ZEUX
en quelque sorte, le point de départ d'une nouvelle époque dans l'étude de la langue et des antiquités celtiques.
ZEUXIDIE adj, f. (zeu-ksi-dî — gr, zeuxidia; de zeuxis, union). My th. gr. Epithete de Junon a Argos.
ZEUXIE s. f. (zeu-ksî). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides.
ZEUXINE s. f. (zeu-ksi-ne). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des gastrodicés, comprenant cinq ou six espèces, qui croissent dans l'Inde,
ZEUXIS, peintre grec, l'un des plus illustres de l'antiquité, né vers 468 av. J.-C. dans une des nombreuses villes portant le nom d'Héraclée (on croit que c est celle de la Grande-Grèce), mort vers 400. On croit qu'il reçut les leçons soit de Démophile d'Himère, soit de Miseas de Thaseos ; mais i! perfectionna surtout son talent en voyant à Athènes les œuvres d'Apollodore, son contemporain, qui, selon l'expression de Pline, lui ouvrit les portes de l'art. Bientôt il dépassa ce grand maître du coloris et perfectionna les procédés artistiques de son temps, notamment l'art de fondre les ombres, que les artistes antérieurs exécutaient par des hachures croisées de diverses couleurs (ce qu'on retrouve au moyen âge dans les peintures du xm» et du xive siècle). Le premier, Apollodore avait su fondre plus ou moins les ombres avec les teintes environnantes de manière à obtenir des tons moyens, k imiter les moelleux de la nature, a donner aux parties creuses plus de vérité, aux raccourcis plus de relief et de légèreté. Zeuxis ajouta de nouveaux perfectionnements à ceux qu'avait introduits Apollodore, et ce dernier reconnut lui-même la supériorité de son jeune rival dans un vers ou il disait : « Zeuxis m'a dérobé l'art, il l'emporte avec lui. » Ce fut à Athènes que Zeuxis acquit sa grande réputation et qu'il entra en lutte avec un artiste également célèbre, Parrhasius. Les anciens ont raconté à ce sujet plusieurs anecdotes d'une valeur historique très-contestable, mais qui montrent combien ils attachaient de prix à l'exacte imitation de la nature. Zeuxis peignit un jour une grappe de raisins, représentée avec tant d'art, que des oiseaux se jetèrent sur le tableau pour la becqueter. Parrhasius exécuta a sou tour un tableau couvert d'un rideau. Zeuxis avança la main pour écarter le rideau et s'aperçut ajors qu'il était peint. « Je t'ai vaincu, lui dit Parrhasius, car tu n'as trompé que des oiseaux et je t'ai fait illusion à toi-même. • Dans un autre de ses tableaux, Zeuxis avait représenté un enfant portant des grappes; des oiseaux s'approchèrent du raisin, et l'artiste rit cette remarque que si l'enfant avait été aussi habilement représenté que les raisins, le3 oiseaux ne s'en seraient point approchés.
Après avoir longtemps vécu à Athènes, l'illustre peintre se rendit à la cour du roi de Macédoine, Archélaùs, qui le chargea d'exécuter des peintures dans son palais et lui donna une somme de 400 mines (environ 120.000 francs d'aujourd'hui). Il visita ensuite, croit-on, la Grande-Grèce et la Sicile, Devenu très-riche, dit Emeric David, Zeuxis crut au-dessous delui de vendre ses tableaux, et, dès lors, il les donna. 11 fit hommage au roi Archélaùs de sa figure de Pan, à la ville d'Agrigente de son tableau A'Alcmène. Une vanité excessive s'empara alors de son esprit; il se crut l'égal Ues rois et des peuples qui acceptaient ses présents. On le vit aux jeux Olympiques, revêtu d'un manteau dans l'étoffe duquel son nom était tissu en or. Au bas de son tableau A' Hélène, il traça ces vers d'Homère : « Ne vous étonnez pas que Priain et les Troyens se soient exposés a tant de maux pour Hélène, puisque sa beauté égalait celle des déesses. ■ Au-dessous de son Athlète, il écrivit cette inscription : ■ Il sera plus facile de l'envier que de l'imiter. » Sa gloire, comme on voit, l'avait étourdi. A côté de ces mots orgueilleux, on cite une réponse de lui qui n'est pas exempte de vanité, mais qui est pleine aussi de justesse et de sens. « Je peins vite, disait Agatharque à Zeuxis.. — Moi, je peins lentement, répondit celui-ci, mais je peins pour longtemps. » On prétend qu'en regardant un tableau qu'il venait d'achever, et qui représentait une vieille femme, il fut pris d'un tel accès de rire qu'il en mourut. Lorsqu'il fut mort, ses œuvres se vendirent à des prix exorbitants. Après avoir orné la ville de Rome, la plupart furent transportées k Constantinople, où elles furent successivement anéanties dans les incendies qui ravagèrent cette nouvelle capitale.
En suivant les indications qui nous restent dans les auteurs, Zeuxis avait un style majestueux et noble, grandiose et expressif, un dessin large et pur, analogue à celui de Phidias et de son école. « Zeuxis, dit Léo Joubert, traitait de préférence des sujets mythologiques, se rapprochant en cela de son grand prédécesseur Polygnote, dont il s'éloignait, du reste, par la perfection plus minutieuse de son art et par une imitation plus exacte de la nature. Il gardait pourtant de cette école précédente le sentiment de la grandeur qu'il traduisait avec moins de simplicité, avec plus de préoccupation de l'élégance et de l'agrément. C'est ce qu'Aristote constate en lui reprochant de manquer de cette qualité que les Grecs appellent rfian,
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c'est-a-dire l'élévation morale. I! semble qu'entre Polygnote et lui il y eut la même différence qu entre Sophocle et Euripide ; mais si son art était moins noble, il était plus habile, plus riche, plus complet. » Zeuxis rechercha la maj esté dont IV liade avait imprimé l'idée dans l'esprit de tous lesGrecs;et pour atteindre ce but, dit Quintilien, il prêta quelquefois aux membres des contours trop robustes, même dans les figures de femme. Ses tableaux les plus célèbres étaient ceux de Pénélope, de l'Amour, de YBippocentaure femelle, que Sylla envoya à Rome et qui périt dans un naufrage; un Marsyas enchaîné, Alcmène, Hercule enfant étouffant des serpents, Jupiter sur son trône, entouré de tous les dieux, regardé comme son chef-d'œuvre ; plusieurs Hélènes, dont la plus célèbre est son Hélène courtisane, pour l'exécution de laquelle il avait fait poser nues les cinq plus belles jeunes filles d'Agrigente, et dont les anciens ne parlaient qu avec l'accent de l'enthou.siasme. Comme on le voit, Zeuxis ne peignait presque jamais que des sujets nobles et grandioses. Il ne dédaignait pas d'exécuter des figures monochromes en blanc, et les anciens prétendaient posséder des vases d'argile peints par lui.
ZEUXO s. m. (zeu-kso). Crust. Genre de crustacés, rapporté avec doute à l'ordre des amphipodes, et dont l'espèce type vit sur les côtes de l'Ile Maurice.
ZEUZÈRE s. m. (zeu-zè-re). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des hépialides ou zeuzérides, dont l'espèce type habite l'Europe :. Les zeuzères ressemblent assez aux cossus, (H. Lucas.)
— Encycl. Les zeuzères ont la tête et le corps couverts d'un duvet cotonneux; le corselet ovoïde ; les ailes supérieures longues, étroites, à sommet aigu; les ailes inférieures beaucoup plus courtes. Les chenilles sont cylindriques, avec un large éeusson corné sur le premier anneau et des points verruqueux noirs sur les autres. Elles vivent dans le tronc des arbres et se nourrissent de matières ligneuses. Les chrysalides sont longues, cylindriques, convexes en dessus, avec deux rangées transversales d'épines inclinées en arrière sur chaque segment de l'abdomen ; elles sont renfermées dans des coques composées de soie et de sciure de bois. Le zeuzère du marronnier, vulgairement appelé coquette, a une envergure de 0ra,06 à 0m,07 ; les ailes blanches, avec un grand nombre de points d'un bleu noirâtre, gros sur les ailes antérieures, petits sur les ailes inférieures ; le corselet blanc avec six points de même couleur ; les pattes et l'abdomen également d'un bleu noirâtre. La femelle a 1 anus terminé par une tarière jaunâtre. La chenille est cylindrique, d'un jaune pâle, avec la tête noire et de nombreux points noirs sur tout le corps. Elle vit dans l'intérieur des tiges du marronnier d'Inde, et de beaucoup d'autres arbres et arbrisseaux, tels que l'orme, le tilleul, le pommier, le poirier, le sorbier des oiseleurs, le houx, le noisetier, le lilas, etc. Ce papillon est répandu, en juillet et août, dans une partie de l'Europe ; il n'est pas rare aux environs de Paris.
ZELJZÉRIDE adj. (zeu-zé-ri-de — de zeuzère, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre zeuzère.
— s. m. pi. Tribu d'insectes lépidoptères nocturnes ayant pour type le genre zeuzère.
Il Syn. d'HKPIALIDES.
ZEVALLOS (Pierre-OrdoHès), voyageur espagnol, né en Andalousie dans la première moitié du XVie siècle, mort vers 1630. Tout jeune encore, il s'embarqua pour l'Amérique, visita le Chili, les Antilles, le Mexique, puis se rendit aux lies Philippines, dans les Indes orientales, le Levant, parcourut ensuite l'Europe, arriva jusqu'en Islande et, après trente-quatre ans de voyages, il revint dans sa patrie. Zevallos, qui était parti comme simple soldat et était devenu capitaine, finit par se faire ordonner prêtre. On lui doit : Historiay viage del mondo, en los cincos partes de la Europa, Asia, Africa, America y Magellanica (Madrid, 1614, in-4°), où l'on trouve de bonnes observations sur les productions de chaque contrée, sur les positions des lieux et où il parle sans ménagement des cruautés exercées par ses compatriotes en Amérique ; Delaciones verdaderas de los regnos de la China, Cochinchina y Camboja (Jaen, 1628, in-4») ; //istoria de la antigua y continuada noblezadela ciudad de Jaen (Ja&n, 1628,in-4°).
ZEVECOT (Jacques), en latin Zevecetiui, poète hollandais, né à Gand en 1604, mort en 1646. 11 suivit quelque temps la carrière du barreau, qu'il abandonna pour embrasser la profession religieuse sous la règle de saint Augustin. Zevecot commençait à se faire avantageusement connaître par ses poésies latines lorsqu'il partit pour l'Italie (1624) , visita Rome, où il fut bien accueilli par le .pape Urbain, qui lui offrit inutilement plusieurs emplois, parcourut ensuite le Piémont et la France, puis revint dans sa ville natale. Comme il avait vu de près la corruption qui régnait dans le clergé, il se prononça aussitôt après son retour pour les réformes que Luther avait introduites dans l'Egiise, fit ouvertement profession de protestantisme en 1625, devint peu après professeur d'histoire et d'éloquence à Harderwick, se maria, eut