siècle, sous le règne de Septinie-Sévère, Theveste avait atteint son apogée de richesse et ue splendeur. C'est à celte dernière époque, continue M. le capitaine Moll, qu'il convient de faire remonter la construction de ses principaux monuments. Elle a dû se maintenir dans cet état de prospérité jusqu'au moment même de l'invasion vandale. Une inscription gravée sur l'arc de triomphe de Caracalla nous apprend que Theveste, détruite par les barbares, fut relevée de ses ruines par Saloinoii, successeur de Bélisaire (543 de J.-C), après l'expulsion des Vandales du N. de l'Afrique, qui eut lieu en 534.
u Ibn-Iihaldoun nous apprend qu'en l'an 333 de l'hégire (941-945 de J.-C.) Aboud-Yezid s'empara une première fois de Tebessa, et qu'après l'avoir occupée une seconde fois il en tua le gouverneur. On voit pur cette citation que Theveste était devenue arabe.
■ El - Bekri dit : La ville de Tebessa est d'une haute antiquité et renferme beaucoup de monuments anciens ; elle abonde en arbres et en fruits.
• Au temps des Turcs, une petite garnison de 40 janissaires appuyait l'autorité du caïd de Tebessa pour assurer la rentrée des contributions et protéger les caravanes qui se rendaient de Constantine à Tunis. Le caïd,
TEBE
choisi parmi les habitants de la ville, avait sous ses ordres, au dehors, un douar nommé -El-Aazib.
» Depuis la prise d'A)ger,.Tebessa, se gouvernant à peu près seule, était pour les tribus environnantes un terrain neutre où elles creusaient leurs silos et déposaient leurs grains pour les soustraire au hasard des querelles fréquentes qui leur mettaient les armes à la main les unes contre tes autres. La plus puissante de' ces tribus, celle des Nememcha, établie au S. de Tebessa, supportait peu facilement l'action de l'autorité centrale. Lorsqu'on pouvait envoyer des troupes sur son territoire, ce qui n'arrivait qu'à des intervalles irréguliers et souvent éloignés, on nommait un caïd qui profitait de la présence de ces troupes pour percevoir tes impôts. Mais, après leur départ, l'autorité du caïd devenait à peu près illusoire, et souvent même ce fonctionnaire ne pouvait demeurer sans danger au milieu de ses administrés.
» Tebessa, où une première reconnaissance militaire a été faite du 1er au 3 ju;n 1842, pur -le général Négrier, et une seconde en juillet 1346 par le général Randon, a été définitivement occupée en 1851 par le général de Saint-Arnaud , depuis maréchal, lors de son expédition à travers l'Aurès oriental. Une garnison a été laissée, dès cette époque, dans ce nouveau cercle destiné à contenir au besoin les Nememcha, comme le cercle d'Aïn- Beïda est destiné à contenir les Haracta. •
C'est au milieu des ruines immenses de Theveste, vers la partie S.-O., que s'élève la ville arabe de Tebessa, renfermée tout entière dans l'enceinte de la citadelle élevée par Salomon. La muraille encore debout de cette citadelle, haute de 12 à 15 mètres, épaisse de 2 mètres, longue de 300 mètres au N..et au S. et de 250 mètres à l'O. et a l'E., est percée de trois portes : Bab-ed-Djedid (la Nouvelle-Porte), datant du temps des Byzantins, au S. E.; Bab-ain-Chela (porte de la Source-de-Chela), ménagée à l'angle S.-E. de la Kasba française; douze tours u deux étages flanquent cette muraille. La ville, sauf la Kasba française, construite k l'angle S.-O. et qui fait face à la Kasba turque, construite à 1 angle N.-O., sauf encore quelques constructions européennes, est un amas de ruines dans lesquelles les Arabes se sont ménagé des logements et au milieu desquelles surgissent l'arc de triomphe, le temple de Minerve et la mosquée. L'arc de triomphe, dont la masse principale offre un cube ue près de U mètres, est du genre de ceux appelés quadrifrons. Chaque face représente un arc de triomphe ordinaire à une seule arche. Le capitaine Moll pense que, d'après cette disposition, il devait de toute nécessité être isolé complètement et orner sans doute te milieu d'une place. Trois de ses côtés sont en ruine. L'attique de la façade S. sert de piédestal à un petit édicule à quatre colonnes; il est placé dans l'axe même de la porte et semble disposé pour recevoir une statue. Construit pendant les années 211, 212 et 213 après J.-C. et dèdiè à Septiine-Sèvère, à Julia Domna, sa femme, et a Caracalla, son fils, cet arc de triomphe est un véritable chefd'œuvre d'architecture et doit être rangé parmi les monuments les plus remarquables et surtout les plus rares de l'antiquité romaine. Avant la découverte de ce monument, il existait un seul arc debout présentant le même caractère : c'est l'arc de Janus quadrillons, à Rome ; mais celui de Theveste est infiniment plus riche et plus élégant. Vers la Ati du va siècle, Theveste fut abandonnée par ses habitants, après avoir été saccagée par les Maures et détruite de fond en comble. L'arc de triomphe a dû subir le même sort, et sa démolition partielle remonte à cette époque. Plus tard, Salomon, en relevant les murs de l'antique cité, adopta pour le tracé d'un des < ôtés de sa citadelle le prolongement de la façade S. du monument ; en fermant, d'ailleurs, par une maçonnerie grossière les arceaux des façades E. et 0., ainsi que la partie supérieure de l'arceau N., il transforma en porte de ville et tour de flauquemeut ce bel édifice, dont les restes sont encore magnifiques.
Le temple de Minerve, situé entre l'ancienne Kasba turque et l'arc de triomphe, après avoir servi dans ces derniers temps de fabrique de savon, de bureau affecté au génie militaire, de cantine, de prison, a été transformé en église catholique. C'est uu fort beau monument dans le style corinthien, placé à 3 mètres au-dessus du sol, soutenu par trois voûtes, et auquel on arrivait par un escalier de vingt marches. Le temple est large de 8 mètres et long de 14 mètres, y compris le pronaos ou portique entouré de six colonnes, niais non surmonté, comme c'était l'usage, d'un fronton, sans doute remplacé par des statues. Les fouilles entreprises par M. Moll ont amené la découverte d'un portique séparé du Sanctuaire par un espace d'une largeur de 16 mètres dans un sens etde 24 dans l'autre. La façade principale de ce portique, qui donnait sans doute sur une grande place, est encore debout sur une longueur de 8 à 10 mètres.
La mosquée est un ehéùf monument qui ne doit pas arrêter longtemps l'attention du voyageur. On trouve encore dans l'intérieur de l'enceinte byzantine, à 1 E. de la Kasba française, des ruines connues sous le nom de Maison romaine et dont les dimensions peuvent faire supposer que c'était le palais de
TECH
quelque famille importante du pays. La ville byzantine, dont Tebessa occupe l'angle S.-O., renferme dans ses murailles, au N. et à l'E., de magnifiques .jardins au milieu desquels on a retrouvé des bassins, des puits, etc. Le cirque présente une arène circulaire de 45 à 50 mètres de diamètre, environnée d'un massif de maçonnerie qui se terminait intérieurement par quinze ou seize rangées de gradins pouvant contenir 6,000 a 7,000 spectateurs; il est situé k 120 métrés de l'angle S.-E. de la Kasba française, sur la rive gauche du ravin qui traversait Theveste dans toute sa longueur et la partageait en deux parties à peu près égales. Ce monument n'offre rien de remarquable. A 150 mètres S. de la Kusbu commence un aqueduc romain, large de om,80 et haut de im,30, déblayé sur une longueur de 300 mètres et amenant les eaux de ï'ATn-Chela, dont le débit est de 50 à 60 litres à la minute. Peu d'inscriptions intéressantes ont été relevées jusqu'à présent. La ville romaine, dont la ville byzantine n'était u'une partie, renferme des ruines de camps, es nécropoles, des puits et des tours; une basilique, à 300 mètres N. de la porte Caracalla; iakoubbade Sidi Djab-Allah, à300mètres N.-E. de la basilique, monument romain hexagonal que les Arabes ont terminé en dôme et dans lequel ils ont fait uns trouée, pour, y déposer le marabout Djab-Allah ; k 800 mètres E. de la porte de Salomon, l'Aïnel-Bled, d'un débit de 5,000 litres à la minute et dont la ehirmbr ' d'eau, le conduit maçonné de 500 mètres et l'aqueduc traversant le ravin ont été restaurés par les Français.
Le sol, aux environs de Tebessa, est jonché de ruines romaines. Les montagnes qui avoisinent la ville offrent les sites les plus pittoresques. Ce ne sont que rochers, accidents de terrain, cascades, beaux points de vue, etc.
TÉBETH s. m. {té-bètt). Chronol. Quatrième mois de l'année civile et dixième de l'année sacrée, chez les Hébreux.
TEBOUL s. m. (te-boul — mot arabe). Mus. Sorte du grosse caisse, de moyennes dimensions, en usage chez les populations de l'Afrique du Nord, qui l'emploient presque exclusivement comme instrument de musique militaire.
TEDR1ZI (Abou-Zacaria-Yahia), littérateur et grammairien arabe, souvent appelé Ebu AlkknUb, né à Tebriz en 1031 de notre ère, mort à Bagdad en 1109. 11 acquit une connaissance approfondie de la langue et de la littérature arabes, des traditions, et composa un grand nombre d'ouvrages très-estimés.
Mous citerons, entre autres : Molakkhas, traité de prononciation grammaticale du Coran ; un traité de piQsodie ; des commentaires sur le Hiuuasa, sur le Diwan de Motenabbi, sur le Sikt-Atzend, recueil de poésies d'Aboulola, sur la Moaitakut ; des prolégomènes sur la syntaxe arabe, etc.
TECH (LB),viliage des Pyrénées-Orientales, cant. de Pruts-de-Mollo, arrond, et à 85 kilom. de Céret, h 50 kilom. de Perpignan, sur le Tech ; Î54 hab. Carrières de marbre ; grotte de Coba ; ermitage de Saint-Guillemde-Combret.
TECH, rivière des Pyrénées-Orientales.
Elle prend sa source au pied du mont de î'Escoula, passe près des bains de la Preste, à Prats-de-Mollo, à Amélie-les-Bains, sous la magnifique arche du pont de Céret (45 mètres d'ouverture), à Snint-Jean-Pla-de-Cora et se jette dans la Mè .iierranée, après un cours de 82 kilom. dans ui a vallée très-pittoresque, fies affluents principaux sont la Soulanette, la Cuumelaue, la Manère, la tluéra, le torrent du Pou, dont la gorge étroite doit être transformée par un barrage en grand réservoir pour les irrigations, le Tauyari, etc.
TÉCHE, rivière des Etats-Unis {Louisiane). Elle prend sa source au N.-O. d'Opelousas et se jette dans l'Atcliafalaya, à 30 kilom. de son embouchure, dans la baie du même nom, après un cours ue 330 kilom.
TECHE ou TÈJE, rivière de la Russie d'Europe (Nijni-Novgorod). Elle prend sa source près de iSouklioiuuov et se jette dans l'Oca, près de Mouroum, après un cours de 140 ki-
TECHENER (Jacques-Joseph), libraire et bibliophile français, né k Orges (Haute- Marne) en 1802, mort k Paris en 1873. iS'élant rendu k Paris, il devint membre du cercle encyclopédique, dont 11 prit par la suite la direction, et fonda, en 1827, une maison de librairie qui a pris une grande importance et qui a pour spécialité la vente des pièces rares et curieuses, des ouvrages de paléographie, des catalogues, etc. En 1834, M. Techener commença la publication du Bulletin du bibliophile, recueil mensuel estimé, qu'il rédigea jusqu'en 1864. On lui doit, en outre: Considérations sérieuses à propos de la Bibliothèque royale, sutvies d'un plan possible pour faire le catalogue en trois ans (1847, m-80); Le l'amélioration des bibliothèques au point de vue du perfectionnement moral du peuple (1848, ia-SO); Description bibliographique des livres choisis composant la liorairie Tec/tener (1855-1858, 2 voi. in-8«); histoire de ta bibliophilie, recherches sur les bibliothèques des plus célèbres amateurs (1861-
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1864, in-fol.); Annuaire des notables commerçants de la ville de Paris (1861, in-12); Description raisonnée d'une collection choisie d'anciens manuscrits (18G2, in-8°), etc. ,
TÉCHICHI s. m. (té-chi-chi — mot. guyanais). Mamm. Variété de chien de la Guyane, qui ressemble assez k un renard et qu'on appelle aussi CHIKN CRABIKR.
TECHNICITÉ s. f. (tè-kni-si-té — rad, technique). Caractère technique : La technicité d'une expression.
TECHNICOGRAPHIE s. f. (tè-kni-ko-grafl — du gr. tecknikos, technique; graphe, j'écris). Méthode particulière d'enseignement de l'orthographe.
TECHNIE s. f. (tè-knl — du gr. lechnê, art). Terminologie, emploi des termes techniques. || Peu usité.
TECHNIQUE s. f. (tè-kni-ke — gr. technikos; de teclinS, art, du radical qui est dans (ekô, tiklô, produire, engendrer; tvkâ, tailler, façonner; leuchâ, préparer, construire ; tassa, ordonner, disposer; ce radical correspond k une racine sanscrite tvaksh et taksh, ayant le sens de tailler, couper, fendre, gratter, former, fabriquer, puis, en général, agir, travailler). Employé seulement dans le langage des sciences, des arts, des métiers : Un mot technique. Une expression Technique. Un homme qui parlerait de tout en termes techniques serait un homme à fuir. (Rivnrol.)
— Propre, spécial : Il était vêtu d'une courte robe de chambre; le mot technique est pet-eit-l'air. (X. de.Montépin.)
— Vers techniques. Vers destinés à aider la mémoire : // a écrit une géométrie en vues techniques. Les racines grecques ont été mises plusieurs fois en vers techniques.
— s. m. Caractère de ce qui est technique : La science exacte n'est autre chose que' le résultat de l'expérience constatée et démontrée dans des termes dont le technique nous effraye à tort. (G. Sand.)
— Ensemble de procédés matériels : Il y a des couleurs ennemies qui ne se réconcilieront jamais,' de là une palette particulière , un faire, un technique propre à chaque peintre. (Dider.)
— s. f. Science : La technique des langues. Il Vieux en ce sens. Il Ensemble des procédés d'un art ou d'un métier : La technique des peintres.
TECHNIQUEMENT adv.(tè-kni-ke-man — rad. technique). D'une manière technique, en termes techniques : Les batteurs sont désignés techniquement sous le nom de calvanieri. (H. Vivien.)
technite s. m. (tè-kni-te —du gr. technitês, artiste). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des érirhinides, dont l'espèce type habite la Cafrerie.
TECHNOGRAPHIE s. f. (tè-kno-gra-fi — du gr. teclutê, art ; graphe, j'écris). Science des procédés de transformation des objets que l'homme approprie à ses usages.
TECHNOGRAPHIQUE adj. (tè-kno-grati-ke — rad. technographie). Qui a rapport à la technographie.
TECHNOLITHE s. f. (tè-kno-li-te — du gr. technè, art; lithos, pierre). Ane. miner. Pierre figurée, portant des dessins qui représentent plus ou moins fidèlement des objets employés dans les arts.
TECHNOLOGIE s. f. (tè-kno-lo jl — du gr. technêf'avt; loyos, discours). Science des arts et métiers en général : Un traité de technologie.
— Explication des termes techniques, propres aux sciences, aux arts et aux métiers.
— Encycl. La technologie répond k un ensemble de notions très-vugues et très-indéterminées, considérées comme se rapportant surtout k la connaissance des procédés industriels. Cette science les prend dans la pratique pour les décrire, les raisonner, indiquer leurs perfectionnements et en retracer l'histoire, rechercher ceux dont ils sont susceptibles, mettre en même temps les procédés actuels k la portée des industriels qui les ignorent encore et les rappeler à ceux qui les connaissent en leur recommandant de nouveaux moyens, en leur montrant l'analogie des procédés empruntés à d'autres professions, en recherchant les applications nouvelles. Le technologiste est un théoricien plutôt qu'un praticien. I) sert d'intermédiaire entre le savant et l'industriel. Il recherche les procédas, les discute, les compare et les divulgue, tandis que l'industriel les applique.
L'homme qui veut utilement s'occuper de technologie doit donc connaître le travail des ateliers, se faire expliquer tous les procédés, faire démonter toutes les pièces qui entrent dans la composition des machines, s'exercer à les remonter lui-même, etc. C'est là ce que Ht Diderot lorsqu'il voulut rédiger, pour I Encyclopédie, les articles relatifs aux métiers, où l'on reconnaît si distinctement sa marque.
La technologie est donc immense. Les procéués mis en usage dans l'industrie sont si variés, les matières sur lesquelles ils agissent si différentes, les professions auxquelles
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ils donnent lieu si diverses, qu'il serait impossible k un seul homme de les embrasser tons.
La première classification des arts et métiers est celle que d'Alembert propose dans son Tableau des connaissances humaines, dressé pour l'Encyclopédie. Partant du point de vue de son siècle et rapportant tout à la nature, ce savant ne distingue les procédés technologiques que par la substance sur laquelle ils s'exercent. Le travail de l'or et de l'argent donne les états de monnayeur, de batteur d'or, de fileur d'or, de tireur d'or, d'orfèvre, de planeur, etc. ; le travail des pierres fines produit l'art du lapidaire, celui du joaillier; le travail du fer comprend les grosses forges, la serrurerie, la taillanderie, l'armurerie, etc. ; le travail du verre forme la verrerie, la fabrication des glaces, la miroiterie," l'art du lunettier, du vitrier, etc. C'est sur un principe analogue qu'est fondée la classification adoptée dans V Encyclopédie méthodique. Le docteur Ure, dans sa Philosophie des manufactures, sépare jes arts mécaniques des arts chimiques j puis, se plaçant à un point de vue abstrait, il range les premiers sous des titres généraux se rapportant aux propriétés de la matière : divisibilité, impénétrabilité, porosité, cohésion, ductilité, malléabilité, inertie, gravitation, élasticité, mollesse, ténacité, fusibilité, cristallisabilité. Ainsi à la divisibilité se rapportent le forage, le polissage, la fonte et même le labourage de la terre. Le forage comprend à la fois l'art de creuser des puits artésiens et de percer des trous dans une plaque métallique. Le polissage compte parmi ses variétés ta coutellerie et la fabrication des verres d'optique.
Un autre auteur considère la technologie comme la science des procédés par lesquels l'homme agit sur les forces et sur les matières premières fournies par la nature organique et inorganique, pour approprier ces forces et ces matières a ses besoins et jouissances.^ Prenant pour base les besoins de l'homme , il divise la technologie en sept branches : 1° préparation 4es matières premières; 20 nourriture de l'homme en y comprenant ce qui a rapport aux médicaments intérieurs; 3° vêtements; 4* changements dans l'extérieur du globe pour le rendre conforme k nos desseins ; 5° mobilier, outils, machines, ustensiles; 6» modifications dans la nature et dans l'apparence des objets pour les approprier à différentes destinations; 7° instruments et procédés employés pour la pratique des beaux-arts.
M. L. Louvet divise la technologie en cinq branches, dont nous allons marquer succinctement les caractères. Une classe k part renferme l'étude des matières premières fournies par les trois règnes et qui servent à l'élaboration de tous les produits et objets nécessaires k la vie domestique et sociale. Les autres classes comprennent : l'habitation, l'ameublement, le vêlement, les aliments, les boissons, les soins d'hygiène et de santé, l'éclairage et le chauffage, les instruments et outils.
Pour la préparation des aliments solides, nous trouvons la boulangerie, l'art de la minoterie, de la féculerie, l'art culinaire, l'art des conserves et du confiseur. Dans la production des aliments liquides, on trouve l'art de faire le vin, le vinaigre, l'huile, la production du lait, la brasserie, l'art de la distillerie, de la fabrication des liqueurs, l'art du limonadier, dû glacier, etc. Les arts relatifs aux soins hygiéniques sont la parfumerie, la brosserie, iart du coiffeur, la natation, le blanchissage, le dégraissage, la savonnerie, la phaimacie. Parmi les arts qui concernent l'éclairage, on trouve la fabrication et l'extraction des liquides k brûler, l'art du chandelier, du fondeur de suif, etc., du fabricant de stéarine. Dans les arts qui s'occupent du combustible , on range la préparation du charbon de bois, la fabrication du coke, etc.
Les arts qui concernent l'habillement se divisent eu deux séries ; ceux qui préparent les tissus, ceux qui confectionnent les vêtements. La laine, la soie, le chanvre, le lin et le coton sont susceptibles d'être peignés, filés, teints et tissés. La laine peut de plus être drapée ; certains poils sont feutrés. Quelques étoffes servent au sortir du métier ; d'autres exigent un travail. De là les arts du tailleur, de la couturière, de la mudiste, du chemisier, de la liugère,du fabricant de casquettes, de parapluies. D'autres états se servent de peaux comme tissus ; tels sont les gantiers, culottiers, bottiers, cordonniers. La chapellerie est basée sur le feutrage.
Les arts qui s'occupent de la construction des habitations sont de différentes natures. Les uns assouplissent les uiéuiux, les autres travaillent le bois, d'autres les pierres. Parmi les premiers, ou compte la serrurerie, la plomberie-ziiiguerie. Les seconds sont la charpente, la menuiserie et par intermédiaire le sciage de long ou les scieries mécaniques. Les troisièmes comprennent les terrassiers, les tailleurs de pierre, les marbriers, les fabricants de mortiers, bétons, ciments, les maçons, etc. Les constructions -navales, de bateaux, la construction des roules, la fabrication des voitures et le charronuage emploient des procèdes semblables.
Des arts qui concernent l'ameublement, les uns se rapportent aux meubles, les autres à la décoration, d'autres aux ustensiles de