C. Délavions
— Fig. Donner une apparence k: L'humiliation teignait de sa conteur jusqu'aux louanges qu'on me donnait. (Mme de Staël.)
— Teindre sa main, son bras du sang ou dans le sang de quelqu'un, Verser le sang de quelqu'un :
Jurei-moi que jamais vous ne teindrez vos maint De votre propre sang ni du sang des Romains.
Crébiixon.
Se teindre v. pr. Etre teint : Le lin et le chanvre se teignent difficilement, et la teinture est peu solide. (Gault. de Claubry.) Les mérinos ne se teignaient alors qu'en rouge, en vert, en bleu ou en violet. (X. Murmier.)
— Se colorer : L'horizon se teint en rouge. Son visage SE teint de pourpre. L'aurore parut sur la montagne d'Arabie, en face de nous, la mer Morte et la vallée du Jourdain sis teignirent d'une couleur admirable. (Chnteaub.)
— Fig. Revêtir un aspect, une apparence : Oïl sont les cœurs d'où l'indulgence s'épanche, sans se teindre d'une amère et blessante pitié? (Balz.)
Malgré lui, dans lui-même, un vers sûr et fidèle Se teint de sa pensée et s'échappe avec elle.
A. CnÉMER.
— Teindre k soi: Les femmes d'Alger se teignent les ongles avec le henné. (l'"eydeau.)
TE1N1TZ, ville des États autrichiens, dans la Bohême, à 24 kilom. N.-Q. de Klattau ;
TEIN
25,000 hab. Château et haras du prince de Trautmansdotf.
TEINOCÈRE s. m. (tè-no-sè-re — du gr.
teinâ, j'étends; keras, corne). Eotom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des phytophages, tribu des chlytrides, dont l'espèce type habite l'Afrique australe.
TEINOCORYNE s. m. (tè-no-ko-ri-ne — du gr. tei'iio", j'étends ; korunë, massue). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la tribu des brenthides, dont 1 espèce type vit au Brésil.
TEINODACTYLE s. m. (tè-no-da-kti-le — du gr. teinâ, j'étends; daktulos, doigt). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des cycliques, tribu des alticites, comprenant plus de trente espèces, dont la plupart habitent l'Europe.
TEINOPALPE s. in. (tè-no-pa!-pe — du gr. teinô, j'étends, et de palpe). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides.
TEINT, TEINTE (tain, tain-te) part, passé du v. Teindre. Imprégné d'une couleur : Une étoffe teintb en bleu. Des cheveux teints en noir.
— Coloré : Des mains teintes de sang. Un mur teint de jaune, Le ciel est teint de diverses couleurs.
— Fig. Qui reçoit une certaine apparence communiquée : La plupart des mots ne sontils pas TEnxrs de l'idée qu'ils représentent extérieurement? (Ba!z.)
. — Avoir les mains teintes de sang, Etre teint, de sang, Avoir commis un meurtre : R<pond»-moi : de quel sang tes mains sont-elles teintes ?
VoLT*me.
— Comw. Drap teint en laine, Drap teint lorsqu'il était encore en laine, lorsqu'il n'était pas encore tissé.
TEINT s. m. (tain — rad. teindre). Couleur du visage : Un teint rose. Un teint vermeil. Un teint brun. Un teint frais. Un teint pâle. Gitan a le teint frais, le visage plein. (La Bruy.) Et votre teint, direz-vous qu'il n'est pas brouillé? (Th. Leclercq.)
La ptleur de la mort est déjà sur son teint.
L'or, même à la laideur, donne un teint de beauté.
Boilcau.
QuM parait bien nourri! Quel vermillon ! Quel teint.'
BOILEAU
Surtout, malheur au teint qui n'est beau que par art !
Bon. EAU.
Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisque nourrie ?
Boileau.
La faiblesse au teint pale, aux regards abattus, Tyran qui cède au crime et détruit les vertus.
Voltaire.
La débauche au teint paie, aux regards effrontés. Enflamme tous les cœurs vers le crime emportés.
Gilbert.
Tartufe 1 il se porte a merveille.
Gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille.
Molière.
— Poédq. Couleur :
. . . Des sels du fumier se forment en secret Le parfum de la rose et le teint de l'œillet.
Delille, Votre vin bourguignon, dans sa cave couché, A compté six printemps, artistement bouché. Le pourpre de son teint accuse sa vieillesse.
Beechodx.
Techn. Couleur donnée a une étoffe par
la teinture : Un teint solide. Grand teint ou Bon teint, Teint solide, et qui ne perd pas k l'usage : Etoffe bon teint. Il Grand-teint, Titre d'une ancienne communauté de teinturiers qui ne pouvaient employer dans leur métier que des matières d excellente qualité, n Mauvais teint, Faux teint, Petit teint, Teint qui ne tient pas, et qui s'efface parles lavages ou à l'usage : La belle couleur que fournit le safran est FAUX teint, (Uhaplal.)
Techn. Quantité de laine ou de toute
autre matière textile qui est destinée à recevoir la même couleur.
TEINTE s. f. (tain-te — rad. teindre).
Nuance donnée par le mélange de plusieurs couleurs; mélange dans lequel la présence des diverses couleurs est sensible, au moins par l'affaiblissement de la couleur principale : Une teinte jaune verddtre. Une teinte violacée. Une teinte blafarde. La couleur de son visage a des teintes brouillées, (Volt.) Le jaune n'ira pas aux brunes, qui ont dans les carnations une TEINTE trop prononcée d'orangé. (Chevreui.) Il Couleur en général: La lumière embellit les couleurs de l'insecte, et sous la zone torride on voit s'accroître le nombre de ceux qui offrent les teintes les plus brillantes. (Maury.)
— Nuance légère : Les mâts, les haubans, les vergues du navire étaient couverts d'une teinte de rase. (Chateaub.)
— Couleur considérée sous le rapport du plus ou moins de vigueur : Une teinte forte. Une teinte faible. Une teinte vigoureuse. Une teinte claire.
La paisible clarté décroît par intervalles, D'ubo teinte plu» douce elle empreint les tableaux.
Dorât.
TEIN
Des objets confondus les teintes incertaines S'effacent insensiblement.
A. Gciraud.
— Fig. Apparence empruntée, communiquée : La vertu prend la teinte du tempérament. (L'abbé Prévost.) Les pensées prennent la teinte des idiomes. (J.-J. Rouss.)
Mon avenir a pris une teinte plus rose.