V. Sarrasin
SÀUAS1NS, autre orthographe d'un nom des Arabes. V. Sarrasins.
S ARA-SOU, rivière de la Tartarie indépendante. V. Sary-Sod.
SARASWAT1, déesse de l'instruction, dans la mythologie indoue, fille et épouse du dieu Bruhiua. D autres la font épouse de Viohnou.On la représente sous la forme d'une femme vêtue de Lnanc, assise sur une fleur de lotus et jouant du vind ou luth indou ; souvent elle est portée sur l'oiseau appelé ftansa. Quelquefois cette déesse est représentée par une plume, un encrier et un livre. On la regarde comme la patronne de l'éloquence, des arts et de la musique; elle a inventé, dit-on, la langue sanscriteetleslettresdo l'alphabet dévanagari.
SARASWATI, rivière qui descend des montagnes qui bordent au N.-E, la province de Deiili, d'où elle prend sa direction vers le S. -O., et se perd au milieu des sables du grand désert, dans la contrée de Bhatii. Suivant les Induus, elle continue son cours par-dessous terre et va se réunir au Gange, près d'Ailahabad, avec rVamounà. Le Saraswati porte aujourd'hui le nom de Sarsouti. C'était, disait-on, la déesse Saraswati descendue sur la terre. Un jour qu'elfe traversait ce pays, un livre à la main, elle entra, sans y prendre garde, dans le désert, où elle fut assaillis par des
ennemis terribles, aux outrages desquels elle se déroba en s'enfonçnnt sous terre, pour reparaître ensuite à Prayûga.
SARATOGA, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat et à 260 kilom. N. de New-York, à 50 kilom. N.d'Albany; 4,270 hab. Eaux minérales où l'on se rend de toutes les parties de l'Union. C'est le lien de réunion d'une société élégante; les uns viennent éprouver l'effet salutaire des sources minérales, dont la plus renommée est celle du Congrès; mais le plus grand nombre des visiteurs y sont attirés par la salubrité du climat, et surtout par le désir de s'y reposer des affaires et d'y trouver des divertissements qu'ils chercheraient vainement dans leurs villes. Avant que la vertu des eaux minérales fût connue et qu'elle fût devenue un rendez-vous de plaisir, la petite ville de Saratoga avait déjà une célébrité; c'est dans ses environs que, le 17 octobre 1777, l'armée anglaise, commandée par le général Burgoyne, posa les armes devant les milices américaines.
Saratoga ( COMBAT ET CAPITULATION DE ) ,
un des échecs les plus décisifs qu'aient subis les Anglais en Amérique, dans la guerre de l'Indépendance. Un de leurs généraux, Burgoyne, avait essayé de se frayer une route à travers les déserts épouvantables qui séparent les Etats-Unis du Canada. H avait même réussi a s'emparer du furt de Ticonderago et suivait la rivière d'Hudson, dans l'espoir d'opérer sa jonction avec le général Henri Clinton. Celui-ci, parti de New-York, s'avançait lui-même vers cette rivière, et s'il avait pu donner la main au général Burgoyne, le succès de leur double marche aurait coupé toutes les communications des provinces du Nord avec celles du Midi. Mais à peine Btirgoyne eut-il quitté le fort qu'il se vit coupé sur ses derrières. Il continua néanmoins à. se porter en avant, se roidissant contre les obstacles qui surgissaient à chaque pas dans un pays affreux et stérile, où il perdait inutilement-ses soldats et ses vivres. Dans cet état d'épuisement, il allait néanmoins toucher k Albany, lorsqu'il se heurta contre les troupes américaines du général Gates et du major Arnold. Les deux armées se fortifièrent dans les positions respectives qu'elles occupaient, les Anglais pour attendre qu'ils fussent rejoints par Henri Clinton, les Américains dans l'espoir de recevoir de nouvelles forces qui leur permissent d'écraser l'ennemi. Cette attitude se prolongea jusqu'au 7 octobre 1777; à cette date, Burgoyne, de plus en plus inquiet de ne recevoir aucune nouvelle, résolut soit de s'ouvrir un passage les armes à la main, soit d'intimider assez ses adversaires pour pouvoir effectuer sa retraite sans être inquiété. Il prit aussitôt les mesures qui devaient assurer le succès de son plan; mais le général Gates avait deviné le secret de tous ses mouvements, et. il adopta aussitôt les dispositions nécessaires pour les faire échouer. Il dirigea une attaque aussi vive que brusque contre la gauche de l'armée anglaise, atin de la couper de sa droite, tandis que celle-ci était abordée de front par le major général Arnold. Au lieu de percer la ligne de ses ennemis, le général Burgoyne s'estima heureux de pouvoir regagner son camp, après avoir perdu ses pièces de campagne et une partie de son corps d'artillerie. Il se vit aussitôt serré de pies par les Américains, qui assaillirent ses ouvrages de la droile a la guuclie, malgré le l'eu terrible, désespéré qu'il dirigeait sur eux. Sur la fin du jour, une partie de la gauche américaine força même les retranchements avec le major Arnold, qui y pénétra audacieusement k la tête de quelques hommes seulement. Mais son cheval ayant été tué sous lui et lui-même ayant reçu une b essure à la jambe, il dut se retirer; toutefois, cet accident ne compromit point le succès de l'attaque ; le régiment de Jackson, du Massachusetts, commandé par le lieutenant-colonel Broocks, tourna la droite du camp et assaillit les ouvrages occupés par la réserve des Allemands au service de l'Angleterre. Le lieutenant-colonel de ces derniers fut tué et les ouvrages enlevés presque sans résistance. Le général Burgoyne donna en vain l'ordre de les occuper de nouveau ; Broocks se maintint opiniâtrement sur le terrain conquis. La-nuit mit tin à l'action.
Les Américains passèrent la nuit sous les armes, prêts à recommencer ta lutte le lendemain. Mais alors ils virent Burgoyne fortement retranché sur les hauteurs. Gates, en général habile, n'essaya point de le forcer dans cette position et de compromettre ainsi un triomphe assuré; il se contenta d'établir autour de lui un cercle de fer qui coupait toutes ses communications et lui fermait la retraite. Burgoyne essaya néanmoins de s'arracher à cette étreinte et il se retira sur Karatoga, ravageant tout sur son passage, comme s il eût voulu anéantir un pays qu'il n'avnit pu conquérir. Il espérait franchir la rivière d'Hudson et gagner le fort Georges on sacrifiant ses bagages et son artillerie ; mais Gates avait tout prévu, et Burgoyne trouva la rive opposée de la rivière garnie de troupes résolues à lui disputer le passage. Dans cette position critique, les chefs de l'armée anglaise décidèrent qu'on remonterait la rivière à marches forcées, dans l'espoir de la traverser au fort Eduuard ou un peu plus
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haut, pour arriver au fort Georges; les soldats ne devaient prendre d'armes et de munitions que ce qui pourrait être porté à dos d'homme. Mais les éclaireurs envoyés de toutes parts par Burgoyne a la découverte lui rapportèrent que tous les passages étaient gardés; il lui fallut donc renoncer à toute espérance de franchir l'Hudson. Ayant fait en même temps vérifier la quantité des munitions de bouche, il reconnut qu'il n'avait plus de vivres que pour trois jours, même en réduisant les rations. Dans cette situation désespérée, il assembla un conseil de guerre où fut émis le conseil unanime d'entrer immédiatement en négociation avec le général Gates. En conséquence, Burgoyne lui annonça que, pour éviter une plus grande effusion de sang, il était disposé à traiter, pourvu que ce fût à des conditions honorables. Gates voulait d'abord que toute l'armée anglaise déposât les armes et demeurât prisonnière de guerre; mais Burgtyne déclara qu'il n'aceepteraitjamais une proposition si humiliante. Le général américain modéra alors ses exigences, d'autant plus que ses craintes étaient éveillées par la nouvelle de l'approche de Henri Clinton. On signa donc, le 16 octobre
1777, une convention en vertu de laquelle l'armée anglaise sortirait de son camp avec les honneurs de la guerre, qu'elle mettrait ensuite bas les armes et qu'elle ne servirait point contre les Etats-Unis jusqu'à ce que ceux qui la composaient eussent été échangés. On ne devait point les retenir prisonniers et il leur serait permis de s'embarquer pour l'Angleterre. 6,000 hommes se rendirent ainsi aux Américains, dontee triomphe exalta le patriotisme, tandis qu'il jetait la rage et la honte au cœur des Anglais.
SABATOV ou SARATOW, ville de la Russie d'Europe , chef-lieu du gouvernement de son nom, à 1.50G kilom. S.-E. de Saint- Pétersbourg, sur la rive droite du Volga, au pied de montagnes arides, par 5lt> 31' de latitude N. et 43<> 46' de longitude E. ; 93,218 hab. Siège d'un évêché grec, ré- I sidence d'un gouverneur ; cour criminelle I et cour civile d'appel ; gymnase avec jur- I din botanique. Fabrication de coton, bonneterie, cordages, cuirs , chandelles, horlogerie. Commerce considérable en céréales, lurines, suif, poisson et sel ; centre du commerce entre Moscou et Astrakhan. Aux environs, culture du mûrier et mines d'alun; élève de chevaux. Navigation active sur le Volga. Cette ville, dont la plupart des maisons sont en bois et où l'on trouve 16 églises dont 4 protestantes, fut fondée en 1591 ; un violent incendie la détruisit presque complètement en 1774 ; depuis longtemps ce désastre est réparé, et cette ville, grâce :i son activité commerciale, jouit d'une assez grande prospérité.
SABATOV ou SARATOW (gouvernemknt de), division administrative de la Russie. Ilest compris entre ceux de Simbirsk et de Penza au N., de Ta mbov, de VolonéjeetdesCosaques du Don à l'O. , d'Astrakhan au S. et de Samara a l'E. Le territoire de ce gouvernement dépendait jadis du kanat d'Astrakhan ; il fut organisé en gouvernement russe en 1780 et s'étendait sur les deux rives du Volga ; il occupait d'abord une superficie de 240,000 kilom. carrés; mais, en 1850, il fut considérablement diminué par la création du gouvernement de Samara sur la rive orientale du Volga. Situé maintenant presque tout entier sur la rive occidentale de ce fleuve, il ne comprend plus qu'une superficie de 83,767 kilom. carrés, partagés en dix cercles renfermant ensemble une population de 1,773,330 hab. Le sol est montagneux, mais fertile et parfaitement cultivé. Après le Volga, ses cours d'eau les plus importants sont le Chopper et la Medwediza, affluents du Don. La population, parmi laquelle on compte un grand nombre d'Allemands introduits dans le pays en 1763 par Catherine II, vit de la culture des céréales, du froment notamment, et .aussi de celle du chanvre, du lin, de la garance et du tabac. La pêche dans le Volga est encore pour elle une précieuse ressource; mais l'extraction du sel du lac Elton, situé dans le S.-E. de ce gouvernement, constitua pour cettte contrée une richesse incomparablement plus considérable. Le lac Elton, en effet, fournit à, lui seul à toute la Russie les deux tiers du sel nécessaire à la consommation de cet empire. Le gouvernement de Suratov possédait, en 1871, 434,000 chevaux,' 580,000 bêtes à cornes, 1,498,000 moutons, 318,000 porcs. On y comptait, en 1870, 275 fabriques, avec 7,627 ouvriers, produisant 1,915,617 roubles.
SAIÎÀUEH (Frédéric-Guillaume-Henri), historien et économiste allemand, né à Kiel en
1778, mort ù Rendsbourg en 1845. Successivement conseiller de chambre dans l'île de Eehmern, bailli à Gottorp, greffier du bailliage de Slesvig, il fut, à la suite d'un déficit constaté dans sa caisse, destitué et emprisonné. On lui doit, entre autres travaux : Recherches historiques sur lu validité du droit romain et jusliiiien en Slesvig (Kiel, 1842 , in-8°) et une traduction de l'Aperçu des constitutions de l'antiquité de Madvig, publiée dans les Archities de Falk (lsil).
SARA.VAN, province du Beloutehistan. V.
Saraouan.
SARAZIN s. m. (sa-ra-zain). Bot. V. sarrasin.
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' SARAZIN ou SARRAZIN (Jacques), célèbre sculpteur français, néàNoyon en 1583, mort à Paris en 1660, Son père, qui avait une certaine aisance, l'envoya à Poris pour s'y livrer à ses goûts artistiques. Après avoir étudié le dessin et le modelage dans l'atelier de Guiltain, Sarazin partit pour l'Italie. Pendant les dix-huit années qu'il passa à Rome, il étudia les chefs-d'œuvre de l'antiquité et de la Renaissance, particulièrement les œuvres de Michel-Ange , et reçut des conseils du Dominiquin, dont il devint l'ami. Durant ce long séjour, Sarazin exécuta, entre autres œuvres, les statues du portail de Simta-Andrea-della-Valle et V Atlas et Polyphème, statues colossales que lui commanda le cardinul Aldobrandini. En quittant Rome, il sculpta quelques morceaux à Florence , s'arrêta à Lyon et revint enfin à Paris vers 1628, précédé par sa réputation artistique. Pour son début, il exécuta, en stuc, quatre Anges pour Saint-Nicolas-des-Champs. Ces morceaux et divers autres lui valurent la' protection de Richelieu. Chargé de décorer le grand pavillon du Louvre , il sculpta les célèbres cariatides qui ont fait sa réputation et qu'on regarde comme son chef-d'œuvre. Sarazin reçut alors une pension du roi et fut logé au Louvre. Un des fondateurs de l'Académie de peinture et de sculpture (1648), il en devint un des douze professeurs et en fut nommé le recteur en 1654. En 1631, il avait épousé la nièce du peintre Simon Vouât. Sarazin savait unir l'élégance à la sévérité des formes, et on peut le considérer comme un des derniers artistes qui s'inspirèrent des principes de la belle école qui avait produit Jean Goujon et Germain Pilon. On cite, parmi ses meilleures productions : le Tomôenu de Jacques de Souvray, à Saint-Jean-de-Latran ; le Tombeau du cardinal d? Bérulle, aux Carmélites de la rue Saint-Jacques ; le Mausolée de Henri de Bourbon, où se trouvaient les quatre figures de la Religion, la Justice, la Piété, la Force, et quatorze bas-reliefs en bronze représentant les Triompha de la llenomméer du Temps, de la Mort et 'de V Eternité; Deux anges portant au ciel le cœur de Louis XIII, dans l'église de Saint-Paul; l'Enfant d'or, voue à Notre- Dame-de-Lorctte pur Anne d'Autriche; le buste de Louis XIV enfant. On voit de lui, au musée du Louvre : Saint Pierre, la Madeleine et la Douleur, statues en inarbre, et une autre en bronze du chancelier Séguier.
« Ce grand artiste, aujourd'hui presque oublié, dit Victor Cousin, est un disciple à la fois de l'école française etdo l'école italienne, et aux qualités qu'il emprunte à ses devanciers il ajoute l'expression morale, touchante et élevée, qu'il doit à l'esprit du xvno siècle. Il est, dans la sculpture, le digne contemporain de Lesueur et de Poussin, de Corneille, de Descartes et de Pascal. Il appartient tout à fait au règne de Louis XIII, de Richelieu et de Mnzarin; il n'a pas même vu celui do Louis XIV. Rappelé en France par Richelieu, qui y avait aussi rappelé Poussin et Champagne, Jacques Sarazin, en peu d'années, a produit une foule d'ouvrages d'une rare élégance et d'un grand caractère. Que sont-ils devenus? Le xvme siècle avait passé sur eux sans y prendre garde. Les barbares qui les ont détruits ou dispersés s'étaient arrêtés devant les toiles de Lesueur e." de Poussin, protégées par un reste d'admiration ; en brisant les chefs-d'œuvrê'du ciseau français, ils ne se sont pas même doutés du sacrilège qu'ils Commettaient envers l'art aussi bien qu'envers la patrie... Nous pouvons contempler encore dans la cour du Louvre, au pavillon de l'Horloge, ces cariatides de Sazarin si majestueuses à la fois et si gracieuses, qui se détachent avec un relief et une légèreté admirables. Jean Goujon et Germain Pilon ontils rien fait de plus élégant et de plus vivant? Ces femmes respirent et elles vont marcher. »
Sazarin peignit dans le genre de Lesueur quelques tableaux, des Vierges , une Sainte Famille, des Médaillons aux Minimes. On ignore ce que sont devenus ces tableaux, dont quelques-uns ont été gravés nar Daret. Une statue en bronze de ce grand artiste, par Malknecht, a été inaugurée sur une des places de Noyon en septembre 1851. — Son hls, Bénigne Sarazin, mort à Paris en 1692, s'adonna à la peinture. Il obtint de Louis XIV une pension pour se perfectionner k Rome, et fut à sou retour logé au Louvre. C'était un artiste d'un taleut médiocre.
SARAZIN (Pierre), sculpteur français, frère de Jacques Sarazin, né à Noyon en 1601, mort ù Paris en 1679. Il s'adonna à la sculpture et reçut, croit-on, des leçons de son illustre frère. Pierre Sarazin devint membre de l'Académie de peinture en 1G65. Professeur habile, il forma beaucoup d'élèves. Quant à ses œuvres, on ignore ce qu'elles sont devenues.
SARBACANE s. f. (sar-ba-ka-ne — italien sarbacana, mot que l'on explique bien hasardeusement par canne de Carpi, nom du lieu où cet instrument aurait été inventé. D'autres, avec plus de raison, s'appuyant sur l'espagnol cerbatana, grec moderne zarobolana, tout > en: f ce mot de l'arabe zabatana, sarbacane à tueries oiseaux). Long tuyau servant à lancer, en soufflant, du petits projectiles : Tuer de petits oiseaux avec une sarbacane.
— Tuyau servant à conduire les sons de la voix ; Us se parlèrent par une sarbacane.
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pour n'être pas entendus des autres. (A<"nd.) Il est des peuples où, sauf sa femme et ses enfants, aucun ne parle au roi que par sarbacane. (Montaigne.)
— Fig. Intermédiaire, personne interposée : Je ue veux point parler par sarbacane dans cette affaire, je veux traiter acec lui directement. (Acad.) Ou tls sauront cela de votre bouche, ou vous le leur ferez entendre par quelque sarbacane raisonnable et qui sera inspirée de votre bien-dire. (I..-J. de Balz.) 'On n'épanche point son cœur par sarbacane. (De Louville.) [| Sens vieilli.
— Ane. art milit. Sarbacane à feu, Arme dont on faisait usage pour lancer le feu grégeois.
— Techn. Tube dont on se sert pour souffler le verre.
SARBEDARIEN s. m. (snr-be-da-ri-niii).
Hist. or. Membre d'une dynastie qui a régne dans le Khoruçan.
SARBIEWSRI (Mathias-Casimir), en latin Snrhievius, célèbre poète polonais, surnommé l'Horncc nnrninto, né à Surbiewo, dans la voïvodie de Plock, en 1595, mort en 1640. Il entra, en 1012, dans l'ordre des jésuites, devint plus tard professeur h l'académie de Wilna et se rendit à Rome en 1622 pour y compléter ses études tliéologiques. Déjà connu par plusieurs pièces de poésies lati- 1 nés, il adressa au pape Urbnin VIII quelques ! odes écrites avec un pur sentiment de l'anti- I quité, et gagna ainsi les bunnes grâces de ce pontife, qui le chargea d'écrire des hymnes pour le bréviaire, dont il avait entrepris la réforme. Mais l'envie et la calomnie, éveillées par les succès de Sarbiewski, le forcèrent à quitter l'Italie et à revenir, en 1627, à ■\Vilna, où il reprit a l'académie la chaire d'éloquence et do philosophie, et plus tard celle de poésie. En 1632, il fut nommé chapelain de la cour et devint, dès lors, le com- | agnon habituel du roi Vladislas IV, qui aimait et protégeait les lettres et les arts, particulièrement la poésie et la musique. Les compositions de Sarbiewski excitèrent l'admiration de tous ses contemporains, non-seulement en Pologne, mais encore dans les autres contrées de l'Europe, surtout en Angleterre et en Hongrie, Elles furent publiées, pour la première fois, sous ce titre : Lyricorum libri III, Epigrammatum liber 1 (Cologne, 1625, in-12). Elles ont eu depuis un grand nombre de rééditions dans les principales villes de l'Europe; les plus estimées de ces éditions sont celle d'Anvers (1632, in-4o), celle de Breslau, donnée par Leisner (1757), celle de Varsovie, donnée pa, Bohomolec sous ce titre ; Sarbiewii opéra posthuma (1764, in-8o). C'fSt la plus complète; car elle renferme, entre uutres écrits jusqu'alors inédits, un long fragment d'un poëine épique intitulé ; Leckias, et la correspon- ! dance de Sarbiewski avec son ami Luïiieiiski, ( en tout quatre-vingt-douze lettres. L'édition 1 la plus récente, la 43« par ordre de date, est celle de Leipzig (1S40, in- 16). Ces poésies ont été traduites en j)lusieurs langues de , l'Europe, notamment en fiançais ( Paris, 1755) et en allemand (Breslau, 1800). Citons encore de lui, en prose : Obseguium gratitudinis (1619, in-40); Honor sanctorum Wilnx I reliquiis exhibilus (1631, in-4») ; Oralio panegyrica habita in prsscntia Vladisiai ,1V (1630, in-4")î Etegia itineraria (1754, in-4").
SARBOTIÈRE s. f. (sar-bo-tiè-re — altér. de sorbetière). Techn. Vase de métal dans lequel on prépure les glaces et les sorbets,
SARCANDA s. m. (sar-kan-da). Bot. Un des noms du santal, dans l'Inde et les îles voisines.
SARCANTHE s. m. (sar-kan-te — du gr.
sarx, chair; anlhos, fleur). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des validées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent en Chine.
SARCANTHÈME s. m. (sar-kan-tè-me — du gr. sarx, chair; antkema, floraison). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des composées, tribu des astérées, dont l'espèce type habite l'Afrique.
SARCASME s. m. .(sar-ka-sme — lat. sarcasmus, grec sarlcasmos; de sarkazein, railler, proprement ronger, décharner, de sarx, chair). Raillerie nmère et ironique: Accabler quelqu'un de sarcasmes. Ce trait passe la plaisanterie ; c'est un sarcasme. (Acud.) Démosthène emploie te sarcasme pour reprocher plus vivement aux Athéniens leur indolence. I (Acad.) Entre gens d'esprit, on peut admettre I (a jurisprudence du talitin, sarcasme pour I sarcasme. (T. Delord.) Rabelais jeta le sarj casme et les moqueries dans tons les tabernacles du moyen âge. (Ledru-Rollin.)
— Encycl. Le sarcasme sert à traduire tous les mouvements de critique et de malveillance du cœur humain, depuis ceux qui sont provoqués par un penchant inoffensif à la raillerie jusqu'à ceux qui résultent de la fureur et de la haine poussées à leur paroxysme.
Occupons-nous d'abord du premier cas.
Les gens de lettres, les artistes usent fréquemment du sarcasme envers les profunes qui prétendent les juger, ou envers les pauvres diable-: qui croient les égaler. Ce n'est pas sans raison que le potite latin a dit : denus irritabile vntum. Race irritable, en effet,
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fiftre de la supériorité qu'elle croit avoir sur le commun des mortels et toujours irritée de voir ses plus sublimes conceptions critiquées par un ;jublie inepte et auquel elle refuse le droit de tes trouver fades ou de mauvais goût.
Mal en prit à Denys le Tyran, qui, ayant fait enfermer dans la sombre prison des Latomies (les carrières) de Syracuse un poëte qui s'était permis de trouver mauvais les vers du despote, le lit un jour extraire de son cachot iout lui lire une nouvelle pièce et lui demsinder son avis : ■ Qu'on me ramène aux carrières, > répondit aussitôt le poëte, indiquant pur ce mot qu'il préférait rester en prison que de trouver bons de mauvais vers.
Le sarcasme d'Apelle envers un de ses critiques fut plus direct. Il est vrai qu'il s'adressait à un cordonnier, et non à un roi. Ce cordonnier crisiquant un jour certaines parties d'un portrait fait par le grand peintre, celui-ci écrivit au bas de son tableau, à l'adresse du cordonnier, ces mots devenus proverbe à Rome : Ne sutor ultra crepidam (Que le cordonnier ne discute que la chaussure).
Perso, raillant les prétentions littéraires de Néon, lança contre lui ce sarcasme ; Auriculai asini Mida rex habet.
(le roi Midas a des oreilles d'âne), et, afin que nul ne se méprit sur l'adresse de ce vers, le mot Midas, qui se compose en prosodie de deux syllabes longues, est dénaturé et tient la place de deux brèves, comme le motiVero.
Il es; souvent bon d'atténuer sa critique devant les souverains. Le sarcasme n'en est parfois ni moins direct ni moins énergique. Ainsi, Louis XIV ayant fuit des vers et demandant a Boileau ce qu'il en pensait : > Sire, réponcit celui-ci, rien n'est impossible à Votre Majesté ; elle a voulu faire de mauvais vers e. elle y a réussi. »
Envjrs les pauvres diables, il est permis d'user de inoins de ménagements. Un perruquier, aommé André, ayant envoyé un poëme de sa façon h. Voltaire, avec une dédicace où il l'appelait son « confrère, » Voltaire lui répondit par une lettre de quatre pages, où il n'y avait que ces mots : < Maître André, faites des perruques; fuites des perruques; faites des perruques, maître André, etc. • Le pauvre perruquier trouva, à la lecture de cette lettre, que Voltaire vieillissait et qu'il commjnçait à se répéter un peu.
Tous ces sarcasmes sont des railleries amères ; nais on ne peut pas dire qu'elles soient absolument méchantes dans le sens propre de ce mot. La sagesse des nations a, dans ses recueils, un certain nombre de proverbes qji sont dans le même cas. Lorsque quelqu'un s'avise de donner des conseils et qu'il 3D a lui-même plus besoin que ceux auxquels il s'adresse, il est d'usage de lui dire i qu'il voit la paille qui est dans l'œil du prochain, et qu'il ne voit pas la poutre qui menace le sien. » Dans le même cas, on dit aussi : » Médecin , guéris-toi toi-même. » La Fontaine nous fournit l'exemple d'un sarcasme semblable :
Un astrologue un jour au fond d'un puits Se laissa choir; on lui dit: ■ Pauvre bête. Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux voir, Pcnses-tu lire au-dessus de ta tête?,.. »
Cicsron, le « facétieux consul, » comme l'appelait une victime de ses surcasrnes, en a produit un nombre si considérable, que PIutarque consacre deux chapitres entiers à en enregistrer seulement quelques-uns.
A tne dame qui accusait seulement trente ans d'âge : « Comment ne le croirais-je pas, répondit-il; voila vingt ans que vous nous le dites . »
A Hortensius, qui défendait le préteur Verres et qui passait pour avoir une inclination pour la religion juive : Quia" Judœn cum Verre? dit-il. (Quels rapports un Juif peut-il avoir nvsc un verrat ou un Verres, les d jux mots étant synonymes en latin.)
Si malins que fussent ses sarcasmes, Cicéron çn subit un plus mordant encore. Miion, accu ié du meurtre de Clodius, prit le grand avocat pour défenseur. César et les amis de Clod us tirent envahir le Forum par une multtude- armée. Cicéron, qui n'était pas très-courageux, prit peur et ne sut que balbutier. Milon fut donc si mal défendu, que les juges le condamnèrent à l'exil. 11 se retira à Marseille. Rentré chez lui, Cicéron écrivit à tète reposée le discours qu'il aurait dû prononcer; ce fut l'admirable Pro Aiiloue que nous possédons. Il envoya ce discours à .Milon, qui lui répondit: «Situ avais auss. bien parlé que tu as bien écrit, je ne mangerais pas aujourd'hui d'aussi bon poisson! > Cicéron, étant homme d'esprit, dut être très-mortifié de ce sarcasme.
Lf S grands , les terribles dictateurs de Ron e n'étaient pas, malgré la terreur qu'ils insp' raient, à l'abri des sarcasmes. «L'heureux. Sylla dut, pendant le siège d'Athènes, subir ceux de ces Grecs moqueurs qui, faisant allusion à son teint couperosé, le comparaient à une • mûre saupoudrée de farine. ■ (Plutarque.) César, au milieu de ses triomphes, était raillé par ses propres soldats, qui, rentrant en Italie, chantaient : « Romains, cachez vos femmes 1 Voici venir le ihauve adultère, le mari de toutes les femmes, la femme de tous les maris 1 » L'empereur Julien fut sans cesse couvert des sur-
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! casmés des auteurs chrétiens, qui raillaient I son regard, son costume, sa barbe mal soignée. Julien ne faisait qu'en rire, et avait bien raison.
La France, où « tout finit par des chansons, • n'a jamais cessé d'être la terre classique du sarcasme. Les rois mêmes n'y ont pas échappé. C'est ainsi que le roi Louis XII était constamment raillé par ses courtisans à cause de sa parcimonie, ce qui lui titdire : « J'aime mieux voir mes courtisans rire de mon avarice que de voir mon peuple pleurer de mes dépenses. • Sous la Révolution même, pendant les plus terribles époques, on avait encore le petit mot çourrire. Les sarcasmes dont l'imprudente Gironde couvrit la Montagne ne contribuèrent pas peu à sa perte. Citons, par exemple, celui de Gensonné, pendant le procès de Louis XVI, répondant à un orateur qui avait déclaré que les montagnards avaient sauvé la chose publique : « S'ils ont sauvé la chose publique, dit-il, ils l'ont fait par instinct, comme les oies du Capitule ! « Camille Desmoulins dut également sa perte à ses sarcasmes intempestifs. Cette arme éminemment française n'est point éinoussée de nos jours et exerce encore dans notre pays ses droits souverains. N'est-ce pas aux implacables sarcasmes de sa Lanterne que M. Henri Rochefort dut d'être le député de Paris au Corps législatif?
Le sarcasme devient parfois une chose odieuse, un procédé infâme, que seules les âmes basses et viles osent employer. C'est lorsqu'il s'adresse à des vaincus; c'est lorsque les vainqueurs ou leurs valets insultent au malheur des victimes. C'étaient ces odieux sarcasmes que jetaient les Philistins à la face de Samson eaptif. C'étaient ces sarcasmes qu'adressaient au Christ, pendant la Passion, les Juifs qui l'avaient revêtu d'une couronne d'épines et qui lui disaient : « Roi des Juifs, nous te saluons ! » qui, lorsqu'il fut crucifié, lui criaient : « Si tu es le Fils de Dieu, descends donc de la croix! » C'était un sarcasme de ce genre qu'adressa Caligula aux 30,000 gladiateurs lorsque ceux-ci, défilant devant sa tribune avant d'aller à la mort, s'écrièrent : Morituri te saiutantl (Ceux qui vont mourir te saluent) ; Caligula, souriant, les salua de la main et répondit par ces mots : Valete! (Portez-vous bien), formule ordinaire de salutation; sarcasme abject adressé à des gens qu'il envoyait où ils devaient trouver la mort.
Parfois, intervertissant les rôles, ce sont les vaincus qui jettent le sarcasme aux vainqueurs ; et cette grande raillerie en présence de la mort frappe d'admiration la postérité. Jugurtha, prisonnier des Romains et condamné à périr de faim dans les oubliettes du Tullianum, jeta a ses bourreaux, dès qu'il eut été précipité," ces paroles, avec un éclat de rire : « Grands dieux, Romains, que vos étuves sont froides 1 » Nos ancêtres, les Francs, pris parleurs ennemis, les bravaient jusqu'au milieu des tortures et expiraient en se inoauant des bourreaux. On connaît le beau chaut de Lodbrog. qui, précipité dans une fosse remplie de vipères, expire en couvrant ses ennemis de sarcasmes et de défis. L'esprit des ancêtres a revécu tout entier sous notre grande Révolution, où l'on allait à la mort en chantant. Quel sarcasme plus insultant que celui de Lanjuinais, qui, près d'être décrété d'accusation avec tous ses amis de la Gironde et monté à la tribune, où il cherchait vainement à dominer le tumulte, s'entendit interpeller ainsi par le dantoniste Legendie, ancien boucher et d'une force herculéenne : « Si Lanjuinais ne descend pas de la tribune, je l'assomme d'un coup de poing I — Fais d'abord décréter que je suis un bœuf, » répondit Lanjuinais.
Dans la vie ordinaire, le sarcasme n'est dangereux que pour ceux qui le méritent et pour les petits esprits qui cherchent à déguiser leur insuffisance sous leur susceptibilité. Le sarcasme est une arme de guerre qui ne blesse que les impuissants et les coupables. Pour les hommes droits et bien trempés, il joue le rôle de stimulant; et, dans cette époque d'énervement et de prostration, les stimulants ne sont pas à dédaigner. Tout homme, surtout tout homme politique, quels que soient ses talents, sa compétence, sa science, son habileté, qui ne sait pas supporter un sarcasme est frappé d'impuissance. Achille était invulnérable, sauf au talon où Paris enfonça une flèche mortelle. Le sarcasme est la flèche qui percera Je talon de tous les Achilles politiques de noi jours.
SARCASTIQUE adj. (sar-ka-Sti-ke — rad.
sarcasme). Qui a le caractère du sarcasme : Ton sarcastiquk. Écrit sarcastiquk. Propos SABCASTiqoËS. Compliments sarcastiques.
Voltaire a le rire sarcastiquk et l'éclat du ricanement. (Ste-Beuve.)
— Qui emploie le sarcasme : Orateur sarcastique. L'un est plus sarcastiquk et plus amer dans ses invectives, et l'autre plus enclin à la personnalité fine et moqueuse. (Cormeu.)
SARCELLE s. f. (sar-sè-le — altér. du lat, querquedula, même sens). Orniih. Genre d'oiseaux palmipèdes, voisin des canards : La petite sarcelle fait son nid parmi les joncs les plus hauts. (V. de Bomare.) Ou servait souvent des sarcelles à ta table des Humains. (Buff.)
— Encycl. Les sarcelles se distinguent des
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canards ordinaires surtout par leurs narines ovalaires, situées près du front et rapprochées entre elles, et aussi par leur taille plus petite, leurs formes plus élégantes et leur plumage plus riche et plus varié. Elles ont, du reste, les mêmes habitudes, et on observe aussi chez elles les variations de plumage qui distinguent les deux sexes. Ce sont des oiseaux sauvages, mais dont quelques-uns ont été jadis ou sont encore soumis à la domesticité. Ils vivent par bandes plus ou moins nombreuses et nichent dans les endroits marécageux. La mère défend courageusement ses petits et essaye, par ses cris et son vol, de détourner sur elle l'attention des chasseurs et des chiens. Leur chasse ne diffère pas de celle des canards sauvages. Ce groupe renferme un assez grand nombre d'espèces, disséminées dans les diverses contrées des deux continents. L'Europe en possède quelques-unes; en France, on en a observé deux à l'état sédentaire ou de passage.
La sarcelle commune ou sarcelle d'été, appelée aussi, suivant les localités , tiers, canette, racanette, mercanette, cercelle, cercerelie, halebrand, garsolte, criquard, criquet, a 0m,42 de longueur totale; sa taille est intermédiaire entre celles de la sarcelle de Chine et de la petite sarcelle; elle a le dessus de la tête noirâtre, avec deux bandes blanches sur les côtés; la gorge noire; le cou brun rougeâtre, marqueté de petites lignes blanches; la poitrine écaillée de brun et de roussàtre; le ventre blanc ou blanc jaunâtre; des zigzags sur les flancs; le miroir d'un vert mat; l'iris brun et les pieds cendrés. La femelle est un peu plus petite et a été regardée par quelques anciens auteurs comme une espèce distincte, qu'ils appelaient plus spécialement sarcelle d'été; elle a la gorge blanche; une bande delà même couleur, tachée de brun, derrière et sous les yeux; le dessus du corps brun noirâtre et les parties inférieures blanchâtres.
Cette sarcelle est répandue dans toute l!Europe et se trouve aussi dans l'Amérique du Nord ; elle est plus abondante dans les contrées méridionales et tempérées. Elle est de passage en France au printemps et à l'automne. Dans le Midi, d'après Crespon, elle arrive au moment où partent les autres canards, mais ne fait que passer. Quelques couples restent chez nous pour se reproduire. Cet oiseau so nourrit de plantes aquatiques, de graines, de vers, de petits mollusques, d'insectes, rarement de poissons. Il vit presque toujours en petites troupes, qui ne cessent de répéter un cri qu'on peut exprimer "par kre, kre, kre. D'un naturel peu farouche et peu rusé, il se laisse plus facilement approcher que le canard, et donne dans les mêmes pièges. Il nage bien, mais plonge peu.
Les oiseaux de cette espèce arrivent dans le nord delà France vers les premiers jours de mars; ils ne restent pas longtemps attroupés, et les couples ne tardent pas à s'apparier. Ces sarcelles font leur nid vers le mois d'avril. « Elles le placent, dit V. de Bomare, au milieu d'une touffe de joncs, dans les endroits les plus fangeux et les moins accessibles; elles y pratiquent, à force de fouler le terrain, un emplacement de quatre à cinq pouces de diamètre, dont elles garnissent le fond d'herbes sèches : la ponte est de dix à quatorze œufs d'un blanc sale; l'incubation est de vingt à vingt-trois jours. Le père et la mère conduisent à l'eau dans les premiers jours les petits, qui cherchent les vers dans l'herbe et sous la vase ; les jeunes mâles ont le plumage des femelles et ne le conservent que pendant un mois. »
Ces sarcelles sont assez délicates ; on assure qu'un exercice violent, comme celui que cause leur poursuite par un chien, suffit pour les faire périr. Elles sont d'une extrême douceur, soit entre elles, soit avec les autres oiseaux ; elles se plient très-facilement à la domesticité et sont peu exigeantes pour leur nourriture; on leur donne du pain, du blé, de l'orge, du son; elles y ajoutent les insectes, les vers et les petits colimaçons qu'elles peuvent trouver. Elles paraissent craindre le froide Leurs mouvements, presque continuels, sont pleins de grâce, de légèreté et de gentillesse. Malgré toutes ces qualités , on n'a pas essayé d'en faire des oiseaux de basse-cour, parce que, au double point de vue de l'utilité et de l'agrément, on a d'autres espèces plus avantageuses.
La sarcelle d'hioer ou petite sarcelle est un peu plus petite que la précédente. Le mâle a la tête et les joues d'un beau roux marron ; une bande d'un vert foncé sur les yeux et la nuque ; le dos et les flancs couverts de zigzags blancs et noirs; la poitrine d'un blanc roussàtre, régulièrement pointillée de noir ; le ventre blanc; deux bandes blanches sur l'aile, avec un miroir vert noirâtre; l'iris brun et les pieds cendrés. La femelle est plus petite ; elle porte une bande d'un blanc roussàtre marqué de taches brunes derrière et sous les yeux ; les parties supérieures d'un brun noir, les inférieures blanchâtres; les plumes boidée-i de brun clair; le bec brunâtre eu dessus, brun jaunâtre en dessous.
Cette sarcelle est également répandue dans le nord des deux continents; elle s'avance
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plus que la précédente vers les latitudes boréales. Elle est commune en France et y reste toute l'année, mais on la trouve bien plus abondamment en hiver qu'en été. Son vol est court et peu puissant; le mâle fait entendre en volant un cri qui ressemble a un sifflement. Elle habite les étangs et les marais, qu'elle ne quitte que lorsqu'ils sont glacés, pour gagner les fontaines et les rivières dont l'eau est assez chaude pour ne pas geler. Elle va par bandes d'une douzaine d individus et se nourrit de cresson, de cerfeuil sauvage, de plantes aquatiques, de graines, ainsi que de petits poissons, d'insectes, de vers et de limaçons.
La femelle fait son nid dans les joncs les plus élevés et elle le pose sur l'eau de telle sorte qu'il puisse s'élever ou s'abaisser suivant les variations de niveau du liquide ; il est très-soigneusement fait de joncs entrelacés et garni de beaucoup de plumes à l'intérieur. Elle y pond de huit à douze œufs, d'un blanc sale tiqueté de roux et de la grosseur de ceux des pigeons. Elle s'occupe seule de l'incubation et des soins à donner aux petits. Les mâles se réunissent alors en petites troupes, qui s'isolent complètement, et ne reviennent qu'à l'automne rejoindre la famille.
Cet oiseau, comme le précédent, est un gibier très-estime ; sa chair est tendre, savoureuse et meilleure que celle de tous les autres canards. Les Romains relevaient et l'engraissaient dans leurs basses-cours. Il y aurait avantage à le domestiquer, ce qui serait facile en faisant couver ses œufs par des poules. On le chasse avec le chien d'arrêt et on le tue au vol.
La sarcelle de Chine, vulgairement nommée canard mandarin, canard de Nankin, canard à éaenlait, surpasse toutes les autres espèces de ce groupe par sa taille, par îa beauté et la vivacité des couleurs de son plumage, par le riche panache vert et pour-, pre qui ombrage sa tête, et enfin par la disposition singulière de deux plumes qu'il porte au devant île chaque aile et dont les barbes, très-longues et coupées carrément, lui forment comme deux ailes de papillon d'un beau rouge orangé. Cette espèce habite la Chine, et particulièrement la [irovince de Nankin, d'où on la transporte dant tout le Céleste -Empire; on la trouve aussi au Japon, mais on ne sait pas bien si elle y est spontanée ou seulement naturalisée. Elle a des mœurs très-douces, s'apprivoise facilement, reconnaît très- bien les personnes qu'elle a coutume de voir, les suit, les caresse et leur témoigne sa satisfaction par des mouvements vifs et agiles. Le mâle et la femelle ont beaucoup d'attachement mutuel.
On élève cette sarcelle, en Chine, dans les basses - cours ; mais probablement elle n'y multiplie pas beaucoup, car son prix est toujours très-élevé. Elle ne perd jamais, d'ailleurs, ses instincts de liberté et s'envole souvent si l'on n'a pas soin de lui rogner les ailes. « On regarde encore en Chine, dit V. de Bomare, le canard de Nankin comme le symbole de la fidélité conjugale. Cette idée a contribué à lui faire atteindre un prix qui est toujours très-élevé dans les provinces éloignéea de celle où il est naturel. De cette idée aussi est venu l'usage suivant : lorsqu'une jeune fille de famille honnête se marie, les jeunes personnes de son sexe, de sa famille et de ses amies, lui font présent, quelques jours avant son mariage, ou le jour même, d'une paire de canards de Nankin vivants, ornés et liés de rubans. On en a vu, dans une pareille occasion, payer une paire destinée à la fille d'un mandarin la valeur de 700 livres, argent de France. Les Chinois représentent souvent ce canard sur leurs papiers peints et sur leur porcelaine. » La-sarcette de Chine, récemment introduite en Europe, s'est parfaitement accoutumée à notre climat et s'y reproduit régulièrement.
Parmi les autres espèces, moins connues, nous nous contenterons de nommer : la sarcelle d'Egypte, à peu près de la grosseur de notre sarcelle commune ; la sarcelle à queue épineuse, de la Guyane; la sarcelle blanche et noire, de la Louisiane ; la sarcelle brune et blanche, de la baie d'Hudson ; la sarcelle de Coromandel, bien plus petite que notre petite sarcelle, etc.
SARCELLES, village et commune de France (Seine-et-Oise), cant. d'Ecoueu, arrond. et à 27kilom.de Pontoise; 1,781 hab. Fabrication de cire, briques, corderie ; corroierie, impressions sur étoffes ; lavage de laines. Nombreuses villas, dont l'une a été occupée par Volney.
EARCENIT s. m. (sar-se-ui). Comm. Etoffe qu'on fabriquait autrefois en Orient.
SARCEUX, EUSE (sar-seu, eu-ze — dugr, sarx, chair). Anat. Qui est de la nature des chairs, des muscles .- Tissu sarceux.
SAHCEY (Francisque), critique et romancier français, né à Suttières en 1827. 11 lit de brillantes études au lycée Charlemagne, partageant les couronnes avec Edmond About, qui plus tard lui servit d'introducteur dans le monde littéraire. Tous deux entrèrent à l'Ecole normale en 184S, en même temps que MM. H. Taine, H. d'Audigier et Assolant. A la sortie de l'Ecole, les deux amis se séparèrent; M. About partit pourl'écolo d'Athènes,
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d'où il rapporta son premier ouvrage, la Grèce contemporaine; M. Sarcey, plus modestement traité par le sort, fut envoyé à Châtiment comme professeur de troisième. L'espèce de soumission exigée des universitaires, qu'on traite trop souvent comme une brigade enrégimentée, a plus d'une fois enrichi le journalisme au détriment de l'enseignement public. Des esprits libres et indépendants, comme MM. Deschanel et Despois, avaient déjà, montré le chemin. M. Sarcey ne devait pas tarder à marcher sur les traces de ces réfractaires de l'Université. Son premier acte d'hostilité contre l'administration, un manifeste charivarique adressé au recteur à l'occasion de la circulaire qui enjoignait aux professeurs de couper leurs moustaches, lui valuj une disgrâce ; il fut envoyé à Lesneven (Finistère) sans le moindre avancement, puis à Rodez et k Grenoble, où il professa tour à tour la troisième, la seconde et la philosophie. On avait l'œil sur lui, et plus d'une fois l'autorité lui fit sentir sa férule ; menacé de destitution, il sollicita un congé d'une année, en 1 859, et vint a Paris essayer du journalisme. Sur la présentation d'Edmond About, il fut admis au Figaro, où il signa S. de Suttières, collabora à la Bévue européenne, au Nain jaune, à VJllusiration, où il publia quelques articles de linguistique, et à divers autres recueils. Lors de la fondation de l'Opinion nationale en 1860, M. Sarcey fut introduit au journal par M. Ed. About et y fut chargé de la critique dramatique. Il donna immédiatement sa démission de professeur, et depuis cette époque jusqu'en 1867 il a rédigé le feuilleton théâtral à VOpinion. En 18G7, il entra au journal le Temps.
En dehors de sa collaboration hebdomadaire à ce dernier journal, M. Fr. Sarcey a été associé à la rédaction de diverses feuilles nouvelles. Lorsque le Gaulois fut fondé par M. About (1868), il y écrivit de nombreux 'articles d'actualité et eut même avec M. Clément Duvernois une polémique violente qui se termina par un duel. Apres la guerre, le Gaulois étant devenu un organe bonapartiste, M. Fr. Sarcey quitta ce journal, avec M. E. About qui fonda le XIX« siècle, et il est resté depuis lors attaché à la rédaction de cette feuille, à laquelle il fournit de spirituelles causeries.
C'est surtout comme critique dramatique que M. Fr. Sarcey s'est fait un nom. 11 ne manque pas de talent, il possède un fonds solide d'études classiques, juge sainement et connaît très-bien les choses du théâtre. Ses articles sont travaillés avec conscience, leur seul défaut c'est d'être parfois un peu lourds et pédants ; M. Fr. Sarcey laisse trop souvent voir la férule du pédagogue. Mais ces réserves faites, on peut le considérer ajuste titre comme un des critiques dont le jugement a le plus de poids. Il s'est fait aussi une certaine notoriété par sa participation aux conférences libres de l'Athénée et aux matinées littéraires de M. Ballande (théâtre de la Galté). Il n'a publié que fort peu d'ouvrages en dehors de ses feuilletons, articles de journaux et de revues ; ce sont : le Nouveau seigneur de village <i862, in- 18), roman ou plutôt satire politique a l'adresse des maires du second Empire ; il y met en scène ce maire typique, M. Plassiart, qui distinguait si soigneusement les volailles des amis de celles des ennemis de l'Empire; le Mol et la chose (l862,in-18), amusantes récréations philologiques, dont nous avons rendu compte; une brochure en faveur des assurances: Faut-il s'assurer? (1871, in-8o) et un journal de ses impressions et souvenirs durant le siège de Paris, le Siège de Paris (1871, in-18).
SARCHE s. f. (sar-che — du lat. circulus, cercle). Techn. Cercle de bois qui forme le pourtour d'un tamis ou d'un crible,
SARCHELLE s. f. (sar-chè-le — rad. sarche). Bois servant à faire des cerceaux. Il Vieux mot.
SARCH1ANI (Joseph), économiste italien, né à San-Casciano (Toscane) en 1746, mort en 1821. Successivement professeur de littérature grecque, d'éloquence toscane, archiviste de la ville de Florence, Sarchiani écrivit, à propos de la liberté commerciale projetée par le grand-duc Léopold, deux ouvrages remarquables : Bagionumenti sul commercio arti e manifatture délia Toscana (Florence, in-8°); Alemorie economiche, potitiche (Florence, in. 8°). On lui doit, en outre : Trattato d'agricoltura (1811, in-4«).
SARCINE s. f. (sar-si-ne — du gr. sarx, chair). C'him. Base organique qui existe dans le suc de viande.
— Hist. nat. Matière coriace, transparente, en masses prismatiques, que l'on a trouvée dans les vomissements des personnes atteintes d'affections chroniques de l'estomac, et que l'on considère comme une végétation.
— Encycl. Chim. La sarcine C5H*Az*0 est une base organique faible. On a d'uuord décrit ce corps comme isomère de l'hypoxanthine de Stherer; mais, malgré l'opinion contraire de Streeker, Scherer croit a l'identité de ces deux produits. Streeker considère, au contraire, ces deux corps comme différant
fiar leurs caractères cristallins, leur solubiité dans l'eau et l'acide chlorhydrique froid et par la propriété que posséderait la sarcine, h l'exclusion de l'hypoximthine, de n'être pas
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décomposée par l'acide azotique chaud. Il est h présumer que la sarcine est le corps pur, tandis que l'hypoxanthine est un mélange de sarcine et de xanthine, ou de sarcine et d'une autre impureté.
On trouve la sarcine dans l'eau mère de la préparation delà créatine. On ne l'a rencontrée jusqu'à ce jour que dans la ,chair musculaire des boeufs etdes chevaux. 100,000 parties de viande de bœuf donnent 22 parties de sarcine. L'urine humaine renferme aussi un composé qui est peut- être de la sarcine, peutêtre de la guanine C$H$Az50(sarcine 4- AzH).
— I. Préparation. On précipite par l'acétate de cuivre les eaux mères d'où l'on a séparé la créatine (v. créatine) ; on peut remplacer l'acétate de cuivre par l'azotate d'argent, et cela est même avantageux. Le précipité est une combinaison de la sarcine avec l'oxyde ou le sel métallique; il renferme aussi quelques substances étrangères. On le lave à l'eau bouillante sur un filtre, puis on le décompose par un courant d'acide sulfhydrique. Le liquide filtré et convenablement évaporé donne en se refroidissant des cristaux de sarcine impure. Pour la purifier, on la redissout dans l'eau bouillante, on fait bouillir la liqueur avec de l'hydrate de plomb, on filtre, on débarrasse la liqueur filtrée du plomb qu'elle contient, au moyen d'un courant d'acide suifhydrique, on filtre une seconde fois et l'on évapore.
— IL Préparation. La sarcine se dépose de ses solutions aqueuses sous la forme d'une poudre blanche indistinctement cristalline, qui ne fond pas à 150° et qui se décompose à une température plus élevée, avec dégagement d'acide cyanhydrique et sublimation d'un corps blanc qui pourrait être de l'acide cyanurique. Elle se dissout dans 300 parties d eau froide, dans 78 parties d'eau bouillante et dans 900 parties seulement d'alcool bouillant. Ses solutions ne rougissent pas le tournesol. L'acide chlorhydrique, la potasse, la soude et l'eau de baryte la dissolvent plus facilement que l'eau. L'acide sulfurique et l'acide azotique concentré la dissolvent aussi sans se colorer et sans donner lieu à aucun dégagement de gaz. Quand on l'évaporé, toutefois, avec un excès d'acide azotique, à une température un peu élevée, il reste un résidu jaune que la potasse fait virer au rouge. L'hypoxanthine, la xanthine et la guanine offrent aussi cette réaction.
La sarcine forme à la fois des combinaisons définies avec ies acides et avec les oxydes métalliques. Une solution de cette base dans l'acide chlorhydrique bouillant donne des lamelles incolores et nacrées de chlorhydrate C5H*AziO,HCl,H20. Le chloroplatinate (C5H*Az*0,HCl)*PtCl* est un précipité jaune cristallin. L'azotate forme des cristaux transparents qui ressemblent à l'acétate de sodium, deviennent opaques à l'air et sont décomposés par l'eau, qui leur communique un aspect d'un blanc de lait. Le sulfate est précipité par l'alcool d'une solution de sarcine dans l'acide sulfurique concentré. Il forme de petites aiguilles dôcoinposables par l'eau. L'urate de sarcine
CWAz40,C5H*Az*03
se précipite lorsqu'on ajoute de l'urate de potassium à. une solution de chlorhydrate de sarcine. Il est isomère de la xanthine, dont on peut le distinguer par la manière dont il se comporte avec l'acide azotique et la solution d'azotate d'argent. Il donne dans ces conditions un abondant précipité blanc qui se dissout peu à la température de l'ébullition, tandis que la solution nitrique de la xanthine n'est pas précipitée par l'azotate d'argent.
Une solution de sarcine dans l'eau de baryte abandonne le composé
C8H*Az40,Ba"H203
sous la forme de cristaux incolores, sous l'influence d'une solution de baryte saturée à froid. Les solutions potassiques de ce corps sont en grande partie précipitées par l'acide carbonique. Les composés de sarcine et d'oxyde de zinc, de cuivre ou de mercure sont floconneux et insolubles dans l'eau. Avec l'azotate d'argent, cette base forme un précipité insoluble dans l'acide azotique froid et qui cristallise dans le même acide chaud en écailles répondant à lu formule CSH*Az*0,AgAzOS.
Une solution ammoniacale d'azotate ou de chlorure d'argent fait naître dans les solutions de sarcine un précipité gélatineux qui répond à la formule Ci>H*AzK),Ag20. Ce précipita se contracte fortement par la dessiccation; il est tout à fait insoluble dans l'ammoniaque. On peut se servir de ces précipités soit pour purifier la sarcine, soit pour la doser.
SARC1NULE s. f. (sar-si-nu-le — dimin.
du lat. sarcina, fardeau). Zooph. Genre de polypiers pierreux, lainelliferes, voisin des styiines, comprenant une douzaine d'espèces, vivantes ou fossiles.
— Encycl. Ce genre comprend deux espèces vivantes, l'une de l'Australie, l'autre de la mer Rouge. Ce sont des polypiers pierreux, libres, formant une niasse simple et épaisse, composée de tubes réunis. Ces tubes, munis de lames rayonnantes k l'intérieur, sont nombreux, parallèles, verticaux, réunis en faisceaux par des cloisons intermédiaires
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et transverses. Lamarck, qui sépare complètement ce genre, dit que la sarcinule serait un tubipore si l'intérieur des tubes n'éiait garni de lames rayonnantes en étoile, et qu'il se distingue aussi de la styline en ce que les lames rayonnantes de l'intérieur des tubes ne sont point traversées par un axe central et solide. M. Milne Edwards n'est pas de cet avis, car ayant comparé les stylines et les sarcinules, il a cru reconnaître dans tous ces polypiers une structure semblable et regarde comme pouvant tenir à une différence d'âge les variations signalées par Lamarck. En effet, dit-il, les colonnes dont le polypier se compose semblent croître par pousses et changent de caractère au commencement et k la hn de chacune de ces espèces d'étages. Elles sont d'abord tubiforines et lamelleuses comme les astrées ; mais bientôt elles se remplissent, s'étalent et forment ainsi une cloison transverse surmontée d'un mamelon central ; de cette cloison horizontale s'élève un nouveau tube qui à son tour éprouve des modifications analogues, et ainsi de suite ; de telle sorte que le polypier présente tantôt les caractères d'une styline et tantôt ceux d'une sarcinule. L'espèce type de Lamarck, sai'Cinula perforata, a été rapportée de l'océan Austral par Perun et Lesueur. C'est une grande masse pierreuse aplatie, ressemblant à un gâteau d'abeilles et formée par une agrégation de tubes droits parallèles, presque contigus ou à interstices pleins. Ces tubes sont percés à jour et semblent vides; mais leur paroi interna est striée par des lames longitudinales rayonnantes, étroites. La sarcinula organum a, au contraire, des tubes non perforés, garnis de lames rayonnantes plus larges, qui forment des étoiles lamelleuses complètes aux deux extrémités.
SARCIOPHORE s. m. (sar-si-o-fo-re — du gr. sarkion, caroncule; phoros, qui porte). Ornith. Syn. de pluvier.
SARCLABLE adj. (sar-kla-ble — rad. sarcler). Agric. Qui peut être sarclé.
SARCLAGE s. m. (sar-kla-je — rad. sarcler). Agric. Action de sarcler; résultat de cette action : Sarclage: à la main. Sarclage à l'échardonnoir. Sarclage à la binette. Le sarclage à la main se fait te plus ordinairement par des vieillards, Ves femmes et des enfants, parce qu'il n'est pas pénible. (Thouin.) Les betteraves exigent deux Sarclages au moins, et trois dans les terrains humides. (Raspail.) Le travail de sarclagk au printemps est un soin que ne doit jamais négliger un cultivateur. (M. de Dombasle.) < Fn général, tous les sarclages doivent être faits après la pluie lorsque la terre est encore humide. (Bosc.)
— Encycl. Le sarclage consiste à détruire les plantes adventices qui envahissent les cultures, et qu'on désigne sous les noms plus ou moins impropres de plantes parasite» ou de mauvaises herbes; cette destruction s'o-
fière, soit en les arrachant à la main, soit en es coupant entre deux terres avec un instrument tranchant, soit encore par d'autres procédés employés dans des cas spéciaux. Comme ces plantes croissent ordinairement avec la vigueur qui caractérise les espèces spontanées et en quelque sorte inhérentes au sol, il arrive souvent qu'elles dépassent les espèces cultivées, arrêtent le développement de celles-ci, les étouffent, suivant l'expression usitée en agriculture, ou tout au moins les privent d'une grande partie des sucs nutritifs renfermés dans le sol. D'un autre côté, leurs graines, si on les laisse arriver à. maturité, peuvent se mélanger avec celles que l'on récolte, avec les céréales par exemplet altérer la qualité de celles-ci et souvent même occasionner de graves accidents.
Il faut donc, par-dessus tout, pratiquer les sarclages en temps opportun, avant que les plantes qu'on veut extirper aient atteint un grand développement, et surtout avant qu'elles aient mûri leurs graines. Mais, d'un autre côlé, il faut attendre que les plantes cultivées soient bien enracinées et bien fixées au sol ; en opérant de trop bonne heure, ou risquerait d'arracher en même temps une partie de celles-ci. Pour éviter cela, il est bon de pratiquer autant que possible les sarclages après les pluies, pendant que la terre est encore humide, et, quand ils sont terminés, de donner, si l'on peut, un bon arrosemeut, pour tasser le sol, combler les trous et raffermir les racines qui auraient été ébranlées ou déchaussées. Quant à lu saison, on peut opérer pendant presque touie l'année, mais de préférence au milieu du printemps.
Les sarclages sont surtout avantageux pour les cultures qui se font en lignes suffisamment et régulièrement espacées, par exemple dans les jardins maraîchers, les pépinières, les cultures industrielles, les récoltes de racines (betterave, carotte, pomme de terre), qu'on nomme plus particulièrement, pour celte raison, plantes sarclées et qui, dans la plupart des cas, forment la tête de l'assolement. Cette opération est souvent longue, minutieuse et exige beaucoup de soin et d'attention; dans bien des localités, on la fait exécuter par des femmes.
Eu opérant comme nous l'avons dit plus haut, on détruit aisément les plantes adventices annuelles et, si l'on a soin de faire le sarclage avant la maturité de leurs graines,
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on les empêche par cela même de se reproduire. Il n'est même pas toujours nécessaire, pour atteindre ce double but, d'arracher la plante; il suffit souvent d'abattre, à l'aide d'un bâton, d'une faucille emmanchée ou de tout autre engin analogue, la partie supérieure qui porte les fleurs ; c'est ce qu'on fait pour le seigle, pour certains chardons ou pour d'autres plantes peu résistantes qui infestent les blés; la sommité fleurie tombe et se dessèche, et le pied ne tarde pas à succomber.
Par contre, il est d'autres espèces dont le tissu est plus dur et pour lesquelles ce moyen serait inefficace; on emploie alors des procédés plus énergiques et des outils plus puissants; ainsi, pour les grands chardons, on pratique l'éohardonnage à l'aide de l'écbardonnette. Mais ce sont surtout les plantes vivaces qui présentent une grande résistance k la destruction ; il reste souvent dans le sol quelques fragments de racines ou de rhizomes, qui suffisent pour reproduire l'espèce. Il faut donc pour celles-ci réitérer souvent les sarclages, ou mieux encore les remplacer par des labours à la charrue ou k l'extirpateur. Mais le meilleur moyen consiste à adopter un bon assolement, qui fasse suivre les récoltes salissantes par des récoltes nettoyantes ou étouffantes.
• Il est des cas, dit Bosc, où les sarclages sont nuisibles; ce sont ceux où des plantes délicates seraient exposées, dans les premiers jours de leur vie, aux rayons d'un soleil trop ardent, si elles n'en étaient garanties par les feuilles de celles qui sont nées spontanément. Toutes les plantes des forêts, des prés, etc., germent constamment k l'ombre des autres, et dans la culture des plantes étrangères il faut presque toujours ombrer les semis, soit en les plaçant au nord, soit en les couvrant de claies, de paillassons ou de toiles, pour les faire arriver â bien. En général, les agriculteurs, qui ne sont point physiciens, outrent fréquemment l'application des meilleurs principes, parce qu'ils ne voient pas que ce qui est bien dans telle circonstance et jusqu'à tel degré devient nuisible dans telle autre et lorsqu'on l'éteud trop. On ne doit donc ordonner un sarclage qu'après avoir bien combiné ses avantages et ses inconvénients, ce qui n'est pas toujours facile. »
On confond quelquefois le sarclage proprement dit, dont nous venons de parler, avec d'autres travaux qui l'accompagnent souvent, tels que le binage, le rutissage et le serfouissage (v. ces mots). Le résultat de ces diverses opérations est de donner une certaine quantité d'herbes, qu'on ne doit pas laisser perdre; on peut les donner aux bestiaux, ou en faire de la litière, ou tout au moins les ajouter au tas de fumier.
SARCLER v. a. ou tr. (sar-clé — lat. sarcutare; de sarrire, sarcler). Agric. Débarrasser des herbes nuisibles, soit en les arrachant avec la main, soit en les coupant entre deux terres avec un instrument : Sarcler un champ. Sarcler des laitues. Dans la culture par assolements variés et réguliers, jamais on ne sarcle. (Bost/.) Ayez soin de faire sarclkr souvent un sol cultivé, soit avec la main, soit avec la binette. (Raspail.)
— Fig. Détruire, supprimer : L'on passe une bonne partie de sa vie à sarcler ce que l'on a laissé pousser dans son coeur pendant son adolescence, (Balz.)
SARCLET s, m. (sar-klé — rad. sarcler). Agric. Syn. de Sarcloir.
SARCLEUR, EUSE s. (sar-kleur, eu-ze — rad. sarcler). Agric, Ouvrier, ouvrière que l'on emploie k sarcler : Il arrive assez souvent que les sarclures servent de salaire aux sarcleurs. (Morogues.) Un enfant avec un cheval fera plus de travail en une demi-journée qu'une douzaine de sarcleuses eu une journée. (Morogues.)
Sarcleuae* (les), tableau de Jules Breton. Dans une vaste plaine, quelques femmes courbées vers la terre et marchant presque sur les genoux arrachent les mauvaises herbes d'un champ ; elles se hâtent de terminer leur pénible besogne, car la nuit va bientôt venir ; le soleil, sur le point de disparaître derrière la ligne d'horizon, ne montre plus que la moitié de son disque rouge, et déjà, dans le ciel pâlissant, brille le croissant de la lune. Une des sarcleuses s'est relevée près du fardeau d'herbes qu'elle a formé et se tient debout, au second plan, les deux mains derrière la taille, dans cette pose de détente familière aux personnes qui sont restées longtemps inclinées. « Dans une muette contemplation instinctive, dit M. Maxime Du Camp, cette femme regarde vers l'orbe éclatant, déjà presque disparu; elle semble ainsi la prêtresse du travail disant sa prière intérieure au soleil, père de toute fécondité. La couleur de ce tableau est excellente, harmonieuse, suris détonnation, malgré les tons du soleil couchant qui conviaient k quelque violence. La ligne est très-pure, sans mièvrerie comme sans brutalité ; de plus, il y a dans toute cette toile ur sentiment de sainteté et de recueillement qui émeut et fait songer; c'est presque un tableau religieux. » Cette belle toile, ai^iièe : Jules Breton, Courrières 1860, a paru au Salon de 1861 et a été réexposée en 1867; elle fait partie de la collection du comte T. Duchâtel.
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SARCLOIR s. m. (sar-kloir — rad. sarcler). Agric. Instrument dont on se sert pour sarcler.
SARCLURE s. f. (sar-klu-re — rad. sarcler). Mauvaises herbes que l'on arrache en sarclant : Les Sarclohbs des champs et des jardins se ramassent pour servir de nourriture aux bestiaux Qu'on entretient dans les élables. (Morogue:i.) Les sarcleurs se traînent à genoux sur .'es planches avec un panier propre à recevoir lus «VRclures, (Morogues.)
SARCO préfixe qui signifie chair, et qui vient du grec sarx, même sens.
SARC03ASEs. m. (sar-co-ba-ze — du préf.
sarco, et de base). Bot. Fruit à gynobase charnu, portant cinq ou un plus grand nombre de ioj;es très-distinctes, comme dans fes oohnacée;i et les simaroubées.
SARCOBIE s. f. (sar-kobl — du préf. sarco, et du gr. bks, vie). Entom. Qui vit de matières animales.
SARCOCALYX s. m. (sar-ko-ka-liks — du préf. sarco, et du gr. kah'x, calice). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des légumineuses, tribu des lotées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent au Cap de Bonne-E.spèrance.
SARCOCAFNOS s. m. (sar-ko-ka-pnoss — du préf. sarco, et du gr. kapnos, fumeterre). Bot. Genre de plantes, de la famille des fumariaoées, dont les principales espèces croissent dans la partie occidentale du bassin méditerranéen.
SARCOCARPE adj. (sar-ko-kar-pe — du préf. sarco, et du gr. karpos, fruit). Bot. Dont le icmt est charnu.
— s. ni. Nom donné par quelques auteurs au mésojarpe, parce que cette partie est souvent charnue : Les fruits gui sont pourvus d'un sarcocarpe épais et succulent sont tow jours plvs ou moins acerbes avant la maturation. (Guersent.)
— s. n. pi. Famille de champignons.
SARCOCARP1EN, IENNEadj. (sar-ko-karpi-ain, i-è-ne — rad. sarcocarpe). Bot. Qui est charnu, qui a un sarcocarpe. il Se dit des champignons charnus.
SARC3CARPON s. m. (sar-ko-kar-pon — du préf. sarco, et du gr. karpos, fruit). Bot. Syn. de radsura.
SARCOCÈLE s. m, (sar-ko-sè-le — du préf. sarco, et du gr. kélé, tumeur). Pathol. Tumeur sclide, formée par le testicule ou ses annexes.
— Encycl. Le sarcocèle, qu'il ne faut pas confondre avec l'hydrooèle, quoiqu'il en soit souvent accompagné , et qui est une affection beaucoup plus grave, a son siège le plus ordinaire dans un des testicules. Les anciens avaient déjà reconnu que le sarcocèle pouvait exister primitivement dans le corps même de cet organe ou sur sa membrane appelée épididyme, ou sur l'un et l'autre en même temps; mais ils n'étaient point^ entrés dans l'étude de la matière intime de l'altération organique qui le constitue et qui présente dis variations presque intimes. Les modernes y ont trouvé, en proportions et en combinaisons diverses, toutes les productions analogues, squirre, encéphaloïde, mélanose, etc. Cependant on peut en distinguer tiois sortes parfaitement caractérisées, 1 une cancéreuse à proprement parler, l'autre tuberculeuse et la troisième syphilitique, dont les symptômes, les moyens thérapeutiques et les terminaisons présentent de notables différences. Si, d'autre part, le sarcocèle du testicule est le sarcocèle proprement dit, la tumeur sarcocélique peut aussi avoir pour siège certaines parties voisines des testicules et constitue des variétés de la même maladie, que nous passerons successivement en revue après que nous aurons étudié les trois sarcoci'Ues des testicules, le cancéreux, le tuberculsux et le vénérien :
10 Sarcocèle cancéreux. Il peut être de nature squirreuse, encéphaloïde ou épithéliale. L'enctphaloïde est le plus fréquent; ordinairement indolent au début, il n'attire d'abord l'attention des malades que par son volume et son poids incommodes. Dès que la masse morbide se ramullit, le testicule devient le siège de douleurs lancinantes; il se bosselé par places, se déprime ailleurs et laisse percevoir de la fluctuation. La peau s'altère, devient variqueuse et finit par adhérer aux parties sous-jacentes. La tumeur grossit rapidement et prend quelquefois le volume d'une tête de fœtus. Elle finit par suppurer, et le mal se propage au cordon et aux ganglions lombaires. Dans d'autres cas, le testicule subit la dégénérescence squirreuse et la maladie revêt la forme atrophique. Plus rarement, c'est la dégénérescence épithéliale, et ce'le-ci est toujours alors consécutive à une altération identique du scrotum.
Le sarcocèle cancéreux s'observe ordinairement chez les adultes, et les deux testicules y sont également exposés; mais, presque toujoais, il n'en attaque qu'un, l'autre restant Sain. Toutes les causes d'irritation aiguë ou chronique de ces organes peuvent amener cette maladie ; mais ces causes ne les déterminent pas sans une prédisposition cachée à la dinthèse cancéreuse, qui est souvent héréditaii e. Le plus ordinairement, le cancer commente par le corps du testicule et présente
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diverses périodes dans son développement. Le testicule augmente de consistance et de volume en conservant sa forme ovoïde ; des douleurs peu vives encore se font sentir dans la direction du cordon, qui est plus ou moins tiraillé, et retentissent dans la région lombaire (squirre indolent) ; bientôt la tumeur devient inégale et bosselée ; elle perd sa forme ovoïde, devient irrégulière et plus volumineuse ; alors appnraissentdesdouleurs lancinantes, semblables à celles que produirait une aiguille acérée en traversant rapidement le testicule (cancer occulte); plus tard, les veines deviennent variqueuses; la peau s'amincit, adhère au sommet des bosselures qui deviennent fluctuantes, s'ulcère enfin, et 1 ulcération, à bords renversés, présente l'aspect hideux des ulcères cancéreux (cancer-ulcère).
Une chose digne de remarque, c'est que la peau, dans ce sarcocèle, ne s'ulcère, en général, qu'à une époque fort avancée du mal et beaucoup plus tard, par exemple, que dans le cancer"des mamelles. Cette différence tient probablement à ce que la tumeur, séparée de la peau par plusieurs tuniques, reçoit tous ses vaisseaux de l'intérieur de la cavité abdominale et n'a que peu de connexion avec les téguments. C'est sans doute par suite de cette même disposition que le cordon spermatique s'engorge, au contraire, très-proinptement, circonstance grave dans le pronostic du sarcocèle. La dégénérescence cancéreuse de ce cordon s'annonce par de la dureté, par des nodosités, par l'immobilité dans l'anneau, par des douleurs et par de la sensibilité au toucher. On observe encore les caractères anatomiques suivants selon les périodes. Dans la première, tissu squirreux et tissu encéphaloïde à leur degré de crudité, formant une masse lardacée sur certains points de laquelle on rencontre des portions de la substance du testicule devenues plus friables; dans les autres périodes, ces- tissus se ramollissent ; quelquefois apparaît une substance molle, transparente et analogue à de la gelée de viande ou de groseilles ; c'est le squirre gélatiriiforme ou colloïde de Bayle ou de Laennec. Quelquefois enfin se développe un tissu érectile accidentel, un fongus hématode du testicule. Des altérations tout à fait analogues s'observent le long du cordon des vaisseaux spermatiques; elles s'étendent au bassin, sur les côtés de la colonne vertébrale, dans les ganglions, le mésentère, etc. Roux a vu les masses cancéreuses pénétrer dans la poitrine, en suivant l'œsophage, et se porter jusquà la partie supérieure du thorax.
A tous ces phénomènes locaux du sarcocèle cancéreux ne manquent pas de se joindre les phénomènes généraux; la santé s'altère, l'appétit se perd, les organes digestifs ne fonctionnent plus régulièrement, la peau du visage prend une teinte jaune paille, les membres inférieurs s'infiltrent, l'amaigrissement fait des progrès, le malade présente tous les phénomènes de la cachexie cancéreuse, et enlin il succombe à un marasme affreux augmenté par les hémorragies de la Surface des ulcères.
La castration est le seul mode de traitement auquel on puisse songer contre le vrai sarcocèle cancéreux, et encore est-elle rarement suivie de succès.
2» Sarcocèle tuberculeux. Ce sarcocèle résulte du développement de tubercules dans le testicule, lesquels ont ordinairement leur point de départ dans l'épididyme, c'est-à-dire clans un conduit de 10 mètres de longueur, mais replié ^ur lui-même, formant la membrane enveloppante de la partie supérieure du testicule et formé de la réunion des vaisseaux séminifères. Ces tubercules, si le sarcocèle n'est vraiment que tuberculeux, n'ont aucune tendance à la dégénérescence cancéreuse. De plus, cette affection tuberculeuse reste ordinairement bornée au testicule et ne s'étend point au delà, sans doute parce que le temps ne lui en est pas laissé, attendu que l'extirpation ou la destruction de l'organe se fait auparavant. La tumeur présente d'abord des bosselures arrondies , saillantes, de petites tumeurs isolées, sans douleurs lancinantes, et indolentes à la pression. On sent, au toucher, que l'organe est criblé de corps étrangers résistants. Au bout d'un certain temps, ces tubercules se ramollissent et provoquant dan3 le tissu périphérique un travail phlegmasique douloureux. La peau des bourses ne tarde pas à contracter des adhérences avec le testicule ; bientôt elle s'ulcère ; de petits abcès se forment, s'ouvrent et laissent sortir une matière tuberculeuse avec des vaisseaux sèminifères ; ce sont les collections purulentes de l'intérieur de l'organe, entraînant avec elles les parties de l'organe lui-même. Le plus ordinairement il reste des fistules spermatiques et purulentes qui persistent, sans s'aggraver, jusqu'à ce que la matière tuberculeuse soit complètement éliminée; c'est alors seulement que les parois se cicatrisent, mais la glande séminale a disparu et le sujet n'a plus son testicule.
Cette maladie n'a aucune cause connue. Il en est ainsi, du reste, de toutes les espèces de tubercules, aussi bien des tubercules du testicule que des tubercules du poumon et des autres organes. Ces produits hétéromorphes se développent plutôt, au commencement, dans l'épididyme que dans le tissu
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propre de la glande séminale. Le sarcocèle tuberculeux peut se prolonger pendant plusieurs années. Sa gravité est bien évidente, puisqu'elle compromet tôt ou tard les fonctions du testicule, qu'elle peut donner lieu à une suppuration abondante, et enfin parce qu'elle est, chez beaucoup de sujets, l'indication d'une mauvaise constitution ou même d'une tuberculisation pulmonaire. Les malades devront suivre scrupuleusement les lois de l'hygiène , éviter toute fatigue et tout excès et employer tous les moyens analeptiques possibles. Des onctions résolutives seront faites sur les bourses, et, si la suppuration survient, les abcès et les fistules consécutifs seront traités par des injections cicatrisantes avec le vin, la teinture d'iode ou d'autres préparations alcooliques. La castration peut être utile comme ressource extrême et seulement lorsque les malades n'ont plus aucune chance de conserver leurs testicules.
30 Sarcocèle syphilitique ou vénérien. On nomme ainsi des engorgements chroniques du testicule liés à l'affection syphilitique. Comme la cause en est connue, c'est le moins grave des sarcocèles, s'il est permis de de dire qu'un sarcocèle ne soit point toujours d'une terrible gravité. Ces engorgements affectent le parenchyme même de l'organe, qui double de volume et devient d'une dureté remarquable. Avant que la tumeur ait atteint son maximum de développement, ou au moment où elle semble diminuer, quelquefois l'autre côté se prend. Selon M. Ricord, le tissu testiculaire, après avoir subi cette atteinte syphilitique, se transforme en tissu fibreux, cartilagineux et osseux. Le début du sarcocèle vénérien s'annonce par des douleurs gravatives et principalement nocturnes le long de la région lombaire. Un peu plus tard, l'attention des malades est attirée par des tiraillements, de légères douleurs, de la pesanteur ou du gonflement au testicule, ce qui tient non-seulement au sarcocèle, mais encore à un épanchement de liquide dans la tunique vaginale. Les fonctions génitales s'affaibiissent; la propension aux rapprochements sexuels devient moins marquée et à une période plus avancée, si les deux testicules sont pris, l'examen du sperme y démontre l'absence de spermatozoïdes. Le sarcocèle syphilitique est de volume variable et, comme nous venons de le dire , entouré de liquide; il y a donc hydrocèle, et, à travers cette hydrocèle, on peut sentir l'épididyme et le corps des testicules qui sont indurés et bosselés par places; l'épididyme est comme pelotonné sur lui-même de la tête à la queue; sa surface, albuginée, offre de petites élévations dures, nées du tissu même de cette membrane enveloppante; elle est épaissie, recouverte de dépôts stratifiés d'une lymphe plastique. Il faut bien se garder de prendre ces petits corps durs pour des tubercules et de confondre, par conséquent, le sarcocèle vénérien avec le tuberculeux; la distinction en est assez difficile et assez importante pour qu'il soit bon de mettre ici en parallèle ces deux sarcocèles.
Dans le tuberculeux, les tubercules se détachent davantage du corps du testicule à travers l'albuginée amincie; dans le syphilitique, cette albuginée est épaissie. Les antécédents ont une grande valeur pour l'élucidation du diagnostic : des chancres précèdent le testicule syphilitique; des traces de scrofules peuvent aider à reconnaître le testicule tuberculeux. Dans le testicule syphilitique parvenu à une certaine période, il y a presque toujours une hydrocèle; c'est la règle commune, et l'absence de l'épanchement doit être considérée comme une exception. Dans le testicule tuberculeux, l'absence du liquide est la règle et sa présence forme l'exception. Les tubercules arrivent plus ou moins vite à la période de ramollissement; alors les tubercules s'isolent, se circonscrivent; la peau devient de plus en plus adhérente à leur niveau; elle s'amincit, se perfore, etc. Dans le testicule syphilitique, les couches plastiques qui composent la tumeur augmentent en se stratifiant, ne se ramollissent jamais, vont toujours croissant; la peau est toujours saine , sans adhérence : c'est le contraire pour ,les tubercules. Dans le testicule tuberculeux, eu touchant, par le rectum, la prostate, les vésicules séminales offrent aussi le plus souvent des altérations analogues; rien de semblable dans le syphilitique, à moins de complications. Les deux testicules sont plus fréquemment affectés dans le testicule syphilitique , et le plus souvent un seul est malade, au moins d'abord, dans le testicule tuberculeux. Dans le premier, les fonctions génitales conservent toute leur vigueur; la sécrétion et l'éjaculation du sperme sont abondantes. Dans le second, ces importantes fonctions languissent et meurent bientôt après avec le progrès de l'évolution tuberculeuse. Dans le testicule vénérien, l'altération siège dans l'albuginée. Le tubercule naît, se développe et suppure dans le parenchyme même de la glande séminale, qu'il détruit plus ou moins complètement. L'une de ces affections est curable par l'iodure de potassium et le traitement antisyphililique, ainsi que l'hydrooèle concomitante. L'autre se joue de tous les moyens et marche sans cesse vers une fâcheuse terminaison. Toutes deux ont cela de commun qu'elles surprennent les malades
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dans la plénitude de leurs fonctions génitales, c'est-à-dire de vingt-cinq à quarante ans.
Abandonné à lui-même, le sarcocèle vénérien tend incessamment à faire des progrès ; mais si l'art intervient à temps, la sécrétion plastique qui s'opère dans le tissu glandulaire s'arrête et l'organe prolifique récupère ses fonctions. Le traitement à employer est celui de la syphilis confirmée: il faut administrer les mercuriaux, si cela n'a pas été fait auparavant, et recourir de bonne heure aux préparations iodées, notamment k l'iodure de potassium. On fera en même temps sur la tumeur des applications résolutives d'onguent mercuriel ou d'emplâtre de oigue. Mais si l'emploi des résolutifs, des frictions mercurielles iodurées n'a pas eu lieu à temps et si on a laissé le mal arriver à son développement complet, au point qu'il tourne au cancer, alors il ne reste plus, lorsque la nature cancéreuse de la tumeur n'est plus douteuse, qu'une ressource, la castration.
Nous avons encore h. passer en revue d'autres espèces de sarcocèles. Commençons par faire observer que les sarcocèles cancéreux et syphilitiques se compliquent très-souvent de différentes affections et spécialement de l'hydroeole, ce qui constitue l'hydro-tfarcocèle, première de ces variétés qu il est bon d'enregistrer. Les autres sont le sarcocèle de la peau, te sarcocèle du tissu cellulaire, le sarcocèle du cordon spermatique et le sarcocèle de la tunique vaginale. Après les explications qui ont été données, nous n'aurons que quelques mots à dire de chacune de ces affections.
1" Le sarcocèle de la peau n'est autre que le cancer dit des ramoneurs, qui, décrit la première fois par Patt, n'a guère été observé qu'en Angleterre, où il parait tenir à l'action particulière qu'exerce sur la peau des bourses la suie du charbon de terre. Il commence par la partie inférieure du scrotum, sous la forme d'une ulcération superficielle de mauvais aspect que l'on appelle le poireau de la suie. En peu de temps, les tissus sousjacents et le testicule lui-même sont envahis, et ta mort a lieu si on ne secourt pas le malade.
2° Le sarcocèle du tissu cellulaire des bourses consiste dans des tumeurs qui n'affectent que ce tissu et qu'a étudiées Larrey. Cette espèce est aussi rare chez nous qu elle est fréquente en Afrique, dans l'Inde et en Egypte. La tumeur est ordinairement pyramidale à son sommet, répond au pubis, est d'un volume considérable et même quelquefois énorme. Cette tumeur est indolente , sans inflammation, sans rougeur; à mesure qu'elle se développe, elle attire sur elle, pour s'en couvrir, la peau des parties voisines; la verge, dès lors, disparaît et ne présente plus qu'un petit mamelon d'où s'écoule l'urine. Les altérations du tissu cellulaire, dans ce cas, sont encore peu connues; mais il est démontré que le testicule, au centre de la tumeur, reste sain durant toute la première période, ce qui suffit bien pour constituer un variété particulière de sarcocèle; ce n'est que dans la seconde période de la maladie que la dégénérescence envahit aussi cet organe. On ne doit pas confondre, d'ailleurs, ce sarcocèle avec l'éléphautiasis ou mal des Barbades, que l'on observe si fréquemment en Egypte et que l'on nomme aussi mat des Arabes.
3» Le sarcocèle de la tunique vaginale consiste, selon Roux, en ce que cette membrane est quelquefois transformée en une substance épaisse, blanchâtre, compacte et contenant ç> et là dans son épaisseur de petits foyers remplis de pus ou d'un liquide sanieux, en même temps que sa surface interne se couvre de fongosités rougeâtres ; i'. ne faut pas confondre Te sarcocèle de la tunique vaginale avec le simple épaississement de cette membrane ou le dépôt de couches albumiueuses, phénomène que l'on observe quelquefois dans l'hydrocèle. Ce sarcocèle se confond le plus souvent, quant à ses S3'mptômes, avec le sarcocèle proprement dit du testicule.
40 Le sarcocèle du cordon testiculaire est le cancer du testicule fixé dans cette partie. La tumeur s'étend alors, soit du côté du testicule, soit du côté de l'abdomen. En général, le sarcocèle du cordon est tout à fait semblable à celui du testicule; seulement sa marche paraît plus rapide et ce n'est guère que pour le faire remarquer que nous le signalons ici.
Enfin, on distingue encore le3 sarcocèles cystiques ou kystes du testicule, dont la description et le traitement sont donnés à ce dernier mot. V. testicule.
— Art vétér. Chez les animaux, cette maladie doit être considérée comme la suite ou le résultat des inflammations du testicule passées à l'état chronique , inflammations qui peuvent être déterminées, dans le cheval de trait notamment, par de violentï efforts pour traîner de trop lourds fardeaux dans les terres fortes ou ramollies ou sur de mauvais chemins. Chez tous les animaux, les causes les plus ordinaires du sarcocèle sont, outre les violences, les contusions, les froissements exercés sur les testicules, des piqûres d'insectes ou d'animaux venimeux, l'application intempestive de substances irritantes sur les engorgements inflammatoires des testicules et de leurs enveloppes, en uu