NOIX
— De la tête aux pieds, Sur tout le corps ; de haut en bas : Il est boueux de la tête aux pieds. Il me regardait de la tête aux pieds. Il vous toise les gens de la têtu aux pieds.
— I Sur la tête de, A la charge, au profit, à la disposition, sous le nom de : Il a ?>ti's ses tiens sur la tête de sa femme, pour les dérober à ses créanciers. Il a mis une rente viagère de 2,000 francs sur la tète D'un fils illégitime. Celte rente passera sur la tête des enfants, à la mort de leur mère.
lies titres, ies honneurs sur ma tête amassés Sur celle de mon fils étaient encore placés.
De Bellot.
Il Avoir tant d'années sur sa tête, Etre âgé de tant d'années : ./'ai quatre-vingt-deux ans sur MA tête. La marquise était encore plus laide que vieille, quoiqu'elle eût soixante; bonnes années sur la tète. {Le Sage. ) il Loc. vieillie.
— Deux têtes dans un bonnet, dans un même bonnet, Deux volontés parfaitement unies, et plus souvent Deux personnes qui n'ont qu'une volonté: Ce sont deux têtes dans un bonnet.
— Lever la tête, La renverser en arrière, en levant le menton, il Se montrer, révéler son influence : Ce pnrti n'osa plus lever la tête. Vous commencez à lever la tète. (Boss.)
— Lever la tête, Marcher tête levée, Agir sanscrainte ou sans honte : Je puis lever la tète, car rien ne me force à rougir. Je puis aller partout tête levée. Le crime va tête levée, la vertu rougit et secache. (Mass.)
— Baisser la tête, L'incliner en avant, en abaissant le menton : Baisse la tête," fier Sicambre, disait saint liemy à Clovis. Il Rougir, avoir honte : Vous devriez baisser la tête, malheureux.
— S'en aller tête baissée, Se retirer avec confusion : Ils s'en allèrent tête baissée après être arrivés bien fiers.
■— Courber la tête, L'incliner en avant, en faisant suivre ce mouvement aux épaules : Il faut courber la tête pour passer sous cette porte. Il Se soumettre, malgré le sentiment qu'on a de son droit à résister : Il fallut courber la tête et se taire.
— Courber la tête sous le joug, Se soumettre à une autorité tyrannique.
— Donner, piquer une tête, Se jeter dans l'eau la tête la première, par comparaison avec une épingle qu'on pique dans une pelote : /( a piqué une tête dans la rivière. Il Tomber sur la tête : Il piqua une tête au milieu de la rue.
— Faire sa tête, Se donner des airs : Malaga portait de jolis biais, faisant parfois sa tête (admirable expression populaire) en voiture, au bois de Boulogne, où ta jeunesse élégante commençait à la remarquer. (Balz.) Il Génin croit que cette expression a pris naissauce dans les ateliers des peintres. Un apprenti qui en a fini avec les nez, les yeux, les bouches et les oreilles passe à l'ensemble et travaille à faire des têtes; à partir de ce jour, il est artiste, il fait le fier, l'important, il fait sa tête. Cette explication nous paraît forcée.
— Avoir la tête dans les épaules, Avoir le cou excessivement court.
— Auoîr la tête lourde, pesante, embarrassée, Eprouver dans !a tête une sorte de douleur sourde qui produit un sentiment de lourdeur, d'embarras.
— Avoir des chambres vides, des chambres à louer dans sa tête, Avoir des lacunes dans son intelligence.
— Atiot'r quelqu'un en tête, L'avoir pour concurrent, pour adversaire : Turenne avait eh tête Monlecuculli.
— Avoir du travail, des affaires par-dessus la tête, En avoir plus qu'on n'en peut fuire.
— En avoir par -dessus la tête, Etre harassé, fatigué, ennuyé de quelque chose ou de quelqu'un.
— Ne savoir où donner dt la tête. Ne savoir que devenir; ne savoir da quoi s'occuper d'abord : J'ai tant de tr-avail que je ne sais plus où donner dk la tête. Il ne sied à
TETE
^personne de faire le fier, encore moins à un homme gui n'a pas le sou et qui ne sait où donner de la tête. (Le Sage.)
— Donner de la tête contre les murs, contre un mur, Tenter une entreprise absurde, impossible.
— Porter, donner, monter à la tête, Causer une sorte de trouble dont la sensation se manifeste surtout à la tête : Le vin lui avait porté A la tête. Les vapeurs du chlore me montèrent à la tête et je me sentis défaillir. Oui, le vin pur monte a la tête. (Mol.) Tout ce vin de Champagne me porte a la tête. (Scribe.)
Qu'avez-vous donc, monsieur, et quel est ce vertige Qui vous monte d la tète f...
Molière.
— Laver la tête à quelqu'un, Le réprimander fortement : Je vous promets de lui laver la tête. Le marquis fut ou parut fort en colère contre son intendant, dit qu'il lui laverait la tête et qu'il prétendait que je fusse payé régulièrement de quartier en quartier. (Le Sage.)
— Crier, chanter à pleine tête, à tue-tête, du haut de sa tête, Déployer en chantant ou en criant tontes les forces de sa voix : Pour chanter, il n'est pas nécessaire de crier à tuetête. Il était déjà sur pied et chantait k pleine tête, en apprêtant ses mules. (Le Sage.)
Et cette autre personne honnête Crlrait tout du haut de sa lêle.
La Fontaine.
Il La dernière expression est presque inusitée.
— Jeter à la tête, Céder à vil prix : On se jetait aujourd'hui le gibier À la tète, tant il abondait sur le marché. || Jeter quelque chose à la tête de quelqu'un, Offrir quelque chose à. quelqu'un, sans qu'il ait témoigné le désir de l'avoir : Je donne mon argent quelquefois, mais je ne le jette pas k la tète des yens.
. . Je vis, par les vers qu'd la tête il nous jette. De quel air il fallait que fût fait le poète.
Molière.
Il Se jeter à la tête de quelqu'un, Lui faire des avances excessives : Ayez un peu de dignité, et ne vous jetez pas comme cela k la tête des gens qui ne veulent pas de vous. Les femmes qui se jettent a la tête des hommes se trouvent bientôt sous leurs pieds. (MUe de L'Espinasse.)
— Faire, tenir tète à quelqu'un, Ne point lui céder ; l'attendre de pied ferme : Je me sens incapuble de lui tenir tète à boire. Vous avez un corps de fer; on ne peut pas vous tenir tête. (Mme de Simiane.) Un vieux sanglier s'arrête souvent pour faire tète aux chiens. (Buff.) Le chaussetier paraissait déterminé à tenir tête au roi. (V. Hugo.) il Faire, tenir tête à quelque chose, Ne s'en pas laisser déborder ; faire face à toutes les difficultés qu'une chose peut présenter :
Nous ferons tête à tout, et de cette aventure Je conçois dans mon cœur un favorable augure.
Kegnard.
Il Faire, tenir tête à l'orage, Montrer de la fermeté, ne pas reculer dans des circonstances dangereuses.
— Mettre un homme en tête à quelqu'un, Le lui opposer, lui en faire un adversaire : Je lui ai mis en tête un homme qui le vaut bien.
— Perdre la tête, Porter sa tête sur l'échafaud, Mourir sur l'échafaud de la main du bourreau.
— Perdre la tête, Perdre la raison, devenir fou : La gouvernante, cette brave femme qui est toujours si prudente, il parait qu'elle a perdu j.a tête. (X. Marinier.)
— Mettre une tête à prix, Promettre une récompense à celui qui tuera une personne désignée.
— Fendre, briser la tête à quelqu'un, L'étourdir par de grands cris ou un grand bruit : Taisez-vous; vos cris nous brisent la tête.
De vos refrains vous nous brisez la tète.