CULO-TEMPORAIRE
TEMPORO-VERTÉBRAL adj. m. (tan-poro-vêr-té-bral — du lat. tempus, tempe, et de vertébral). Anat. Se dit d'un muscle appelé
aussi PETIT COMPLEXUS.
— Substantiv. : Le temporo-vertébral.
TEMPS s. m. (tan — lat. tempus, proprement saison. Ce mot parait représenter le sanscrit lapas, tapasas, proprement la saison chaude, la saison de la chaleur; de la racine tap, brûler, Chauffer). Durée limitée, par opposition à l'éternité : Celui qui dans /«temps est si opulent viendra pauvre et vide à l'éternité. (Boss.) Le rapport de la cause à l'effet ne peut être conçu que dans le temps. (Royer- Collard.) Le caractère du temps est la mobilité, comme l'immutabilité est celui de l'éternité. (L'abbé Bautain.) Toute religion née dans le temps est, par cela même, une religion fausse. (Le P. Ventura.) Si tout était immobile, il n'y aurait pas de temps. (J. Simon.) Le temps est l'ordre de succession, comme l'espace est l'ordre de contiguïté. (J. Simon.) Le temps se résout dans l'éternité, comme l'espace dans l'immensité. (V. Cousin.)
Le temps, cette imago mobile Do l'immobile éternité*.
J.-B. Rousseau.
— Durée limitée, considérée au point de vue de ses effets, des changements qu'elle produit : Le plus grand ouvrier de la nature est le temps. (Buif.) Il n'y a rien dont le temps ne vienne à bout. (De Rancé.) Imitez /«tkmps, il détruit tout avec lenteur; il mine, il use, i't détache et n'arrache pas. (J. Joubert.) Le temps change tout, et l'on ne peut pas plus se soustraire à ses lois qu'à ses ravages. ((Jhateaub.) Le temps peut avoir des couches laborieuses, mais il n'avorte jamais. (Lamenn.) Les partis les plus emportés et les plus obstinés n'échappent point à l'action du temps. (Guizot.) Le temps, qui moissonne les vivants, disperse jusqu'à la cendre des morts. (A. Fée.) Le temps est le grand agent des choses humaines. (E. Scherer.)
Hâtons-nous, le temps fuit et nous traîne avec soi.
Boileau.
La main lente du temps aplanit les montagnes.
Voltaire.
Sur les mondes détruits le temps dort immobile.
Gilbert.
Le temps et les devoirs rendent enfin traitablo La plus iarouohe humeur et la plus indomptable.
Rotkou.
Le temps, qui donne à tout le mouvement et l'être, Produit, accroît, dijtruit, fait mourir et renaître.
PlBRAC
Les fards ne peuvent faire
Que l'on échappe au temps, cet insigne larron.
La Fontaine.
Jusque sous ses haillons desséchés et poudreux, Elfrangés par le temps, cardés par la misère, L'Arabe qui mendie a l'air d'un Bélisaire.
Barthélémy.
— Durée limitée, considérée au point de vue de l'usage qu'on en fait : Employer le tumps. Economiser le temps. Le temps bien ménagé est plus long que n'imaginent ceux qui ne savent que le perdre. (Fonten.) C'est le ion usage du temps qui nous donne droit à ce qui est au-dessus du temps. (Boss.) Il nous reste toujours assez de temps pour ne savoir qu'en
TEMP
faire. (Mass.) Ceux qui emploient mal leur temps sont les premiers à se plaindre de sa brièveté. (La Bruy.) Il faut être plus avare de son temps que de son argent. (Christine de Suède.) Soyons avares du temps; >ie donnons aucun de nos moments sans en recevoir la valeur. (Le Tourneur.) Toute perte de temps se traduit par une diminution de la fortune pu blique. (E. de Gir.) Tout notre temps est pris par les besognes de notre destinée mortelle, (J. Simon.) L'homme met plus ou moins de temps à découvrir les choses dont il a besoin, mais il y réussit toujours. (A. Maury.)
— Durée, succession des choses personnifiée :
On fait beaucoup de bruit, et puis on se console ; Sur les ailes du temps la tristesse s'envole.
Il est des maux que sur ses ailes Le temps lui seul peut emporter.
Laciiamdeaudie.
— Age, époque, siècle : Au temps de César. Dans les temps anciens. Tous les temps ont produit des héros. (Volt.) Les institutions dépendent des temps beaucoup plus que des hommes. (B. Const.) Notre temps vaut mieux que les hommes et te temps qui nous ont précédés, et cela tout naturellement, par le progrès de la raison et de la civilisation. (Chateaub.) Le temps des individualités universelles n'est plus. (Chateaub.) Les temps font les nommes, et les hommes ensuite réagissent sur leur temps. (Lamenn.) C'est une prétention un peu orgueilleuse de vouloir redresser les idées de son temps. (Guizot.) L'idée dominante des temps modernes est le droit de l'homme à la liberté. (Latena.) Le temps des hommes qui faisaient le destin d'une nation est passé sans retour. (Saint-Marc Gir.) Le socialisme est de tous les temps. (S. de Saey.) La houille est ta substance même des végétaux gui ont vécu dans les temps les plus reculés. (L. Figuier.) La liberté est le seul code religieux des temps modernes. (E. Renan.)
Au temps où nous vivons,on ne fait rien pour rien.
C. Delavjodb, La pipe est du vieux temps, le cigare est nouveau.
Barthélémy.
Dans quel temps, en quel lieu de la terre habitée, La puissance de l'or fut-elle contestée?
Viennet.
— Epoque actuelle : Ne rien exclure, tout accepter, tout comprendre, c'est là le propre du temps. (V. Cousin.) C'est une des manies du temps d'avoir toujours l'air d'être bien informé. (Mme E. de Gir.)
— Epoque principale, où l'on s'est surtout distingué, où l'on a particulièrement agi : En mon temps, les choses se passaient tout autrement. N'avez-vous pas, dans votre temps, fait des fredaines comme les autres? (Mol.)
— Moment, occasion : Choisir son temps. La sagesse ne consiste pas à faire les choses promptement, mais à les faire dans le temps qu'il faut. (Boss.)
Chaque chose a son temps, il faut savoir le prendre.
Grécourt.
Conformez-vous au temps, conformez-vous aux lieux.
Voltaire.
Aux changements des temps il faut plier nos mesura.
Angelot.
Il est un temps pour la sagesse, Il en est un pour les amours.
Voltaire.
— Circonstances, occurrence : Temps de calme. Temps de trouble. Temps de guerre. Temps de paix. Il est du bon sens de s'accommoder du temps oïl l'on se trouve. (Saintfivrem.) Les tkmps de révolution sont des temps d'idolâtrie comme de haine. (Guizot.) S'il est vrai qu'il n'y ait pas de plus grande peine que de se rappeler un temps heureux dans la misère, il est aussi vrai que l'âme trouve quelque bonheur à se rappeler, dans un moment de calme et de liberté, les temps de peine ou d'esclavage. (A. de Vigny.) J'ai peu de goût pour les gens de guerre en temps de paix. (V. Hugo.)
Hétas! nous existons dans un temps de misère,
Un temps a nul autre pareil, Où la corruption ronge et pourrit sur terre
Tout ce qu'en tire le soleil.
A. Barbier.
Un jour, une actrice fameuse Me contait les fureurs de son premier amant ;
Moitié rêvant, moitié rieuse.
Elle ajouta ce mot charmant :
«OhJ c'était le bon temps, j'étais bien malheureuse !■