‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 984 sur 1059 · TELA · texte numérisé non relu

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(in tronc commun, de sorte que la tumeur, étant complètement séparée des parties voisines et suspendue par l'artère qui la nourrit, ressemble assez bien pour la forme et même pour la couleur a une grappe de raisin noir. Cette affection n'offre, en général, aucun autre symptôme que ceux que fournit la simple vue ; cependant la partie qu'elle occupe , ou plutôt la masse ou la tumeur qu'elle forme est quelquefois le siège d'un bruissement, d'une vibration, et même parfois de pulsations qui augmentent et deviennent surtout bien sensibles lorsqu'une cause quelconque vient accélérer la circulation ; elle se gonfle alors comme par une sorte d'érection et devient d'une couleur rouge vif; c'est surtout lorsque l'élément artériel y prédomine que ces phénomènes se font remarquer; qu;ind,'au contraire, les capillaires veineux dilatés forment la partie principale de la tumeur, elle augmente bien encore quelquefois de volume, mais c'est principalement pendant les efforts d'expiratiml, ou quand la partie se trouve dans une position déclive, et alors elle devient plus livide ; enfin, dans les cas où ces deux éléments sont en proportion égale, les deux ordres de phénomènes dont il vient d'être parlé se font remarquer en même temps, mais à un moindre degré. Il se manifeste rarement de la douleur et de l'augmentation de température dans les tumeurs érectiles , à moins qu'elles ne se trouvent comprises dans une inflammation développée sur les parties environnantes. Dans quelque sens qu'on les incise, il s'échappe par tous les points de la surface de la plaie un sang abondant qui s'écoule en nappe et qu'il est difficile d'arrêter, 11 est rare qu'eJles fassent des progrès considérables, ou, si elles en font, ils sont extrêmement lents; cependant il arrive quelquefois qu'elles s'accroissent, qu'elles envahissent tes tissus voisins, acquièrent un grand développement, s'ouvrent spontanément, servent de base à des fongosités énormes qui prennent souvent le caractère carcinomateux, et qui, dans tous les cas, donnent lieu à des hémorragies toujours renaissantes qui entraînent la mort des sujets.

Un grand nombre de moyens ont été employés contre les tumeurs érectiles; les uns ont pour but d'enlever la maladie en sacrifiant la partie des téguments sur laquelle elle siège; les autres ont pour but de modifier l'organisation du tissu qui la forme, de manière qu'il cesse d'offrir les caractères de vascularité qui le distinguent; ce sont; jo La compression, moyen infidèle, presque toujours difficilement supporté par les malades, souvent dangereux, parce qu'il peut enflammer la tumeur et provoquer quelquefois son accroissement, que l'on ne doit mettre en usage que contre les tumeurs peu considérables et qui, situées au voisinage des os, peuvent facilement être aplaties d'une manière exacte.

20 II en est à peu près de même de la ligature des artères qui se rendent dans la partie malade. Ce moyen est d'ailleurs très-rationnel; car, puisqu'en comprimant les vaisseaux indiqués on voit les tumeurs érectiles diminuer de volume, devenir fiasques et molles, et cesser de présenter leurs pulsations ordinaires, il paraît tout naturel d'eu conclure que l'on guérira la maladie en la privant par la ligature du sang qui l'alimente , quand toutefois c'est l'élément artériel qui y prédomine ; et cependant le succès ne répond pas toujours à de si belles espérances. Pour le rendre plus certain, il faut toujours lier l'artère principale qui se distribue à. la partie qui est le siège du mal; mais il faut savoir que, dans ce cas même, la tumeur peut encore se reproduire. Quant à la ligature de la base de la tumeur elle-même, elle est Sans doute très-efticace ; mais elle n'est applicable qu'aux tumeurs pédiculées, superficielles et peu considérables, et il est malheureusement rare de rencontrer toutes ces conditions réunies. D'autres moyens plus nombreux on t aussi pour but de détruire le tissu érectile accidentel, mais en provoquant dans son intérieur une suppuration qui le transforme en tissufibreux. Ces moyens sont ; l'incision, le séton, l'acuponcture, l'inoculation du vaccin, l'injection et la cautérisation avec le fer rouge, la potasse ou la pâte de Vienne. Tous ces moyens, qui peuvent être employés seuls ou combinés entre eux, sont incontestablement plus sûrs dans leur action que les deux précédents; mais aucun ne mérite la préférence sur les autres ; l'important est de les appliquer au cas où ils conviennent les uns et les autres. 3» L'incision, qui n'est faite que dans le but d'obtenir l'inflammation et la suppuration de Ja tumeur, est rarement employée seule, car elle expose à une hémorragie qui peut bien faire périr le malade; mais elle pourrait convenir dans le cas où, la tumeur étant épaisse, elle précéderait sa, cautérisalion , qu'elle rendrait plus facile et plus profonde. 4° Le séton a été proposé par quelques-uns. Ce mode de traitement consiste à traverser la tumeur avec un ou plusieurs fils, dont on grossit le volume et qu'on laisse eu place jusqu'à ce que le tissu morbide entre en suppuration. Ce mode a échoué mitre les mains de plusieurs chirurgiens. Bérard croit l'avoir rendu plus certain dans son action en passant les iils à la base de la tumeur, entre elle et les parties sur lesquelles elle repose, et en réunissant les chefs de ceux-ci, de manière à former des anses qui l'étranglent, moyen qui se

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rapproche beaucoup de la ligature en masse. 5° L'acuponcture, que l'on pratique en implantant dans le tissu de la tumeur un nombre plus ou moins' considérable d'épingles fines en métal ou en ivoire, est un procédé qui a été préconisé surtout par Lallemand de Montpellier, et qui a donne de nombreuses guérisons. Au dire de quelques chirurgiens, il est quelquefois inefficace ; mais comme il n'a aucun inconvénient et qu'il n'empêche nullement de recourir à d'autres moyens quand il n'a pas réussi, nous conseillons de l'employer. Il convient surtout aux tumeurs veineuses qui occupent une grande épaisseur de parties. 6o L'inoculation du virus vaccin sur la peau qui recouvre le tissu érectile est un autre procédé qui paraît devoir amener aussi la destruction, par la suppuration, des tumeurs dont nous parlons, mais qui n'a pas autant que le précédent la sanction de l'expérience. 7° L'injection d'un liquide caustique faite dans le tissu aréolaire qui constitue les tumeurs érectiles a été essayée par Bérard, et ne parait pas être sans inconvénient. En effet, on a vu, à la suite de son emploi, des phlegmons et des abcès se développer dans les parties injectées, et une fois des accidents graves, dus a la résorption du liquide irritant, ont failli enlever l'opéré. S0 La cautérisation fuite avec le fer rouge ou avec la potasse caustique a été abandonnée dans ces derniers temps, pour être remplacée par celle que l'on fait avec la pâte de Vienne ; Bérard a souvent employé ce dernier moyeu et a rapporté plusieurs observations de guérison. Ce caustique, dont l'action est énergique et prompte, exige une grande habitude pour être convenablement appliqué, et, dans tous les cas, il nous paraît devoir laisser après lui des cicatrices plus ou moins profondes. Bérard assure en avoir retiré de grands avantages, et il le préfère à tous les autres moyens indiqués ci-dessus, quand il a a traiter des tumeurs érectiles cutanées et superficielles.il arrive souvent qu'après avoir réussi, par l'emploi isolé ou combiné de tous ces procédés, à obtenir la transformation du tissu érectile en tissu cellulo-fibreux, la tumeur, bien que guérie, conserve cependant un volume assez consi-i dérable, et constitue encore une difformité ; dans ce cas, l'expérience enseigne qu'il ne faut pas trop se hâter de retrancher ce qui parait trop volumineux, car on voit souvent la tumeur s'affaisser d'elle-même au bout d'un certain temps. 90 L'extirpation est le dernier moyen et le plus sûr pour détruire les tumeurs érectiles.

TÉLAUGIS s. m. (té-lô-jiss — du gr. têlaugês, qui brille de loin). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées phyilophagea.

TKLAVI, ville de la Russie d'Asie (Géorgie), dans la Kalkétie, gouvernement et à 110 kilom. N.-E. de Tiliis, sur une hauteur dont la base est baignée par le ruisseau de Thourdos-Kevi,affluentdel'A)azan; 2,000 liab. Elle se divise en trois parties distinctes, entourées de murailles et de ravins profonds. Cette ville est aujourd'hui bien déchue de son ancienne splendeur.

TELAZIX, roi du Mexique, mort en 1487.

Fils de Montézuma 1er, il fut appelé au trône en 1483 , grâce a son oncle Tlacuabee, qui refusa la couronne. Avant d'être couronné, il dut se mettre à la tête d'une armée et s'emparer d'une province ; comme il n'avait aucune capacité militaire, il fut vaincu. A son retour, il essaya sans succès de faire croire qu'il avait remporté une victoire , tomba dans le mépris public et mourut empoisonné.

TELCHINE s. m. (tèl-ki-ne — gr. telchin, même sens). Mythol. gr. Nom donné à des personnages dont la nature et la filiation ont divisé les auteurs :

Telchines infernaux, difformes et ventrus, Relevez, relevez mes esprits abattus.

A. Bakmer..

— s. m. pi. Entom. Groupe d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides, ayant pour type le genre telchinie.

— Encycl. Mythol. Les Tehhines étaient peut-être les mêmes personnages que les Dactyles; c'est à eux qu'on rapporte 1 invention des méta,ux. Ils sont de la même famille que les curetés et les corybantes. 1 Ceux qui ont dit qu'ils n'étaientjiue trois, dit Euslathe, leur donnèrent les noms < lu l'or, de l'argent et du cuivre, c'est-à-dire le nom de la matière que chacun d'eux découvrit. Dans lu mythologie, on leur voit fabriquer la faux de Saturne, le trident de Neptune, etc. •

• Ils furent les inventeurs de certains arts, ils introduisirent des découvertes utiles à la vie; les premiers, ils firent des statues de dieux, et parmi les monuments anciens consacrés, on en désigne quelques-uns de leurs noms, par exemple, chez les Liiidieus (AivSioi) un Apollon Teiohinieji, chaa las lalysiens ('laluuioi) une Junon et des nymphes Tclchiniennes, et chez les Camireens une Junon Telchinienne. » (Diodore de Sicile.) « 11 y a un temple de la Minerve Telchinienne en Béotie. » (Pausanias.)

Suivant Nonnos, les noms des trois Telchines étaient Lycus, lieliuis et Dumnamé-

née. (Dyon., ch. xiv.)Tzetzès en nomme six: où l'on ne retrouve que Lycus.

Les poëtes latins ne les considèrent le plui souvent que comme des ouvriers de Vulcain : Taie nec Idseis quidquam Telchines in antris, Nec solidits Bromes, nec lui polit arma deorum Lemnius, exigua potuisset ludere massa.

A cette gloire mythologique d'avoir découvert les métaux, et l'art da les travailler vint se joindre plus tard, pour les Telchines, la renommée d'enchanteurs et de magiciens. Leur nom se prêtait au jeu de mots, si Ton veut le faire venir de OtVfttv (tromper). « On les appelle aussi Telgines, dit Strabon, et l'on rapporte qu'ils sont enchanteurs et charlatans. •

« Les uns assurent qu'ils sont fils de Thaiassa (la mer), les outres qu'ils sont le produit de !a métamorphose des chiens d'Actéon en hommes, a cause de la dureté de leur nature. La Fable rapporte qu'ils envoyaient des fléaux et qu'ils possédaient une coupa dans laquelle, mêlant des racines, ils préparaient des breuvages magiques. On les regarduit aussi comme des êtres amphibies, étranges par leurs formes, lf s croyant en partie semblables à des divinités , en partie à des hommes, à des poissons et à des serpents.» ( Eustathe. ) Las traditions mythologiques leur donnent une sorte de sanctuaire à Rhodes, où plus tard la sculpture fut si florissante; ils quittèrent l'île ù cause d'une inondation. C'est à ce fait qu'Ovide fait allusion :

Phasùeamque Rhodum et lalijsios Telchinas Quorum oculos ipso vitianles omnia aisn Jupiter exosus fralernis subdidit undis.

On compte encore leurs séjours en Crète, à Chypre 1 etàSicyone. (Etienne de Byzance.) Partout ils passaient pour répandre des maléfices, et on leur attribuait le pouvoir de dessécher les campagnes a avec de l'eau du Styx mêlée de soufre. • (Strabon.) Le nom de l'un d'eux, Damnaménée, se trouve dans ce que l'on appelle les Lettres éphésiennes (ta 'Eiterm ïpimutT»), formule incantatoire, qui n'offre aucun sens et qui chassait les démons :

Affxiov, Katdffxiov, oiE, tl-cpaÇ, Aapiva|i.Ev£Îïç 'Aialov.

Le plus souvent, les poètes semblent avoir voulu personnifier dans les Telchines les forces malfaisantes. Stésichore, dans un fragment cité par Eustathe, les appelle « les Parques et les Ténèbres infernales. »

TELCHINIE s. f. (tèl-ki-nî — rad. lelchine). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides.

TÉLEBOÏTE s. m. (té-lé-bo-i-to — du gr. téleboas, qui crie au loin). Echin. Prétendu genre de mollusques, fondé sur un fragment de tige d'encrinite.

TÉLÉAS s. m. (té-lé-ass — du gr. téleios, accompli). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des proctotrapiens, tribu des platygastérites.

TÉLÉE s. f. (té-lé — du gr. téleios, accompli). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des bombycitos. Il Autre genre de lépidoptères nocturnes, de la tribu des tinéites.

TÉLÉGONE s. m. (té-lé-go-ne — du gr.

lèlos, fin ; yàuia, angle). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides.

— Arachn. Genre d'arachnides, de la famille des scorpionides, comprenant un assez grand nombre d'espèces, dont le type vit au Brésil.

TÉLÉGONE ou TÉL1ÏDAMUS, fils d'Ulysse et de Circé ou de Calypso. Il naquit dans l'Ile d'jEa, où Ulysse séjourna pendant quelque temps en revenant de Troie. Devenu grand, il s'embarqua pour allor chercher Son père, fut jeté par une tempête sur la côte d'Ithaque, dut, pour vivre avec ses compagnons, se livrer au pillage , rencontra Ulysse qui venait le repousser et le blessa mortellement. Ulysse reconnut alors Télégone et vit ainsi s'accomplir l'oracle qui lui avait annoncé qu'il mourrait de la main de son fils. Télégone conduisit le corps de son père à Ma, puis épousa sa belle-mère, Pénélope, dont il eut un dis, Italus, qui, d'après Hygin, donna son nom à l'Italie.

TÉLÉGOUL ou TÉLIGOUL , golfe de la Russie d'Europe (Kherson), formé par la mer Noire, k 35 kilom. N.-E. d'Odessa; 60 kilom. du N. au S. On pourrait l'envisager comme un lac, car un étroit canal le fait seul Communiquer avec la iner. Il reçoit plusieurs petites rivières qui se dessèchent pour )a plupart en été et dont la plus importante est lu Télégoul.

TÉLÉGRAMME s. m. (lé-lé-gra-me — du gr. tète, loin ; (/ranima, écriture). Communication transmise à l'aide du télégraphe ; Un télégrammes annonce les plus grands malheurs avec cette concision indifférente de l'électricité dans ses brèves nouvelles. (Th. Gaut.)

TÉLÉGRAPHE s. m. (té-lé-gra-fe — du gr. télé, loin ; graphe, j'écris). Appareil au moyen duquel on peut coininuiiiqui-r k distance : Iteceooir une nouvelle par /eTici.iiuKA- PtlU. Le tklÉqkaphb a fonctionné sans interruption. Le premier essai du télégrapiib fat l'annonce delà réprise de Coudé sur les Autrichiens. (Breton.)

Que fais-tu, mon vieux télégraplte, Au sonimet de ton liaut clocher,

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Sérieux comme... une épitaphe, Immobile comme un rocher?

Nadaub.

— Fig. Moyen rapide de communication, de transmission des nouvelles : De deux à cinq fleures, une espèce de téléGiîaphk labial joua dans la ville et apprit à tous les habitants que M 'Ie Cormon avait enfin trouvé un mari par correspondance. (Balz.) M. le maire est le télégraphe de noire commune; en le voyant, on sait tous les événements. (P.-L, Courier,)

— Télégraphe aérien, Système de télégraphe dans lequel des employés, placés sur des hauteurs, observent à distance, à l'aide de lunettes, des signaux qu'on leur fait, et les transmettent de proche en proche.

— Télégraphe électrique, Appareil électrique destiné à transmettre à distance des communications, au moyeu d'un fil conducteur.

— Télégraphe marin, Appareil dont on se sert pour transmettre les signaux en mer.

— Télégraphe militaire, Appareil employé pour transmettre les ordres du général en chef aux divers corps de son armée.

— Télégraphe de nuit, Appareil proposé pour la nuit, et formé de plusieurs lanternes mobiles dont on variait la position.

— Faire le télégraphe , Gesticuler beaucoup, par allusion au télégraphe aérien de Chappe, dans lequel on voit des pièces de bois qui semblent gesticuler.

— Bot. Nom vulgaire d'un desmodion de la Chine, dont les feuilles terminales se meuvent en divers sens.

— Encycl. V. TÉLÉGRAPHIE.

TÉLÉGRAPHIE s. f. (té-lé-gi*a-fl — rad.

télégraphe). Art de construire les télégraphes et de les faire fonctionner : Selon nous, et quand on y regarde bien, la tÉlégraphib se trouve être, dans l'organisation sociale, l'expression la plus active du génie de la civilisation. (A. Uenis.)

— Fonctionnement du télégraphe : Par la télégraphie, la foudre asservie voiture les messages de l'homme. (Toussenel.)

— Développement exagéré du geste, par analogie avec les mouvements des anciens télégraphes : La télégraphie de son geste ferait croire qu'il parle à des sourds.

— Télégraphie universelle, Système de signaux au moyen desquels peuvent communiquer des personnes ne parlant pas la même langue.

— Encycl. Histoire. Chez tous les peuples et à toutes les époques de l'histoire, on a employé des signaux pour transmettre rapidement à distance des messages importants. Les Grecs se servaient de feux allumés au sommet des tours ou sur des montagnes, et que l'on appelait pyrses ; on en apercevait la fumée pendant le jour et la flamme pendant la nuit.

Dans la première scène d'Agamemnon, Eschyle représente un vieux serviteur épiant depuis deux années le feu qui, allumé sur le mont Ida et répété sur le mont Athos, doit faire connaître à Clytemnestre l'événement à la fois redouté et désiré de la prise de Troie. La langue grecque est d'ailleurs remplie de mots relatifs à 1 art des signaux.

César dit, dans ses Commentaires, que les Gaulois, d'une province à l'autre, s'avertissaient au moyen de feux allumés sur les montagnes, de tous les mouvements de son armée.

On trouve encore en France les ruines de tours bâties par les Romains et destinées à servir à l'exécution des signaux télégraphiques. Ceux-ci étaient commandés par des officiers spéciaux qu'on voit représentés , le casque en tète et l'épée en main, dans un des compartiments les plus élevés de la colonne Trajane. L'instrument consistait en un flambeau de poix-résine suspendu au bout d'une longue perche. Les signaux s'obtenaient par les ■ mouvements plus ou moins rapides de ces torches au travers de la fenêtre d'une guérite.

Aux torches et aux drapeaux, on substitua plus tard des bâtons ou des planches.

Polybe fait mention d'un certain Oléozène, qui avait inventé une méthode à l'aide de laquelle on pouvait faire lire à une grande distance ce que l'on voulait communiquer.

Tamei'lan se servait de drapeaux pour dicter ses conditions aux villes assiégées. Enfin, les Chinois ont, dit-on, poussé très-loin l'art de la correspondance aérienne.

Néanmoins, la télégraphie devait toujours rester rudimentaire tant que l'optique n'aurait pas foucut des instruments permettant d'étendre la vue à de grandes distances. Pour écrire au loin, la première condition est de voir au loin.

Ce fut un de nos académiciens les plus distingués, Amontons, qui, à la fin du XVIIe siècle, proposa l'emploi des lunettes d'approche pour observer les signaux. Il fit quelques essais qui excitèrent la curiosité, sans conduire h «les applications utiles. D'autres essais nombreux suivirent sans plus de succès ceux d'Amuntons, et il semble que l'on doit reconnaître comme véritables inventeurs de la télégraphie les frères Chappe, qui eurent les premiers assez de talent pour créer une machine simple et facile à manœuvrer pour faire les signaux, et assez de persévérance

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pour la faire universellement adopter. C'est le 12*juillet 1793 qu'après avoir eu à lutter contre la fureur d'un peuple aveugle, les inventeurs purent enfin faire fonctionner librement leur appareil en présence des commissaires nommés par la Convention. Le succès fut complet, et l'établissement des lignes télégraphiques fut aussitôt décrété. La première fut établie entre Paris et Lille, le

14 août 1793. Un rapport de Barère, du

15 août 1794, confirme tous les avantages que l'on s'était promis de ces utiles établissements. « Les communications se font, dit-il, avec la rapidité de l'éclair, et les ordres du comité de Salut public arrivent même à travers une armée assiégeante, •

La première dépêche transmise par le télégraphe aérien fut la nouvelle de la prise de Condé sur les Autrichiens (1" septembre 179-1) : la reddition avait eu lieu le matin ; à une heure, au moment où la Convention ouvrait sa séance, Carnot fit part de la dépêche reçue de Lille à midi; un message fut immédiatement expédié à Lille, et contenait une félicitution de la Convention et un décret changeant le nom de Condé en celui de Nord- Libre; avant la fin de la séance, la Convention reçut k son tour une réponse à sa dépêche, annonçant que le décret allait être transmis immédiatement de Lille à Condé.

Bientôt, deux nouvelles lignes furent créées, celle de Paris it Strasbourg (1797) et celle de Paris a Brest (1798); puis l'établissement d'une ligne allant de Paris à Lyon par Dijon fut ordonné : elle ne fut terminée et prolongée jusqu'à Turin que plus tard; elle fut mise en activité en 1805.

En 1813, Napoléon ordonna de prolonger la ligne de l'Est jusqu'à Mayence par un embranchement partant de Metz. En 1816, une nouvelle ligne fut établie de Paris à Calais; et dès le commencement de 1828, on faisait fonctionner trois autres lignes nouvelles : l'une de Lyon à Toulon (1S21), une autre de Paris à Bordeaux (1823), par Orléans, Poitiers et Angoulème, enfin la troisième, d'Avignon à Perpignan, par Nîmes et Montpellier.

Le Journal des Débats, dans son numéro du 11 avril 1829, contient l'article suivant : « La nouvelle de l'élévation de Pie VIII au trône pontifical, partit de Rome le 31 mars à huit heures du soir par un courrier, et arriva le 4 avril a Toulon à quatre heures du matin. Quatre heures après, elle était parvenue à Paris par le télégraphe. A onze heures, on avait t'ait réponse. Le courrier, reparti de Toulon à uue heure après-midi, était de retour à Rome le 7 avril à huit heures du soir. Ainsi, la nouvelle de l'exaltation de Sa Sainteté est arrivée à Paris eii quatre-vingt-quatre heures, et il a fallu seulement huit jours à l'ambassadeur de France pour recevoir la réponse à ses dépêches. 900 lieues ont été parcourues en soixante-dix heures, eu défalquant vingt heures perdues. 11 n'y a peutêtre jamais eu aucun exemple d'une telle rapidité. •

L'emploi de l'électricité a rendu la télégraphie bien plus parfaite et a permis de transmettre les signaux presque instantanément, quel que soit l'état de l'atmosphère, et mémo pendant la nuit. Les télégraphes aériens étaient, en effet, réduits à l'inaction pendant la nuit, et même pendant le jour, lorsque le temps devenait brumeux.

On pense généralement que la pile électrique est indispensable à l'existence d'un télégraphe. Cependant, vers 1774, Lesage, savant genevois, imagina le premier télégraphe électrique, et l'invention de la pile par Volta ne date que de 1800. Il employait l'électricité statique et se servait pour électro-moteur d'une machine électrique. Un fil particulier était affecté à chaque lettre. Il y en avait donc vingt-quatre, aussi bien isolés que possible. On faisait passer la décharge de la machine par tel ou tel fil, et un électromètre correspondant indiquait la présence du fluide électrique et par suite une lettre. Franklin eut aussi l'idée d'appliquer l'électricité à la transmission des dépêches. Ce qui manquait, c'était une source d électricité plus commode que les machines électriques. Cette difficulté fut résolue par l'invention de la pile voltaïque en 1800. Ce ne fut néanmoins qu'eu 1811 que Sommering eut l'idée de son application à la télégraphie. Il utilisa pour cela le phénomène de la décomposition de l'eau, le seul connu alors de tous les effets remarquables produits par la pile. Il eut auta«t de fils que de lettres, et à l'extrémité de chaque 111 était un voltamètre.

Dix ans après la découverte de la pile, en 1810, QSrsted indiqua le premier la déviation de l'aiguille aimantée, sous l'action du courant électrique. Immédiatement, Ampère proposa un système de télégraphie. Voici comment il s'exprime :

« Autant d'aiguilles que de lettres de l'alphabet, mises en mouvement par des conducteurs communiquant successivement avec la pile à l'aide des touches d'un clavier qu'on abaisserait à volonté, pourraient donner Heu à. une correspondance télégraphique qui franchirait toutes les distances et serait aussi prompte que l'écriture ou la parole pour transmettre la pensée. •

En 1823, Rouatds fit un télégraphe à cadran, dont les signaux apparaissaient les uns après les autres par une petite ouverture.

En 1832, le baron Schilling imagina un té-

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légraphe où les signaux étaient toujours produits par l'aiguilla aimantée. Cooke et Wheatstone établirent ce télégraphe en Angleterre, en réduisant le nombre des fils d'abord à cinq, puis définitivement a deux.

Enfin, en 183S, Morse, de New-York, communiqua à l'Académie des sciences le télégraphe de son invention. Ce télégraphe jouit de plusieurs avantages. Il n'exige pour sa manœuvre qu'un seul fil électrique, et de plus, c'est le premier des télégraphes écrivants -, au lieu de faire simplement des signaux, il écrit la dépêche et l'employé garde entre ses mains un document certain, palpable, lisible, qui est garant de sa véracité et de son exactitude.

Jusqu'à l'année 1845, en France, on n'avait encore réalisé aucun progrès sous le rapport de la télégraphie électrique. Arago, membre de la Chambre des députés, lit un rapport qui appelait l'attention du gouvernement sur la nécessité d'introduire dans notre pays ce système rapide de communication de la pensés. Il fut voté, d'après les conclusions du rapporteur, un crédit pour établir une ligne d'essai entre Paris et Rouen. La distance est de 338 kilomètres.

Cette même année 1845, M. Bréguet imagina un premier système de télégraphe, qui imite les signaux du télégrapha aérien. 11 a été longtemps employé exclusivement pour les besoins du gouvernement, de même que le télégraphe à cadran Bréguet avec lettres et chiffres fut longtemps exclusivement employé pour les correspondances des administrations de chemins de fer et des particuliers.

Dans ces derniers temps, on s'est particulièrement adonné au perfectionnement des télégraphes écrivants ; nous signalerons tous ces perfectionnements plus loin, en faisant la description des appareils.

Enfin, depuis quelques années, un nouveau système télégraphique tend à se substituer

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au télégraphe électrique pour la transmission des dépèches à l'intérieur d'une même ville, à quelques kilomètres de distance ; c'est le télégraphe pneumatique, fondé sur la force de détente de l'air comprimé ; les appareils de ce système fonctionnent à Londres depuis 1S5S, à Paria et à Berlin depuis

— ' Apparoila et i|a(èmoi télégraphique*.

Les divers systèmes de télégraphie peuvent être classés tout d'abord, d'après l'idée qui leur a servi de principe ou la manière dont cette idée a été appliquée, en télégraphes à signaux aériens ou acoustiques, télégraphes électriques aériens , souterrains et sous-marins, enfin télégraphes pneumatiques.

— I. TÉLÉGRAPHIE A SIGNAUX AÉRIENS. Le

télégraphe aérien, seul employé jusqu'en 1839, consistait essentiellement en un sippareil formé de planches et de tiges en bois susceptibles de se mouvoir d'un mouvement rotatifvisiulea.de très-grandes distances, au moyen de lunettes et de longues-vues; de cette manière, l'appareil étant amené par un premier opérateur dans une position quelconque, définie d'avance et servant à indiquer une lettre particulière de l'alphabet, un autre opérateur, placé dans un autre poste éloigné de 8 à 10 kilomètres, pouvait observer l'appareil et noter ses indications.

Le système mis en usage sur les différentes lignes du réseau aérien français était celui des frères Chappe, adopté définitivement par la Convention en 1793. Il se compose de trois branches mobiles dans un même plan vertical; une branche principale, nommée régulateur, se meut autour d'un tourillon O, fixé en son milieu (fig. l). Deux petites branches, nommées indicateurs, sont pincées aux deux extrémités A et B du régulateur et peuvent prendre, par rapport à celui-ci, diverses positions relatives qui, combinées avec les positions propres du régulateur, constituent les signaux. .

Fig, t-

Le régulateur est susceptible de quatre positions : l'une verticale, l'autre horizontale et les deux autres obliques, à gauche et à droite de la verticale. Chacun des indicateurs peut occuper trois positions différentes relativement au régulateur. Ils sont munis de queues en fer a, b; c'est une sorte de leste qui sert à les équilibrer. Le tout est peint en noir, pour se détacher sur le fond du ciel, et mu au moyen de poulies et de cordes en fil de laiton, actionnées par un petit télégraphe, reproduction exacte du premier, qui est manœuvré directement par le guetteur dans une chambre inférieure. Le mécanisme est disposé de telle façon que le télégraphe placé en plein air, au sommet de la tour, répète exactement les signaux que fait le guetteur avec celui qu'il a sous la main. La chambre du guetteur contient aussi une lunette, avec laquelle il peut à la fois observer les signaux de la station précédente et voir si les siens sont reproduits couvenabletnent par la station suivante.

Ces appareils rendirent, lors de leur découverte, des services réels. Les dépèches arrivaient de Calais à Paris (68 lieues) en trois minutes, de Lille (60 lieues), en deux minutes, de Strasbourg (120 lieues) en six minutes, de Toulon (207 lieues) en vingt minutes, etc.

Comme conventions et principes réglant la formation des signaux, on avait admis qu'aucun signal ne serait formé sur le régulateur situé dans la position horizontale ou dans la position verticale et que les signaux formés sur le régulateur incliné seraient seuls valables; ces derniers signaux ne devaient même être écrits et répétés par l'observateur que lorsque, ayant été formés sur l'une des deux obliques, ils avaient ensuite été transportés, tout formés, soit a l'horizontale, soit à la verticale. Les diverses positions que pouvaient prendre le régulateur et les indicateurs donnaient quarante-neuf signaux différents, mais chaque signal pouvait prendre un valeur double, suivant qu'on le ramenait à l'horizontale ou à la verticale, et même une valeur quadruple, suivant qu'on le ramenait à l'une de ces positions, en partant de l'oblique de droite ou en partant de l'oblique de gauche, Les signaux formés sur l'obliqne de droite servaient seuls à la composition des dépêches, les autres étaient réservés à la police de la ligne et servaient à composer les avisa donner aux employés des différents postes.

Le télégraphe de Chappe était soumis à tous les inconvénients qui tiennent à la non-transparence régulière ou accidentelle de l'atmosphère. Il ne pouvait fonctionner pendant la nuit et ne rendait aucun service pendant les temps de brouillards, ceux-

ci interrompant aussitôt la transmission des dépêches. Dans les pavs septentrionaux, les brumes particulières a ces climats rendent très-difficile l'observation des signaux allongés. On a préféré, en Angleterre et en Suède, se servir de volets mobiles.

Le télégraphe suédois, dû & l'invention de M. Endelerantz, se composait d'un grand cadre à trois rangs de volets, dont chacun était fixé sur un axe mobile, dans des trous pratiqués dans le cadre; chaque volet pouvait prendre une position verticale ou horizontale, suivant les mouvements de ces axes, et le cadre fournissait ainsi mille vingt-quatre signaux, suffisant aux besoins de la correspondance. Le télégraphe suédois fut essayé en 1794 et appliqué dès 1796. A cette époque, un télégraphe du même genre, mais plus imparfait, fut adopté en Angleterre, sans donner de résultats vraiment avantageux.

Le système de Chappe reçut des applications plus ou moins rapides en Allemagne et en Egypte, Dans ce dernier pays, l'ingénieur Abro présida à l'établissement d'une ligne réunissant le Caire à Alexandrie, et qui a donné bientôt d'excellents résultats.

Un employé de Chappe, destitué en 1830, nommé Chatau, parvint en 1832 à fairo adopter par l'empereur de Russie un système très-analogue à celui de Chappe^ mais offrant sur celui-ci une certaine supériorité, due à quelques perfectionnements, notamment une grande diminution dans le nombre des signaux. Une ligne de cent quarante-huit postes fut établie par ce Français entre, Saint-Pétersbourg et Varsovie, et a fonctionné militairement depuis 1838.

Le gouvernement français a fait fonctionner pendant quinze ans en Algérie, sous la direction de M. César Lair, un système perfectionné par cet ingénieur, sur les modèles de Chappe, et qui a rendu de grands services jusqu'à l'adoption en Algérie (1859) de la (fitégraphie électrique.

— II. Tblégraphib navale. A la suite de l'histoire du télégraphe aérien se place naturellement l'étude des moyens employés par les navires pour correspondre entre eux et par les ports pour correspondre avec les navires. Depuis longtemps, la tactique navale a su utiliser les signaux aériens au moyen de drapeaux et de pavillons, pour la transmission des ordres envoyés d'un navire à l'autre. La vraie application de la télégraphie en iner est la correspondance, au moyen de signes rapides, entre deux bâtiments étrangers l'un à l'autre, à quelque nation qu'ils appartiennent. C'est une sorte de langue universelle, parlant aux yeux, et dans laquelle chaque 'signe traduit dans touteo les langues usuelles offre le même sens. L'utiillù

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d'un pareil système de signaux maritimes a frappé de nombreux esprits, au concours desquels on doit aujourd'hui que chaque bateau puisse posséder un vocabulaire universel, contenant toutes les phrases répondant aux besoins possibles, avec l'indication des signaux à faire pour transmettre ces phrases.

Le capitaine Marryatt avait établi un code de signaux maritimes, où toutes les phrases correspondaient à des nombres, et ces nombres étaient indiqués par le jeu de dix pavillons de couleurs différentes. On excluait les combinaisons contenant deux fois le même chiffre, ce qui, avec quatre pavillons, permettait de faire 5,860 combinaisons. Le vocabulaire contenait la liste des bâtiments anglais et étrangers, des noms géographiques importants, des phrases usuelles, des mots utiles pour la formation d'autres phrases. Ce répertoire était fort insuffisant; il a été modifié et complété, mais on doit reconnaître au capitaine Marryatt tout le mérite de la première application pratique.

Un capitaine français, M. Reynold de Chauvancy, fit à son tour un vocabulaire; il n'employait comme signaux que trois objets de formes différentes : un pavillon, une flamme, un objet opaque, pour représenter 18,000 mots. Ce code télégraphique de la marine fut officiellement adopté en France et rendu obligatoire pour tous les navires et bateaux pilotes en 1355. Des conventions furent faites avec les pays étrangers, et le code Reynold fut traduit en plusieurs lanpues. Cependant, en 1863, les prescriptions de l'Amirauté furent abrogées dans un nouveau décret; mais, comme le besoin d'un code international se faisait sentir, le gouvernement français et l'Amirauté anglaise s'entendirent, et, en 1865, on imprima un nouveau code français, qui a été à son tour adopté par les gouvernements anglais et français. Le système actuel consiste dans l'emploi de près de 8,000 mots, combinaisons d'un nombre de consonnes au plus égal à quatre, signalées par des pavillons de couleurs spéciales. On n'a pas employé de pavillon pour la lettre Z, ce qui aurait permis d'augmenter considérablement le nombre des signaux, parce que les 8,000 mots employés ont été parfaitement suffisants. Le code anglo-français comprend un dictionnaire des mots et une liste des navires. Quand on se trouve à trop grande distance, les signaux Reynold sont employés. Chaque navire peut, de cette manière, correspondre avec un point quelconque du continent, par le moyen des sémaphores qui sont reliés au réseau télégraphique de 1 intérieur des terres.

— Ul. Téléphonie. Nous avons vu que les navires des différents Etats se sont efforcés d'employer une langue universelle dont chaque mot, exprimé par des signaux aériens, eût une traduction précise dans touies les langues. La même idée avait préoccupé d'une manière plus générale un Français, François Sudre, qui eut la pensée remarquable de demander cette laâgue à la musique. Les mots de la langue musicale étaient composés des sept notes de la gamme et l'on pouvait former , avec les combinaisons de ces notes, un vocabulaire général. La rapidité de transmission du son lit bien vite penser à utiliser la tangue musicale pour en faire un système télégraphique, Ce fut l'origine de la télégraphie acoustique, que Sudre a nommée téléphonie.

Dans l'origine, Sudre employait à cet effet les sept notes de la gamme, ainsi qu'il le fit pour sa langue musicale universelle ; mais, pius tard, il modifia ses procédés, réduisit à cinq le nombre des noies employées, puis à trois, puis parfois même a une seule, de telle sorte qu'on pouvait se servir d'un tambour ou d'une cloche pour correspondance. Dans ce dernier cas, c était le plus ou moins d'intervalle laissé entre chaque coup frappé, ou entre chaque groupe de coups, qui donnait aux mots et aux phrases leur signification.

Naturellement, l'une des préoccupations de l'inventeur était de donner uu caractère particulièrement pratique et d'une utilité incontestable à son invention en ht faisant servir aux signaux de mer. 11 en rit de nombreuses expériences, qui toutes furent couronnées d'un plein succès, mais qui, on ne sait pourquoi, ne décidèrent point son adoption définitive. Sudre mourut le 2 octobre 1862 snns avoir pu obtenir cette récompense si légitime de ses longs travaux ; mais sa veuve, Mme Joséphine Sudre, qui s'était activement associée k ces travaux et qui n'était pas moins que lui douée de persévérance et d'énergie, continua bravement l'œuvre de son mari. Elle mit en ordre tous ses papiers, recopia ses manuscrits et en entreprit la publication. C'est ainsi qu'elle publia sa Langue musicale universelle, et c'est en tète de ce livre qu'elle truça un Historique des travaux de François Sudre, duquel nous extrayons ces lignes, relatives à la téléphonie et aux expériences qu'elle fit elle-même sur cette decouverte:

«Le 1" août 1864, M. le ministre de la marine me confia la mission de me rendre a Cherbourg pour expérimenter la téléphonie sur mer. Des expériences réitérées eurent lieu pendant la nuit, par un temps de pluie torrentielle , et, néanmoins, tous les ordres donnés furent interprétés avec la

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plus exacte fidélité. Déjà, cette invention avait été expérimentée avec le même succès en 1829, à Toulon, et en 1841, sur l'escadre de la Méditerranée se rendant à Alger. Les deux commissions avaient été unanimes pour en reconnaîtra l'utilité et pour la recommander vivement à l'attention du gouvernement.

» Je me présentai donc de nouveau, nonseulement avec l'ancien système, mais, de plus, avec de nombreux perfectionnements, récemment ajoutés et permettant à la téléphonie de dicter toute la tactique navale à l'aide des trois notes sol, ut, sol, représentant les trois chiffres suivants : 1,2,3, indiqués par trois sons ou|trois disques pendant lejour. trois fanaux ou trois fusées pendant la nuit, l'une blanche, l'autre bleue, l'autre rouge. Pendant la brume, trois coups de sifflet, ou trois coups de tambour, ou de canon, ou de cloche, et permettant de transmettre tous les ordres de jour, de brume et de nuit, de la tactique navale.

» La commission chargée de juger ce système exprima son opinion dans un rapport dont voici un extrait :

' Nous considérons comme extrêmement » habiles les principes, les combinaisons et » tout l'ensemble du système téléphonique.

• Dans notre opinion, les moyens de commu- » nicution en usage dans la marine, qui, pour » le moment, nous semblent incomplets, pour- » ront être améliorés dansl'avenir, en s'inspi- » rant des principes adoptés par Mmo Sudre.

» Le système des signaux de nuit, avec des » fanaux sur cadre, a particulièrement appelé » nos soins pendant les expériences. Dans ce » système, la figure géométrique tracée par » les fanaux, jointe à la différence de leurs » grandeurs ou de leurs couleurs, suffit pour » déterminer un ordre quelconque. Ce système

• de signaux de nuit paraît mériter une sé- » rieuse attention. Les résultats complètement » satisfaisants, obtenus par les sijrnuux de » nuit faits avec les fusées de couleur, nous » portent à croire que la marine aurait avan- » tage à adopter sa mise en pratique. Notre li- » vre de signaux n'aurait à subir pour oela ■ aucune modification , Mme Sudre s'offrant » de donner une clef téléphonique permettant » l'interprétation de tous nos articles. Il stiffi- » rait donc de munir nos navires d'un certain » nombre de fusées de couleur pour avoir à » notre disposition un moyen de transmettre » les ordres, beaucoup plus sûr, à notre avis, » que celui que nous avons aujourd'hui.

i Mme Sudre a proposé d'appliquer égale- » ment la téléphonie aux signaux de grande » distance, à l'aide des trois signes adoptés o dans la tactique, ce qui a été admis comme n très- possible. On obtiendrait un nombre de » combinaisons aussi considérable, et ce sys- » tème serait peut-être plus pratique,

• A bord du Magenta, le 19 septembre 1864.

» Signé .- Eug. Sbllier,

» B. DK VlLLEMERBUIL. •

Comment se fait- il qu'un système si simple et si complet, signalé à l'attention des gouvernements par un grand nombre d'expériences réussies, n'ait pas été officiellement adopté par les Etats qui l'ont expérimenté ? Cela tient peut-être à quelque défaut non apparent, à la difficulté d'une application pratique et exempte d'erreurs multiples dans l'armée ou la marine, à quelques inconvénients inaperçus, tels que la résonnance des échos; peut être aussi, sans en attribuer la cause à l'indifférence et au peu de souci qu'on prend de ces questions, doit-on supposer que les autres systèmes ont jusqu'à présent suffisamment rempli l'office qu'on exigeait de la téléphonie, pour qu'il soit désormais onéreux et sans utilité de l'introduire dans la tactique contemporaine.

— IV. TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE. Le but de

la télégraphie est de transmettre rapidement d'un point à un autre plus ou moins éloigné des signaux assez variés pour que chacun d'eux représente une phrase ou un mot, ou même une lettre, de manière que leur ensemble exprime une pensée; mais si les signaux doivent être nombreux, les signes élémentaires peuvent ne pus l'être ; il suffit même qu'un seul signe puisse être répété un certain nombre de fois et à des intervalles différents.

Il en résulte que, de toutes les branches de la physique, aucune ne remplira mieux que l'électricité les conditions nécessaires à l'établissement d'un système télégraphique. Le courant électrique' peut, en effet, se ransmettre avec une vitesse prodigieuse à de grandes distances en conservant une force suffisante pour être observé. Rien n'est plus facile que de l'envoyer et par conséquent de varier à volonté sa durée et ses intervalles. Tous les appareils électriques sont fondés sur les mêmes principes élémentaires, qui se réduisent k l'action du courant électrique sur une aiguille aimantée, sur un électro-aimant, ou sur une dissolution saline facilement decomposable. Quant aux moyens de différen-

rant; mais, en faisant intervenir des organes mécaniques, on peut modifier à l'infini la forme et les fonctions des appareils.

Tout système télégraphique doit comprendre comme parties essentielles un fil cou-

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ducteur qui réunisse deux stations ; à chacune de ces stations,on doit avoir une source d'électricité et un appareil destiné à envoyer le courant sur la ligne ou manipulateur, ainsi qu'un instrument destiné à observer le passage du courant lorsqu' il est envoyé par l'autre station, un récepteur.

— Circuit. Le fil conducteur est en fer galvanisé ou en cuivre : il est soit suspendu en l'air à des supports isolants fixés sur des poteaux ou des appuis , soit entouré d'une substance non conductrice, telle que la guttapercha et le caoutchouc et placé sous terre ou immergé dans l'eau.

Le fil conducteur doit être fermé, mais on peut supprimer la plus grande partie de sa longueur en utilisant la conductibilité de la terre. Bien que les substances qui constituent l'enveloppe de la terre soient en effet peu conductrices, puisque leur conductibilité est due surtout à la présence de l'eau, cependant, lorsqu'on fait communiquer avec le Sol au moyen de deux plaques assez étendues, les deux pôles d'une pile, le courant se produit, quelle que soit la distance qui sépare les deux électrodes plongeant dans le sol; si cette distance est un peu grande, l'intensité du courant est en général plus grande que si la terre était remplacée par un conducteur métallique. Il en résulte que si on forme un circuit composé d'une pile communiquant avec le sol par un de ses pôles, et d'un long fil métallique relié à une plaque plongeant dans le sol, il se produira un courant, lorsqu'on fermera le circuit entre le second pôle et le fil conducteur.

On se sert donc d'un seul fil conducteur pour l'établissement d'une ligne télégraphique. L'un des pôles de la pile et l'un des côtés du récepteur sont mis en communication avec la terre, et quand un des postes transmet, le circuit complet se trouve formé par la pile, le manipulateur, la ligue, le récepteur du poste correspondant et la terre.

— Manipulateur. Si le courant devait toutours être envoyé d'une station A à une station B, il suffirait qu'on eût en A une pile P Communiquant avec le sol et un manipulateur M, et qu'on eût en B un récepteur R communiquant d'une part avec la ligne, de l'autre avec la terre. Mais le même fil sert ordinairement pour la transmission dans les deux sens, de telle sorte que les deux stations doivent être pourvues chacune d'un récepteur qui est en communication avec la ligne quaud on reçoit, et d'un manipulateur, destine à envoyer le courant quand on veut. transmettre. Le manipulateur doit doue faire communiquer à volonté le fil de la ligue avec un des pôles de la pile ou avec le récepteur. Dans ce but on le compose en général d'une tige ab mobile autour d'un axe a, qui la réunit à la li-

Fig. 2.

gne L, et pouvant rejoindre celle-ci à la pile V dans la position ab et au récepteur R dans la position ub'. On donne encore souvent aux manipulateurs la forme d'un levier métallique AB mobile autour d'un axe O, par lequel il communique avec la ligne et dont l'extrémité A peut être reliée au récepteur par contact en C,ou l'extrémité B reliée à la pile par contact en D.

Lorsqu'on veut que le récepteur de chacune des stations puisse accuser les signaux envoyés par cette station en même temps que ceux du poste correspondaut, on place le récepteur entre la tige mobile du manipulateur et la ligne : le manipulateur correspond nu sol pour la réception et à la pile pour l'émission des signaux.

Fig. 3.

— Récepteur. Chacune des propriétés du courant pourrait donner lieu à un appareil spécial ; on utilise le plus souvent soit l'action sur une aiguille aimantée, soit l'aimantation du fer doux, soit la décomposition des sels sous l'influence du courant.

Une aiguille aimantée, entourée d'un cadre sur lequel s'enroule le fil conducteur sera déviée par le courant et le sens de la déviation dépendra du sens du courant : les signaux se distingueront d'après le nombre et le sens des déviations de l'aiguille.

L'aimantation du fer doux fournit un grand nombre d'appareils : un électro-aimant est enveloppé par les circonvolutions du fil conducteur; lorsque le courant pusse, l'électroaimant s'aimante et peut attirer une petite palette en fer doux, fixée à l'extrémité d'une tige mobile autour d'un de ses points fixes ; cette palette n'est plus attirée lorsque le courant cesse de passer, et elle est alors ra-

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menée à une position déterminée par l'action d'un ressort antagoniste que limite la présence d'un buttoir maintenant la tige à palette. A l'autre extrémité de cette tige peut se trouver un marteau frappant sur un timbre, et l'on aura un télégraphe électro-acoustique; un crayon traçant des traits sur une bande de papier déroulée par un mouvement d'horlogerie, et l'on aura un télégraphe écrivant; ou une tige agissant sur une série de transmissions mécaniques destinées à transformer en un mouvement quelconque, tel qu'une rotation, le mouvement alternatif de la tige à palette, et l'on aura un appareil indicateur d'une espèce quelconque.

Si deux fils reliés aux pôles d'une pile plongent dans une dissolution saline, il se produit une décomposition : quand l'électrode positive est attaquable par l'acide dégagé un sel se forme, et si ce sel est insoluble, il se dépose. Supposons qu'au lieu de plonger dans une dissolution , les électrodes s'appuient sur les deux côtés d'une feuille de papier imprégnée de la dissolution saline, à chaque passage du courant le point touché par l'électrode "positive recevra un dépôt de sel insoluble. Si cette substance est colorée et si le papier se déroule entre les deux électrodes, le papier ne recevra de coloration qu'aux points correspondants au circuit fermé, et on aura un appareil à récepteur électro-chimique.

La classification des systèmes télégraphiques peut être faite à différents points de vue : l'une des meilleures consiste précisément à classer les appareils d'après la nature des récepteurs et le mode de production des signaux; elle a été employée par M. Blavier, dans son important traité de Télégraphie électrique (1867), qui devra être consulté par toutes les personnes désirant faire une étude complète et approfondie de la télégraphie, des progrès qu'elle a faits et du développement qu elle a pris depuis son invention. Nous distinguerons les appareils : à aiguille aimantée ou à cadran, les appareils écrivants, acoustiques, imprimeurs, autographiques, et typo-télégraphiques.

— Appareils à aiguille aimantée. Le système proposé par Ampère exigeant entre deux points éloignés un nombre de fils égal a celui des lettres de l'alphabet n'était pas praticable, et Wheatstone fut bientôt conduit à réduire le nombre des fils en combinant les mouvements de l'aiguille.

Le premier appareil utilisé avait cinq aiguilles aimantées et exigeait six fils. Uue lettre était indiquée par la déviation en sens contraire de deux aiguilles, les fils corres-

fiondants étant traversés en sens inverse par e courant dont ils formaient le circuit; un chiffre par la déviation dans un sens ou l'autre d'une aiguille ,1e courant passant alors par un fil additionnel.

Le circuit était fermé par la communication de la pile avec les fils conducteurs, au moyen de l'abaissement de deux boutons métalliques reliés entre eux et à chacun des fils; chaque lettre correspondait à deux boutons particuliers.

Ce système trop compliqué fut peu h peu simplifié par la réduction du nombre de tils et de celui des aiguilles et MM. Cook et Wheatstone imaginèrent l'appareil anglais à une ou deux aiguilles. Dans le manipulateur de cet appareil, une poignée peut tourner en tous sens autour d'un axe horizontal et permet, comme dans les machines électro-magnétiques ordinaires, d'envoyer dans un fil un courant positif ou un courant négatif. Ce fil entoure une aiguille placée dans un cadre au manipulateur et une autre dans les mêmes conditions au récepteur : elles sont dès lors déviées de la même manièrel'expéditeur détermine les déviations de la première, le destinataire observe les déviations de l'autre.

Le plus souvent l'appareil comprend deux galvanomètres ; on forme alors les signaux au moyen des oscillations de deux aiguilles et sa manœuvre nécessite l'établissement dé deux fils conducteurs. Les oscillations sont limitées par de petits buttoirs. On combine le nombre et le sens de ces oscillations pour former un alphabet.

L'appareil se présente extérieurement sous la forme d'une sorte de buffet : à la partie supérieure sont les aiguilles a b qui transmettent les signaux; elles constituent ce que l'on nomme le récepteur (fig, *).

A la partie inférieure deux manettes A, B, constituent le manipulateur. Elles serveut à

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transmettra les signaux\ Tout mouvement de ces manettes se reproduit identiquement sur las aiguilles du récepteur avec lequel on correspond. Ce télégraphe est très-simple, tant comme construction que comme manœuvre.

Mais la transmission ne peut pas être trèsrapide, à cause du peu de netteté des signaux, qui exige une grande attention pour la lecture. Dans l'appareil à une aiguille certaines lettres exigent, en effet, quatre mouvements successifs, et dans l'appareil à deux aiguilles trois mouvements. L'appareil ne conserve, en outre, aucune trace des dépêches, et on ne pourrait lui appliquer facilement la translation pour parer à l'insuffisance du courant.

Parmi les appareils de ce genre, il convient dementionnerencore: l'appareil Henley, dans lequel une aiguille, placée entreles deux branches semi- circulaires d'un aimant, prend une aimantation d'un certain sens, lorsque le courant a une certaine direction, et une aimantation contraire (ce qui la fait pivoter de 180») lorsque le courant a la direction opposée.

— Appareils à cadran. Dans ces appareils, une aiguille se déplace sous l'influence du courant et vient se placer à volonté, en face de signes marqués, sur un cadran récepteur, au centre duquel elle est mobile ; la vérification se fait sur un cadran manipulateur placé au point de départ par le procédé déjà indiqué.

Les appareils dus à M. Bréguet sont différents entre eux par le nombre possible des arrêts de l'aiguille indicative. Le plus ancien reproduit les signaux du télégraphe de Chappe : l'aiguille tourne de 45<> à chaque émission ou interruption du courant et ne peut par conséquent occuper que huit positions ; il a fallu réunirdeux appareils identiques, mais fonctionnant isolément au moyen de deux Mis conducteurs, Le manipulateur est formé d'une barre horizontale AB, aux extrémités de laquelle deux mi-noires et blanches peuvent prendre huit positions différentes (fig. 5),

Pig. B.

qui, combinées entre elles, donnent 64 signaux distincts. Ces positions différentes sont obtenues par le moyen d'une roue à dents A (fig. 6),

actionnée par un mouvement d'horlogerie.

Cette roue tournerait si ses dents n'étaient successivement arrêtées par les palettes d'acier p, p', qui forment la tête d'un levier PQR,

Fig- 7.

oscillant autour de m n. La partie inférieure de ce levier est formée par une plaque d'acier R, sur laquelle agit un électro-aimant.

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Lorsque R est attirée, la palette p lâche la dent o, mais la roue A est aussitôt arrêtée parce que la dent o' rencontre p', puis R est repoussée et o' s'arrête sur p, et ainsi de suite, de sorte que la roue A avance à chaque fois d'un huitième de tour. Pour ce qui est du récepteur, il se compose d'une roue R, munie d'une gorge carrée abcd (tig. 7). Dans cette cannelure glisse un galet o qui meut un levier coudé olp. Or, si l'on tourne avec une manivelle la roue R, la cannelure agit pour faire osciller l'extrémité P entre les contacts A et A'; lors du contact avec k' le courant passe dans l'électro-aiinant du récepteur; avec k, il ne passe plus. Cela produit les mouvements d'une des aiguilles du récepteur. Il faut un semblable manipulateur pour chacune des aiguilles A et B

L appareil employé par les compagnies de chemins de fer diffère de celui-ci. Le récepteur est un cadran sur lequel sont disposées les lettres de l'alphabet ; une aiguille se meut à chaque temps de 1/26 de la circonférence, de façon à pouvoir indiquer, les uns après les autres, les vingt- six signes du cadran. Les mouvements s'obtiennent par le moyen d'une roue semblable à celle du récepteur du télégraphe précédent, seulemeut elle a treize dents au lieu de sept. Le manipulateur est aussi analogue au précédent ; mais la gorge creuse a treize inflexions ou ondulations qui se rapprochent et s'éloignent successivement du centre A (fig. 8), de façon à pou-

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Fie. 8.

voir produire treize contacts nifférants avec les conducteurs k, k' par le moyen du levier olp.

Au moyen de ces divers instruments, la transmission des signaux est facile et trèsclaire. Imaginons deux postes en communication, les aiguilles des récepteurs et les manivelles étant posées sur la croix qui forme avec les vingt-cinq lettres le dernier signe des cadrans. Au moment où à l'un des postes ou amène la manivelle du manipulateur sur la lettre A, le courant traverse le fil et le récepteur de l'autre poste, l'aiguille de cet instrument avance et se place sur la lettre A. Quand on met au manipulateur la manivelle sur B, le courant cesse de passer dans le récepteur dont l'aiguille se place sur B, et ainsi de suite. La manivelle, d'une part, l'aiguille, de l'autre, sont constamment en face des mêmes lettres. Ce phénomène se produit, quelle que soit la rapidité avec laquelle on fait tourner la manivelle, parce que la propagation du courant est à peu près instantanée, ainsi que l'aimantation et la désaimantation de l'électro-aimant; le correspondant note les lettres devant lesquelles s'arrête l'aiguille.

La fin de chaque mot s'indique par un arrêt sur la croix, la fin de la dépêche par deux arrêts successifs, le premier sur Z, le second sur la croix. Lorsque, par une cause quelconque, l'aiguille, en l'absence de toute correspondance, n'est pas sur la croix, on l'y ramène au moyen d'un bouton. En appuyant le doigt sur ce bouton, on dégage la roue mobile etelle tourne rapidement jusqu'à ce qu'un arrêt vienne butter; dans cette position, l'aiguille est sur la croix et on cesse de presser le bouton. Lorsqu'on a dépassé une lettre, il faut achever le tour et replacer de cette manière la manivelle sur cette lettre ; car si la manivelle marchait en sens contraire, il y aurait aussitôt désaccord entre le récepteur et le manipulateur.

La transmission des appareils à cadran exige une grande habitude; la manipulation en est délicate et la lecture est difficile; il faut, en effet, saisir chaque lettre au passage, sans qu'il soit possible de retarder les mouvements lorsqu'on est embarrassé. Un employé habile peut arriver à transmettre une lettre par seconde. Pour transmettre des chiffres, on fait un tour entier de la croix à la croix, et on se place sur le chiffre à indiquer. Il arrive souvent que les aiguilles sont en désaccord par suite d'un mauvais réglage de l'appareil; cela tient, en général, à ce que la tension du ressort de rappel n'est pas convenablement proportionnée à l'intensité du courant ; on peut alors détendre ou tendre le ressort au moyen d'un mécanisme simple, en prévenant le correspondant et en

suivant les mouvemenls de l'aiguille sous l'influence du courant. On peut supprimer le ressort de rappel et éviter le réglage en changeant le sens du courant a chaque émission.

Divers types ont été essayés ; l'appareil Digney frères sans réglage est d'un excellent emploi. Sur le levier mobile et portant à une extrémité le galet déplacé par les mouvements de la roue sinueuse, est fixé à angle droit du bras usuel un autre bras isolé du précédent, susceptible de communiquer à contre-temps avec les pôles de la pile, mais en sens inverse; de cette manière, chaque fois qu'on passe d'une lettre de rang impair a une lettre de rang pair, on envoie sur la ligne un courant négatif; chaque fois qu'on passe d'une lettre de rang pair à une lettre de rang impair, on envoie un courant positif. Cet appareil dispense le plus souvent du réglage, qui est nécessaire seulement dans le cas où la sensibilité de l'instrument est trop- grande ou trop faible. Mais fl a l'inconvénient d'exiger deux fois plus d'émission de courant que l'appareil ordinaire. L'appareil Digney offre un autre avantage pour le rappel a. la croix, qui s'effectue au moyen d'un ressort à boudin, sans que la roue d'échappement soit jamais abandonnée par les palettes et exposée à un choc.

Dans le télégraphe à cadran de Bréguet, la roue interruptive tourne au moyen d'une manivelle qui se place en face de chaque lettre k transmettre ; on a songé à la faire tournerd'elle-mêine par l'emploi d'un mouvement d'horlogerie ; il suffit alors de l'arrêter à des intervalles convenables pour transmettre les signaux. M. Froment a remplacé pour cet objet le manipulateur à cadran par ce qu'il appelle un manipulateur à clavier. Les lettres de l'alphabet sont marquées sur les touches de ce clavier qu'on peut abaisser comme on ferait de celles d'un piano. Dès qu'une touche est abaissée, la roue interruptrice continue son mouvement jusqu'à ce qu'une tige implantée sur son arbre de rotation soit arrêtée par la touche; elle s'arrête alors, et, en même temps qu'elle, s'arrête l'aiguille du récepteur, dont le mouvement est déterminé par les émissions et les interruptions alternatives du courant; celles-ci sont produites par le contact d'une tige à ressort avec le pourtour de la roue formé de segments alternativement métalliques et non conducteurs.

En Amérique, on se sert d'appareils du même genre, dans lesquels le mouvement d'horlogerie est remplacé par une manivelle dirigée par un manœuvre.

Parmi les télégraphes à cadran, il convient de citer ceux de Lippens, de Wheatstone et de Siemens. Le premier, employé dans les chemins de fer belges, repose, comme le système Digney, sur l'inversion du courant à chaque émission ; l'aiguille reste en repos après la cessation du courant, jusqu'à ce quelle soit rappelée par un courant contraire. La transmission, dans ce système, est assez rapide.

Wheatstone a inventé un appareil à cadran fondé sur l'action des courants développés par les machines électro-magnétiques ; dans cet appareil, le manipulateur se compose d'une roue mise en mouvement par une manivelle et d'un cadran à aiguille centrale. La roue agit par son mouvement, d'une part

sur une roue dirigeant la bobine magnétique qui sert à produire le courant, d'autre part sur une roue qui fait pivo.ter l'aiguille ; à chaque passage de l'aiguille d'une lettre sur la suivante, un courant est envoyé dans la ligne et parvient au récepteur correspondant qui, une fois réglé avec le manipulateur, reste toujours en accord avec lui.

«Le cadran Siemens forme à la fois le récepteur et le manipulateur. Le système repose sur le même principe que les sonneries à trembleur; l'armature fait tourner une aiguille sur le cadran. Deux appareils semblables communiquent au moyen d'un fil conducteur; le courant d'une pile, intercalée dans le circuit, passe dans les deux électro-aimants au moment où les armatures, presséas par des ressorts de rappel, buttent contre des taquets de repos; les armatures sont attirées et mettent en mouvement les aiguilles, et le courant cesse de passer; les armatures sont donc ramenées au repos, et les aiguilles tournent ainsi ensemble et d accord d'un mouvement uniforme. L'aiguille du manipulateur est arrêtée dans son mouvement en face d'une lettre déterminée par un buttoir placé sous une touche correspondant à cette lettre dans un clavier circulaire au centre duquel se meut l'aiguille. Celle-ci une fois arrêtée, il en est de même de l'aiguille qui reçoit.

Le clavier Siemens a reçu de son auteur, ainsi qu'un clavier analogue dû à M. Ailhaud, un perfectionnement qui en a permis le mouvement automatique et en a facilité l'application aux télégraphes écrivants; dès qu'on vient à abaisser une touche, un taquet s'engage dans une des roues motrices et le mouvement se continue jusqu'à la fin de la transmission de la lettre ; à ce moment, la touche redevient libre ; tant qu'une touche est abaissée, les autres sont maintenues par une tringle, et on ne peut en abaisser aucune. Des expériences faites entre Paris et Marseille, puis entre Paris et Bruxelles (1874) ont montré que la vitesse de transmission peut être, avec cet instrument, de cinquante télégrammes ordinaires (vingt mots) par heure.

— Appareils écrivants. Ces appareils ont l'immense avantage de conserver la trace de la dépêche en caractères spéciaux et ineffaçables, et pouvant servir de contrôle. Le plus connu de ces appareils est le télégraphe Morse, dont la première idée est due à M. Steiniieil; mais l'appareil de ce dernier est plutôt un instrument d'expérimentation qu'un engin de transmission courante, et c'est à Morse qu'appartient réellement le mérite de l'invention pratique.

Un télégraphe de Morse se compose de quatre éléments distincts :

1° Un système électro-magnétique qui reçoit l'impression électrique transmise k distance.

2° Une bascule armée d'un style qui traduit par un mouvement mécanique les réactions électriques exercées sur le système magnétique,

3° Un système mécanique ou mouvement d'horlogerie qui, en déroulant une bande de papier devant le style, permet à celui-ci de laisser une trace durable des différents mouvements qu'il accomplit.

4° Enfin, un manipulateur, réagissant sur le courant électrique.

Le télégraphe de Morse, tel qu'il a été construit dans le principe, comprenait les pièces suivantes : A, électro-aimant qui fait fonction de récepteur. Il reçoit le courant et s'aimante. 11 attire alors à lui le fer B qui fait partie du levier Bod. Le style d se lève et laisse une marque sur une bande de papier

mn qui est entraînée entre deux rouleaux lamineurs a,b. Ces rouleaux sont actionnés par un mouvement d'horlogerie indépendant de l'électro-moteur. On lance ce mouvement au moment où commence la transmission de la dépêche, ce dont on est averti par un signal spécial. Le manipulateur se compose d'un

bouton D, sur lequel on presse avec le doigt. Alors le contact s'établit en pq, le courant

Pig. 19.

passe et va agir sur l'électro-aimant du récepteur. Le ressort r relève le bouton D et

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fait cesser le contact Aussitôt que la pression de la main cesse. Suivant que le contact dure plus ou moins longtemps, le style du récepteur marque des points ou des traits allongés en entaillant la bande de papier.

L'alphabet de Morse lui-même, légèrement modifié, a été adopté d'un commun accord dans tous les pays de l'Burope. Nous reviecu, drons sur cette question au sujet de la convention télégraphique internationale.

Un inconvénient du système était la difficulté du gaufrage du papier parla pointe sèche; la lecture en était délicate surtout à la lumière et les signaux s'effaçaient à la longue. Un tire-ligne, plongé dans l'encre et soulevé par le courant, avait déjà donné de meilleurs résultats; on eut heureusement

TELE

l'idée de remplacer le tire-ligne par une molette plongeant h moitié dans un bassin plein d'encre ; cette disposition, modifiée par M. Digney, a permis d'établir d'excellents appareils.

Dans les télégraphes Morse à molette, la seule fonction du courant consiste à soulever une petite étendue de la bande de papier au moyen d'une lame en biseau appelée couteau et ù l'appliquer contre la molette imprégnée d'encre. Le mécanisme d'horlogerie est moins volumineux et plus commode que les premiers mouvements à poids de Morse. La marche est réglée au moyen d'un régulateur à ailettes. La bande de papier est entraînée entre deux cylindres lamineurs dont le serrage est à la volonté de l'opérateur.

Fig. H.

Aussitôt qu'un signal spécial prévient l'employé qu'une dépêche va être transmise, il met en mouvement le mécanisme; la bande emmagasinée sur la molette d se déroule sous l'action des rouleaux ab. Entre la poulie c et ces rouleaux est une molette f, également mue par le mouvement d'horlogerie et frottant sur un rouleau garni de flanelle encrée e.

Fig. 12.

Lorsque le courant passe, il agit sur un ressort t qui presse la bande de papier contre la molette le temps nécessaire pour former des points ou des traits. L'introduction de la molette tournante dans les télégraphes écrivants est due k M. Thomas John. C'est en 1857 qu'il songea à la substituer au style à pointe sèche des appareils de Morse ; seulement il avait tendu cette molette mobile et elle faisait fonction de style, s'approchant ou s'éloignant de la bande de papier; mais la transmission de mouvement présentait des difficultés. M. Siemens a voulu rendre plus facile l'encrage de la molette en remplaçant le cylindre encreur par une noie d'encre / bouchée par un tampon de flanelle g contre lequel frotte la molette ni.

La vitesse de transmission qu'on peut obtenir avec l'appareil Morse dépend d'un certain nombre de conditions générales, et spécialement de la nature et de la longueur de la ligne; maison peutavoirune idée assez exacte du rendement de ce système en évaluant le nombre de points que le récepteur peut recevoir par minute. Une armature mobile en face d'un électro-aimant peut, sous l'influence de courants discontinus, effectuer au moins, d'après M, Blavier, 5,000 oscillations; mais elles sont alors d'une tvès-faible amplitude et ne peuvent servir à produire des signaux sur une bande de papier. Dans l'appareil Morse à pointe acelie, dont le levier e=t toujours assez massif, on ne peut compter sur plus de

300 à 400 points par minute. L'appareil à molette ordinaire, à relai, comporte un maximum de 900 points; enfin, un appareil à molette, construit dans les meilleures conditions, peut recevoirau maximum 2,000 points par minute. Or, en prenant pourunité la durée du point, on voit que la valeur du trait est 3, la séparation des signes d'une même lettre 1, celle de deux lettres 3, celle de deux mots 6. En appliquant ces données à une suite de phrases prises au hasard, on a constaté qu'un mot moyen équivaut à 48 point3. L'appareil le plus parfait donnant 2,000 points espacés,

on pourra transmettre — — ou 84 mots. En

pratique , on ne dépasse pas une vitesse moyenne de 25 mots; l'intervalle des points est plus grand, la lecture est plus facile.

De nombreux perfectionnements ont été apportés à ce système, dont l'usage est universel, et on s'est efforcé de construire des manipulateurs plus commodes et des récepteurs plus parfaits.

La manipulation ordinaire à la main présente plusieurs inconvénients; elle est trèsirréguliëre et varie avec les employés; elle limite aussi la vitesse de transmission. On a proposé de remplacer le manipulateur usuel par un tableau sur lequel seraient inscrits tous les signes formés en tablettes métalliques incrustées dans un corps isolant et coinnmniquaiit avec le til de la pile. Un stylet relié au second fil pouvait être promené sur le tableau et produire un circuit fermé chaque fois qu'on passait sur une lame métallique.

11 a paru plus avantageux de se servir de manipulateurs à clavier, et les appareils de ce genre, dus k Siemens et Ailhnud, ont donné d'excellents résultats. On a cherché à faire fonctionner les télégraphes Morse avec des machines d'induction, et M. Hipp a construit un manipulateur tel que le récepteur ne fonctionne que sous l'action du courant induit d'ouverture.

Mais on peut surtout augmenter la vitesse de transmission en composant les dépêches d'avance, par découpage, à l'emporte-pièee, d'ouvertures convenables dans la bande de papier, et cm les fait se transmettre automatiquement. Cette dernière opération peut se faire avec une extrême vitesse ; quant au découpage, il peut être facilité par un système mécanique analogue aux manipulateurs ordinaires.

Un autre perfectionnement consiste dans le déroulement automatique de la bande, quia l'avantage de permettre au destinataire de s'absenter pendant la réception de la dépêche. On a proposé plusieurs systèmes pour arriver à ce résultat, qui, pratiquement, a une tres-faible importance.

Dans le récepteur ordinaire, les ressorts perdent peu à peu de leur action qui peut n'être pas en rapport avec l'intensité du cou-

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rant. MM. Rault et Chassan ont exposé k Vienne (1873) un système de récepteur à noyaux mobiles et a réservoir circulaire en creux, dans lequel on évite cet inconvénient par l'interposition d'une ou plusieurs épaisseurs de papier entre les no3-aux de l'électroaimant et l'armature; ce système permet, en outre, de régler la vitesse du déroulement et contient une modification de la molette remplacée par un réservoir cylindrique ; k leur jonction, ces tubes sont terminés par des lèvres circulaires, le long desquelles l'encre suinte.

On a essayé de diminuer le nombre de signes élémentaires nécessaires pour les indications du télégraphe Morse, en faisant varier le sens du courant. Les signaux sont marqués par deux styles mis en mouvement par deux armatures aimantées, appliquées soit à l'appareil lui-même, soit k deux relais, et dont l'une ou l'autre est mise en mouvement suivant le sens du courant. L'alphabet est ainsi formé de points et de traits marqués sur deux lignes distinctes; le nombre des émissions de courant est plus faible que dans le système k un seul style ; on peut, pour faciliter la distinction des lignes, imprégner les molettes d'encres de couleurs différentes. Cet appareil a été employé quelque temps en Bavière, mais s'est peu répandu, parce qu'il n'est pas d'une manœuvre plus rapide que le système usuel ; la manipulation du double levier dont on doit alors se servir est difficile et rend l'appareil peu avantageux.

Parmi les télégraphes écrivants se placent encore les appareils simplement électro-chimiques, dans lesquels le courant laisse sa nace sur un papier imprégné d'une substance qu'il décompose. Pour que ce papier soit conducteur, on le trempe dans une dissolution d'azotate d'ammoniaque. La matière décomposable peut être le cyanure de potassium qui, en présence d'une pointe de fer, donne, sous l'action du courant, du bleu de Prusse, et, en présence d'une pointe de cuivre, du cyanure rouge de potassium et de cuivre. C'est k M. Bain qu'est due la première application pratique de ce procédé. Le papier tourne en présence d'un style métallique sous l'action d'un mouvement d'horlogerie. Le manipulateur et l'alphabet sont ceux du télégraphe Morse. Le papier offre assez de résistance au passage du courant pour qu'une pile ide Daniell d'une quinzaine d'éléments soit nécessaire. Cet appareil a servi de point de départ aux systèmes autographiques.

— Appareils acoustiques. L'appareil Morse a dû ses nombreuses applications à la facilité de contrôle que possèdent les employés ; toutefois, on a bien vite remarqué que le levier d'un récepteur, frappant sur les buttoirs, produit un son diffèrent, suivant que le contact est de courte ou delongue durée; on a pu, avec un peu d'habitude, recevoir les dépêches au son, sans avoir besoin de lire les signaux sur la bande. On peut donc supprimer cette bande, rendre le récepteur plus massif et le placer sur une planchette sonore de manière k percevoir distinctement et clairement les chocs du levier. L'appareil ainsi réduit porte le nom de parleur et les employés font la lecture au son. Certains signaux réglementaires s'opèrent en France de cette manière ; toutefois, le contrôle de la bande est exigé pour les autres transmissions. En Amérique, dans les bureaux très-importants, la lecture ne se fait qu'au son, et la bande sert seulement aux bureaux secondaires.

Eu faisant varier le sens du couvant au moyen de deux leviers, qui correspondent k un récepteur double dont les deux leviers frappent sur des timbres de sons différents, on a pu faire un appareil employé en Angleterre dans les bureaux importants de certaines compagnies.

— Appareils imprimeurs. Du télégraphe de Morse, imprimant lui-même k l'encre îles signes alphabétiques spéciaux, on devait nécessairement passer à l'idée d'appareils imprimant directement des caractères alphabétiques ordinaires, de façon à rendre la dépêche immédiatement intelligible au public et k éviter les erreurs de transcription. Les appareils imprimeurs peuvent se diviser en deux systèmes distincts; tous deux ont dans le récepteur une roue qui porte en relief les caractères de l'alphabet et qui se nomme roue des types. Mais, dans les appareils à échappement, cette roue est mise en mouvement par les émissions du courant, comme l'aiguille des appareils k cadran ordinaires, chaque passage la faisant tourner soit directement, soit par l'action d'un mouvement d'horlogerie. Dans les appareils à mouvements synchroniques, on trouve, au contraire, deux roues, l'une au manipulateur, l'autre au récepteur , tournant ensemble , de façon que les caractères soient toujours semblable ment placés; le courant arrête les roues et fait s'appuyer contre la lettre à indiquer le papier récepteur.

En 1840, M. Wheatstone avait imaginé un appareil k échappement dans lequel il y avait un manipulateur à cadran. La manivelle, placée en face d'une lettre, amenait, gia.ee au courant, la même lettre do la roue des types en face du marteau presseur; pendant l'arrêt, le courant passait par un second til et produisait le mouvement du marteau et l'avancement du papier. On avait ainsi l'inconvéuient d'être obligé de so servir de deux

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fils pour transmettre un seul signal, et on a cherché à supprimer cette difficulté. Il a sufn de placer en face des électro-aimants du récepteur des armatures aimantées qui sont alternativement attirées suivant le sens du courant; le manipulateur a été modifié de telle sorte qu'un commutateur envoie un courant de sens contraire au courant normal, lorsque la manivelle se case en face de la lettre a transmettre; ce changement peut même être produit sans l'emploi d'un commutateur. Plusieurs appareils imprimeurs, notamment ceux de MM. du Moncel et Digney, reposent sur ce principe. D'autres savants ont appliqué des dispositions fondées sur l'influence de la durée du courant, et qui peuvent être ajoutées aux appareils k cadran en les munissant des pièces nécessaires pour l'impression.

On s'appuie sur ce que l'aimantation par l'action d'un courant est plus ou moins complète suivant la durée de 1 action. Un courant rapide peut alors aimanter un électro-aimant de faibles dimensions qui fait mouvoir la roue des types, sans agir sur un électro-aimant plus gros qui commande la pression; ce dernier peut être seul employé ; une faible durée du courant l'aimantera en partie, il se déplacera et fera tourner la roue des types ; une longue durée l'aimantera complètement, il se déplacera davantage et agira sur le mécanisme imprimeur. Le premier système est celui de M. Siemens, le second est dû à Bréguet.

Dans 1 appareil House, le premier qui oit été employé a Philadelphie et a New- York en 1849, et dans l'appareil Brett, le marteau imprimeur est mis en mouvement par une disposition purement mécanique et sans l'intervention de l'électricité.

Dans l'un et l'autre de ces systèmes, l'impression est commandée par un couteau qui se meut en s'appuyant toujours contre dos chevilles placées sur la roue des types et en nombre égal à celui des lettres; quand la roue s'arrête, le couteau s'intercale et la détente de l'impression se produit. '

Les nppareits k échappement sont d'un ren ■ dément imparfait, principalement à cause do la masse de la roue des types et aussi à cause du nombre très-grand d émissions et d'interruptions nécessaires k la production d'un seul signe.

MM. Gaussain et Mouilleron ont cherché à augmenter la vitesse par la répartition de3 caractères sur cinq roues moins massives, mais leur système a conduit à une assez grande complication. M. Dujardin a formé la roue des types d'une feuille mince en aluminium, sur le pourtour de laquelle les lettres sont brodées en coton; elles reçoivent l'encre d'un godet et marquent des caractères suffisamment nets. Les appareils précédents exigent l'usage de manipulateurs spéciaux, envoyant le courant par une série d'interruptions du circuit; on a songé à employer des récepteurs à trembleur, interrompant eux-mêmes le courant. M. Siemens a modifié son appareil à cadran dans ce but, en y remplaçant l'aiguille indicatrice par une roue des types horizontale. M. d'Arlincourt a construit un télégraphe k cadran et imprimeur dans lequel la réception est k trembleur ; l'appareil comprend deux mouvements d'horlogerie ; l'un d'eux commande une aiguille indicatrice, la roue des types et une roue interruptrice; le second agit pour l'impression. Cet appareil est délicat et d'un mécanisme compliqué, mais il a donné de bons résultats dans quelques applications; il convient plutôt aux lignes peu étendues, car il exige un grand nombre d'émissions pour chaque lettre.

Les appareils imprimeurs synchroniques, très-commodes lorsque le synchronisme doit être de peu de durée, sont sujets k un désaccord assez rapide lorsque le synchronisme doit être long; la moindre variation de vitesse dans les rotations empêche les roues analogues de s'accorder , et on doit avoir soin, entre deux dépêches, de toujours rétablir la concordance des instruments. Les systèmes Vail, Thtiler et Donnier sont à mouvements synchroniques.

— Télégraphe Hughes. Tous ces appareils ont le grand inconvénient d'arrêter Ja roue des types k chaque transmission, ce qui ralentit la vitesse des coinnuinications. Le premier appareil à transmission continue est dû à M, Hughes (1855). Ce professeur américain songea k supprimer tout temps d'arrêt en imprimant les lettres instantanément. Il suffisait, en effet, de profiter du petit temps d'arrêt nécessaire k la désignation de ces lettres par le courant, pour en produire matériellement l'impression sur une bande de papier pressée un instant contre la lettre sans que la régularité de la marche de l'appareil fût jamais altérée. Du reste , Al. Hughes rétablit à chaque instant cette régularité au moyen d'organes spéciaux. Le tout est réglé par les oscillations d'un pendule elliptique.

Un rouleau encreur humecte k chaque instant la roue des types.

Le manipulateur est un clavier disposé sur une table horizontale. Le rouleau imprimeur est formé d'une enveloppe de caoutchuuc adaptée entre deux loues île fer à dents trèsiines, destinées à entraîner la bande de papier k mesure que le rouleau tourne.

fî

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Les différentes touches du clavier communiquent avec les différents goujons ou lames métalliques fermant les trous d'un disque horizontal ; sur ces trous se promène le bras horizontal ou chariot d'un axe vertical; les oujons sont reliés à la pile, le chariot a la igné. Chaque fois qu'une touche s'abaisse, !e goujon correspondant se soulève et se met en contact avec le chariot; un courant s'établit et passe dans la ligne.

L'axe vertical du chariot, celui de la roue des types et l'axe du mécanisme imprimeur sont dirigés par le même mouvement d'horlogerie. La concordance entre les deux extrémités de la ligne est établie sur le récep-teur par une roue qui amène un caractère de la roue des types en face du marteau, pourvu que l'écart ne soit pas plus grand que la moitié de l'espace séparant deux lettres. Chaque transmission commnnce par l'abaissement d'une touche de convention (blanc ou croix); le courant transmis au récepteur fait partir la roue de cet instrument qui se trouve d'accord avec le manipulateur.

Le clavier est formé de touches alternativement blanches et noires; elles sont au nombre de 28 et portent les 26 lettres de l'alphabet et deux blancs, dont l'un sert pour le commencement de toute transmission , l'autre pour l'envoi des chiffres. Les lettres se suivent dans l'ordre naturel, en commençant par les touches noires et en revenant par les touches blanches ; chaque goujon représente un caractère spécial et leur ordre est le même que celui des caractères de la roue des types. Le moteur doit être susceptible de donner une assez grande vitesse à l'ensemble malgré le mouvement intermittent de l'axe imprimeur; celui-ci est, en effet, divisé en deux parties : l'une tourne constamment, l'autre ne participe au mouvement qu'au moment où le courant traverse l'éleotro-aimant, et ne décrit qu'une révolution à chaque transmission.

Le moteur est un poids pesant de 50 à. 60 kilogrammes, qui met environ dix minutes à descendre de 1 mètre. Un volant sert a régulariser la vitesse, mais il ne permettrait pas d'obtenir à volonté aux deux extrémités de la ligne le même mouvement de' rotation. Après s être servi d'une laine vibrant longitudinalement, sonore et peu commode, M, Hughes s'est arrêté à l'emploi d'une lame vibrante elliptique.

La marche de l'appareil Hughes est simple et facile à compendre. Les appareils placés au départ et à l'arrivée étant sensiblement synchrones, les poids sont remontés, l'axe du manipulateur tourne. L'employé transmetteur appuie sur la touche blanc; dans le récepteur, l'arbre à impression se met à tourner rapidement, le papier est soulevé contre la roue des types et ne reçoit aucune impression , puisqu il est en face d'un vide. Après une révolution, le mouvement d'impression revient au repos, l'axe du manipulateur continue à tourner; les mêmes phénomènes se passent ensuite pour la première lettre transmise ; le papier placé en face de cette lettre en reçoit l'impression ; pour séparer les mots, on touche blanc; le papier avance sans être imprimé. A la fin de chaque dépêche, on ramène dans les deux postes la roue des types au blanc. La vitesse de transmission dépend de la vitesse avec laquelle on peut faire tourner les rouages et de certaines conditions particulières. D'une part, en effet, on ne peut transmettre de courant qu'à des intervalles au moins égaux h la durée de la révolution de l'arbre imprimeur. D'autre part, pendant

cette révolution le chariot tourne de - de tour,

et est, par suite, sur le quatrième goujon suivant; on ne peut donc dans le même tour du chariot envoyer que des lettres séparées par 4 lettres au moins l'une de l'autre. L'intervalle réel moyen qui séparera 2 lettres pouvant être envoyées consécutivement est, par

suite, ou 18,5; on transmet donc, en

moyenne, = ll,54 par tour du chariot.

18,5 La vitesse usuelle de cet instrument étant, au plus, de 120 tours par minute, nous aurons pour cette durée 185 lettres. Chaque mot se composant, en moyenne, de 6 signes, en comptant le blanc, on arrive à une vitesse de 31 mots, qui est facilement atteinte par les bons employés. Pour les lignes de 400 à 500 kilomètres, la vitesse de 120 tours est convenable ; mais on doit réduire la vitesse à 90 tours environ lorsque la ligne atteint C00 à 700 kilomètres de longueur. Pour les lignes sous-inarines, on doit abaisser la vitesse à. 18 ou 20 tours par minute, par exemple.

Pour la reproduction des chiffres, M. Hughes a pu faire imprimer à son appareil leschiffres et tous les signes qui peuvent se rencontrer dans le texte, sans augmenter le nombre des touches du clavier et celui des goujons. 11 lui a suffi de ne pas relier invariablement à la roue correctrice la roue des types et de partager celle-ci en cinquante-six divisions; sur celles des rangs pairs sont les lettres, sur celles des rangs impairs les signes divers, dans l'ordre où ils sont marqués sur le clavier. Il suffit alors de déplacer la roue

des types de — de tour pour qu'elle imprime

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des chiffres après avoir imprimé des lettres, ou inversement. C'est en abaissant l'un des blancs qu'on imprime à la roue le mouvement qu'elle doit avoir.

Ces appareils fonctionnent encore dans plusieurs pays pour la télégraphie privée. Les employés découpent les dépêches par bandes, qui sont collées les unes au-dessus des autres sur des feuilles à en - tête imprimé, que l'on remet aux destinataires. L'appareil Hughes a reçu en 1875 quelques perfectionnements de détail ; l'un, dû à des agents spéciaux de l'administration française, consiste dans le déclanchement automatique du récepteur; un autre est l'adjonction d'un frein commutateur, construit d après les avis de M. Boutard; ce frein fonctionne automatiquement et permet de faire au récepteur des appels successifs, dans le cas où, le premier appel étant resté sans réponse, le déclanchement qui en résulte empêche la répétition d'appels ultérieurs. Enfin, le rendement du système peut être augmenté par la transmission automatique de M. Girarbon, qui compose d'avance les dépêches dans un composteur à cadran ; les lettres, enlevées à l'emporte-pièee, passent sous un contact avec un mouvement de translation égal à la rotation du. chariot; le courant passe à chaque trou et on atteint la vitesse maxima de transmission du système.

— Appareils autographiques. Dans toutes les descriptions qui précèdent, on a vu le télégraphe donner des lettres ou des signaux de convention sous une influence toujours la même et avec des formes invariables pour chaque désignation ; avec les télégraphes dits autographiques, cette forme fixe des signaux n'est plus indispensable. Une ligne quelconque, un contour, un dessin, l'écriture de la personne qui envoie une dépêche, peuvent être exactement reproduits, et cela avec une vitesse relativement considérable.

L'idée première de ces sortes d'appareils est due à M. Bain, qui l'a appliquée dans son télégraphe électro-chimique. Le principe de tous ces appareils est la décomposition sous l'influence d'un courant électrique d'un sel métallique , ou sa transformation en un sel coloré, s'il est incolore. C'est M. Baekwell qui a le premier exécuté un appareil de ce genre et montré des spécimens de reproductions autographiques par l'électricité. Une dépêche ainsi écrite figurait à l'Exposition de Londres de 1851.

M. Backwell se sert d'une feuille de papier

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métallique sur laquelle on écrit avec une encre isolante et fait passer *sur cette feuille une pointe métallique qui décrit une série ■de lignes parallèles très-i approchées. Quand cette pointe passe sur l'encre isolante, le courant est interrompu. Qu'on imagine alors un récepteur formé d'une feuille de papier humectée de cyanure de potassium, sur laquelle se promène un style en fer dont les mouvements soient absolument identiques à ceux du style transmetteur; lorsque le courant passera, une ligne bleue sera tracée sur le récepteur et des blancs formeront les lignes transmises correspondant aux endroits où le courant a été interrompu par l'encre isolante.

L'application de ce principe très-simple est difficile. Dans le télégraphe Bockwell, le tracé parallèle qui devait couvrir la dépêche s'obtenait par le mouvement de rotation rapide d'un cylindre sur lequel était enroulé le papier métallique, combiné avec le mouvement lent du style suivant une génératrice, de façon que les spires obtenues fussent aussi rapprochées que possible. Ce système n'était pas pratique, et il a fallu dix années d'études pour arriver à un système donnant de bons résultats. C'est à l'abbé Caselli qu'il faut attribuer le succès de cette entreprise. Il a exposé ses appareils, sous le nom de pantélègraphes, aux Expositions universelles de Londres (1862) et de Paris (1867).

L'organe principal de son appareil e3t un pendule long d'environ S mètres et très-pesant, AB. La masse de fer B est alternativement attirée et repoussée par deux électroaimants, M et N. Le passage du courant dans les électro-aimants est réglé par un appareil chronométrique indépendant du télégraphe.

A toutes les stations sont des chronomètres pareils, convenablement réglés, qui assurent un synchronisme parfait des oscillations de tous les pendules tels que AB. Deux buttoirs x, y, limitent l'amplitude des oscillations. En a s'accrochent deux bras de levier, tels que a, b; en b est articulé un levier bcd, mobile autour de c; en d est attaché un style $, qui décrit des arcs de cercle d'un mouvement circulaire alternatif autour de c comme cen-' tre. Il se promène ainsi sur la surface cylindrique d'un transmetteur mn, sur lequel on a mis la feuille métallique écrite avec l'encre isolante.

Symétriquement est placé un système analogue a'b'c'd's', pour servir à la réception des dépêches. On accroche l'extrémité a', quand il y a lieu de le mettre en marche.

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Le récepteur m'n' est plus petit que le transmetteur mn, afin que les hachures se trouvent plus courtes et plus serrées, ce qui, en rapetissant un peu l'écriture ou le dessin, lui donne plus de netteté. Le télégraphe Caselli, ainsi construit primitivement, a subi de la part de son auteur plusieurs perfectionnements ou simplifications. C'est ainsi que l'on a supprimé le récepteur spécial m'n'; le même appareil mn sert à la fois à l'envoi et à la. réception.

Les mécanismes qui assurent la régularité et le synchronisme des appareils sont assez délicats et compliqués; nous ne les décrirons donc pas. Chacune des pointes en fer avance parallèlement à elle-même à chaque demioscillation , de manière que les traits ne se superposent pas. Dans le principe, le? feuilles métalliques sur lesquelles on écrivait étaient formées d'une légère couche d'argent appliquée sur le papier; on se sert actuellement de feuilles d'étain collées sur gros papier. L'encre employée doit être isolante et siccative ; l'encre ordinaire convient assez bien; on la rend plus isolante par l'addition d'une petite quantité de gomme. Les traits

doivent être fortement accusés et assez espacés. Les feuilles de réception sont en papier glacé, imprégné d'un bain électro-chimique de cyanoferrure de potassium. Un inconvénient de ce système est souvent le peu de coloration des hachurés obtenues; l'écoulement du fluide électrique continue, en effet, après que la pointe métallique a quitté chaque trace isolante, d'autant plus intense que la ligne est plus grande.

La dépêche se trouve finalement reproduite en lettres blanches sur un fond bleu. Mais, par un simple changement de communication, on peut produire l'émission du courant sur la ligne au moment du passage du style sur l'encre isolante. On obtiendrait aussi l'impression bleue, sur fond blanc, en intercalant sur la ligne, à l'arrivée, un relais qui fermerait le circuit d'une pile locale, comprenant le style et le papier chimique du récepteur, lorsque la palette est au repos ; ce relais interromprait le courant local quand la palette serait déplacée par le courant de la ligne; ce procédé, proposé par l'abbé Caselli, est suffisant.

M. Lambrigot, qui a apporté plusieurs amé-

liorations à ce système, a remarqué que la feuille d'étain placée sous le papier électrochimique était légèrement décapée, par réduction de l'eau qui tient le papier humide, aux places correspondant aux lettres reçues. Il est facile de faire apparaître en blanc les traces de ce décapage en plongeant la feuille dans une décoction de noix de galle ; les traits se transforment en gallate blanchâtre d'étain ; la feuille, plongée ensuite dans un sel de protoxyde de fer, prend aux tnênr.es points la couleur de l'encre ordinaire.

Là vitesse de transmission de l'appareil Caselli dépend des oscillations de la pointe traçante, de son déplacement latéral et de la finesse de l'écriture. On a pu arriver, dans des conditions exceptionnelles, à une transmission de 60 dépêches de 20 mots par heure ; une vitesse usuelle de 35 dépêches est un maximum.

L'appareil a d'abord été expérimenté de Paris a Amiens, puis de Paris à Marseille, avec succès (1863). Il a été mis à. la disposition du public, en France, et peut être considéré comme offrant un assez grand nombre d'avantages pratiques.

M. Meyer se proposa de substituer à l'impression électro-chimique l'impression à encre ordinaire et, en outre, de simplifier la disposition de l'appareil Caselli, qui est compliquée, lourde et encombrante. Deux organes caractérisent ce système : l'impression, à l'aide d'une hélice reproductrice en filet de vis triangulaire sur le pourtour d'un cylindre à la longueur duquel son pas est égal; le synchronisme, qui est obtenu à l'aide d'un pendule conique à tige élastique. Au manipulateur, le cylindre, animé d'un mouvement de rotation, tourne de manière qu'à chaque instant un point seul de l'hélice soit en contact avec une feuille d'étain sur laquelle est inscrite la dépèche; à l'autre poste, l'hélice d'un pareil cylindre frotte à chaque instant contre un tampon qui l'imprègne d'encre et se trouve à une très-faible distance d'une feuille de papier blanc; à chaque tour du cylindre correspondant, les feuilles avancent d'une fraction de millimètre.

Les deux cylindres se meuvent synchroniquement, de telle sorte que le point de l'hélice en contact avec l'étain au manipulateur correspond au point de l'hélice du récepteur voisin du papier. Le courant est transmis chaque fois qu'il y a dans le premier poste contact avec l'encre; il est interrompu chaque fois qu'il y a contact avec le métal. Le courant arrive dans un électro-aimant qui déplace une tige et le papier s'applique contre l'hélice imprégnée d'encre. Les régulateurs sont de lourds pendules agissant par leurs masses comme volants, par leurs tiges comme lames vibrantes dont les oscillations sont isochrones. Une boule mobile le long de la tige permet de ralentir ou d'accélérer le mouvement; le pendule fait deux oscillations coniques à chaque tour du cylindre; cslui-ci fait 75 tours par minute. M. Hardy a imaginé un moyen élégant d'obtenir la coïncidence au récepteur du commencement de la dépèche et du mouvement de la bande de papier en utilisant les propriétés du pendule conique. L'appareil Meyer a fonctionné pendant quelque temps en service régulier de Paris à Lyon ; la vitesse de transmission dépend beaucoup des circonstances secondaires; elle est en moyenne de 25 dépêches, chacune d'une surface de 24 centimètres carrés par heure. Cest en cherchant à perfectionner son appareil que M. Meyer a songé à appliquer le principe de la transmission multiple par le même fil (v. plus loin). On doit encore à M. Lenoir, inventeur du moteur à gaz Lenoir,un appareil de ce genre, qui a déjà donné d'excellents résultats.

— Appareils typo-télégraphiques. Les appareils autographiques ont l'inconvénient de faire perdre au style mobile tout le temps qui lui est nécessaire pour parcourir l'espace non occupé par l'écriture; on gagnerait donc à avoir des lettres toutes comprises entre deux parallèles définies comme les lettres d'imprimerie. M. Bonelli a résolu le problème ainsi posé et a obtenu une rapidité de 50 mots par minute en employant, au lieu de styles pour tracer les hacnures parallèles, de véritables peignes traçant à la fois cinq de ces lignes; mais il faut cinq fils conducteurs en bon état, et ce surcroît de matériel accaparé pur une seule dépêche fait perdre à l'appareil tous les avantages apparents de sa rapidité. On s'est servi de ce système entre Liverpool et Manchester.

Nous mentionnerons encore l'appareil Vavin, dans lequel on ne saurait voir jusqu'à présent qu'une invention ingénieuse, mais peu pratique, à cause de la complication des pièces de détail et la lenteur de la mise en œuvre.

Tous les systèmes de télégraphie électrique s'appliquent à la transmission aérienne, souterraine et sous-marine ; les seules différences importantes de ces diverses branches de la télégraphie consistent dans la construction et l'établissement des lignes, ainsi que nous le verrons plus loin.

— IV. Télégraphie pnj3umatio,ue. Le télégraphe pneumatique reçoit de jour en jour plus de développement et tend à se substituer au télégraphe électrique pour la transmission des dépêches échangées entre les divers quartiers d'uue ville. L'électricité ne

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transmet les dépêches que par la division des signaux et l'envoi successif do chacun d'eux ; quand le fil est encombré, les dépêches attendent. On met alors deux, trois fils, mais on ne saurait aller bien loin dans ce système sans augmenter outre mesure les frais d'exploitation. Le budget de l'entreprise augmente encore par le fait que le personnel doit être proportionné aux besoins des périodes d'encombrement et devient trop nombreux pour les périodes moyennes. « Le télégraphe pneumatique, dit M. Bontemps (Annales télégraphiques), procède d'une autre façon; il prend toutes les dépêches k la fois et les place dans une boîte que l'air comprimé pousse jusqu'à destination. Il n'y a plus ici ni encombrement ni erreurs de transmission ; la vitesse ne dépend que de la puissance des appareils de production d'air; on obtient aisément 1 kilomètre par minute.

Pour se rendre compte de ce système, il faut en étudier l'une des applications qu'on a faites à Londres (1858), à. Berlin et k Paris (1866).

Nous entrerons dans quelques détails sur cette question au sujet de l'établissement des lignes souterraines.

— V. Transmission multiple. Dans tout système de télégraphie électrique , le fil de la ligne reste sans emploi pendant la fraction des intervalles séparant les signaux qui ne sert pas k la décharge de la ligne. La manipulation automatique diminue ces pênes de temps, relativement énormes, par la manipulation successive d'un employé ; mais la durée de la manipulation automatique est encore bien supérieure à celle qui est indispensable pour le passage des signaux. La transmission multiple a pour objet d'utiliser, dans une certaine mesure, les intervalles pendant lesquels le ril reste libre, en les consacrant ad autres transmissions parle même (il.

Un des postes transmet son courant d'une manière intermittente; entre ces émissions la ligne est libre, et l'on comprend que pendant la durée de chaque intervalle, agrandi, s'il est convenable de le faire, on pourra envoyer, entre deux autres appareils communiquant par le même til, un autre signal. On pourra intercaler la nouvelle transmission soit entre les signaux élémentaires, soit entre les lettres complètes de la première transmission. Réglons la manipulation de manière à consacrer k chaque lettre le temps nécessaire k la plus compliquée, et, entre deux lettres successives, laissons un intervalle de n — 1 lettres; on pourra relier le h'I k deux nouveaux appareils dans chacun de ces h — 1 intervalles et obtenir ajnsi la transmission de n dépêches pendant la même période de temps. Dans chaque poste, l'employé aura pour manipuler un temps n fois plus grand que le temps nécessaire au passage du courant.

Les inconvénients de ce système paraissent être, en principe, les suivants : une lettre quelconque prend le temps de la lettre la plus longue; le nombre maximum des signaux transmissibles pendant un temps donné ne saurait être atteint; le synchronisme des postes correspondants doit être rigoureux, car la communication des appareils correspondants avec la ligne doit être simultanée. Mais la transmission multiple a l'avantage de ne changer en rien l'organisation habituelle du service : chaque poste et son correspondant sont indépendants et peuvent, comme dans une transmission ordinaire, interrompre Jeur travail, rectifier, collationner la dépêche. La transmission multiple permet de proportionner le nombre des employés k 1 importance du travail.

Le premier mode de transmission multiple a été imaginé par M. Rouvier (1858); un autre est dû a M. Meyer (v. plus haut), qui l'a réalisé en 1872. Dans chacun de ces systèmes, on doit avoir aux extrémités de la ligne deux commutateurs synchroniques dans leurs mouvements et qui règlent le jeu des manipulateurs.

Dans l'appareil Rouvier il y a un pendule à chaque poste; les pendules de deux postes correspondants se meuvent synchroniquement. Supposons qu'on veuille avoir deux transmissions sur le même fil. A chaque poste, en regard du pendule, se trouvent deux rangées de huit contacts métalliques triples, disposés en arc de cercle dans .un plan parallèle au plan d'oscillation, isolés les uns des autres et frottés successivement par un appendice adapté au pendule. Le pendule est muni de deux frotteurs agissant alternativement, à chaque deini-oscillation, sur l'une des rangées de contact ; le trotteur supérieur agit seul dans les oscillations faites de droite à gauche ; le flotteur inférieur agit de gauche à droite ; chaque contact reste ■ pendant le même temps en communication avec le frotteur correspondant. Dans chaque station, les contacts d'ordre impair communiquent avec l'un des manipulateurs, lus contacts pairs avec l'autre, de telle sorte que les postes correspondants sont mis alternativement quatre fois en communication à chaque oscillation.

Chaque manipulateur comprend quatre paires de leviers, dont chacune est en contact avec un groupe de contacts. Kn abaissant un seul levier d'une paire on fait un trait; en abaissant les deux leviers d'une même paire une l:l''e; en abaissant deux leviers de pui-

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res différentes successives, deux traits. Si les paires sont séparées par une autre paire, on produit deux traits séparés par un blanc, et ainsi de suite;1 on conçoit que la production d'une suite quelconque de signes est facile. Pour soulever d'un coup.au commencement d'une, oscillation, tous les leviers nécessaires à la formation d'une lettre, on appuie un doigt sur la touche correspondante d'un clavier : l'abaissement de cette touche produit, grâce à un nombre de saillies convenable, le soulèvement des leviers destinés à former la lettre.

Dans chaque rangée des triples contacts, deux des lignes servent donc à l'usage des leviers correspondants; la troisième ligne sépare les signaux envoyés, en permettant au courant de se décharger par les deux extrémités. A cet effet, les contacts de cette troisième ligne communiquent avec la sol.

On arrive ainsi à envoyer deux dépêches au moyen de ces deux appareils électriques pendant le même temps. Pour obtenir un plus grand nombre de transmissions simultanées, on emploiera à chaque station un plus grand nombre de claviers, dont chacun aura une rangée de contacts multiple, le nombre des lignes de ces rangées étant celui des transmissions a obtenir plus un.

Dans le système Meyer, la transmission de chaque lettre occupe la ligne pendant le temps correspondant à la plus longue lettre, et, entre chaque lettre d une transmission, on laisse un intervalle égal à n — 1 fois le précédent, s'il y a n transmissions dans la même période. M. Meyer emploie dans son appareil le pend. .le conique et le récepteur de son appareil autographique, dont le caractère particulier est l'emploi d'une hélice pour imprimer les signaux à l'encre; l'alphabet employé est celui de Morse. Les postes correspondent successivement entre eux par l'intermédiaire d'un distributeur fixe; ce distributeur est divisé en autant de sections qu'il doit y avoir de transmissions n, par exemple. Chiure poste est relié à ta section correspondante. Sur le cadran frotte un ressort relié d'une façon permanente à la ligne et qui s'appuie successivement sur chaque partie du cadran. La section correspondant à un poste est divisée en douze secteurs; le premier forme un secteur point; les deux premiers un secteur trait; le troisième, communiquant avec le fil, permet k la ligne de se décharger k chaque extrémité.

On comprend qu'on puisse mettre les quatre touches noires et les quatre touches blanches d'un clavier en correspondance avec les huit secteurs actifs de la section réservée au poste considéré. Pour transmettre une lettre, on appuiera simultanément sur autant de touches noires ou blanches que la lettre k produire renferme de points ou de traits, en ayant soin pour les lettres de partir de la gauche du clavier ; chaque lettre renfermant au plus quatre signes, la transmission sera toujours possible. Si, au moment où le ressort du distributeur commence k parcourir la section correspondant au clavier n" 1, l'employé presse sur les touches constituant la lettre qu'il veut transmettre, les émissions passeront successivement sur la ligne, en nombre voulu et avec la durée convenable. Le ressort parcourra ensuite la section suivante et permettra d'envoyer une lettre de la transmission n<> 2, et ainsi de suite. Chaque employé aura, pour préparer les touches d'une lettre k transmettre, n — l fois le temps nécessaire k la production d'une lettre de quatre signes ; mais il doit avoir la lettre toute formée sous ses doigts an moment où le ressort commence à parcourir la sectiou qui est reliée k son clavier.

Les lettres sont représentées par les signes de l'alphabet Morse ; mais, pour les chiffres, on doit recourir à d'autres signes; on conviendra par exemple, pour la représentation des chiffres, de ne jamais faire entrer dans leur formation le premier point ou trait du clavier ; la lecture se fera en sens inverse.

Si m est le nombre de tours de l'appareil par minute, n le nombre de postes, le produit mn fera connaître le nombre de lettres transmises par minute. Sur la ligne de Paris k Lyon, un appareil k transmission quadruple a permis à chaque employé de transmettre de 22 à 25 dépêches par minute, ce qui fait en tout de 88 k 100. Sur la même ligne, entre Paris et Marseille, on a installé un appareil à six transmissions (tin de 1874), qui a pu marcher avec une vitesse de 60 tours par minute ; cela donne par minute 360 lettres. Chaque mot, en laissant la durée d'une lettre comme intervalle, compte en moyenne pour 6 lettres; le rendement est donc de 60 mots par minute, ou 3,600 par heure ; une dépêche de 20 mots avec les indications réglementaires équivalant k 30 mots, cela fait donc 120 dépêchés à 20 par employé.

— Instrumenta secondaire» de* appareils iclégi-npbiques. Indépendamment des différents systèmes employés k la transmission des dépêches, on se sert dans les bureaux d'un assez grand nombre d'appareils importants que nous allons passer en revuo.

— Commotaïkurs. Los commutateurs sont des instruments qui permettent de changer facilement les communications entre plusieurs fils ; nous renvoyons k l'article spécialement consacré k ces appareils pour l'étude de l'usage qu'on un peut faire. Les t'om-

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mutateurs les plus simples font communiquer alternativement, et à volonté, un ril avec plusieurs autres ; ils permettent aussi de croiser les communications de quatre fils, ou même d'un nombre quelconque de fils, et portent alors le nom de permutateurs.

— Boussoles. Tous les postes télégraphiques sont munis de boussoles ou appareils galvanométriques, qui servent à indiquer le passage du courant et qui n'ont, par conséquent, pas besoin d'une grande précision (v. galvanomètre). Outre ces appareils, on doit avoir dans les postes principaux des boussoles destinées aux expériences qu'on peut avoir k faire, soit en cas de dérangement, soit pour étudier l'état des fils, l'intensité du courant et la résistance de la ligne.

— Relais. Le courant électrique obtenu au moyen d'une pile déterminée a une intensité d'autant moins grande en un point du circuit que ce point est plus éloigné de la pile, et, d'autre part, l'isolement des fils n'est jamais obtenu que d'u-ne manière imparfaite. Il faut cependant être en possession d'une force suffisante k l'extrémité pour mettre en mouvement les organes de réception. Les relais sont des appareils qui, en réduisant l'action du courant principal au bout de la ligne k la mise en mouvement d'une armature, ferment le courant d'une pile locale, qui met ellemême en mouvement les organes du récepteur.

Le relais le plus généralement adopté se rapproche beaucoup de l'appareil récepteur Morse ordinaire. 11 se compose essentiellement d'un électro-uimant A, dont le til est

Fig. 14.

reiié par ses extrémités aux bornes a, b ; contre cet électro-aimant, vient s'appliquer une armature CDE, mobile autour d'un axe supporté par la pièce B. L'extrémité du levier se meut entre deux buttoirs fixés sur la colonne K, divisée en deux parties isolées et qui communiquent avec les bornes d et e ; la borne c est reliée a la pièce B; en o et à s'attachent les fils du circuit général. La bornée commande le fil aboutissant au récepteur et, de là, k l'un des pôles de la pile locale; k la borne d est relié le second fil de cette pile locale. Lorsque le courant général est alternativement transmis et arrêté, il passe dans le fil de l'électro-aimant; l'armature est alternativement attirée et re poussée. Le circuit local — Pile, Récepteur cBCDEFd, Pile — est alternativement ou vert et fermé, et le récepteur subit les mêmes actions que s'il était simplement intercalé dans le circuit général.

M. Hughes a ajouté k cet instrument un petit curseur dont les mouvements servent k régler l'appareil en donnant plus ou moins de mobilité à l'armature. M. Hipp et M. Callaud ont modifié un ressort qui entrave , au delà de certaines limites, le mouvement de cette armature dans l'appareil ordinaire. M. Callaud a cherché k rendre le réglage automatique en employant des ressorts k tension variable. MM. de Lafullye ut Siemens ont employé des aimants fixes dans des relais de leur invention ; d'autres perfectionnements ont été apportés pas MM. Hughes, Varley et Allan k la confection des relais; un dernier inventeur a pu éviter, au moyen de dispositions particulières, l'usure des pièces du relais que produit l'étincelle déterminée k chaque arrêt du circuit local.

— Paratonnkrres. L'électricité atmosphérique produit sur les flls des lignes une accumulation de fluide qui, en se déchargeant dans les postes, peut occasionner des accidents très-graves. On évite les dégâts qui en résultent par l'installation d'instruments spéciaux portant le nom de paratonnerres. Ils ont pour mission de permettre la décharge d'un courant électrique trop violent dans le sol , tout en laissant passer dans les organes télégraphiques un courant ordinaire.

Le plus simple est composé de deux tablettes métalliques, A et B, isolées, munies de pointes placées en regard les unes des autres k une faible distance. L'une des tablettes A communique avec les organes et la ligne, l'autre B avec le sol. Si le courant est trop fort, il se décharge par les pointes; s'il est ordinaire, il ne s'écoule pas, puisqu'il n'y a pas de contact. On peut encore interposer entre les plaques A et B une feuille légèrement isolante, de papier par exemple. On peut même se contenter d'intercaler dans le circuit général un til assez fusible qui, en fondant sous l'action d'un courant atmosphérique, interrompe le circuit. Tous les appareils employés dérivent du ces trois systèmes. On ajout'! quelquefois aux paiatuuner-

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res intérieurs des paratonnerres extérieurs ; mais l'emploi en est moins fréquent et moics utile.

Outre les appareils k pointes et k plaques qui préservent des courants directs, non, des courants induits de l'atmosphère, on a dû chercher des paratonnerres préservant des courants induits atmosphériques; les fils préservateurs conviennent k cet effet, mais ne préservent pas des courants directs. M. Magrini, ingénieur italien, démontrait déjà en 1854 la nécessité d'installer simultanément sur le passage du courant un fil interrupteur et un déviateur. M. Lemasson a modifié, en 1874, l'appareil proposé par M. Mugrini et en a fait un paratonnerre k plaques striées d'un très-faible volume et très-commode k manier.

— Piles. La production du courant d'une ligne télégraphique se fait au moyen de piles locales, installées dans les bureaux, ou, mais très-rarement, au moyen de machines magnéto-électriques. Dans une pile télégraphique, il faut considérer la force électro-motrice, la résistance, la composition des éléments.

Les piles k courant variable, pile de Wollaston, pile k auges et sable, pile k amalgame pâteux, peuvent être utilisées à la transmission télégraphique, qui n'exige pas un courant continu et constant ; cependant, dans les bureaux où le travail est très-actif, on préfère les piles k courant constant.

Lu pile de Daniell est très-employée en France ; bien surveillée, la même pile peut fonctionner six à sept mois; la force électromotrice des éléments est assez grande pour une résistance très-variable. On a modifié cette, pile pour la rendre plus commode, et des perfectionnements y ont été successivement apportés par MM. Siemens, Ninotto et Callaud.

Dans un grand nombre de bureaux où lu pile doit être confiée k un employé spécial k cause de son importance, on emploie avec avantage la pile k sulfate de mercure de Marié Davy, qui paraît réunir les conditions désirables de facilité d'entretien, de force et d'économie.

i>n a renoncé en France k la pile Bunsen, malgré son énergie, k cause des vapeurs nitreuses qu'elle dégage et de la difficulté d'entretien ; on l'emploie encore en, Amérique, surtout comme pile locale , avec certaines modifications; elle porte alors le nom de pile Vergnes.

Une même pile peut servir k transmettre dans plusieurs directions, même lorsque la transmission est simultanée. A cet eftet, on fait communiquer tous les manipulateurs avec le même pôle, l'autre communiquant avec la terre. Si l'une des lignes offrait une moins grande résistance que les autres, on ne ferait pas communiquer avec cette ligne le pôle du dernier élément, mais celui d'un élément intermédiaire.

On a souvent besoin de piles portatives pouvant se monter et se démonter très-rapidement; la pile de sable convient très-bien k cet ell'et; on peut aussi se servir d'une pile Daniell, dans laquelle l'eau est remplacée par du sable imprégné de sulfate de cuivre.

Les machines magnéto-électriques peuvent remplacer les piles ; on emploie dans ce cas l'un des deux systèmes suivants. Dans le premier, un aimant se meut en face d'un électro-aimant ; la pile est complètement supprimée ; mais lu manipulation est plus lente et plus fatigante; il est difficile de changer k volonté 1 intensité du courant, qui dépend des dimensions des appareils. Bans le second système, on se sert encore d'une pile locale qui aimante le fer doux et produit un courant dans un circuit induit ; on peut modifier l'intensité de ce courant induit; il suffit pour cela de diviser lu bobine induite en deux circuits qui peuvent être séparés ou réunis. Ou se sert du courant induit direct ou du courant induit inverse; mais le premier tend k se propager plus rapidement parce qu'il a une plus grande tension. Des expériences ont établi que l'action du courant direct sur un électro-aimant est six fois plus grande que celle du courant inverse.

L'usage des machines magnéto-électriques doit être fait avec beaucoup de réserve ; elles n'ont vraiment d'avantage que dans quelques cas particuliers, k cause de la grande tension qu'elles permettent d'obtenir.

— Organisation des bureaux télégraphiques. Lorsqu'un poste télégraphique est placé k l'extrémité d'une ligne, 1 iu.siullatiou des instruments spéciaux et secondaires n'offre aucune difficulté; elle dépend toutefois de la nature et de la forme des instruments en service. Dans tous les cas, on fera passer le til de la ligue dans un paratonnerre éloigné autant que possible de la table de manipulation ; du paratonnerre ce fil passera dans les commutateurs mis k portée des agents et viendra traverser le récepteur ou les appareils de relais, s'il y a une pile locale. Lorsque plusieurs ïils aboutissent k un poste extrême, il est souvent utile d'adopter une disposition de commutateurs qui permette de faire aboutir l'un quelconque des fils k l'un quelconque de3 récepteurs. Dans tous les eus, on aura le soin de faire agir le courant sur les sonneries avant qu'il arrive au récepteur pour indiquer la demande de transmission. Les postes extrêmes sont des exceptions; les

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postes intermédiaires peuvent avoir besoin de communiquer entre eux, quel que soit le nombre de postes qui les séparent. Un premier mode de transmission consisterait dans l'envoi successif de la dépêche au bureau suivant, jusqu'à ce qu'elle parvienne au bureau auquel elle est destinée; mais il faciliterait les erreurs et ralentirait outre mesure le service. Un second procédé consiste dans la communication directe des postes correspondants ; le premier poste demande au poste voisin d'établir cette communication jusqu'au poste suivant et demande ensuite de la même manière h chacun des postes suivants la prolongation de communication directe, jusqu'à ce qu'il parvienne au bureau récepteur. Dans un bureau intermédiaire, deux sonneries sont toujours nécessaires, mais un seul récepteur est suffisant. La communication directe a l'inconvénient de faire toujours perdre un certain temps inutilement aux bureaux inactifs. La communication par translation est préférable. Par la simple transmission d'un signe indicatif, on fera connaître à quel bureau est destinée la dépêche; les bureaux intermédiaires pourront .suivre sur leurs récepteurs la dépêche, mais n'y seront nullement forcés et se contenteront de constater le moment précis où elle finira. Pour ne pas occuper tous les bureaux d'une ligne, on coupera la translation au delà des bureaux correspondants. On a proposé d'autres procédés pour éviter la communication directe; ils sont connus sous les noms de transmission par dérivation, transmission à courant continu, transmission par courants opposés; mais ils ne s'appliquent pas aux appareils exigeant un changement de sens du courant.

Il y a des postes multiples auxquels arrivent un nombre quelconque de fils. L'organisation par translation s'appliquera bien pour les lignes dans lesquelles le poste joue le rôle d'intermédiaire, la communication directe pour celles dans lesquelles le poste est extrême. On se sert souvent dans ces postes de pennutnteurs qui permettent d'obtenir toutes les combinaisons voulues de transmission.

Dans le service courant, la transmission directe entre deux correspondants serait une cause incessante d'erreurs et d'encombrement ; on a donc établi dans les grand s cen très des postes de dépôt qui reçoivent les dépêches de tous les postes environnants et les leur transmettent. On partage les fils en plusieurs classes; ceux qui desservent les grands postes de dépôt ne pénètrent que dans les stations principales intermédiaires; il y a d'autres fils qui pénètrent dans les stations d'importance moyenne; il y en a d'autres, enfin, qui desservent les postes secondaires.

— Construction des HgneH râlé'grapuîquct.

Nous diviserons cette étude en plusieurs parties, qui concerneront la construction des lignes aériennes, sous-marines et souterraines. La première est relative aux lignes du réseau continental général, la seconde à la communication transcontinentale; la troisième a son plus grand intérêt dans le développement de la télégraphie pneumatique.

— I. Lignes aériennes. Fils. Le circuit dans lequel passe le courant transmis d'un poste à un autre est formé dans sa plus grande partie par des fils conducteurs métalliques qui communiquent ce courant à plusieurs centaines de kilomètres, si l'on a soin de les isoler pour éviter autant que possible la perte du fluide électrique. Les fils de fer et ceux de cuivre remplissent seuls les conditions nécessaires; mais le cuivre se modifie profondément sous l'action de tensions trop considérables ou de températures trop extrêmes, et ou l'a réservé pour la construction des lignes sous-marines.

Fig- 15.

Le fil de fer recuit ou non recuit est seul employé pour l'établissement des lignes aériennes. Le diamètre du fil est limité, d'une part, par la nécessité de diminuer la résistance du conducteur, ce qui fait augmenter la section; d'autre part, par la difficulté d'installation lorsque la charge des points d'appui est trop élevée. Le fil de 0m,O0-» de diamètre est d un usage constant; ceux de om,003 et 0m,005 ont quelques rares applications. Le fil recuit est d'un maniement plus commode que le fil non recuit; mais celui-ci est plus résistant et permet d'atteindre de plus fortes tensions. La résistance de ces fils à la rupture est très-grande. L'administration française exige certaines conditions de garantie à ea sujet; le fil recuit de 011,004 ne doit pas se rompre sous un effort de t-JO kilogrammes; il doit pouvoir s'enrouler

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surnn cylindre de diamètre égal au sien. On a soin de le galvaniser, c'est-à-dire qu'on le recouvre d'une légère couche de zinc pour l'empêcher de s'oxyder sans changer sensiblement les propriétés physiques et la conductibilité du fil.

Le fil est livré par bouts de 200 mètres, pesant environ 20 kilogrammes; il faut raccorder les bouts, en donnant aux joints une résistance aux courants au moins égale à celle du fil. On emploie divers procédés pour

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opérer la ligature des fils ; le plus simple consiste à les enrouler sur une longueur de 0m,20 l'urt autour de l'autre en hélice après les avoir décapés, de manière k former une torsade maintenue à ses extrémités dans deux étaux appelés mâchoires.

Cette torsade est très- solide, mais se casse fréquemment dans les fils recuits. Pour ces fils, on fait la torsade plus simplement, mais moins solidement; on pince à cet effet les deux fils dans une mâchoire, et de chaque côté

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on enroule l'extrémité de l'un des fils autour de l'autre, ce qui donne l'aspect AB à la ligature. Un procédé plus usuel consiste k replier les fils l'un contre l'autre et à les entourer de spires très-serrées d'un fil métallique fin, comme en CD, On a aussi employé des serre-fils EF percés de trous dans lesquels viennent se placer les fils, que l'on recourbe à leurs extrémités.

— Poteaux. Les fils conducteurs des lignes télégraphiques sont soutenus par des appuis avec l'intermédiaire de pièces isolantes qui empêchent le courant de se perdre dans le sol. Les appuis les plus ordinaires sont des poteaux en bois; ils ont, suivant les circonstances, de 7 mètres à 10 mètres de hauteur; les plus élevés ont 12 mètres. Les bois les plus en usage sont les pins et les sapins et quelques autres espèces de bois blanc. L'Amérique emploie quelques bois durs, particulièrement le cèdre et le chêne; les dimensions des poteaux varient de O"1,!? de diamètre à la base pour 6 mètres de hauteur, à om,22 pour les poteaux de 10 mètres et on>,26 pour les poteaux de 13 mètres. On aplanit les poteaux et on exige qu'ils soient droits; on leur fait aussi subir une préparation destinée à augmenter leur durée, car ils ne tarderaient pas k pourrir au contact du sol et de l'air humide. Nous ne décrirons pas ici les divers procédés employés pour la conservation des bois , ils sont examinés à l'article sois; nous rappellerons seulement que la créosote, en Angleterre, le sulfate de cuivre et le phénol, en France, sont les antiseptiques les plus usités. Dans les pays où le bois est à bon marché, on se contente ûe carboniser les poteaux. En tout cas, on les appointe légèrement à la partie supérieure pour empêcher l'eau de séjourner, puis on les apporte sur place pour les planter. La profondeur de plantation varie entre lm,50 et 2m,50, suivant la hauteur des poteaux ; on les consolide au moyen de quelques pierres, spécialement dans les courbes, où ils pourraient être déversés. Le point de rupture dans ces appuis n'est pas k l'encastrement dans le sol, parce que le bas de la poutre est plus résistant que le haut de la pièce, et en cas de rupture, celle-ci se produit en général un peu au-dessus du sol. Pour augmenter la résistance des poteaux à la rupture,on les relie par des haubans à un mur voisin ou à un piquet solidement fixé en terre ; on peut encore les accoupler, l'un étant vertical, l'autre incliné de manière à consolider le premier.

Le prix du bois tendant à augmenter d'une part, celui du fer et de la fonte tendant à Laisser d'autre part, on a fait des expériences et des applications de poteaux métalliques dans les constructions télégraphiques eu France. L'administration a fait procéder k des essais très-importants , sur lesquels M. Morris, inspecteur des lignes, a fait en 1875 un rapport détaillé. Depuis plus de vingt-cinq ans, à Paris, pour atténuer l'effet disgracieux des lignes aériennes, on a remplacé en certains points les poteaux en bois par des poteaux en fonte analogues aux candélabres à gaz. Pénétrant dans le sol, du O^GO enviroD, ces poteaux étaient soutenus par des potelets en bois peu résistants. Dès 1865, M. Baron fut chargé d'établir entre Paris et Saint-Germain une ligne k poteaux entièrement métalliques; la section de ces appuis est en forme de croix ; ils se terminent k lu partie supérieure par un petit cylindre sur lequel vient se fixer un V auquel se rattachent les isolateurs. Cette ligue a subsisté sans nécessiter aucune réparation jusqu'à l'investissement de Paris (1870), époque à laquelle quelques dégâts sans importance ont dû être réparés.

Un système de poteaux en tôle, présenté par M. Desgoffe et modifié par l'auteur sur les conseils de M. Lelegard, a été appliqué à Juvisy, dans les chemins de fer d'Orléans k Paris; il permet de remplacer avantageusement par une ligne unique une ligne double et même une ligne triple, chaque poteau pouvant eu effet supporter jusqu'à trente-quatre fils.

L'usage direct des fers du commerce a été essayé. M. Opperraann a pris un brevet dès 1870 pour l'emploi de fers à T. M. deLa Taille a fait appliquer ces poteaux à Orléans, et on a constaté qu'un appui de 5m,50, planté à

1™,20, supportait très-bien vingt-cinq fils (400 kilogrammes), malgré la légèreté de son propre poids, qui atteignait seulement 88 kilogrammes. M. de La Taille a rendu la plantation plus solide en employant des massifs de béton ; il a fait voir que le prix de revient kilométrique était moins élevé avec les poteaux métalliques qu'avec les poteaux en bois. M. Loir, inspecteur à Saint-Etienne, a employé dans son inspection des fers zorès arrondis, unis deux à deux, et des fers cornières, puis en Franche-Comté des fers zorès en V,qui ont donné de bons résultats. D'autres systèmes de poteaux en fer ont été étudiés et essayés ; nous nous bornerons à mentionner les poteaux Lemasson, à plantation rapide, et les poteaux en hélices croisées et rivées de la compagnie anglaise de Manchester. Des expériences complémentaires ont été faites sur des potelets, des poteaux d'angle et des poteaux d'exhaussement. En résumé, l'usage du fer a donné plus de durée, de résistance et d'élégance aux poteaux des lignes aériennes; le prix de revient est un peu plui élevé pour les lignes métalliques à fils rares; mais dès que le nombre des fils augmente au delà de dix ou douze, les frais d'établissement des lignes k poteaux de bois sont plus considérables.

— Isolateurs. Les poteaux en bois, et bien plus qu'eux les poteaux métalliques occasionneraient la perte immédiate dans le fil du fluide électrique de la ligne, si l'on n'avait soin de relier les fils aux appuis par des supports isolants ou isolateurs. La couche humide qui recouvre les appuis et les isolateurs étant la principale source de dérivation, il convient d'établir entre les points de contact du fil et de l'isolateur d'une part, de l'isolateur et du poteau de l'autre, une cavité mise absolument à l'abri de l'humidité. L'isolateur doit en outre être assez résistant pour supporter les tensions qu'il subit et assez commode pour que la pose en soit rapide et facile.

Pig. n.

Les premiers isolateurs employés en France étaient de simples anneaux en porcelaine, au travers desquels passait le fil et qui étaient fixés par des vis au poteau. L'usage en était incommode, l'isolement était faible, mais la solidité très-grande; aussi les emploie-t-on encore dans quelques cas particuliers.

On les a remplacés en 1850 par des cloches en porcelaine munies d'oreilles percées de trous que traversent des vis. Le fil est soutenu par une tige galvanisée scellée au fond de la cloche par du soufre ; on a perfectionné ces isolateurs cloches en les évasant et en scellant la tiga dans un mastic en plâtre.

Pour éviter la superposition des fils, dans le cas où un isolateur cloche se détacherait ou se descellerait, on fixe de petites traverses en bois horizontales à la hauteur de la cloche ; elles soutiennent le fil détaché.

Ces cloches laissent glisser le fil; pour l'arrêter, on emploie des isolateurs arrêts. Ils

Fig. 18.

sont fixés au poteau par une tige scellée au fond de la partie évidéeet le fil se place dans des demi-anneaux formés par la pomme et un renflement de la cloche, tournés le plus souvent vers le poteau ; cette précaution a pour but d'éviter la chute du fil dans le cas où la cloche serait brisée. On arrête le fil en enroulant un fil fin qui tourne autour du champignon. Cet isolateur s'est rapidement propagé en France et dans d'autres pays, où il a rendu de très-bons services; il a subi d'ailleurs quelques modifications peu importantes ; on l'a notamment établi en verre ou en grès, au lieu de le faire en porcelaine. On a aussi substitué à ces matières diverses le caoutchouc vulcanisé, qui est d'un usage fréquent en Amérique ; il a l'avantage d'être léger et de se prêter, par sa grande élasticité, à une facile introduction du fil. Mais ce corps, ainsi que la gutta-percha, employée quelquefois et douée des mêmes qualités, s'altère rapidement sous l'action alternative de l'humidité et de la sécheresse. On s'est servi, avec les mêmes avantages et les mêmes inconvénients, d'un mélange de caoutchouc et de soufre cuit à 160°, sous une forte pression, puis poli à froid et connu sous le nom à'ébonile.

— Tendeurs. Les fils sont quelquefois tendus à la main ; mais le plus souvent on se sert à cet effet d'appareils spéciaux ou tendeurs, qui comprennent un isolateur et une pièce en fer k treuils sur lesquels s'enroulo le fil ; on les place à 1 kilomètre de distance l'un de l'autre sur chaque ligne. L'isolateur est fixé au poteau d'appui ; la garniture métallique sert à la transmission des courants ; elle se compose de deux tambours, sur lesquels s'enroule le fil et qui sont reliés à des branches appliquées les unes contre les autres et maintenues dans l'isolateur. On serre le fil à chaque tambour au moyen d'une clef de traction ; un cliquet d'arrêt et une roue à roehet empêchent le fil de se détendre; on assure quelquefois une communication plus parfaite en faisant se rejojndre par un joint ordinaire les deux extrémités du fil. Quand les deux fils ne sont pas dans le même plan vertical, on rend les tambours mobiles ; on obtient ce résultat soit en prenant un isolateur cloche dans la tige de fond duquel s'implantent deux cylindres mobiles et formant la charnière des tendeurs, soit en terminant un isolateur cloche à la partie supérieure par un cylindre sur lequel s'appuie un anneau joint à charnière aux deux tendeurs. On a. reproché sans fondement à, ces instruments de mal assurer l'isolement et la continuité du conducteur ; leur seul incouvénient est qu'ils altèrent un peu l'élasticité du fer par enroulement sur le treuil.

Il y a lieu de craindre dans les isolateurs la conductibilité superficielle si la substance est parfaitement isolante, et dans le cas contraire la conductibilité de masse. M. Gaussain a fait de nombreuses expériences sur la comparaison des isolateurs. Pour reconnaître si une cloche d'isolateur est traversée par l'électricité, on essaye de faire passer un courant au travers de l'eau remplissant en partie la cloche plongée elle-même dans l'eau presque jusqu'aux bords ; une conductibilité quelconque de la matière est indiquée par la déviation de l'aiguille d'un galvanomètre. La conductibilité de masse est en général trèsfaible, et on peut écarter tous les isolateurs qui en feraient preuve.

La conductibilité superficielle est due en partie à l'eau déposée sur les surfaces : on étudie cette influence soit en exposant les isolateurs k la pluie, soit en les entérinant en vase clos.

Les premières expériences demandent certaines précautions, les autres sont très-exactes ; on en déduit que les isolateurs arrêts en champignon isolent quatre ou cinq fois moins que les cloches simples, et celles-ci deux fois

TELE

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inoins que les doubles cloches. La nature de la surface influe au point do vue hygrométrique, et l'on a dû préférer des corps isolant moins par masse et moins susceptibles de tarder l'humidité ; c'est ainsi que la porcelaine a été préférée au verre. Le verre soufflé attire moins l'humidité que le verre fondu. Aussi s'est-on servi de cette sorte de verre pour fabriquer un isolateur fort estimé en Amérique, l'isolateur Brooks ; il se compose essentiellement d'une espèce de bouteille renversée et cimentée dans un cylindre de fer. On augmente encore sa valeur en l'enduisant de paraffine, substance fort peu hygrométrique et non conductrice.

L'ébonite isole mieux que le verre et attire moins l'humidité que la porcelaine, mais elle se mouille à la pluie et sèche très-difficilement; on l'emploie plus volontiers pour former la partie interne de certains isolateurs cloches.

— Pose des lignes. On commence par déterminer l'emplacement des appuis, le nombre des fils à placer, le nombre des appareils secondaires à poser. On installe ensuite les poteaux, les appuis nécessaires ; on lise les isolateurs, puis on relie les fils aux poteaux ; ils sont amenés par couronnes de 200 mètres que l'on déroule sur place ; des ouvriers spéciaux font les ligatures et les arrêts.

— Prix de revient. Les frais d'établissement d'une ligne sont très- variables, dépendent des conditions de pose, de la plus ou moins grande valeur des isolateurs et du fil choisis , du nombre des appuis, etc. Dans les meilleures, mais les plus chères conditions, une ligne revient, par kilomètre, à 260 ou 270 francs. Ce prix peut être notablement réduit; avec «les poteaux moins élevés, un fil moins résistant, des isolateurs moins chers, on peut abaisser le prix du kilomètre il 160 ou 170 francs.

Les lignes à appuis métalliques peuvent s'établir h meilleur marché ; les lignes de La Taille, par exemple, reviennent à 100 fraujs par kilomètre pour 3 fils, à 200 francs pour 7 fils, à 300 francs pour 10 fils, à 400 francs pour 16 fils et à 500 francs pour 22 rils,

— Entretien des lignes. Des agents spéciaux sont chargés de surveiller les lignes et de réparer les accidents ; ils relient les fils rompus, remplacent les isolateurs cassés, redressent les poteaux qui se courbent, lavent de temps en temps les isolateurs, pour enlever la poussière, qui faciliterait le dépôt d'humidité. Cet entretien doit être constant et particulièrement soigné à l'approche de l'hiver dont les pluies causent de grandes pertes de fluide.

La construction des lignes repose sur quelques principes généraux très-simples. Il convient de diminuer le i. ombre des appuis au point de vue de l'économie et de l'isolement. Le fil doit être complètement libre et ne pouvoir jamais rencontrer d'obstacle dans ses mouvements. Il faut diminuer la tension des fils autant que possible ; cette condition est limitée par deux autres, un écartement convenable des appuis, la distance à laquelle le fil doit être du sol. La tension d un fil de 0m,004 doit être, en température moyenne, de 65 kilogrammes. Il convient de pouvoir déterminer cette tension au moyen de procédés spéciaux, à l'époque même de la pose du

fil. V. TENSION.

Dans les voies ferrées, un exhaussement de 2 mètres au-dessus du sol est suffisant; les poteaux sont placés sur la banquette voisine, à im,50 au moins du rail le plus voisin et suivent toujours le même cÔLé de la voie, sauf aux croisements. Sous les ponts, les isolateurs sont fixés à la voûte; dans les tunnels sujets à une très-grande humidité, on emploie des fils recouverts de gutta-percha enveloppée de toile goudronnée ; mais, autant que possible, celte disposition étant imparfaite, il convient de placer la ligué au-dessus des souterrains.

Le long des routes, des canaux, dans les villes, il y a peu de difficultés a résoudre pour l'établissement d'une ligne électrique. On exhausse les fils à une hauteur moyenne de 3 mètres, pour écarter la malveillance, sur les routes ordinaires ; aux traversées de routes, cette hauteur est élevée à 4m,50, pour le passage des voitures de fourrages ; dans les villes, à 5 ou 6 mètres. Les poteaux sont plantés, sur le bord de la route, sur les crêtes des talus afin d'élever le fil. Si les routes sont très-sinueuses, à flauc de coteau par exemple, on n'en suit pas les bords et on coupe les terrains avoisiuauts pour raccourcir la ligne sans trop s'écarter de la direction générale de la route. Cela a l'inconvénient, il est vrai, de rendre la surveillance moins facile.

Les dérangements des lignes aériennes sont, du reste, assez rares; la malveillance ne s'exerce plus que dans les contrées lointaines, les dérangements spontanés sont peu fréquents. La givre et la neige produisent quelques ruptures du fil par l'augmentât. on de poids, et cette considération est assez importante pour faire préférer certaines dispositions particulières dans les lignes exposées à cette mauvaise influence.

— IL LIGNES SOUS -MARINES (v. CÂBLE

sous-marin). Fils. Pour l'établissement des lignes sous-marines, au lieu d'employer un seul fil, dont la rupture en un point arrête-

rait tonte communication, on emploie une corde métallique formée de fils tressés, dont l'un peut se rompre en un point sans arrêter la transmission des dépêches. Ce câble est recouvert d'une enveloppe isolante en guttaperchaou en caoutchouc, ou en substances obtenues parle mélange de ces matières avec des résines. Ces fils ont été employés d'autre part pour la pose de lignes souterraines essayées dès le commencement de la télégraphie électrique, et ayant pour but d'éviter tout dégât du à. la malveillance et, plus tard, tout aspect disgracieux dans les grandes villes. On a construit aussi des lignes Souterraines en cuivre recouvert de bitume, notamment à Paris; à la longue et a la suite de quelques perfectionnements, elles ont donné d'assez bons résultats.

— Durée des câbles. Vitesse de transmission. On a retiré de l'eau, nprès dix ou douze uns, des fragments de câble où la guttu-percha était en aussi bon état qu'au moment de l'immersion, et, dans la plupart des cas, la destruction de l'enveloppe est due à des frottements. La vitesse de transmission est toujours faible pour les grandes lignes; elle est en moyenne de sept à huit mots par minute pour 1,000 kilomètres. Des expériences très-intéressantes ont été faites dans le but d'augmenter cette vitesse. V. transmission.

L'étude des différents procédés d'immersion a été faite a l'article câble. On a fait une étude théorique de l'immersion des fils sous-marins. Nous renverrons pour ce sujet aux travaux de MM. Blavier et Siemens.

— III. Lignes souterraines pneumatiques. Ce que nous avons indiqué au sujet des principes de télégraphie pneumatique permet d'en comprendre le système. La partie ta plus importante de cette télégraphie est, sans contredit, l'établissement des lignes. M. Bonlemps a traité cette question d'une manière très-complète dans une série d'articles insérés dans les Annales télégraphiques (1874-1875).

— Tubes. A Paris, les tuyaux sont en fer étiré, soudés à recouvrement, par bouts de 5 à 6 mètres, d'un diamètre de 0™,065 (tolérance, 0m,00l). Us sont posés horizontalement sur la ligne et se relèvent en courbe de 4 à 5 mètres de rayon à l'approche des postes. La profondeur moyenne est de 1 mètre dans le sol. On place les tubes dans les égouts, ou en terre lorsque le raccordement des égouts est trop brusque. Dans le premier cas, ils sont en galerie ; dans le second, en tranchée. Pour éviter le dépôt d'humidité amené par l'air dans les points bas, on y place des siphons purgeurs, que l'on vide à volonté.

— Curseurs. Les appareils transmis contenant les dépêches ont un format déterminé par celui des télégrammes. Ce sont des boites cylindriques A à double enveloppe, l'une extérieure, en cuir, l'autre intérieure, en tôle ; elles contiennent trente-cinq plis et pè-

sent alors 355 grammes. On forme un train avec plusieurs bolies placées à la suite l'une de l'autre. Un piston-tronconique en fer creux, muni d'une rondelle de cuir circulaire, transmet aux boites la pression de l'air comprimé ; une vis assura la solidité des pièces du piston, qui pèse 565 grammes. Le nom de chaque bureau est insurit sur les bottes et rend le triage plus facile. Les dimensions sont vérifiées au moyen d'un calibre et donnent pour minimum du rayon des courbes à adopter pour les tuyaux im,i6.

— Appareils d'envoi et de réception. La figure schématique ci-jointe rend compte de la disposition de ces appareils. TT' est fe tube

li©-

Fig. 20.

de la ligne; P, une porte qui s'y ouvre et permet de recevoir ou d'envoyer les dépêches ; R, R', deux robinets ouvrant, l'un le tuyau d'échappement E, l'autre le tuyau de compression C. Pour communiquer un train, on le dispose dans le tuyau T au moyen de la porte P, qu'on ferme ensuite ; puis on ouvre R' et on ferme R; l'air comprimé chasse le train. Pour recevoir, on ferme R', on ouvre R; l'air refoulé s'échappe, le train ar-

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rive et on le saisit par la porte P. C'est ainsi qu'est disposé un récepteur vertical. On a fuit des récepteurs horizontaux ; on en a fait aussi pour les stations intermédiaires, permettant d'utiliser sur les deux branches d'un embranchement la pression d'une tête de ligne, avec faculté d'arrêter le train momentanément pour en retirer les dépêches destinées au bureau intermédiaire.

— Compression de l'air. L'air est conduit dans les tubes sous une forte pression par la disposition suivante. On accumule l'eau des canaux d'alimentation dans un grand réservoir primitivement plein d'air, qui se rend en ' se comprimant dans un autre réservoir déjà plein d'air, d'où on peut le faire s'échapper sur la ligne. On vide ensuite le grand réservoir au moyen d'un tube qui en rejette l'eau dans l'égout. On a même pu utiliser la vitesse d'arrivée de l'eau pour produire l'entraînement d'une certaine quantité d'air, comme cela se produit dans les trompes catalanes. On a encore facilité la traction en raréfiant l'air au poste d'arrivée, ce qui se fait facilement en déversant l'eau du grand réservoir dans un tube ayant plus de 10"»,33 de profondeur. Le déplacement simple de l'eau du réservoir donne un volume d'air égal au volume V du réservoir. Le déplacement avec entraînement d'air donne 1,465 V. Le prix de ce dernier mode, par kilomètre, est de Ofr.191. Le déplacement avec utilisation du vide à l'arrivée coûte ofriMl ; le déplacement simple coûtait 0'ri282.

On a utilisé pour l'alimentation d'eau et d'air des pompes et des turbines; la vapeur a dû être employée dans certains points du réseau où la pression de l'eau n'était pas suffisante, La compression par turbine conduit à une unité de dépense de ofr,i84 ; elle permet d'atteindre une vitesse de l kilomètre par minute; l'alimentation ordinaire exige une minute et demie pour ce parcours. Dans le cas où l'on utilise l'aspiration du vide, le prix du voyage s'abaisse à O&Mi; mais les turbines ont l'inconvénient d'échauffer les garnitures. La vapeur a rendu de grands services, et les pompes actionnées par une machine à vapeur, à la Villette, donnent une unité de dépense très-faible.

— Réglementa internationaux de télégraphie électrique. « La télégraphie électrique est une innovation essentiellement internationale, dit le colonel Huber dans un travail intitulé : le Déseau télégraphique du globe. Si les différents Etats ne s'étaient pas entendus par des règlements internationaux, non-seulement l'usage de ce puissant moyen de correspondance ne se serait pas généralisé, mais on peut se demander s'il existerait. Les diverses puissances ont compris que, dans ce domaine tout pacifique, elles pouvaient et devaient se donner la main pour concourir ensemble au progrès de toutes. Une première conférence eut lieu à Paris en 1865, où les intérêts des grands et des petits pays furent pris en considération, débattus pour la plupart et réglés. Le réseau se développant avec rapidité, de nouvelles questions surgirent et d'autres puissances demandèrent à entrer dans la convention. Un second congrès fut convoqué à Vienne en 1868, un troisième a Rome en 1872, où siégeaient des représentants de la Perse et du Japon. ■ En 1875, un quatrième congrès s'est réuni a Saint-Pétersbourg et a élaboré une nouvelle convention, dont les propositions importantes visent toutes à la vulgarisation, à la précision et à l'économie des relations télégraphiques.

Ces conventions ont eu pour avantages d'introduire dans le régime de la télégraphie internationale l'uniformité des règlements, la substitution dans chaque Etat de la taxe unique à une taxe par zones, un abaissement notable des tarifs, l'adoption du franc comme unité monétaire, l'usage de la dépêche recommandée, l'usage de la dépêche a faire suivre, l'emploi du chiffre comme mode de correspondance. D'après cette convention, chaque Etat réserve à la télégraphie internationale un nombre suffisant de fils spéciaux, qui ne peuvent être détournés de cet emploi qu'en cas de dérangement des lignes. Le service en est, autant que possible, permanent entre les villes importantes. Toute personne a le droit de recourir à la télégraphie internationale sons que les Etats soient responsables, bien qu'ils assurent, autant qu'ils le peuvent, la bonne transmission des dépêches sous secret.

La transmission se fait dans l'ordre des catégories suivantes : télégrammes d'Etat, de service, privés recommandés, privés non recommandés. Les télégrammes peuvent être écrits en langue secrète. La minute doit être écrite lisiblement au moyen de signaux ayant leurs équivalents dans le tableau réglementaire. L'expéditeur doit indiquer l'adresse avec toutes les indications nécessaires. Les caractères disponibles sont les lettres de l'alphabet, les chiffres, quelques signes conventionnels.

Les modifications du tarif et les dispositions nouvelles seront soumises à l'approbation d'un bureau international. La taxe est calculée d'après la voie la moin* coûteuse entre le point de départ du télégramme et le point de destination. Le tarif des correspondances entre deux points quelconques des Etats contractants doit être composé de telle

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sorte que la taxe d'une dépêche de vingt mots soit toujours un multiple du dami-franc ou du quart de franc, dans les administrations qui ont le franc pour unité monétaire usuelle. Dans le calcul de la taxe entre tout ce qui doit être transmis en dehors des mots ajoutés pour le service. Le maximum de la longueur d'un mot est fixé à quinze caractères Morse; l'excédant, jusqu'à concurrence de quinze caractères, compte pour un mot. La perception des taxes a lieu au départ, mais peut n'être faite qu'à l'arrivée. Un télégramme commencé ne peut être interrompu pour la transmission d'un autre quelconque.

Pour la transmission, le bureau expéditeur commence pur l'appel au bureau suivant; on transmet les indications suivantes . nature du télégramme, bureau de destination, bureau expéditeur, nombre de mots, heure de dépôt, voie à suivre, autres indications éventuelles; on transmet ensuite l'adresse, le texte, puis la signature, puis le signal Fin. L'employé qui reçoit admet s'il n'y a pas d'erreur de service, rectifie en cas contraire. Lorsque l'expéditeur n'indique pas la voie à suivre, chaque office reste libre de la choisir. Un expéditeur peut arrêter la transmission d'un télégramme, avec perte d'un demi- , franc si elle n'est pas commencée , perte totale de la taxe en cas contraire. La destination peut être a domicile, poste restante, au bureau télégraphique restant.

Tout expéditeur a la faculté de transmettre un simple avis télégraphique, limité à dix mots en langage usuel, en payant une taxe égale aux trois cinquièmes de la taxe ordinaire; ces avis ne sont pas soumis à certaines prescriptions et ne présentent pas certaines garanties.

La priorité peut être obtenue pour la transmission des télégrammes privés urgents qui payent le triple de la taxe ordinaire. On peut transmettre en affranchissant la réponse, avec l'indication : Réponse payée.

On peut exiger le collationnement, qui a Hou dans tous les bureaux expéditeurs, avec un supplément de taxe égal à la moitié de celle d'un télégramme ordinaire.

La taxe d'un télégramme recommandé est triple de la taxe ordinaire. En ajoutant les indications nécessaires, on peut demander que te bureau d'arrivée fasse suivre un télégramme dans les limites de l'Europe; la taxe complémentaire est perçue sur le destinataire.

Des télégrammes peuvent être adressés a plusieurs personnes ou à destination de localités non desservies par le réseau international ; les frais de transport sont perçus sur le destinataire.

Les télégrammes de service du réseau international sont transmis en franchise sur tout ce réseau. Les copies des télégrammes sont conservées six mois ou dix-huit mois, suivant qu'ils sont pour l'Europe ou extraeuropéens.

Chaque Etat crédite l'Etat limitrophe du montant des taxes de tous les télégrammes transmis , calculées depuis la frontière des deux Etats. La taxe qui sert de base à la répartition entre les Etats est celle qui résulta de l'application régulière des tarifs. Le règlement réciproque des comptes a lieu à la fin de chaque mois.

— Règlement» Intérieurs de la télégraphie en France. La plupart des règles do la convention internationale sont en vigueur depuis longtemps, en France, pour le service intérieur des dépèches. Le télégramme simple est da vinyt mots; la taxe de la dépêche est augmentée de moitié par chaque série ou fraction de dix mots. Les mots composés usuels ne comptent que pour un mot; tout caractère isolé compte pour un mot. Les signes de ponctuation ne sont pas comptés. Les nombres en chiffres comptent pour autant de mois qu'il y a de tranches de cinq chiffres, plus un moi pour l'excédant. Le souligné compte pour un mot} le trait d'union n'est pas compté.

Le tarif intérieur est de 0fr,60 de Paris pour Paris ou dans l'intérieur d'un même département, et de lfr.40 à l'intérieur de la France ou à destination de lu Corse. Do France en Algérie, le tarif est de 4fr,40.

Voici les taxes de la dépêche simple de France dans quelques pays :

Angleterre. Londres, 4 francs; autres localités, 6 francs.

Allemagne. A l'ouest du Weser, 3 francs; à l'est du Weser, 4 francs.

Espagne et Italie, 4 francs.

Portugal, 5 francs.

Autriche, 6 francs.

Bussie : d'Europe, il francs; du Caucase, 14 francs.

Les dépèches officielles et administratives sont transmises en franchise; mais cela a donné naissance à de nombreux abus, tout télégramme d'un membre quelconque d'une administration de l'Etat pouvant en quelque sorte être présenté comme télégramme de service public. Une décision du ministre de l'intérieur (décembre 1875) restreint la franchise illimitée aux ministres et aux soussecrétaires d'Etat; on évitera ainsi que le service télégraphique soit encombré des correspondances particulières envoyées gratuitement par les fonctionnaires. On conserve la copie de chaque télégramme et elle est insérée aux archives.

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On a fait de nombreuses critiques de l'administration télégraphique en France.

o Kn Amérique, dit M. Etenaud, tout est sacrifié à la vitesse. La dépêche remise est portée à domicile sans être recopiée: Le public peut écrire ses dépèches à l'encre, ou au crayon, mais il faut qu'elles soient rédigées en anglais. » — a On ne s'inquiète, dit de son côté M. Villefranehe, ni du contenu de la dépêche, ni de l'authenticité de la signature. On lit au son dans le système Morse, au lieu de laisser les caractères s'imprimer sur la bande de papier ; le collationnement n'a lieu que s'il est payé ; on supprime le reçu du destinataire; jamais un signe de ponctuation, mais en place abréviations sur abréviations. En un mot célérité illimitée, mais absence complète de ga-

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ront'ies. »On peut s'étonner à bon droit, en effet, d'une partqu'en France on n'ait pas songé à. retrancher des règlements administratifs certains articles inutiles et ralentissant la vitesse générale de transmission, d'uutre part qu'en Amérique on n'ait pas compris à quels grands inconvénients expose 1 absence de toute garantie dans un pays où les affaires de commerce peuvent se traiter par télégrammes.

— Développement du réseau télégraphique électrique aérien et «out-marin dont le* dîver* paya du globe. Le tableau suivant résulte de chiffres donnés par le Journal du bureau international des administrations télégraphiques, en résidence à Berne.

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