‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 983 sur 1059 · C. d'HÂrlbville · texte numérisé non relu

C. d'HÂrlbville

Il Telle vie, telle fin, On meurt comme on a vécu.

— Pron. indéf. Telle personne : Tel parte d'un autre et en fait un portrait affreux, qui ne voit pas qu'il se peint lui-même. (La Bruy.) Tel nous juge ici sévèrement, qui peut-être en sa vie a perdu dix infortunées. (Beaumarch.) Tel admire César qui blâme Catilina. (V. Hugo.)

Tel excelle à rimer qui juge sottement.

Boileau.

Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier.

Voltaire.

Tel voudrait se faire soldat A qui le soldat porte envie.

La Fontaine.

Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui, Qui souvent s'engeigne soi-même.

La Fontaine.

Tel est toujours trop en delà, Et tel toujours trop en deçà.

Voltaire.

Telle sous ses habits parait et jeune et belle, Qui n'est rien moins au fond que ce qu'elle paraît i Ses habits cachent ce qu'elle est; Ce que tu vois, ce. n'est pas elle.

Corneille.

— Un tel, Une certaine personne indéterminée : Un tel laisse un poste vacant, et on s'empresse de le demander. (Mass.) La Rochefoucauld a trouvé la matière de ia plupart de ses maximes dans les aventures qui faisaient alors du bruit, dans l'histoire de M. Tel, de jl/me Telle, surtout dans sa propre histoirs. (V. Cousin.)

TEIA

On De peut pas traîner les filles à l'autel Et leur faire épouser de force tel ou tel; Elles ont bien assez d'intelligence, en somme, Pour savoir dire non, ne voulant pas d'un homme.

PONSAW).

— Tel rit vendredi qui pleurera dimanche, Tel est content ou heureux aujourd'hui, qui aura bientôt d^s raisons de s'aitrister :

Tel qui rit vendredi dimanche pleurera. .

Racine.

Il Tel est pris gui croyait prendre, On subit souvent le mul qu'on a voulu faire à autrui.

[| Tel refuse qui après muse, Après' un refus, on regrette souvent de n'avoir pas acoepié.

Il Tel en pâtit gui n'en peut mais. On est parfois puni des fautes d'un autre; on souffre souvent des sottises d'autrui.

— Gramm. Tel suivi de la conjonction que s'accorde quelquefois avec un substantif appartenant à la proposition amenée par cette conjonction, comme dans cette phrase : Tels gue des loups ravissants s'élancent dans l'ombre, telle s avançait la troupe des Troyens. Cet accord est irrégulier, mais il s'explique par le fâcheux effet que produirait telle au féminin (pour s'accorder avec troupe), lorsqu'on ne voit dans le voisinage qu'un nom masculin pluriel ; c'est une sorte d'attraction qu'exerce le substantif loups sur un adjectif qui, rigoureusement, se rapporte à un autre mot, mais à un mot qu'on peut, sans grand inconvénient, considérer un instant comme ayant le genre et le nombre de celui auquel on le compare.

Après tel que, le verbe suivant se met le plus souvent à l'indicatif^ néanmoins, le subjonctif devient nécessaire quand il s'agit d'exprimer une chose incertaine qui est l'objet d'un désir, ou le but qu'on se propose d'obtenir. Voir la note sur le mot subjonctif.

On ne doit jamais employer tel pour quel' que ou quel, il n'est point permis de dire : •l'accepterai ses conditions telles qu'elles soient, telles dures qu'elles soient, mais il faut dire : J'accepterai ses conditions quelles qu'elles soient, quelque dures qu'elles soient.

— Syn. Tel, pareil, acmblablo. V. PAREIL.

TEL A CE, ÉE adj. (té-la-sé — du lat. tela, toile). Hist. nut. Qui ressemble à une toile légère.

TÉLAGON s. m. (té-la-gon). Mamm. Genre voisin des moufettes.

TÉLAMON s. m. (té-la-mon — gr. te lama n ; de talaâ, je supporte). Antiq. gr. Courroie h, laquelle on suspendait le bouclier.

— Archit. Statue qui supporte une corniche, un entablement.

TELAMON, ville de l'Italie ancienne, dans l'Etrurie, L'an de Rome 628, les Romains y battirent complètement les Gaulois.

TÉLAMON, fils d'Eaque, roi d'Egine. Exilé par son père pour avoir tué son trère Phocus d'un coup de disque, il devint roi de Salamine après la mort du roi Cyehrée, dont il avait épousé la fille Glaucé. Plus tard, il se maria avec Péribée, puis avec Hésione, qui lui fut donnée par Hercule, qu'il avait aidé à prendre Troie, prit part a la chasse du sanglier de Calydon, à l'expédition de Jason en Colchide, envoya ses deux fils, Teucer et Ajax, au siège d'Ilion, maudit le premier, qui était revenu sans son frère, et se vengea d'Ulysse, qui avait causé la mort d'Ajax, en attirant ses vaisseaux sur des rochers où. ils se brisèrent.

TÉLANGIECTASIE s. f. (té-lan-ji-è-kta-zî — du gr. télé, loin; aggeion, vase; èctasis, dilatation). Pathol. Nom donné à de petites tumeurs formées par Ja dilatation anomale des vaisseaux capillaires sanguins, artérioles et veinules, et se montrant presque toujours dans l'épaisseur ou à la surface profonde de la membrane téguinentaire, surtout à celle de la face.

— Encycl. La dilatation des vaisseaux capillaires s'offre à l'observation sous des aspects variés : tantôt, c'est sous la forme de tumeurs rondes ou ovoïdes, à surface lisse, ou inégale, ou granulée, d'un rouge plus ou moins foncé, quelquefois bleuâtres, pédiculées ou à larges buses, plus ou moins volumineuses et plus ou inoins bien circonscrites ; tantôt, elle présente une disposition analogue à la crête du coq ; d'autres fois enfin, la ■nasse que forment les vaisseaux dilatés dépasse à peine le niveau de la peau, en occupe une plus ou moins grande étendue, est en général irrégulièrement circonscrite et se fait remarquer par la coloration rouge ou violette qu'elle donne à la peau. Lorsque l'on dissèque une masse de vaisseaux capillaires affectés de cette dilatation anomale, on la trouve quelquefois entourée- d'une enveloppe fibreuse mince; son intérieur offre un aspect spongieux, qui résulte de l'entrelacement inextricable d'artérioles et de veinules, communiquant entre elles par de nombreuses anastomoses en tout semblables aux corps caverneux 'de la verge. Dans quelques cas, les vaisseaux capillaires veineux y sont plus diJatésque les vaisseaux artériels, et l'on peut facilement injecter la tumeur par les veines voisines, tandis que cela est difficile par les artères ; d'autres fois, le contraire a lieu. Enfin, quelques-unes de ces tumeurs sont formées par l'agglomération d'espèces de vésicules noirâtres suspendues à autant de rameaux artériels, qui tous se réunissent à

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