TEIL
Suétone (Paris, 1661, in-4"). Cette traduction, bien que remplie de contre-sens, eut beaucoup de succès lorsqu'elle parut. On a attribué k du Teil : l'Injustice punie, tragédie en cinq actes (Paris, 1641, in-4°) ; Recueil dediverses pièces du sieur du Teil (Paris, 1653); mais peut-être ces deux ouvrages sont-ils d'un homonyme.
TEIL (Jean-Pierre, baron du), général français. V. Duteil.
TElLLAGEs. m. (tè-lla-je; Il mil,). Action ou manière de teiller : Dans les grandes exploitations, le teillage se fait par machines. (Lenormant.) Il On dit aussi tillagk.
— Techn. Nom d'un défaut du verre, appelé aussi graisse.
. — Encycl. Le teillage auquel on soumet les Substances filamenteuses, telles que le chanvre, le lin, etc., consiste k séparer les chènevottes de l'écorce et k réduire celle-ci en lilasse. Cette opération se fait immédiatement après le rouissage ; dans les campagnes, on l'exécute encore a la main, ou au moyen de machines très-simples et peu coûteuses, dont l'imperfection a appelé 1 attention des constructeurs. Ces machines, que l'on nomme broie, brisoire, tillotte, etc., sont composées de deux pièces de bois, réunies en un bout par une forte cheville. La pièce inférieure est montée sur quatre pieds inclinés, pour lui donner plus de solidité; ses dimensions sont de 0m,l4 à om,16 d'équarrissage et de 2m,27 à 2'°,60 de longueur. Elle est creusée dans toute sa longueur par deux grandes mortaises de 0m,027 qui la traversent dans toute son épaisseur ; les intervalles laissés par ces mortaises sont taillés en couteau non tranchant dans leur partie supérieure, ayant une poignée d'un bout et portant sur sa longueur deux languettes taillées pareillement en couteau, et par-dessous elle est attachée sur les premiers par une cheville de fer et fait 1'oftice d'une charnière. Les languettes de la pièce supérieure entrent dans les rainures de la pièce inférieure. L'ouvrier introduit une poignée de chanvre entre les mâchoires de cette machine, et, en élevant et en abaissant successivement la mâchoire supérieure à plusieurs reprises, il parvient k briser les ohènevottes et k retirer de la machine le lin ou le chanvre dépouillé de cette espèce de tuyau. Cette manière très-imparfaite de travailler le lin est remplacée dans d'autres endroits par la brisoire, qui se compose de cinq cylindres cannelés ou briseurs en bois de hêtre, ayant 0ni,50 à 0m,55 de longueur et formés de lames ou cannelures courtes et longues alternativement et arrondies , pour qu'elles ne puissent couper le lin. Ces cylindres ont un mouvement d'oscillation combiné avec le mouvement de rotation de leurs axes. Les liges de lin sont mises par poignées dans une augée placée au-dessus des cylindres supérieurs ; en les pressant entre ceux-ci, elles sortent de l'autre côté parfaitement brisées etdébarrassées de leur chènevoue, bonnes à être passées ensuite à la machine qui vient après, que l'on nomme la fluissoire. Plusieurs systèmes de machines ont été proposés dans ces derniers temps pour opérer le teillage d'une manière plus régulière et remplacer le broyage produit par les procédés précédents. Parmi les appareils qui fonctionnent avec régularité et fournissent un bon rendement, on peut citer ceux qui ont été inventés par M. Hoffmann, dans lesquels le lin se teille d'un côté pendant que de l'autre on enlève celui qui est teille. Dans ces machines , le lin est soumis k l'action de couteaux qui agissent plus ou moins longtemps sur lui, suivant l'adhérence plus ou moins grande de la chènevotte après les filaments textiles, ou suivant la qualité du lin ou le degré de rouissage auquel il a été soumis.
TEILLE s. f. (tè-lle ; Il mil. — Ce mot vient probablement de l'armoricain til, qui désigne aussi l'écorce fine du chanvre, d'où tila, teiller. On peut comparer le grec tilos, fibre déliée; lillon, tilma , charpie, et le persan tilâ, corde. A la même famille appartient encore le latin tilia, tilleul, qui désigne proprement l'aubier du tilleul, la peau fine et déliée qui so trouve entre l'écorce et le bois de cet arbre. En kymrique, til signifie une particule menue, et ceci nous ramène au sanscrit tila, particule, petite portion, sésame. Nous arrivons ainsi à la racine til, être onctueux, doux, humide, et cette série d'analogies indique que l'écorce du chanvre a été ainsi nommée, comme l'aubier du tilleul, de sa finesse et de sa douceur, qui l'auront fait utiliser de trèsbonne heure. Quelques étymologistes prétendent que teille vient directement du latin tilia, qui, après avoir désigné l'aubier du tilleul, se serait appliqué, par extension, k l'écorce des brins de chanvre ou de lin). Ecorce de la tige du chanvre. Il On dit aussi