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une fille qu'il perdit en 16'Sd, tt «prouva un tel chagrin de cette perte qu'à partir de ce moment il cessa de composer des vers, ne fit plus que languir et mourut à l'âge de quarante-deux ans. Zevecot passait aux yeux de ses compatriotes pour le premier poète latin de sou temps. Il composa trois livres à' Elégies, deux tragédies, Maria grsca et Rosimunda, dépourvues d'action et déclamatoires, mais où l'on trouve quelques pensées fortes; des Epigrammes, dont quelques-unes touchent a l'obscénité ; des Sylves, dont la plus remarquable est une satire contre la dépravation des mœurs; une tragi-comédie, intitulée Esther; une tragédie en vers flamands, le Siège de Leyde (1626); des Emblèmes, des écrits satiriques contre la maison d'Autriche : Observata politica ad C. Suetonii Julium Cxsarem (Amsterdam, 1630, in-24) et Observationes maxime polilicx in L. Florum (Harderwick, 1633, in-12). Zevecot a publié plusieurs éditions de ses poésies; la dernière a pour titre Jacobi Zevecotii J. U. D. poematum editio ultima (Amsterdam, 1740, in-iï).
ZÉvelca s. m. (zé-vèl-ka). Tablier que
Fortent les paysannes moldo-valaques. 1 On appelle aussi fota et pkstelca.
ZEVENBERGEN, bourg du royaume de Hollande, province du Brabant septentrional, arrond. et à 16 kilom. N.-O. de Bréda, sur un petit canal; 3,600 hab.
ZEVENEEUEN, bourg de Belgique, province de la Flandre orientale, arrond. et a 10 kilom. N.-E. de Gand; 2,800 hab. Fabriques d'étoffes de coton et de siamoise; tissage de fil et de coton; fabrique d'amidon, teintureries. Commerce de graiues, lin, toiles et bêtes à cornes.
ZEVIO , bourg du royaume d'Italie, province, district et mandement de Vérone ; 5,150 hab. Commerce de soie et de bestiaux. On y voit un beau château, entouré d'un large fossé.
ZEVIANI (Jean), médecin italien, mort à Vérone dans la seconde moitié du xvmo siècle. Il pratiqua l'art de guérir avec beaucoup de distinction et publia k Vérone les ouvrages suivants, qui ne sont pas sans mérite : Nuovo fonte de cavnr pronostici nelle malattie (1754, in-4°); MetUodo circa Vuso délia purga e del solasso (1752, in-4°); Sopra lo scorbuto (1770, in-S°) ; Délia cura dei bambini attaccati dalla rachiiide (1761, in-s«) ; l'rattalo delflaio a favore degli ipocondriaci 11701, in-40).
ZÉVORT (Charles-Marie), littérateur français, né à Bourges en 1816. En sortant de l'Ecole normale, où il avait été admis en 1836, il fut chargé eu 1839 de la chaire de philosophie au collège de Rennes et y fut en butte a de vives hostilités do la part des cléricaux et des adversaires de l'Université. En 1846, M. Zévort alla également professer la philosophie k Metz et fut nommé en 1S50 inspecteur de l'académie de Montpellier. S'étant trouvé activement mêlé à un conflit qui intéressait la dignité du corps universitaire et ayant éprouve de vifs ennuis à ce sujet, il donna sa démission et fit l'éducation des enfants du duc d'Uzès. Toutefois, en 1856, il accepta le poste d'inspecteur d'académie à Aix. Depuis lors, il est devenu vice-recteur (1860), recteur (1862) k Chambéry, à Bordeaux et à Aix (1874), et a été nommé, cette, dernière année, commandeur de la Légion d'honneur. M. Zévort s'est fait surtout connaître par des traductions estimées d'ouvrages grecs: la Métaphysique d'Aristote (1840- 1841, 2 vol, in-8°), traduite pour la première fois en français,en collaboration avec M. Pierron ; la Vie des philosophes de l'antiquité, par Diogène Laerce (1848, 2vol.in-18); ^Histoire de la guerre du Péloponèse, de Thucydide (1853, 2 vol. in-18),etc. Citons encore de cet érudit : Dissertation sur la vie et la doctrine d'Anaxagore (1843).
ZEXMÉNIE s. f. (zèk-smé-nl). Bot. Syn.
douteux de lipochétk.
ZEYAN (Abou-Djomaïl), appelé Zaen par les historiens espagnols, dernier roi maure de Valence. Il vivait dans la première moitié du XHte siècle de notre ère et descendait de Mohammed-ben-Saad, qui avait régné pendant vingt-cinq ans sur une partie de l'Espagne orientale. Ayant excité k Valence une sédition contre les Almoliades, qui avaient renversé sa famille, il chassa de cette ville le roi Abou-Zéid , le vainquit dans plusieurs combats et le força à aller chercher eu 1229 un refuge à la cour du roi d'Aragon, don Jayme le Conquérant, où il se lit chrétien. Comme il possédait à peine la moitié du royaume de Valence , Zeyan résolut de s'agrandir et profita des embarras du roi de Murcie et de Cordoue, en guerre avec les rois de Castille et de Léon, pour lui enlever Dénia, puis ravagea l'Aragon pendant une expédition de don Jayme contre les îles Baléares. Mais ce prince, de retour dans ses Etats, reprit l'offensive contre Zeyan, lui enleva plusieurs places et lui fit une guerre qui dura plusieurs années. Le roi maure, qui uvalt k lutter dans son royaume contre des factions hostiles, notamment contre les partisans des Almohades, et qui trouvait des difficultés k réunir de l'argent et des troupes pour combattre l'ennemi du dehors, entama des négociations avec don Jayme, Mais celui-ci les repoussa et, trouvant l'occasion
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favorable pour accabler son ennemi, prit avec Abou-Zéid la route de "Valence et vint mettre le siège devant cette ville. En peu de temps sa petite armée ae grossit de nombreux renforts venus de tous les points de la chrétienté, et bientôt don Juyme compta sous ses ordres 60,000 combattants, pendant qu'une flotte de bâtiments fiançais et catalans bloquait la place pur mer. Zeyan, de son côté, reçut des secours des rois maures de Telmesen et de Murcie. Néanmoins, après une résistance de cinq mois, il se vit contraint de signer la reddition de Valence et de consentir à la perte de toutes ses possessions au nord du Xucar. Bientôt même il ne lui resta de ses Etats que la ville de Cullera, qu'il perdit dans une nouvelle guerre. D'après une version, Zeyan prit part ensuite aux troubles de Murcie, dont il fit périr le roi. D'après une autre, il aida, au contraire, ce prince à comprimer la révolte du wali de Lorca et reçut en récompense les villes de Lorca et de Curthagène (i243). Quoi qu'il en soit, à partir de cette époque, la plus profonde obscurité enveloppe la vie de l'ancien roi de Valence.
ZEYHÉR1E s. f. (zè-ié-r! — de Zeyher, savant allem.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des bignoniacées, tribu des técomées, comprenant deux espèces, qui croissent au Brésil et h. la Guyane. Il Syn. de gkigérie, autre genre de végétaux.
ZEYR1NG, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Styrie, cercla et à 31 kilotn. N. de Judenburg, au pied des Alpes Styriennes ; 2,800 hab. Mine d'argent, mines de fer, forges et aciéries.
ZÉZAIEMENT s. m. (zé-zè-man — rad. zézayer). Grainui. Action ou manière de zézayer : Le zézaiement est très-commun chez les enfants. L'évêque de Rennes ■parlait avec un léger zézaiement qui n'était pas sans grâce. (Château b.)
ZÉZAYER v. n. ou intr. (zé-zè-ié — rad. z). Gramm. Prononcer des z au lieu des,? et des g doux, comme zardin, manzer, zouer, au lieu de jardin, manijer, jouer; de s dur au lieu de ch, comme sarmanl, serser, au lieu de charmant, chercher.
— Activ. Prononcer en zézayant : Zézayer tous ses mois.
ZEZERB, rivière du Portugal, province de Beiia. Elle prend sa source dans la serra da Slrellu, coule au S.-O. et se jette dans le Tage, à l'O. d'Abrantès, après un cours de 175 kilom.
ZGlEItZ, ville de la Russie d'Europe, dans la Pologne, gouvernement de Varsovie, sur la Bzura; 5,600 hub.
ZHINGA ou ZINGllA-BANDl, célèbre reine des nègres d'Angola, née en 1582, morte en 1663. On l'a appelée l'Elisabeth de la race noire. Son père, Bandi, roi d'Angola , s'était vu enlever une grande partie de ses Etats par les Portugais. Il avait laissé le trône à son fils Ngola-Bandi qui, dans la crainte d'une rivalité dangereuse, avait mis à mort un enfant de sa sœur Zhinga. La princesse dissimula son ressentiment, afin d'en mieux tirer vengeance. Ngola-Bandi, battu par les Portugais, chargea Zhinga d'aller négocier avec eux. Elle partit pour Loanda, chef-lieu des établissements portugais, accompagnée d'une suite nombreuse, et montra dans les négociations un bon sens et une fermeté qui étonnèrent les Portugais. On demandait que Ngola- Bandi reconnût la suzeraineté du roi de Portugal et lui payât un tribut annuel. Elle refusa fièrement et obtint même un traité d'alliance, à la condition que les prisonniers portugais seraient rendus par son frère et que certains avantages commerciaux seraient accordés aux Européens. Elle resta, À la suite de cette négociation, pendant près d'un mois à Loanda. On s'efforça de l'attirer au christianisme. Elle consentit par politique à recevoir le baptême. Revenue auprès de son frète, elle iinit par le taire empoisonner, poignarda de sa main un enfant qui restait de lui et s'empara du trône. Après quoi, elle ne songea qu'à se débarrasser des Portugais. Elle réunit des forces considérables, les disciplina, rassembla des armes et des provisions en grande quantité, s'allia avec les Hollandais, les tribus guerrières des Uiagas et le roi de Congo, et, attaquant les Portugais à l'improviste, remporta sur eux quelques avantages. Mais en 1G48, doin Salvar Oorréa reprit 1'oli'ensive, battit les Hollandais et s'avança jusqu'au cœur des Etats de Zhiuga. La reine fut obligée de se retirer dans les déserts avec les débris de ses troupes. Tout lui manquait, soldats, armes, munitions. Elle uo se découragea pas. Ou lui proposa des arrangements qu'elle repoussa. Proclamée reine par les Giagas, elle soutint pendant de longues années la guerre contre les Portugais, et ses incursions sur leur territoire leur firent éprouver des pertes sérieuses. On ne put ni la soumettre par les armes ni la gagner par des présents. Elle avait abjuré le christianisme depuis longtemps, lilio fut une fois cernée par les troupes ennemies dans la petite lie de Uoanza et allait être prise après une résistance désespérée, lorsqu'elle demanda une trêve de vingt-quatre heures, qu'on lui uccorda. Elle en profita pour passer la rivière avec les siens, eu trompant la surveillance des ennemis, et elle gagna la province d'Oacco, d'où elle tomba a l'nnpru-
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viste sur les Portugais et reconquit la plupart des provinces qu'elle avait perdues. Mais les Portugais lui suscitèrent des ennemis parmi ses voisins. Le Giaga Cassange envahit le Malamba en son absence; elle fut forcée de revenir. Tombée malade, elle vit le viceroi lui offrir la paix. Elle réclama la restitution de ses provinces, sinon elle déclara qu'elle poursuivrait la guerre à outrance. Elle recommença en effet la lutte, dont les chances lui furent encore défavorables, malgré son énergie. Sa sceur, qu'elle avait envoyée & Loanda pour espionner les mouvements des ennemis, sous couleur de négocier avec eux, fut livrée au supplice par les Portugais. Enfin, à bout de ruses et de forces, elle accepta la paix. Elle abjura solennellement en 1655, exhorta ses sujets à se faire chrétiens et conclut un traité de paix définitive avec les Portugais; mais, malgré les exhortations des capucins qu'elle avait pris pour conseillers, elle refusa toujours de se reconnaître vassuie du roi de Portugal. Dans cette dernière période, elle abolit la polygamie dans ses Etats, jeta les fondements d'une grande ville dont elle voulait faire sa capitale et essaya de civiliser ses peuples.
ZilKALL, dieu Scandinave, fils d'Heimdall. Ainsi que ses frères, Asi et Fadir, il fut père d'un tiis qui eut à son tour douze enfants. Ce fut des enfants de son fils Aï que sortit la classe des esclaves.
ZIA s. m. (zi-a — du gr. zeia, éneautre). Crust. Genre de crustacés isopodes.'de la famille des cloportides, dont l'espèce type habite l'Allemagne.
ZIANI (Sébastien), doge de Venise, mort en 1179. Après la mort du doge Vitale Micheli, poignardé dans une sédition populaire en 1173, la quaraniie apporta diverses modifications dans l'institution du dogat, dont le pouvoir fut contre-balancé par l'institution d'un sénat de 40 membres, d'un grand conseil de 470 membres élus, chargés de délibérer sur les affaires de la république, et d'un conseil intime, que le doge devait consulter avant de prendre ses décisions. Orio Malipieri fut alors élu doge, non par le peuple, mais par 11 citoyens délégués à cet effet, et, sur son refus u'aeeepter, ce fut Ziani qu'où désigna pour la première magistrature de la république. En 1177, le pape Alexandre III s'étant réfugié à Venise, le gouvernement consentit àlui prêter son appui dans la guerre qui venait d'éclater entre lui et l'empereur. Ziani se mit à la tète d'une flotte et prit dans un combat 4S galères ennemies et le prince Othon, fils de l'empereur. A la suite de cette bataille, Frédéric Baiberousse demanda à faire la paix et se rendit à Venise pour s'y réconcilier avec le pape. C'est alors que Ziani conclut, comme médiateur, la trêve de Venise entre l'empereur Frédéric Barberousse et la ligue lombarde, qui servit de base au droit public européen à cette époque. Ce fut ce doge qui, voulant consacrer par un acte public et en quelque sorte religieux l'empire de sa patrie sur la mer, institua la fameuse cérémonie des épousailles et prononça la déclaration : Desponsamus te, mare, in signum veri etperpelui dominii (1177). On a préteudu que le pape Alexandre III avait béni en personne ce singulier mariage et donné son anneau pour le jeter dans lu mer. Mais ce fait n'est pas prouvé. Cette même année, le pape retourna à Rome, accompagné de Ziani. Ce doge agrandit et décora de deux obélisques de granit la place Saint-Marc. Orio Malipieri lui succéda.
ZIANI (Pierre), doge de Venise, fils du précédent, mort en 1229. Il était comte de l'Ile d'Arbo et chef de la colonie vénitienne à Constan tinople lorsqu'il fut appelé à succéder à Henri Dandolo en 1205. Son long règne fut une époque de grandeur et de prospérité
Four la république, qui acheva de conquérir empire grec, prit Corfou, Malte, Candie (1207; et donna en fief k des gentilshommes vénitiens et français les lies de l'Archipel, Négrepont, l'Achaïe, dont ils s'étaient emparés. Gênes, effrayée par ces conquêtes, voulut les empêcher en armant ses flottes ; mais elle fut vaincue, et les Grecs ne furent pas plus heureux en attaquant les Vénitiens et les Français, qui s'étaient établis au milieu d'eux. Ziani envoya des secours à André de Hongrie, eu échange de ses droits sur la Dalnmtio (1217J. Affaibli par les infirmités et par l'âge, il se vit contraint d'abdiquer le dogat en 1229 et mourut un mois après. Jacopo Tiepolo lui succéda.
ZIBAN (les). C'est le nom donné, en Algérie, a la région voisine de Biskara et qui comprend plusieurs oasis. Les Ziban forment trois groupes principaux : le zab Dahuraoui ou du N., le zab Guebli ou du K., le zab Cherki ou de l'E. La population des Ziban comprend deux races distinctes : les nomades, qui émigrent dans le Tell; les habitants sédentaires des oasis, qui cultivent la terre et font la récolte des dattes. Les nomades sont en quelque sorte les seigneurs des ksours; ils y commandent en maîtres et méprisent le cultivateur, l'homme sédentaire, qui, la plupart du temps, n'ost que leur fermier. Les populations des oasis jouissent cependant d'une assez grande prospérité, due principalement à la production des palmiers, toujours tiès-abondante, et à la fabrication des haïks lins, des burnous et des riches tapis
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que' l'on rencontre sur les marchés d'Alger, de Constantine et de Tunis. Une autre source de cette prospérité est la situation même du pays des Ziban, qui en fait le lieu de transit pour le commerce des peuples de l'Afrique centrale avec les habitants des côtes. C'est au milieu des Ziban que s'engagea en 1849 la colonne expéditionnaire appelée k réprimer l'insurrection des tribus sahariennes.
ZIBELINE s, f. (zibe-li-ne. — Ce mot répond à l'italien zibellina, provençal sebelin, espagnol et portugais cebellina, zebellina, bas latin sabellinus, dont le primitif sabellum répond au vieux français et anglais sable, allemand zobel. Il nous a donné le terme héraldique sable, nom de la couleur noire). Mamm. Espèce de martre de Sibérie, qui fournit une fourrure très-estimée: On ne met au-dessus de la fourrure du glouton que celle de la zibblinb et du renard noir. (Bnff.) Les 21BKLINBS sont très-ardentes en amour. (V. de Bomare.) Il Fourrure que fournit cet animal : Le renard noir est, après la zibeline, la fourrure la plus belle et la plus chère. (Butf.)
— Encycl. La zibeline ressemble beaucoup au putois pour la taille et a la martre commune pour les couleurs. Elle a la mâchoire supérieure armée de petites dents très-aigues, tandis que l'inférieure présente six incisives assez longues et un peu courbées, avec six fortes canines ; la bouche entourée de longues moustaches. Son pelage est généralement d'un brun marron plus ou moins foncé et plus ou moins brillant, suivant les saisons; elle a les parties inférieures du cou et de la gorge grisâtres. Elle présente, du reste, plusieurs variétés de couleurs. Parmi les zibelines, les unes sont grises ; les autres, plus rares, sont blanches ; d'autres, enfin, out sous le cou une tache blanche, ou jaune. La couleur varie aussi suivant les saisons. Tel individu qui en hiver était brun noir se trouve en été d'un jaune brunâtre. Mais ce qui caractérise particulièrement cet animal, c est que ses pieds sont larges et entièrement garnis de poils en dessous.
La zibeline habite les régions les plus septentrionales de l'Europe et de l'Asie; mais, par suite de la guerre acharnée qu'on lui fait, elle est devenue très-rare et a même complètement disparu dans certaines provinces. Elle fréquente surtout le bord de3 neuves, les lieux ombragés et les bois épais. Elle vit dans des trous qu'elle se creuse dans la terre ou bien dans les cavités que présentent les tiges ou les racines des arbres ou les rochers. A défaut de ces retraites naturelles, elle se fait un abri dans les interstices des branches des arbres avec du menu bois, des mousses et du gazon. Cet animal est un peu nocturne ; il fuit la lumière vive et se cache une grande partie de la journée dans sa bauge. Par les temps de' neige, il se tapit dans son trou et reste quelquefois trois semaines sans sortir.
La zibeline vit de chasse pendant une grande partie de l'année ; elle lait la guerre aux belettes, aux hermines, aux écureuils et surtout aux lièvres; elle poursuit aussi les oiseaux et s'attaque même aux poissons.
Mais, dans la belle saison, elle préfère les fruits; elle mange volontiers des baies, et plus particulièrement celles du sorbier. Cet aliment lui cause des démangeaisons qui l'obligent à se frotter contre les arbres. Par là, sa peau s'use et devient défectueuse. Aussi a-t-on remarqué que, dans les années où les fruits du sorbier sont abondants, les chasseurs ont de la peine à se procurer de belles peaux de l'animal en question.
Les zibelines sont très-ardentes en amour; elles entrent en chaleur dans le courant de janvier, et cette période dure environ un mois chez elles. Les mâles se livrent entre eux. des combats furieux et quelquefois sanglants pour la possession des femelles. Pendant ce temps-là, ces animaux exhalent une odeur très-forte et désagréable. Après l'accouplement, la femelle reste encore au nid une quinzaine de jours. Elle met bas ordinairement vers la tin de mars, et sa portée est de trois, de quatre ou de cinq petits, qu'elle allaite avec soin pendant cinq ou six semaines.
La zibeline est très-agile, court avec vitesse et saute lestement d'arbre en arbre. Quand elle est poursuivie, elle fuit pendant longtemps en faisant raille détours avant de gaguer un asile assuré. Aussi sa chasse estelle difficile; elle devient même périlleuse dans les régions glacées du Nord, et les dangers augmentent en raison de la saison pendant laquelle a lieu cette chasse. D'ailleurs, comme le poil de ces carnassiers tombe au printemps, qu'il est très-court en été et n'est point encore assez fourni en automne, les peaux capturées à ces diverses époques sont de qualité inférieure et se vendent à bas prix. C'est surtout pendant l'hiver que l'on chasse la zibeline. Voici ce que dit à ce sujet V. de Bomare :
« Les chasseurs partent ensemble jusqu'au nombre de trente et quarante; ils s'embarquent en canot sur les rivières et prennent des provisions pour trois ou quatre mois. Ils ont un chef qui, lorsqu'on est arrivé au lieu du rendez-vous, assigne it chaque bande son quartier, son canton, qui rixe le temps du retour et auquel tous les chasseurs doivent obéir. La plus grande partie des zibelines se prend dans des pièges qu'on dresse en écar-
zich
tant la neige. Chaque chasseur en dresse vingt par jour ; il choisit un petit espace près des arbres; on l'entoure à une certaine hauteur de pieux pointus et on le couvre de petites planches, afin que la neige ne tombe pas dedans, en y laissant une entrée fort étroite, au-dessus de laquelle est placée une poutre qui n'est soutenue que par un trébuche!. Sitôt que la zibeline y touche pour prendre le morceau de viande ou de poisson qu'on a mis pour amorce, la bascule tombe et la tue. On cache les peaux de ces zibelines dans des trous d'arbres, de peur que les Tunguses errants ne les enlèvent. Avec les pièges, on emploie aussi les filets. Quand un chasseur a trouvé la trace d'une zibeline^ it la suit jusqu'à son terrier ou son nid et l'oblige d'en sortir au moyen de la fumée du feu qu'il allume à l'entrée. Son filet est tendu alentour. La zibeline, sortant de son trou, manque rarement de s'y prendre, et quand elle est bien embarrassée dans le filet, les chiens l'étranglent. Lorsqu'on voit des zibelines sur les arbres, on les tue à coups de flèches dont la pointe est émoussée, pour ne point endommager leur peau.
• Quand le temps de la chasse est fini, toutes les bandes de chasseurs se rassemblent auprès du chef commun, à qui l'on rend compte de la quantité de zibelines que l'on a . prises; on lui dénonce ceux qui ontprévariqué au règlement; le chef les punit. Ceux qui ont volé des peaux sont battus et privés de leur part au butin. En attendant le temps du retour, qui est celui du dégel des rivières, ô"n prépare les peaux des zibelines. Arrivés chez eux, les chasseurs donnent d'abord a l'église quelques-unes de leurs fourrures , suivant le voau qu'ils en ont fait avant de partir. Ces zibelines se nomment zibelines de Dieu. Ensuite ils payent leur tribut en fourrures aux receveurs du souverain ; ils vendeutle reste, et les profits se partagent également entre eux. Les peaux ou les fourrures de zibeline les plus chères et les plus estimées sont celles qui sont les plus noires et dont les poils sont les plus longs.
La zibeline joue un rôle considérable dans la pelleterie ; elle fournit des fourrures de luxe fort recherchées non-seulement en Europe, mais dans tout l'Orient et jusqu'en Chine. En Turquie, elles tiennent lieu de galons et de broderies et sont l'insigne du haut rang et de l'opulence. On a cherché, au ■ moyen de la teinture, a donner artificiellement aux zibelines dd qualité intérieure au inoins l'apparence des beautés qui leur manquent. Mais il est un mérite que l'on ne parvient pas k imiter; c'est la souplesse des poils et leur propriété de se courber dans quelque sens qu'on le3 pousse. Les zibelines les plus recherchées sont celles qui viennent de la Sibérie, surtout de Vitimski. On en trouve aussi au Kamtchatka , mais elles ne sont pas d'un aussi beau noir. Cependant les Chinois, qui ont le secret d'en embellir la couleur, les achètent k un prix assez élevé. Z1BELLO, bourg du royaume d'Italie, province de Parme, district et mandement de Borgo-Sau-Donnino; 3,700 hab.
ZIBETH s. m, (zi-bète — mot d'origine orientale, le même que le français civette, italien zibetto, cibelto, anglais civet, allemand zibet/i, grec du moyei: âge zapelion, etc.). Mamm. Espèce de martre, voisina de la civette.
— Encycl. Le zibeth a été confondu par plusieurs auteurs avec la civette. Il en diffère néanmoins en ce qu'il a le corps plus allongé et moins épais; le museau plus effilé, plus plat et un peu concave en dessus; les oreilles plus élevées et plus larges ; le cou dépourvu de crinière ; le poil bien plus court et plus doux; la queue plus longue. Il a d'ailleurs sur le dos et sur les flancs des taches plus nombreuses, souvent assez rapprochées pour former des lignes ; une bande noire bien distincte le long de l'épine dorsale. Cet animal habite l'Iude ; ses mœurs sont peu connues. Sa matière odorante, uuulogue à celle de la civette, est à peine employée en Europe, parce qu'il en vient peu du pays qu'habite l'animal. V. CIVBTTB.
ZIBÉTHIN, INE adj. (zi-bô-tain, i-ne — rad. zibeth). Mamm. Qui ressemble au zibeth. il Rat zibéthin, Rat musqué du Canada, qui répand une odeur de civette.
ZIBOG, idole des Wendes et des Sorbes, peu connue quant à ses attributions. Elleavait la ligure d'une femme.
ZICAVO, bourg de France (Corse), cheflieu ce canton, arrond. et à ai kilom. E. d'Ajaccio; pop. aggl., 1,370 hab.— pop. tôt., 1,642 hab. Récolte et commerce de vius, châtaignes et fruits.
ZICCA s. m. (zi-ka). Entoin. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, de la famille des ligéens, tribu des coréides, dont l'espèce type liabite la Guyane.
ZlCHliN (Eustache de), controversiste flamand, né à Zichen eu 1482, mort k Louvuin en 1538. il appartenait à la famille des Vau der Rivieren. Ce religieux, qui faisait partie de l'ordre des dominicains, enseigna la théologie dans diverses maisons de sou ordre et devint défiuiteur de la province de Flandre. Il défendit avec chaleur le catholicisme contre les luthériens. Ses principaux ouvrages sont ; Errorum Martini Lutheri brevis co«-
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futatio (Anvers, 1523, ir.-4°) ; Sacramentorum brevis elucidatio (Anvers, 1523), contra Luther; Apologia pro pittate in Erasmi Roterodami enchiridii canonem quintum (Anvers, 1531, in-12).
ZICHEN (te Père François db), théologien flamand, né à Zichen, mort en 1560. Il entra dans l'ordre des cordeliers, se signala par son talent de prédicateur st remplit diverses charges dans les couven s de Maëstrieht et de Malines. On lui doit, e Ure autres écrits : Pia meditaiio in oratione.n dominicain (Anvers, 1550) ; Exhortatio liconica ad mortem (Mafistricht, 1554, in-lG); Septem verborum quie Christus ex cruçe pritulit brevis et pia expticatio (Maëstrieht, 1156); Enarratio in prophetam Jeremiam (Col >gne, 1559, in-12).
ZICHY DE VASONYKElS, nom d'une des plus anciennes et des plus illustres familles de la Hongrie. Elle était d'origine tartare, et son nom ligure dans Ihistoire hongroise dès l'an 1210. Ses membres furent élevés en 1025 au rang de comte. Elle se partage ac- . tueilement en trois branches, celle d'Adony et Szent-Miklos, celle deNugy-Lang et celle de Paiotu. — Le comte Charles dB Zichy, né à Piesbourg en 1753, mort en 1826, devint, en 1786, obergespan du comitat de Raab .et président de la chambre lulique hongroise, puis judex curi& en 1788, et, en cette qualité, contribua éminemmmt à apaiser les mouvements qui agitaient la Hongrie. En 1802, il fut appelé à la prés dence de la chambreaulique générale et reçit, en même temps,, la direction des finances. Nommé, en 1808, ministre d'Etat, puis, en 1809, ministre de la guerre, il fut, en outrs, placé, pendant les années critiques 1813 <>t 18U, à la tête de l'administration intérieure. C'était l'un des membres les plus éloquents et les plus influents de la diète hongioise. — Le comte Ferdinand de Zichy, né en 1783, iieulenantfeld-maréchal et commant ant de la forteresse de Venise, capitula, en même temps que le comte Pallfy, avec les insurgés, le £2 mars 1848, et leur abandonna le commandement civil et militaire do la ville. Traduit devant un conseil de gueire et condamné, en juin 1848, à la dégradât on, à la perte de ses décorations militaires e; à dix ans de détention dans une forteresse, il fut gracié par l'empereur en janvier 1851. — Le comte Eugène dk Zichy, né en iso;i, était, en 1848, administrateur du comitat de Weissembourg. Pendant l'insurrection hongroise, il suivit le grand-duc palatin Etienne à Stuhlweissembourg et, après le départ de ce prince, ne voulut pas quitter cette ville. Les insurgés se saisirent de sa personi e, en l'accusant d'avoir des communications avec l'armée autrichienne, qui s'approchait, et d'avoir essayé de distribuer la proclamation de l'empereur. Traduit, le 30 septembre 1818, dans l'Ile de Csepel, devant un tribunal composé de nobles et présidé par Gcergei, il fut condamné à mort et passé par les armos.
ZIGHYE s. f. (zi-chl — du nom de la comtesse Zichy, dama autrichienne). Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants, du la famille des légumineuses, tribu des pfcaséolées, formé aux dépens des kennédyès, et comprenant une dizaine d'espèces, qui croissent en Australie.
ZICLOF (Wolfang), méde ;in allemand. V.
. Cyci.ops.
ZICRONE s. f. (zi-kro-ne). Entom. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, de la famille des scutellériens, tribu des peutatomites, comprenant trois espèces, dont la principale est commune en France.
Z1DORE adj. (zi-do-re — gr. zeidâra, qui donne la vie ; de zeô, je vis, et de doron, présent). My tho). gr. Surnom de Cérès, déesse des moissons.
ZIDBAC s. m. (zi-drak). Iîhthyol. Un des noms de l'hippocampe,
Z1EBLAM) (Georges-Frédisric), architecte allemand, né à Raiisbonne en 1800. H fut élevé par J. -Marie Quaglio et commença, dès 1812, ses études aitistiquss à l'Académie des beaux-arts de Munich, sous la direction dé Fischer. Il y travailla pendant douze uns, et les plans et dessins qu'il exécuta dans cet intervalle attirèrent l'attention du roi Louis, qui l'envoya à ses frais en Itilie pour y étudier les anciennes basiliques, arin d'en faire ensuite construire une à Mur. ich. Son attention se porta aussi, pendant ;;ou séjour dans cette contrée (1827-1829), sur les décorations de Pompéi, d'après lesquelles il traça l'esquisse des décorations murales de la villa Malia, qui appartenait au roi Louis à Rome, travail qui fut ensuite exécuts sous la direction de Wagner. A son retour a Munich, Ziebland fut attaché k la sect on d'architecture du ministère et devint, eu même temps, membre de la commission d'architecture.
Après avoir dirigé la construction du nouveau local de la commission du cadastre et celle du monument d'Aibling(:tyle gothique), il fut chargé d'exécuter le plan du baldaquin de fonte du tombeau des princ îs dans l'église des théatins de Saint-Gaétan à Munich; c'est là que se trouvent aujourd'hui les cercueils du roi Maximilien 1er et delà :eine Caroline. Il dirigea lui-même, de 1842 a 1843, la fonte de ce monument à la fonderie royale de Munich, Dans l'intervalle, il ava t posé (12 octobre 1835) lt première pierre de la basilique
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consacrée à saint Boniface, qui fut terminée en 1848. A part les colonnes, cet édifice est tout entier construit en briques et a un aspect imposant à cause de la sévère simplicité de son extérieur et de ses colossales dimensions. Dans l'intérieur, en revanche, éclate toute la magnilicence que peut comporter le style dans lequel il est construit. Les cinq nefs sont séparées les unes des autres par quatre rangées de seize colonnes de marbre; tous les détails sont d'une rare délicatesse de plan et d'exécution; la partie supérieure des murs et le chœur sont ornés de fresques de Henri Hess; les poutres et les chevrons sont peints et dorés. Immédiatement après le chœur, on trouve le couvent de Saint- Boniface, construit dans un style tout à fait simple, et, après cet édifice, en face de la glyptothèque, les bâtiments de l'exposition industrielle, qui ont été terminés en 1845 et dont la construction s'est faite aussi d'après les plans et sous la direction do Ziebland, Ce dernier a été chargé, à la mort d'Oblmuller, de terminer l'église de Sainte-Marie, dans le faubourg d'Au à Munich, ainsi que de surveiller et de continuer les travaux artistiques du château de Hohenschwangau, qui a- été considérablement agrandi par les nouvelles constructions qu'il y a ajoutées.
Z1EGELBACER (Magnoald), érudit et bénédictin allemand, né à Elwangen (Souabe) en 1696, mort à Olmutz en 1750, Admis en 1707 dans l'ordre des bénédictins, il fut chargé d'enseigner la philosophie et la théologie dans divers couvents de son ordre, alla ensuite remplir une mission à Vienne, puis se rendit en Bohême et présida à l'organisation du collège académique de Prague. De retour à Vienne, il se mit à rédiger le catalogue de tous les. écrivains qui avaient fait des ouvrages sur la Bohême. Quelque temps après, en 1747, il devint secrétaire de l'Académie des inconnus, à Olmutz. S'étant mis à composer un ouvrage dans lequel il signalait au pape les abus commis par le clergé dans ce pays, il fut empoisonné, dit-on, par des personnes intéressées à ce que ce livre ne fût pas achevé. Ses principaux ouvrages sont : De l'étendard de saint Georges (Vienne, 1735); Vie et histoire de saint Etienne (Vienne, 1736); Epitome hislorica monasierii Brennoviensis prope Pragam (Cologne, 1740, in-fol.) ; Bistoria didactica de crucis cullu in ordinem S. Benedicti (Vienne, 1746); Centifolium camaldulense (Vienne, 1750, in-fol.), prospectus d'une bibliothèque historique sur les religieux camaldules; Bistoria rei litterarim ordinis S. Benedicti (Augsbourg, 1754, 4 vol. in-fol.), son ouvrage capital, publié après sa mort par son collaborateur dom Legipont.
ZIEGELERZ s. ra. (zié-ghé-lèrz). Miner.
Minerai de cuivre rouge mêlé de. peroxyde de fer. il On dit aussi zikgbline et ziguélink.
— Encycl. Le ziegelerz, appelé aussi cuivre oxyaulé, cuivre oxydé rouge, cuivre vitreux, est un protoxyde de cuivre, (J'est une substance rouge, lithoïde ou vitreuse, cristallisant en octaèdres réguliers, rayée par une pointe d'acier, rayant le calcaire, et d'une pesanteur spécifique égale à 5,7. Attaquable par l'acide azotique, elle fond au chalumeau en une matière noire et peut se réduire en globules de cuivre. Elle présente les variétés suivantes ; cristallisée, en octaèdre ou en dodécaèdre rhoniboïdal, parfois modifié sur les angles et les arêtes; capillaire, en fines aiguilles entre-croisées d'un rouge vif; compacte, en masse vitreuse, à cassure conchoïde; lithotde, en masses lithoïdes plus ou moins agrégées. Le ziegelerz se trouve dans les dépôts de chalkosiue et de ehalkopyrite, avec l'azurite, a Chessy (près de Lyon), dans l'Altaï et les monts Qurals.
ZIEGENBALG (Barthélémy), célèbre missionnaire protestant allemand, né à Pulsnitz (haute Lusace) en 1683, mort en 1719. 11 fit ses études théologiques à Halle et se trouvait a Berlin lorsque, en 1705, il se rendit en Danemark à l'appel du roi Frédéric IV, qui voulait fonder une mission dans les Indes. Après avoir reçu les ordres à Copenhague, il s'embarqua et arriva en 1706 dans la colonie de Tranquebar, sur la côte de Coromandel, avec un autre missionnaire, nommé Plustow. 11 se mit aussitôt à étudier avec ardeur le tamoul, langue parlée par les indigènes, et fut en état, dès 1707, de prêcher le catéchisme dans cette langue; mais il eut à lutter non-seulement contre les défiances et la haine que les Européens inspiraient aux indigènes, mais encore contre la résistance du gouvernement colonial danois, qui le fit emprisonner et ne lui permit pas de continuer la traduction qu'il avait commencée du Nouveau Testament en langue tamoule. Ce ne fut qu'en 1709 que des ordres sévères venus de la mère patrie lui rendirent la liberté nécessaire à ses travaux. A partir de ce moment, il redoubla de zèle, et, comme les ressources de la mission avaient considérablement augmenté, il lit fondre en Europe des caractères tamouls afin de propager la foi sur la côte de Cororaandel en y répandant des ouvrages religieux compréhensibles pour le peuple. Après avoir fait un voyage à Madras et dans les pays voisins (1711), Ziegenbalg retourna en Europe, alla rendre compte de sa mission au roi de Danemark (1715), reçut le titre d'inspecteur de la mission de Trauquebar, puis visita la Hol-
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lande, l'Allemagne, l'Angleterre, ou le roi George 1er l'accueillit avec une grande bienveillance, et revint, en 1716, dans les Indes, rapportant des secours en argent qui lui permirent d'organiser une imprimerie et de publier de nombreux ouvrages. En même temps, il reprit avec un zèle infatigable ses travaux apostoliques, pénétra dans l'intérieur de l'Inde (1718), où ses efforts furent couronnés de succès, et mourut à l'âge de trente-six ans d'une maladie d'entrailles. ■ On a de la peine a comprendre, dit Parisot, comment une vie si courte a pu suffire à tant d'études, de travaux, de voyages, de débats; comment ce même homme pouvait prêcher l'Evangile sur toute la côte, composer des lexiques et des grammaires, déjouer les intrigues des ennemis de la mission, solliciter les protections et les secours en Kurope, enfin créer "et surveiller une imprimerie. » Ziegenbalg écrivait avec une grande pureté l'idiome tamoul. Il a laissé plusieurs ouvrages qui n'ont encore rien perdu de leur valeur. Tels sont, entre autres : Y Ecole de la sagesse (Halle, 1707) ; le Christianisme agréable à Dieu; Lettres sur l'état des idolâtres dans les Indes orientales (Halle, 1718) ; Novum Testamentum tamulicum (Tranquebar, 1714) ; Grammtitica tamulica (Halle, 1716, in-4°), remarquable par la clarté et la méthode ; Theologia thelica (Tranquebar, 1717) ; Explicatio doctrinx cfiristians damulice (1719); Biblia tanvdica (1723). Citons encore : Rapports détaillés sur la mission (Halle, 1710 et suiv.), recueil qui fut continué sous son nom jusqu'en 1770, et la Généalogie des dieux du Malabar (Erlangen, 1858), publiée d'après un de ses manuscrits par le missionnaire Germann.
ZIEGENBEIN (Jean-Guillaume-Henri), écrivain allemand, né a. Brunswick vers le milieu du xvme siècle, mort dans la même ville en 1824. Il se lia avec Leasing, Zacharie et autres savants et attira par ses talents l'attention du duc de Brunswick, qui le chargea de diriger les écoles de son duché. Devenu surintendant général à Blankenbourg, il y établit des écoles pour les jeunes filles, fut ensuite nommé abbé de Michelstein, devint, à ce titre, membre des états du duché et proposa, pour la propagation de l'instruction, d'excellentes mesures, qui furent adoptées. Outre plusieurs écrits relatifs à l'éducation, on a de lui : Vie ,et écrits rf.e Calvin et de Bèze (Hambourg, 1789-1790," 2 vol. ïn-8») ; Résultat de nos observations à ia fin de l'année 1793 (Brunswick, 1794, in-8°); Sur les avantages des écoles tenues le dimanche en Angleterre (Brunswick, 1794, in-4°),
Z1EGENHAGF.N (George), médecin allemand, qui vivait au xvme siècle. On manque de renseignements sur sa vie; mais il a laissé divers ouvrages et opuscules estimés, entre autres : la Cataracte et les moyens de la guérir (Strasbourg, 1788, in-80); Instructions élémentaires pour le traitement pratique de toutes les affections vénériennes (Augsbourg, 1789, in-8°); Essai sur la théorie de l'inflammation (Strasbourg, 1790, in-8')).
Z1EGENHAGEN (F.-Henri), pédagogue allemand, né en 1753, mort près de Strasbourg en 1806. Il était négociant à Hambourg lorsque, s'étaut occupé d'études philosophiques, il imagina un système d'éducation dans lequel, à l'exemple de Rousseau, il prend pour point de départ la nature. 11 abandonna alors Je commerce et, désireux de mettre ses idées à l'épreuve de la pratique, il fonda un institut d'éducation, qu'il dirigea pendant plusieurs années. Ziegenhageu a exposé ses vues dans un ouvrage intitulé : Théorie des vrais rapports de l'homme avec les ouvrages de la création, qui, étant publiquement introduite et pratiquée, peut seule opérer le bonheur du genre humain (1792). Cet ouvrage, fort recherché des bibliomanes allemands, contient des idées ingénieuses et des observations pleines de finesse et de vérité; mais il est assez mal écrit et manque d'intérêt. La Théorie de Ziegenhageu fut supprimée par ordre de l'autorité.
ZIEGEÏSHA1N, bourg de Prusse, province de Hesse, chef-lieu du cercle et du bailliage de son nom, à 35 kilom. de Marbourg, sur la Schwalm; 2,200 hab. On y voit un ancien château fort des comtes de Ziegenhain, fondé au commencement du xiia siècle et autrefois capitale du comté de sou nom. C'est là qu'était le dépôt des archives de la Hesse avant l'annexion de ce duché à la Prusse. La ville, autrefois fortifiée et la plus forte place de la Hesse , fut démantelée par les Fiançais, en 1806.
ZIEGENHALS, ville de Prusse, province de Silésie, régence, cercle et à 22 kilom. S. de Neisse, sur la Biele; 3,800 hab. Culture du lin ; fabrication importante de toiles et de poterie.
ZIEGENRCCK, en latin Caprx Dorsum, bourg de Prusse, province de Saxe, cheflieu du cercle de son nom, dans la régence et à 71 kilom. S.-E. d'Erfurt, sur la Saale et le Debrebach ; 1,300 hab. Aux environs, belles carrières d'ardoises.
Z1EGLEK (Jacques), théologien et mathématicien allemand, né à Landshut (Bavière) vers 1430, mort à Passau en 1549. Lorsqu'il eut reçu les ordres, il se mit à parcourir l'Allemagne et la Hongrie, explorant les bibliothèques et les archives pour y recueillir des
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matériaux historiques, se lia à Bude avec Celio Calcagnini, qui avait accompagné dans cette ville le cardinal Hippolyte d'Esté, et, n'ayant pu, comme il l'espérait, obtenir un bénéfice en Hongrie, il se rendit à Rome et entra en relations avec plusieurs savants personnages, notamment avec Magnus, archevêque d'tfpsal, et Pierre d'Arosen, évoque de Vesteras, qui lui procurèrent des renseignements intéressants sur la Scandinavie. Par la suite, Ziegler devint secrétaire de Georges Fronsperg ou Frundsberg, général de Charles-Quint, et assista, en 1526, au sac de Rome. S'étant rendu ensuite a Ferrare, il y vécut pendant quelque temps auprès de son ami Calcagnini, qui essaya, mais vainement, de le retenir en Italie en lui faisant offrir une chaire de mathématiques. Désireux de revoir sa patrie, Ziegler revint en Allemagne, après s'être arrêté quelque temps à Venise, devint, selon quelques écrivains, professeur à Ingolstadt, puis s'établit à Vienne, où il ouvrit une maison d'éducation; mais, les Turcs menaçant sans cesse de fondre sur cette ville, il la quitta pour aller chercher une paisible retraite auprès de Wolfgatig, évêque de Passau. Ce fut iii qu'il termina sa vie, occupé, jusqu'à la fin, de l'étude des lettres et des sciences.
A une haute intelligence, Ziegler joignait une douceur de caractère et une affabilité qui lui firent des amis partout où il passa. Ennemi des abus, il signala à plusieurs reprises ceux de l'Eglise, les empiétements de la cour de Rome, et entra en relations épistolaires avec Luther; il resta néanmoins fidèle à la foi catholique. Ce savant théologien a laissé de nombreux ouvrnges, dont quelques-uns.
ont été mis à l'index par l'inquisition. Nous nous bornerons à citer Ses principaux : LibriV adversusWaldenses (Leipzig, 1512, in-12); Libellus adversus Jacobi Stunics maledicentiam (Bàle, 1523, in-8<>), défense de la traduction du Nouveau Testament par Erasme, son ami ; In Plinii de naturali kistoria librum sectmdum. commentarius (Bàle, 1521, in-fol.); Syria ad Ptotemaici operis rationem, prxterea Strabone, Ptinio et Àntonino aucioribus tocupleta, Arabia Petrea, sive iiinera fitiorum Israël per desertum, etc. (Strasbourg, 1532, in fol.), rare et précieux recueil ; Christierni II, régis Danmurchis, crudelitas in proceres Suecis et populum Bolmensem (Bàle, 1536, in-fol.), où l'on trouve des particularités exactes et curieuses; Liber de construclione solids sphers (Bâle, 1536, in-4°); Conceptionum in genesim mundi et Exodum commentarii (Bàle, 1548, in-fol.), etc.
ZIEGLER (Jérôme), poète et biographe allemand, né à Rotenbourg vers 1520, mort à une époque inconnue. Il enseigna la littérature à Augabourg, puis à l'académie d'Ingolstadt (1554), et composa plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Scholia in Plinium de viris illustribus (Augsbourg, 1542); Protolapsus sive de creatioue hominis, comico-tragœdia; Isaaci immolatio monotheria; Samson, Heli sive Pcedonothia, trois pièces insérées dans les Dramata sacra Veieris Tes* tamenti (Bàle, 1547, 2 vol. in-8u); Cyrus Major, drama tranicum (Augsbourg, 1547, in-8°); Christi vinea,drama sacrum (Bâle, 1550, in-S°); Régales nuptis, drama eomico-trayieum (Augsbourg, 1553, in-80).
ZIEGLER (Jean-Erhard), jésuite allemand, né k CEdikhoven, près de Spire, en 1569, mort en 1636. Il se fit recevoir docteur en théologie, professa la philosophie, les mathématiques et la théologie à Mayence, remplit ensuite les fonctions de recteur dans cette ville et à Aschaffenbourg, et devint confesseur des archevêques de Mayence. On lui doit des Oraisons funèbres et une édition des Œuvres mathématiques du Père Clavius (Mayence, 1612, 5 vol. in-fol.).
ZIEGLER (Gaspard), jurisconsulte et eanoniste protestant allemand, né h Leipzig en 1621 , mort en 1690. Après avoir étudié la théologie et l'hébreu, il apprit le droit, se lit recevoir docteur en 1654, fut nommé cette même année professeur d'Institutes à Wittemberg, enseigna successivement ensuite le Digeste (1657), Je Code, les Décrétâtes (1662), deviut membre du tribunal d'appel et lit, a partir de 1664, partie du tribunal ecclésiastique. Pendant toute sa vie, il éprouva de violentes douleurs de tête, causées par une chute qu'il avait faite dans son enfance; il fut ensuite tourmenté par la pierre et eut, peu de temps avant de mourir de cette mala- ■ die, une jambe cassée en tombant. Ziegler était un homme d'une grande instruction et jouissait dune réputation méritée. « Il fut le premier, dit Schoell, qui réunit l'étude de l'histoire ecclésiastique à celle du droit canon et qui, non content d'expliquer celui-ci, le soumit à une critique sévère.» Ses principaux ouvrages sont : De dote Ecclesis (1678) ; De episcopis eorumque juribus, privitegiis et 01vundi rations (1685), ouvrage qui fut classique. On lui doit, en outre, des dissertations fort estimées sur divers points de droit, dont un certain nombre qnt été réunies et publiées à Leipzig (1712, in-40), une édition du droit canon de Lancelot, avec commentaires, dans laquelle il montre son grand savoir comme canoniste,et un grand nombre de madrigaux et d'élégies sacrées, en allemand.
ZIEGLER (François de), médecin suisse, né à Schaffhouse vers la fin du xvne siècle, mort
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en J761. Il occupa, k partir de 1731, une chaire (la médecine a l'université de Rinteln. C'était un homme fort instruit, à qui l'on doit un grand nombre de dissertations intéressantes et instructives. Nous citerons, entre autres : De aphonia periodica a vermibus orta (Bâle, 1724); Programma de naturs benegnitate eirca conservandos incolas çuosdam (1737, in-4°); Programma de creati hominis officio primario (1748, iu-8°) ; Dissertatio de sarcomaie curato (1754, in-40,1, etc.
ZIEGLER (Chrétien-Jaeques-Auguste), médecin allemaud, né à Quedlinbourg en 1735, mort en 1795. Il prit le grade de docteur à Halle, puis revint dans sa ville natale, où i! reçut le titre d'archiàtre et introduisit le premier l'inoculation. Celait un savant praticien, qui se vit consulter par plusieurs princes et souverains de l'Allemagne. Indépendamment d'articles insérés dans divers journaux de médecine et d'histoire naturelle, on lui doit: Sur les maladies de l'esprit ( Halle, 1762, in-4°); Observations sur l'inoculation et la petite vérole (Quedlinbourg, 1776, in-8°); liemarques sur la médecine, la chirurgie et la jurisprudence médicale (Leipzig, 1787,in-8o).
ZIEGLER (Frédéric-Guillaume), acteur et auteur dramatique allemand, né a Brunswick en 1760, mort à "Vienne en 1827. 11 avait déjà, paru sur quelques scènes secondaires, lorsque sa bonne mine et ses rares talents attirèrent l'attention de l'empereur Joseph If, qui l'envoya à ses frais poursuivre ses études dramatiques dans les meilleurs théâtres de l'Allemagne et le fit ensuite engager a celui de la iour, à Vienne, où Ziegler joua près de quarante ans avec un succès qui ne se démentit jamais. Non content de la réputation qu'il avait acquise comme acteur, il en désira une autre, celle d'auteur dramatique, et, ses premiers essais ayant été favorablement accueillis, il devint l'un des écrivains les plus populaires et les plus féconds de son époque. Ses pièces, qui consistent en comédies, en tragédies et en drames, furent représentées à Vienne et dans la plupart des villes de l'Allemagne méridionale, ou elles obtinrent presque autant de succès que celles d'Ifdand et de Kotzebue. Du reste, l'auteur savait habilement y combiner l'invention, les situations et l'effet, et elles étaient presque toujours parfaitement adaptées à la scène; aussi, grâce k ces qualités, plusieurs d'entre elles, telles que la Mage des partis et les Quatre tempéraments, sont-elles restées jusqu'à nos jours au répertoire, quoique leur dialogue ait quelque chose de suranné. Kotzebue ayant remplacé Alxinger comme directeur du théâtre de Vienne en 1798, Ziegler et plusieurs autres lui firent une si vive opposition, que, au bout de deux ans, il fut forcé de résigner ses fonctions. Ziegler s'essaya aussi dans la critique du théâtre et des beaux-arts; mais il réussit peu dans ce genre, parce qu'il ne possédait pas de connaissances philosophiques suffisantes, et ses ouvrages d'esthétique n'ont pas une grande valeur. On a de lui : Œuvres dramatiques (Vienne, 1791-1794, 5 vol.); Analyse du caractère d'Hamlet d'après les principes psychologiques et physiologiques (Vienne, 1803); l'Art dramatique dans toute son étendue (Vienne, 1821); Y Homme intérieur et extérieur par rapport aux beaux-arts, et en particulier à l'art dramatique (Vienne, 1825, 2 vol.).
ZIEGLER (Verner-Charles-Louis), théologien allemand, né près de Lunebourg en 1763, mort en 1808. Pendant plusieurs années, il occupa une chaire de théologie à Rostoek, puis tomba dans une mélancolie profonde qui abrégea ses jours. Ziegler avait fait une étude approfondie des littératures anciennes et orientales. Il a laissé de nombreux écrits, dont les principaux sont : De mimis Romanorum (Gœttingue, 1788, in-8°); Discussions théologiques (Gœttingue, 1790) ; Introduction à l'épître aux Hébreux, où l'on discute les différentes opinions sur l'authenticité et l'autorUé canonique de cette épitre (Gœttingue, 1791, in-8°); Historia dogmatis de rédemptions sive de modis quibus redemplio Christi expticatur (Gœttingue, 1791,in-40); Constitution de l Eglise pendant ses six premiers siècles (Leipzig, 1790, in-8°); Sur la poésie italienne depuis son origine jusqu'au moment où elle est arrivée à son plus haut degré de culture, dans le Magasin de. Hanovre, etc.
Z1UGLER (Jules-Claude), peintre français, né à Langres en 1804, mort à Paris en 185G. Lorsqu'il eut achevé ses études k Nancy, il se rendit à Paris pour y apprendre le droit. Mais la jurisprudence avait pour lui beaucoup moins d'attrait que les sciences physiques et naturelles et le dessin ; aussi suivitil avec moins d'assiduité les cours de droit que ceux de la Sorbonne et du Jardin de3 plantes et se fit admettre, en 1825, dans l'atelier de Heine. C'est alors que s'éveilla en lui la vocation artistique avec une telle vivacité qu'il résolut de s'adonner entièrement à la peinture. Toutefois, comme son père exigeait de lui qu'il terminât son droit, il prit son diplôme de licencié en 1826, puis obtint de sa famille d'étudier la peinture pendant dix-huit mois, en promettant d'abandonner la palette pour le barreau si, au bout de ce temps, il n'avait pu acquérir un talent remarquable. Ziegler devint alors élève d'Ingres et fit des progrès rapides ; mais une ophlhuliuia, causée aar un excès de travail,
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vint interrompre ses études, et lorsqu'il eut recouvré la vue, lorsque le délai de dix-huit mois fut expiré, son père jugea qu'il devait renoncer aux arts, puis lui relira sa pension pour le forcer à revenir auprès de lui. Le jeune artiste n'hésita point à tenter les rudes épreuves d'une vie précaire pour suivre sa vocation et demanda des ressources à son pinceau. Il parvint à vendre quelques tableaux qui décelaient un certain talent, partit en 1830 pour l'Italie, visita ensuite l'Allemagne et les Pays-Bas et revint à Paris après avoir beaucoup étudié et beaucoup appris. Une Vue de Venise, achetée par Louis- Philippe; une Scène de la vie de Henri IV, exposée en 1832; un beau portrait du Cardinal Monlulle ; le Doge Foscari rentrant dans son palais après son abdication et surtout Giotfo dans l'atelier de Cimabue, qui figurèrent au Salon de 1833, mirent tout k coup Ziegler en évidence et commencèrent sa réputation. Ce dernier tableau, aussi remarquable par la correction du dessin que par la vigueur de l'exécution et la solidité de la couleur, fut acquis par l'Etat pour le inusée du Luxembourg. Il en fut de même du Saint Luc peignant la sainte Vierge, qui parut au Salon de 1834, en même temps qu'un Saint Georges terrassant le dragon, acheté par le musée de Douai. Peu après, Ziegler reçut du gouvernement la mission d'aller étudier en Allemagne les procédés employés dans la fabrication des vitraux et de la porcelaine. De retour en France, il exécuta pour la princesse Marie de charmants dessins représentant au trait des sujets tirés du poeine à'Eloa d'Alfred de Vigny, puis peignit pour le musée de Versailles le3 portraits du Connétable de Sancerre et du Maréchal Kellermann (1835). A cette époque, Paul Delaroche venait d'être chargé d'exécuter toutes les peintures de l'église de la Madeleine, à Paris, et s'était rendu en Italie pour y faire les éludes nécessaires à cet immense travail. Un jour, le ministre de l'intérieur, M. Thiers, s'étant trouvé avec Ziegler, lui demanda quel était te sujet qui lui paraissait le mieux convenir à l'immense coupole de la nouvelle église. L'artiste lui exposa ses idées et lui remit peu après l'esquisse de la composition qu'il avait conçue. Cette esquisse plut tellement au ministre que, quelques jours après, Ziegler était chargé de l'exécution de la coupole. A cette nouvelle, Paul Delaroche accourut de Rome, réclama la peinture de la coupole, fit appuyer ses réclamations par son beau-père Horace Vernet, qui s'adressa h Louis-Philippe, et bientôt après Ziegler fut appelé auprès du roi, qui lui demanda de renoncer à la commande faite par M. Thiers. Le jeune artiste refusa et par ce refus mécontenta vivement Louis-Philippe, qui ne pensa pas pouvoir user de son autorité pour vaincre son obstination, mais qui ne la lui pardonna jamais. Ziegler se mit donc k l'œuvre et, après trois ans de travail, 11 put mettre en 1838, sous les yeux du public, l'immense peinture dans laquelle il a représenté la Madeleine aux pieds du Christ, les apôtres, les martyrs, les héros et les plus puissants défenseurs du christianisme. Bien que cette colossale composition fût loin d'être sans défauts, la critique s'accorda pour reconnaître la bonne ordonnance des groupes dessinés et peints avec beaucoup de talent, l'harmonie de la couleur et le grand effet de l'ensemble. La croix d'honneur fut la récompense bien méritée de l'habile et laborieux artiste, qui pendant plusieurs années dut cesser de peindre pour reposer sa vue fatiguée et déformée par un continuel travail sur une surface concave. Il alla fonder alors près do Beauvais, à Voisiulieu, une fabrique de poterie pour laquelle il dessina des vases aussi nouveaux que gracieux, aussi remarquables par l'élégance des formes que par la perfection de l'exécutiou et qui sont connus sous le nom de poterie de Ziegler, Il reprit ensuite ses pinceaux et exécuta plusieurs tableaux d'histoire j mais ces tableaux, qui ne pouvaient guère être acquis que par l'Etat, restèrent presque tous dans son atelier, et, comme Louis-Philippe lui avait gardé rancune de son refus, il ne put obtenir aucune commande du gouvernement. Profondément découragé, l'artiste cessa presque entièrement de peindre et passa la plus grande partie de son temps k .la campagne, près de Langres. Eu 1854, il accepta la direction de l'Ecole des beaux-arts de Dijon, dont il ne tarda point à se démettre. Il était revenu k Paris pour y achever une Immaculée conception, lorsqu'il mourut. Ziegler tient une place distinguée parmi les peintres français de la première moitié de notre siècle. ■ Son dessin, dit M. de Saint-Ferjeux, est généralement très-eoriect, son exécution large et pleine d'énergie ; sa couleur rappelle souvent les peintures de l'école espagnole ; ses tableaux se font généralement remarquer par une disposition harmonieuse et pleine de goût; mais son exécution,- qui convenait surtout pour la peinture monumentale, pèche quelquefois par le manque de finesse et de détails. De toutes ses qualités, celle qu'il possédait à un degré le plus émineut, c'était le goût. Il avait le sentiment des proportions, des formes, à un degré extraordinaire. • Outre les tableaux déjà mentionnés, nous citerons de lui : Daniel dans la fosse aux lions (1838), œuvre fort remarquable; la Vierge aux neiges, une de ses plus belles produc-
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tions (1844) ; la Rosée répandant ses perles sur tes fleurs (1844); la Vision de Jacob et Judith aux portes de Ûéthulie (1847), au musée de Lyon ; les Pasteurs de la Bible, au musée de Dijon ; une belle tête de Lêda /une Assomption ; Charles-Quint, devenu moine, renvoyant sort portrait avec les insignes de l'empire, à Londres ; Henri II et Diane de Poitiers ; Agnès Sorel et Charles VII ; le Cardinal Gighi faisant des excuses à Louis XIV, au musée rie Versailles; Saint Dominique et sainte Catherine, excellent tableau que possède l'église d'Ouge ; le Congrès av Amiens; le portrait du Marquis de Coislin, etc. On lui doit encore quelques ou-p vrages : Eludes céramiques, recherches des principes du beau dans l'architecture, l'art céramique et la forme en général; théorie de la coloration des reliefs (Paris, 1850, in-8°); Traité de la couleur et de la lumière (Paris, 1852, in-8°); Compte rendu de la photographie à l'Exposition de 1855 (Dijon, 1855, in-s») ; enfin, un atlas in-fol., contenant les dessins lithographies des plus beaux vases qu'il a fait exécuter dans sa fabrique de Voismlieu.
ZIEGI.ER-ET-K.L1PP-IUUSEN (Henri-Anselme DU), poète allemand, né à Radmeritz, haute Lusace, eu 1635, mort en 1690. 11 alla étudier la jurisprudence à l'université de Francfort-sur-l'Oder, mais négligea bientôt le droit pour les langues, la littérature, la poésie, se retira en 1684 dans une propriété qu il possédait près de Leipzig, s'y livra entièrement à ses goûts littéraires et altéra rapidement sa Santé par un travail excessif. Ziegler a laissé plusieurs romans héroïques qui, écrits dans un style boursouflé, n'offrent guère d'intérêt que pour ceux qui veulent étudier les phases historiques de la littérature allemande. Nous citerons de cet écrivain : la Banise asiatique ou le Pégu sanglant et courageux, poème héroïque qui cache bien des vérités (Leipzig, 1688, in-8<>), qui a eu sept éditions; Roman héroïque tiré de l'Ancien Testament (Leipzig, 1691 et 1710, 2 vol. in-8û); Théâtre historique du temps (Leipzig, 1695-1718, 3 vol. in-lol.);la Vengeance rusée, tragédie en vers, traduite de l'italien (Leipzig, (1687, io-8»).
ZIELA, bourg de la Turquie d'Asie. V.
ZlLKU.
Z1ELEMEWSKI (Michel), chimiste polonais, né à Cnicovie eu 1797. Il étudia la médecine à l'université de sa ville natale, où il prit le diplôme de docteur en 1824, et fut appelé, l'année suivante, à occuper une chaire de pharmacie, qu'il échangea en 1833 pour une chaire de chimie. En 1859, Zieleniewski prit sa retraite, laissant la réputation d'un excellent professeur. Tout en se livrant k l'enseignement, il a dirigé une pharmacie qui est devenue entre ses mains un établissement modèle. Ce savant a inventé une machine à vapeur pour l'usage de la pharmacie et a écrit plusieurs ouvrages fort estimés, parmi lesquels nous citerons : Sur la peste d'Athènes (Cracovie, 1831, in-4o) ; Sur ta médecine chez les peuples sauvages (Cracovie, 1832, in-4°); Histoire de la police médicale (Cracovie, 1841, in-4<>); Essai sur les propriétés chimiques de l'eau de Cracovie ; Description desptantes les plus ordinairement employées en pharmacie sous te rapport de leurs ressemblances et de leurs différences (Cracovie, 1850), avec gravures ; Ubservationes analomico-palhologicm (Cracovie, 1854, 4 vol. iu-4o) ; Cours complet de chimie organique (Cracovie, 1855, 4 vol. in-4°).
Z1EI.U.NZ1G, ville de Prusse, province de Brandebourg, régence et k 60 kilom. N.-E. de Francfort-sur-1'Oder, ch.-l. du cercle de son nom, sur la Poste; 4,600 hab. Houillères importantes aux environs ; fabrication de draps, toiles, bonneterie, ganterie, chapellerie, tanneries.
ZIEL1NSKI (Charles), écrivain et jésuite polonais, né en 1716, mort à Varsovie en 1793. Il devint en 1716 recteur du collège des nobles à Varsovie et, en 1787, abbé commendataire de Habdow. Il a écrit plusieurs savants ouvrages sur ta géographie et l'histoire des peuples du Nord. Les plus remarquables sont les suivants : Chronologie des souverains russes depuis 879 jusqu'en 1762, pour faire suite à la chronique deStryjkowski (Varsovie, 1766) ; Abrégé raisonné de l'histoire universelle sacrée et profane (1760-1771, 2 vol. in-8°); Géographie des Etats actuellement existants, avec la description de leurs gouvernements, de leurs lois, de leur commerce, de leurs manufactures, de leurs mœurs, etc. (Varsovie, 1768, t. 1er, in-8°), ouvrage classique qui se recommande par son exactitude, par la clarté et l'élégance du style. Le second volume n'a point paru, et la vente du premier fut même prohibée à la demande, croit-on, de l'ambassadeur de Russie. Zielinski, ayant fondu ensemble ces deux volumes, publia son nouvel ouvrage également à Varsovie (1773, in-8°). Citons enfin de cet écrivain le Mémorial politique et historique, journal publié en polonais de 1782 à 1793 et qui a été continué depuis sous un autre titre.
Z1EUNSK1 (Félix), écrivain et jurisconsulte polonais, né en Volhynie en 1732, mort à Varsovie eu 1805. Tout jeune encore, il montra un goût extraordinaire pour l'étude, et il n'avait pas quatorze ans lorsqu'il composa son premier écrit, intitulé : Sur l'amour d( la patrie. Après avoir terminé ses études