‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 11 sur 1042 · C. Delavionë · texte numérisé non relu

C. Delavionë

C'est un bruit à tête fendre; Nous avons déjà jugé Dix causes sans les entendre.

J.-B. Rousseau.

Il Lb. tête nie fend, Je souffre d'un grand mal de tête.

— Rompre la tête à quelqu'un, L'ennuyer, l'importuner : Je ne puis donc gagner sur vous que vous abandonniez tous ces longs discours, qui n'aboutissent à rien qu'à MB rompre la têteI (Gailand.)

Allez donc et cessez de nous rompre la tête,

Racine.

Il Se rompre la tête, Se livrer k quelque chose avec une upplicntion exagérée : IVe vous rompez pas la tète à faire des vers. Ne vous rompez pas la tête davantage. (Mol.)

— Echauffer la tête à quelqu'un, Lui monter l'imagination, u Le mettre en colère : Si vous m'éceauffez la tête, je vous ferai rire d'une autre sorte. (Mol.)

— 5e mettre en tête, Concevoir la pensée de : Il s'est mis en tête ce projet, [| Se mettre dans l'jdée, saisir, savoir : Mettez- vous donc en tète que je ne me divertis pas toujours si bien que vous le pensez. (Mol.)

TETE

— Avoir la tête fêlée; Avoir un coup de hache, un coup de marteau à la tête, Avoir un grain de folie.

— Tourner, faire tourner la tête à quelqu'un, Troubler sa raison, exalter et égarer son imagination : La gloire! quelle fumée plus capable de faire tourner les meilleures têtes ! (Boss.) Tâchez que les faveurs ne vous étourdissent pas et que l'élévation ne vous fasse pas tourner la tète. (A. de Vigny.)

— La tête lui tourne, Il éprouve des vertiges, et il lui semble que tout tourne autour de lui : La tête tournh quand on se voit à une si grande élévation, u 11 se trouble et perd son sang-froid r La tête lui en tourne. (Volt.) il 11 devient fou : Il ne fut point à l épreuve d'une si joyeuse nouvelle ; LA tête lui tourna. (Le Sage.)

— Sa tête donne du mal à ses pieds, Son peu de raison, son imagination ardente jettent de l'inquiétude dans ses actions.

— Aaoïr sa tête, Jouir de son bon sens et de sa raison : Il avait toute sa tête quand il mourut. Il ii'avait plus sa tète à lui.

— Agir de tête, Agir avee sang-froid et fermeté.

— Mettre son cœur dans sa tête, Soumettre ses sentiments et ses affections à sa raison ou à sa volonté.

— Avoir la tête près du bonnet, Etre irascible, s'emporter facilement.

— Avoir la tête de plus que quelqu'un, Dépasser sa taille de toute la hauteur de sa propre tête.

— Placer des objets tête et queue, Les placer de façon que la queue ou la fin de l'un corresponde à la tête ou au commencement de l'autre.

— Etre comme le bonnetier, n'en faire qu'à sa tête, Etre fort opiniâtre.

— La tête a porté, Il est tombé sur la tête.

— J'y mettrais ma tête à couper, J'en suis tellement sûr que j'y engagerais ma vie. Il Je parierais ma tête, J'en suis tellement sûr que je parierais ma vie que cela est.

— On voit bien à ses yeux que sa tête n'est pas cuite, On voit bien à ses yeux qu'il est ivre.

— Ce qu'il a à la tête, il ne l'a pas aux pieds ou au talon, Ce qu'il veut, il le veut obstinément : Tenez, monsieur, ce que j'ai à la tête, camme on dit, je ne l'ai pas au talon. (Dider.)

— Prov. Mal de tête veut pailre, Il faut manger pour se guérir du mal de tête. Il Grosse tête, peu de sens, Les personnes à grosse tête ont peu d'intelligence ou de bon sens. Il A laver une tête d'âne ou de More, sn perd sa lessive, On perd son temps et sa peine à vouloir corriger une personne têtue ou peu intelligente, li Tête de fou ne blanchit pas, Les cheveux d'un fou ne blanchissent pas, probablement parce qu'il est exempt des soucis qui font blanchir ceux des personnes sensées, il Quand le diable nous tient par un cheveu, il faut lui abandonner toute la tête, Quand on cède aux petites tentations, on s'abandonne bientôt aux grandes. Il Autant de têtes, autant d'avis, Autant de personnes, autant d'opinions différentes. Il Mauvaise tête et bon cœur, Les gens faciles à s'emporter ont généralement le cœur bon. u Quand on n'a pas bonne tête, il faut avoir bonnes jambes, Celui qui manque de mémoire, qui oublie, est exposé à multiplier ses courses.

— Hist. Têtes rondes, Partisans du Parlement anglais et de la liberté religieuse. Il Ordre de la Tête de mort, Ordre du grandduché de Wurtemberg, fondé en 165! en faveur des dames de Ta cour, dont chacune portait suspendue au cou une petite tête de mort en ivoire.

— Blas. l'été de Maure, Meuble de l'écu qui représente une tête de nègre ; Camus de Homainville : D'or, à la tête de Maure, tortillée d'argent, accompagnée de trois coquilles de gueules.

— Jurispr. Succéder par tête, Venir personnellement et de son chef à la succession et noneu représentationd'une aune personne dont on serait directement l'héritier : Le petit-fils succède à son grand-père en représentation de son père décédé et non par têtk.

— B.-arts. Longueur d'une face humaine, servant d'unité pour évaluer les dimensions du corps : Depuis vingt-deux siècles, il est parfaitement établi que l'homme, de la plante des pieds au sommet du front, compte sept têtes et demie. (G. Planche.)

— -Archit. Tête d'un mur, Partie plus épaisse d'un mur, à son extrémité.

— Mus. Partie d'un instrument à cordes sur laquelle sont fixées ies clefs : La tête d'un violon, d'une contre-basse, il Voix de tête, Voix suraiguS, qui se produit quand on borne les vibrations des lèvres ds la glotte à la partie ligamenteuse de ces organes. s

— Jeux. Flèche qui est au coin à droite de l'adversaire, dans le jeu de trictrac.

— Chasse. Partie supérieure d'un filet tendu verticalement.

— Véner. Bois de ruminant : Une belle tète de cerf, de daim, u Tête bien née, Bois parfaitement régulier. Il Tête ouverte. Bois dont les perches sont fort écartées. H Tête couronnée, Bois dont le sommet porte des andouillers disposés en couronne, u Tête rouée, Bois qui forme une sorte de roue, u Tête paumée, |

TETE

Bois dont le sommet porte une partie plane digitée. il Tête en fourche, Bois dans lequel les andouillers du sommet font la fourche, n Tête portant trochnres , Tête de cerf dont l'extrémité porte trois ou quatre andouillers. Il Première, deuxième, troisième,.., tête. Premier, deuxième, troisième,... bois, qui poussent la troisième, la quatrième, la cinquième.:, année. Il Faire sa tête, En parlant du cerf, Avoir un bois qui commence à pousser.

— Fauconn. .Faire la tête à un oiseau, L'habituer au chaperon.

— Turf. Longueur de tête, servant à évaluer la distance dont un cheval a gagné ou dépassé son concurrent -• Gagner d'une tête, de deux têtes, d'une demi-TETE.

— Manège. Dessus de tête, Partie de la têtière de la bride qui passe derrière les oreilles du cheval, u Cheval fortement en tête, Celui qui a une large tache blanche sur le chanfrein, u Cheval légèrement en tête, Celui qui a une petite tache blanche sur le chanfrein. Il Cheval tête de Maure ou de More, Cheval qui a la tête noire"et le reste du corps d'une autre couleur. H Courir ou Courre les têtes, S'exercer à enlever, frapper ou abattre des têtes de carto-n, avec la lance, l'épée ou le pistolet, le cheval étant lancé au galop : Sa Majesté voulut courre les têtes ; c'est un exercice que peu de gens ignorent, et dont l'usage est venu d'Allemagne. (Félibien.) u Tête de Méduse, Deuxième tête dans le même exercice. || Tête de More ou de Turc, Troisième tête.

— Natat. Action de piquer une tête, de s'élancer dans l'eau la tête en avant : C'est le portique sous lequel se discutent les grands principes de la natation; une tète y est l'objet des plus graves dissertations. (Briffault.)

— Art milit. Position la çlus directement opposée à l'ennemi : Une tête de tranchée, de pont, de défilé. La tête du camp. On a joint, par une ligne parallèle, les deux tètes de tranchée. On assembla tes gardes à la tête du camp. A l'approche du danger, l'officier fit armer de canor.s la tète du pont. (Thiers.) u Avoir, tenir la tête. Prendre la tête, Etre, se placer à la tête : Ce régiment A la tète de l'armée. Ce régiment vint prendre la tête. Le maréchal tint constamment la têtk de la déferle, (Ste-Beuve.)

— Têtes de corps, Cadres. Vieille loc.

— Artill. Bande de fer qui recouvre la partie antérieure des flasques d'un affût. Il Obus tête de mort, Ancien obus percé de plusieurs trous par lesquels s'échappaient des matières incendiaires.

— Fortif. Tête de pont, Ouvrage, destiné a défendre ou à protéger le passage d'un pont.

— Mar. Nom qu'on donnait anciennement au chouquet, sur la Méditerranée, il Tête du vent, Premières bouffées du vent. Il Tête de mort, Nœud d'une forme particulière, il Tête d'alouette, Nom d'un autre nœud, n De tête en tête, De la tête de l'étrave à celle de l'étambot : La frégate avait 62 mètres de tête ' en tête, u Prendre la tête, Se tenir à l'avant de l'armée navale, pour la diriger, la conduire au combat : Nous convînmes, don Buiz et moi, qu'en rivière il prendrait la tête, et qu'une fois au large je conduirais ta marche. (Bougainville.) il Faire tête, En garlant d'un navire , Avoir le cap sous le vent ou dans la direction du courant, li Faire tête à son ancre, En parlant du navire, Se placer dans la direction de son ancre.

— P. et chauss. Face d'un pavé qui forme la jonction de deux ruisseaux raccordés par une courbe.

— Navig. fluv. Premier assemblage des bois d'un train à flotter.

— Comm. Chacune des premières cuvées des meilleurs vins de Cûampagne et de Bourgogne. Il Blé de première qualité. Il Tète de mort, Fromage de Hollande, de forme sphérique. On a donné anciennement le même nom à des cadres de tableaux unis, ayant six pouces de hauteur sur quatre ou cinq pouces de largeur. Il 7'ête de moine, Fromage du Cantal ,de forme sphérîque. Il Avoir tête et queue, Se dit d'une pièce d'étoffe qui est entière, qui a ses deux extrémités intactes.

— Techn. Partie du fer d'un marteau opposée à la pointe, il Partie renflée de la cognée dans laquelle on adapte le manche, u Partie supérieure d'un rideau. || Partie saillante d'un pivot à équerre. il Nom donné, dans l'industrie de la filature, à la réunion des paires de cylindres d'une machine à étirer, entre lesquelles passe un même ruban pour recevoir la totalité d'allongement que la machine peut lui donner en une seule fois : Dans les meilleurs bancs à étirer, chaque tête comprend de quatre à huit paires de cylindres, mais le plus généralement cinq, (Alcan.) Il Partie de l'éventail par laquelle ou saisit cet instrument pour s'en servir : La tête es; formée par la réunion des brins et des panaches, et, dans les éventails de prix, elle est souvent ornée de pierres fines, u Chacune des deux extrémités d'une glace, u Celle de ces extrémités qui est la plus rapprochée de la carcaise. il Bourrelet épais que l'on forme à l'extrémité la plus éloignée de la carcaise, et sur lequel on appuie pour enfourner la glace. Jl Coutage en tète, Système de coulage des

laces dans lequel la cuvette est au-dessus u bout de la table le plus rapproché de la carcaise. Il Tête romaine, Tète de vis sphôrique, percée d'un trou latéral qui sert à J;

TETE

faire tourner. Il Tête perdue, Tête de clou ou de vis disposée de façon à ne point excéder la surface de l'objet dans lequel on l'enfonce, il Tête de nègre, Chez les relieurs, Couleur noire ayant un reflet rougeâtre. Il Tête de palastre, Partie d'une serrure dans laquelle est pratiquée l'ouverture rectangulaire servant au passage du pêne. Il Tête de mort, Trou qui se produit à la surface d'une boiserie, lorsqu'une cheville vient à casser k l'intérieur.

— Constr. Tête de chat, Petit moellon trop arrondi, u Tête de chevalement, Pièce de bois posée horizontalement sur deux étais et portant une construction.

— Chem. de fer. Fourgon de tête, Fourgon à bagages placé en tête du convoi, à la suite du tender. Il Tête de ligne, Station où commence une ligne de chemin de fer.

— Typogr. Ligne de tête, Première ligne de, la page , qui porte ordinairement le numéro de pagination et le titre courant, s'il y eu a un,

— Min. Partie d'un gîte, d'un filon, qui est la plus voisine de la surface du sol : Quand la tète d'un filon se montre au jour, elle prend le nom d'affleurement. (J.-F. Blanc.)

— Assurances. Têtes de choix, Individusqui sont considérés comme étant dans des conditions particulières de longévité, dans les calculs sur la durée probable de la vie.

— Mécan. Partie de l'axe du cabestan qui reçoit les leviers avec lesquels on met l'appareil eu mouvement.

— Astron. Tête du Dragon, Nœud ascendant de la lune. Il Tête d'une comète, Noyau de la comète, par-opposition à ia queue.

— Chim. Tête morte. Syn. de caput mortuum.

— Annt. Extrémité arrondie de certains os longs : Tète du fémur, de l'humérus. Il Attache supérieure d'un muscle.

— Mamm. Tête de mort, Nom vulgaire d'une espèce de sapajou.

— Ornith. Tête rouge, Nom vulgaire d'une espèce de figuier. Il Tête noire, Espèce de fauvette; espèce de bouvreuil. || Grosse tête, Nom picard du bouvreuil et du gros-bec.

' — Erpét. Tête plate, Nom vulgaire d'un lézard d Afrique ei d'une espèce de gecko. Il Tête noire, Espèce de couleuvre d'Amérique. Il Tête de chien, Espèce "dp boa. Il Tète fourchue, Lophyre fourchu.

— Ichthyol. Tête de lièvre, Espèce de gobie. Il Tête de tortue, Poisson du genre têtrodon. u Télé nue , Nom vulgaire d'un poisson du genre ésoce, de la mer des Indes, et d'un poisson du genre amie, des eaux douces de la Caroline, il Tète chauve, Nom vulgaire d'un poisson de la Caroline. Il Tête d'âne, Nom vulgaire du chabot ou meunier.

— Entom. Tête de mort, Nom vulgaire du sphinx atropos. Il Tête armée, Aphodie fouisseur.

— Moll. Tête de bécasse, Coquille du genre rocher. Il Tête de boeuf, Nom vulgaire d'une coquille d'eau douce. Il Tête de serpent, Coquille du genre strombe. il Tête de requin, Casque bourse. Il Tête de fourmilier ou de tamanoir, Pyrrhule canaliculée. |[ Tête de barbet, Espèce de cérite. il Tête d'araignée, Murex tribule.

— Bot. Syn. de capitule. Il Tête de carpe, Espèce d'agaric, a Tête de coq, Espèce de. sainfoin. Il Tête de mort, Muflier des champs.

— Arboric. Ensemble des branches d'un arbre taillé en boule : Une tête d'oranger. Cet oranger fait bien sa tète.

— Loc. adv. Tête à tête, Seul à seul : Causer TÈTE k TÊTE, Dîner TÊTE A TÊTE.

Quoi ! l'on ne peut jamais vous parler (eVe d tGlet

Molière,

— Tête pour tête, Face à face, nez à nez : Nous nous rencontrâmes tête pour tête, il Vieille loc.

— De tête, De mémoire, d'imagination, sans s'aider d'un écrit ou d'un modèle : Répéter du tête tout un discours. Faire de tète le portrait de quelqu'un.

— Loc. interject. Par la tête ou simplement Tête, Sorte de jurement : Ah! tête! ah! ventrel (Mol.) Par le sang! par la tête ! s'il était là, je lui donnerais tout à l'heure de l'épée dans le ventre! (Mol.)

— Encycl. Anat. Nettement séparée du reste du corps, dans les animaux, supérieurs, la tête devient plus difficile k déterminer au fur et à mesure que l'on descend vers les êtres inférieurs. Ce qui caractérise la tête n'est pas, comme on le croit généralement, la présence du système nerveux central (cerveau, ganglion céphalique), qui manque complètement dans les animaux les plus simples ; c'est l'ouverture antérieure du tube digestif; c'est l'ouverture unique chez les êtres dont l'appareil digestif se réduit à un simple sac.

Nous ne dirons rien de la tête chez les zoophytes. C'est, nous le répétons, l'extrémité de l'animal où se trouve l'ouverture buccale ou unique de l'appareil digestif. Chez les protozoaires, elle est difficile à distinguer. Les polypes sont déjà plus faciles à observer. Généralement fixés au sol par une de leurs extrémités, c'est l'extrémité libre flottante qui constitiii la tête. Dans les échino-

TETE

dermes, dont l'étoile de mer peut être considérée comme type, la bouche se trouvant k la face inférieure de l'animal , c'est cette partie que l'on peut considérer en quelque sorte comme tête, ou, pour être plus exact, ces animaux sont acéphales, la bouche s'ouvrant presque immédiatement dans l'estomac.

Les mollusques sont des animaux à système digestif toujours complet, c'est-a-dire pourvu de deux ouvertures. De plus, les ganglions qui constituent leur système nerveux sont réunis entre eux par des filets nerveux formant ainsi une sorte de collier qui entoure l'œsophage. Ces animaux ont bien une tête dans l'acception que nous donnons à ce mot; mais comme, chez quelques-uns, il est impossible de la distinguer entièrement du reste du corps, on a fait de- cette absence apparente de tête un des caractères de la classification de cet embranchement.

Les mollusques acéphales sont presque tous des animaux ayant des coquilles (huîtres, moules, etc.).

Les céphalopodes ont, comme leur nom l'indique, les pieds fixés à la partie antérieure de la tête.

Les insectes sont déjà beaucoup mieux ou plutôt beaucoup plus complètement organisés. Leur corps se compose de la tête, d'un thorax et d'un abdomen. La tête renferme toujours les yeux, les antennes et un appareil buccal plus ou moins compliqué. On conçoit que nous ne pouvons donner plus de détails dans un article aussi général; on en trouvera d'ailleurs aux mots insectes, bouche, ŒIL, ANTENNE, etC.

Les vertébrés ont tous la tête composée d'une façon identique, c'est-à-dire des mêmes éléments; ils ne diffèrent que par les proportions relatives de ces éléments et par leur disposition. Chez un vertébré, la tête contient toujours un cerveau protégé par une boîte osseuse, la partie antérieure de l'appareil digestif ou bouche et quatre des organes des sens : la vue, l'odorat, l'ouïe et le goût. Comme pour les autres classes du règne animal, le lecteur trouvera des renseignements complets à la description particulière de chaque classe. Disons seulement ici que, si l'on divise la tête en deux parties, le crâna et la face, qui contient les organes des sens, le crâne se développera relativement beaucoup plus que la face en progressant dans l'échelle , c'est-à-dire en passant des poissons aux reptiles, de ceux-ci aux oiseaux et enfin des oiseaux aux mammifères pour arriver à l'homme.

La tête de l'homme est située k la partie supérieure du corps. Elle est formée par deux parties très-distinctes, le crâne et la face. Le crâne, beaucoup plus considérable , forme plus des deux tiers de la tête. A sa partie inférieure et antérieure est fixé un appendice osseux contenant les quatre organes des sens, vue, odorat, ouïe et goût.

Le crâne (v. ce mot) est une boîte ovoïde, osseuse, qui contient le cerveau, dont il est séparé par trois membranes, la dure-mère, l'arachnoïde et la pie-mère. Le crâne osseux est recouvert par une aponévrose qui réunit les muscles frontaux occipitaux et les muscles de la région temporale, et enfin par la peau, qui est doublée d'un tissu cellulaire graisseux. La peau qui recouvre le crâne, chez beaucoup de personnes, surtout chez les femmes, est à la partie antérieure lisse et onctueuse et souvent semée, ça et là, de petits points noirâtres qui masquent l'orifice des nombreux follicules sébacés qu'elle contient dans son épaisseur. Latéralement et en arrière, elle est couverte de cheveux. Le squelette de la voûte du crâne est formé en avant par l'os frontal, en haut par la réunion des deux os temporaux, en arrière par l'os occipital, enfin sur les régions latérales par les os temporaux et les grandes ailes de l'os sphénoïde. Cette boîte osseuse est d'une épaisseur variable ; sou maximum d'épaisseur est à la partie supérieure, â la réunion des deux os pariétaux ; son minimum est à la région temporale, d'où l'opinion très-accréditée de la gravité des blessures de cette partie de la tête.

La base du crâne est formée, en allant d'avant en arrière, par la partie horizontale des os frontaux et par l'ethmoïde, par le sphénoïde, par une partie des os temporaux et par la portion basilaire de l'occipital. La portion horizontale des os temporaux, nommée rocher, contient l'organe de l'ouïe. Les trois autres organes de la vue. de l'odorat et du goût sont contenus dans la face.

La face, située à la partie inférieure et antérieure de la tête (il est bien entendu que nous donnons au mot face sa valeur anatomique ; le front n'en fait donc pas partie), est un appendice osseux pyramidal renfermant trois organes des sens et l'orifice supérieur de l'appareil digestif. En allant de haut en bas, on trouve immédiatement au-dessous de l'os frontal deux cavités de forme à peu près conique ; ce sont les orbites qui renferment les yeux.

Nous ne donnerons pas de détails sur l'orbite, qui est décrite complètement aux mots œil et orbite; disons seulement que, dans cette cavité, l'œil est renfermé dans une aponévrose qui recouvre les parties osseuses ; que les muscles oculaires s'insèrent d'une part à l'œil lui-même, de l'autre à l'orbite, et enfin qu'à la partie supérieure et externe de chacune des orbites s'observe une légère dé-

TÈTE

pression contenant la glande lacrymale, appareil sécrétant les larmes et diamétralement opposé à une ouverture qui est l'orifice supérieur du canal lacrymal, conduit servant k porter les larmes dans les fosses nasales; car il ne faut pas oublier que la sécrétion des larmes est constante et qu'elles ne coulent à l'extérieur que quand une émotion morale ou, plu3 rarement, une excitation physique en a surexcité la sécrétion. Chez quelques individus, l'oblitération des voies lacrymales forçant les larmes à s'écouler à l'extérieur d'une façon permanente produit la lésion connue sous le nom d'épiphora. V. ce mot;

Entre les deux orbites, mais plus inférieurement, se trouve une cavité osseuse présentant de nombreuses saillies et anfractuosités, divisée en deux parties, qui constituent les fosses, nasales. L organe de l'olfaction réside , à proprement parler, dans la mu-

?ueuse nasale, qui est impressionnée d'une açon toute particulière par les molécules émanées des corps odorants. Cette muqueuse offre une grande étendue dans un espace relativement peu considérable au moyen des cavités que présentent les cornets osseux sur lesquels se réfléchit la muqueuse olfactive. Les fosses nasales sont formées à leur partie interne par la lame verticale de l'ethmoïde ; en haut, par la lame horizontale qui est percée d'un nombre considérable de trous pour le passage des nerfs olfactifs ; à la partie externe, par les maxillaires supérieures et les apophyses ptérygoïdes du sphénoïde ; en bas enfin, par les portions horizontales des deux mêmes os. A la partie antérieure, les fosses nasales sont ouvertes comme k la partie postérieure. Mais, contrairement à cette dernière, qui communique largement avec l'arrièrebouche, dont elle n'est séparée que par le voile du palais, l'ouverture antérieure est très-rétrécie. V. les mots fosses nasales et

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