ZÉRO
M. Auber ; représenté sur le théâtre de l'Académie nationale de musique ie 16 mai 1851. Le livret aurait mieux convenu à un vaudeville qu'à un opéra. La scène se passe k Païenne. Le prince de Roccanera est devenu l'époux de la sœur du roi, et il élève auprès de lui une prétendue nièce, Gemma, qui n'est autre que sa fille. Zerline, mère de Gemma, est marchande d'oranges. A peine débarquée à Palerme, elle retrouve sa fille, apprend qu'elle est aimée d'un jeune officier de marine nommé Rodolphe et que la femme du prince veut lui faire épouser contre son gré le cousin du roi. Au troisième acte, Zerline, déjà instruite d'une intrigue compromettante pour ces deux personnages, et dans laquelle une orange joue le rôle ordinairement réservé aux fleurs dans les déclarations d'amour, fait remettre cette orange k la fausse tante par la prétendue nièce, avec les mots sacramentels : Je sais tout. Personne ne comprend rien à ce mystérieux dénoûmeiit, si ce n'est l'heureuse Zerline, qui unit ainsi Gemma au jeune officier. Le rôle de Zerline a été la première création de Mlle Alboni. Son magnifique talent a fait beaucoup valoir la musique légère écrite par M. Auber sur ce léger canevas. Nous signalerons, parmi les morceaux chantés par MH* Alboni, le grand air : 0 Palerme I 6 Sicile! la cunzonetta : Achetez mes belles oranges; le duo pour soprano et contralto : Quel trouble en mon âme, au premier acte. Dans le reste de l'ouvrage, on a remarqué encore, dans un assez joli trio, les couplets : Qu'importent les obstacles; un ensemble harmonieux : Bonne espérance et confiance, et, au commencement du troisième acte, un chœur d'un effet original et accompagné par l'orchestre d'une manière piquante. Mlles Nau et Dameron, MM. Lyon, Merly et Aimés ont complété l'ensemble de l'interprétation.
ZERMEGH (Jean), historien hongrois, né en Slavunie vers la tin du xve siècle, mort dans un âge très-avancé. Il devint secrétaire du prévôt de la cathédrale de Bude, puis conseiller du roi k la chambre des finances de Hongrie. On a de lui des Commentaires, qui vont de la bataille de Moliacz (1526) à la mort du roi Jean Zapoly (1540). Cet ouvrage, imprimé pour la première fois k Amsterdam (1662), contient, dans un style simple et naïf, de précieux détails sur les guerres qui eurent lieu entre Jean Zapoly et Ferdinand d'Autriche.
ZERNETZ, village de Suisse. V. Cebketz.
ZERNITZ (Chrétien-Frédéric), poète allemand, né à Tangermunde (Vieille-Marche) en 1717, mort en 1744. U étudia lu jurisprudence et consacra ses loisirs à la poésie. Zernitz mourut avant d'avoir eu le temps de mettre la dernière main à ses écrits, qui ont paru sous le titre de : Essais de C.-F. Zeriiitz dans la poésie morale et dans l'idylle, avec des réflexions sur ce genre de poésie (Leipzig, 1748. in-S°). Se3 idylles et ses chansons sont médiocres; mais ses essais didactiques sont fort remarquables par l'énergie de la pensée et par l'esprit philosophique qui y règne. Dans son morceau intitulé : la Fin ou Destination de ce monde, il a surtout fait preuve d'un rare talent i II sait présenter, dit Kuttner, d'une manière agréable et facile à saisir des vérités prises dans les abstractions de la métaphysique ; mais, uniquement occupé de son sujet, il a trop négligé les agréments du style et de la versification. • On trouve des pièces choisies de Zernitz dans l'Anthologie d'Eschenburg, dans \' Anthologie lyrique de Matthisson, etc.
ZERNOUDJ I ou ZARNOUCHI-BORIIAN-ED- D1N, écrivain arabe, né à Zernoudj (Transoxiane). U vivait au xme siècle de notre ère. Tout ce qu'on sait de sa vie, c'est qu'il fut le disciple de Borhan-Eddin-Ali-Marghinani, auteur du livre intitulé ilédayèh. Ou lui doit un petit ouvrage, dont le titre est : Taalim almoteallim tank elieaalloum, c'est-à-dire Instruction pour celui gui veut apprendre le chemin de la science. Dans ce traité, qui comprend treize chapitres, l'auteur s'occupe de l'excellence et des avantagea de la science, de l'ordre des études et de la manière d'étudier, du choix d'un maître, des moyens de prolonger la vie, etc. Le texte en a été publié par Reland (Utrecht, 1709), avec deux traductions latines, l'une d'Echellensis, l'autre de Rostgaard, qui sont également médiocres. lbn-Ismaôl a écrit un commentaire de ce livre, où l'on trouve des préceptes sensés et des observations justes, pour les élèves du palais d'Amurat III, en 1587.
ZÉRO (zé-ro. — Plusieurs étymologistes fout venir ce mot de l'hébreu esor, ceinture, ou de l'arabe zeroh, cercle). Ce chiffre serait ainsi désigné de sa forme circulaire; mais le mot zéro est probablement une corruption de l'arabe çafrun, çifrun, qui signifie proprement vide, comme cifr, qui est le type du français chiffre. En arabe moderne et en turc, le zéro s'appelle syfr). Arithm. Signe numérique (0) qui n'a pas de valeur pur lui-même, et qui est seulement destiné k tenir la place des espèces d'unités absentes dans les nombres : On multiplie un nombre entier par une puissance de dix en ajoutant à sa droite autant de zéros qu'il y a d'unités dans le degré de la puissance. Le dernier chiffre que l'arithmétique a découvert est le zéro. (A. Laugel.)
ZERY
Certains êtres sont comme les zéros : il leur faut un chiffre gui les précède. (Balz.)
Quand Alcippe se présente,
Pourquoi tant crier haro î
Dans te nombre de quarante,
Ne fnut-il pas un zéro ?
{Epigramme contre La Bruyère.)
— Fig. Personne sans mérite, sans influence, sans considération ; on dit parfois en ce sens zéro en chiffre : On n'aime pas à avoir t'ait d'un zéro. (Balz.) Ferdinand /er ne fut jamais qu'un zéro devant sa femme. (T. Delord.)
Du maître, quel qu'il soit, peu, beaucoup ou zéro. Le valet fut toujours ou le singe ou l'écho.
Piron.
Les courtisans sont des jetons; Leur valeur dépend de leur place :
Dans la faveur, des millions.
Et des zéros dans la disgrâce.
Brédeuf.
Il Absolument rien : Sa fortune se trouve réduite à zéro. L'homme d'Etat est un homme gui a la clef du mystère et qui sait que le tout se réduit à zéro. (L'abbé Galiani.) Le bonheur n'est que la somme des plaisirs quand on a retranché les maux; je crois qu'on doit être très-satisfait du calcul si le résultat est ZÉRO. (Réveillé-Parise.) Il Objet qui n'a pas de valeur par lui-même, mais qui en donne k d'autres, comme un zéro multiplie par dix les nombres placés à sa gauche -.L'esprit est le zéro qui ajoute aux qualités morales, mais qui, seul, ne représente que le néant. (M""> Necker.)
— Physiq. Degré de température correspondant k la glai-e fondante, dans le thermomètre centigrade et dans celui de Réaumur : Le thermomètre est à zéro, à six degrés au-dessous de zéro, h Degré de température qui indiquerait l'absence complète du calorique : On a cherché à déterminer le zéro réel, c est-à-dire de combien de degrés un thermomètre baisserait s'il n'y avait point de chaleur du tout. (Cuv.)
— Mus. Signe qui, placé sur une note, dans une partie «'instruments à cordes, indique que cette note doit être produite sur la corde k vide.
ZEROBRANCO, bourg du royaume d'Italie, province, district et mandement de Trévise; 3,300 hab.
ZEROLA (Thomas), savant canonista italien, né k Bènèvent en 1548, mort en 1603. Après avoir été vicaire général dans plusieurs diocèses, il fut nommé évèque de Minori par Clément VIII, en 1597. On lui doit les ouvrages suivants : Praxis episcopalis (Rome, 1597, in-4°), plusieurs fois réédité ; Praxis sacramenti psnilentia (Rome, 1597, in-8°).
ZERRAH, ZÙHEH ou Z1RREII, l'Aria Palus des anciens, lac de l'Afghanistan, dans le Seistan ; il mesure 160 kitom. de longueur sur 45 de largeur. C'est la partie méridionale du lac Hamoun, presque desséchée et débordant pendant la saison des pluies.
ZERRAH, ZÉREH ou Z1RREH, ville de l'Afghanistan, Située sur la rive S.-O. du lac du même nom ; 5,000 hab. environ.
ZERRE.NNER (Charles -Christophe) , écrivain pédagogique allemand, né en 1779, mort à Wagdebourg en 1850. Après avoir été professeur au gymnase de Magdebourg, il devint prédicateur à l'église du Ssùnt-Esprit dans cette ville, puis remplit Les fonctions de conseiller consistorial. Outre des ouvrages ascétiques, on lui doit beaucoup d'écrits sur l'éducation, lesquels ont été pour la plupart souvent réédités. Nous citerons : Livre auxiliaire à l'usage des instituteurs et éducateurs en ce qui concerne les exercices intellectuels de la jeunesse (1803, 4 vol.); le Nouvel ami de l'enfance (1811); Principes d'éducation scolaire (1827); Livre de méthodes à l'usage des instituteurs du peuple (1814).
ZERTE s. f. (zèr-te). Ichthyol. Nom vulgaire d'un poisson du genre brème.
ZÉRUMBET s. m. (zé-ron-bètt — ar. serounbed, même sens). Bot. Genre de plantes, de la famille des amomées, qui habite l'Inde : La racine du zérumbkt contient à peu près les mêmes principes que celle de la zédoaire. (V. de Boinare.) Il Syn. d'ALPlNiE et de curcuma, autres genres d'ainomées.
— Encycl. Le sérumbet a des racines tubéreuses ; des tiges simples, hautes de lm,60 au plus, portant des feuilles lancéolées, aiguës, longues de 0m,70 ; des fleurs d'un blanc pur, teintées de jaune et de rouge, en grappes pendantes. Cette plante croît dans I Inde et se trouve surtout dans les endroits humides et ombragés. Sa racine est aromatique, d'une saveur acre et d'une odeur qui rappelle celle de la zédoaire. Elle a les mêmes propriétés que celle-ci et que le gingembre; mais elle est beaucoup moins usitée. Réduite en farine et séchée, elle perd beaucoup de son âcreté et entre, dit-on, quelquefois.daus la panification. On cultive cette plante dans nos serres chaudes, où on la propage de rejetons; elle doit être bien arrosée pendant sa végétation.
ZÉRYNTHIA adj. f. (zé-rain-ti-a). Mythol. gr. Surnom de Vénus et d'Hécate, adorées dans l'antre de Zérynthus.
ZÉRYNTHIE OU ZÉRINTHIE 3. f. (zérain-tl — de Zérynthia, surnom de Vénus).
ZESE
Entom. Syn. de thaïs, genre d'insectes lépidoptères diurnes. [| Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des géomètres.
ZERYNTHCS, ancienne ville de Thrace, dans le territoire d'^Snos. Elle possédait un temple d'Apollon et une grotte d'Hécate, également consacrée à Vénus.
ZESC1IAU (Henri-Guillaume von), général saxon, né à Garenchen, basse Lusace, en 1760, mort en 1832. Il fut d'abord sous-lieutenant d'artillerie sous les ordres du comte de Schaumbourg-Lippe, puis entra au service de la Saxe (1776), fit des campagnes contre, puis pour la France, de 1793 à 1809, devint lieutenant général en 1810 et reçut en 1813 le commandement de l'unique uivision qui restait des troupes saxonnes réunies k l'armée française lors de la campagne de Russie. Sur le champ de bataille de Leipzig, les Saxons sous ses ordres étant passés du côté de la coalition, Zeschau, bien que dévoué à la cause de l'indépendance de i' Allemagne, ne crut pas que l'honneur militaire lui permit de suivre leur exemple, se rendit auprès du roi de Saxe, qui venait d'être dépouillé de ses Etats, le suivit en qualité d'aide de camp et se mêla activement aux négociations qui eurent pour résultat de rendre au roi une partie de ses Etats. Zeschau devint alors ministre de la guerre, fut chargé à ce titre de réorganiser 1 armée (1815), puis reçut le commandement de Dresde (18S3), qu'il garda jusqu'en 1830, époque où il prit sa retraite. C'était un brave militaire, qui fit preuve de capacité comme administrateur.
ZESCHAU (Henri-Antoine ne), homme d'Etat allemand, né à Jessen, ville de Prusse, en 1789. Lorsque, en 1813, l'Allemagne se souleva contre Napoléon, il reçut la mission d'organiser la landwehr dans le cercle de Witternberg. Après les événements de 1815, son pays natal fut annexé à la Prusse, et il fut nommé par le gouvernement prussien conseiller k Mersebourg, puis à Potsdam. Par la suite, Zeschau entra au service de la Saxe. Nommé conseiller intime des finances en 1823, député ù la diète de Francfort en 1829, il montra dans ces divers postes de remarquables qualités administratives et politiques, qui lui valurent d'être nommé en 1831 ministre des finances et d'être chargé en même temps, quatre ans plus tard, du portefeuille des affaires étrangères. Doué d'une intelligence élevée, d'un esprit novateur, pénétré de la nécessité pour le pouvoir de se montrer à la hauteur des idées du temps, il se mit activement à l'œuvre, réduisit les impôts et la dette publique, réforma et simplifia le système financier, fit décréter la construction d'un réseau de chemins de fer, introduisit le système décimal dans les monnaies et fit entrer son pays dans l'association douanière connue sous le nom de Zollverein. Malgré les réformes accomplies par lui, il dut quitter le pouvoir lors de l'agitation révolutionnaire qui eut lieu en 1848; mais, dès l'année suivante, il était envoyé comme ministre plénipotentiaire par le gouvernement saxon au* conférences de Berlin et devenait membre du conseil d'administration des gouvernements alliés. En 1851, le roi de Saxe le nomma ministre de sa maison, poste qu'il a occupé depuis lors. On doit à cet homme d'Etat : Influence du gouvernement et du royaume de Saxe à la diète constitutionnelle (Leipzig, 1834).
ZESEN (Philippe, comte de), en latin Cn- ■ius, poète allemand, né k Priorau, village des environs de Dessau,en 1619, mort en 1689. Il fit ses études aux universités de Halle, de Wittemberg et de Leipzig, s'y occupa surtout de philologie, de poésie et de littérature allemande et, bien qu'il n'eût jamais voulu accepter de fonctions publiques, dut bientôt à ses ouvrages une grande réputation. Il fut créé comte palatin, reçut la couronne décernée au plus grand poète de l'Allemagne et, après avoir fait différents voyages eu Allemagne et en Hollande, s'établit à Hambourg, où il résida jusqu'à sa mort. L'idée de toute sa vie fut le perfectionnement de la Iangu« allemande. Dans ce but, il fonda k Hambourg, en 1643, une société, k laquelle il donna le nom de l'ordre des Roses, et dont il fit partie sous le pseudonyme de FeniK (l'habile). On ne peut s'empêcher de reconnaître qu'il possédait un certain talent et des connaissances étendues ; mais son parti pris de chasser de lu langue allemande tous les mots étrangers et de les remplacer par une foule de néologismes barbares et en dehors de toute étymologie, fit de lui un objet de dérision et de raillerie. Il poussa, du reste, trop loin ce principe « que l'on doit écrire une langue comme ou la parle.» Il fut, également, peu heureux dans le choix des mots qu'il voulut substituer à ceux que la langue allemande avait empruntés aux langues anciennes ou modernes et, comme tous les novateurs du même genre, il se laissa entraîner au delà des limites du bon goût et de la force de la i chose reçue. > Pour les divinités grecques, par exemple, il voulut remplacer le nom de Minerve par Ktngin (de l'allemand klug, sage), celui de Vénus par Lustin (de lust, plaisir), celui de Vulcain par Glutfang (de g tut, braise, etfangen, prendre), etc. Quelques-uns des mots nouveaux qu'il avait introduits sont cependant restés dans la langue allemande, au perfectionne-
ZETE
ment de laquelle il a, quoi qu'on en dise, contribué dans une certaine mesure. Il a publié plus de soixante-dix ouvrages poétiques, critiques, satiriques et moraux; mais, sur ce nombre, plus de quarante sont demeurés inachevés. Les seuls qui méritent encore d'être mentionnés sont les suivants : VHélicon allemand (Wittemberg, 1640); le Cantique des cantiques de Salomon, en vers dactyliques ("Wittemberg, \.&n)\ Exercices sur le haut allemand (Hambourg, 1643) ; Scala Heliconis Teutonici (Amsterdam, 1613); !a Rosemonde de l'Adriatique (Amsterdam, 1645), récit de ses amours avec une jeune blanchisseuse de Leipzig ; la Lune des roses (Rosenmond) ou la Mine merveilleuse ouverte en trente et un dialogues à la pierre inestimable des sages (Hambourg, 1651), ouvrage qui, sous ce titre bizarre, n'est autre chose qu'une série d'entretiens sur la langue allemande; Moralia Soratiana (Amsterdam, 1656) ; Description de la ville d'Amsterdam (Amsterdam, 1664), traduit en français ; la Vallée poétique des roses et des lilas (Hambourg, 1672); Priorau ou V Eloge de la patrie (Amsterdam, 1680), l'un des meilleurs écrits de l'auteur, qui y raconte une partie de sa vie ; Mythologie allemande (Nuremberg, 1688), etc.
ZÉS1E s. m. (zé-sl — du gr, zeâ, je fourmille). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes.
ZEST s. m. (zèstt. — V. zeste). Soufflet dont les perruquiers se servaient autrefois pour poudrer à la volée.
— Etre entre le zist et le sest, Etre incertain sur le parti qu'on prendra. Il Etre entre le bien et le mal ; n'être ni bon ni mauvais : Comment va la santé? — Elle est entre le zist et le zest. Pour le roi, il est tantôt comme ci, tantôt comme ça... Oui, entre le zist et le zkst. (A. de Vigny.)
ZEST interj. (zèstt — de zeste, pour exprimer un objet de peu de valeur). Sert à marquer le dédain, le mépris, l'action de rejeter ce qu'un autre affirme ou propose : Vous croyez arrioer ta? ZestI cela n'est pas pour vous, Il Indique aussi une action prompte, soudaine : Madame se trouve-t-elle incommodée, zestI en deux pas te voilà chez elle. (Beuumarch.)
— On l'écrit quelquefois zeste : Je le savais bien, moi, que, dés qu'elle parlerait, toutes vos belles résolutions, zesti; I (Brueys.)
Devant quatre témoins assistés d'un notaire, Zeste! Ledit Hiéi'ome avoûra hautement Qu'il la tient pour sensée et de bon jugement.
Racine.
ZESTE s. m. (zè-ste — du lat. schistus, séparé, divisé. On a d'abord donné ce nom k une petite peau dure qui sépare les parties de la noix, puis à une petite tranche de l'écorce des oranges, des citrons. Le latin schistus, qui représente le grec sehistos, séparé, fendu, est aussi le type du français schiste). Partie extérieure et colorée que l'on coupe en longues bandes sur la peau des oranges, des curons et des cédrats : Un zeste de citron. Des zestes confits.
— Membrane sèche qui cloisonne l'intérieur de certains fruits : Le zeste d'une noix, &une châtaigne,
— Fig, Chose de nulle valeur : Cela, ne vaut pas un zeste, il Effet complètement nul ; Votre souhait n'y fera pas un zustb ; ce sera selon ce qui est écrit là-haut. (Dider.)
ZESTE, ÉE (zè-sté) part, passé du v. Zester : Citron ZESTE.
ZESTER v. a. ou tr. (zè-sté — rad. zeste). Couper des zestes sur : Zestkr un citron, une orange.
ZÊTA s. m. (dzê-ta). Gramrn. Lettre double grecque, dont nous avons fait notre z. V. z.
— Antiq. Appartement chauffé en hiver par une sorte de calorifère, dont on remplissait les tuvaux d'eau froide en été, pour donner de la fraîcheur.
ZETE s. m. (zè-te — du gr. zéteà, je cherche). Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des acariens, dont l'espèce type habite l'Allemagne.
ZÉTÉBORE s. m. (zé-té-bo-re — du gr. zêleô, je cherche ; bora, nourriture). Entom. Genre d'insectes orthoptères coureurs, section des dermaptères, réuni aux blattes par plusieurs auteurs.
ZÉTÈTE s. m. (zé-tè-te — du gr. eélêtês, proprement inquisiteur ; de zêlein, chercher. Le grec zêteô est rattaché par Bopp et Sohleicher à une racine yat, chercher. Le z grec remplacerait le y sanscrit, comme dans beaucoup d'autres cas : grec zugean, joug, en sanscrit yuyam; grec zea, épeautre, en sanscrit yava, orge ; grec zémia, punition, en sanscrit yama, etc.). Antiq. gr. Nom que l'on donnait ii des magistrats athéniens chargés des enquêtes criminelles.
— Encycl. Les zétèles avaient la mission de faire les enquêtes pour découvrir les auteurs d'un crime contre l'Etat et de les traduire devant les juges. Quelquefois des accusateurs publics, remplissant l'office de nos avocats généraux, leur étaient adjoints et les assistaient dans leur tâche. Souvent l'Aréopage se chargeait lui-même des enquêtes relatives aux crimes d'Etat et rendait ainsi l'office du xétète inutile. Mais les zétèles avaient
ZETH
fréquemment à accomplir d'autres devoirs qui présentaient de grandes difficultés et leur demandaient beaucoup de soin et de temps. C'étaient les recherches relatives aux propriétés confisquées, aux biçns des criminels condamnés et aux sommes dues à l'Etat. Us recherchaient principalement ceux qui cachaient quelque argent sur lequel l'Etat avait des droits et ceux qui aidaient à frauder l'Etat. Le délinquant était poursuivi, soit devant les syndics, soit devant les zélètes euxmêmes. Si quelqu'un prétendait un droit sur les sommes dénoncées par les zétèles, il réclamait contre leur dénonciation, et si sa cause était juste, il obtenait le remboursement de ce qui lui était dû, malgré l'opposition du magistrat qui avait fait 1 enquête.
ZÉTÉTTQUE adj. (zè-té-ti-ke — gr. sêtêtilcos; de zétein , chercher. V. zétetb). Se dit des méthodes de recherches scientifiques : Méthode zÉTÉTiQOE.
— s. m, Hist. philos. Nom donné à des sceptiques de certaines écoles.
— s. f. Méthode de recherches scientifiques :
La ZÉTÉTIQUE.
— Encycl- Hist. philos. Le nom de zététiques, qui signifie chercheurs, indique une nuance assez originale du scepticisme : c'est le scepticisme provisoire, c'est presque l'idée de Descartes considérant le doute comme un moyen, non comme une fin, comme un procédé préliminaire, non comme un résultat définitif. Si tous les sceptiques avaient été réellement zétéliques et seulement zététiques, ils auraient dit avec Pyrrhon : « Nous arrivons non au doute, mais à la suspension du jugement » (epochê). Les zététiques, d'après les renseignements sommaires que nous donne Sextus Empiricus, en s'appelant chercheurs voulaient dire surtout que l'esprit humain est fait pour chercher toujours et ne trouver jamais. La même amphibologie, difficile k élucider, se retrouve dans les quatre noms que se donne la secte de Pyrrhon et d'JEnésidème; sceptiquessignifielittéralementexaminateurs.gens qui pèsent, réfléchissent, étudient attentivement; mais il a pris k la longue un sens plus négatif que dubitatif, et a signifié ceux qui sous prétexte d'examiner toujours ne décident jamais. Ephectiques, ceux qui suspendent leur jugement, qui attendent d'avoir une raison suffisante pour se prononcer, est un mot qui a eu la même fortune : il a fini pur désigner ceux qui passent leur vie à attendre et ne sortent pas de cette suspension, d'abord donnée comme provisoire. Enfin, aporétiques, gens qui reconnaissent l'impossibilité de se prononcer, a eu également deux sens: veuton dire qu'il y a impossibilité actuelle, momentanée, c'est le scepticisme provisoire, qui est excellent ; veut-on dire que cette impossibilité durera toujours, alors c'est le scepticisme systématique et de parti pris. Le mot zététiques n'est [jus fait pour trancher le débat entre les deux acceptions de tous ces termes, l'une répondant au scepticisme partiel, modéré et nécessaire à l'esprit humain, l'autre au scepticisme d'école et de secte, qm n'est qu'une autre forme de la négation de tous les principes de la philosophie et de la science. Le nom de zététiques est resté, d'ailleurs, dans l'enceinte de l'école qui l'a créé ; et, malgré sa très-large extension, qui eût permis d'en faire le terme général désignant tous les chercheurs de la vérité dans tous les domaines, il est exclusivement appliqué aux sceptiques, et on peut même dire aux sceptiques grecs ou pyirhoniens.
ZÉTHE s. m. (zè-te). Entom, Genre d'insectes hyménoptères porte-aiguillon, de la famille des vespiens, tribu des vespitas, comprenant une dizaine d'espèces, toutes étrangères à l'Europe. Il Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des pyralides ou des ophiusides, dont l'espèce typa habite la Corse.
ZÉTIIES et CALAIS, fils jumeaux de Borée et d'Orithyie, appelés quelquefois Borcmlc». Us étaient d'une rare beauté et avaient des ailes aux épaules. Ils accompagnèrent Jason à la conquête de la Toison d'or, chassèrent les Harpyes, qui tourmentaient leur beaufrère Phinée, roi d'Arcadie, et furent tués par Hercule, selon les uns à Ténédos, aux funérailles de Pélias, à la suite d'une querelle avecTyphis; selon d'autres, pour avoir insulté Hylas, favori du héros. Ils furent transformés en deux vents, qu'on nomma Prodromes (avant-coureurs), parce qu'ils soufflaient neuf jours avant l'apparition de la canicule.
ZÉTHUS ou ZÉTUS s. m. (zé-tuss). Astron. Nom que l'on donne quelquefois à la constellation des Gémeaux.
— Entom. Nom latin du genre zèthe,
— Crust. Genre de crustacés, de l'ordre des trilobites, formé aux dépens des caiymènes, et dont l'espèce type a été trouvée à l'état fossile, en Russie.
ZÉTHDS, fils de Jupiter et d'Antiope. Il fut recueilli par des bergers sur le Cithéron et devint un habile chasseur, pendant que son frère Amphion devenait un chantre célèbre. Il aida Amphion à se venger de Dircé et à bâtir la ville de Thèbes. Apollodore raconte que, comme Zéthus soulevait sur sa tête un énorme bloc de pierre, son frère en fit approcher un deux fois plus gros en jouant do la lyre. Il épousa Thébé, tille d'Asopus, et fut
ZÈUCr
enterré k Thèbes. D'après Homère, il était roi de Thèbes et époux d'Aédon. Les mythologues racontent que Zéthus fut transporté au ciel, où il brille parmi les constellations sous la figure d'un homme tenant une ceinture.
ZÉTIDE s. m. (zé-ti-de). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes.
ZETLAND, lies d'Ecosse. V. Shetland.
ZETOUTT s. m. (ze-toutt). Bulbe d'une espèce d'iris, recherché comme aliment parles indigènes de l'Algérie.
ZETTERSTEDT (Jean-Guillaume), naturaliste suédois, né à Miœlby en 1785. Il est le fils d'un arpenteur et se fit recevoir, en 1808, docteur en philosophie à l'université de Lund, où il' devint, en 1839, professeur de botanique et dont il fut recteur de 1846 à 1847. Il fit un voyage aux îles d'CEland et de Gothland,etht paraître ses impressions de voyage en Laponie en deux ouvrages différents.
M. Zetterstedt, qui est chevalier des ordres du Danebrog, de "Wasa et de l'Etoile polaire, est membre de la Société physiographique de Lund (1818), de l'Académie des sciences de Stockholm (1831), de la Société entomoloçique de France (1833) et de ia Société cuviérienne. Il a pris sa retraite en 1853. On a de ce savant : De planlis cibariis Romanorum (Lund, 1808); De fecundalione planlarum (Lund, 1810-1813); Orthoptera Suecis(,h\xM, 1821); Fauna insectorum laponica (1828); Remarques sur les mœurs des hirondelles ((Jhristianstadt, 1835) ; Conspectus plantarum horti botanici Lundemis (1838) ; Insecta laponica (Leipzig, 1838-1840) ; Diptera Scandinavie disposita et descripta (Lund, 1842-1860, t. 1er à XVI), ouvrage auquel l'Académie des sciences de Stockholm a décerné la grande médaille de Linné.
ZETTIGNE, ville du Monténégro. V. Cettigke,
ZÉTUS S. m. V. ZÉTHUS.
ZETZENHOVEN (Ulrio de), minnesinger allemand. V. Zazicboven.
ZEUG1TANE, en latin Zeugitana, contrée de l'Afrique romaine, entre la Méditerranée au N. et à l'E., la Byzacène au S. et la Numidie à à l'O. Les villes principales étaient Carlhage et Utique. Elle est aujourd'hui comprise dans la régence de Tunis.
ZEUGITE s. in. (zeu-ji-te, — du gr, zeugos, paire). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des andropogonées , dont l'espèce type croit aux Antilles.
— Adjectiv. Syn. de zygitb.
ZEUG1STES, troisième classe de citoyens, à Athènes, d'après l'organisation da Solon. Elle se composait des Athéniens qui possédaient un revenu de 200 inédimnes.en fruits, en grains et en liquides, et un attelage de bêtes de somme. Suivant l'évaluation de M. de Pouqueville, ce revenu équivalait k 5,50O francs de notre monnaie. Les zeugites avaient entrée aux magistratures. Ou donnait aussi le nom de zeugites aux marins qui, dans les trirèmes, manœuvraient la rame du milieu.
ZEUGLODON s. m. (zeu-glo-don — du gr, zeugtê, joug; odous, dent). Mamra. Genre de mammifères, de l'ordre des cétacés ou du groupe des Siréniens, suivant les divers auteurs, connu seulement par des débris fossiles, trouvés dans les terrains tertiaires des Etats-Unis : Le nom rfezsuGLODON est tiré de la forme des dents. (Laurillard.)
— Encycl. Ce genre fossile est caractérisé par un museau allongé et mince, des os nasaux grêles; des dents de deux sortes, les dents antérieures coniques et pointues, les dents postérieures à deux racines et à couronne comprimée, composée de pyramides disposées sur un seul plan ; des vertèbres à corps allongé, k apophyses épineuses soudées au corps, mais petites; des membres antérieurs petits et en nageoires, des membres postérieurs probablement nuls.
Les zeuglodons ont un crâne, très-allongé et étranglé eu arrière des frontaux ; la région occipitale relevée par une pente abrupte ; les frontaux très-développés eu largeur au-dessus des orbites; la face grêle, les os nasaux allongés, l'ouverture du nez anomale; les iutermaxillares grêles et allongés, la mâchoire inférieure analogue à celle des dauphins et des cachalots. A la mâchoire supérieure, l'os incisif porte trois dents et une seule racine, dont la couronne est en forme de cône pointu et recourbé en arrière; ensuite vient une dent k deux racines, ayant une couronne semblable. Les molaires ont pour la plupart deux racines, dont la longueur est quelquefois double de celle de la couronne; celle-ci est comprimée et composée de pyramides disposées sur un même plan au nombre de quatre k neuf. L'intervalle des racines se continue sur la couronna par une dépression assez marquée. A la mâchoire inférieure, on trouve d'abord quatre dents k une seule racine et à couronne conique ; les molaires, semblables k celles de la mâchoire supérieure, sont au nombre de cinq, La formule dentaire de la plus grande espèce parait être :