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Te Do - mi - num con - fl - te - mur,
Te
ter - num Pa • trem
zzr=z&—joz
On - nis ter - ta ve - ne - ra - tur.
zaz
Ti - bi ora - ne* an - ge - li, etc.
« Nous vous glorifions, vous qui êtes notre Dieu ; nous confessons que vous êtes le Seigneur de toutes choses,
» Vous, Père Eternel, que toute la terre adore.
» Tous les anges vous glorifient; les cieux vous révèrent et les puissances vous redoutent.
» Les chérubins et les séraphins sont embrasés de votre amour, et tous, d'une voix unanime, chantent sans cesse cette hymne en votre honneur :
■ Saint, saint, saint le Seigneur Dieu des armées. >
> Les cieux et la terre sont remplis de la majesté de votre gloire.
» Vous êtes loue par la glorieuse compagnie des apôtres.
' La vénérable multitude des prophètes récite îles cantiques en votre honneur.
» Les martyrs, qui composent une nombreuse armée vêtue de blanc, célèbrent vos louanges.
» Et la sainte Eglise confesse par toute la. terre
» Le Père Eternel, dont la grandeur ne se peut comprendre;
» Le Fils vénérable, unique et adorable, engendré de la substance du Père,
» Et le Saint-Esprit, qui procède du Père et du Fils. «
• O vous qui êtes notre admirable Sauveur, vous êtes le véritable Christ; vous êtes "e Roi de gloire.
» Vous êtes le Fils Eternel du Père Eternel.
> Vous qui, pour délivrer l'homme de la servitude du péché, avez bien voulu vous faire homme, et qui n'avez point déduigné de vous incarner dans le sein d'une vierge,
» Vous qui, après avoir détruit l'aiguillon de la mort, avez ouvert aux véritables lidèles le royaume des cieux ;
» Vous qui êtes assis à la droite de Dieu, en la gloire du Père,
■ Nous croyons fermement que vous devez venir un jour juger tout ie monde.
> Nous vous supplions donc de secourir ceux qui vous servent et que vous avez bien voulu racheter par votre. sang précieux.
• Faites, s'il vous plaît, qu'en la gloire éternelle ils puissent être comptés au nombre de vos saints.
• Sauvez votre peuple, Seigneur, et versez vos bénédictions sur votre héritiige.
» Prenez soin de notre conduite, et ne vous lassez jamais de nous combler de vos faveurs.
» Tous les jours que vous nous accordez, nous les employons à vous rendre des actions de grâces pour tous les biens que nous recevons de votre main tibérale.
• Nous louons incessaintuent votre nom et nous le louerons à jamais.
• Seigneur, daignez nous préserver, durant cetlejournée, de commettre aucun péché et de rien faire qui vous soit désagréable,
» Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.
» Répandez, Seigneur, votre miséricorde sur nous, comme nous l'espérons de votre bonté.
» Toute ma confiance est en vous; Seigneur; ne permettez 'pas que je tombe jamais dans la confusion. »
TEDJEND ou TEDZEN, rivière d'Asie. Elle prend sa source dans le royaume de Hérat, entre en Perse, coule à l'O., puis au N.-O., à travers" le Turkestan indépendant, et va se jeter dans le golfe de Balkan, formé par la mer Caspienne, par 39» 36' de latit. N. et 52» 30' do longit. E., après un cours de 450 kilom.
TEDLES, cap de l'Algérie, département d'Alg r, entre l'embouchure del'Oud-Mlata et le port de Katsebt.
TÉDORO s. m. (té-do-ro). Pêche. Filet dans le genre des folles, dont les mailles ont 8 pouces d'ouverture.
TEGE
TEED1E s. f. (ti-dl — de Teede, savant angl.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des personnées, tribu des gratiolées, comprenant deux espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
TEEF s. m. (tèf.). Bot. Autre forme du mot
TEFF.
TEELL1NCK (Evald), écrivain hollandais, né k Zierickzée vers 1570, mort en 1629. Il se fit recevoir docteur en droit et devint bourgmestre da sa ville natale, puis trésorier général de Zélande (1603). On' lui doit une vingtaine d'ouvrages, dans la plupart desquels il attaque le catholicisme. Nous citerons, parmi ces écrits aux titres bizarres : Griffe de la bête ou Marque évidente de V Antéchrist ; Salamith ou Bannière de la paix; Amas ou le Voyant d'Israél ; Bileam ou le Papiste aveugle, etc.
TEELL1NCK (Guillaume), écrivain hollandais, frère du précèdent, né à Zierickzée en 1580, mort en 1629. Après avoir pris le grade de docteur en droit à Poitiers, en 1603, il voyagea en France, en Angleterre, puis entra dans les ordres et remplit en dernier lieu les fonctions pastorales k Middelbourg. Il a composé un très-grand nombre d'ouvrages sur des matières de controverse religieuse. Comme ceux de son frère, ses écrits se font remarquer par leur violence et par la bizarrerie de leurs titres. Les principaux sont : Baume de Gilead pour guérir la plaie de Sion; la Serpette de l'esprit; Amertume salutaire pour le chrétien friand; le Glaive vengeur qui plaide la cause de Dieu ; Etoile polaire de la vraie piété. — Son fils, Maximilien Tekllinck, controversiste, né vers 1618, mort k Middelbourg en 1653, exerça le ministère pastoral et composa deux traités, dont le plus connu a^ pour titre : Traité où l'on démontre qu'il n'est pas permis à un magistrat chrétien de souffrir dans sa juridiction les superstitions et les idolâtries des papistes (Amsterdam, 1648, in-12).
TEES, rivière d'Angleterre. Elle prend sa source dans les montagnes du comté de Westmorelund, coule k l'E.-S.-E. et au N.-E., sépare le comté de Durhain de celui d'York et va se perdre dans la mer du Nord, par une large embouchure, après un cours d'envirou 150 kilom. La Tees reçoit la Skerne.
TEESDALIE s. f. (ti-.sda-iî — de Teesdale, botan. angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des thlaspidées, comprenant deux espèces de petite taille, qui croissent dans l'Europe centrale et méridionale.
TÉFÉ, TEFFÉ ou T6A, rivière du Brésil ( Alto-Amaz4nas). Klle coule du S.-O. au N.-E., baigne la petite ville de son nom et se jette dans l'Amazone, après un cours de 900 kilom.
TEFF s. m. (tèf.). Bot. Nom que porte, en Abyssinie, une espèce de paturin, cultivée comme céréale.
— Encycl, Le leff ou paturin d'Abyssinie est une plante annuelle, à chaume dressé, haute d'environ l mètre, portant des feuilles longues et étroites, glabres; les fleurs sont groupées par quatre ou cinq^ en épillets trèsnombreux, dont l'ensemble tonne une grande panicule lâche ; le caryopse est blanchâtre et très-petit. Cette plante croît en Abyssinie et végète avec une telle rapidité, qu'on peut en recueillir le grain six semaines ou deux mois après les semailles, ce qui permet d'eu faire trois récoltes par an ; elle est d'ailleurs très-productive et ses grains sont riches en fécule; on en fait des galettes d'une saveur agréable, quoiqu'un peu aigrelette, et qui servent k la nourriture du peuple. Ses tiges fournissent aussi un bon fourrage vert ou sec. Cultivée comme le millet, elle pourrait rendre des services dans le midi de la France et en Algérie.
TEFFLE s. m. (tè-fle). Entom. Genre d'insectes coléoptères penlamères, de la famille des carabiques, tribu des grandipalpes, comprenant deux espèces, qui habitent l'Afrique occidentale et australe.
TÉFOO s. m. (té-fou). Sorts de petite table, ordinairement incru.-,tée de nacre et de mosaïque, en usage chez les Orientaux,
TÉGÉB (en grec Tegea ; ce nom signifie proprement demeure, maison, et il appartient à la même famille que tegos, tegé, slegos, stegè, toit, maison, chambre, de stegd, couvrir, cacher, qui représente la racine sanscrite stliag , même sens), ville de la Grèce ancienne, dans l'Arcadie, près de la frontière de l'Argolide. Elle fut la capitale de l'Arcadie jusqu'au moment où Mégalopolis fut • fondée. Cette ville possédait plusieurs temples, dont l'un, consacré à Minerve, était un lieu d'asile célèbre duns l'antiquité. Pausanias y mourut de faim. Oreste fut enterré à Tégée, et Aristarque y naquit. Il ne reste rien de cette ville, sur l'emplacement de laquelle on voit aujourd'hui les villages de Piali et de Palxo-Episcopi.
TEGEL, villuge de Prusse, province et aux environs de Berlin. Le château, qui a appartenu à G. de Humboldt, renferme des stutues, des tableaux et des antiquités. Ce château est entouré d'un beau parc, au milieu duquel se dresse une colonne surmontée d'une be'le statue de l'Espérance. Ou fait de charmantes promenades en bateau sur le lac de Tegel.
TÉGÉ
TEGEL (Eric-Gœransson), historien suédois, mort à Stockholm en 1638. Il était fils du ministre Gceran Pehrsson, dont la funeste influence fut une des principales causes de la déchéance du roi Eric XIV et qui fut luimême victime de ses abus de pouvoir, car il eut la tête tranchée par ordre du prince Charles, successeur d'Eric XIV sous le nom de Charles IX (1568). Ce prince fit soigneusement élever le jeune Eric, qui changea son nom, devenu odieux h ses compatriotes, en celui de Tegel. Par la suite, il fut chargé de missions importantes en Espagne et en Portugal et, en 1614, fut nommé par Gustave- Adolphe historiographe du royaume de Suède. C'était un homme d'un caractère jaloux, haineux. Il persécuta plusieurs hommes de mérite qui lui avaient déplu, notamment l'historien Messenius et le professeur Sigfried Forsius. On a de lui : Généalogies des rois de Suède, de Pologne et de Danemark ; Histoire de Gustave I" (Stockholm, 1622, 2 vol. infol.); Histoire d'Eric XIV (Stockholm, 1751, in-4»). Tous ces ouvrages contiennent des renseignements précieux sur l'histoire de la Scandinavie au xvno siècle,
TÉGÉNAIRE s. f. (té-jé-nè-re). Arachn* Genre d'aranéides, de la tribu des araignées» comprenant une vingtaine d'espèces, répandues dans les diverses parties du monde : La tégénaire domestique se trouve Irès-communément dans les maisons, à Paris et dans tes environs. (11. l.uciis.) La tégénairk domestique est la plus commune dans nos maisons. (Walckenaer.)
— Encycl. Ce genre a été établipar Walckenaer, aux dépens du grand genre aranéa des anciens auteurs. Chez les aranéides qui composent ce genre, les Veux sont au nombre de huit, égaux entre eux sur le devant du céphalothorax, en deux lignes rapprochées, presque parallèles. La lèvre est grande) carrée et plus haute que large; les mâchoires sont droites, allongées et écartées ; les pattes sont allongées, fines, la troisième paire étant la plus courte. Les aranéides qui composent ce genre sont sédentaires et forment dans l'intérieur des maisons dus cavités souterraines et, dans l'intervalle, des pierres, une toile horizontale, grande, k tissu serré, à la partie inférieure de laquelle se trouve un tube cylindrique où elles se tiennent immobiles. Le cocon est. ordinairement globuleux, recouvert de détritus de plâtre et de terre agglutinés. Cette coupe générique comprend peu d'espèces. On en connaît en tout dix-sept, dontsept en Europe, cinq en Afrique, trois en Amérique et deux en Australie. La plus remarquable du genre, et celle sur laquelle nous allons nous étendre, est la tégénaire domestique [tegenaria domeslica). Cette espèce se trouve communément dans les maisons de Paris ou des environs; elle construit dans les angles des murailles des toiles horizontales, u tLsu tin, serré, dont les bords sont relevés et soutenus par de longs ftls qui vont prendre leurs points d'attache sur les murs voisins. Cette toile offre à peu près la flgure d'un hamac qui serait garanti du balancement par des cordes disposées en haut et en bas à cet effet. L'araignée se tient ordinairement dans son trou, immobile, la tête tournée vers l'oritice, épiant les mouches et les insectes qui viennent se prendre à sa toile. Lorsque cette araignée est effrayée ou que quelque danger lu menace, on la voit aussitôt abandonner sa place et rentrer précipitamment au fond de sa retraite. Dans le moment de l'accouplement, cette aranéideso promène sur sa toile avec une excessive rapidité; cette toile est parfois très-grande, et Walckenaer en a vu deux contiguès, mais filées par la même araignée, qui mesuraient 1 mètre de largeur. Lorsque cette espèce est sur le point de pondre, elle se livre à une série de travaux fort intéressants dont nous allons chercher k donner une idée. L'araignée file d'abord une sorte de bourre soyeuse, brune, de la grosseur d'un noyau de cerise, qu'elle suspend au plafond k l'aide de quelques fils; cela fait, elle entoure ce flocon soyeux d'une coque en forme de besace, dont l'ouverture est dirigée en haut et dont le bas est arrondi ; ce sac est d'un tissu assez lâche et soyeux. Une fois ces premières précautions prises, l'araignée entre dans cette besace, puis, avec ses pattes, éparpille le flocon central, le carde, le dispose tout au fond du sac et en fait une sorte de capiton; sur le tout, elle apporte des détritus de toutes sortes. Le sac, qu'elle a d'abord eu la précaution de soustraire au ballottement par des fils bien disposés, est alors prêt k recevoir le cocon. On le voit donc, ce n'est qu'une première enveloppe protectrice, qu'une sorte de tente tapissée et lestée, que la tégénaire a pris soin de construire avant de riler sou cocon. Ce cocon est lui-même suspendu dans l'intérieur du sac par des fils nombreux et entrecroisés j jamais le cocon ne repose sur le fond du sac , qui pourrait être comparé k la cale d'un navire où l'on a déposé le lest pour donner de l'équilibre et de la stabilité à tout l'appareil. La tégénaire domestique ne construit pas en un seul jour la demeure de sa postérité ; elle commence d'abord par filer, puis elle tourne et retourne le flocon soyeux, qui est le principe et le fondement de son édifice; puis, après l'avoir suspendu, elle se retire dans sa demeure habituelle; le lendemain, elle travaille k épar-
TEGM
piller le flocon, à construire le sac, puis elle se retire de nouveau et enfin file son cocon et parfait son ouvrage. Le mâle n'approche de sa femelle qu'avec beaucoup de circonspection, parce que, lorsque cette dernière ne cède pas aux désirs du mâle, elle fait tous ses efforts pour le dévorer. C'est cependant toujours le mâle qui recherche la femelle pour l'accouplement, et on le voit souvent, en automne, parcourir comme un fou les demeures des femelles. La tégénaire domestique, si commune et si connue de l'homme, a été l'objet de recherches industrielles. Plusieurs personnes, en voyant la toile de ces araignées, avaient pensé à utiliser la soie qu'elles produisent; mais on a dû renoneer, pour toutes sortes de raisons, k cette exploitation. L'araignée domestique est, comme chacun sait, susceptible d'être apprivoisée ; tous les prisonniers se sont consacrés a. cette étude pendant les longues heures de la plison. Il est inutile de rappeler ici l'histoire de Pellisson, qui, enfermé à ht Bastille, avait accoutumé une tégénaire à venir prendre une mouche entre ses doigts, tandis que son domestique jouait de la musette ; on ajoute même que le geôlier aurait eu la cruauté d'écraser cette malheureuse bête, la seule consolation du prisonnier. Enfin on peut rappeler que Grétry faisait k volonté descendre une araignée de sa toile au moyen de son piano.
TEGERNSEE, lac de Bavière, dans le cercle de la Haute-Bavière. De ce lac, long de 9 kilom. sur 2 kilom. ds largeur, sort le Mangfoll, qui va se jeter dans l'Inn. Sur la rive orientale se trouve le village de Tegernsee, où se trouve un château royal, une mine de fer et une source de naphte.
TEGETTHOFF (Guillaume, baron de), amiral autrichien, né à Marbourg (Stj'rie) en 1827, mort à Vienne en 1871.11 fut élevé au collège de la marine à Venise, entra en 1845, en qualité de cadet de marine, dans le service actif et franchit tous les grades inférieurs jusqu'à celui de capitaine de corvette, auquel il fut promu en 1857. Le gouvernenement autrichien le chargea à cette époque d'une mission en Egypte, dans la mer Rouge et dans l'Afrique orientale, pour y nouer de3 relations commerciales, et, à son retour de ce voyage qui dura quatorze mois, il reçut le commandement de la corvette Friedrich, avec laquelle il alla croiser dans la Méditerranée et sur les côtes du Maroc. En 1859, il accompagna, en qualité d'aide de camp, l'archiduc Eerdinand-Maximilien dans son voyage au Brésil, fut promu successivement capitaine de frégate (1860) et capitaine de vaisseau (issi), et, à l'époque où le roi Othon fut forcé de quitter la Grèce (nov. 1862), il reçut le commandement de la division de la noue autrichienne envoyée dans le Levant. En qualité de commandant de l'escadre autrichienne de la mer du Nord, il livra aux Danois, de concert avec quelques vaisseaux prussiens, le combat naval d'Helgoland (9 mai 1864), et fut élevé, quelques jouis plus tard, au grade de contre-amiral. Au début de la guerre de 1866 entre l'Autriche et l'Italie, il fut appelé nu commandement delà flotte autrichienne dans la Méditerranée, battit à Lissa, le 20 juillet, la flotte italienne commandée par 1 amiral Persano, et vit cette brillante victoire récompensée le lendemain même par sa nomination au grade de vice-amiral. M. de Tegetthoff entreprit alors un grand voyage d'agrément en France, en Angleterre et dans rAniérique du Nord, et fut chargé, te 10 juillet 1867, d'aller chercher au Mexique la dépouille mortelle de l'empereur Maximilien. Après trois mois de séjour dans les eaux mexicaines, il revint avec le corps de ce prince à Trieste, où il aborda le 20 janvier 1868. Le 6 mars de la même année, il fut nommé commandant en chef de la marine autrichienne. Cet amiral est le véritable créateur de la nouvelle flotte autrichienne de combat, qui comprenait, à l'époque de sa mort, seize bâtiments cuirassés de divers rangs. Le gouvernement autrichien a décidé qu'un navire de guerre de la marine impériale porterait le nom de Tegetthoff à perpétuité et que, lorsque ce bâtiment aurait fait son temps, il serait remplacé par un nouveau navire de guerre. Tegetthoff est mort des suites d'une dyssenterie chronique, qu'il avait contractée au Mexique en
TÉGLATH -PHALASAR, TIGLAT-PILE- SER ou THEGLAT-PHÀLASSAR, second roi du deuxième empire assyrien. Il régna de 748 à 724 av. J.-C. H descendait de Ninus et succéda à Sardanapale. "Il tenta de rendre à l'empire de Ninive ses premières limites et son ancienne splendeur, fut heureux dans presque toutes ses entreprises, défendit son tributaire Aehaz, roi de Juda, contre Rasin, roi de Syrie, et Phacée, roi d'Israël, conquit les pays soumis à ces derniers el en transporta les habitants dans la Mésopotamie. Son fils Salmanasar lui succéda.
TEGMEN s. m. (tè-gmènn — mot lat. signif. couverture). Bot. Enveloppe intérieure de la graine. Il Enveloppe extérieure de la fleur des graminées, appelée plus ordinairement glume. u Ecailles qui enveloppent le bourgeon.
— Entom. Nom donné aux ailes supérieures des insectes, lorsque, sans avoir la rigi-
TEGN
dite des élytres, elles sont coriaces et parsemées de nervures.
TEGMINÊ, ée adj. (tè-gmi-né — rad. tegmen). Bot. Pourvu d'un tegmen : Graine tkbminbe.
TEGMINIPENNE adj. (tè-gmi-ni-pè-ne — du lat. tegmen, enveloppe, et àepenna, aile). Entom. Qui a les ailes en forme d'éfytres.
TEGNER (Esaïas), célèbre poète suédois, né dans la province de Warmeland en 1782, mort k Wexiœ en 1842. Son père était un simple pasteur de village, qui mourut en 1791, laissant son fils sans ressource. Tegner fut recueilli par un ami de sa famille, le bailli Branting, qui l'attacha k ses bureaux ; mais, tout en tenant des écritures, le jeune garçon s'adonnait à l'étude et dévorait tous les livres qui se trouvaient dans la maison. Frappé de ses dispositions extraordinaires, Bvanting comprit que Tegner était appelé à une au tre carrière que celle qu'il pouvait lui offrir, et il l'aida généreusement à s'y préparer. Son frère aine lui donna des leçons; il apprit, comme en se jouant, le grec, le latin et le français; dans ses moments de loisir, il faisait des vers. Puis, pour se procurer les mo3rens de suivre les cours de l'université, il entra, en qualité de précepteur, chez un riche industrie), ami des sciences et de la littérature. Une bibliothèque considérable fut mise à sa disposition. Dans un intervalle de sept mois, il lut trois fois l'Iliade et deux, fois l'Odyssée, ce qui lui fit prendre en dédain son propre talent poétique. « La connaissance de ces grands et véritables poètes, disait-il, m'a appris à regarder mes essais comme de purs enfantillages. >
A l'âge de dix-sept ans, Tegner se rendit k l'université de Lund et, lors de ses examens de maître es arts, il témoigna d'une connaissance des lettres grecques et latines bien supérieure à celle qu'exigeait le programme. Il n'avait pas d'autre visée k cette époque que la carrière administrative; mais une Vie d Anacréon, qu'il écrivit dans ses moments de loisir, ayant été mise sous les yeux du savant professeur Norberg, celui-ci l'engagea fortement à renoncer à 1 administration pour suivre la carrière académique. Tegner se prépara donc aux grands examens, qu'il subit d'une façon remarquable. L'université de Lund ne tarda pas à se l'attacher, et il fut nommé presque en même temps professeur adjoint d'esthétique et sous-bibliothécaire. Cette position, sans lui donner la fortune, lui assurait l'indépendance. Il épousa alors la fille de son protecteur, Anna Myrhman, qu'il aimait et dont il était aimé depuis sa première jeunesse.
Au milieu de ces circonstances favorables, Son inspiration poétique, qui avait sommeillé longtemps, se réveilla. Ses poésies de cette époque ont une maturité et un éclat incomparables. Aucun événement ne s'accomplissait qu'il ne le célébrât dans ses vers. Sa muse, jadis suave et timide, se montra pleine d'énergie et d'audace. Le patriotisme 1 exaltait surtout. Lors de la guerre de la Russie conLre la Suède, en 1808, il composa un chant belliqueux, la Landtoern de Scanie, qui enflamma toutes les imaginations. Jamais la poésie suédoise n'avait pris un tel ton de fierté et de bravoure. Ce chant retentit comme un tocsin d'alarme k travers tout le pays; le Nord avait son Tyrtée. Trois ans plus tard, dans un magnifique poème intitulé : la Suéde, il s'attaque aux vices de ses concitoyens et s'efforce de les rappeler aux vertus qui ont fait la gloire de leurs ancêtres : « O terre! s'écrie-t-il, terre qui m'as nourri, et qui renfermes dans ton sein la cendre de nos pères; ô peuple qui ashèrité du pays des héros etqui oublies leurs vertus 1 du fond de ma vallée, je te consacre ces chants. La voix de la flatterie t'endort; entends enfin celle de la vérité!... O nobles héros 1 la mousse croît sur vos ossements oubliés. Le poème sublime de votre vie est fermé depuis longtemps I Un autre monde s'élève. Eh bien ! donc, ô pères l quelle est cette race qui foule aux pieds vos cendres? O honte 1 est-ce bien là votre race, I cette race frivole, avide de parures, au génie étroit, à l'âme jalouse, aux désirs d'en- i fants, aux vertus sociales à demi éteintes, appelant le luxe du Midi dans les demeures de la pauvreté ? Qu'as-tu fait de ton antique force, de ton antique gravité, de ton nom de héros, o peuple qui ne portes plus qu'une renommée fatiguée? Où est ce zèle qui enfante le bien, qui nourrit l'honneur de l'Etat et les rêves divins de la gloire, et les mœurs pures des ancêtres? Tu folâtres sans pudeur sur leur poussière sacrée, jetant au vent de futiles paroles et distillant le parfum des fleurs. Va, je n'ai point de chants pour de pareils exploits; dépouille-toi de ces noms dont tu as hérité, et achète d'autres tombeaux I >
Le poème la Suède fut couronné par l'Académie. D'autres poèmes suivirent k divers intervalles : l'Ordination (1812); la Première communion (1820) ; Axel (1822) ; enfin la Saga de Frithiof (1825), empruntée à de vieilles légendes Scandinaves. Les pièces fugitives de Tegner sont très-nombreuses et des plus variées. Le sentiment s'y épanche en nuances infinies, suivant le caractère des sujets qui inspirent le poète, tour k tour simple ou sublime, ingénieux ou naïf, délicat ou profond. Partout vibrent, comme note dominante et avec une intensité spontanée, la fibre religieuse et la fibre patriotique. Aussi
TÉGU
les chants do Tegner excitent-ils l'admiration et l'enthousiasme non-seulement parmi les savants et tes lettrés, mail encore parmi les masses.
Après avoir occupé la chaire d'esthétique, en qualité de professeur adjoint, k l'université de Lund, il fut nommé professeur titulaire (1810), puis professeur de littérature grecque (1812) ; enfin, en 1824, il fut appelé à l'évêché de Wexiœ. Il déploya dans l'enseignement les hautes facultés qu'il faisait éclater dans la poésie ; mais ce qui le distinguait surtout comme professeur, c'était une'clarté d'exposition raie, une discussion vive, une vaste érudition et une certaine verve caustique, qui animait ses leçons du plus piquant intérêt.
Comme prêtre, Tegner remplit ses fonctions d'évéque avec un zèle et une sagesse qui édifièrent l'église de Suède. Ses homélies et ses instructions pastorales sont célèbres. Il se distingua également comme orateur académique, au sein de l'Académie suédoise, qui le comptait parmi ses membres, et comme orateur politique dans les séances de la diète, où il siégeait de droit en qualité de dignitaire de l'Eglise nationale. Toutefois, sur le champ de la politique il eut k soutenir des luttes irritantes qui altérèrent sa santé. Ses dernières années furent pénibles et languissantes. Il s'éteignit d'épuisement. Sa mort excita dans toute la Suède une douleur générale; on organisa des solennités funèbres à Stockholm, dans les deux universités de Lund et d'Upsal, de même qu'à Christiania et à Copenhague ; l'Académie suédoise prit le deuil pendant un mois. Jamais tant d'hon- "neurs n'avaient été rendus à une tombe. Enfin, au moyen d'une souscription nationale, une statue a été élevée k Tegner, en 1858, sur une place de Lund, près de cette université qu'il avail illustrée par ses écrits et par son enseignement.
« Il y u dans toutes les œuvres de Tegner, dit un critique, un admirable talent d'expression; son style est pur, limpide, riche d'images; son vers est franc et correct, facile et sonore. Quant on lit ses poésies, on dirait que toutes ces strophes, si souples et si gracieuses, ont été jetées d'un seul trait, comme un coup de pinceau, comme un accord de musique, et cependant il est évident qu'il n'en a pas écrit une seule sans l'avoir étudiée et corrigée avec soin. La même harmonie de langage, la même finesse d'expression se retrouvent dans les discours en prose qu'il a prononcés en diverses circonstances. C'est sans doute à ces qualités de style que Tegner doit une grande partie de sa popularité; mais il la doit aussi à la nature de ses inspirations, aux idées dont il s'est fait l'interprète. Dans chacun de ses écrits, il a toujours été l'homme du Nord, l'homme de la Suède. Il a chanté avec enthousiasme les montagnes vertes, les solitudes agrestes, les lacs bleus de son pays. Quand il a essayé de faire une sorte de poSme épique, la Saga de Frithiof, il a pris son style dans une chronique nationale, et, quand il a dépeint ses rêveries mélancoliques, il a été comme l'organe fidèle d'une pensée générale, d'une disposition d'àme habituelle dans son pays. Chacun l'a écouté avec empressement, car chacun retrouvait dans ce qu'il disait ses propres émotions. >
TEGOBORSKI (Louis), économiste russe, né k Varsovie en 1793, mort en 1857. Il entra de bonne heure dans la carrière administrative et devint successivement employé k la cour des comptes et à la chambre des domaines de Varsovie, auditeur au conseil d'Etat (1818), maître des requêtes (1822) et consul de Russie k Dantzig (1828). Six ans plus tard, il fut envoyé à Paris, avec le titre de plénipotentiaire, pour y régler différentes liquidations avec le gouvernement français, remplit ensuite en Autriche une mission analogue, et résida dans cette contrée jusqu'en Ï847, en qualité de plénipotentiaire. En 1848, il fut nommé membre ou conseil de l'empire. On a de lui, entre autres écrits : De l'instruction publique en Autriche (Paris, 1841) ; Des finances et du crédit public de l'Autriche (Paris, 1843, 2 vol. in-8») ; Coup d'ail sur le commerce de t' Autriche (Vienne, 1844, in-8°) ; Eludes sur les forces productives de la Mussie (Paris, 1852-1355, 2 vol. in-8u), l'ouvrage le plus complet que l'on possède sur cette question importante, et qui, jusqu'à ce jour, a été presque ignoré en France.
TEGOCLBT, ancienne capitale de l'Abyssinie , dans une vallée des monts Chakka , près de la Djomma, par 9° 40' de lat. N. et 36" 15' de longit. E. Aujourd'hui ruinée.
TEGCISE, capitale de Lancerote, une des Canaries, située dans sa partie centrale, sur le penchant d'une montagne au sommet de laquelle s'élève le château de Santa-Barbara, par 29<> 4' de latit. N. et 15» 53' de longit. O. Résidence du gouverneur; environ 4,500 hab. Teguise a une redoutable rivale dans la nouvelle ville d'Areeife, et voit chaque jour décroître son ancienne prospérité. L'église est la plus belle de toute l'île. Aux environs, grand étang de Mareta.
TÉGUIXIN s. m. (té-ghi-ksain). Erpét. Espèce de lézard, de l'Amérique du Sud et de l'Inde : Le TéovjiXIH a la tête allongée. (V. de Borna re.)
TÉHÉ
TÉGULAIRE adj. (té-gu-Iè-re — du lat.
tegula, tuile). Min. Qui est divisible en lames minces et largos : Schiste tbgulaïhb.
— s. f. Bot. Genre de fougères.
TÉGULCHITCH s. m. ( té-gul-cbiteh ).
Manim. Espèce de rat ou de lemming, du Kamtchatka.
TEGULE s. m. (té-gu-le — du lat. tegula, tuile). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranehes, formé aux dépens des troques, et correspondant aux tectuires.
— s* f. Entom. Petite plaque située à l'origine des ailes supérieures des hyménoptères.
TÉGUMENT s. m. (té-gu-man — du lat" tegumentum ; de légère, couvrir), Anat. Partie du corps d'un animal qui sert à le recouvrir, comme la peau, les poils, les plumes, les écailles, etc.: Quelle prodigieuse variété dans la figure des animaux, dans la proportion de leur corps, dans la substance de leurs os, de leurs chairs, de leurs téguments 1 (Buff.) D Peau qui couvre le corps d'un animal.
— Bot. Episperme- ou enveloppe de la graine, u Téguments floraux, Enveloppes immédiates des organes sexuels qui sont : le périgone ou le calice, et la corolle.
TÉGUMENTAIRE adj. (té-gu-man-tè-re — rad, tégument). Hist, nat. Qui est de la nature des téguments ; qui sert de tégument.
TEHAMA, territoire plat qui longe la côte de la mer Rouge en Arabie, l'espace d'environ 1,000 kilom., entre 16° et 20» de latit. N. ; villes principales : Aden et Moka.
TÉHÉRAN, capitale du royaume de la Perse et chef-lieu de Ja province d'Irak-Adjemi, au pied du mont Elbourz, à 370 kilom. N.-O. d'ispahan et à 2,000 kilom. E.-S.-E. deConstantinople, par 35» 4J' 50" de latit. N. et 48° 31' 10" de long. E.; 120,000 bab. Résidence du schah. Elle s'élève à l'extrémité d'une plaine sablonneuse, stérile, insalubre, exposée à des chaleurs étouffantes, et est bornée au N. par le mont Elbourz et le pic Si connu de Derinurend, à l'O. par une autre plaine moins stérile et mieux cultivée. Sa forme est celle d'un rectangle; elle est entourée de fossés et d'épaisses murailles flanquées de tours. On y entre par quatre portes. Elle mesure 6 kilom. de circonférence. A l'intérieur de la ville, on trouve des rues irrégulières et étroites, des maisons basses, bâties en briques, beaucoup de terrains nus, un grand nombre de jardins délicieux, des mosquées, des bazars, le palais du schah et d'autres édifices qui donnent à la ville un aspect imposant et moderne. Le palais du schah, de forme quadrangulaire, bien fortifié pour le pays, domine de vastes bâtiments et de magnifiques jardins. Il renferme le sérail, entouré lui-même de hautes murailles, et aux portes duquel veille nuit et jour une garde nombreuse. A cause de son éloignement, la Ville de Téhéran perd beaucoup chaque jour encore sous le rupport commercial. En hiver, la ville est très-peuplée; en été, les plus riches' habitants vont vivre sous des tentes dans les plaines fertiles de Sullanieh ; là, le monarque possède un camp où il va lui-même Se garantir de l'insalubrité du climat. Sous les Softs, Téhéran n'avait qu'une bien petite importance lorsque les Afghans la prirent et la détruisirent après la bataille de Salam- Abad. Rebâtie au xvihb siècle par Kherim- Khaii, qui en fit la capitale du royaume, elle a été embellie et fortifiée parses successeurs. Sur le versant droit de la montagne environnante, on aperçoit les ruines de l'antique et fameuse Rhages; elle s'étendait dans une plaine fertile, constellée de villages, dont la vue et la fraîcheur contrastent pittoresquement avec le roc desséché des monts qui s'étendent au Nord et au Sud. 11 faut citer comme monument l'Areg ou citadelle dans laquelle est renfermé le palais du schah ; on a comparé cet édifice immense au Kremlin de Moscou. C'est, en effet, une agglomération d'édifices publics fortement protégés par d'épaisses murailles; ils sont pourvus de tous les moyens de défense qui rendent une ville imprenable. La mosquée présente un aspect m ignifique avec son dôme revêtu de lames d'or; l'étranger visite les bazars, les bains publics et les divers lieux de promenade et de plaisir. On fabrique à Téhéran des tapis et des ouvrages en fer très-estimés. Collèges nombreux, palais des archives, du trésor; fameux palais du Soleil. Près de la ville de Téhéran, le schah possède, sur une colline, un autre palais avec des jardins magnifiques; le public ne peut visiter ces lieux qu'avec une permission spéciale qui est difticilement' accordée. Les promenades publiques sont bordées de platanes, de peupliers, qui sont très-beaux en général dans toute la Perse, ainsi que d'ormeaux qui sont également très-nombreux. Les portes de la ville sont surmontées de plusieurs animaux symboliques, à l'instar de toutes les principales villes de l'Orient, Le commerce, à Téhéran comme dans les principales villes du royaume, est entre les mains Ues Arméniens, qui sont répandus partout et qui sont les plus riches, après les membres de lu famille royale : ces derniers jouissent de grands privilèges et possèdent de grands et nombreux domaines, les plus beaux, sans contredit, après ceux du schah, qui les visite plusieurs fois l'année par
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déférence pour tous les membres de sa famille, à quelque degré de parenté qu'ils lui tiennent On voit aussi beaucoup de négociants russes qui semblent jouir à Téhéran d'une grande faveur. Aujourd'hui, c'est Ispahan qui fait concurrence au commerce de Téhéran. Le traité de paix entre l'Angleterre et la Perse fut signé par le schah à Téhéran le Il avril 1857. Dans toutes les principales villes d'Orient, il y a le Meïdan, la place par excellence. » A Téhéran, dit M. Adalbert de Beaumont (Illustration), elle porte le nom de Meïdanchay {place Royale) ou Korkhané- Meïdan. C'est là que l'étranger doit se rendre pour observer, dans ses manifestations les
Llus caractéristiques, l'existence persane, à, poètes improvisateurs et marchands de toutes choses, comédiens, charmeurs de serpents et charmeurs d'hommes, fakirs de l'Inde et santons de La Mecque, musiciens, danseurs, jongleurs de toute espèce, soldats et bandits s'agitent dans un inexprimable pêlemêle; foule hurlante et bigarrée, mais toujours pittoresque, cherchant des émotions de toute sorte et se dérangeant à peine pour laisser passer le cortège d'un condamné a mort; car c'est là encore que le bourreau coupe les têtes, broie les membres, empale et crève les yeux, arrache les langues, tranche les oreilles et perce les nez, verse le plomb fondudans les entrailles et énervelesjusticiables de la justice toute particulière de Châhin- Châh, le roi des rois , le pivot et la lumière du monde, au cœur de lion, Chîr-Dil. Sur la droite de la place Royale de Téhéran se trouve la citadelle, qui est la résidence du prince. On y pénétre par un pont-levis jeté sur un fossé large et profond. Les tours, d'une élégante proportion, sont recouvertes de ce brillant émail de Perse qui donne tant de charme à l'architecture orientale. Presque en face, au Sud, apparaît la vaste coupole de la mosquée cathédrale, Metchidi-Schah. Ce splendide monument est malheureusement inachevé. Le reste de la place est formé par des bazars ou des galeries a demi ruinées. >
TEHUACAN, ville du Mexique, dans l'Etat et à 95 kilom. S.-E. de Puebla, par 18<> 30' de latit. N. et 99° 34' de longû. O. ; 10,600 bab. environ, Cett^ville, située dans une riche plaine, sur la route d'Oaxaca, possède une jolie église et un hôpital. L'exportation de la farine est la branche la plus considérable de son commerce. Avant la conquête par les Espagnols de l'empire d'Anahuoo, Tehuacan était un des endroits sacrés les plus vénérés des Aztèques.
TEHUANTEPEC (isthme de), isthme de l'Amérique du Nord, appartenant aux Etats- Unis mexicains. Il fait partie pour moitié de l'Etat d'Oaxaca au S.-O., de l'Etat de la Vera- Cruz au N.-O. et touche parses limites orientales aux Etats de Tabasco et de Chiapas. De tous les passages reconnus en Amérique pour traverser d'un océan à l'autre, celui-ci est le plus rapproché de la Nouvelle-Orléans et de New- York; c'est le plus court, comme le plus commode et le moins malsain, pour aller en Californie. Les côtes, sur les deux mers, courent généralement de l'E. à l'O. Au point de vue topographique, l'isthme peut se partager en trois sections : celle du Nord, celle du Centre et celle du Sud. La première, qui embrasse une zone de 40 à 50 milles de largeur du côté de l'Atlantique, est occupée par plusieurs grandes et fertiles vallées arrosées par les eaux qui descendent de la Cordillère au golfe du Mexique. Ces vallées, qui s'élèvent rarement à plus de 200 à 300 pieds audessus du niveau de la mer, sont généralement couvertes de hautes forêts. La plus remarquable est celle du Guazacoalco, ainsi nommée du fleuve qui en arrose le centre et dont le cours est du S.-S.-E. au N.-N.-O. A l'O. de son embouchure se dressent les hautes cimes du volcan de Saint-Martin et du Pelon qu'on aperçoit au loin eu pleine mer et qui caractérisent d'une manière particulière la côte de la Barilla, où elles forment, en se tournant au N., un angle presque rectangulaire avec celle de l'E. Ces cimes sont à l'extrémité d'une grande chaîne de montagnes qui porte le nom de sierra de Tuxtla, Lie là au rio de Jaltepec, qui est te principal des affluents à la gauche du Guazacoalco, les seules montagnes dignes d'être mentionnées sont le cerro de la Encantada, qui s'élève à 265 mètres environ au-dessus des plaines, à 30 milles du golfe, et le cerro de Tecuanapan, haut de 400 à 500 mètres au-dessus de la surface de la mer. Si l'on en excepte ces deux montagnes, tout le pays, dans la section du N., ne présente d'autre aspect que celui d'une plaine immense, recouverte de bois épais. L'isthme de Tehuantepec est la patrie des bois précieux de toute espèce; on y récolte en grande quantité le caoutchouc, la vanille, la salsepareille, l'indigo, le cacao, le café, le sucre, le tabac , le coton, le maïs, le miel, la pita, etc. ; ces produits ne demandent qu'un travail insignifiant pour enrichir un peuple actif et industrieux. Le mais, dont à grand'peine on obtient une récolle par an dans le N., ici n'en produit pas moins de trois et, pour ainsi dire, sans aucun labeur. Les indigènes, pour préparer leurs milpas ou champs, se'contentent de brûler les boisjusqu'k moitié du tronc ; quant aux semailles, ce sont presque toujours les feinnies et les enfants qui s en chargent, sans autre instrument qu'un bâton pointu avec lequel ils font dans lu terre un
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trou, qu'ils referment ensuite du pied après y avoir jeté le grain. Les terres les plus fertiles rendent jusqu'à 300 et 400 pour 1, et les moins bonnes jusqu'à 60 ou 80; le rapport moyen est de 150 pour l. L'élève seule des abeilles, qui était une des principales branches d'industrie avant la conquête, suffisait à la fortune d'un homme par le rendement de la cire brute, dont la piété mexicaine consomme une quantité si considérable dans les églises et les oratoires. Cependant il ne vient à l'esprit de personne de recueillir les essaims sauvages qu'on rencontre à chaque pas dans les forêts et qui s'établissent jusque dans les murs des maisons. Entre les productions spontanées de ces contrées, une des plus curieuses et des moins connues en Europe est l'iretli de l'isthme, sorte d'agave, différente à certains égards de l'agave americana, du magney de ■pulque du Mexique et de l'agave sisalana de Canipèche. Il y a des variétés infinies de cette plante féconde, qui toutes produisent de la pita ou fit de diverses classes, depuis le chanvre le plus commun jusqu'au lin le plus lin,
La seconde section de l'isthme de Tehuantepec, et qui en forme comme le centre, est particulièrement remarquable par la grande variété des terrains qu'elle présente. La chaîne immense des Cordillères qui, sous différentes dénominations, s'étend, pour ainsi dire, sans interruption dans toute la longueur des deux Amériques, traverse cette section de l'E. à l'O. ; mais, au lieu de ces volcans altiers, qui forment ailleurs des accidents si remarquables, cette grande chaîne s'abaisse tout u coup sur l'isthme. En cet endroit, la Cordillère se rapproche beaucoup du rivage du Pacifique, et sa pente, du côté du S., terminant d'une maniéreabrupte, s'étend presque en ligne droite de l'E. à l'O. à une distance fort considérable. Au S. du rio Jaltepec se présente une série de montagnes, renfermant des plaines élevées, baignées par les rivières de jaltepecetde Chachiyupas, l'une et l'autre tributaires du Guazacoalco et qui descendent à l'O. des hautes montagnes de Mijes. Plus au S. encore viennent les monts de Xochiapa, entre lesquels roulent le Malatengo, l'Ahnoloyaet le Chichihua, qui apportent également nu Guazacoalco le tribut de leurs eaux, s'ouvrant ainsi un passage naturel entre les anneaux de cette chaîne qui, autrement, eussent été impraticables pour un canal ou un chemin de fer. Entre ces hauteurs et le passage le plus élevé, le pays se compose de plateaux ondulés, divisés par des chaînes de mamelons et connus sous le nom de 11anos de Xochiapa, de la Chiveia et de la Tarifa. Les hauteurs, qui s'élèvent graduellement, présentent une superficie plus uniforme à mesure qu'on se rapproche du passage qui conduit à l'océan Pacifique; elles ont pour limites, au S., les monts de la Guacamaya et de Muzahua, qui se terminent tous en cimes inégales de pierre calcaire, présentant une élévation de 500 à 700 mètres au-dessus du niveau du Pacifique. Ce sont là les seuls anneaux qui unissent la haute chaîne des Cordillères venant de l'Etat d'Oaxaca, à l'O., à celle qui s'étend à l'E. vers l'Etat de Chiapas et la république de Guatemala. Par une sorte de rétrécissement que la nature a formé dans ces montagnes, on descend tout à coup des plateaux supérieurs aux plaines basses de la côte du Pacifique, dont se compose, au S., la troisième section de l'isthme. La largeur moyenne de ces plaines est de 20 milles, de la base des monts au rivage de l'Océan, avec une déclivité de 3 à 5 mètres par mille jusqu'aux lagunes de Tehuantepec, formant ainsi un immense plan incliné de 250 pieds de hauteur au-dessus de la mer, au point où commence la descente, avec une superficie remarquablement égale, quoique avec une légère pente vers la côte. De distance en distance, on y rencontre un mamelon ou colline isolée, d'origine volcanique, qui donne au paysage un caractère éminemment pittoresque. Huit rivières descendent de ces montagnes et, après avoir arrosé les plaines inférieures, débouchent dans les lagunes qui s'étendent sur la côte, en s'unissant à la mer fiarune passe étroite, appelée la Boca-Barra; a plus importante de ces rivières est le rio Loteca ou de Santa-Maria, qui descend des montagnes d'Oaxaca, au N.-O. de Tehuantepec, traverse cette ville et débouche dans l'Océan au port de La Ventosa. Le projet de tracer un chemin de fer à travers l'isthme de Tehuantepec est aujourd'hui abandonné.
TEHUANTEPEC, ville du Mexique, dans l'Etat et à 260 kilom. S.-E. d'Oaxaca, sur la côte S. d'un golfe dû même nom, formé par l'océan Pacifique, et à l'embouchure du Tehuantepec, par 16» 20' 10" de latit. N. et S70 27' 13" de longit. O. ; 13,000 hab. Cette ville, à laquelle les Espagnols avaient donné le nom de Guadalcazar, était à cette époque extrêmement peuplée, et les noms de ses quatorze quartiers conservés jusqu'à ce jour attestent encore son antique importance. La plaine qui l'environne aujourd'hui était alors supérieurement cultivée et parsemée de villages riches et populeux. Durant plus d'un siècle, elle continua à passer pour une des contrées les plus fertiles et les plus productives du Mexique. Les dominicains, qui y commandaient en maîtres, la regardaient comme un paradis terrestre. 11 s'y faisait un commerce considérable, et le port, où Cortez
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avait construit ses navires, était un des principaux entrepôts de la Nouvelle-Espagne.
« Ce port de Tehuantepec, dit le moine Thomas Gage, est le meilleur de tous les pays pour la pêche; de sorte que nous rencontrions quelquefois dans le chemin 80 ou 100 mulets tout chargés de poissons salés pour Guatemala, la ville des Anges (puebla de los Angeles), 11 y a de riches marchands qui trafiquent au Pérou et aux Philippines, où ils envoient leurs petits vaisseaux d'un port à l'autre et en retournent richement chargés de marchandises de tontes les provinces qui Bont situées du côté de l'orient et du midi. ■ Durant les trois siècles de la domination espagnole, la prospérité de Tehuantepec alla en décroissant, ainsi que sa population. Cette population est une des plus mélangées qu'il y ait au Mexique; elle se compose principalement d'Indiens Zapotèques et de métis; quant aux familles espagnoles, auxquelles on peut joindre maintenant un petit nombre d'étrangers, Allemands, Français et Américains, elles sont fort restreintes. Renommée naguère pour son luxe et les riches marchandises qu'on y apportait de toutes parts, Tehuantepec a vu peu à peu sa place devenir plus déserte à mesure que sa population diminuait, et, aujourd'hui, elle n'a même pas l'ombre de son ancienne importance. Sous le toit des marches s'étalent confusément sur le sol les objets peu importants de l'industrie nationale. Ce sont les cordés et le fil de magney et de pita, les toiles de coton les ceintures de soie de chenille, tes souliers de peau de daim, noirs et jaunes, les chapeaux de paille et de feuille de palmier, les nattes de toute qualité, depuis les plus fines aux brillantes couleurs jusqu'aux plus communes; tout cela est entremêlé de fruits, de légumes, de saucissons, de viande séchée au. soleil, coupée en lanières et qu'on vend à tant l'aune, de tabac, de confitures, d'oeufs, de fromages. L'orfèvrerie jadis si renommée de Tehuantepec est en pleine décadence. On y fabrique aussi des selles et harnais ouvragés, encore fort estimés dans les départements voisins et pour le travail desquels les habitants de cette ville jouissent toujours d'un renom mérité.
TEI A, roi des Ostrogoths, mort en 553. Lorsque Narsès eut remporté une victoire complète sur Totila, à Tagina, en 552, les Goths échappés à ce désastre gagnèrent Pavie et donnèrent la couronne a Teia, un de leurs chefs les plus vaillants. Celui-ci se mit aussitôt à l'œuvre pour reconstituer une nouvelle année, sollicita, mais en vain, le secours des Francs d'Austrasie, fit mettre à mort 300 jeunes Romains gardés comme otages à Pavie, puis se rendit en toute hâte à Cannes, en Campanie, qui renfermait la plus grande partie des trésors de Totila. Il se trouvait aux pieds du mont Vésuve, près deNocera, lorsque Narsès s'avança contre lui. Pendant deux mois, les deux adversaires restèrent en présence sans oser tenter le sort d'une bataille suprême. Mats Teia, s'ëtant vu enlever par trahison la flotte qui devait ravitailler son année, n'hésita plus à livrer bataille. Malgré des prodiges de valeur, il vit la fortune se tourner contre lui et périt en combattant. Avec lui finit, après soixante ans de durée, la domination des Ostrogoths en Italie,
TE1CHMEVER (Hermann - Frédéric), savant médecin allemand, né U Minden (Hanovre) en 1685, mort à léna en 1746. Il fit ses études médicales à Leipzig et à léna, fut reçu docteur dans la dernière de ces universités ec y devint professeur de physique expérimentale dix ans après. Haller fut son élève et devint plus tard son gendre. Teiehmeyer fut successivement chargé de l'enseignement de l'anatomie, de la chirurgie, de la médecine légale, de la chimie et de la botanique, et brilla dans toutes ces parties. Ses principaux ouvrages sont : De cubebis (léna, 1705) ; De scropkulis (170S) ; De aslhnuite sanguineo (1710) ; De atrophia infantum rachilica (1715); De spiritibus acidis (1720); Eiementa anthropologue, seu théorie corporis humani (léna, I718,in-4a) ; Institutiones medicins legalis et forensis (léna, 1723, in-4°) ; De apùp/ea:ia(172S) ; De magna cerebrivatvula(ili&) ; Institutiones chemin practicB et expérimenta- Us (1729); De cerebro cogitaiionum instrumenta (1729) ; De cancro, in specie mammarum (1732); De analogia morborum eorumgue curatione methodica per polyehresla (1732) ; De ophtlialmia (1732) ; De deliranlium furore et dementia (1733) ; De choiera (1732) ; De geueratione (1736); Institutiones maieris médita (1737); Fundumentn. botanica (1738, in-8<>); Institutiones medieinx pathologie» et practics (1741, in-4<>), etc.,
TE1GHMEVÈRE s. m. (tèch-mé-iè-re — de Teichmeyer, savant allem.). Bot. Syn. de ocstavia, genre de myrtacées.
TEICHOMYZE s. f. (té-ko-mi-ze — du gr.
teichos, mur; muia, mouché). Entoni. Genre d'insectes diptères brachocères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, dont l'espèce tjpe est très-commune en France: Les teichomyzës vivent sur les vieux murs humides, (E. Desmarest.)
TEIFASCUY(AbouI-Abbas-Ahmed al), écrivain arabe, qui vivait au xuie siècle. Il s'établit au Caire, où il exerça la profession de joaillier, voyagea dans plusieurs contrées pour ses intérêts commerciaux, acquit des
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connaissances étendues et entra en relations avec de puissants personnages. On lui doit un curieux ouvrage sur les pierres précieuses, lequel a été traduit en italien par Ant. Raineri, sous ce titre : la Fleur des pensées sur les pierres précieuses, avec texte arabe et notes (Florence, 1818, in-4<>).
TEIGNANT, ANTE adj. (tè-gnan, an-te; gn nill, — rad. teindre). Qui teint, qui est propre à teindre : Les matières teignantes. Il Peu usité.
TEIGNASSE s. f. (tè-gna-se). Autre forme du mot tignasse : Les courtisans, les rousseaux, les teigneux furent tes premiers qui portèrent une perruque, et , parce que souvent ces derniers ne tenaient pas la leur bien propre, on donna le nom de teignasse aux perruques malpropres ou mal peignées, nom qui leur est resté jusqu'à ce jour. (J.-B. Thiers.)
TEIGNE s. f. (tè-gne; gn mil. — lut tinea, même sens). En loin. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, type de la tribu des tinéides, comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitent l'Europe : La tkigne n'a que sa mâchoirepour tout instrument (V. de Bomare.) :l Fausses teignes, Chenilles qui se t'ont des fourreaux portatifs. Il Teigne aquatique, Nom vulgaire des larves des friganes. Il Teigne de la cire, Nom vulgaire de la gallérie de la cire. Il Teigne des blés, Nom vulgaire de l'alucite. tl Teigne des chardons, Nom vulgaire des larves deoassides. Il Teigne des cuirs, Nom vulgaire des chenilles de urambus. Il Teigne des faucons, Nom vulgaire des larves des ricins. Il Teigne du lis. Nom vulgaire des larves des criocères.
— Fig. Personne qui nuit aux gens qu'elle fréquente ; Cette aimable teigne cherche à s'insinuer dans tous les ateliers, pour savoir ce qui s'y passe, ce qui s'y dit. (Balz.)
— Pathol. Nom donné à diverses affections du cuir chevelu.
— Pop. Tenir comme une teigne, Tenir trèsfortement, la teigne étant très-diftioile à guérir.
— Vétér. Noir museau. Il Ulcération de la fourchette, qui détermine la chute de la partie attaquée.
— Arboric. Maladie de l'écorce des arbres.
— Bot. Nom vulgaire de la cuscute.
— Encycl. Entom. Les teignes ont pour caractères : des antennes simples, quelquefois un peu ciliées chez les mâles; des pulpes labiales courtes, cylindriques, à peu près droites; la tête large, très-velue; le Corselet arrondi; l'abdomen cylindrique, terminé en un faisceau de poils chez les mâles, eu pointe chez les femelles; les ailes antérieures longues, étroites, un peu courbées en faux ; les postérieures ovales, largement frangées, surtout au bord interne; les pattes postérieures longues et épaisses. Ces insectes sont généralement de très-petite taille; les plus grands ne dépassent guère om,Ol d'envergure; leur corps est assez mince et leurs antenues assez loiigues ; les ailes, dont le fond est grisâtre ou brunâtre, présentent rarement une teinte uniforme et sont marquées, le plus souvent, de ligues ou taches blanchâtres ou jaunâtres.
Les chenille;, sont glabres, vermil'ormes, avec huit pattes membraneuses intermédiaires, très-courtes, une plaque cornée sur le premier anneau et le corps parsemé de poils isoles et clair-semés, visibles seulement k la loupe ; leur couleur est blanchâtre ou jaunâtre. Elles vivent et se métamorphosent dans des fourreaux fusifonues, lixes ou portatifs, formes de la subsiauce même des matières dont elles se nourrissent. Elles causentsouvent des dégâts incalculables; leur petite taille est compensée par leur nombre et leur voracité, et sous ce rapport ou peut les comparer aux souris. Les unes vivent aux dépens des céréales, des fruits ou d'autres parlies des végétaux; les autres détruisent les étoiles de lame, le crin, les pelleteries, les plumes, les animaux empailles ou desséches, etc. Grâce à leurs fortes et puissantes mâchoires, elles attaquent presque toutes les matières organiques, les rongent, les mangent et les digèrent. Elles passent leur vie dans îles fourreaux cylindriques, soyeux à l'intérieur, et qu'elles savent allonger et élargir au fur et à mesure qu'elles grandissent.
« Tout le monde, dit M. Stainton, sait trop bien que les habits qu'on laisse par hasard dans mm chambre sans prendre le soin de les préserver de» teignes sont bientôt perfores de petits trous; c'est qu'alors une femelle de(ïnea est venue y déposer ses œufs et que les chenilles qui eu sont sorties ont mangé le drap. Les chenilles de plusieurs espèces ne se contentent pas d'employer le drap à leur nourriture, elles s'en servent aussi pour leur vêtement, et c'est une chose tres-curieuse à voir que leur habileté k construire leur fourreau. Reaumur nous a raconte, sur ce point, des histoires très-intéressanies. Mais ce n'est que le petit nombre des espèces de ce genre qui gâtent nos habits et nos meubles; une espèce, il est vrai, se nourrit du blé qui se trouve dans nos greniers, dont elle lie plusieurs grains ensemble pour se construire entre eux une espèce de fourreau aoyeux; mais la plupart des espèces mangent les bolets ou le bois pourri, dans lequel elles pratiquent de petites galeries qu'elles tapissent de soie.
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« On comprend que les espèces qui vivent dans le bois pourri ou dans un bclet ne peuvent pas porter un fourreau qui leur serait inutile et embarrassant. On m'a dit, mais je n'ai pas encore vérifié cette observation, que la chenille de la tinea semi-fulvella vit dans l'intérieur des nids d'oiseaux ; il est possible que d'autres espèces de tinea vivent aussi dans des nids. On sait très-bien que la chenille de la tinea ochracella se nourrit de substances végétales qui se trouvent dans les nids de fourmis, ce qui nous parait une association fort extraordinaire. Il y a même des espèces de ce genre qui se nourrissent de lichens. •
Les chenilles des teignes restent engourdies durant l'hiver; quand arrivent les froids, elles attachent leur fourreau par les deux bouts k l'étoffe qu'elles ont rongée ou le suspendent aux angles des murs ou des plafonds. Elles se transforment alors en chrysalides piriformes et restent une vingtaine de jours en cet état. Au printemps, les papillons paraissent etcherchet.t aussitôt k s'accoupler. Après cet acte, qui dure environ six à huit heures, la femelle dépose ses œufs sur les objets qui conviennent à l'espèce, puis ne tarde pas k succomber. Au bout d'une quinzaine de jours, les chenilles éclosent, se développent, se métamorphosent et produisent une seconde génération d'insectes. Ces papillons volent le soir, voltigent autour de la lumière, dont l'éclat les attire, et viennent s'y brûler. On en voit très-souvent dans nos maisons; plusieurs d'entre eux sont cosmopolites et ont suivi l'homme partout. Ce genre, par suite des démembrements qu'il a subis, ne renferme plus qu'un nombre assea restreint d'espèces. Nous étudierons successivement celles qui vivent aux dépens des plantes ou des récoltes, puis celles qui attaquent les tissus, les vêtements et les fourrures.
Lu teigne des grains, l'une des plus grandes espèces du genre, a environ O^OIS d'envergure; ses couleurs sont très-variées. Sa chenille,d'un jaune d'oore, n'atteint pas 0m,01 de longueur. Elle exerce de grands ravages sur les céréales renfermées dans les greniers. Elle ne se loge pas, comme d'autres, dans l'intérieur des grains; mais elle réunit par des fils plusieurs de ceux-ci, en ayant soin de laisser entre eux un espace suffisant pour donner place k un fourreau de soie blanchâtre, qu'elle se file ; ce fourreau n'est percé qu'au bout qui correspond à la tête de la chenille, de telle sorte que celle-ci peut à son aise ronger les grains, sans crainte qu'ils lui échappent en glissant ou en roulant; si le tas vient à être dérangé, elle se déplace, en entraînant avec elle des provisions suffisantes. Quand ces chenilles se trouvent en trèsgrand nombre dans un grenier, les grains de la surface sont réunis en une sorte de croûte qui atteint près de om,lu d'épaisseur; quand on la brise, les chenilles rentrent dans le tas, mais ne tardent pas à revenir à la surface.
(Je n'est pas, comme on l'a prétendu, dans l'intérieur des grains que cette chenille se transforme en nymphe, mais bien dans une coque arrondie, composée de soie et de petits fragments de son et suspendue aux poutres ou aux solives du grenier. La chrysalide est effilée et d'une couleur marron foncé ; vingt jours environ après sa formation, l'insecte parfait sort de son enveloppe; il y a deux générations dans l'année, la première en mai, la seconde en juillet ou en août.
On a proposé différents moyens pour détruire cette teigne, ou tout au moins pour atténuer ses ravages. Le plus simple consiste à pelleter fréquemment les grains ; en les désagrégeant ainsi, on brise les fourreaux, et la chenille mise à nu ne tarde pas k succomber, soit par l'air, soit par les chocs qu'elle éprouve. On peut aussi détruire un grand*nouibre de ces chenilles par une chasse active, faite au moment où elles montent le long des murs pour se transformer en nymphes. Les moyens préventifs, qui consistent surtout k entretenir une grande propreté dans les greniers, sont encore a recommander. On a essayé aussi d'asphyxier ces chenilles ou de chasser leurs papillons en répandant sur les tas de blé des plantes k odeur forte, telles que le sureau, le chanvre, la stramoine, etc. Quand les grains sont fortement attaqués, 011 se trouve beaucoup mieux de les soumettre, pendant douze heures environ, k une temperature de 75° centigr., qui tue les insectes k leurs divers états , sans altérer la faculté germiuative des grains, ou bien de 45» seulement, mais pendant deux jours.
La teigne du cerisier a om,oi d'envergure, les ailes antérieures gris brunâtre, les postérieures gris plombé; répandue dans toute l'Europe, elle fait deux apparitions dans l'année, eu juin et en août; sa chenille, qui est très-effilée, jaune pâle, rayée de brun, vit sur les cerisiers, les pruniers et les pommiers, auxquels elle nuit beaucoup ; elle se chrysalide dans un tissu soyeux, qu'elle attache aux feuilles. La teigne de l'aubépine, de même taille que la précédente, s'en distingue par la couleur blanc bleuâtre de ses ailes antérieures; elle vit en société et se montre surtout au mois de juin ; ou la trouve également dans toute l'Europe. La teigne rustique, un peu plus petite, a les ailes d'un gris brunâtre ; elle parait aussi en juin dans toute l'Europe et voltige le soir autour des lumières; très-commune dans les jardins, elle entre souveut dans les appartements. La teigne de
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la bardane n'a que 0m,005 d'envergure ; ses ailes sont d'un gris rosé ; elle est plus rare que les précédentes. D'autres espèces vivent sur l'oignon, l'aunée, le bouleau, l'aubépine, le rosier, etc.
La teigne commune ou des pelleteries a O^jOlB d'envergure; les ailes antérieures d'un gris plombé ou roussâtre, les postérieures d'un gris pâle. La chenille, longue de 0m,oi, est d'un jaune blanchâtre, ridée, assez luisante. La chrysalide est d'un brun jaunâtre. Cette espèce parait avoir deux générations dans l'année; du moins, le papillon paraît deux fois, en avril et vers la fin de juillet. Ses chenilles causent de très-grands ravages, car, non contentes d'arracher ou de couper les poils dont elles ont besoin pour se nourrir et se vêtir, elles en font autant de ceux qui les gênent dans leur marche, en sorte qu'il n'en reste aucun dans les endroits où elles ont passé, et que les peaux les mieux fournies de poil ne tardent pas à en être complètement dégarnies. Bien qu'elles préfèrent les poils des mammifères, k défaut de ceux-ci, elles se rejettent sur les plumes des oiseaux et même sur les insectes conservés dans les collections.
Elles se montrent rarement au grand jour, et se tiennent plutôt dans l'obscurité , entourées des débris qu'elles ne cessent de ronger. Dès leur sortie de l'œuf, elles commencent k se construire un fourreau cylindrique, aplati, ayant k l'intérieur la consistance du parchemin, et au dehors l'apparence d'un feutre composé de soie et de poil ; chacun des deux bouts de ce tube présente un couvercle ou opercule, que l'insecte ouvre ou ferme k volonté; l'ouverture antérieure lui sert k laiser passer la partie antérieure du corps quand il veut changer de place, l'autre k expulser ses excréments, qui. ont la forme de petits grains ronds et d'un gris blanchâtre. Comme celte espèce est très-nuisible, on a cherché k la détruire, ou tout au moins à atténuer ses ravages. « La première chose k recommander, dit Treitscke, c'est la propreté et l'usage de battre, pendant la saison chaude, les objets menacés; ensuite, de les envelopper dans des draps de toile passés k la vapeur du soufre ou lavés dans du sel ou du salpêtre. Pour plus de sécurité, on y ajoute des morceaux de bois résineux, des grains de genièvre, du soufre en poudre ou des rognures de cuir roussi. »
La teigne tapissière atteint om,02 d'envergure; les ailes antérieures sont comme miparties de brun noirâtre et de blanc jaunâtre, et les postérieures sont d'un gris cendré. Elle est répandue dans toute l'Europe, et parait en mai et juin. La chenille est vermiforme, blanche, iuisante, k peau tellement transparente qu'on peut voir au travers la couleur des aliments qu'elle a absorbés. En sortant de l'œuf, elle ronge l'étoffe en creusant dans son épaisseur la place qu'elle occupe ; en même temps, elle file au-dessus do son corps une sorte de fourreau fixe ou de berceau soyeux, qu'elle recouvre d'une partie des poils qu'elle a arrachés, réservant le reste pour sa nourriture. Ces places , bien qu'assez grandes, sont de cette manière si bien dissimulées qu'il est difficile de les reconnaître, et qu'on serait tenté de les prendre pour des défauts de l'étoffe; aussi faut-il être certain que celle-ci contient de ces chenilles pour détruire leurs demeures et les extirper par un brossage énergique. Après avoir passé ainsi l'hiver, cette chenille se chrysalide au printemps. Outre les étoffes de laine, elle attaque aussi les pelleteries, les plumes, les insectes en collection et les autres matières animales. Ces derniers sont surtout exposés aux ravages d'une autre espèce, la teigne sarcitelle , répandue dans toute l'Europe, mais plus rare que les précédentes.
La teigne du crin a 0m,015 d'envergure, le corps et les ailes d'un fauve pâle luisant. Elle est commune dans toute l'Europe, où elle fait deux apparitions, eu mai et eu septembre, et se tient de préférence sur les dossiers des meubles. Sa chenille, qui est cylindrique, blanche, glabre, vit surtout dans le crin dont on rembourre les meubles, plus rarement dans celui des matelas. Au mois de mars, elle a pris tout son développement ; alors elle quitte sa demeure, perce l'étoffe qui recouvre le crin et se construit, avec les débris de cette étoffe, un fourreau soyeux, ouvert seulement du côté de la tête; encore même ferme-telle cette unique ouverture vers le commencement d'avril. Ainsi renfermée hermétiquement dans son fourreau, elle s'y transforme en une chrysalide brun jaunâtre, que l'on rencontre abondamment dans les coins et les enfoncements des meubles, surtout du côté opposé au jour; il est facile de rechercher ces chrysalides, de les découvrir et de las tuer, ce qui constitue la meilleure manière de s en débarrasser.
Les dégâts en quelque sorte incalculables que causent les teignes ont dû faire rechercher les moyens de détruire, en tout ou en partie, ces incommodes insectes. Nous en avons déjk, chemin faisant, dit quelques mots ; nous ajouterons ici d autres' détails, dus surtout aux études et aux expériences suivies de Réaumur. D'après ce savant naturaliste, l'esprit-de-vin, la fumée de tabac et surtout l'essence de térébenthine sont de véritables poisons pour les teignes. Avec cette dernière substance, qui ne tache pas et dont le seul inconvénient est de répandre une
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odeur forte, mais qui passe assez vite, on peut frotter les objets sans crainte de les détériorer; on peut aussi se borner à en imbiber des morceaux d'étoffe ou de papier non collé, qu'on place dans les armoires ou les endroits infectés ; les chenilles ne tardent pas k périr dans des mouvements convulsifs.
« Quant k l'esprit-de-vin, disent Chenu et Desmarets, il tue les chenilles presque aussi promptement que la térébenthine; mais, comme il s'évapore facilement, il en faut beaucoup, ce qui en rend l'emploi très-dispendieux, et il faut, en outre, que les étoffes qu'on en imbibe soient contenues dans des armoires hermétiquement fermées, sans quoi il produit peu d'effet. La manière de mettre en usage la fumée de tabac est excessivement simple; si les étoffes qu'on veut y soumettre sont renfermées dans une armoire, on y place un réchaud rempli de charbons allumés ou une lampe k l'huile ou k l'alcool; on jette le tabac dessus et on ferme l'armoire. Si c'est dans une chambre, on bouche avec soin les fenêtres et toutes les autres ouvertur».- J et l'on arrange les effets attaqués par les teignes de manière que la fumée puisse les pénétrer de tous les cotés. •
Reaumur conseille aussi, comme moyen préservatif, de frotter les meubles avec une toison grasse, ou bien avec des brosses imbibées d eau dans laquelle on a fait bouillir une rie ces toisons; on empêche ainsi les chenilles d'en approcher, car elles redoutent beaucoup l'odeur qui en résulte. Le poivre en poudre, répandu sur les fourrures ou sur les meubles, est un moyen peu efficace, bien que d'un usage fréquent. On a employé encore, avec plus ou moins de succès, des plantes ou des substances organiques k odeur forte, renfermées dans les armoires, entre autres la rue, la garde-robe, ou santoline, le suif, la benzine, le camphre; ce dernier corps a l'inconvénient de se volatiliser très-vite et ne donne d'ailleurs que de faibles résultats. Toutefois, en employant simultanément plusieurs des procédés que nous venons d'indiquer, on peut faire périr un grund nombre de teignes, et cela eu toute saison, bien qu'il soit préférable d'opérer vers la fin de l'été, alors que toutes les chenilles sont sorties de l'œuf.
• Maigre cela, disent les auteurs déjà cités, nous pensons que l'on fera mieux de mettre en usage des moyens préservatifs plutôt que des moyens agressifs, c'est-k-dire que nous pensons qu'au lieu de tuer les chenilles quand elles sont bien établies dans les matières qu'elles veulent détruire, il vaut mieux les empêcher de s'y installer; une propreté complote doit être maintenue partout, les meuoles couverts de tapisseries do. vent être battus fréquemment, les étoffes souvent secouées , les fourrures ne doivent pas être reléguées pendant tout l'été dans des cartons, mais touchées au moins tous les huit jours, etc. Il en est k peu près de même pour les collections d'histoire naturelle. Les dépouilles des grands animaux de nos galeries doivent être reinuéesde temps en temps ; les boites ou tiroirs de nos collections d insectes doivent être souvent ouverts , et dès que l'on voit i'un d'eux attaqué, on doit le surveiller avec soin. •
Quant aux laines conservées en magasin, on n'a trouvé jusqu'à ce jour aucun moyen de les préserver complètement; mais on peut éviter, au moins eu partie, les dégâts causés par les teignes. Daubenton conseille de faire enduire en blanc les murs et de plafonner les planchers, afin que les papillons qui s'y posent soient plus apparents, et de placer les laines sur des claies soutenues à i pied audessus du carrelage. < Ayez, ajoute-t-il, un bâton terminé, comme un fleuret, k l'une da ses extrémités par un bouton rembourré.
Lorsque vous entrerez dans le magasin, vous frapperez avec le bâton sur les laines et sous les claies pour faire sortir les papillons-fetgnes; ils s'envoleront; ils iront se poser sur les murs et sur te plafond, où il est facile de les tuer en appliquant sur eux l'extrémité du bâton qui esc rembourrée. En répétant souvent cette recherche depuis avril jusqu'en octobre, on détruit un grand nombre de papillons-ieijmei, on prévient leur ponte, on ne la laisse pas achever; par conséquent, il y a beaucoup moins de chenilles rongeuses dans la laine. On sait aussi que l'humidité est nuisible k ces chenilles et en fait périr un grand nombre; mais on ne peut tirer de ce fait aucun procédé pratique, car les étoffes et les fourrures auraient bien plus k craindre de l'action de l'eau que des ravages mêmes de l'insecte. 11 vaut encore mieux battre ces étoffes et ces fourrures dans les magasins, ou les renfermer dans des sacs de papier hermétiquement fermes, car les chenilles des teignes ne peuvent percer cette substance, tandis qu'elles se frayent aisément un passage k travers les mailles de la toile. ■
Kéaumur a remarqué que les teignes, en conservant la couleur des étoffes qu'elles mangent, ont en même temps la propriété de se laisser broyer k l'eau; il en a conclu que la peinture pourrait tirer quelque avantage de .leurs excréments; ce serait un moyen de faire des teignes des insectes utiles & l'homme.
— Pathol. On désigne sous le nom de teigne, ou porrigo, ou favus, une maladie contagieuse du cuir chevelu produite par la présence d'un parasite végétal, l'achorion de
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Sehœnlein, et caractérisée par la décoloration, la chute des cheveux ou des pcils, et par le développement de croûtes jaunâtres, généralement creusées en godet. Cette affection porte encore les noms de teigne faveuse, porrigo lupinosa, tinea vera. Elle a été longtemps considérée comme le résultat d'une éruption pustuleuse dont le liquide se concrétait et formait aussitôt des croûtes d'un aspect particulier; mais cette opinion est erronée. Le favus débute par un point jaune ou un cercle linéaire formé par une matière plus ou moins liquide, qui enveloppe la base du cheveu. Les causes de cette maladie sont ou prédisposantes ou occasionnelles. Parmi les premières, il faut placer le jeune âge. Quoique le favus se montre à toutes les époques de la vie, ce sont surtout les enfants qui y sont le plus particulièrement exposés. Le sexe, le tempérament, une Constitution plus ou inoins délabrée, sont des causes peu importantes dans le développement de cette maladie; mais la misère, la malpropreté, les fatigues, l'hérédité, sont d'une grande influence. Parmi les causes occasionnelles, la plus importante est ia contagion, qui, quoique longtemps révoquée en doute, est aujourd'hui reconnue pur presque tous les médecins, entre autres Biett, Cazenave, Bazin, Rayer, Hardy. La contagion s'opère directement par le contact, ou par l'intermédiaire des objets, tels que bonnets, peignes, éponges, etc., qui ont servi aux malades. « Il en est, dit M. Rayer, de la contagion du favus comme de celle de plusieurs autres maladies transmissibles par contact ou inoculation; l'application des croûtes du favus surla peau n'entraîne pas constamment l'inoculation de cette dégoûtante maladie. » Robin, Scliœnlein, Bazin, Lebert et quelques autres micrographes modernes ont rendu très-simple l'explication de ta contagion du favus en démontrant qu'il est constitué par une végétation qui tend à se reproduire avec la plus grando facilité. Dès le début, celte affection présente de petites pustules formées par une matière solide et comme enchâssées dans l'épaisseur de la peaiij au-dessus de laquelle elles ne font jamais saillie. Ou voit toujours un cheveu traverser ces petits amas de matière jaunâtre, safrauée, qui ne tarde pas à se concréter pour former des croûtes dont le centre, creusé en godet, peut être regardé comme un signe pathognomonique de cette maladie. Les croûtes, plus humides au centre qu'à la périphérie, dépassent bientôt de quelques millimètres le niveau de la peau et présentent des bords saillants. Elles sont tantôt disséminées, tantôt réunies en groupes, de manière à former de larges plaques, ou bien encore elles peuvent être tellement serrées qu'elles constituent une véritable calotte ornant à sa surface extérieure une multitude de dépressions correspondantes à chacun des points jaunes primitifs. Cette croûte, d'une épaisseur plus ou moins considérable, est fendillée de toutes parts, percée de loin en loin par quelques cheveux grêles et cassants. A travers les fentes a lieu un suintement séro-purulent. « L'épidenne, gonflé, distendu, se brise, la concrétion morbide se dessèche, casse et tombe, dit Grisolle, en menus débris semblables à des parcelles do mortier sali. En même temps a lieu une démangeaison intolérable, surtout lorsqu'un gjrand nombre de poux pullulent sous les croûtes. Les malades présentent souvent un engorgement des ganglions cervicaux et sous-maxillaires. La tête exhale une odeur fétide, nauséabonde, qu'on a comparée à celle de l'urine de chat. Lorsque les croûtes se détachent, elles laissent à découvert une surface érodée, douloureuse, saignante, qui ne tarde pas à être envahie par une concrétion nouvelle. Celle-ci est toujours précédée de l'apparition de nouveaux points jaunes, comme cela u lieu au début; remarque très importante pour distinger le favus de l'impétigo. Les croûtes peuvent rester adhérentes pendant plusieurs mois et même pendant des années. Dans ce cas, elles se dessèchent, se brisent et tombent par fragments. Les cheveux deviennent de plus en plus rares; s'il en reste quelques-uns, ils sont décolorés, grêles, amincis et ne tardent pas à disparaître. L'alopécie, qui est un effet constant de l'affection faveuse, est presque toujours incurable ; s'il arrive parfois que les cheveux repoussent, ils sont clair-semés, minces et lanugineux. Enfin, l'inflammation peut quelquefois gagner le tissu cellulaire sous-jacent et même les os. La. teigne faveuse ne donne pas lieu, en général, à des symptômes généraux ; mais on a souvent remarqué un arrêt de développement physique et moral chez les individus qui en étaient atteints. Elle est souvent compliquée d'eczéma, d'impétigo, affections qui aggravent toujours la maladie primitive. Le porrigo siège ordinairement au cuir chevelu ; mais on peut rencontrer des pustules faveuses sur tous les points du corps où il existe des poils. Cazenave a observé des cas où le favus était général, et d'autres où il n'occupait que le scrotum primitivement envahi. Cette affection, livrée à elle-même, peut persister des années entières; elle offre peu de tendance à se terminer spontanément et, si le malade guérit, la peau dénudée de la tête présente une coloration rotigeâtre et des cicatrices irrégulièies qui persistent pendant très-longtemps. Dans les cas où l'alopécie est incura-
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ble, ce n'est pas que le bulbe pileux soit détruit, il est au contraire presque toujours intact. Le cheveu continue à être sécrété ; mais l'orilice du bulbe, par suite des érosions dont il a été le siège, se trouvant oblitéré par une cicatrice, présente un obstacle infranchissable au cheveu qui, ne pouvant sortir, se replie sur lui-même sans pouvoir s'échapper au dehors. Le bulbe, devenu inutile, finit par s'atrophier. >
Quelques auteurs, tels que Biett, Cazenave, ont décrit une espèce particulière de favus, qu'ils ont appelée porrigo scutulata, favus en cercles, favus annulaire ou en anneaux. Cette variété débute par des plaques assez régulièrement arrondies; les malades éprouvent ordinairement des démangeaisons considérables; le cuir chevelu est grenu, comme parcheminé , et la formation des croûtes du favus est précédée de l'apparition de squames analogues à celles du pityriasis. Bientôt se montrent de petits points jaunes peu saillants, réunis par groupes et déprimés au centre, où ils sont moins nombreux qu'à la circonférence. Les croûtes sont moins épaisses que dans la variété précédente, les cheveux moins altérés, l'alopécie moins complète et par plaques ; en un mot, le favus en cercles est moins grave que le favus proprement dit. Bazin admet encore une troisième espèce qu'il compare aux cartes géographiques eu relief représentant un terrain montagneux. Presque tous les auteurs confondent cette variété avec la précédente, l.e favus est une ailection qui ne menace jamais directement les jours du malade ; « mais si l'on songe à sa longue durée, dit Valleix, à son influence sur la constitution, au danger de sa propriété contagieuse, k l'opiniâtreté avec laquelle il résiste aux agents thérapeutiques, à l'ulopé- | cie qui en est alors la conséquence inévitable, , on ne saurait s'empêcher de le regarder j comme une atfection grave et qui reclame toute la sollicitude du médecin. 11 faut, le ; plus proinptement possible, faire disparaître ; une maladie qui fait, des sujets qui en sont j atteints, un objet de dégoût pour tout le I inonde et une source de contagion pour ceux 1 qui les approchent. ■ Le traitement ù employer est surtout local, excepté dans les cas où le malade, étant d'une mauvaise con- ' stitution, a besoin de toniques pour se fortifier. On a recours alors aux ferrugineux, à l'huile de foie de morue, à une alimentation ' substantielle. Pour le traitement local, il n'y a que deux indications ù remplir : \o empêcher la formation des croûtes ; 2U produire l'épilaiion. L'emploi de la calotte atteignait autrefois ce double but. Ce moyen est aujourd'hui à peu près abandonné à cause des souffrances atroces qu'il détermine. Un fabriquait un emplâtre avec le mélange suivant : farine de seigle, 125 grammes; vinaigre blanc, 1000 grammes; mettre sur le feu, agiter, puis ajouter : deutocarbonate de cuivre en poudre, 15 grammes; faire bouillir doucement pendant une heure, puis ajouter : poix noire et résine, 125 grammes; poix de Bourgogne, 180 grammes ; quand tout est fondu, ajouter : éthiops antimonial en poudre, 180 grammes. Agiter tout le mélange et l'étendre sur la toile. Après avoir ramolli et fait tomber les croûtes par des cataplasmes, après avoir coupé les cheveux le plus ras possible avec des ciseaux, on appliquait cet emplâtre sur le cuir chevelu et on l'y laissait sécher. Trois jours après on l'ôtait brusquement et à couire-poils, pour enlever le plus de cheveux possible. On mettait ensuite un second emplâtre qu'on arrachait dans le même espace de temps et de la même façon. Ce traitement était ainsi continué pendant plusieurs mois. Bretonneau et Trousseau l'ont rendu, sinon plus eflicace , toujours moins douloureux et moins dangereux. Voici leur procédé et la forme de l'emplâtre qu'ils ont adopte : farine de seigle, llo grammes; poix de Bourgogne, 124 grammes; poix-résine, 96 grammes; résine de térébenthine, 48 grammes; vinaigre blanc, 1,250 grammes. « L emplâtre bien préparé, on coupe de petits morceaux de toile en forme de demicôtes de melon, de véritables triangles isocèles par conséquent, et d'une grandeur telle que, leur pointe étant placée au sommet de la tète, leur base arrive à son pourtour. On les couvre d'une couche peu épaisse de l'ernplàtie-calotte. On coupe alors les cheveux bien exactement et, pour plus de facilité, avec des ciseaux courbés sur le plat. 11 est tout à fait inutile de raser la tête ; il serait souvent impossible ou dangereux de le faire. On applique alors sur le cuir chevelu les morceaux de linge recouverts de l'emplâtre, en ayant soin de poser leur pointe sur le sommet de la tète, en sorte que tous partent du même point, et que, leur base formant autour de la tète une même ligne circulaire, ils constituent une véritable calotte à côtes. Pour maintenir les pièces tle l'appareil exactement appliquées, on placera avec avantage autour de la tête, à sa base, une bande de sparadrap de la largeur du doig^t et assez longue pour faire deux ou trois fois le tour de la tête. L'appareil ainsi formé se dessèche bientôt. On 1 eulève tous les cinq ou six jours pour le renouveler exactement de la même manière. Dès que les cheveux grandissent, on les coupe avec les mêmes précautions, de manière à les maintenir constamment bien ras. L'appareil s'enlève ordinairement sans douleur, ce qui se comprend très-bien,
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les cheveux ayant été préalablement coupés. Si pourtant on produisait le moindre tiraillement douloureux, if suffirait, pour le faire cesser bientôt, de mouiller l'appareil. On renouvelle d'ailleurs très-régulièrement les applications jusqu'à ce que la maladie ait complètement disparu. U est facile de voir que cette médication, malgré l'analogie qu'elle a avec l'ancienne, en diffère essentiellement. Ici point d'arrachement violent des cheveux; tout se réduit aune application topique médicamenteuse. ■ Samuel Plumbe avait conseillé d'épiler les cheveux un à un à l'aide de petites pinces; mais cette méthode, quoique bonne, était trop longue. Bazin l'a modifiée en faisant frictionner la tête, quelques jours avant l'épilation, avec de l'huile de cade, une pommade alcaline ou l'huile de noix d'acajou. Ces frictions ont pour but d'éviter les douleurs qui accompagnent l'épilation. Celle-ci terminée, on fait immédiatement des lotions savonneuses et une imbibition avec 4 grammes de sublimé dans 500 grammes d'eau. On continue ces lotions pendant quatre ou cinq jours, matin et soir, puis on les remplace par des onctions avec la pommade suivante : axonge, 500 grammes, acétate de cuivre, l gramme. Le traitement doit durer de 30 jours à six semaines. Les frères Wahon se servaient d'une pommade et d'une poudre épilatoires qu'ils appliquaient sur la tête, après avoir fait tomber les croûtes de favus à l'aide de cataplasmes de farine de lin. Quelques jours après l'application de la poudre épilatoire, il suffit de passer un peigne épais sur la tête pour que les cheveux se détachent sans douleur. Ce moyen est trèseflicace ; il a toujours été employé avec succès. Voici, d'après Hardy, le traitement actuellement suivi à l'hôpital Saint-Louis :«On se débarrasse des croûtes de favus et d'impétigo qui recouvrent la tête à l'aide de cataplasmes, de bains ou de lotions émollientes. Au bout de cinq à six jours les croûtes tombent et le cuir chevelu présente une coloration rouge et une ulcération superficielle ressemblant assez k celle qui succède à la chute des croûtes d'eczéma. L'épilaiion constitue la seconde partie du traitement. Pour la rendre plus facile, on coupe les cheveux, en leur laissant une longueur de 0"',02 à om,3 seulement; pour qu'elle soit moins douloureuse, Bazin fait étendre préalablement une couche d'huile de cade sur les parties malades pour diminuer, par ce moyen, la sensibilité du cuir cheveiu et faciliter l'extraction des poils.... L'épilation se pratique à l'aide de pinces à mors larges, en ayant soin de ne pas saisir plus d'un ou deux cheveux à la fois, pour éviter de les briser, ensuite on exerce la traction dans le sens de l'implantation des cheveux; de cette façon la douleur est moindre et l'extraction plus facile. Les cheveux doivent être urrai liés tiur toutes les parties malades, mais il n'est pas nécessaire de pratiquer cette opération dans une seule séance. On épile chaque jour dans une étendue de 0m,03 à 0m,04 carrés, et au bout de quelques jours on parvient facilement à mettre toutes les parties malades à découvert. A mesure qu'on pratique l'épilation, il est important de lotiouner les parties avec une solution de sublimé : sublimé, 1 gramme ; eau, 500 grammes; alcool, q. s. On imbibe de cette solution une compresse, une brosse, une éponge, et on a soin de la faire pénétrer par l'oritice encore béant du follicule pileux ; on continue pendant huit jours, mutin et soir, ces lotions parasiticides. On se propose, dans la dernière partie du traitement, d'établir un contact prolongé entre les parties malades et les agents chargés de détruire le champignon. On y parvient à l'aide de pommades qui ont surtout pour base des préparations de soufre ou de mercure : soufre, 2 grammes; axonge, 30 grammes; ou bien encore : huile d'amandes, lgr.; glycérine, 1 gramme; axonge, 15 grammes; turbith minéral, 50 centigrammes; ou bien encore la pommade suivante : axonge, 20 grammes ; hui^e de cade, 2 grammes. Tel est le traitement complet de la teigne. Au bout de quelque temps, les poils arrachés repoussent et, quelquefois même, prennent une teinte plus foncée. Du reste, il est rare qu'une seule épilation soit suffisante ; si, au bout de six semaines ou deux mois, les choses n'ont pas repris leur caractère primitif, s'ils sont encore secs et cassants, enfin s'il existe encore des croûtes ou des pustules au cuir chevelu, il faut renouveler l'épilation et la recommencer jusqu'à ce qu'on ait obtenu une guérison radicale. »
— Art vétér. Cette maladie, qui a quelques analogies avec le porrigo ou teigne de l'homme, se développe spontanément sur les animaux de l'espèce bovine. Elle est caractérisée par l'inflammation pustuleuse, l'ulcération et quelquefois ia mortification de la peau; enfin, parla propriété de se transmettre entre animaux de l'espèce bovine, et même de ces animaux à l'homme.
Cette maladie attaque surtout les bœufs de travail, notamment dans la mauvaise saison. L'insalubrité desétables, la malpropreté, une alimentation sèche, peu nutritive, semblent favoriser le développement du porrigo. La matière purulente qui s'écoule des parties malades, et les croûtes qui proviennent de sa dessiccation, transportées sur la peau de l'homme ou des boeufs en sinté, suffisent à
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sa reproduction. La propriété contagieuse de cette maladie porte à croire qu'elle est de nature parasitique, bien qu'on ait cherché en vain dans les bulbes les poils des parties affectées, les croûtes que ces parties sécrètent, les champignons qui en provoqueraient le développement.
Le porrigo se montre ordinairement à la
? [iieue, au front, à la nuque, au garrot, au ànon. La peau se tuméfie, s'enflamme, devient chaude, douloureuse et le siège d'une vive démangeaison, qui porte les animaux à se frotter contre tous les objets qu'ils rencontrent. 11 se forme des pustules qui ont l'aspect de petits furoncles et même de petites vésicules contenant un liquide jaunâtre, corrosif. Ces pustules ne tardent point à s'ouvrir et à laisser échapper du pus caillebotté, et laissent à leur place de petites ouvertures circulaires à bords taillés à pic et qui pénètrent jusque dans le tissu cellulaire. Bientôt les poils tombent et ta partie malade se recouvre d'une croûte brune, fendillée, assez adhérente. Une matière séro- sanguinolente s'échappe des fentes, et, au-dessous des croûtes, la peau est boursouflée, ulcérée, bourgeonne dans quelques points, est excavée ou perforée dans d'autres.
Cette maladie a une grande tendance à rogresser. Son extension est facilitée par a démangeaison qu'elle occasionne, démangeaison qui, en excitant l'animal à se gratter, devient une cause de complication en propageant le mal autour de son point d'invasion. Enfin, les frottements peuvent donner naissanee à des abcès sous-cutaués d'un volume variable. Ces abcès laissent échapper un pus épais et grumeleux. La peau, parfois, se mortifie; une auréole inflammatoire entoure la partie mortifiée, qui est éliminée ensuite par la suppuration. Lorsque le mal siège h la queue, la mortification peut s'étendre à toutes les parties constituantes de cet organe dans une étendue de 0m,10, 0m,20, 0m,30, quelquefois même dans toute sa longueur, et en quelques jours la partie mortifiée tombe et l'animal reste plus ou moins écourté. Enfin, les oreilles, l'œil peuvent être envahis et détruits par cette maladie.
Au début de cette affection , le traitement consiste à faire des lotions et des applications émollientes et calmantes sur les parties malades et à maintenir la peau dans un trèsgrand état de propreté. Lorsque les vésicules s'ouvrent et que la peau se dénude, il faut, après avoir ramolli les croûtes au moyen de lotions, d'applications émollientes, et les avoir enlevées avec précaution, cautériser les parties malades avec l'eau mercurielle, la solution de deutochloruie de mercure, ou celle d'acide arsénieux. Puis on fait sur la peau avoisinante des onctions d'huile, de pommade soufrée ou sulfo-alcaline.
Lorsque ta maladie s'accompagne d'une inflammation considérable, le traitement antiphlogistique général est indique. Si le prurit est violent, on donne par intervalles des douches froides, on fait des onctions de pommade soufrée et camphrée. Enfin, lorsque le suintement est très-abondant, on projette sur le mal de la poudre d'amidon, de tan, de chlorure de chaux. Si le mal résiste k tous ces moyens externes, si même il s'étend et devient plus profond, on donne à l'intérieur l'eau de goudron, des décoctions de saponaire, de douce-amère, additionnées de nitrate ou de sulfure de potasse. On peut encore administrer des purgatifs huileux ou salins, lorsqu'il survient de la constipation. Enfin, lorsqu'on voit certaines parties de la peau se mortifier, il faut s'empresser de les limiter, en faisant des frictions excitautes là où les parties qui se gangrènent confinent k celles qui sont saines.
On donne encore le nom de teignes à des ulcérations fétides qui siègent à la fourchette du cheval, dont le tissu est comme vermoulu. Quand cette dernièie altération est parvenue à une certaine période, elle cause à l'animal qui en est atteint une démangeaison vive et répand une forte odeur de fromage pourri.
Hors le cas de blessures accidentelles, la fourchette du pied du cheval ne devient le plus souvent malade que lorsque le pied luimême est atteint. La fourchette est une partie naturellement destinée à la pression sur le sol; or, si, pur un défaut de ferrure, cette pression n'a pas lieu, les talons manquent d expansion, le sabot se contracte et, par là, gène la fourchette sensible, qui alors s'irrite et s'enflamme. Cette cause excitante détermine un accroissement morbifique dans la sécrétion de la corne ; quelquefois même le coussinet plantaire sécrète du pus, qui s'échappe entre tes deux lames de ia fourchette de corne. Ou ignore pourquoi l'on a donné le nom de teigne à ce genre d'altération, mais il est facile de s'apercevoir de la lésion à la fétidité particulière qui l'accompagne, ainsi qu'à la grande démangeaison qu elle cause au cheval, ce qui l'oblige souvent et même sans cesse de frapper ou de battre du pied à terre. Lorsque l'affection est légère et peu avancée, elle ne fait pas grand mal et ne porte pas un grand préjudice à l'animal ; mais elle peut, par ses progrès, gagner toute la surface de la fourchette de corne, pénétrer jusqu'au tissu velouté et devenir la source de divers accidents graves. Alors la matière morbide sécrétée acquiert de l'âcreté, devient irritante, altère la corne et finit par la faire tomber par morceaux ou
TEIG
en écailles. Le traitement consiste d'abord à éloigner la cause de la maladie, puis à tarir la source de l'écoulement morbide, en faisant disparaître l'inflammation qui le détermine. 11 convient ensuite de rétablir le pied proprement dit dans l'état où il doit être, autrement ce serait s'exposer à voir le mal se reproduire à la première occasion. Le talon restant haut, le pied demeure nécessairement dans un état de contraction qui empêche de compter sur la guérison, parce que la fourchette n'est plus dans un état normal de pression. D'un autre côté, si la fourchett'; est tendre et déjà presque pourrie, on ne peut la faire presser que par degrés, en parant un peu les talons tous les quatre à cinq jours et ménageant en même temps une pression modérée au moyen d'une éclisse qui s'avance jusqu'à la pince et d'une seconde qui croise la première et la soutienne des deux côtés. On doit mettre un peu d'étoupe entre ces éclipses et la fourchette. On ne court aucun risque en arrêtant le produit de la sécrétion morbide, ce qui peut s'opérer par l'application de l'onguent égyptiac, ou autre du même genre. Quelquefois la teigne dépend d'une altération causée par le séjour continuel du pied dans le fumier, ou dans une litière trop consommée, trop humide; dans ce cas, il suffit de supprimer la cause, de tenir les pieds très-proprement et d'abattre assez de corne pour mettre bien à découvert les sinus où séjourne la matière et les petites cavités d'où elle suinte; puis l'on fomente la partie avec de l'eau fortement vinaigrée ou chargée de sous-acétate de plomb, on introduit daus !a fente des poudres dessiccatives, recouvertes d'étoupe sèche, et on renouvelle ce pansement une ou deux fois par jour, jusqu'à ce qu'il ne sorte plus de matière puriforine. Ce traitement simple produit de très-bons eifets et guérit le pied malade en peu de temps; on le rend plus prompt encore en y ajoularn une ferrure appropriée. Quand la maladie est plus avancée, on met le fond de l'ulcère à découvert et on panse avec l'onguent égyptiac lorsque la plaie a suppuré pendant quelques jours. La cicatrisation s'opère, une nouvelle corne se forme; mais la fourchette, en se régénérant, perd sa cavité et ne forme plus qu'une seule masse. 11 faut même ferrer plusieurs fois et savoir manier le boutoir avec intelligence et habileté pour parvenir à diriger la croissance de la corne et à la ramener peu k peu k la configuration qu'elle avait avant la maladie; il faut des soins plus longs et plus suivis que dans le cas précédent, et l'usage du fer à branches raccourcies , dit à lunettes, est tout à fait nécessaire. Il est souvent fort utile d'avoir recours à l'application* d'un petit appareil fait de manière k préserver complètement la partie altérée, à la mettre à l'abri des foulures et à maintenir en contact les substances médicamenteuses mises en usage.
Si le mal en vient à dégénérer en crapaud, c'est toujours la faute du propriétaire ; car, dans le principe, il est toujours possible d'y remédier, en faisant cesser les causes et en adaptant une ferrure particulière, qui consiste spécialement dans l'usage du fer a branches raccourcies. En abattant beaucoup de talon, sans toucher aux arcs-boutants, encore moins au corps de la fourchette, et ferrant court en arrière, on force celte partie du dessus du pied de poser k terre, d'appuyer sur le sol, et l'on fait ainsi une compression continuelle qui oblige l'humeur, les boues et autres ordures de sortir.
TE1GNERIE s. f. (tè-gne-ri ; gn mil. — rad. teigne). Salle, quartier d'hôpital affecté aux teigneux.
TEIGNEUX, EUSE adj. (tè-gneu, eu-ze ; gn mil. — rad. teigne). Qui a la teigne : Un enfant teigneux. Une tète teigneuse.
— Grav. Cuivre teigneux, Cuivre semé de petites taches.
— Typogr. Balte teigneuse, Balle dont le cuir est trop gras, et qui ne prend pas l'encre régulièrement.
— Substantiv. Personne qui a la teigne : Sainte Elisabeth lavant la tête à des teigneux. (Th. Gaut.)
— s. m. Pop. Homme grossier, qui ne salue jamais, comme s'il avait la teigne et qu'il gardât son chapeau pour la caeiier : C'est donc un tkignkux, ce monsieur- ta!
— Il n'y a que trois teigneux et un pelé, Il n'y a qu'un très-petit nombre de personnes de bas étage.
TEIGNMOUTH, ville et paroisse d'Angleterre (Devon), à 20 kilom. S. d'Exeter, au pied d'une chaîne de collines, à l'embouchure de la Teigft dans la Manche, par 50« 33' de latit. N, et 50<> 39' de longit. O. ; 6,000 hab. C'est une ville de bains presque aussi considérable que Torquay. Elle est située à l'embouchure de la Teigu, dont l' estuaire présente k la fois un aspect agréable et grandiose, les eaux étant bordées de rives boisées et dominées par une chaîne de hautes montagnes que couronnent les rochers de Heytor. L'embouchure de la rivière est obstruée par un banc de sable qui a reçu le nom de Den et présente une large esplanade trèsremarquabîe. C'est la plus belle promenade de la ville. Cette esplanade est bordée sur la droite par une ligne de bâtiments assez grandioses, tandis quelle est dominée en arrière